15 août 2015

mythologie et religion nordique.....

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La mythologie nordique est l'ensemble des mythes provenant d'Europe du Nord (plus particulièrement de la Scandinavie et de l'Islande) à la base du système religieux polythéiste pratiqué dans ces régions au haut Moyen Âge avant leur christianisation. Il s'agit d'une variante régionale et historique de la plus vaste mythologie germanique. Aujourd'hui cette mythologie est surtout associée aux Vikings qui ont exporté leurs croyances au-delà de la Scandinavie, on parle alors aussi de mythologie viking. La mythologie nordique met en scène un nombre important de divinités, de créatures fabuleuses et de héros.

Pendant des siècles, les mythes nordiques étaient transmis oralement, notamment par la poésie scaldique qui éleva la narration d'épopées mythologiques en une expression artistique. Un certain nombre de ces poèmes mythologiques a été compilé au xiiie siècle dans l'Edda poétique. L'historien islandais chrétien Snorri Sturluson s'est également servi de la culture orale ancienne pour rédiger son Edda en Prose au xiiie siècle. Ces sources constituent la majorité de nos connaissances sur cette mythologie, complétées par quelques sagas nordiques (dont la plus importante est la Völsunga saga) et textesevhéméristes (comme la Geste des Danois).

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xviiie siècle avec le courant romantique en Europe. Si ces sources demeurent contestées pour de possibles influences chrétiennes, elles mettent en lumière un univers très riche et vaste sur les croyances nordiques anciennes.

 

 

Sources

Cette mythologie reste relativement méconnue, notamment du fait de la fragilité des sources dont on dispose. Longtemps transmise oralement, ce n'est qu'avec l'arrivée des premiers chrétiens en Scandinavie à partir du xe siècle qu'elle est abondamment documentée par écrit. Les meilleures sources de cette tradition religieuse sont à prendre avec prudence car elles ont été transmises et changées par des historiens médiévaux chrétiens, quelques siècles après la christianisation. L'authenticité des croyances païennes est donc incertaine. Le christianisme amène avec lui l'écriture latine, permettant d'enseigner aux Scandinaves l'écriture sur le papier. Les runes, utilisées jusqu'alors, étaient principalement gravées et ne se prêtaient pas à l'écriture de longs textes.

Témoignages archéologiques

L'archéologie est un moyen très utile pour connaître le mode de vie des Vikings notamment en ce qui concerne les pratiques funéraires. L'archéologie a permis de découvrir divers objets en LIEN avec la mythologie comme des amulettes d'Odin ou de petits marteaux de Thor. Pour connaître la mythologie nordique il faut cependant se tourner principalement vers d'autres sources dont la littérature.

L'épigraphie peut également être utilisé puisqu'il existe de nombreuses pierres runiques datées de l'Âge des Vikings dont quelques-unes mentionnent ou représentent des mythes nordiques comme par exemple celle de Nordendorf qui mentionne Thor : "(Que) Thor consacre (ces) runes". On peut également retrouver des représentations de mythes nordiques dans des vestiges archéologiques des îles Britanniques, qui ont fait l'objet d'importantes incursions et colonisations vikings.

Textes mythologiques

Couverture d'un manuscrit duxviiie siècle de l'Edda de Snorri.

Les sources principales pour la mythologie nordique sont les Eddas, rédigées ou compilées aux alentours du xiiie siècle.

L’Edda poétique est un recueil de poèmes anonymes mythologiques et héroïques en vieux norrois composés pour la plupart entre les ixe et xiiie siècles (bien que certaines strophes sont peut-être plus anciennes encore), et trouvés dans le manuscrit de la fin du xiiie siècle Codex Regius, mais il s'agit probablement d'une copie d'un original remontant à 1210-1240. À l'époque moderne, d'autres poèmes mythologiques issus de divers manuscrits nordiques anciens ont été greffés à l'ensemble que l'on appelle désormais l'Edda poétique.

L’Edda en prose est un manuel de mythologie et de poésie rédigé vers 1220 par Snorri Sturluson, poète et diplomate chrétien islandais. Celui-ci y a manifestement paraphrasé des poèmes connus de l'Edda poétique, qu'il cite à nombreuses reprises dans l'ouvrage, mais aussi d'autres poèmes et mythes qui ne nous sont pas parvenus dans d'autres sources. L'Edda de Snorri est essentiel pour la compréhension de la mythologie nordique, qui sans elle nous serait restée obscure et fragmentaire. Toutefois le récit de Snorri a fait l'objet de critiques quant à des influences chrétiennes, ou des embellissements littéraires de l'auteur.

La poésie scaldique était en général composée en l'honneur d'un roi, et se caractérise par sa complexité. Certains poèmes ont une valeur mythologique, et ils sont souvent préservés uniquement dans les textes de Snorri ou dans certaines sagas. Parmi les plus anciennes descriptions de mythes nordiques on trouve certains poèmes scaldiques, notamment la Ragnarsdrápa et le Haustlǫng, composés au ixe siècle et préservés en partie dans l'Edda de Snorri. D'autres poèmes scaldiques racontent des histoires originales imaginées par les auteurs mais qui reflètent la croyance religieuse de l'époque ; les poèmes Eiríksmál et Hákonarmálracontent l'accueil à la Valhöll par les dieux de certains rois norvégiens défunts que les auteurs souhaitaient honorer.

La Völsunga saga, rédigée également au xiiie siècle en vieux norrois, raconte le mythe du clan héroïque des Völsungs, dont Sigurd est le personnage le plus célèbre. Son mythe est également raconté dans les poèmes eddiques héroïques, et brièvement dans l'Edda de Snorri. Une variante continentale germanique du mythe existe également, la Chanson des Nibelungen, rédigée en moyen haut-allemand au xiiie siècle, où Sigurd porte le nom de Siegfried.

Textes évhéméristes

Première page du parcheminFragments d'Angers, le texte original de la Gesta Danorum avec l'écriture de Saxo Grammaticus. Conservé à la bibliothèque royale de Copenhague.

L'évhémérisme du Moyen Âge a permis la sauvegarde des mythes, les dieux étaient alors perçus comme des héros historiques qui ont été divinisés avec le temps. Il s'agissait également d'une manière de rationaliser les mythes, mais aussi de justifier les dynasties royales scandinaves, en expliquant que ces hommes de puissance supérieure, perçus comme des dieux, sont les ancêtres des familles royales et de la noblesse de l'époque.

La Gesta Danorum (Geste des Danois) est le texte evhémériste le plus important pour l'étude de la mythologie nordique. Cette œuvre était rédigée en latin à la fin du xiie siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'état Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois, il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités.

Snorri Sturluson a également composé un important texte évhémériste en vieux norrois, la Saga des Ynglingar, première partie de la Heimskringla (la Saga des rois de Norvège) écrite vers 1225, et inspiré du poème Ynglingatal. Le prologue de l'Edda de Snorri est également évhémériste. Snorri Sturluson estime que les dieux étaient une CASTE de grands guerriers venus d'Asie (d'où le nom de leur domaine divin, Asgard), plus spécifiquement de Troie, qui étaient perçus comme des dieux par les populations autochtones de Scandinavie. Snorri raconte que ces « dieux » sont les ancêtres de la dynastie royale suédoise des Ynglingar, elle-même ancêtre des rois norvégiens.

Les textes évhéméristes du xiie siècle Íslendingabók, et Historia Norwegiae (rédigé en latin), mentionnent également des noms de dieux comme ancêtres des dynasties royales. La Sörla þáttr, écrite au xive siècle par deux moines chrétiens, propose une version largement évhémériste et méprisante de mythes divins.

Sources non-scandinaves

L'étude de la mythologie nordique implique également l'histoire de son évolution à partir de la mythologie germanique en général et la compréhension des cultes germaniques anciens, décrits dans des textes non-scandinaves. Pour cela, nous disposons de plusieurs textes antiques extérieurs au monde germanique qui mentionnent les germains depuis Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César (environ 50 av. J.-C.), et dont le plus important est La Germanie(ier siècle) de Tacite. Des textes du haut Moyen Âge, souvent en latin, donnant des indications sur les cultes, légendes et dieux germains sont plus nombreux. Le plus important est la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (ca. 1072) d'Adam de Brême. On peut également citer entre autres : Histoire des Francs (591) deGrégoire de ToursHistoire ecclésiastique du peuple anglais (731) de Bède le Vénérable, et Histoire des Lombards (787) de Paul Diacre.

Des textes relatant de la Scandinavie ou des Vikings, et contemporains à l'âge des Vikings, incluent ceux de certains voyageurs ou diplomates arabes comme Ibn Fadlan ou Ibn Rustah (xe siècle), et également Vita Anskarii, qui relate la vie d'Anschaire de Brême, missionnaire au Danemark et en Suède. D'autres textes sur la vie de saints missionnaires du monde germanique ancien incluent Vita Willibrordi (Willibrord d'Utrecht) ou encore Vita Bonifatii (Boniface de Mayence).

