Les principales castes militaires du Japon féodal

BIENqu’au Japon, aucune figure ne soit plus symbolique que celles des Samouraï, ceux-ci ne consitue qu’une des castes militaires, certe importante, parmi d’autres. Si leur histoire a son origine au COURS de l’ère Heian, ce n’est pourtant que depuis le XIIe siècle et jusqu’en 1868 que ces castes militaires s’arrogent le droit exclusif de gouverner le pays en y exerçant avec les fonctions proprement militaires, toutes les fonctions administratives et judiciaires.

Nous parlerons ici des castes militaires DANS les différentes périodes féodales, tout en excluant les postes dits « gouvernementaux », je pense au DaimyoShogun, mais aussi: kuje, kampaku, shikkenkanrei, voire hamamoto, etc… qui prirent place lors de la création du bakufu (sauf kuje), et qui n’ont que des rôles de gestion et plus de rôle militaire bien que beaucoup de ces postes soient confiés à des personnes ayant fait des classes militaires donc à cette période: des Samouraï de par le fait).

Il est très difficile de tout expliciter au mieux en un article,BIEN sur il y a des choses à redire et des infos qui sont passées à la trappe, mais cet article se veut être « vulgarisé » et résumé à son minimum.

Les principales castes militaires (liste non exhaustive et non classée DANS l’ordre) sont:

  • Bushi
  • Samourai
  • Ronin
  • Goshi
  • Ashigaru et Ashigarugashira
  • Sohei
  • Yama-bushi ou Shugenjas dans certains lieux (auparavant Yamahoshi)
  • Ninja

Les Bushi

Bushi, Yamaoka Tessyu

Bushi, Yamaoka Tessyu

On trouve dans des écrits la trace de ces « guerriers gentilhommes » vers 800 (période Heian). Ils étaient EMPLOYÉS par des familles riches (uji) afin de défendre la population alentours, et étaient reconnaissable par le port du taishi, du tanto et du kyudo. Le daisho katana ou autre longue lame et wakizashi, n’était pas encore d’actualité à l’époque et ce, jusqu’au début de la période Edo.

Durant leur existence, ils furent très appréciés par les populations bien qu’étant de la haute bourgeoisie pour la quasi-totalité. Ils SUIVIRENT des préceptes honorables contenus dans le Bushi-Do: ce dernier provient des dogmes du Kyuba no michi, qui est à l’origine de tout les devoirs et droits de cette caste!

Au début de la période Edo, les Tokugawa mirent en place une « hérarchie » à 4 échelons, nommée shi-no-ko-sho, et c’est de là qu’apparu le TERMESamouraï.

Les Samouraï

Samouraï

Samouraï

Apparaissant avec l’arrivé des Tokugawa au pouvoir, les Samouraï sont, à l’origine, des nobles de très haut rang (buke) destinés à suivre une CARRIÈRE en tant qu’officier supérieur. Certains sont aussi issu du kugeet destinés aux taches moins nobles (garde de Samouraï de plus haut rang par exemple). Le mot en lui même signifie « servir », non plus la population mais plutôt un maître comme un Daimyo ou le Shogun. La défense de « la veuve et de l’orphelin » n’est alors plus vraiment dans leurs attributions.

Contrairement à ce que l’on croit, peu d’entre eux suivent le code du Bushi-Do. Seul une partie des Ronin le suivent et encore quand il y a des batailles. Les Samouraï suivent le code buke shohatto, different à BIEN des égards du Bushi-Do. Il n’est plus question de nourrir son esprit, trouver la paix intérieur ou faire voeu de protection, mais plutôt de gérer un domaine, défendre son « maître », réparer des chateaux, etc…

Pendant la période Sangoku (celui qui dit dragon ball sort de suite!), le daishon’avait pas encore court, les Samouraï préférant le katateuchi au wakizashi. Paradoxalement le KATANA et leuchigatana était résevé aux Ashigaru et aux Samouraï de très bas rang.

