ossements....
sammael
Il existe trois représentations de Samaël :
Dans les écrits rabbiniques et la littérature apocalyptique, Samaël est l'équivalent de l'Ange de la mort; Dans le Talmud et dans la littérature cabalistique on trouve le mot Samael toutefois employé comme expression de Satan, l'ange de la mort. "Ael" signifie Dieu. Le nom de Samael qui signifie le " Dieu-poison ". Prince des airs, il règne sur les sept zones appelé Sheba'Ha-yechaloth.
D'après les rabbins, commentateurs du Pentateuque, c'est lui qui, monté sur l'Antique Serpent, aurait incité Eve à commettre le péché et il serait le véritable père de Caïn. Il fut également l'adversaire mythique de Moïse, dont l'archange Michel lui disputa le cadavre. Il est aussi appelé le chef des Dragons du mal, et il est généralement tenu pour responsable du torride vent chaud du désert.
Pourtant, il existe un autre aspect de Samael. Dans le "Livre chaldéen des Nombres" Samael serait détenteur de la Sagesse caché (occulte), tandis que Michel celui de la Sagesse terrestre supérieure, les deux sagesses émanent de la même source, mais divergent après leur délivrance de l'âme, qui sur la Terre est Mahat (compréhension intellectuelle), ou Manas (le siège de l'intellect). Elles divergent, parce que Michael est influencée par Neschamah (âme sacrée), tandis que Samaël est influencé par rien.
Souvent identifié au Serpent tentateur. Il est représenté, en même temps que Lilith, comme un être mauvais.
Samaël
Prince des Anges déchus, que Moïse Maïmonide dans la seconde partie du guide des égarés assimile à Satan qui, monté sur un serpent ayant la taille d'un chameau vint séduire Eve dans le Jardin d'Eden. Il aurait cohabité avec elle bien avant Adam et de cette union serait né Caïn et de nombreux démons. De son côté, Adam, momentanément séparé d'Eve se serait accouplé avec Lilith et, lui aussi, en aurait eu plusieurs démons. D'autres prétendant que Samaël, androgyne, aurait forniqué avec les deux.
Précipité par la suite aux abîmes, le serpent fut maudit entre toutes les bêtes et Samaël rejoignit en la troisième résidence sur les sept auxquelles il est fait allusion dans le Zohar au " Traité des Palais " : " c'est le lieu des embrasements et des nuages de fumées où débouche le fleuve de feu qui s'écoule et émerge. Il est la maison où sont brûlées les âmes des ignobles car le feu y descend sur la tête des pervers que pourchassent les Anges destructeurs. C'est dans ce lieu aussi que parfois se trouvent les délateurs d'Israël qui les détournent de la bonne voie, sauf quand ceux-ci obtiennent la guérison qui leur permet de les repousser. Le chef qui est à leur tête vient du côté gauche. Tous les êtres qui peuplent cette résidence viennent du domaine obscur ce qu'exprime : " L'obscurité est sur la face de l'Abîme.(Genèse I,2). Samaël le réprouvé y vit aussi. "
Dans certains écrits rabbiniques et dans la littérature apocalyptique, Samaël est aussi considéré comme l'Ange de la Mort, représentent avec une épée ou avec un arc et des flèches. Enfin, on le confond parfois avec Asmodée, le démon de la luxure. Le nom du prince des démons, Samaël, est visiblement relié à "se'mol", le mot hébreu pour "le côté gauche". Il semble que ce soit l'origine de l'utilisation de la gauche comme représentant le diable
Samaël, prince des anges déchus
par Eric Timmermans - 03/05/2010
Le nom de Samaël (ou Sammane, Samuel, Semiel, Simyael, Smaël), qui doit être rapproché du mot hébreu sami qui signifie "aveugle", apparaît pour la première fois dans le récit de la chute des anges du Livre d’Hénoch. On lui donne ainsi les noms deMara Samia (=archon aveugle) ou encore de Sar Suma (=ange aveugle).
Selon les textes, il apparaît ou non comme le chef des principaux anges qui se rebellèrent contre Dieu. Samaël est cité comme le Prince des anges déchus par Moïse Maïmonide dans la seconde partie du Guide des égarés et comme le chef des démons dans le Testament de Salomon. Il est dit ainsi "que les démons relèvent du domaine de Samael, qui est "l’âme de la planète Mars et dont Esaü est l’expression parmi les nations"(l’ange d’Edom ou le christianisme)." (La kabbale, G. Scholem, p.488). De source espagnole, datant du 15e siècle, "les chefs des démons étaient Samaël, le représentant d’Edom, et son assistant Ammon de No, représentant d’Ishmael." (La kabbale, G. Scholem, p.583).
Il est dit également que différentes catégories de démons étaient appelées "samaël", raison pour laquelle le Zohar précise que Samaël et "samaël" ne doivent pas être confondus et que si ces démons sont désignés par un même nom, ils ne sont guère les mêmes pour autant.
Toutes les sources concordent, cependant, pour rattacher les armées de démons au règne de Samaël et de Lilith, sa compagne, même si "certains systèmes issus de la kabbale espagnole mettent trois rois, Halama, Samael et Kafkafuni, à la tête des démons." (Le kabbale, G. Scholem, p.492).
Dans certains textes rabbiniques, Samaël est parfois confondu avec Bélial ou Asmodée : ne dit-on pas aussi que si Samaël est l’époux de Lilith la Vieille, Asmodée, lui, a pour épouse Lilith la Jeune ou encore que le bouc émissaire, sacrifié à Asmodée, sert également de paiement à Samaël ? Ceci dit, Samaël et Asmodée, qui apparaît comme l’ange gardien d’Ishmael, sont également présentés, selon des traditions contradictoires, comme étant en guerre. Samaël est aussi considéré comme l’Ange de la Mort, celui qui apporte le "poison de la mort" dans le monde.
Samaël est également assimilé à Satan dont il apparaît comme l’équivalent kabbalistique –même si certains textes distinguent Satan de Samaël qui se voit associé à l’image d’un "ange gardien de Rome" : "L’ange Samaël, prince de Rome, est aussi connu comme le plus grand des princes des nations (…) sans doute à cause de la domination de Rome sur le monde ancien."(Livre d’Hénoch, Verdier, p.252)-, et c’est monté sur un serpent de la taille d’un chameau –le rapport du Père de l’Eglise Irénée, mentionne par ailleurs que les ophites donnaient au Serpent le double nom de Michael et Samael- qu’il s’en vient séduire Eve dans le jardin d’Eden. Ainsi est-il dit que Samaël aurait cohabité avec Eve bien avant Adam et que de leur union seraient nés Caïn et bien d’autres démons.
Dans le Livre d’Hénoch III (chap. 26, 12), il est dit que Samaël, le prince de Rome, de même que Doubiel, le prince de Perse, siège au côté de Satan qui chaque jour tente de dénoncer, auprès de Dieu, les iniquités d’Israël, en inscrivant celles-ci sur des registres qui sont systématiquement détruits par les séraphins, ceux-ci voulant préserver Israël du courroux divin. Pour avoir accusé Israël, Samaël, Satan et Doubiel seront précipités dans la Géhenne le jour du jugement.
En tant que prince angélique de Rome, considérée à l’époque impériale comme la plus puissante nation, Samaël est placé en tête de tous les princes des royaumes. La politique romaine en Palestine, perçue comme une oppression par le peuple juif, que la tradition judaïque proclame "peuple élu de Dieu», a fait que l’on a conféré à Samaël le titre de "prince des accusateurs" (ces derniers incarnant l’ensemble des anges nationaux), un rôle habituellement dévolu à Satan
Au Traité des palais, dans le Zohar, qui ne voit dans les entités démoniaques que des catégories impersonnelles, à l’exception des représentations de Samaël et de sa compagne Lilith, il est dit que Samaël et le serpent, véhicule du péché, furent précipités dans les abîmes dans la "troisième résidence", sur les sept dont il est fait mention dans cet ouvrage. "C’est le lieu des embrasements et des nuages de fumée où débouche le fleuve de feu qui s’écoule et émerge. Il est la maison où sont brûlées les âmes des ignobles car le feu y descend sur la tête des pervers que pourchassent les anges destructeurs. C’est dans ce lieu aussi que parfois se trouvent les délateurs d’Israël qui les détournent de la bonne voie, sauf quand ceux-ci obtiennent la guérison qui leur permet de les repousser. Le chef qui est à leur tête vient du côté gauche. Tous les êtres qui peuplent cette résidence viennent du domaine obscur, ce qu’exprime : "L’obscurité est sur la face de l’Abîme" (Genèse 1 : 2) [ndr : ou encore "les ténèbres couvraient l’abîme"]. Samaël le réprouvé y demeure aussi."