Autres sources

Les sagas nordiques sont des textes en prose rédigés entre les xiiie et xive siècles, qui relatent les hauts faits d'un roi, d'un héros ou clan. Certaines sagas relatent d'évènements des temps anciens, d'un passé légendaire, pendant l'âge des Vikings ou avant encore (comme la Völsunga saga), toutefois la plupart d'entre elles sont peu fiables en ce qui concerne la mythologie et le culte religieux païen, puisque ces sagas sont souvent issues de l'imagination de leurs auteurs.

D'autres sources possibles bien que vagues sont les témoins archéologiques (tombes, tumuli...etc.), les sources épigraphiques (pierres runiques), et encore latoponymie.

Redécouverte et histoire de la recherche

Veille pendant une nuit d'été, en compagnie de lutins et de fées… cette peinture évocatrice (1908) d'Edward Robert Hughes, artiste anglais, illustre l'inspiration du xixe siècle en Europe du Nord en particulier, pour la mythologie des peuples fondateurs des nations. L'engouement pour la mythologie procède alors de ce foisonnement identitairePROPRE à la réflexion nationaliste menée par chaque peuple.

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xixe siècle avec le courant romantique en Europe.

Dans son ouvrage Monuments de la mythologie et de la poésie des Celtes et particulièrement des anciens Scandinaves(1756), Paul-Henri Mallet est le premier auteur à avoir publié des traductions des Eddas. Les premières études scientifiques sur la mythologie germanique sont Deutsche Mythologie (1835) de Jacob Grimm et Der Mythus von Thor (1836) de Ludwig Uhland. L'ouvrage de GRIMM a eu le plus grand effet et l'étude de la mythologie germanique n'a pas cessé depuis. Il souhaitait se focaliser surtout sur la mythologie germanique continentale mais il ne pouvait pas négliger les textes scandinaves, et son travail reste aujourd'hui une des présentations les plus complètes de la littérature mythologique et du folklore germanique, bien qu'il n'inclut pas les apports archéologiques.

Pendant la deuxième moitié du xixe siècle l'école de la mythologie comparée vit le jour, avec Alvin Boyd Kuhn et Max Müller à sa tête. Cette école cherchait à reconstituer la religion Indo-germanique et proto-germanique, mais elle avait tendance à tirer des conclusions hâtives. Lui succéda des études sur les coutumes traditionnelles contemporaines pour interpréter la mythologie germanique, notamment avec l'ouvrage Wald- und Feldkulte (1875) de Wilhelm Mannhardt. Ces interprétations CONTINUÈRENT jusqu'au milieu du xxe siècle, incluant Le Rameau d'or (1911-1935) de James George Frazer.

À la fin du xixe siècle, les philologues s'intéressaient également à cette mythologie. Sophus Bugge contesta les mythes nordiques, les considérant exclusivement d'inspiration chrétienne et classique. Si la plupart de ses théories ne sont plus acceptées aujourd'hui, il a introduit l'étude critique des textes mythologiques qui CONTINUA tout le long du xxe siècle.Eugène Mogk contesta la fiabilité de l'Edda de Snorri, estimant que la plupart des mythes qui y sont racontés sont des inventions de l'auteur Snorri Sturluson. Si ces remarques sont toujours valides dans le sens où l'Edda est effectivement surtout un travail littéraire, Snorri est tout de même considéré comme un compilateur sérieux qui impose créance dans les grandes lignes.

Au xxe siècle, Magnus Olsen introduisit la toponymie comme nouvelle source pour l'étude de la mythologie germanique et F. R. Shröder étendit la mythologie comparée aux religions non-germaniques. Cette voie a été suivie par Georges Dumézil qui s'attacha à comparer la mythologie nordique essentiellement avec les autres mythologies indo-européennes. Il étudia également la sociologie préhistorique des proto-indo-européens en introduisant sa théorie des fonctions tripartites (théorisée à partir des années 1920). L'apport de Jan de Vries dans l'étude de la mythologie nordique est également important. Son Altgermanische Religionsgeschichte(première publication en 1935 et révisé plusieurs fois au gré des avancées dans la recherche) est considéré comme une étude extensive et toujours pertinente.

Origine et expansion

Cette religion est issue à l'origine du sud de la Norvège et de la Suède, du Danemark, et de l'Allemagne. L'expansion viking aux alentours des ixe et xe siècles a également propagé la religion nordique vers d'autres régions, tout particulièrement en Islande et aux îles Féroé, mais aussi de manière plus éphémère dans les Îles Britanniques qui étaient témoins d'établissements permanents, comme en atteste la découverte de tombes païennes. La Normandie a également été colonisée par des scandinaves à condition qu'ils se convertissent au christianisme toutefois selon certaines sources les pratiques païennes ont continué à exister quelque temps. On peut également rajouter la Russie qui a connu de nombreux et prolifiques établissements permanents vikings le long de la « route de l'Est ».

Présentation

À l'origine c'est une croyance en une Grande Déesse MèreReligion panthéiste accordant une large place à la femme (plusieurs déesses importantes, comme l'était d'ailleurs la place des femmes dans les sociétés germano-scandinaves), à la Nature LES ANCIENNES célébrations se déroulaient près d'arbres ou de sites sacrés, c'est une croyance sans prêtres, ni dogmes, sans lieux de cultes) et à la divination (art associé aux runes), elle place la Vie au centre de son système, une vie conçue comme affrontement des forces de création et de dissolution, d'où résulte toute fécondité.

Le Hof (panthéon) nordique n'est pas aussi figé que celui de la mythologie grecque, les nombreuses différences de traditions locales ne permettent pas de définir un rôle très précis aux dieux (nombreuses hypostases). Ce panthéon a en outre la particularité d'être constitué de deux familles de dieux, les Ases et les Vanes, vraisemblablement apparues à deux époques différentes et amalgamées au tout début de l'Antiquité nordique, avant le iie siècle av. J.-C.. Les dieux les plus anciens, les Vanes, sont des dieux de la nature, de la fécondité et de la prospérité. Les Ases, plus récents, sont des divinités plus typiquement indo-européennes, et en cela plus proches des dieux gréco-romains, tel Hermód, associé à Hermès/Mercure, et Odin, parfois associé à Zeus/Jupiter. Certains dieux, primitivement majeurs, ont peu à peu été délaissés au profit d'autres, tel Týr, dieu associé à la guerre et à la justice, supplanté par Odin.

Organisation des mondes

Une représentation des neuf mondes

L'arbre cosmique Yggdrasil est la charpente des mondes. Il soutient et abrite les neuf mondes, dont chacun est le domaine PROPRE d'un élément ou d'une créature. Les Neuf Mondes sont répartis en trois échelons :

Aux niveaux les plus hauts surplombent :

Au niveau central se trouvent :

Aux niveaux les plus bas gisent :

  • Svartalfheim, juste en dessous du monde des hommes, le royaume des Nains (et Alfes Noirs) ;
  • Helheim, sous tous les mondes, le domaine des morts.

Principaux dieux

Articles détaillés : Panthéon nordiqueAses et Vanes.

Le panthéon nordique est d'abord divisé en deux groupes : les Ases, dieux guerriers et souverains, et les Vanes qui sont liés à la fertilité. La guerre entre les Ases et les Vanes se termine par l'union des deux groupes de dieux, de sorte que les Vanes finissent confondus avec les Ases dans certains mythes.

  • Odin : dieu souverain de la mythologie nordique, c'est un dieu de la guerre et de la poésie. Appelé « Père-de-tout » (Alfödr), il est le créateur de la terre et de l'humanité, et le père de la majorité des dieux, sa colère est crainte par les humains.
  • Frigg : déesse du mariage et de la maternité. Elle est la femme d'Odin et de même que son époux, elle connaît l'avenir, à la différence qu'elle ne le révèle pas.
  • Thor : dieu du tonnerre, guerrier brutal, il est le pire ennemi des géants qu'il tue régulièrement avec son fameux marteau Mjöllnir. Le Mjöllnir par ses pouvoirs fait de Thor un dieu de la guerre tout comme un dieu de la fertilité.
  • Loki : dieu de la Tromperie adopté chez les Ases. Malin et burlesque, il est la cause de beaucoup de malheurs chez les dieux, notamment la mort de Baldr.
  • Baldr : dieu de la beauté, de la jeunesse et de la lumière, aimé de tous, tué par une ruse de Loki.
  • Freyr : dieu de la vie et de la fécondité.
  • Freyja : déesse de l'amour, qui accueille la moitié des guerriers morts au combat, Odin accueillant les autres dans sa Valhöll.
  • Týr : dieu des serments et du droit, anciennement un dieu du ciel et probablement le dieu principal avant qu'il soit éclipsé en importance par Odin et Thor.
  • Njörd : le dieu principal des Vanes, il est le dieu de l'abondance, du vent et de la mer.
  • Hel : déesse des enfers, elle règne sur le Helheim et sur Niflheim (Niflhel)

Divinités secondaires

Articles détaillés : Nornes et Nornes dans la culture populaire.

