08 avril 2015

le code sith......

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 L'Ordre Sith fut fondé quand, après le Second Grand Schisme, les Jedi Noirs exilés arrivèrent sur Ziost et devinrent les Seigneurs Sith. Prenant le contrôle total de l'Empire Sith, ils s'adonnèrent encore plus au Côté Obscur et, pour que leur nouvel ordre ait des principes, ils établirent un code. Epine dorsale de l'ordre, il guidera les générations futures de Sith vers le véritable pouvoir de la Force : le pouvoir du Côté Obscur. 

  Le code en lui-même est composé de six phrases, toutes ayant une signification bien précise et on ignore si, comme chez les Jedi, il ne s'agit que de la partie émergée de l'iceberg : 

"La paix est un mensonge, il n'y a que la passion. 
Par la passion, j'ai la puissance. 
Par la puissance, j'ai le pouvoir. 
Par le pouvoir, j'ai la victoire. 
Par la victoire, je brise mes chaînes. 
La Force me libérera."
 


  Contrairement aux Jedi qui se contentaient de contrôler leurs passions et de contempler et d'utiliser la Force pour servir les autres, les Sith faisaient tout le contraire, laissant libre cours à leurs émotions et manipulant la Force pour eux-mêmes. Cette philosophie se ressentait dans leur Code. 

  Chaque apprenti Sith se devait de l'apprendre et de le comprendre pour pouvoir réaliser tout son potentiel dans le Côté Obscur. Du temps de la Guerre Civile des Jedi, le Code était enseigné à chaque jeune recrue qui arrivait à l'Académie Sithde KorribanUthar Wynn en faisait une raison de prestige : il ne suffisait pas de le réciter bêtement devant lui, il fallait le comprendre. Maître Uthar posait souvent une question, en rapport avec le Code, suite à la récitation de l'élève afin de s'assurer que ce dernier avait bien saisi sa signification. Le Chevalier Jedi Revan, alors sur la voie de la repentance après son passé de Seigneur Noir, l'apprit auprès de Yuthura Ban, bras droit de Wynn. L'apprentissage du code permit ensuite à Revan de gagner du prestige afin de retrouver la carte stellaire de Korriban. Après sa découverte, le Jedi combattit les serviteurs des Ténèbres dans l'Académie et les chassa de la planète. 

  Près de 2 000 ans après ces évènements, l'Académie retrouva des disciples sous l'ère de la Confrérie des Ténèbres deKaan. Il est fort probable qu'avant l'arrivée de ce dernier, les Sith tels Dark Ruin ou Dark Rivan continuèrent d'apprendre les mots écrits par leurs prédécesseurs. Durant le conflit contre l'Armée de la Lumière du Seigneur et Maître Jedi Hoth, le Seigneur Qordis enseigna lui-même le Code aux disciples comme Bane : la doctrine sith occupa ses pensées et trouva une résonance à ce qu'il avait été et à ce qu'il allait devenir. Celui qui détruisit la Confrérie et instaura la Règle des Deux enseigna les paroles à son apprentie, Dark Zannah, qui les fit ensuite apprendre à son élève, et ainsi de suite. 

  On aurait pu croire qu'avec la mort de Dark Sidious et de Dark Vador, le code allait disparaître, mais il n'en fut rien. Quand Dark Krayt, Seigneur Noir du Nouvel Ordre Sith, retourna sur Korriban pour chercher le savoir des Anciens Sith afin de guérir de ses graines Vongs qui le rongeaient de l'intérieur, il récita le code lors d'une sorte de cérémonial qui alluma trois holocrons : ceux de Dark AndedduDark Nihilus et Dark Bane. Preuve ainsi que le Code parvint à traverser les générations malgré les nombreuses exterminations que les Sith connurent. 

  Les mots du code étaient simples, mais ils étaient très faciles à mal interpréter si un Maître Sith n'en donnait la signification à son élève : 

  "La paix est un mensonge, il n'y a que la passion." 
  Chez les Jedi, la paix est un objectif désirable. La paix de l'esprit permet une grande maîtrise de la Force et ils disent aussi que l'homme est meilleur quand il n'y a pas de conflit. Mais les Sith savent qu'ils n'en est rien. C'est leur passion, leur haine et leur désir qui alimentent la Force. C'est par le conflit qu'une civilisation s'améliore et fait ressortir les meilleurs. Le conflit oblige à s'améliorer et pousse ainsi au changement, à la croissance, à l'adaptation, à l'évolution ou à la mort. Il ne s'agit pas là des lois des Sith, mais de celles de l'univers. Sans conflit, il n'y a que stagnation. 

  "Par la passion, j'ai la puissance." 
  La passion alimente la puissance (ou la force) du Sith dans la Force. La colère, la haine, la peur, toutes ces émotions qui sont à la fois les plus fortes et les plus sombres. De telles passions confèrent aux Sith le pouvoir. L'amour représente ici la plus dangereuse des émotions : bien qu'elle pousse à la colère et à la haine trop souvent, elle permet aussi de ressentir de la pitié, ce qui est bien pire pour un Sith. On peut alors se demander comment ces deux théories sur les émotions peuvent être exactes car les Jedi disent exactement le contraire. La Force donne aux Sith le pouvoir absolu, même aux Jedi, mais c'est la maîtrise des passions des Seigneurs qui donne aux Sith la puissance qui manque aux serviteurs de la Lumières. Il ne s'agit pas là d'émotions extrêmement négatives : qu'est-ce qui garde les plus rudimentaires créatures en vie? La peur pour fuir, la colère pour combattre... Sans ces émotions, une créature est assurée de mourir. L'objectif des Sith est d'être plus puissant, de réaliser tout leur potentiel et de ne pas se reposer sur leurs lauriers. Comme le disait Yuthura Ban, les Sith sont des découvreurs et non des bergers. 

  "Par la puissance, j'ai le pouvoir." 
  Plus le Sith est puissant de la Force, plus il peut avoir de pouvoir. Mais il doit toujours combattre pour obtenir celui-ci. Sans combat, la victoire n'a aucune signification et il ne progresse pas. Sans combat, il n'y a que la stagnation. 

  "Par le pouvoir, j'ai la victoire." 
  Combien de types de victoires peut-on imaginer ? Une victoire pacifique, une victoire par sacrifice? Est-ce qu'une trêve est un accomplissement? A moins que la victoire ne soit acquise en démontrant que sa puissance est supérieure, elle n'est qu'une illusion, temporaire au mieux. Les Sith en attendent plus. 