Il est dit aussi que Samaël, être androgyne apparaissant successivement dans les rôles d’incube et de succube, aurait forniqué avec Adam. De source talmudique, on dit encore que Lilith refusa de se soumettre à Adam et qu’elle épousa Samaël avec lequel elle alla vivre dans la Géhenne. "Dans le Zohar, le serpent est devenu le symbole de Lilith et Samael la chevauche et s’accouple à elle." (La kabbale, G. Scholem, p.583). Il est dit aussi parfois que Samaël a deux épouses : Lilith et Nahema.
Avant sa chute, Samaël possédait douze ailes et sa place était supérieure à celle des saintes créatures des cieux. Son combat contre Michael, l’ange gardien d’Israël, doit se poursuivre jusqu'à la fin des temps et ne prendra fin que lorsque Samaël sera pendu au-dessus d’Israël par des fers.
Mais selon certaines traditions kabbalistiques, il est vrai contestées, Samaël lui-même se repentira finalement et sera transformé en ange de sainteté. "Une formulation symbolique importante du futur retour de Samael à la sainteté, particulièrement répandue à partir du XVIIe siècle, fut l’opinion selon laquelle son nom serait changé, la lettre mem, signifiant mort (mavet), tombant pour laisser Sa’el, un des soixante-douze Noms saints de Dieu." (La kabbale, G. Scholem, p.219) Le repentir de Samaël doit aboutir, selon ces thèses, à la disparition de l’ "autre côté", le sitra ahra, le "côté gauche" c’est-à-dire le royaume des forces du mal dont les dix Sefirot du mal correspondent aux dix Sefirot saintes.
Samael est aussi parfois identifié à Jaldabaoth, un des maîtres des forces du mal chez les gnostiques.
C’est aussi Samaël qui, dit-on, se cacha dans le célèbre Veau d’Or.
Ange de la planète Mars, Samaël apparaît également, dans les traditions populaires, comme l’ange responsable du mardi, jour de Mars.
Eric Timmermans
Sources : Bible de Jérusalem, Cerf, 1998 / Bible du chanoine Crampon, Société de Saint Jean l’Evangéliste, 1939 / Dictionnaire du Diable, Roland Villeneuve, Omnibus, 1998 / Dictionnaire du diable, des démons et sorciers, Pierre Ripert, Maxi-Poche Références, 2003 / La kabbale, Gershom Scholem, Cerf, 1998 / Le Livre d’Hénoch (ou Livre des Palais), Verdier, 1989 (p.126, 236, 284).
Au secours ! Tout va trop vite !
Un excellent article du Monde Magazine du philosophe Hartmut Rosa sur l'accélération...
édifiant...et terrifiant...
Qu'en pensez-vous ?
Sentiment d'urgence
(...)
L'impression de ne plus avoir de temps, que tout va trop vite, que notre vie file, l'impression d'être impuissant à ralentir nous angoisse et nous stresse. Ainsi Hartmut Rosa, 45 ans, professeur à l'université Friedrich- Schiller d'Iéna, développe sa "critique sociale du temps" de la "modernité tardive" dans sa magistrale étude, Accélération (La Découverte).
Après les études inquiètes de Paul Virilio sur la vitesse, Hartmut Rosa examine la dissolution de la démocratie, des valeurs, de la réflexion, de notre identité, emportées par la vague de l'accélération. Entretien de rentrée, alors que déjà, tous, congés derrière nous, on se magne.
C'est la rentrée, le moment où on ressent avec le plus d'acuité la façon dont nos vies s'accélèrent. Nous avons même souvent le sentiment que les vacances se sont passées à toute allure. Comment expliquer ce sentiment d'urgence permanent ?
Hartmut Rosa : Aujourd'hui, le temps a anéanti l'espace. Avec l'accélération des transports, la consommation, la communication, je veux dire "l'accélération technique", la planète semble se rétrécir tant sur le plan spatial que matériel.
Des études ont montré que la Terre nous apparaît soixante fois plus petite qu'avant la révolution des transports. Le monde est à portée de main. Non seulement on peut voyager dans tous les coins, rapidement, à moindres frais et sans faire beaucoup d'efforts, mais on peut aussi, avec l'accélération des communications, la simultanéité qu'elle apporte, télécharger ou commander presque chaque musique, livre ou film de n'importe quel pays, en quelques clics, au moment même où il est produit.
Cette rapidité et cette proximité nous semblent extraordinaires, mais au même moment chaque décision prise dans le sens de l'accélération implique la réduction des options permettant la jouissance du voyage et du pays traversé, ou de ce que nous consommons. Ainsi les autoroutes font que les automobilistes ne visitent plus le pays, celui-ci étant réduit à quelques symboles abstraits et à des restoroutes standardisés.
Les voyageurs en avion survolent le paysage à haute altitude, voient à peine la grande ville où ils atterrissent et sont bien souvent transportés dans des camps de vacances, qui n'ont pas grand-chose à voir avec le pays véritable, où on leur proposera de multiples "visites guidées". En ce sens, l'accélération technique s'accompagne très concrètement d'un anéantissement de l'espace en même temps que d'une accélération du rythme de vie.
Car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, de la gymnastique, un régime, des loisirs, que nous lisions un livre, écoutions un disque, ou visitions un site. Voilà pourquoi on entend dire à la rentrée : "Cet été, j'ai fait la Thaïlande en quatre jours." Cette accélération des rythmes de vie génère beaucoup de stress et de frustration. Car nous sommes malgré tout confrontés à l'incapacité de trop accélérer la consommation elle-même.
S'il est vrai qu'on peut visiter un pays en quatre jours, acheter une bibliothèque entière d'un clic de souris, ou télécharger des centaines de morceaux de musique en quelques minutes, il nous faudra toujours beaucoup de temps pour rencontrer les habitants, lire un roman ou savourer un air aimé. Mais nous ne l'avons pas. Il nous est toujours compté, il faut se dépêcher. C'est là un des stress majeurs liés à l'accélération du rythme de vie : le monde entier nous est offert en une seconde ou à quelques heures d'avion, et nous n'avons jamais le temps d'en jouir.
Selon vous, l'accélération de la vie se traduit par l'augmentation de plus en plus rapide du nombre d'actions à faire par unité de temps. C'est-à-dire ?
Ces jours-ci, les gens rentrent de congés et déjà tous, vous comme moi, se demandent comment ils vont réussir à venir à bout de leur liste de choses "à faire". La boîte mail est pleine, des factures nouvelles se présentent, les enfants réclament les dernières fournitures scolaires, il faudrait s'inscrire à ce cursus professionnel, ce cours de langue qui me donnerait un avantage professionnel, je dois m'occuper de mon plan de retraite, d'une assurance santé offrant des garanties optimales, je suis insatisfait de mon opérateur téléphonique, et cet été j'ai constaté que je négligeais mon corps, ne faisais pas assez d'exercice, risquais de perdre ma jeunesse d'allure, si concurrentielle.
Nous éprouvons un réel sentiment de culpabilité à la fin de la journée, ressentant confusément que nous devrions trouver du temps pour réorganiser tout cela. Mais nous ne l'avons pas. Car les ressources temporelles se réduisent inexorablement.
Nous éprouvons l'impression angoissante que si nous perdons ces heures maintenant, cela serait un handicap en cette rentrée sur les chapeaux de roue, alors que la concurrence entre les personnes, le cœur de la machine à accélération, s'aiguise.
Et même si nous trouvions un peu de temps, nous nous sentirions coupables parce qu'alors nous ne trouverions plus un moment pour nous relaxer, passer un moment détendu avec notre conjoint et nos enfants ou encore aller au spectacle en famille, bref profiter un peu de cette vie. Au bout du compte, vous voyez bien, c'est l'augmentation du nombre d'actions par unité du temps, l'accélération du rythme de vie qui nous bouscule tous.
En même temps, chaque épisode de vie se réduit…
En effet, la plupart des épisodes de nos journées raccourcissent ou se densifient, au travail pour commencer, où les rythmes s'accélèrent, se "rationalisent". Mais aussi en dehors. On assiste à une réduction de la durée des repas, du déjeuner, des moments de pause, du temps passé en famille ou pour se rendre à un anniversaire, un enterrement, faire une promenade, jusqu'au sommeil.
Alors, pour tout faire, nous devons densifier ces moments. On mange plus vite, on prie plus vite, on réduit les distances, accélère les déplacements, on s'essaie au multitasking, l'exécution simultanée de plusieurs activités. Hélas, comme nos ressources temporelles se réduisent, cet accroissement et cette densification du volume d'actions deviennent vite supérieurs à la vitesse d'exécution des tâches.