Durant cette même période, il était courant pour monter d’échelon dans la hiérarchie de provoquer en duel d’autres Samouraï afin de prouver sa bravoure: le Samouraï annonce son nom fièrement à la personne qu’il défie, dégaine son arme, et combat héroïquement. Une attitude similaire se trouve dans la mort du légendaire saint patron des Yakuza: Shimizu no Jirocho. Ces combats pour monter d’echelon, gagner quelques pièces ou défendre l’honneur de l’école qu’on a SUIVI sont monnaie courante et sont très souvent retranscrits dans les films sur la féodalité.
Pendant la période où existait le shogunat Tokugawa, le bakufu obligeait les Samouraï à porter le banzashi-daisho, et aussi à porter le « chignon » comme coiffure officielle pour les buke mais pas pour les kuge! Cette tonsure prit le nom de sakayaki (fort utile lors de port de casque en pleine chaleur), et permettait de distinguer les Samouraï de haut rang de ceux de bas rang.

Il était habituel pour les Samouraï d’être lettrés et d’avoir 3 ouvrages comme livres de chevet:

Avec ces ouvrages, un Samouraï connaissait les préceptes nécessaires (hors shi-no-ko-sho).

 

Les Ronin

Ronin

Ronin

Lors de la période relative de paix (Edo), nommé Tenka Taihei, beaucoup de Samouraï n’avaient plus leur gagne-pain habituel car il n’y avaient plus de guerres où combattre, donc c’est à cette période que la CASTE des Ronin (Samouraï sans maître) se développe grandement.

La plupart de ceux-ci prennent du temps afin d’optimiser leurs techniques (bujutsu) et entament la transition vers le Budo. Le bushi-do n’a plus lieu d’être loin des champs de bataille. Ils possédent les mêmes caractéristiques que les Samouraï, mais suivent au final une voie plus spirituelle!

Certains Ronin l’étaient par choix et non dépit, le plus célèbre étant Musashiqui battait la campagne afin d’optimiser son art en combat singulier. Son arme de prédilection était le bokken contrairement à tous ses adversaires.

Ils rentrent DANS l’histoire grâce à l’histoire de la rebellion des 47 Ronin!

Les Goshi

Samouraï campagnards de bas rang, avec les Ashigaru, ils constituent la majeure partie des effectifs des armées. Peu ou pas éduqués, ils espèrent se distinguer en bataille pour gravir les échelons de la hiérarchie. Musashi, encore, en est l’un des meilleurs exemples: pas d’éducuation, pas d’origine buke, et ne sachant pas vraiment se battre au début.

Les Ashigaru

Ashigaru

Ashigaru

Ce sont les fantassins « communs » des différentes armées. Ils étaient reconnaissables au jingasa qui les coiffait et à leurs armes: naginatayumi ou yari pour certains. Par la suite, ils utiliseront des arquebuses appelées tanegashima ou teppo.

D’origine très basse (paysans pour la plupart), leur ascension hiérarchique est quasiment nulle (au maximum ils peuvent prétendre à être ashigarugashira: la personne qui commande des troupes d’Ashigaru) et ils sont mal considérés par les Samouraï (surtout d’origine buke). On les retrouveDANS les livres à partir de 675, en tant que mercenaires. La réelle arrivée de ce type de soldat se fait pendant la période Sengoku. Afin de les reconnaitre en pleine bataille, ils portent un standard aukamon de leurs souverain, le sashimono.

Lors de la guerre d’Onin, la réputation de ce type de soldat est établie: ils sont considérés comme indisciplinés, cupides (ne se battant que pour la SOLDE), et illettrés. Un Ashigaru gravit cependant les échelons et fini Daimyo: Yamauchi Kazuto. Toyotomi Hideyoshi, quant à lui, un des trois unificateurs du Japon avec Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu finit Samouraï reconnu et est connu pour avoir anobli beaucoup de ses élèves Ashigaru.

Lors des 2 invasions de Corée (1592 et 1597), le rôle de cette caste change: elle devient plus professionnelle et essentielle pour l’appui des Samouraï,BIEN qu’encore considérés comme de la chair à canon.