  "Par la victoire, je brise mes chaînes." 
  Certainement le point le plus débattu. Les chaînes représentent les limites d'un Sith, tant celles qui lui ont été imposées que celles qu'il s'impose. L'objectif de tout Sith est de se libérer de telles barrières ; certains pouvaient échouer, même ceux qui avaient un très bon potentiel. Briser ses chaînes signifie, d'une certaine manière, faire ce que l'on souhaite, mais la signification de cette phrase est bien plus complexe qu'il n'y parait. Celui qui se libère de toute limite atteint la perfection, tout son potentiel s'accomplit : puissance parfaite, pouvoir parfait, destin parfait. Voilà ce qu'est l'idéal d'un Sith. Hors, une légende des Sith mentionne l'être parfait sous le nom de Sith'ari. Ce dernier, selon les légendes, les détruirait les Sith et les rendrait plus forts que jamais. Et la question est : est-ce que les Sith'aris peuvent exister? Yuthura Ban émettait des doutes sur son existence, préférant voir dans la perfection comme un objectif et non un état. 

  "La Force me libèrera." 
  Cette sixième et dernière strophe se veut être une conclusion au vers précédents. Pour les Sith, la Force est leur servante et leur maîtresse, leur enseignante et leur compagne. Ils l'utilisent à la fois comme une arme et un outil. En la connaissant et en la maîtrisant, ils connaissent et maîtrisent l'univers. La Force récompensera tous ceux qui visent la perfection. 

 

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09 janvier 2015

que charlie aille se faire foutre........

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Que Charlie aille se faire foutre !

Je n'aurais aucun mot pour un certain Charlie. Tout au plus une amère compassion pour ceux qui ont vu leurs âmes arrachées à la Terre, par des hommes assez arrogants pour jouer à Dieu jusqu'à oser lui défier sa Souveraineté sur le rappel de nos âmes. 
Je concéderais une pensée attristée pour des épouses, des frères, des sœurs et des enfants qui pleurent actuellement leurs morts. Mais je ne suis ni ce frère, ni cet enfant, ni ce père, pas plus que je ne suis cet époux pour oser m'accaparer le droit de pleurer ces morts qui ne sont pas miens. Ce Charlie là, il n'appartient qu'à une douzaine de familles, que je préfère respecter. Ne pas m’immiscer, ne pas m'accaparer cette sourde colère, respecter les larmes qu'à aucun moment je ne verserais. Votre douleur est entièrement votre, je ne vous la volerais pas.
En revanche, je n'aurais jamais de mots assez durs pour des milliers de "Charlie", qui loin d'offrir une digne et silencieuse sollicitude à des familles endeuillées, ont préféré faire le choix de se draper d'un grossier masque d'humanisme, en se faisant appeler "Charlie".
Vous êtes tout simplement des Monstres !

Oui des Monstres emplis de bêtise crasse qui derrière la plus obscène des hypocrisies, spolient à des inconnus le droit de souffrir tout leur soûl des êtres chers qu'ils ne reverront jamais plus !

Des Monstres incapables de trouver la pureté cristalline de votre propre conscience, et se réjouissant de saisir à travers la plus absurde des barbaries, la possibilité d'exposer les artifices pouvant colorer les murs branlants de vos apparences, cela à défaut d'exister sur la base de solides fondations.
Des Monstres puants l'ignorance assumée dont se repaissent d'autres Monstres plus cyniques encore que vous, jusqu'à parvenir à vous faire accepter des Millions d'autres familles endeuillées dans le Monde, pour lesquelles jamais vous n'allumerez la moindre bougie, jamais vous ne vous ferez appeler "Charlie".
Vous êtes des Monstres à l'indignation sélective vous glorifiant mutuellement d'une colère que la semaine prochaine vous aurez déjà oublié, lorsque viendra le temps de faire le plein d'huile de pierre dans votre petite auto, sans même réfléchir au fait que c'est le sang d'enfants Libyens ou d'ailleurs qui s'écoulera dans votre réservoir.
Des Monstres hurlant et vociférant sur la barbarie des hommes, sans même réaliser que votre indifférence quotidienne - celle des années de vie où vous ne vous faisiez pas appeler "Charlie" - a contribué à forger les fous ayant froidement ôté la vie au premier Charlie que je mentionnais plus haut.
Par ce que voyez-vous bande d'ignobles et insipides larves gesticulantes, si vous aviez réellement voulu épargner le deuil affreux à des familles dont vous vous foutez complètement à dire vrai, vous auriez été des Millions à descendre dans les rues à chaque fois que vos Maîtres faisaient leur propagande de guerre pour acheter votre consentement à des mises à mort par milliers qu'ils planifiaient. 
Vous êtes de cyniques escrocs quand on sait que des Millions de familles n'ont jamais eu le droit à votre indignation lorsqu'elles voyaient leurs enfants déchiquetés par des bombes "Made in France". Que dans ces Millions de familles pour qui aucun "Charlie" ne se soulève, il y a des frères et des fils qui ont grandi avec une sourde colère en eux, que seuls des prêcheurs de haine entendaient. Des prêcheurs qui au nom d'un Dieu qu'ils diabolisent à leur image, ont encouragé ces âmes en colère à crier vengeance ! Puis à tuer qui aura soutenu par son silence ou par quelques dessins, la sinistre besogne de vos Maîtres, trop heureux de constater que leur propagande était presque inutile pour aller bombarder ou installer la tyrannie dans d'autres Pays, puisque d'ordinaire, vous ne dites rien.
Vous êtes les Monstres complices de la barbarie au sein de nos frontières, et vous osez nous faire croire que vous compatissez aux morts dont vous devez pourtant assumer une écrasante part de responsabilité ?
Vous êtes la fange de la France ! Les abjectes immondices délivrant d'onctueuses paroles creuses pour revendiquer les artifices de votre humanisme. Vous êtes pour certains prêts à hurler toutes les fatwas du Monde à qui vous dit qu'il faut concevoir les différences existantes entre les cultures, et que leur rencontre forcée par votre rejet des frontières et des régulations nécessaires à l'immigration pour ne pas créer des turbulences dans les sociétés hôtes, forge les replis communautaires et les mal-être identitaires d'aujourd'hui de parts et d'autres. Mal-être cherchant alors son réconfort auprès des prêcheurs de haine amalgamant Dieu à leurs desseins morbides.
Vous êtes pour d'autres, la plus immonde purulence qui soit, en faisant du migrant fuyant les bombes ou la misère dont vous êtes les serviles complices, le porte drapeau de la barbarie de communautés ethniques ou religieuses toutes entières, sans même vous demander si derrière ces gens que vous haïssez religieusement, il ne se trouve pas une majorité d'êtres humains aspirant à vivre en paix et avec bienveillance pour leurs prochains.
"Charlie" de tous les bords, vous êtes la honte suprême de la France !
Pas un seul d'entre vous pour affluer vers l'Elysée et chasser les Salauds obéissant à des pourritures apatrides et commanditaires de toutes les misères du Monde.  Pas l'once d'une Révolution de ce "Charlie" que j’exècre du tréfonds de mon âme, pour que cesse le soutien de vos Maîtres à des terroristes en Syrie ou à une junte néo-nazie en Ukraine. Jamais un Président n'aura été inquiété pour les crimes de guerre ou les intelligences avec une puissance étrangère dont il se rendait coupable, qui, d'égorgements en bombardements, à forgé le terreau du terrorisme dans notre propre Pays.
Alors oui "Charlie", je te le signifie, tu peux aller te faire foutre avec ta compassion en carton-pâte pour t'acheter un humanisme que tu ne possèdes pas et que tu n'auras sans doute jamais. Par ce que tu es vide, par ce que tu revendiques ta passivité et ton apathie face à la barbarie de tes Maîtres, par ce que tu n'es qu'artifices, par ce que tu n'es qu'un Monstre à ce point stupide, que tu ignores l'ampleur de ta cruauté pour les Millions de familles endeuillées à travers le Monde, cela en te faisant faisant appeler "Charlie"...
Avec toute ma colère...