Les trois Nornes sont des femmes qui tissent la toile du destin (Wyrd) de tous, y compris des dieux.

Les Walkyries sont des vierges guerrières chargées d'emmener les guerriers morts au combat au Valhalla, la halle d'Odin.

Le Serpent de Midgard est cité dans une prophétie disant qu'il anéantirait Midgard (la Terre) et que seul Thor pourrait l'arrêter en se sacrifiant.

Nains

Deux Nains (illustration de laVöluspá par Lorenz Frølich, 1895)

Les nains (dvergr en vieux norrois) sont des créatures vivant sous terre, dans les pierres ou les montagnes, mais deux textes indiquent curieusement qu'ils gisent soit à Svartalfheim (pourtant le séjour des alfes noirs), soit dans une salle au nord à Nidavellir24. Snorri raconte qu'ils sont originellement des vers trouvés dans la dépouille du géant Ymir (dont le corps a servi pour créer la Terre), auxquels les dieux donnent forme humaine et intelligence, mais qui du fait de leur origine continuent à vivre sous terre et dans les pierres. Les nains sont souvent rusés, et se caractérisent par leur habileté, surtout en tant que forgerons. En effet, ils sont responsables de la création de la majorité des attributs divins, dont le marteau de Thor. Toutefois ils sont parfois mesquins et opposés aux dieux, à l'image des jötnar, et sont chez Snorri amalgamés avec les alfes noirs. Les textes mythologiques ne donnent aucune information relative à la taille des nains, et il n'y a pas de raison de penser qu'ils étaient de petite taille dans l'imaginaire païen. Cette représentation apparaît dans les sagas tardives, où ils sont décrits petits et généralement laids. En revanche, certains spécialistes estiment qu'ils étaient à l'origine des esprits ou démons des morts. La croyance en des nains caricaturaux, de petite taille et généralement malins et mystérieux, est restée dans le folklore populaire germanique après la christianisation.

Animaux fabuleux

Il existe de nombreux monstres et animaux fabuleux dans la mythologie nordique, qui sont souvent engendrés par les dieux eux-mêmes et dont certains possèdent un rôle très important dans les mythes, notamment lors de la bataille prophétique du Ragnarök. Certains dieux, comme Odin et Loki, ainsi que certains géants, ont le pouvoir de se métamorphoser en divers animaux, comme des rapaces, des chevaux, des saumons. Les guerriers berserk étaient dans les sociétés vikings de puissants combattants puisant leur force dans celle de l'ours ou du loup. La vache Audhumla est un animal primordial dans la cosmogonie nordique.

Les dieux du panthéon nordique sont souvent accompagnés d'animaux. Le dieu Odin possède un cheval à huit jambes Sleipnir qui fut engendré par Loki lorsque ce dernier s'est métamorphosé en cheval. Odin est également accompagné de deux corbeaux, Hugin et Munin, qui survolent les mondes pour lui rapporter ce qu'ils y ont vu. Enfin, le roi des dieux est également accompagné de deux loups, Geri et Freki. Thor possède un char conduit par deux boucs, Tanngrisnir et Tanngnjóstr, qu'il peut tuer pour les manger puis les ressusciter en bonne santé à condition qu'aucun de leurs os n'ait été brisé. Freyja possède aussi un char tiré par deux chats et elle est également accompagnée d'unSANGLIER Hildisvíni, tout comme Freyr qui est accompagné du sanglier Gullinbursti. Au Valhöll, les guerriers morts au combat, leseinherjar, se nourrissent du sanglier Sæhrímnir qui ressuscite chaque nouveau jour pour resservir de repas.

Loki engendra trois créatures monstrueuses qui prendront une part importante lors du Ragnarök puisqu'ils tueront certains des dieux principaux ;LE LOUPgigantesque Fenrir qui tuera Odin, le serpent monde Jörmungand qui tuera Thor, et la gardienne du monde des morts, Hel. Le monde des morts est également gardé par le chien Garm, qui tuera Týr.

Un autre animal célèbre dans les mythes est le dragon Fáfnir qui fut abattu par Sigurd et dont le sang le rendit invulnérable.

Histoire mythique

Cosmogonie

Création des mondes et des dieux

Article détaillé : Cosmogonie nordique.
Manuscrit islandais du xviiie sièclemontrant la vache Audhumla

Le récit originel de la mythologie nordique est traité brièvement dans les poèmes Völuspá et Vafþrúðnismál de l'Edda poétique, et de manière plus détaillée dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri à partir du chapitre 4 et jusqu'au 19. Au départ, se sont créés deux mondes, l'un au nord fait de froid et de glace appelé Niflheim et l'autre au sud fait de feu et de flammes appelé Muspellheim, séparés par le Ginnungagap, un immense abîme. Les fleuves venimeux Élivágar à Niflheim formèrent de la glace et du givre prit forme dans l'abîme Ginnungagap. Inversement les étincelles de feux et flammes pénétraient aussi dans l'abîme. DeLA RENCONTRE des deux éléments se formèrent des gouttes ruisselantes d'où jaillit la vie sous la forme du premier géant du givre, Ymir. Pendant son sommeil, deux fils et une fille se créèrent de son corps seul.

Les gouttes de givre créèrent également la vache Audhumla. De ses pis coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir. Cependant, Audhumla n'avait rien d'autre pour se nourrir que la glace qu'elle léchait. Elle lécha la glace jusqu'à ce qu'elle y dégage le dieu Buri. Ensuite Buri enfanta le dieu Bor. Ce dernier eut trois enfants avec la fille d'un géant de glace appelée Bestla. Ses fils s'appelaient OdinVili et , les premiers Ases.

Les fils de Bor tuèrent Ymir, dont le sang noya tous les géants sauf Bergelmir et sa compagne qui sont alors les ancêtres de tous les géants. Odin, Vili et Vé emportèrent le corps d'Ymir au milieu du Ginnungagap et en firent la terre, Midgard, le monde des hommes. Avec ses cheveux ils firent les arbres, sa chair devint la terre, ses dents les pierres et les rochers, son sang emplit les océans et les lacs, ses os furent élevés en montagnes, et son crâne forma le ciel. Les larves qui avaient rongé le cadavre servirent à créer les Nains. Quatre d'entre eux furent destinés à maintenir la voûte céleste : NordriSudri,Austri et Westri, et donnèrent leurs noms aux points cardinaux. Pour finir ils jetèrent son cerveau pour former les nuages, puis organisèrent la course des astres afin de créer le temps. La périphérie de la terre ronde est entourée par la mer, et à l'extérieur se situe le monde des géants, Jötunheim. Pour contenir la colère de ceux-ci, les dieux construisirent un rempart fait des cils d'Ymir autour du domaine de Midgard.

Guerre entre les Ases et les Vanes

Article détaillé : Guerre entre les Ases et les Vanes.

La première guerre de l'univers opposa les deux groupes principaux de dieux, les Ases et les Vanes. Ce mythe n'est qu'évoqué dans plusieurs textes qui se complètent ou se contredisent.

Selon la Völuspá, la guerre commence lorsque les Ases tentent de tuer la magicienne Gullveig. Le dieu Ase Odin fait voler sa lance au-dessus des troupes des Vanes, un geste symbolique signalant le commencement des hostilités et attesté dans les sociétés germaniques antiques.

L'Edda de Snorri raconte que les Ases et les Vanes concluent une trêve, où ils crachent tous dans une cuve et créent de leur salive le dieu des plus sages Kvasir. Ce dernier est ensuite tué par des nains, et son sang devient l'hydromel poétique qui inspire les dieux et les vrais poètes. Snorri Sturluson développe encore l'histoire de cette guerre dans sa Saga des Ynglingar qui raconte qu'en signe de paix, les deux groupes de dieux s'offrent des otages. Les Vanes offrent Niord,Freyr, et Kvasir, en échange des Ases Hœnir et Mímir.

Cet accord de paix a effectivement uni les deux groupes de dieux au point qu'ils sont confondus. Des divinités initialement associées aux Vanes sont alors présentées comme des Ases dans le restes de textes mythologiques.

Création de l'homme et de la société

Après que les trois fils de Bor aperçurent deux troncs de bois, ils décidèrent de les sculpter sous forme humaine. Odin leur insuffla le souffle de vie, Vili, l'intelligence et Vé, les sens.

Le premier, l'homme, fut nommé Ask (littéralement « frêne »), et le second Embla (littéralement « orme »), la première femme. Ils vécurent tous deux au début de l'univers juste après la création des Neuf Mondes et engendrèrent l'humanité.