Cela se traduit de façon subjective par une recrudescence du sentiment d'urgence, de culpabilité, de stress, l'angoisse des horaires, la nécessité d'accélérer encore, la peur de "ne plus pouvoir suivre". A cela s'ajoute le sentiment que nous ne voyons pas passer nos vies, qu'elles nous échappent.
Nous assistons, dites-vous, à une "compression du présent", qui devient de plus en plus fuyant. Pouvez-vous nous l'expliquer ?
Si nous définissons notre présent, c'est-à-dire le réel proche, comme une période présentant une certaine stabilité, un caractère assez durable pour que nous y menions des expériences permettant de construire l'aujourd'hui et l'avenir proche, un temps assez conséquent pour que nos apprentissages nous servent et soient transmis et que nous puissions en attendre des résultats à peu près fiables, alors on constate une formidable compression du présent.
A l'âge de l'accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l'usure et à l'obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l'expérience, des savoir-faire, de la consommation.
Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second.
Dans la haute modernité, la première moitié du xxe siècle, il s'est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n'avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l'innovation, c'était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple.
Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n'a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d'avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d'"avant" pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le "up to date". Le présent raccourcit, s'enfuit, et notre sentiment de réalité, d'identité, s'amenuise dans un même mouvement.
(....)
Propos recueillis par Frédéric Joignot
Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme
Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme
Les termessadomasochisme,domination/soumission sexuelle et BDSM (pour « Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme ») désignent une forme d'échange amoureux utilisant la douleur, et/ou l'humiliation dans un but érogène, permettant à ceux qui y sont sensibles de vivre plus intensément leur sexualité.
Sommaire |
Le contrat
Ces relations se vivent entre adultes consentants. Elles dépendent d’un accord mutuel que l’on nomme le contrat. Le contrat dans l'univers masochiste dominant/dominé officialise les relations comme étant agréés par les parties. Contrairement au sadisme qui n'est pas, lui, consenti et de ce fait ne peut dépendre du contrat. D'après Deleuze, « il n'y a pas de masochisme sans contrat ou sans quasi-contrat. » On peut considérer que le contrat écrit est une pratique, une sorte de cérémonial de l’accord mutuel. Et que le contrat verbal est aussi la base de la relation acceptée par les deux parties et qui serait le quasi-contrat selon Deleuze. D'après Gilles Deleuze « Jamais un vrai sadique ne supportera une victime masochiste ». « Ils veulent être certains que leurs crimes coûtent des pleurs, ils renverraient une fille qui se rendrait à eux volontairement » précise une des victimes des moines dans Justine ou les Malheurs de la vertu2,3.
Le contrat comme prélude à toutes relations BDSM est confirmé par Damien Lagauzère : « Il nous parraît opportun de consacrer une partie de notre travail au caractère contractuel du SM. En effet, qu'il soit tacite, oral ou écrit, le contrat est la prélude nécessaire à toute relation SM, puisque c'est par lui que les partenaires vont se mettre d'accord quant aux modalités de leur relation, de même qu'il constitue un élément important de ce rituel. »
Sur un article de « philosophie magazine », le maître dominateur Hieros prend la parole et nous dit « Le dominateur est un narrateur qui prend le pouvoir avec les mot. » Il poursuit : « C'est sortir du profane pour entrer sur une scène sacrée. » Hieros cite Hegel : « Comme conscience refoulé en elle-même, la soumission s'intériorisera et se convertira en véritable indépendance. » Hieros poursuit : « Nous touchons là le cœur du sadomasochisme, érotisme fondé sur un contrat entre deux parties. »
Les contrats de Sacher Masoch
- Le contrat entre Sacher Masoch et Wanda
- Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch
- Récit d'un contrat de Sacher-Masoch, ce qu'il y a d'intéressant dans ce texte, c'est la façon dont la victime dresse sa bourrelle. Il lui dicte ce qu'elle doit faire. Et à la fin, il exige qu'elle porte des fourrures pour le châtier.
Sémiologie et polémiques
Diverses polémiques émergèrent tendant à marginaliser le sadomasochisme par rapport au bondage et à la discipline (par exemple la fessée). Il semble que les termes originaux de sadisme et surtout masochisme aient été stigmatisés. La communauté sadomasochiste de San Francisco créa vers les années 1990 les termes top and bottom ou encore sub. Finalement le sigle BDSM fut adopté pour une seule et unique sexualité plurielle fusionnant ainsi bondage, discipline, D&S (domination et soumission), et SM (pour sado-masochisme), conciliant ainsi ces différentes pratiques en une seule1.
Sadomasochisme
Selon le Larousse, lesadomasochisme serait une forme régressive d'échange amoureux ; le sadismepathologique (agression, viol, etc.), relèverait quant à lui d'undésordre grave de lapersonnalité1.
Gilles Deleuze démontre que l'association par Freud des deux termes, sadique et masochiste, provoque « un monstre sémiologique » dans le sens où le sadique, celui qui fait souffrir dans l’œuvre de Sade, n'est pas une personne qui pourrait faire partie de l'univers mental du masochiste chezSacher-Masoch. En effet, le sadique (chez Sade) se complaît dans la souffrance de l'autre à condition qu'elle ne soit pas consensuelle. « Et en jouit d'autant plus que la victime n'est pas consentante », alors que le masochiste (de Sacher-Masoch) aime à régler, dans des contrats, les modalités diverses de sa « soumission ». - Donc l'expression « sadomasochisme » lie le masochisme au sadisme, que Gilles Deleuze nie dans sa présentation de Sacher Masoch. - Il écrit : « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique », - et il considère que le sadisme et le masochisme ne sont ni d'absolus contraires, ni d'une absolue complémentarité. Sade, démontrant un univers criminel, donc non contractuel tandis que Sacher Masoch, lui, est dans le contrat. - La douleur psychologique (humiliations) ou physique peut devenir souffrance. Mais la douleur devient plaisir lorsque la charge d'endorphine couvre le choc de la douleur. Ceux qui le découvrent seront toujours en quête, car dans ce cas le désir est exacerbé. Selon Gilles Deleuze « Tout est permis à condition que ça ne mène pas à l’orgasme. Pourquoi ils ne veulent pas de l’orgasme ? Pas parce que c’est fautif. Parce que ce serait l’interruption du désir, et qu’ils parient en droit - j’insiste sur "en droit" - la continuation du désir à l’infini ». Sacher-Masoch, écrivain autrichien propose des contrats dans le but d'être humilié, et, ou de subir des sévices plus durs. Il met en scène son programme masochiste dans son romanLa Vénus à la fourrure (masochisme de Leopold von Sacher-Masoch). Par la suite il ne cessera de manipuler ses compagnes et plus précisément Wanda son épouse pour qu'elles incarnent le rôle de la Vénus à la fourrure. Gilles Deleuze.
Soumission et domination
Selon les écrits populaires et sur les divers supports de communication, il existerait à travers les relations sadomasochistes des relations dites hard ou soft. Les relations hard seraient des relations masochistes de douleur physique. Et les relations softévoqueraient les relations de douleur psychologiques : l’humiliation, les relations de service sans douleur corporelle. Et ces relationssoft ne seraient pas, selon ces écrits, d’ordre masochiste. Cette interprétation dure depuis que le BDSM est sorti de l’obscurantisme. On ne la retrouve pas dans les écrits universitaires déjà cités dans les articles dominatrice etmasochisme.
Les femmes dominées
Si les femmes dominatrices sont exceptionnellement sadiques, les hommes dominateurs, eux, font quelquefois preuve d’une sorte de sadisme contrôlé. Ils cherchent à initier leur partenaire. Le livre « Le lien » de Vanessa Duriès est dans ce type de rapport. Le contrat n'est pas proposé par la victime, le bourreau n'est pas éduqué par la victime, c'est le contraire : le bourreau est celui qui propose. Il y a, certes, acceptation, mais une acceptation sous influence.