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06 novembre 2014

les sikhs........

 

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Nihang signifie crocodile en langue perse. Ce terme désigne parmi les sikhs, les moines guerriers ou chevaliers appelés aussi Akalis, dérivé du sanskrit Akal Purusha signifiant "L'éternel".

Enveloppés dans leur longue tunique bleu-nuit, la tête recouverte d'un turban haut de forme fixé par des disques d'acier, ficelé de chapelets et orné de broches en forme de sabres et de glaives, symbole de la religion sikhe, des milliers de guerriers se provoquent en duel dans les rues d'Anandpur Sahib, ville sainte de la religion sikhe, sur les contreforts himalayens, au Pendjab. Les adversaires se toisent, s'esquivent et s'élancent dans un corps-à-corps éperdu. Les lames sifflent, lances et boucliers s'entrechoquent violemment. Puis, épuisés, les duellistes se saluent et disparaissent au milieu des turbans bariolés.

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Ils se considèrent comme les ultimes descendants du Khalsa, un ordre militaire et religieux fondé en 1699 par le dernier chef spirituel sikhGurû Gobind Singh, pour défendre son peuple contre le pouvoir moghol.
Aujourd'hui encore, 10 000 Nihangs répartis en quinze communautés sillonnent le Pendjab. S'ils ont conservé les attributs martiaux de leurs prédécesseurs, leurs armes n'ont plus qu'une fonction d'apparat et leur office, jadis militaire, est aujourd'hui purement symbolique : fermiers penjâbis pour la plupart, ces moines guerriers se sont donnés pour mission de perpétuer la mémoire des redoutables milices de Gurû Gobind Singh.

Les Nihangs se déplacent toute l'année de fêtes en rassemblements religieux. Ils distribuent des habits et de la nourriture aux plus démunis. Ils arbitrent des conflits lorsqu'on leur demande. Ils jouent un rôle de lien social entre les sikhs, au nom de Dieu. La protection des sikhs est la principale mission revendiquée par les Nihangs. Chaque année, en mars, à Anandpur Sahib, la parade militaire de la Hola Mohalla est l'occasion pour les Nihangs de mesurer leur prestige historique et de recruter de nouveaux guerriers parmi une foule qui peut aller jusqu'à trois millions de fidèles qui viennent admirer leur arsenal resté inchangé depuis trois siècles, leurs écuries de pur-sang et leur turban pouvant mesurer jusqu'à 425 m de long et peser 35 kg.

Les traditions se perdent dans la communauté sikhe gagnée par l'attrait de l'Occident. Par leur simple présence et par la transmission orale de leurs mythes, les Nihangs œuvrent à en perpétuer la mémoire.

Historiquement le terme Akali a été utilisé pour désigner les armées sikhes qui ont résisté aux Moghols à la fin du xviie siècle. Il a été employé à nouveau lors de la volonté des peuples de l'Inde à être indépendants; durant cette période d'agitation, Akali désignait le mouvement qui luttait pour garder le contrôle sur ses temples sikhs, les gurdwaras, avant la loi sikhe sur les gurdwaras de 1925

 

 

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Guru Hargobind

 

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Guru Har Gobind.

 

 

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Les deux épées qui se rejoignent sont le symbole du Miri-Piri dans le khanda, le signe du sikhisme.


Guru Hargobind (1595-1644) fut le sixième guru sik. Il est le fondateur du principe du « Miri-Piri »: l'alliance de la foi et du pouvoir temporel. Il a aussi fait édifier l'Akal Takht (Trône de l'Intemporel) à Amritsar, un des cinq temples les plus vénérés par les fidèles. Suite au martyr de son prédécesseur, Guru Arjan, il a été contraint de prendre les armes contre l'oppression et donc de se soulever contre l'empereur de l'époque. Guru Hargobind est aussi dénommé: Guru Hargovind.

Le principe du « Miri, Piri » illustre les conséquences de cette action. En effet jusqu'alors Les sikhs étaient plutôt pacifiques. Mais le sacrifice de Guru Arjan montra les limites du pacifisme. Dès lors Guru Hargobind porta deux épées. L'une d'elles symbolisant le pouvoir temporel, le « Miri », et l'autre symbolisant le pouvoir spirituel « Piri ».

 

Généralités

Enfant : Gurdita Ji, Ani Rai, Tegh Bahadur, Atal Rai, Suraj Mal & Bibi Viro Ji

Date et âge du jour où il devint guru : 11 juin 1606, 11 ans

Régime politique : Jahângîr & Shâh Jahân (empereurs moghol)

Joti-jot Date et lieu de décès : 19 mars 1644, Kiratpur Sahib

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Un sikh se doit d'être un « saint guerrier »', il se doit de réagir face à l'injustice ; cela peut impliquer un soulèvement armé, cependant il faut garder à l'esprit que l'utilisation des armes est le dernier ressort dans la philosophie sikh. Il reste pour autant pacifique, mais il ne peut rester passif. D'ailleurs les sikhs ont pour ordre de se défendre, de défendre plus généralement et non pas d'attaquer.

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Le « Piri », ou pouvoir spirituel, reste un pilier de la philosophie Sikh. Guru Hargobind sahib ji ne se détache pas de la philosophie du fondateur en prenant les armes. En gardant cette épée, le sixième guru s'attache à montrer qu'un Sikh se doit toujours de méditer et de respecter les enseignements des cinq premiers gurus. Le « Piri » est donc une manière de rester attaché à la source et au désir de l'épanouissement de l'âme.