Un pont relie le monde des hommes et des Dieux et se tient sous la forme de l'arc-en-ciel. Bifröst (de son nom céleste) est gardé par Heimdall qui surveille le retour des géants.

Article détaillé : Rígsþula.

On apprend dans le poème eddique Rígsþula que le dieu Heimdall, masqué sous l'apparence d'un mortel nommé Ríg, voyagea sur Midgard parmi les hommes pour y créer les trois grandes classes sociales ; esclaves, paysans libres et seigneurs guerriers.

Dans un premier temps, ilRENCONTRA Aieul et Aieule, dans une modeste maison, qui l’hébergèrent pendant trois jours. Il dormi dans le lit du couple et neuf mois plus tard, la femme mit au monde un garçon aux traits grossiers, appelé Thrall. Plus tard, sa femme mis au monde des enfants aux nom péjoratifs : Bruyant, Taon, Fainéante... et créa, dès lors, la laCASTE des esclaves. Pendant ce temps, Ríg avait fait laRENCONTRE de Grand-Père et Grand-Mère dans une petite maison. Il fut accueilli chaleureusement et neuf mois plus tard, la femme enfanta un garçon vif, nommé Karl. De son union future naquit Forgeron, Beau visage, Capable, Vierge. Ainsi fut créée la caste des hommes libres. Enfin, Ríg se rendit dans une vaste demeure où comme à chaque fois il resta quelques jours. Neuf mois plus tard, l'enfant né, nommé Jarl, était beau et fort. Heimdall l'éduqua et lui enseigna les runes. Jarl SE MARIA à son tour et eut plusieurs enfants dont le plus jeune, Konr, fut aussi élevé par Heimdall à la magie des runes. Par la suite, il conquit de nombreuses terres.

La fonction de Heimdall en père de l'Humanité est également évoquée à la première strophe du poème Völuspá où les hommes sont surnommés les « fils de Heimdall ».

Aventures divines

Un thème récurrent concerne les combats des Ases face à leurs ennemis éternels les géants, qui se terminent bien souvent par la défaite de ces derniers, en général tués par Thor à l'aide de son marteau Mjöllnir.

L'un des mythes les plus célèbres est le meurtre du dieu Baldr par une ruse du dieu malin Loki. Celui-ci est ensuite capturé par les Ases et condamné à subir des souffrances atroces jusqu'à la fin des temps.

Récits héroïques

Quelques héros mythologiques :

Outre les aventures des dieux, nous connaissons également plusieurs récits héroïques dont les personnages principaux sont des hommes, et y interviennent parfois les dieux et autres forces surnaturelles. Le plus célèbre héros est Sigurd, grand guerrier, meurtrier du dragon Fafnir. Une version allemande et fortement christianisée de cette légende est également connue, l'Allemagne en a d'ailleurs fait son épopée nationale ; la Chanson des Nibelungen.

Eschatologie

Article détaillé : Ragnarök.
Surt détruisant les mondes avec son épée flamboyante (Dollman, 1909)

L'eschatologie a une place importante dans la mythologie nordique ; elle est décrite et référencée à nombreuses reprises dans les Eddas comme une fatalité à laquelle sont soumis tous les dieux et les hommes. Cette fin du monde prophétique est désignée par le terme du Ragnarök (« Consommation du destin des puissances » en vieux norrois). Elle est annoncée par trois hivers successifs sans Soleil appelé le Fimbulvetr, durant lesquelles les guerres et fratricides seront répandus. Toutes les chaînes se briseront, ainsi Loki et Fenrir seront libérés. Loki mènera les géants et les légions de morts de Hel combattre les dieux, les einherjar et les hommes sur la plaine de Vigrid. Le serpent Jörmungand sortira de la mer et dévastera les terres. Odin sera englouti parLE LOUP Fenrir, qui sera à son tour tué par le fils d'Odin Vidar. Thor et Jörmungand se donnerontMUTUELLEMENT la mort, ainsi que le dieu Týr et le chien monstrueux GarmFreyr sera abattu par le géant du feu Surt. Le malin Loki et le dieu Heimdall s'entretueront également. Enfin, Surt enflammera le monde.

Mais de cette dévastation, le monde renaîtra. Les dieux survivants seront BaldrHödVidarValiHœnir et les fils de ThorModi et Magni qui hériteront de son marteau. Ils hériteront alors des places de dieux souverains. Un seul couple d'humain survivra également à la catastrophe, Líf et Lífþrasir, puisqu'ils se sont cachés sous les racines de l'arbre monde Yggdrasil. D'eux renaîtra l'humanité.

Culte religieux

Seul très peu de textes mythologiques dont nous disposons étaient rédigés à l'époque païenne, ainsi nous ne disposons pas de beaucoup d'informations sur le culte religieux nordique. Toutefois certaines chroniques extérieures décrivent des pratiques RITUELLESLa Germanie, deTacite, est le plus ancien texte rapportant de pratiques rituelles germaniques durant l'antiquité, pratiques qui peuvent être liées au monde nordique.

Il n'y avait pas de classe purement sacerdotale chez les Germains. César l'avait noté, mais Tacite parle tout de même de « prêtres » ce qui est sans doute uneERREUR d'interprétation des rites dont il témoigne. Nous connaissons le terme de goði, qui n'est pas équivalent à un prêtre, mais implique une fonction religieuse aux chefs de l'Islande avant sa conversion au Christianisme. Les cérémonies religieuses étaient en effet dirigées par les chefs ou personnages de grand statut, qui redevenaient des chefs séculaires en dehors des cérémonies religieuses. Les textes antiques mentionnent que les cérémonies se faisaient à l'air libre, ce qui contraste avec les textes plus récents qui parlent de véritables temples païens. Ceci dénote sans doute une évolution du culte, sous l'influence certainement du culte romain et surtout chrétien. Adam de Brême décrit un temple païen à Uppsala (Suède).

Postérité[

Jours de la semaine

La mythologie nordique a influencé les noms des jours de la semaine dans les langues scandinaves mais également en anglais ou en allemand. En français, ils ont par contre une origine latine.

Langues modernes
FrançaisAnglaisNéerlandaisAllemandIslandaisSuédoisNorvégienDanoisDivinité
Lundi Monday Maandag Montag Mánudagur Måndag Mandag Mandag Máni / lune
Mardi Tuesday Dinsdag Dienstag
Þriðjudagur Tisdag Tirsdag Tirsdag Týr
Mercredi Wednesday Woensdag (Mittwoch) (Miðvikudagur)
Onsdag Onsdag Onsdag Odin (Woden)
Jeudi Thursday Donderdag Donnerstag Fimmtudagur Torsdag Torsdag Torsdag Thor (Donar)
Vendredi Friday Vrijdag Freitag Föstudagur Fredag Fredag Fredag Freyja ou Frigg
Samedi Saturday Zaterdag Samstag Laugardagur Lördag Lørdag Lørdag Loki (Løke)
Dimanche Sunday Zondag Sonntag Sunnudagur Söndag Søndag Søndag Sól / soleil

Toponymie

Panneau pour Odensvi en Suède, qui signifie « sanctuaire d'Odin ».

La toponymie était reconnue comme source possible pour l'étude de l'histoire de la religion germanique depuis le xixe siècle, mais la première recherche poussée a commencé avec le norvégien Magnus Olsen au début du xxe siècle. On différencie la toponymie théophore (lieux qui tirent leurs noms de divinités) des lieux portant des noms comme Vi (de « sanctuaire ») ouGuðakr (« plaine des dieux ») qui indiquent de possibles lieux de cultes, bien qu'ils ne sont pas associés à une divinité spécifique. Olsen a RECENSÉ plus de 600 exemples toponymiques en Norvège indiquant des lieux sacrés. En ce qui concerne la toponymie théophore plus spécifiquement, il y en aurait 1050 en Scandinavie et en Islande, dont 510 enSuède, 270 au Danemark, 225 en Norvège, 40 en Islande et 30 en Finlande.

La toponymie théophore ne semble pas correspondre aux importances relatives des dieux rapportés dans les Eddas. Par exemple, Odin, le dieu principal des Eddas, n'apparait pas dans la toponymie d'Islande. En Norvège, son nom n'apparaît que dans 12 cas (ce qui représente 5,3 % de la toponymie théophore norvégienne), et au Danemark et en Suède, son nom apparaît respectivement dans 32 et 72 cas. En revanche, Thor est très représenté, y compris en Grande-Bretagne, mais il est difficile de différencier les exemples toponymiques qui se rapportent au dieu de ceux qui se rapportent à des hommes dont les noms sont dérivés de Thor, très communs en Scandinavie (Þorleif, Þorstein, Þorkel etc.). En revanche, le nom du dieu Ullr apparaît souvent en Norvège et en Suède malgré sa très faible importance dans les sources écrites. Ceci suggère qu'Ullr avait un rôle bien plus important dans les croyances nordiques à l'époque où s'est formée la toponymie théophore. En Norvège et en Suède, lesVanes (NjördFreyrFreyja), dieux de la fertilité, apparaissent souvent, autant qu'Ullr, mais sont très rares au Danemark et en Islande (où seulement trois lieux portent un nom dérivé de Freyr). La toponymie théophore nous apprend l'existence d'autres dieux qui n'apparaissent pas dans les textes, comme Hörn et *Vrindr, toutefois aucune conclusion sur leurs fonctions ne peut en être déduite.