Les Sohei

Sohei

Sohei

Ils apparaissent en masse au COURS du Xème siècle et disparaissent quasi-totalement au milieu du XVIème siècle en grande partie à cause des Yamabushi avec lesquels ils avaient beaucoup de traits communs au niveau du combat au corps à corps. On les appelle aussi « moines soldats » ou « moines féroces » et, avant la période Edo, hōshi-musha. Ils portent aussi le nom de Yama-boshi dans certaines régions japonaises (ce qui n’a rien à voir avec Yamabushi). Considérés comme fanatisés, les souverains essayaient autant que faire se peut de ne pas utiliser leurs forces car ils pouvaient se REBELLER facilement et remettre en cause le pouvoir de ces derniers.

Issus de monastères disséminées DANS tous le japon, le plus célèbre fût Enrakyu-ji près de Kyoto, qui fournit un grand nombre de ces guerriers très entrainés (comparable au monastère du Wu-tang en Chine). Ils étaient pour la plupart de confession bouddhiste mais ceux qu SUIVAIENT les préceptes shintoïstes étaient appelés Jinnin, ou Mikko lorsqu’ils SUIVAIENT les préceptes du jodo shinshu. Membres de confréries, on peux les comparer aux templiers des croisades occidentales. Ils maitrisaient toutes les sortes d’armes, mais leurs armes de prédilection étaient le wakizashi et le naginata.

Les Yamabushi

Yamabushi

Yamabushi

Apparus à partir du VIIème siècle, ils sont moins nombreux que les Sohei et contrairement à eux suivent la voie du Shugendo (voie mystique et surnaturel) et, en complément, les préceptes du Tendai. Connus comme des « mystiques montagnards », on leur PRÊTE des pouvoirs occultes, ésotériques, censés être acquis par l’ascétisme qu’ils appliquent à la lettre, qui entrainait de la peur chez leurs adversaires.

BIENque combattant avec des Samouraï sur les champs de bataille, ils étaient essentiellement contre la voie de ces derniers, et le leur rendaient bien. A l’époque kamakura, les Samouraï et les Yamabushi s’affrontaient régulierement. Durant cette période, les Samouraï ne suivaient pas vraiment de précepte de sagesse d’où les conflits avec les Yamabushi!

En 1568 (période Sangoku), les Yamabushi aidèrent les Tokugawa et les Takeda afin d’assoir leur présence près des Shogun et afin d’éliminer totalement les Sohei. Contrairement aux Sohei, ils ne portent pas de protection, seulement un kesa, qui leur donne un air plus mystique.

Bien qu’appréciant le naginata, ils combattent régulièrement avec des sabres de type shiba-uchi et hōken/chie-ken, ainsi que des shuriken.

L’enseignement des Yamabushi existe toujours au Japon, mais leur présence est vraiment anecdotique car ils vivent reclus dans des monastères de montagne.

Les Ninja

Ninja

Ninja

Fortement présents au VIIIème siècle et ACTIFS jusqu’au XVIIème siècle, ils continuent à faire rêver et attisent de nombreux phantasmes dans l’esprit collectif!

Le TERME Ninja apparait seulement au Xème siècle. Auparavant, on utilise des noms comme Rappa, Shinobi ou Kagimono-hiki. Ce « combattant » se définit par ses missions d’espionnage, de renseignement, d’infiltration et de sabotage, et son enseignement qui est le Ninjutsu ou Shinobi Jutsu. Il possède aussi, dit-on, des capacités cognitives fortes et des aptitudes ésotériques (Shingon), dues au fait qu’ils acquièrent à l’origine leurs connaissances des Yamabushi.

Ne se pliant aux codes du bushido, ils excellent dans les actions de guérilla, les assassinats, bref tous les types de guerre asymétrique. Indépendants, ils ne répondent pas aux Daimyo ou aux Shogun et sont considérés par la population comme des parias aux mieux (eta ou hinin) ou des criminels au pire.