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Akal Takht

Le « Akal Takht » est l'un des cinq Takhts. Il a été construit en face du Harmandir Sahib: le Temple d'Or. Il est le « siège politique » de Khalsa panth (nation sikh, ensemble des khalsa). C'est là où se règlent toutes les questions religieuses, de politique, de philosophie, etc.

Descendants de l'ordre des moines-guerriers sikhs créé au XVIIe siècle, les Nihangs traversent les siècles. Maîtres en arts martiaux, ils se déplacent sans cesse à travers l'Inde pour répandre leur message de paix universelle, armes à la ceinture.

Àl'instar des Sikhs, ils se nomment tous «Singh» (Lion), les «sans-peur» du Pendjab. Stupéfiants personnages tout droit sortis d'un roman de Kessel ou d'un poème de Rumi, les Nihangs sont les héritiers de l'armée sainte créée, en 1699, à Ananpur Sahib par l'ultime gourou sikh Gobind Singh Ji. Leur rôle? Défendre sans relâche les idéaux et le territoire sikhs, jadis menacés par les extrémistes musulmans et hindous, les invasions mongoles et l'impérialisme britannique. Leurs valeurs, considérées par certains comme archaïques, sont encore aujourd'hui le centre de leur quotidien. Pas un jour ne passe sans qu'ils n'aident les plus pauvres comme les plus riches, par leurs prières et leur dévotion, afin de lutter contre tout terrorisme. En tant qu'«extrémistes» de la paix, ils dédient leur vie, leur foi et leur travail au bien commun. Et c'est là que réside l'affection que le peuple leur porte.

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Ces imposants turbans sont composés de bandes de tissu qui peuvent parfois mesurer plusieurs centaines de mètres et peser une trentaine de kilos. Temps d'installation, deux à trois heures.

Des enfants vont jusqu'à quitter leur foyer pour suivre ces personnages de légende. Des familles, plus privilégiées, lèguent des récoltes de céréales, de fruits ou de légumes quand d'autres, plus humbles, partagent avec eux le peu de lait qu'ils ont. Des hommes d'affaires offrent des onces d'or, et des chevaux leur sont légués en guise d'offrandes sacrées. D'autres dons faits à la diaspora sikh aident à la construction de nouveaux gurdwaras (temples, littéralement: «porte du guru») ou permettent l'achat de machines agricoles et autres véhicules nécessaires à la communauté.

Enfin, l'État indien les invite à voyager gratuitement sur l'ensemble de son réseau ferré national. Considérés dans le pays comme des héros, les Nihangs galvanisent les foules et envoûtent l'âme collective! Mais les Nihangs se battent sans relâche pour préserver leur mode de vie ancestral mis à mal par une Inde émergente. Les lois de la Bourse et de la finance s'entrechoquent avec les dix vertus nihangs: la compassion, la charité, le pardon, la propreté, le contrôle de l'esprit, la pureté, la vérité, l'accomplissement spirituel, la témérité guerrière et la dévotion à leur Dieu unique. Des notions nobles qui semblent avoir du mal à trouver leur place dans un pays en plein développement industriel.

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Une vie de discipline rythmée par des textes spirituels

Leur combat est aussi celui d'un peuple. Une ethnie entière luttant contre l'oubli de ses traditions et de son histoire. D'où l'importance cruciale de ces «armes-parures», mémoires des persécutions subies et de leurs racines guerrières. Ces décorations qu'ils arborent fièrement sont le symbole paradoxal d'une lutte pourtant pacifiste. Elles sont les emblèmes des valeurs qu'ils défendent: indépendance et liberté face à une course effrénée vers la modernité, propre à notre époque. Dignes en toute circonstance, ils vivent en autarcie sur les vastes domaines de leurs gurdwaras ouverts à tous, de jour comme de nuit. Ils y élèvent buffles et chevaux, cultivent les terres de leurs ancêtres et offrent chaque jour des dizaines, des centaines, voire des milliers de repas aux pèlerins, des vêtements aux plus démunis et le gîte aux sans-logis.

Ici encore, cette générosité n'est que le fruit du respect des traditions et des textes sacrés: «Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak, qui gagne sa vie à la sueur de son front et ensuite partage avec les autres.» Car la vie des Nihangs et des Sikhs est principalement régie par des écrits spirituels qui font presque office de loi. Une de ces références incontournables: le Sri Guru Granth Sahib. Fondement absolu, pierre angulaire de l'âme de la tradition du sikhisme, ce livre recueille l'enseignement précieux des dix gourous sikhs. Vénéré et considéré comme le onzième gourou, cet ouvrage est traité comme une véritable personne.

La journée, «Il» vit sous le dais d'un autel sacré, sur un lit sans cesse étoffé de nouveaux tapis, draps, coussins et de tissus brodés d'or arborant de multiples couleurs. Des disciples l'éventent à l'aide de grands éventails en plumes de paon, symboles d'immortalité. Ils le lisent et propagent sa parole jusqu'à son coucher. C'est alors qu'on le déplace avec précaution et cérémonie dans une autre pièce pour qu'il entame sa nuit, toujours sur un lit digne d'un roi. Avant que l'aube se lève, son réveil est accompagné par des hymnes chantés. Ce manuscrit guide les Sikhs tout au long de leurs vies, puisque c'est aussi dans ses pages que les jeunes Nihangs apprennent à lire et à écrire.

Beaucoup d'enfants choisissent de suivre les Nihangs, considérés comme des héros par la population.

L'éducation des enfants n'est pas laissée au hasard. Très tôt, ils reçoivent une instruction aussi rude que complète. Leur enseignement dispense des cours d'arts martiaux, d'équitation, de voltige, de musique et de chant.

 

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Le dressage des chevaux est une des pierres angulaires de l'éducation nihang.

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Le soin des chevaux tient une place importante dans leur apprentissage. L'enfant et l'animal grandissent en frères ; un lien unique et puissant se tisse entre le cavalier et sa monture. Chaque matin, les enfants embrassent les chevaux, parlent avec eux, s'occupent de leur alimentation. Considéré comme un messager saint, le cheval est au centre d'un bon nombre de cultes. Une sorte d'idole qu'on orne régulièrement de milles parures lors des événements communautaires.Certes, les Nihangs n'ont de cesse de répéter «Le monde est notre famille», mais leur Terre sainte se situe à Ananpur Sahib, berceau de leur tribu et de leurs traditions. Et c'est ici, sur les flancs de l'Himalaya, au début de l'équinoxe de printemps, que la communauté sikh se rassemble à l'occasion du festival du Hola Mohalla, hommage rendu au dixième gourou et à son armée sainte.