La toponymie permet d'appréhender la distribution géographique des cultes aux dieux. L'inconsistance notable entre la toponymie et l'importance des dieux dans lesEddas n'indique pas que les textes sont faux. Les Eddas témoignent des croyances de la fin de l'âge des Vikings, alors que la toponymie s'est formée en grande partie sur plusieurs siècles à l'époque des grandes invasions.

 

Religion nordique ancienne

Odin avec Hugin et Munin.

La religion nordique ancienne (ou paganisme nordique) recouvre l’ensemble des croyances et des pratiques religieuses des peuples scandinaves, des origines à l’âge du bronze, jusqu’à l’ère Viking, de 800 à la christianisation autour de l’an 1000. Ces croyances sont sans prêtres, ni dogmes, ni lieux de cultes.

« La religion des anciens scandinaves n'est pas révélée mais vise à participer à la vie des Dieux en ce monde et dans l'autre, la frontière entre les deux étant très floue et souvent quasiment inexistante. [...Elle] ne connaissait pas de doctrine, mais consistait en une attitude et surtout en un certain nombre d'actes signifiants qu'on peut appeler rites. Le rite est l'essentiel de la religion nordique ancienne. ». ElleA DONNÉ naissance à un ensemble de mythes relatés notamment dans les Eddas, la mythologie scandinave.

Un statut particulier était accordé par ces peuples à la nature, à la femme, mais aussi à certains animaux, comme l’ours, lecheval, le sanglier et le corbeau, qui se voyaient attribuer des pouvoirs fabuleux et possédaient une place importante dans lesRITUELS et les traditions.

 

 

Terminologie

Les Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. À la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et le roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme forn siðr pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement « ancienne coutume, ancienne pratique » en vieux norrois.

Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait « seydrsejdr ou sidr » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières àPROPREMENT parler, « pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses », sans foi, sans dogmes.

Les sources

Sources archéologiques

Pétroglyphe de Norrköpings.

Âge du Bronze

Le char solaire de Trundholm, daté du premier âge du bronze soit aux alentours de -1400

.

Sources toponymiques

Carte montrant les différences régionales de culte en Scandinavie vers 900, déterminées par les noms de lieu et les données archéologiques. En bleu, les régions dominées par le culte des Vanes ; en rouge, celles où prédominent ThorOdin et les autres Ases ; enVIOLET, les zones de coexistence ; les points verts sont les noms de lieu dérivés d’Odin - d’après Erik Christiansen, The Norsemen in the Viking Age, Blackwell, 2002.

Sources littéraires

Sources antiques

« Ils (Germains du nord) n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le soleil, le feu,LA LUNE. Ils n’ont même pas entendu parler des autres »

— CésarDe Bello Gallico, VI, 21

« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c’est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » »

— TaciteGermania, IX, 3

Sources médiévales

Influences chrétiennes

Les textes constituant la mythologie nordique ont été rédigés par des clercs ou des hommes issus d’une formation cléricale. La question de l'interpretatio christiana est souvent débattue pour savoir à quel point ils ont réinventé la mentalité des Vikings deux ou trois siècles après leur disparition. Ainsi, selon Régis Boyer« l’Église apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale fatidique que l’on attribua à tort aux Vikings » et « tous les documents islandais anciens sont écrits sur palimpsestes, il faut gratter l’apport continental chrétien pour tenter de retrouver l’authenticité scandinave (et germanique) ancienne ». Il propose d’essayer de reconstituer la mentalité viking plutôt que de prendre à la lettre des récits souvent trop complaisants ou adaptés de sources latines. Pour Hilda Ellis Davidson, « nous avons affaire à un monde mythique artificiel, bien éloigné de la foi vivante de l’ère païenne ». Einar Ólafur Sveinsson, spécialiste islandais et son école, disent (en parlant de tous les textes) que : « la littérature ancienne de son pays est mi ecclésiastique, mi séculiere ». Régis Boyer constate qu’« on ne voit pas comment le contredire ».

Cependant, « l'essentiel de ce que nous connaissons par les Eddas se trouve déjà gravé dans la pierre, au minimum plus d'un millénaire et demi à l'avance. Dans ces conditions, les tentatives d'interprétation de la mythologie nordique par des collusions avec les courants de pensée orientale ou chrétienne à l'époque historique s'effondrent d'elles-mêmes, ce qui, bien entendu, n'exclut pas les interpolations », et pour François-Xavier Dillmann, à propos de l'Edda de Snorri Sturluson : « ...La mise en évidence d'indéniables influences bibliques dans l'un ou l'autre chapitre de la Gylfaginning n'a que trop fréquemment été utilisée pour tenter de jeter le discrédit sur toute l'entreprise de Snorri. Force est néanmoins de constater que, même s'il vivait dans un pays évangélisé depuis environ deux siècles et s'il avait reçu à Oddi une éducation fortement teintée de dogmatisme chrétien, Snorri montrait une profonde inclination pour la mythologie ancestrale. [...] S'il serait certainement abusif d'en faire un propagandiste païen en pleine époque chrétienne, il ne nous semble pas douteux qu'il ait chéri ces belles histoires qui ASSURAIENT la pérennité de la poésie scaldique, ces vieux mythes dans lesquels s'exprimaient le génie de sa nation. ».


De là viennent sans doute les analogies des Nornes avec les Parques, des Valkyries avec Apsaras, de Tyravec Mars, d’Odinn avec Mercure, de Loki avec Lug, ou encore de Fjorgyn avec Perkun17. Les Nornes et leur destin immuable sont vues comme une invention chrétienne associant Urd (le nom d’une source),Skuld (le nom d’une Valkyrie), et Verdandi (seule la Voluspa cite ce nom). Pour Jean Renaud« Urd était probablement la plus authentique des trois, à laquelle on aurait associé par la suite les deux autres »18. Bon nombre des êtres surnaturels de la mythologie nordique sont adoptés sur le tard lors de la christianisation, et certains sont apportés par l’Église19. On les soupçonne de suivre quelques grands modèles célèbres dans tout le Moyen Âge, comme Isidore de Séville ou tout simplement la Bible.

L’Islande devenue chrétienne, l’Église ne badine pas plus là qu’ailleurs sur la stricte observance de ses lois. Seules certaines pierres à inscriptions runiques auraient échappées à la destruction car elles comportaient des signes religieux chrétiens comme la pierre de pierres de Jelling, où des inscriptions neutres. La rédaction deux siècles après l’âge Viking, donne LATITUDE à l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniâtre d’éradication, bien connu d’autre part. Elle s’efforçait de dévaluer les croyances et pratiques menaçant la doctrine chrétienne, les dieux passent à l’état de diables, ou subtilement ils se retrouvent ridiculisés. (Harbardsljod ou la Lokasenna). Ou les dieux ne sont plus que de simples humains divinisés, ainsi ils périssent lors du combat final (Voluspa, ragnarök…) Régis Boye.

 

Le panthéon nordique

Article détaillé : panthéon nordique.

Déesse mère

Régis Boyer met en exergue une croyance ancestrale en une grande déesse mère de la création et de la vie, en harmonie avec les forces et les éléments naturels qui régissent l’univers, et à qui ils ont donné par la suite une représentation anthropomorphe.

À l’origine « les pères des Vikings » croyaient en une Déesse Mère et aux grandes forces naturelles que sont le soleil, l’eau, la terre, l’air, le feu et la vie, qu’ils ont représentés plus tard par la création d’un panthéon qui compte notamment Odin (Yggr, le redoutable), Odr (fureur) Thor (tonnerre), Jord (terre), FriggFreyja(femme), Fjörgyn (il/elle, qui favorise la vie), Sól (le soleil), Máni LA LUNE), Baldr et Freyr, (seigneur), Surtr (noir du feu), Mímir (mémoire), Bragi (parangon), Logi/Loki (flamme)... et le grand arbre Yggdrasill. Les Landvaettir sont les esprits tutélaires des lieux naturels tels que les collines, arbres, cascades, pierres… La tête de monstre sculptée sur la proue des bateaux vikings était faite à leur intention, afin d’épouvanter les Landvaettir des pays à investir. Il convenait de l’enlever avant d’arriver en pays ami. La Grande Déesse Mère constitue un point capital dans les croyances des anciens scandinaves et germains.