Mara femme soumise écrit sur ordre de son maître, de son amant, volonté de voyeurisme nous dit Gaétan Brulotte. Il poursuit : « Ce serait donc le mâle qui dicte ce que la femme doit dire. » Mara est l’histoire d’une descente aux enfers. On est un peu perdu à la lecture de ce livre, certes il y a consentement au début, mais Mara tombe dans une sorte de vertige mélangé d’un dégoût de soi et d’une histoire vécue jusqu’au bout de l'abomination. Soumission si dure, quelle mènera à la rébellion nous dit Bernard Noël Des passages durs comme en page 76 « Aussi longtemps de N. et moi seront ensemble ce sera l’enfer. Sans doute l’érotisme n’était-il qu’une manière d’habiter l’enfer. » (…) Accroupie, chiant, obscène, écartelée : qui donc supportera le spectacle que j’offre ainsi réduite, fanatique et tranquille ? (…) je n’ai jamais su l’accomplir, de mes lèvres recueillir la merde de celui qui s’était assi sur mon visage –l’odeur était trop forte- j’ai crié qu’on ait pitié, qu’on me frappe plutôt, longtemps. » « Désormais, j'ai peur de lui. J'ai toujours peur, peur, lorsqu'il est là, de lui déplaire... peur, s'il est absent, à la pensée qu'il va revenir, m'humilier, me démolir. Je suis sans pouvoir sur moi-même, sans aucun pouvoir heureux sur lui. » Mara glisse. Elle a perdu ses repères, dépersonnalisée, aliénée, elle n'a plus aucune confiance en elle. Tout a basculé. Le témoignage de Mara en tant que femme dominée différente de celui d'Agathe et Margot cité sur l'article masochisme. Qu'il s'agisse d'Agathe ou de Margot on sent bien qu'elles sont à la recherche du contrat. Elles sont des filles de Masoch, des Masoch au féminin.Lorsque Theodor Reik parle du masochisme chez la femme, il utilise le pléonasme « le nègre a une peau foncée ». Mais dit-il « on peut imaginer un nègre blanc comme une bizarrerie de la nature (l'anthropologie connaît une catégorie pareille) » ; et il poursuit : « nous parlons certainement du caractère masculin de certaines femmes. » Peut-être pense-t-il à ces femmes qui sont des masochistes pures et dures et qui décident, draguent, en fonction de ce qu'elles cherchent. Exactement comme fonctionnent certains hommes. Theordor Reik finit par s'élever sur ce masochisme de la femme considéré comme sexualité un peu trop normale : « La passivité peut être aisément associée à la sexualité féminine, mais la souffrance, le désir d’être ligoté ou battu, humilié, n’appartiennent pas à la sexualité normale de la femme. (...) La question de savoir si la femme est plus ou moins masochiste que l’homme peut être décidée rapidement. Dans ce sens-là [celui de la perversion]. la femme est certainement moins masochiste.
Historique populaire : les premières associations, premières interprétations
Au cours des années 1975 Gini Graham Scott, docteur en sociologie et anthropologue, s'est infiltrée dans les communautés sadomasochistes de San Francisco. Elle se serait même fait aider pour dominer et se soumettre elle-même, afin de mieux cerner son enquête. Dans son livre, La Domination féminine, elle parle des premiers dominants et masochistes qu'elle a rencontrés. Gini Graham Scott relate ce qu'elle apprend de ces communautés sans y ajouter de réflexions personnelles. Les participants employaient les termes domi-soumission, bondage et discipline,sadomasochisme. De nombreuses polémiques naquirent. A savoir quelle pratique était plus ou moins anormale, tabou l'une par rapport à l'autre. Les termes Top et Bottom, sub furent employés. D'un commun accord, les communautés décidèrent qu'il s'agissait de pratiques sœurs. Et, ils adoptèrent définitivement le terme BDSM. Lorsque Gini Graham Scott a fait cette enquête le sigle BDSM n'existait pas encore. Elle emploie dans la version originale (anglophone) les termes D&S pour l'expression dominance and submission, et D&Sers pour désigner ceux qui s'y adonnent ».
Premiers groupes actifs selon Gini Graham Scott
- La société de Janus : Il s'agissait d'une organisation donnant des conseils et des informations.
- L'église S.M.: Organisation exclusivement consacrée à la domination Féminine.
- Samois : Fonction sociale et informative rassemblant environ 200 lesbiennes.
- La Gemini Society : Un groupe d'environ 50 hommes dominants et femmes soumises.
- Le club 15 : Des hommes gays, ils sont environ une centaine.
L'organisation de l'Église S.M.
À l’heure où Graham Scott écrit, les responsables de l'Église S.M. sont : Lance, Harvey, Ken, Devora et Danielle. Les femmes projettent de travailler en tant que dominatrices professionnelles. Après une courte durée de confidentialité Diana et Drew intéressés par la sorcellerie rejoignent le groupe et enseignent aux autres l'adoration de la Déesse.
Activités religieuses
Sectateurs et sectatrices de l'Église S.M. organisent des rituels calqués sur les cérémonies chrétiennes. Ils n'adorent pas Dieu le Père,mais la Déesse mère. Ils se prosternent aux pieds de la prêtresse qui les frappe légèrement avec une petite badine sur la tête et les épaules : « Acceptez-vous de souffrir pour apprendre ?»Ce n'est qu'après cette réinterprétation de la pénitence, dans la perspective de domi-soumission, que le communiant purifié peut recevoir le pain et le vin de la communion. Ils chantent des cantiques.
« (...) Nous sommes maintenant réunis ici, tous ensemble
Pour adorer la Déesse
car elle est la Grande Mère
Et son amour se déverse sur l'univers (...) »
« Au cours d'une cérémonie, Lance expose les avantages des sociétés matriarcales dirigées par des femmes aussi puissantes qu'Élizabeth 1re, Cléopâtre ou Nefertiti. »
Toujours dans un rite, on attache les hommes sur le ventre. Les poignets sont liés aux chevilles afin de leur apprendre l'humilité. Pendant cette mise en scène Gini Graham Scott relate la réflexion d'une sectatrice :
« N'ont-ils pas l'air chou ? Ils nous donnent juste envie de les battre. »
Enfin les scènes de flagellation, les suppliciés sont attachés, mains en l'air au-dessus de la tête. Dans son livre Gini Graham Scott précise que le fouet utilisé est un chat à neuf queues.
Toujours suivant l'auteure l'Église S.M. intéressait essentiellement les hommes et la rareté de ses membres féminins a eu pour conséquence la démission rapide de nombreux hommes frustrés».
Selon les psychanalystes, les philosophes
Theodor Reik écrit : « le masochisme est une tendance instinctive commune en tant que possibilité et réalisation à tous les êtres humains, et ne devient pathologique qu'en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l'instinct. » . Jean Ristat écrit : « Le sadisme est universel et le masochisme est clandestin ». Signifiant ainsi qu’il y aurait beaucoup moins de gêne à exhiber la douleur sociale. Alors que réclamer une douleur festive sous l'appellation masochiste a une connotation honteuse et de ce fait à cacher. Jean Paulhan était donc un visionnaire lorsqu'il a écrit : « (...) de ce bon romancier autrichien qui vint au monde cent ans après Sade, dont les héroïnes cruelles étaient vêtues d'une cravache, et parfois de manteau de vison. Je sais bien que tous les goûts sont dans la nature, et toutes les manies. Celle-ci n'est pas dangereuse ni plus déplaisante qu'une autre. Elle ne l'est pas moins non plus. Mais pour être mystérieuse, elle l'est ! Exactement, elle est la seule manie que l'on ne puisse châtier sans lui venir en aide, ni punir sans la récompenser. Parfaitement incompréhensible : absurde. Reste que de cette absurdité le critique peut se faire (comme on dit) une raison ». J. Paulhan.
Et malgré ces sources, pour certains écrits « blogestes » ou « forumesques », le terme masochiste reste couvert d'opprobre et reste caché. Ils emploieront le mot soumis ou soumise pour parler du ou de la subordonné(e).
Il semble assez incompréhensible que l'on parle de soumission sans y ajouter le mot« volontaire » si l'on se prétend dans lelibrement consenti. Quant à la domination, lorsque l'on se réfère à la domination masculine, patriarcale, ou criminelle, il serait utile de préciser dans quel champ, nous nous trouvons. Car un sadiquecriminel exerce aussi la domination dans le cas de Natascha Kampusch par exemple. L'homme qui la retenait captive la faisait déambuler à moitié nue dans la maison de Strasshof pour lui retirer tout espoir de fuite. Il lui répétait sans cesse, « je suis ton roi, tu es mon esclave »27. À propos d'humiliation, voilà ce qu'en pense Gilles Deleuze : « On remarque que le masochiste est comme tout le monde, qu'il trouve son plaisir là où les autres le trouvent, mais simplement qu'une douleur préalable, ou une punition, une humiliation servent chez lui de conditions indispensables à l'obtention du plaisir. » Donc, Deleuze inclut bien l'humiliation dans la relation masochiste.
Bien que la fusion ait été décidée entre ces sexualités : Bondage, discipline, soumission volontaire, domination sexuelle, sadomasochisme. À nouveau, et sans doute pour les raisons évoquées ci-dessus, des communautés prétendent appartenir à un nouveau type de relations qu'ils nomment D/s.