Toutes sortes de véhicules: camions, tracteurs, chariots, bus, voitures, motos et même bicyclettes acheminent quelque 3 millions de pèlerins. De véritables rivières humaines déferlent jusqu'au coeur du sanctuaire de Gobind Singh Ji, la gurdwara Keshgarh Sahib ; et même les voies les plus minuscules de la cité débordent de flots humains. L'effervescence est à son comble. Il suffit de les rejoindre pour être emporté par la ferveur collective. Alors l'individu se noie, disparaît pour ne faire plus qu'un avec l'âme des Sikhs. Pendant ce festival, rien ne saurait endormir ces hommes, ces femmes et ces enfants. Pas même la douceur des nuits étoilées du Pendjab. Au coeur des gurdwaras, des tentes, des caravansérails, ou assis au bord d'un trottoir, tous font la fête au rythme d'hymnes scandés sans cesse par des haut-parleurs insomniaques. La cité ne vivra pas une minute de repos: les battements des tambours nihangs, qui génèrent cet état de transe, ne connaissent jamais le silence. L'événement est ponctué de tournois.

Chaque Nihang est un cavalier et un acrobate hors pair. Se tenir debout sur deux chevaux lancés au galop: un numéro de voltige traditionnel mais toujours très impressionnant.

Aux quatre coins de la ville, les Nihangs s'affrontent lors de joutes où chacun peut exposer ses talents de cavalier, ou sa maîtrise du gatka - un art martial comprenant une impressionnante panoplie d'armes, comme le kukri (également présent chez la troupe d'élite des Gurkhas), ou lechakram, un anneau de métal tranchant. Contempler un Nihang chevaucher pieds nus sa monture lors d'un galop effréné est un spectacle unique: frissons et poussées d'adrénaline garantis. On ne peut s'empêcher d'être bouleversé par l'allure, l'élégance et la fierté presque arrogante de ces individus, qui semblent invincibles face au commun des mortels.

 

 

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Des chefs de clan, garants d'une justice équitable

Au coeur des camps nihangs, de larges tentes tendues sous un soleil de plomb se transforment en confessionnaux. À l'intérieur, les représentants des 22 clans nihangs reçoivent les disciples venus présenter leurs doléances. Assis sur des lits de cordes posés sur une estrade, ils écoutent patiemment, avec équité, tous les fidèles venus se prosterner devant eux. Une fois l'entretien terminé, les chefs offrent leur bénédiction et un repas contre des poignées de roupies en offrande. Puis les barrières hiérarchiques se lèvent pour que tous méditent ensemble autour d'un repas. Un moment où plaisirs terrestres et spirituels se mélangent dans la plus pure tradition sikh.Et le bhang, boisson rituelle ancestrale préparée à base de céréales et d'herbes - dont la marijuana -, unit l'âme collective dans une ivresse mystique. Préparée autrefois pour décupler le courage des guerriers, cette potion devient pour certains une drogue.

Bu quotidiennement à faible dose, l'élixir des Nihangs favorise l'abnégation ; mais consommé en forte quantité, il devient nocif, tant pour la santé que pour le respect des règles. Certains, avilis par la prise du bhang, fomentent des complots visant à s'emparer du pouvoir, notamment lors de l'élection du grand chef, qui attise les convoitises. Des meurtres viennent ternir l'histoire de cette tribu pourtant pacifiste. Mais un homme reste un homme. Et les électeurs de ce chef suprême, les grands sages et les autres chefs, voient parfois leurs choix menacés par le fil d'un sabre ou par la balle d'un fusil. Un paradoxe pour ces moines, guerriers de paix, dont le regard semble transpercer l'âme de celui qu'ils regardent. La forteresse de leurs secrets semble inviolable. Mais pour tenter de comprendre ce peuple unique, reste cette inébranlable maxime: «Seul Dieu est pur. Suprême et pour toujours.»

 

 

Quand les Nihangs sillonent le Pendjab, ils font halte dans ces caravansérails, lieux de repos pour pèlerins et marchands itinérants.

 

 

Sikhisme

Le Khaṇḍā est le symbole du sikhisme.

Le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l'Inde au xve siècle par le Gurû Nanak.

Le mot « sikh » est dérivé du mot sanskrit शिष्यः (śiṣya) signifiant disciple ou étudiant, ou de शिक्ष (śikṣa), signifiant étude ouinstruction. L'expression du monothéisme des Sikhs réside dans le symbole  - Ek Ong Kar, que l'on peut traduire par « une seule (ek) conscience créatrice (ong) manifestée (kar) ». Transcrit littéralement cela revient à dire « l'âme de dieu ». La doctrine du sikhisme se fonde sur les enseignements spirituels des Dix gurûs, recueillis dans le Siri Guru Granth Sahib.

 

 

Histoire

Une vue du Temple d'Or et son sarovar à Amritsar.

Gurû Nanak (1469-1539), fondateur du sikhisme, est né dans le village de Talwandi, nommé maintenant Nankana Sahib, près de Lahore, dans l'actuel Pakistan. Ses parents sont hindous et appartiennent à une caste marchande : les Khatri du Punjab. Dès son enfance, Guru Nanak est fasciné par la spiritualité et montre des dispositions peu ordinaires pour l'apprentissage. C'est sans doute durant cette période qu'il découvre l'enseignement du poète saint Kabîr (élevé dans une famille musulmane), père de la littérature hindi, un homme révéré à la fois par les hindous et les musulmans. Après une expérience spirituelle de « fusion » avec l'essence de toute chose, Gurû Nanak compose le Jap Ji Sahib, poème mystique qui résume un enseignement qu'il décide de partager. Il voyage dans toute l'Inde et dans de nombreux pays environnants - Népal, Tibet, Sri Lanka, avant d'entamer un long périple au cœur du monde musulman. En effet, le premier disciple et ami d'enfance de Guru Nanak, Mardana, barde attaché à la famille du Gurû, est de confession musulmane. Mardana décide de suivre Guru Nanak qui effectue son pèlerinage à La Mecque. Ce voyage les conduira notamment dans la péninsule d'Arabie, en Perse et en Afghanistan.