Les cultes

Le blót

La pratique cultuelle essentielle était le blót (vénération), il pouvait aussi avoir le sens de (sacrifice) ou blótveizla (banquet sacrificiel), dont le but était de renforcer la divinité en nouant un LIEN entre elle et les participants ; il suivait quatre étapes :

  • des sacrifices d'animaux (mais qui ont pu être humains à l'origine), dont le sang est répandu sur l'autel, le bâtiment et les participants.
  • un banquet où l'on consommait la viande des animaux sacrifiés cuite, et où l'on portait des toasts de bière ou d'hydromel aux dieux (Odin, Njörd, Freyr et Bragi), au roi, et surtout aux parents morts (drekka minni : boire à la mémoire de).
  • on consultait les augures de diverses façons : à travers une source ou une cascade, en jetant des rameaux trempés dans le sang sacrificiel (hlautteinar) sur un linge blanc.
  • « le quatrième et dernier temps du blót consistait à faire des vœux ou à s'engager par serment solennel à acomplir de hauts faits : c'est la pratique duheitsstrenging, où le paroxysme de la TENSION se double de l'ivresse du banquet pour exalter au maximum la force vive de l'homme en communion avec la divinité »

Ils ont avec les puissances naturelles et les dieux un rapport de « donnant donnant ».

Le goði

Le chef de famille ou du clan procède aux cérémonies, naissances, mariages, décès... et fait office de goði, sorte de « prêtre temporaire ». Certains de ces godis se muèrent en prêtres officiels chrétiens, surtout en Islande.

Destin

Les Vikings n’ont pas une conception du destin immuable. Quels que soient les projets de leurs dieux,LES ANCIENS scandinaves et germains demeurent libres et croient en leur capacité d’infléchir leurs dieux et de forcer le destin, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l’appui de leurs ancêtres: ce qu’ils nomment « eiginn mattr ok megin ». Pragmatiques, ils ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient à la magie ou plutôt au sentiment de la présence constante du surnaturel et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, et d’anticiper sur le destin, donc de le modifier, car rien n’est écrit définitivement.

Ils sollicitent les forces, les dieux et leurs ancêtres qui leur répondent dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple : Freyja m’a rêvé que...).

Il n’y a pas de destin que leur volonté ou l’aide de leurs dieux ou de leurs ancêtres ne puisse modifier, car les scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’action, et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés.

 

Irréligion et scepticisme 

La formule de Gauka-Thorir : « Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mêmes et en notre force et capacité de VICTOIRE, et cela nous suffit amplement » (Gauka-Thorir, chapitre CCI Olafs saga hins Helga) se retrouve dans d’autres textes. Pour François-Xavier Dillmann : « cette locution est le plus souvent utilisée dans les textes norrois au sujet de personnages qui sont réputés avoir délaissé le culte des dieux ancestraux et qui, par conséquent, se situaient en dehors du cadre habituel de l’ancienne société scandinave »

« On a longtemps cru que les Scandinaves, dans les siècles qui précédèrent la conversion au christianisme — viiie et ixe siècles —, avaient atteint une sorte d'irréligion, de scepticisme ou d'indifférence [...] Cela tenait à une phrase qui SE RENCONTRE souvent dans les textes : Hann blôtadi ekki, hann tradi à sinn eiginn màtt ok megin (Il ne sacrifiait pas aux dieux, il croyait en sa propre force et capacité de chance). Il y avait là, semblait-il, une attitude fort inhabituelle au Moyen Âge où l'on avait voulu voir un trait exceptionnel, digne de peuplades que les "philosophes" du xviiie siècle français considéraient comme les régénératrices de l'Occident. Les recherches récentes de savants suédois, Folke Ström et Henrik Ljungberg en particulier, ont établi qu'une telle interprétation ne reposait sur rien. » «  Elle soulignait au contraire la participation au sacré qui justifiait qu’un homme se sentît fondé à dépasser les dieux anecdotiques, si l’on peut dire, et à ne croire qu’en lui-même, c’est-à-dire en sa PROPRE capacité de chance et de réussite puisque celles-ci lui venaient des puissances divines. En conséquence, la formule dont nous sommes partis, loin d’être une profession de scepticisme, était un acte d’adoration implicite ! ».

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LES ANCIENSscandinaves et germains ont une totale liberté de pensée et de croyance.

Place de la femme

La femme viking tenait un rôle très important. On RENCONTRE dans les textes un nombre élevé de déesses et de créatures surnaturelles féminines (nornes,valkyriesDisesHaminjur... Il est possible qu’il s’agisse de résurgences du culte ancestral de la Grande Déesse Mère qui a la période viking prend le nom de Fri, Fiia, Frea, Freyja (bien aimée) (elle est la douce chaleur du soleil, la déesse de la vie mais aussi de la mort qui accueille la moitié des guerriers, d’où l’une de ses hypostases : Hel (helja : accueillir, cacher), elle est aussi la déesse guerrière, mais il est également possible qu’il s’agisse de l’influence, dans les textes mis par écrit par les clercs, du développement à partir du xiie siècle du culte chrétien de la Vierge Marie sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux.

Place des animaux

La plupart des dieux et déesses ont leurs animaux, et ces derniers possèdent un statut particulier dans les croyances.

Boucs]

Thor a deux boucs qui tirent son char Tanngrisnir et Tanngnjóstr (Dents grinçantes et Dents étincelantes). Il lui est arrivé d’être contraint de les manger, mais il prit soin de conserver les os pour les ressusciter.

Chats

Le chat était l’un des animaux favoris des Vikings[réf. nécessaire]. Il était d’usage d’offrir des chatons lors des mariages. Un auteur, Diana Paxson dans son romanBrisingamen a attribué les noms poétiques Tregul ("Arbre d’or, ou jaune) et Bygul ("Abeilles d’or, ou de miel) à des chats de Freyja« Tendresse » et « Amour maternel » sont les chats de Freyja. Ils sont ailés, de grande taille, et ils tirent son char.

Cheval

L’importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu’il possédait, comme l’attestent également les RITUELS liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande, qui étaient censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique, comme la Germanie et l’Islande. Parmi les chevaux célébrés par les textes fondateurs figurent celui d’Odin, Sleipnir, qui possède huit jambes et peut voler.

Chiens

Les chiens bénéficient d’une grande estime comme animaux de compagnie ou de travail. Il est fréquent de retrouver ces compagnons dans des tombes, enterrés aux côtés de leurs maîtres. Le chien qui garde le royaume des morts se nomme Garmr ou Garm.

Corbeau

Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) sont deux corbeaux, messagers d’Odin, qui parcourent le monde et viennent murmurer à leur maître ce qu’ils ont vu et entendu.

Loup

Dans l’ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l’endurance. CeRITUEL permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups. Les Winnilis, nom d’un peuple de Germains signifie LES LOUPS". Ils ne s’appelaient donc pas hommes mais loups. On retrouve le loup dans les textes fondateurs, où Odin possède les deux loups Geri et Freki(Vorace et violent), ainsi que le gigantesque loup Fenrir (« habitant des marais ») né de l’union de Loki et la géante Gerbauda.

Ours

L’ours possède une place très importante dans l’histoire des peuples germaniques et scandinaves à l’époque du paganisme nordique, admiré et vénéré pour sa force, son courage et son invincibilité, considéré comme le roi des animaux, il était l’attribut des puissants et l’objet de rituels ayant pour but de s’approprier ses pouvoirs. Il était également l’attribut des berserkir. Il était d’usage d’offrir un ourson aux rois. Ingimund l’ancien offrit un ours polaire au roi de Norvège vers l’an 900.Isleif, le premier évêque d’Islande, en offrit un à l’empereur d’Allemagne vers l’an 1050. Un conte en vieux norrois a pour titre « Auðunn et l’ours » (Auðunar þáttr vestfirzka).

Sanglier

Sæhrímnir est leSANGLIER consommé chaque nuit par les Einherjar dans la Valhöll. Il est ramené à la vie afin de servir à nouveau de repas le jour suivant.Hildisvíni (sanglier de la bataille) est la monture de Freyja lorsqu’elle n’est pas sur son char tiré par ses deux chats.Freyr possède également un verrat Gullinbursti(aux soies d’or) ou Slidrugtanni (aux défenses redoutables). Il court plus vite que n’importe quel cheval de jour comme de nuit, dans les airs et sur la mer et ses soies illuminent la nuit la plus sombre.

Christianisation

Selon de nombreux historiens dont François Xavier Dillmann, nous assistons à une véritable guerre de religion pour instaurer le christianisme par la force, notamment en Norvège où le conflit dura plus d'un siècle. La détermination des missionnaires pour répandre leur foi en Scandinavie et en Germanie, ira parfois jusqu’à détruire des stèles au prix de leurs vies.