Origine du mot soumission
La soumission sociale n'est pas une relation douce. Lorsque l'on remonte l'histoire de notre civilisation la soumission dans divers domaines se rapproche du crime, de l'autorité sociale particulièrement sévère accompagnée de violences physiques. On rencontre la soumission à la question inquisition, la prostituée soumise, (soumise au proxénète). Le peuple était soumis au roi et mourrait de faim etc. Alors que le, la masochiste sont libres. Et qu'il ou elle éduque le bourreau, ou la bourelle. Il ou l'éduque pour une mise en scène que lui ou elle seul(e) décide. Daniel Leuwers a préfacé une Vénus à la Fourrure en livre de poche : « Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre ». » Celui qui se ferait battre ou humilier sans accord explicite ponctué par le contrat, serait la victime du sadisme. Les psychanalystes,Sacha Nacht confirme la maîtrise du masochiste. A moins de parler de « soumission volontaire », on peut très vite faire l'amalgame entre la soumission sociale et la soumission ludique. Alors, que le mot masochiste est, lui, beaucoup plus clair. La douleur, nous ditSacha Nacht, « dans la plupart des cas, elle vient compléter et achever une mise en scène plus ou moins compliquée, imaginée, puis exigée par le masochiste ». - - Aujourd’hui on trouve quelques romans de gare qui enseignent des méthodes destinées aux femmes, pour l’éducation de leur mari. Mais ces thèses ne se retrouvent pas chez des auteurs reconnus et sérieux. Ces textes sont souvent écrits par des personnages inconnus de tout public. Qui, à l'image d'un gourou, tentent de former des disciples. Leopold von Sacher-Masoch, lui, écrivait son programme et harcelait ses compagnes pour qu'elles incarnent la Vénus à la fourrure.Masochisme de Leopold von Sacher-Masoch - Wikipédia. Mais il avait l'honnêteté de dire « Si une telle femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres ». Masochisme de Leopold von Sacher-Masoch
Les professionnels
En dehors des professionnels, on note divers pratiquants.
- Les couples : ils sont très rarement professionnels et exercent seuls ou établissent des relations avec d'autres couples et se rencontrent dans des soirées organisées ;
- Les hommes seuls, en recherche d'un ou plusieurs partenaires ;
- Le sadomasochisme est pratiqué dans le milieu gay, avec quelques professionnels gay ;
- Dominatrices amatrices ;
- Dominatrices professionnelles.
Elles sont fréquentées par des hommes qui ne veulent pas partager leurs fantaisies avec leur femme ou leur petite amie. Ils prétendent que leur compagne ne supporterait pas de rentrer dans leur fantasme et les quitterait sûrement. Ou, pour la paix de leur famille, ils craignent de ternir l’image du Père. Ils vont voir une professionnelle aussi parce que c'est plus pratique que d'attendre sur un chat qu'une non professionnelle les convoque. Ils veulent en finir avec la pulsion et retourner à la vie civile. Où, généralement, le maître c'est eux.
Elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories :
- Celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante ». Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées. Lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner.
- D'autres ne s'intéressent qu'à l'argent qu'elles vont gagner et dépenser.
Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, etc., elles sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme. Certains donjons internationaux sont organisés par des dominatrices expérimentées qui savent choisir leur personnel. D’autres ne sont que de vulgaires maisons de passe appartenant à la mafia. Avec des dominatrices plus ou moins bien formées, dont certaines ne sont ni bien psychologues, ni bien attentionnées.
Le film de fiction Maîtresse, avec Gérard Depardieu et Bulle Ogier, met en scène une dominatrice professionnelle.
Pratiques et jeux de rôles
Certaines pratiques sont bisexes, d'autres concernent uniquement l'homme ou la femme, liste non exhaustive :
- Bisexe
Le bondage est une pratique qui consiste à rendre un corps captif par tout accessoire de contrainte et quel qu'en soit le procédé. Un des chercheurs du CNRS donne sur le Dictionnaire du CNRS dix sept mots pour la représentation sémantique du mot bondage et propose de choisir le synonyme qui convient. Sont inclus dans cette représentation les mots : esclavage, servage,emprisonnement, captivité, chaînes, servitude, dépendance etc.Howard Becker et son traducteur J.P.Briand ont choisi, eux, captivité. Les principaux accessoires sont : (menottes, cordes,collier, bâillon, chaînes) cagoules contraignantes vaccum bed, inflatable en latex sac à deux parois, on gonfle entre les parois pour rendre le sujet immobile. , sleeping bag (généralement en cuir) ;monogant palan de suspension. On retrouve chez plusieurs philosophes ou psychanalystes, dont Otto Rank, l'idée que la vie intra-utérine serait une situation voluptueuse, sorte de Paradis perdu et que l'être humain chercherait un retour inconscient à la vie intra-utérine. Rank ajoute : « c'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste essaie de rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine. » Toujours d'après ce même auteur, le bondage constitue un élément typique du masochisme.
- Suspensions : par les pieds, sur une croix qui tourne, dans un harnais, dans une cage en cuir.
- Fantasme de Kidnapping à mettre en scène.
- Camisoles : Bondage encore, idem enfermement avec des camisoles psychiatriques.
- Privation sensorielle : asphyxie érotique, contrôle de la respiration à l'aide de masques : la maîtresse ou le maître va ralentir la respiration de son sujet tout en surveillant son partenaire. Ceux qui essaient de pratiquer seuls prennent de gros risques. C'est l'accident survenu à David Carradine « Uneversion corroborée vendredi par les premières conclusions de l'enquête demandée par l'ambassade américaine: "Une corde était attachée autour de son cou et une autre à son organe sexuel, et les deux étaient reliées ensemble à la penderie" dans la chambre, a déclaré à la presse le général Worapong Siewpreecha de la police métropolitaine de Bangkok. "Dans ces circonstances, nous ne pouvons pas être sûrs qu'il a commis un suicide, mais il a pu mourir de masturbation", a-t-il affirmé. L'agent de l'acteur a confirmé vendredi ces nouveaux éléments, qui mettent fin à la rumeur selon laquelle il se serait suicidé.»
- Cuir bondage : idem bondage avec des sacs de cuir appelés encore sleepingbags (sacs de couchage) par les anglais.
- Momification
- Corset : port de corset, minerve, vêtements contraignants.
- Discipline : fessées, châtiments corporels - fouet - cravache, canne anglaise, mise en scène ou non du châtiment. Jean-Jacques Rousseau ne s'était pas remis d'une fessée reçue de la main de son institutrice Mlle Lambercier. Il évoque ce souvenir ému : « Qui croirait que ce châtiment d'enfant, reçu à huit ans par la main d'une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s'ensuivre naturellement ? »
- Heavy rubber : total enclosure Thanatos règne dans ces jeux, particulièrement avec le latex. Et c'est pour mieux le combattre que l'esclave latex ou le fétichiste latex s'enferme. « Car c'est en maîtrisant ce qui normalement nous détruit que nous pouvons vaincre la mort et atteindre l'éternité.
- Fantasme d’être pendu, étranglé ou noyé, mise en scène
- Enfermement : Bondage encore, enfermé, l'impression d'angoisse d'être seul, qu'il sera abandonné, la tension monte, le désir aussi.
- Cannibalisme retourné : « L’ours est l’animal d’Artémis, l’ourse à la fourrure est la Mère, la fourrure est le trophée maternel. Aussi bien, dans ce recueillement, la loi de la Nature devient-elle terrible : la fourrure est la fourrure de la mère despote et dévorante instaurant l’ordre gynécocratique. Masoch rêve que la femme aimée se transforme en ours, l’étouffe et le déchire. » Gilles Deleuze.
- Humiliations : toutes les insultes faites aux femmes dans la vie sociale ; le dominé peut être excité à les entendre lorsqu'il est femme l'espace d'une séance. Ainsi que toute autre mise en scène de l'humiliation par les tenues vestimentaires et les positions. Il en est de même pour la femme qui sera excitée par ces insultes érotisées et l'obligation de tenues de port de vêtements et d'être éventuellement exhibé nu (homme ou femme). Il est évident que ce type d'humiliation leur serait insupportable dans la vie ordinaire, mais dans le cadre d'un rapport sexuel, l'humiliation prend toute sa dimension érotique.