Après plusieurs années de voyage, Guru Nanak réunit une communauté et fonde un village, Kartarpur - la Ville du Créateur. Il enseigne sans relâche et de nombreuses personnes viennent à son enseignement. La religion, pense-t-il, est un lien pour unir des hommes, mais dans la pratique il constate qu'elle monte les hommes les uns contre les autres et est à l'origine de nombreuses discriminations : entre hommes et femmes, entre castes, entre religions, entre origines ethniques, etc. Il regrette en particulier l'antagonisme entre hindous et musulmans, quand lui voit la richesse commune de ces deux religions. Une sentence bien connue de Guru Nanak est : « Il n'y a ni hindou et ni musulman. » À ceux qui demandent alors qui ils sont s'ils ne sont ni hindous, ni musulmans, il répond : « vous êtes des disciples ». C'est ainsi que le mot Sikh (disciple), se répand.

Un des cinq Takhts du sikhisme: un des cinq temples majeurs; ici l'Harmandir Sahibà Patna dans l'état du Bihar, en Inde.

Gurû Nanak est opposé au système des castes. Ses fidèles se réfèrent à lui en tant que gurû (professeur, maître). Avant sa mort, il indique un nouveau gurû pour être son successeur et pour mener la communauté. Le dixième et dernier gurû, Gurû Gobind Singh (1666-1708) introduit la cérémonie de baptême sikh en 1699 donnant par là une identité caractéristique aux Sikhs. Les cinq Sikhs nouvellement baptisés sont appelés Panj Pyare, Les Cinq Bien-Aimés, qui baptisent à leur tour le gurû à sa demande.

Avant son décès, le gurû complète l'Âdi Granth des œuvres de son prédécesseur, le renommé Siri Guru Granth Sahib, et commande qu'il soit dorénavant l'autorité spirituelle définitive et que l'autorité temporelle passe au Khalsa Panth - la Communauté des Sikhs. Le livre saint des Sikhs est compilé et édité par le cinquième gurû, Gurû Arjun en 1604. Ce sont les premières écritures saintes dans le monde à avoir été compilées par les fondateurs d'une foi au cours de leur vie (les écrits saints de la religion bahá'íe au xixe siècle étant également tous rédigés par le fondateur lui-même ou en sa présence). Elles sont surtout rédigées en punjabi, mais aussi en hindi, en persan, etc.

Guru Arjan construisit également le mondialement célèbre Gurdwârâ - Darbar Sahib, à Amritsar, qui est le centre du Sikhisme.(Et le Maharaja Ranjit singh met de l'or sur ce Gurdwara).

Durant le xviiie siècle, les Sikhs firent l'objet de répressions et de persécutions diverses de la part des autorités, poussées par le fanatisme général. Ils durent faire des sacrifices extrêmes pour protéger et préserver leur foi et leur identité. L'empire moghol était en voie de désintégration, les Afghans, sous la conduite d'Ahmed Shah Abdali, avaient commencé à envahir le pays. Les Sikhs profitèrent de ces circonstances pour établir leur propre royaume qu'ils achevèrent de constituer sous le Maharaja Ranjît Singh (1780-1839). L'empire sikh dura un demi-siècle et fut annexé par les anglais en 1849.

Ek onkar une des syllabes sacrées du sikhisme.

Durant la guerre d'indépendance de l'Inde, de nombreux Sikhs furent pendus, durent faire face à toutes sortes de brutalités, se battre contre l'occupant, subir de longues périodes d'emprisonnement afin de libérer le pays. Bien que les Sikhs ne représentent que 1,8 % de la population de l'Inde, ils se sont néanmoins forgé une solide réputation dans pratiquement tous les domaines, tels que l'armée, l'agriculture, les sports, l'industrie, l'éducation, la médecine, l'ingénierie, etc., à force de persévérance et de travail dans un esprit de dévouement missionnaire. Leur goût de l'aventure et de l'entreprise les a conduits dans presque tous les pays du monde.

Religion et philosophie

La religion sikh est strictement monothéiste. Ses adeptes croient en un seul Dieu Suprême, Absolu, Infini, l'Éternel, le Créateur, la Cause des causes, sans inimitié, sans haine, à la fois immanent et transcendant. Il est appelé: le Guru Suprême (ou en langage courant, « Quel Dieu! »).

« Ô mon âme, tu es l'incarnation de la lumière,
Connais ton Essence,
Ô mon âme, le Seigneur est toujours avec toi,
À travers la parole du Guru, jouis de Son Amour,
Connaissant ton Essence, tu connais ton Seigneur,
Et tu connais le mystère de la naissance et de la mort » »
(Guru Granth, p. 441)

 


Le postulat de base du sikhisme est qu'il n'y a pas de péché originel, mais la vie ayant émané d'une Source Pure, le Seigneur de Vérité demeure en elle.

Ainsi Guru Nanak dit:

« O mon âme, tu es l'étincelle de la Suprême Lumière,
Connais ton Essence »

Non seulement toute la philosophie sikhe, mais aussi toute l'histoire et le tempérament des Sikhs découlent de cette manière de voir.

Les Sikhs ne reconnaissent pas le système de castes, ils y sont même farouchement opposés ; le sikhisme s'est créé sur un concept d'égalité de droits pour tous. De même, les sikhs ne croient pas en l'adoration des idoles, dans les rituels ou les superstitions. Dieux et déesses ne sont pas considérés comme des êtres.

Cette religion correspond à une manière d'être, de rendre service à l'humanité et d'engendrer tolérance et fraternité vis-à-vis de tous. Les Gurus du sikhisme ne demandent pas le retrait du monde pour atteindre le Salut. Il peut être atteint par chaque personne qui gagne honnêtement sa vie et mène une existence normale.

« Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak,
qui gagne sa vie à la sueur de son front
et ensuite partage avec les autres »
(Guru Granth, p. 1245)

Richesse et possessions personnelles ne sont pas des obstacles à la réalisation d'idéaux spirituels :

« Ceux qui sont dans l'intimité du Seigneur, par la grâce du Guru,
Parviennent au Seigneur au sein de Maya (c'est-à-dire abondance) »
(Guru Granth, p. 921)

Le Sikhisme préconise la lucidité et le courage authentiques (au-delà du clivage pessimisme/optimisme) :

« Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
alors il est parfaitement juste de tirer l'épée. »
(Guru Gobind Singh)

La position doctrinale de Guru Nanak est assez simple, en dépit de son origine. La cohérence du sikhisme est à mettre au bénéfice de son concept central simple - la souveraineté d'un Dieu unique, le Créateur. Guru Nanak l'appelle « Le Nom Vrai » (Satnam) pour éviter d'utiliser un terme qui soit plus restrictif. Il enseigne que « Le Nom Vrai », qui se manifeste de manières diverses, dans des endroits divers et par des noms divers, est éternellement « Un », Dieu souverain et omnipotent, à la fois transcendant et immanent, créateur et destructeur, intemporel et partout présent.