Ne parvenant à éradiquer ce paganisme ni par la parole ni par les actes de vandalisme, l’Église eut recourt à une violence volontaire : « Répandre sa foi par le fer et le sang. ». L’émoi et le traumatisme des massacres de Charlemagne se firent ressentir dans toute la Scandinavie. Les historiens et spécialistes (Alain Decaux,André CastelotFrançois Neveux Rudolf Simek…) pensent que ce fut l’une des raisons qui provoqua les raids vikings qui souhaitaient se venger de la christianisation forcée. La conversion des Scandinaves et des Germains s’est effectuée plus ou moins violemment, sur plus de quatre siècles.

Selon Régis Boyer : « Car- il faut de nouveau insister fortement – la conversion de la Scandinavie se sera faite sans coup férir, sans guerres de religions, sans effusion de sang, sans martyre. Lorsque des chroniqueurs nous la dépeindront, nettement plus tard, sous des dehors tragiques et violents, ils ne le feront que par imitation des vies de saints qui étaient de rigueur en Occident à l'époque. »

Explication évhémériste des mythes païens

L’Église a tâché de ravaler LES ANCIENS dieux au rang de démons Snorri et Saxo Grammaticus s’efforcent de reconstituer un panthéon organisé autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement, et proposent une explication hémériste des dieux païens : dans les prologue de son Edda et de la Heimskringla, Snorri « nous explique que les dieux ne sont que des hommes d’autrefois, des magiciens de préférence, qui ont été progressivement divinisés, Saxo Grammaticus ne dira rien d’autre, lui aussi ». Cette explication se retrouve dans d’autres textes comme la Saga des Troyens, mêlant l’origine pseudo-étymologique des Ases en Asie, au mythe des origines troyennes des peuples scandinaves (Troie étant en Asie mineure).

Néopaganisme

La foi scandinave, nommée par certains Ásatrú ou parfois Odinisme, a été reconstituée avec plus ou moins de succès, et certains pays acceptent désormais de la compter parmi les religions officielles. C’est le cas de l’Islande, la Norvège, la Suède, le Danemark ou l'Espagne.

 

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les principales castes militaires du japon feodal

Les principales castes militaires du Japon féodal

BIENqu’au Japon, aucune figure ne soit plus symbolique que celles des Samouraï, ceux-ci ne consitue qu’une des castes militaires, certe importante, parmi d’autres. Si leur histoire a son origine au COURS de l’ère Heian, ce n’est pourtant que depuis le XIIe siècle et jusqu’en 1868 que ces castes militaires s’arrogent le droit exclusif de gouverner le pays en y exerçant avec les fonctions proprement militaires, toutes les fonctions administratives et judiciaires.

Nous parlerons ici des castes militaires DANS les différentes périodes féodales, tout en excluant les postes dits « gouvernementaux », je pense au DaimyoShogun, mais aussi: kuje, kampaku, shikkenkanrei, voire hamamoto, etc… qui prirent place lors de la création du bakufu (sauf kuje), et qui n’ont que des rôles de gestion et plus de rôle militaire bien que beaucoup de ces postes soient confiés à des personnes ayant fait des classes militaires donc à cette période: des Samouraï de par le fait).

Il est très difficile de tout expliciter au mieux en un article,BIEN sur il y a des choses à redire et des infos qui sont passées à la trappe, mais cet article se veut être « vulgarisé » et résumé à son minimum.

Les principales castes militaires (liste non exhaustive et non classée DANS l’ordre) sont:

  • Bushi
  • Samourai
  • Ronin
  • Goshi
  • Ashigaru et Ashigarugashira
  • Sohei
  • Yama-bushi ou Shugenjas dans certains lieux (auparavant Yamahoshi)
  • Ninja

Les Bushi

Bushi, Yamaoka Tessyu

Bushi, Yamaoka Tessyu

On trouve dans des écrits la trace de ces « guerriers gentilhommes » vers 800 (période Heian). Ils étaient EMPLOYÉS par des familles riches (uji) afin de défendre la population alentours, et étaient reconnaissable par le port du taishi, du tanto et du kyudo. Le daisho katana ou autre longue lame et wakizashi, n’était pas encore d’actualité à l’époque et ce, jusqu’au début de la période Edo.

Durant leur existence, ils furent très appréciés par les populations bien qu’étant de la haute bourgeoisie pour la quasi-totalité. Ils SUIVIRENT des préceptes honorables contenus dans le Bushi-Do: ce dernier provient des dogmes du Kyuba no michi, qui est à l’origine de tout les devoirs et droits de cette caste!

Au début de la période Edo, les Tokugawa mirent en place une « hérarchie » à 4 échelons, nommée shi-no-ko-sho, et c’est de là qu’apparu le TERMESamouraï.

Les Samouraï

Samouraï

Samouraï

Apparaissant avec l’arrivé des Tokugawa au pouvoir, les Samouraï sont, à l’origine, des nobles de très haut rang (buke) destinés à suivre une CARRIÈRE en tant qu’officier supérieur. Certains sont aussi issu du kugeet destinés aux taches moins nobles (garde de Samouraï de plus haut rang par exemple). Le mot en lui même signifie « servir », non plus la population mais plutôt un maître comme un Daimyo ou le Shogun. La défense de « la veuve et de l’orphelin » n’est alors plus vraiment dans leurs attributions.

Contrairement à ce que l’on croit, peu d’entre eux suivent le code du Bushi-Do. Seul une partie des Ronin le suivent et encore quand il y a des batailles. Les Samouraï suivent le code buke shohatto, different à BIEN des égards du Bushi-Do. Il n’est plus question de nourrir son esprit, trouver la paix intérieur ou faire voeu de protection, mais plutôt de gérer un domaine, défendre son « maître », réparer des chateaux, etc…

Pendant la période Sangoku (celui qui dit dragon ball sort de suite!), le daishon’avait pas encore court, les Samouraï préférant le katateuchi au wakizashi. Paradoxalement le KATANA et leuchigatana était résevé aux Ashigaru et aux Samouraï de très bas rang.

Durant cette même période, il était courant pour monter d’échelon dans la hiérarchie de provoquer en duel d’autres Samouraï afin de prouver sa bravoure: le Samouraï annonce son nom fièrement à la personne qu’il défie, dégaine son arme, et combat héroïquement. Une attitude similaire se trouve dans la mort du légendaire saint patron des Yakuza: Shimizu no Jirocho. Ces combats pour monter d’echelon, gagner quelques pièces ou défendre l’honneur de l’école qu’on a SUIVI sont monnaie courante et sont très souvent retranscrits dans les films sur la féodalité.
Pendant la période où existait le shogunat Tokugawa, le bakufu obligeait les Samouraï à porter le banzashi-daisho, et aussi à porter le « chignon » comme coiffure officielle pour les buke mais pas pour les kuge! Cette tonsure prit le nom de sakayaki (fort utile lors de port de casque en pleine chaleur), et permettait de distinguer les Samouraï de haut rang de ceux de bas rang.

Il était habituel pour les Samouraï d’être lettrés et d’avoir 3 ouvrages comme livres de chevet:

Avec ces ouvrages, un Samouraï connaissait les préceptes nécessaires (hors shi-no-ko-sho).

 

Les Ronin

Ronin

Ronin

Lors de la période relative de paix (Edo), nommé Tenka Taihei, beaucoup de Samouraï n’avaient plus leur gagne-pain habituel car il n’y avaient plus de guerres où combattre, donc c’est à cette période que la CASTE des Ronin (Samouraï sans maître) se développe grandement.

La plupart de ceux-ci prennent du temps afin d’optimiser leurs techniques (bujutsu) et entament la transition vers le Budo. Le bushi-do n’a plus lieu d’être loin des champs de bataille. Ils possédent les mêmes caractéristiques que les Samouraï, mais suivent au final une voie plus spirituelle!

Certains Ronin l’étaient par choix et non dépit, le plus célèbre étant Musashiqui battait la campagne afin d’optimiser son art en combat singulier. Son arme de prédilection était le bokken contrairement à tous ses adversaires.

Ils rentrent DANS l’histoire grâce à l’histoire de la rebellion des 47 Ronin!

Les Goshi

Samouraï campagnards de bas rang, avec les Ashigaru, ils constituent la majeure partie des effectifs des armées. Peu ou pas éduqués, ils espèrent se distinguer en bataille pour gravir les échelons de la hiérarchie. Musashi, encore, en est l’un des meilleurs exemples: pas d’éducuation, pas d’origine buke, et ne sachant pas vraiment se battre au début.

Les Ashigaru

Ashigaru

Ashigaru

Ce sont les fantassins « communs » des différentes armées. Ils étaient reconnaissables au jingasa qui les coiffait et à leurs armes: naginatayumi ou yari pour certains. Par la suite, ils utiliseront des arquebuses appelées tanegashima ou teppo.