- Jeux d'enfants : à propos des jeux d’enfants pour adultes, Anne Larue évoque la différence entre le masochisme social et le masochisme festif : « être ludique, ce n’est justement pas être un enfant geignard ou dépendant ; c’est être un enfant adulte capable de jouer à l’enfant, et d’apprécier la distance que vaut le jeu. (…) Les grands enfants heureux qui sans l’ombre d’une « pulsion de destruction » véritable jouent au masochisme justement parce qu’ils sont heureux et qu’ils ne sont plus des enfants. » Du besoin de régression vers la toute petite enfance W.Reich dit que le masochiste a un intense besoin d'être aimé. A cela Theodor Reik réplique "Le bébé est sûr d'être aimé. Il a une confiance naturelle dans l'amour du père et de la mère et du monde entier."».
Reik cite aussi le lied de Brahms "Ah si je connaissais encore le chemin du retour, le chemin bien aimé à la chère période de l'enfance..."
- Jeux de service : valet - femme de ménage - bonniche très ordinaire - soubrette chic et prude - soubrette putain - etc. (hommes et femmes) à ces jeux de service s'allient quelquefois le fétichisme des blouses de nylon. Elle ne sont plus fabriquées actuellement, mais certains adeptes les conservent pieusement. Elles étaient le plus souvent fabriquées dans des couleurs bleu et rose néon.
- Chantage : Le sujet est obligé de prendre du plaisir, il n'est plus responsable de la faute car la dominatrice le fait chanter : « tout le monde va savoir ». Dans le cas dominée/maître le même scénario peut-être adapté.
- Pony-play: le ou la dominée (Ponyboy -Ponygirl) harnaché(e) comme un cheval de course, va tirer un sulky.
- Viol théâtralisé
- Jeux de bougie : par prudence, la bougie doit couler d'assez haut afin de ne pas provoquer des brûlures sévères.
- Tortures de seins
- Electro stimulation : pénétration par un plug branché sur pile, colliers pour encercler les testicules (pour les hommes), le sexe. Ces colliers sont munis d'électrodes. Les distributeurs de matériels recommandent d'utiliser l'électricité uniquement sous la ceinture
- Piétinement du corps du sujet (pratique appelée trampling par les anglo-saxons).
- Jeux médicaux : piqûres, lavements punitifs.
- Lavement érotique - Otto Rank toujours : le psychanalyste parle du « désir inconscient du garçon de pouvoir donner naissance à des enfants par la voie anale ». Or dans le lavement érotique, il y a aussi la perte des eaux. Considération des psychanalystes qui ramènent tout à l'enfance post-natale, il s'agirait du souvenir d'enfant érotisé.
- Jeux sexuels à base de pénétrations (sodomie, utilisation dejouets sexuels)
- Urolagnie : se dit de la pratique où le dominant urine sur son sujet
Otto Rank précise que, lorsqu'un enfant prend du retard sur l'âge de la propreté, c'est justement pour faire perdurer la situation intra-utérine voluptueuse.
- Scatophilie : ceux qui sont attirés par les excréments.
- Chasteté : obligation semi permanente du port d'une cage chasteté pour l'homme et d'une ceinture de chasteté chez la femme.
- Piercing : souvent forme d'appartenance, la femme se fait mettre des anneaux aux lèvres du sexe et quelquefois son maître ferme les anneaux avec un petit cadenas ce qui a pour but de préserver la chasteté de sa soumise. L'homme se fait percer le sexe ou les testicules avec des anneaux. L'anneau le plus connu pour les hommes est le Prince Albert, Piercing génital masculin.
- Autres jeux d'appartenances : le rosebud plug porté par le soumis ou la soumise quelquefois le rosebud porte les initiales du maître ou de la maîtresse.
- Appartenance par marquage : tatouage ou branding (marquage au fer, encore appelé « baiser de feu » par les américains).
- Facesitting
- Devenir animal, cheval, chien, chienne, porc, truie, ver de terre etc.
- Adoration du maître ou de la Maîtresse : type cérémonie à l'idole païenne.
- Exhibition (« exhibe ») : le goût du risque et de l'humiliation en public. Mise en scène du risque.
- Jeux de rôles associés au fétichisme de l'uniforme
Le BDSM peut-être être conjugué avec le fétichisme de l'uniforme. L'uniforme sert à la mise en scène du jeu de rôles.
- Médical : fétichisme de l'uniforme d'infirmière, de praticiens, blouses blanches. allié aux jeux de rôles BDSM : auscultation, médecin patient, pénétration, examen homme femme avecspéculum, piqures, fouille corporelle, Clystérophilie pose de sondes etc.
- Militaire ou policier : suggestion de jeux d'interrogatoire, de torture, d'emprisonnement. le jeu de rôles BDSM est conjugué avec le fétichisme de l'uniforme.
- Uniforme d'écolière, les Japonais en raffolent. Applicable pour plusieurs types de scénarios dans l'imaginaire BDSM : instituteur punissant son élève désobéissante, notamment.
- Uniforme de religieuse : où le fidèle se confesse (religieuse dominatrice), ou bien où la religieuse tient un jeu de rôle BDSMd'abnégation à une puissance supérieure ou divine (religieuse soumise, la puissance suprême pouvant, dans le cadre du jeu de rôles, être incarnée par le maître ou la maîtresse). Dans la mode, provocation de Lady Gaga et Jean Paul Gaultier, l'uniforme prètre et religieuse : la fessée, photo en ligne46.
- Uniforme enfant style marin, conjugué éventuellement avec un jeu de rôle BDSM d'institutrice sévère.
- Uniforme de valet, gilet acheté dans les boutiques pour uniforme de gens de maison : fantasme de soumission sur le thème du domestique BDSM.
- Uniforme de soubrette victorienne.
- Femmes seules
- Bondage et tortures des seins
- Rubber doll : enfermement total dans des vêtements de latex : le visage même est recouvert d'un masque de femme en latex. La femme peut jouer la dominatrice Rubber cachée derrière un masque de poupée qui peut devenir sévère. De même que l'homme dominateur peut transformer son sujet femme en poupée.
- Tous jeux de rôles possible tels que se retrouver dans un lieu public et obéir au maître qui selon son humeur obligera la jeune femme aux attitudes qu'il aura décidé. Peut-être s'exhiber ou allumer des hommes, jeux de prostitutions, être livrée etc.
- Le port d'un œuf dans le ventre de la soumise, ou le port d'un plug, et d'un papillon sur le clitoris, les trois accessoires vibrants. Et ce lors d'un repas chic chez des amis. Activer les vibro à distance pendant le repas est du meilleur effet.
- Hommes seuls
- Travestissement : dans leur masochisme féminin, les hommes cherchent à se travestir, dans l'esthétisme comme dans la vulgarité (port de masques rubber doll).
- Féminisation : les hétérosexuels peuvent exprimer le désir d'être femme ; c'est sûrement le fantasme masochiste le plus commun. Dans son livre Françoise Maîtresse, l'auteure relate plusieurs jeux de rôles comme « Élodie en sous-sol », dans lequel un maçon provincial passe une journée à Paris dans les salons de beauté pour se faire « belle », afin de se prostituer le soir au bois sous les ordres impérieux de sa Maîtresse, ou encore l'histoire de « Human bomb ».
- Jouer à être un enfant : la dominatrice, souvent dans le rôle d'une tante sévère ou d'une maîtresse d'école à l'ancienne, ou d'une quelconque figure autoritaire maternelle, telle qu'une amie de la famille, représentant la seconde mère. La dominatrice invente une histoire concernant une bêtise qu'aurait fait le sujet, qui lui, serait redevenu enfant. Elle prend ce prétexte pour l'humilier, le fesser, le punir comme l'on punit un enfant. Dans le cas d'un couple homme dominateur, selon Deleuze l'homme n'a aucune difficulté à représenter la sévérité maternelle.
- Mise en scène de fantasme d'être proie : pour une chasseresse. Masoch avait ce fantasme et il l'exprime dans son roman : « Dans Loup et Louve l'héroïne demande à son prétendant de se laisser coudre dans une peau de loup, de vivre et de hurler comme un loup, et d'être chassé . » Gilles Deleuze parle des fantasmes de Masoch : se faire travestir en ours et de se faire chasser : « Les goûts amoureux de Masoch sont célèbres ; jouer à l'ours, ou au bandit ; se faire chasser, attacher, se faire infliger des châtiments, des humiliations et même de vives douleurs physiques par une femme opulente en fourrure et au fouet ; se travestir en domestique, accumuler les fétiches et les travestis etc. »
- Mise en scène du mari cocu : chère à Masoch. On trouve ce genre de site sur Internet. à noter que le masochiste se réserve le plus souvent de maîtriser son cocufiage.
- Cannibalisme retourné : (résumé) l'homme est mis en position de dinde à cuire et ficelé. On introduit dans ses orifices naturels, des oignons, des herbes, de l'ail, du persil dans les narines. On l'enferme dans un faux four géant en plexiglas. On ouvre le four, on pique avec la pointe du couteau pour vérifier la cuisson. Enfin, on sert la dinde. La maîtresse mime le découpage.