Selon Guru Nanak, discuter quels composants de sa croyance proviennent de l'hindouisme, quels sont musulmans, c'est discuter comme un idiot qui cherche quelle religion possède le droit de professer des concepts universels tels que la bonté, la charité, l'honnêteté, la vénération du nom de dieu, le respect des autres.

Gurû Nanak souscrit également à la croyance en la mâyâ, l'illusion du monde physique. Bien qu'il considère les objets matériels comme des réalités et comme des expressions de la vérité éternelle du créateur, ils tendent à ériger « un mur d'erreurs » autour de ceux qui ne vivent que dans un monde des désirs matériels. Ceci les empêche de voir le Dieu vrai qui a créé la matière comme un voile autour de lui, de sorte que seules les consciences spirituelles, libérées du désir, puissent le pénétrer.

Le monde est immédiatement vrai dans le sens qu'il est rendu manifeste aux sens par la maya, mais il est finalement irréel puisque seul Dieu est finalement vrai. Conservant la doctrine hindoue de la transmigration des âmes c'est-à-dire du samsara, ainsi que son corollaire, la loi du karma, Nanak conseille aux fidèles de ne pas prolonger leur cycle de réincarnations par une vie hors de Dieu en optant pour l'égoïsme, les plaisirs charnels et une vie matérialiste.

Pour faire suivre le voie divine, il faut vivre en faisant des actes charitables, des prières, méditer pour parfaire son propre karma. On doit ne penser qu'à Dieu, répéter sans fin le nom de Dieu (Naam Japna) et ainsi unir son âme avec Dieu. Le salut, dit-il, ne signifie pas entrer au Paradis après le Jugement dernier, mais s'unir à Dieu et se fondre en Lui.

Un Sikh ne peut avoir foi en aucun autre prophète vivant ou non vivant. En accord avec le Sikhisme, Dieu n’apparaît jamais sous forme humaine. Le paradis et l’enfer n’existent que dans ce monde.

Le Sikhisme est basé sur la théorie du karma6 et de la réincarnation ; on évite les réincarnations en renonçant aux vices (viande, alcool, tabac, jeux de hasard), en surmontant son propre égoïsme (haumai), en menant une vie intègre et honnête, car le but suprême de l'existence est la libération (mukti). Dans le Sikhisme, le concept de la Libération n’est pas dans un « autre monde », c’est d’être un Sachiar, « réalisé par Soi-Même », obtenu par la grâce divine.

Le pèlerinage vers des lieux « saints » ne trouve pas sa place dans le Sikhisme. Pour un Sikh, Shabad (la Parole) est le seul lieu saint et l’eau sacrée des rivières, la méditation, et une vie de vérité sont le seul pèlerinage.

Le Sikhisme n’est pas une religion fataliste. Un Sikh se soumet à la volonté de Dieu mais est toujours disposé à se battre pour de meilleurs lendemains.

Le Khalsa

Article détaillé : Khālsā.
Guru Nanak et les neuf autres gurus du sikhisme.

Le Khālsā (mot d'origine persane qui signifie « pur »), est le nom, initialement donné par Gurû Gobind Singh, à l'ordre chevaleresque des Sikhs qu'il créa en 1699. Par extension, le mot désigne chaque membre de cet ordre, chaque Sikh (homme ou femme) qui a été baptisé ou initié en recevant l'Amrit.

Les sikhs initiés (sikhs amritdaris, doivent suivre la règle des « 5 K »  : ils doivent porter les cheveux longs et la barbe(Kesh); porter en permanence un peigne dans les cheveux (Kangha) ils portent aussi un poignard recourbé, un turban, un bracelet en fer, le Kawra, symbolisant l'unité (boucle sans fin) et un caleçon spécifique, le Kacchera.

Les sikhs non initiés ne portent pas tous ces attributs.

La quasi-totalité des sikhs sont végétariens.

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Lieu de culte

Le temple sikh s'appelle Gurdwârâ (littéralement : « la porte du Guru »). Pour y entrer, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Le temple est un lieu ouvert à tous, croyant ou non, ils se doivent de vous accueillir dans le respect tant que vous faites de même. Pour être reconnu comme un temple officiel, il faut remplir ces trois critères: arborer le drapeau orange, contenir le livre sacré et être en mesure d'offrir gîte et nourriture. La salle principale du temple contient le trône, le Guru Granth Sahib sous un dais. Les sikhs se prosternent devant le livre sacré et déposent un don d'argent, avant de s'asseoir par terre pour prier. En sortant, on vous proposera d'aller manger quelque chose au Langar (cantine communautaire gratuite créée à l'origine entre autres pour lutter contre la séparation des castes). C'est un devoir pour un sikh de participer au service communautaire.

Les Sikhs dans le monde

Les Sikhs sont installés principalement au Pendjab, pour 80 % d'entre eux, mais aussi dans la région de Delhi. En Inde, on estime la communauté Sikh à quelque 20 millions de personnes, soit environ 2 % de la population indienne.

Ailleurs dans le monde, on trouve aussi d'importantes communautés Sikh au PakistanRoyaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques - Canada,AustralieSingapourKenya, etc. - et aux États-Unis, ainsi qu'en Indonésie.

Notons également qu'il existe une communauté de plus en plus importante de Sikhs occidentaux - ou d'origine non indienne - pour la plupart pratiquants du Kundalinî yoga. Cela s'explique par l'appartenance à la spiritualité Sikh de Yogi Bhajan, maître de Kundalini Yoga, et par les nombreuses passerelles qui existent entre l'enseignement spirituel des Sikhs et celui du Kundalinî Yoga tel qu'il a été popularisé par Yogi Bhajan. Notons par exemple que la plupart des mantras du Kundalini Yoga sont extraits du Siri Guru Granth Sahib.

En Amérique du Nord

Après les attentats du 11 septembre 2001, nombreux sont les Américains ayant confondu les symboles de croyance religieuse sikh, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont effectué les attaques. Ces derniers se retrouvent souvent maltraités et confondus avec les musulmans. Dans les mois qui ont suivi l'attaque, pas loin de 300 incidents ont été rapportés sur le sol américain, incluant menaces, actes de violence, et même meurtre (voir meurtre de Balbir Singh Sodhi).

Le 2 mars 2006, un jugement de la Cour suprême du Canada a légalisé le port du kirpān dans les écoles publiques, en se fondant sur le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution. La Cour a jugé qu'une autorité scolaire ne pouvait interdire totalement le port du kirpan par un élève, dans la mesure où lekirpan est porté dans des conditions sécuritaires (lame cousue dans son étui).