Au XVIème siècle, les Shogun et daimyo ont recours à leurs services moyennant FINANCES afin d’espionner les seigneurs qui ne se plient pas au joug du shogun ou afin de préparer au mieux une bataille. Dans ce cas précis, on les appellent Onmisu.
Aujourd’hui un seul style (regroupant 9 écoles) apparait comme étant fidèle aux enseignements du ninjutsu originel: le Bujinkan ninjutsu.

Il existe 3 ouvrages regroupant des écrits PROPRES à cette caste:

  • Le Shoninki de Fujibayashi Masatake, écrit en 1681 (un exemplaire original de cet écrit est conservé à la bibliothèque d’État de Tokyo)
  • Le Ninpiden
  • Le Bansenshukai de Fujibayashi Sabuji, écrit en 1676

Les Ninja avaient pour ordre, en cas de capture, de mettre fin à leur vie afin de ne pas tomber entre les mains des Samouraï qui n’hésitaient pas à les torturer pour obtenir des informations. Les Ninja et les CASTES de Samouraï se vouaient une haine féroce, les premiers étant PAYÉS pour tuer les seconds, et les seconds trouvant les premiers viles, vicieux, sans devoir et ligne de conduite, bref à l’opposé du bushi-do ou du buke shohatto.

Pour finir, on ne peut pas parler des castes féodales japonaises sans parler de l’abnégation pour son vassal et cette dernière passe parfois par la mort.

On connait les termes seppuku et hara-kiri en France, ce dernier étant péjoratif au Japon et réservé aux classes basses de la société BIEN que la finalité soit la même: mort atroce dans d’horribles souffrances.

Le seppuku et le hara-kiri suivent un RITUEL quasi-identique: s’ouvrir le ventre avec une lame du type tanto (nommé Kusungobu pour l’occasion) ou wakizashi. La finalité est cependant différente: tandis que le hara-kiri finit par la mort du supplicié qui succombe à ses blessures dans d’atroces souffrances, le seppuku quant à lui finit par la décapitation (kaisahku) lorsque le seigneur considère que le supplicié à montrer son total dévouement et que ce dernier possède un kaishakunin.

Kabuki - Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Kabuki – Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Le seppuku intervient pour 3 principales raisons:

  • Kanshi ou funshi: remontrances afin de prouver son désaccord avec une décision de son seigneur (similaire à l’immolation des bouddhistes…)
  • Tsumebara: sanction pénale évitant le déshonneur de la personne et de sa descendance
  • Junshi: accompagner son seigneur DANS la mort, pour prouver son abnégation envers lui. Il est nommé aussi Oibara DANS l’hagakure, avec 2 variantes, maebara et sakibara.

Concernant le Tsumeraba, cela permet d’éviter à la famille et descendance du défunt d’être spolié de toutes ses richesses, d’être relégué à la caste des eta (similaire aux intouchables indiens) durant quelques générations et ainsi pouvoir CONTINUER de vivre sans déshonneur.

Le seppuku et le hara-kiri ne sont que la partie visible de l’iceberg, selon les cas de nombreuses variantes existent:

  • Le inseki jisatsu: suicide pour éviter la honte
  • Le gyokusaï: suicide d’honneur, largement pratiqué au COURS de la seconde guerre mondiale par les soldats japonais, pour éviter de se rendre
  • Le jumonji-giri: seppuku avec quelques entailles supplémentaires afin de montrer sa foi au vassal
  • Le shinjū: double suicide avec ses variantes
  • L’oyako shinjū: suicide des parents et des enfants
  • Le boshi shinjū: suicide de la mère et des enfants
  • Le fushi shinjū: suicide du père et des enfants
  • Le goï shinjū lorsque les enfants sont volontaires au suicide familial
  • Le muri shinjū dans le cas contraire
  • Le kobara: suicide pour le BIEN des enfants
  • Le robuka: suicide pour le BIEN de la famille
  • Le funshi: suicide pour exprimer son indignation et sa révolte