- Ballbusting : le fait de prendre les testicules du dominé pour un ballon de foot.
- Rubber doll : enfermement total dans des vêtements de latex : le visage même est recouvert d'un masque de femme en latex. C'est une façon de prendre ses distances avec le réel, d'entretenir l'apparence de la transformation sauvée. C'est un « abandon du jugement de dieu » selon Antonin Artaud et Deleuze, à l'image du visage du Christ vecteur de culpabilité. L'homme quitte ainsi son visage phallique patriarcal sans culpabilité ni complexe, car ce n'est plus lui mais un autre, une autre, la caricature d'une femme. La « Visageité » selon Deleuze Guattari parle d'un déni de visage, référence à la peinture de Francis Bacon. Deleuze a en outre écrit sur Francis Bacon.
- Jeux autour de la chasteté pour homme. Il existe des cages de chasteté, la CB2000 (3000, 4000, etc) par exemple. Entièrement en plexiglass ou en latex. Elles se ferment avec des cadenas. Ces cages ne sonnent pas aux passages de contrôle des aéroports. Le fabriquant a, de ce fait, poussé le jeu de l'enfermement en proposant des cadenas légers en plastique. Le cadenas est numéroté. S'il peut s'ouvrir d'un simple coup de ciseaux pour une éventuelle visite médicale d'urgence, il ne peut plus se fixer à nouveau et un autre cadenas n'aura pas le même numéro. Si Monsieur se fait cadenasser son sexe avant de partir pour un voyage d'affaires, il a intérêt à revenir avec un cadenas qui porte le même numéro. Où être muni d'un certificat médical attestant qu'il a bien eu un problème de santé.
- Élongation des testicules avec des poids
- Fétichisme du pied : des bottes, des escarpins (adoration du pied qui devient l'idole). Idem pour les bottes et escarpins.
Citation
Dans Pop model, les mémoires de Lio, écrites avec Gilles Verlant, il est écrit :
- « Il existe des femmes qui aiment les rapports masos, ça les excite ; elles font très bien la différence entre l’acte sexuel, où elles apprécient certaines choses qui sont de l’ordre du lien, de la coercition, même accompagnée de fessée, de coups de cravache, dans le cadre d'un jeu librement consenti, et la violence conjugale qu’elles ne supportent absolument pas par ailleurs ».
Santé et sécurité
Certaines de ces pratiques peuvent, lorsqu'elles se font sans la connaissance des limites des participants, être hasardeuses. C'est là que le contrat intervient. Si les partenaires ne se connaissent pas encore, il est indispensable de définir les limites avant le début du jeu. L'écoute, la progression et une attention particulière restant indispensables pendant le jeu.
Afin de limiter tout risque de contamination, il est recommandé de ne jouer aux jeux d'aiguilles qu'avec son partenaire régulier, de façon à ne pas être piqué avec une aiguille avec laquelle le dominant se serait accidentellement piqué lui-même. De même, les objets de pénétration doivent être nettoyés après usage et protégés par un préservatif pendant l'usage.
La cire chaude doit être versée d'une distance suffisante pour ne pas provoquer de vraies brûlures (une plus grande distance refroidit la cire).
Les professionnel(le)s - et tout dominant pratiquant avec un sujet soumis qu'il ne connaît que peu ou pas - devront vérifier, avant toute pratique un peu dure suggérée par leur sujet, que celui-ci ne présente pas de contre-indication médicale : problème cardiaque, insuffisance respiratoire de type asthme ou sinusite, etc. Le dominant devra dans ces cas précis refuser certaines pratiques telles que suspensions par les pieds, contrôle de la respiration, bâillon dur, masques, cagoules de contrainte, etc.
Concernant le ligotage, il est indispensable de vérifier qu'a aucun endroit du corps la corde fait un effet garrot. Il convient de proposer un signe des que le sujet ressent un quelconque malaise et, dans ce cas, de le libérer immédiatement. Il ne faut jamais laisser un sujet immobilisé sans surveillance.
- Safeword, ou code de sécurité
Le safeword, en français « code de sécurité » ou « mot d'alerte » qui sonne l'arrêt immédiat de la séance, au cas ou le dominant ne serait plus à l'écoute et de ce fait depasserait les possibilités du dominé. Il est utilisé par le sujet dominé. Quant aux safewords non verbaux, rendus nécessaires par l’usage des bâillons, un signe de la tête peut indiquer l'état d'urgence.
- Cérébralité et safeword
Des dominants expérimentés estiment que le safeword fait perdre une partie de la cérébralité du jeu. En effet ce qui provoque, souvent, l'excitation et le désir dans une relation dominant/dominé, c'est justement l'abandon du dominé qui s'en remet entièrement au dominant ou à la dominatrice. Le dominant doit alors communiquer par une clef invisible et doit comprendre, sans que le dominé ne l'énonce clairement, à quel moment il doit ralentir, voire s'arrêter. Il s'agit de savoir communiquer comme un medium talentueux pourrait le faire. Il s'agit de comprendre les non dits. Pour cela le dominant doit connaître son sujet et la dominatrice ou le dominateur doit être plus que jamais à l'écoute. Ce qui, évidemment, exclut les joueurs débutants qui doivent s'en tenir au safeword.
- Safeword, quand est-il necessaire ?
Dans son livre : La domination Féminine, Graham Scott met en garde la pratique des relations avec une dominatrice débutante. Et le risque reste le même avec une dominatrice peu psychologue. « Quand Travis commença à réaliser les fantasmes qu'il avait depuis longtemps, il dit à une dominatrice professionnelle qu'il pouvait tout supporter, y compris une douleur intense ?. Elle le fouette donc sévèrement et bien qu'il la suppliât d'arrêter, elle ignora ses plaintes comme s'il s'agissait de réplique d'une comédie, ce qui effectivement, est souvent le cas. Mais alors qu'une femme dominante expérimentée observe le langage corporel de l'homme pour différencier les plaintes authentiques, cette femme ne fit pas attention et continua à frapper. Pour Travis, la séance fut une expérience affreuse et il garda durant deux semaines de larges marques rouges. » Plus tard Travis s'exprima dans la communauté « Elle ne s'est pas souciée de ce que je désirai vraiment, elle m'a simplement mis en bouillie » ». Fort heureusement ces dominatrices ne font pas de carrière.
Législations
Les législations des principaux pays occidentaux n'interdisent plus les pratiques sexuelles BDSM. Toutefois, le Royaume-Uni définit un seuil de pratiques au-delà desquelles le BDSM tombe sous le coup de la loi. L'affaire Spanner (année 1991) qui a consisté en la criminalisation d'hommes consentants, alors qu'aucune plainte de quiconque n'avait été déposée, a jugé coupables des « dominants » sur la seule base des marques laissées sur les « soumis ». Une fessée un peu appuyée, un bondage serré sont donc illégaux (ce jugement a été validé par la Cour européenne en juin 1997).
Il faut s'en tenir au jugement. Les participants à ce que l'on a nommé l'affaire Spanner furent condamnés sur la possession d'images hard entre majeurs consentants. Ce qui est à noter c'est qu'à l'époque, la loi anglaise punissait ceux qui se faisaient violence à eux-mêmes, d'où l'interdiction de se suicider. Un rescapé du suicide en Angleterre était passible de prison pour tentative de meurtre envers lui-même. C'est ce qui amena la chambre des Lords à infliger des peines de prison aux « dominés ». Des peines inférieures d'environ 50% par rapport aux dominants.
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a aussi statué dans l'affaire K.A. et A.D. c/Belgique (jeux sexuels entre plusieurs hommes et une femme) le 17 février 2005 contre une pratique du sadomasochisme si la personne « esclave » demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques. En l'occurrence, la justice juge le manquement au consentement, mais pas la pratique en elle-même, ce qui était le cas dans l'affaire Spanner.
Depuis 2002, la Suisse possède l'une des législations les plus répressive concernant la pornographie dite dure.
anabaptiste
L'anabaptisme est le courant protestant qui prône un baptême volontaire et conscient, à un âge où la personne est en mesure de comprendre l'engagement qu'elle prend. Le mot vient du grececclésiastique anabaptizein signifiant « baptiser à nouveau ». Cette pensée est un point essentiel de la Réforme radicale protestante.
Le terme a pris historiquement un sens politique, dans le sens où ce mouvement s'opposa au pouvoir politique et religieux en place dans le canton de Berne au xvie siècle.