D’origine très basse (paysans pour la plupart), leur ascension hiérarchique est quasiment nulle (au maximum ils peuvent prétendre à être ashigarugashira: la personne qui commande des troupes d’Ashigaru) et ils sont mal considérés par les Samouraï (surtout d’origine buke). On les retrouveDANS les livres à partir de 675, en tant que mercenaires. La réelle arrivée de ce type de soldat se fait pendant la période Sengoku. Afin de les reconnaitre en pleine bataille, ils portent un standard aukamon de leurs souverain, le sashimono.

Lors de la guerre d’Onin, la réputation de ce type de soldat est établie: ils sont considérés comme indisciplinés, cupides (ne se battant que pour la SOLDE), et illettrés. Un Ashigaru gravit cependant les échelons et fini Daimyo: Yamauchi Kazuto. Toyotomi Hideyoshi, quant à lui, un des trois unificateurs du Japon avec Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu finit Samouraï reconnu et est connu pour avoir anobli beaucoup de ses élèves Ashigaru.

Lors des 2 invasions de Corée (1592 et 1597), le rôle de cette caste change: elle devient plus professionnelle et essentielle pour l’appui des Samouraï,BIEN qu’encore considérés comme de la chair à canon.

Les Sohei

Sohei

Sohei

Ils apparaissent en masse au COURS du Xème siècle et disparaissent quasi-totalement au milieu du XVIème siècle en grande partie à cause des Yamabushi avec lesquels ils avaient beaucoup de traits communs au niveau du combat au corps à corps. On les appelle aussi « moines soldats » ou « moines féroces » et, avant la période Edo, hōshi-musha. Ils portent aussi le nom de Yama-boshi dans certaines régions japonaises (ce qui n’a rien à voir avec Yamabushi). Considérés comme fanatisés, les souverains essayaient autant que faire se peut de ne pas utiliser leurs forces car ils pouvaient se REBELLER facilement et remettre en cause le pouvoir de ces derniers.

Issus de monastères disséminées DANS tous le japon, le plus célèbre fût Enrakyu-ji près de Kyoto, qui fournit un grand nombre de ces guerriers très entrainés (comparable au monastère du Wu-tang en Chine). Ils étaient pour la plupart de confession bouddhiste mais ceux qu SUIVAIENT les préceptes shintoïstes étaient appelés Jinnin, ou Mikko lorsqu’ils SUIVAIENT les préceptes du jodo shinshu. Membres de confréries, on peux les comparer aux templiers des croisades occidentales. Ils maitrisaient toutes les sortes d’armes, mais leurs armes de prédilection étaient le wakizashi et le naginata.

Les Yamabushi

Yamabushi

Yamabushi

Apparus à partir du VIIème siècle, ils sont moins nombreux que les Sohei et contrairement à eux suivent la voie du Shugendo (voie mystique et surnaturel) et, en complément, les préceptes du Tendai. Connus comme des « mystiques montagnards », on leur PRÊTE des pouvoirs occultes, ésotériques, censés être acquis par l’ascétisme qu’ils appliquent à la lettre, qui entrainait de la peur chez leurs adversaires.

BIENque combattant avec des Samouraï sur les champs de bataille, ils étaient essentiellement contre la voie de ces derniers, et le leur rendaient bien. A l’époque kamakura, les Samouraï et les Yamabushi s’affrontaient régulierement. Durant cette période, les Samouraï ne suivaient pas vraiment de précepte de sagesse d’où les conflits avec les Yamabushi!

En 1568 (période Sangoku), les Yamabushi aidèrent les Tokugawa et les Takeda afin d’assoir leur présence près des Shogun et afin d’éliminer totalement les Sohei. Contrairement aux Sohei, ils ne portent pas de protection, seulement un kesa, qui leur donne un air plus mystique.

Bien qu’appréciant le naginata, ils combattent régulièrement avec des sabres de type shiba-uchi et hōken/chie-ken, ainsi que des shuriken.

L’enseignement des Yamabushi existe toujours au Japon, mais leur présence est vraiment anecdotique car ils vivent reclus dans des monastères de montagne.

Les Ninja

Ninja

Ninja

Fortement présents au VIIIème siècle et ACTIFS jusqu’au XVIIème siècle, ils continuent à faire rêver et attisent de nombreux phantasmes dans l’esprit collectif!

Le TERME Ninja apparait seulement au Xème siècle. Auparavant, on utilise des noms comme Rappa, Shinobi ou Kagimono-hiki. Ce « combattant » se définit par ses missions d’espionnage, de renseignement, d’infiltration et de sabotage, et son enseignement qui est le Ninjutsu ou Shinobi Jutsu. Il possède aussi, dit-on, des capacités cognitives fortes et des aptitudes ésotériques (Shingon), dues au fait qu’ils acquièrent à l’origine leurs connaissances des Yamabushi.

Ne se pliant aux codes du bushido, ils excellent dans les actions de guérilla, les assassinats, bref tous les types de guerre asymétrique. Indépendants, ils ne répondent pas aux Daimyo ou aux Shogun et sont considérés par la population comme des parias aux mieux (eta ou hinin) ou des criminels au pire.

Au XVIème siècle, les Shogun et daimyo ont recours à leurs services moyennant FINANCES afin d’espionner les seigneurs qui ne se plient pas au joug du shogun ou afin de préparer au mieux une bataille. Dans ce cas précis, on les appellent Onmisu.
Aujourd’hui un seul style (regroupant 9 écoles) apparait comme étant fidèle aux enseignements du ninjutsu originel: le Bujinkan ninjutsu.

Il existe 3 ouvrages regroupant des écrits PROPRES à cette caste:

  • Le Shoninki de Fujibayashi Masatake, écrit en 1681 (un exemplaire original de cet écrit est conservé à la bibliothèque d’État de Tokyo)
  • Le Ninpiden
  • Le Bansenshukai de Fujibayashi Sabuji, écrit en 1676

Les Ninja avaient pour ordre, en cas de capture, de mettre fin à leur vie afin de ne pas tomber entre les mains des Samouraï qui n’hésitaient pas à les torturer pour obtenir des informations. Les Ninja et les CASTES de Samouraï se vouaient une haine féroce, les premiers étant PAYÉS pour tuer les seconds, et les seconds trouvant les premiers viles, vicieux, sans devoir et ligne de conduite, bref à l’opposé du bushi-do ou du buke shohatto.

Pour finir, on ne peut pas parler des castes féodales japonaises sans parler de l’abnégation pour son vassal et cette dernière passe parfois par la mort.

On connait les termes seppuku et hara-kiri en France, ce dernier étant péjoratif au Japon et réservé aux classes basses de la société BIEN que la finalité soit la même: mort atroce dans d’horribles souffrances.

Le seppuku et le hara-kiri suivent un RITUEL quasi-identique: s’ouvrir le ventre avec une lame du type tanto (nommé Kusungobu pour l’occasion) ou wakizashi. La finalité est cependant différente: tandis que le hara-kiri finit par la mort du supplicié qui succombe à ses blessures dans d’atroces souffrances, le seppuku quant à lui finit par la décapitation (kaisahku) lorsque le seigneur considère que le supplicié à montrer son total dévouement et que ce dernier possède un kaishakunin.

Kabuki - Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Kabuki – Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Le seppuku intervient pour 3 principales raisons:

  • Kanshi ou funshi: remontrances afin de prouver son désaccord avec une décision de son seigneur (similaire à l’immolation des bouddhistes…)
  • Tsumebara: sanction pénale évitant le déshonneur de la personne et de sa descendance
  • Junshi: accompagner son seigneur DANS la mort, pour prouver son abnégation envers lui. Il est nommé aussi Oibara DANS l’hagakure, avec 2 variantes, maebara et sakibara.

Concernant le Tsumeraba, cela permet d’éviter à la famille et descendance du défunt d’être spolié de toutes ses richesses, d’être relégué à la caste des eta (similaire aux intouchables indiens) durant quelques générations et ainsi pouvoir CONTINUER de vivre sans déshonneur.

Le seppuku et le hara-kiri ne sont que la partie visible de l’iceberg, selon les cas de nombreuses variantes existent:

  • Le inseki jisatsu: suicide pour éviter la honte
  • Le gyokusaï: suicide d’honneur, largement pratiqué au COURS de la seconde guerre mondiale par les soldats japonais, pour éviter de se rendre
  • Le jumonji-giri: seppuku avec quelques entailles supplémentaires afin de montrer sa foi au vassal
  • Le shinjū: double suicide avec ses variantes
  • L’oyako shinjū: suicide des parents et des enfants
  • Le boshi shinjū: suicide de la mère et des enfants
  • Le fushi shinjū: suicide du père et des enfants
  • Le goï shinjū lorsque les enfants sont volontaires au suicide familial
  • Le muri shinjū dans le cas contraire
  • Le kobara: suicide pour le BIEN des enfants
  • Le robuka: suicide pour le BIEN de la famille
  • Le funshi: suicide pour exprimer son indignation et sa révolte

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