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Historique
Origine
Selon l'évangile selon Marc, « Celui qui croit et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné1 ». À partir de quoi, certains réformateurs du xvie siècle dénient toute valeur au baptême imposé aux jeunes enfants. Ils estiment que ce sacrement ne doit être reçu qu'en pleine connaissance de cause par les candidats. Ainsi, ceux qui ont été baptisés avant l'âge de raison se faisaient rebaptiser.
Selon la confession de Schleitheim regroupant un certain nombre de communautés autour deSchaffhouse, 7 traits de la théologie illustrent l'anabaptisme :
- Le baptême est réservé aux consentants de la foi, c'est-à-dire aux adultes sûrs de larédemption et qui veulent vivre fidèlement au message du Christ.
- La cène n'est que symbolique. C'est une cérémonie du souvenir faite avec du pain sans levain et du vin mais il n'y a ni consubstantiation ni transsubstantiation.
- Le pasteur est élu librement par la communauté et n'est pas investi du sacerdoce.
- Sont exclus de la cène tous les fidèles tombés dans l'erreur ou le péché.
- La séparation du monde est totale aussi bien religieusement que politiquement. Il s'agit de se séparer de toutes les institutions n'étant pas dans l'Évangile.
- Un anabaptiste ne peut pas remplir de charge civile (droit de glaive).
- Il ne doit jamais prêter serment.
Dans les faits, de petites communautés de croyants sont réunies dans des conventicules, le plus souvent clandestins, afin de lire la Bible. Les chefs des communautés sont des laïcs qui officient en habit civil. La discipline est importante pour maintenir une pureté éthique et doctrinale.
La progression de l'anabaptisme en Europe centrale est un véritable problème pour les autorités religieuses catholiques en place puisqu'il incite les personnes à ne pas faire baptiser leur enfant avant leur prise de conscience, ce qui risque de les priver du salut selon la doctrine catholique. Par ailleurs, sur le plan politico-religieux, les anabaptistes refusent la soumission de la religion au prince.
Le terme anabaptiste provient, à l'origine, des adversaires de ce courant de pensée. Ainsi, certain groupes tels les mennonites refusaient cette étiquette, alors qu'ils la revendiquent aujourd'hui.
Les différents anabaptistes
Le terme « anabaptiste » regroupe des communautés différentes, qui n'ont parfois rien à voir les unes avec les autres. Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich, a dressé une typologie des anabaptistes où apparaissent une dizaine de communautés dont :
- Les Frères suisses se sont formés dans l'entourage de Zwingli à Zurich. À l'inverse de ce dernier, ils pensent que la religion ne doit pas être institutionnalisée et réclament la liberté de choisir les pasteurs. De plus, ils pensent que le caractère obligatoire du baptême le disqualifie. Zwingli les expulse de la ville tandis que le même jour Grebel autorise le rebaptême.
- Les anabaptistes autour de Melchior Hoffman pensent que la cène est un acte symbolique. Melchior Hoffman se retrouve à Strasbourg où il se lie d'amitié avec Martin Bucer. Comme il pense que la fin du monde est proche (1538), il s'empresse de procéder au rebaptême. S'entendant bien avec le magistrat de la ville, il peut procéder au rebaptême de ses amis. Ses disciples iront jusqu'à Munster où Jean de Leyde gagne les élections et fonde un règne eschatologique du Christ.
- Les Huttérites vivent en communauté, repliés sur eux-mêmes. En 1650, on en comptait 10 000. Vivant groupés, ils considèrent que l'individu doit une obéissance totale aux lois de sa communauté, celui qui les transgresse devenant immédiatement un paria.
- Les Brethren (Frères), apparus dans le Palatinat allemand vers 1708, où Alexander Mack et ses partisans se baptisent dans le fleuveEder. Appelés d'abord Frères baptistes allemands, ils émigrent en Amérique du Nord où ils fondent différentes églises qui perdurent aujourd'hui.
Les sociétés anabaptistes sont surtout urbaines et pacifistes mais, devant l'horreur qu'inspire le non-baptême chez les autres chrétiens, elles se réfugient vers la campagne où elles espèrent éviter les répressions. Entre 1525 et 1529, il n'y en a que 29 à Zurich et 10 à Schaffhouse. Vers 1630, on les estime au nombre de 4 000[réf. nécessaire].
Le « munzerisme », dissidence de l'anabaptisme
Le munzerisme n'est pas représentatif de l'anabaptisme, mais il s'appuie sur cette idée pour développer une approche plus poussée de la préparation du règne eschatologique du Christ.
En 1521, Thomas Münzer tout d'abord pasteur luthérien rompt avec Luther alors qu'il réside à Prague. Avec Nicolas Stork, il prêche les idées anabaptistes en Bohême et en Silésie, tout en prônant une réforme plus radicale des institutions sociales. Les idées de Münzer et de Stork remettaient en cause la propriété privée du sol. Elles eurent beaucoup de succès parmi les paysans. Logiquement, Münzer soutint les paysans révoltés contre leurs seigneurs. Münzer rêvait de fonder une nouvelle monarchie théocratique en Allemagne. Il fut fait prisonnier au cours d'une déroute de son armée et fut exécuté. La guerre des Paysans ou guerre des gueux s'éteignit en 1525 : elle a été noyée dans lesang.
L'anabaptisme n'en était pas mort pour autant. Le rêve caressé par Münzer subsistait dans le cœur de certains. Ainsi Jan Matthijs et Jean de Leyde (Jan van Leiden) prirent la tête de l'insurrection pour établir une théocratie dans la ville de Münster. L'armée coalisée des princes ne tarda pas à mettre le siège devant la ville révoltée. Les assiégés, fanatisés par leur propre résistance, donnèrent libre cours à leur imaginationreligieuse : Jean de Leyde, par exemple, comme d'ailleurs David Joris (un autre chef anabaptiste pacifiste quant à lui), alla jusqu'à se proclamer successeur de David et, à l'instar de ce roi, s'unit à plusieurs femmes.
Quand, en 1535, après une année de siège et de résistance opiniâtre, la ville fut prise d'assaut, Jean de Leyde et ses lieutenants succombèrent sous la torture. Les anabaptistes dits conquérants furent traqués et poursuivis dans toute l'Allemagne et jusqu'en Suisse.
Ceux d'entre eux qui en réchappèrent se rallièrent aux anabaptistes dits pacifiques, communion strictement religieuse, mettant l'accent sur le baptême des adultes et sur l'inspiration personnelle dans l'interprétation de la Bible.
L'anabaptisme aujourd'hui
Ils sont à l'origine de certaines dénominations religieuses comme les mennonites auxquels sont apparentés les Amish, et indirectement autres églises protestantes telles que les baptistes, les évangéliques, les adventistes ou les pentecôtistes. D'autres, sous la conduite deHutter, disciple de Nicolas Stork, se retirèrent en Moravie et se firent appeler les Habani. Leurs céramiques et faïences (habánska keramika) sont très notablement connues entre autres en Slovaquie pour leur style raffiné et inspiré. Des communautés huttérites subsistent en Amérique du Nord.
En Suisse, les anabaptistes se sont établis principalement dans le Jura bernois, principalement en tant que cultivateurs. Ils parlent encore le Suisse-allemand en famille, bien que leurs enfants fréquentent les écoles de la région en français.
La dissidence Amish est née en 1693 à Sainte Marie-aux-Mines sous l'impulsion de Jacob Amman. Cette communauté est très présente aux États-Unis. La remise en question du baptême des enfants ou pédobaptisme est une réflexion constante des Églises protestantes enEurope. On a assisté dans les années 1950, puis dans les années 1970, à la croissance d'un mouvement en faveur du report du baptême à un âge de pleine conscience.










Au Moyen-Age, le cimetière de Kutna Hora (République Tchèque) était en odeur de sainteté : de nombreux habitants des alentours décidèrent de trouver-là leur dernière demeure. Les mille guerres et autres effroyables épidémies qui frappèrent durement la région participèrent également à faire affluer les corps pourrissants vers Kutna Hora... Puis une idée s’imposa soudain : pourquoi ne pas réunir les os blanchis de tous ces augustes décédés dans un grandiose ossuaire ? Toute la décoration de l’ossuaire est donc réalisée avec des os : lustres de tibias, guirlandes de fémurs, amoncellements de cranes… même le blason du seigneur local est confectionné avec des os. Si ce lieu étrange appelle la réflexion du visiteur, c’est parce que l’on est bien obligé de constater la souveraine égalité devant la mort, mais aussi dans la mort : parmi les crânes amoncelés, certains appartenaient à des nobles hautains, d’autres à des penseurs arrogants, d’autres enfin à de simples paysans illettrés et serviles. Tout passe et tout finit…