Le 5 août 2012, un homme ouvre le feu dans un temple Sikh dans la banlieue de Milwaukee, au nord de Chicago. Le bilan fait état de 7 morts et 3 blessés graves.

En Europe

En France

Il existe plusieurs communautés sikhs en France, il est estimé à hauteur de 30 000 habitants de confession Sikh. Il y a deux Gurdwara à Bobigny (Singh Sabha France et Nawan Nanaksar Thath), un à Bondy Guru Tegh Bahadur Ji, un à La Courneuve Sri Bhagat Ravi Das Ji et un au Bourget Baba Makhan shah lubana.

Cependant la population française ignore la véritable identité des Sikhs. Il arrive également que les Sikhs soient considérés comme musulmans à cause de leur apparence physique.

Aussi dans une décision du 12 juillet 1978, la Cour européenne des droits de l'homme a estimé que l'obligation, pour les Sikhs motocyclistes, de porter un casque (en abandonnant leur turban) n'est pas contraire à l'article 9§2 de la Convention européenne des droits de l'homme Au Royaume-Uni cependant, les Sikhs sont exemptés de l'obligation de porter un casque sur un deux-roues motorisés, s'ils portent un turban.

En France, la loi du 15 mars 2004 visant à interdire le port « ostensible » de symboles religieux dans les écoles publiques conduit désormais régulièrement à l'exclusion de l'enseignement public de lycéens et de collégiens Sikhs refusant d'ôter leurs turbans. Dans un arrêt du 15 décembre 2006, le Conseil d'État a considéré que l'obligation, pour les Sikhs, de poser tête nue pour la photographie du permis de conduire n'était pas contraire aux articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les Sikhs portent en effet un turban par tradition mais aussi par commodité. En effet, les Sikhs ne se coupant pas les cheveux ni la barbe, le turban leur permet d'enrouler leurs cheveux. En 2011, le comité des droits de l'homme des Nations Unies a sanctionné la France pour avoir demandé à un Sikh de retirer son turban sur sa pièce d'identité, la France n'ayant pas justifié les motifs de la nécessité d'une photo tête nue pour un Sikh, lorsque le port du turban Sikh (Dastaar) n'entrave pas son identification. 

Le Conseil Représentatif des Sikhs de France est l'instance representative des organismes religieux et sociaux Sikhs.

En Italie

125 000 sikhs vivent en Italie, principalement en Lombardie et en Émilie-Romagne, et travaillent dans l'industrie laitière, notamment dans la fabrication du parmesan.

En Angleterre

Dans le cadre de son Programme de l'« École libre », le Ministère de l'éducation nationale anglais, (Department of Education)a autorisé, en septembre 2011, l'ouverture d'une école Sikh, comme 24 autres écoles, sur 323 candidatures. Cette école primaire, située à Handsworth, une région économiquement défavorisée de Birmingham, est ainsi financée à 100 % par l’État et accueille 180 élèves provenant de familles de confession Sikh mais aussi d'autres confessions ou de familles athées. Ranjit Singh Dhanda, le directeur de l'école, déclare :

« Le projet d'École libre du gouvernement nous a donné la possibilité de faire appel à la passion de la communauté pour le bénévolat désintéressé… Ce don de main-d'œuvre gratuite illustre l'essence de la « Nishkam » — qui signifie le « service désintéressé à l'humanité » — qui aidera à rendre cette école unique. »

En Londres, le quartier de Southall, dans le district d'Ealing, a la communauté Sikh la plus grande dans le pays, et la gurdwârâ la plus grande en Europe.

Sikhs marginaux

Les sikhs marginaux et nomades Nihan Singh mangent de la viande alors que les autres sikhs sont végétariens. Au cours de cérémonies rituelles, des chèvres sont décapitées d'un coup de sabre et leur chair est consommée par les assistants. C'est une manière de montrer qu'ils sont différents des autres sikhs. Et pour ceux-ci, une raison de les tenir à l'écart.

Explication du nom Singh

Beaucoup de Sikhs ont pour nom « Singh ». Singh, qui signifie « lion », est rarement un nom de famille à proprement parler mais plutôt un titre ou surnom (« middle name ») porté par les hommes Sikhs ; le nom ajouté pour les femmes est « Kaur », qui signifie « princesse ».

Cependant, tous les « Singh » ne sont pas Sikhs, ce nom étant aussi porté largement par les hindousVijay Singh, écrivain et cinéaste indien et le golfeur fidjien du même nom ne sont pas Sikhs.

Quelques Sikhs célèbres à l'époque contemporaine

 

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21 septembre 2014

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Sabre laser

Sabre laser
Image illustrative de l'article Sabre laser
Un sabre laser.
Présentation
Type Sabre
Utilisateur(s) JediSith
Accessoire(s) La Force
Période d'utilisation An 15 500 av.BY
Autre(s) nom(s) Lightsaber («sabre luminescent»)
Light Sabre («sabre de lumière»)
Poids et dimensions
Longueur du manche 20 à 35 cm
Longueur de la lame variable
Caractéristiques techniques
Matériaux Métal, rayon laser
Variantes Katanas Jedi, double sabre laser

Le sabre laser, sabre-laser ou même sabrolaser est une arme fictive issue de l'univers imaginé par George LucasStar Wars. Le nom en version originale est Lightsaber ou Light Sabre (sabre luminescent, ou sabre de lumière). Contrairement à ce que laisse entendre la traduction française, il n'est pas dit dans l'univers Star Warsque la lame est faite d'un laser. La Cité des sciences explique d'ailleurs qu'un plasma confiné par un champ magnétique correspondrait mieux aux effets observés.

Employé par les Jedi tout comme les Sith4, il s'emploie comme un sabre classique, mais peut traverser de nombreuses matières solides, comme la majorité des métaux. Cependant, son fort effet gyroscopique peut être extrêmement dangereux pour quelqu'un qui ne maîtrise pas la Force.

 

Histoire

Si la naissance du sabre laser demeure inexpliquée, on sait qu'il commence à remplacer les katanas Jedi vers l'an 15 500 av.BY. L'arme s'avère supérieure à la précédente mais reste toutefois relativement archaïque. En effet, ses utilisateurs doivent porter une lourde batterie à leur ceinture, reliée au sabre par un cordon. Elle est utilisée par les Jedi lors de la Grande Guerre de l'Hyperespace, face à l'Empire Sith de Naga Sadow5. Par la suite, l'utilisation des sabres laser ne cesse de se généraliser parmi les adeptes de la Force, qu'ils soient Jedi ou Sith. À partir de laGrande Guerre des Sith, plusieurs variantes commencent à faire leur apparition comme le double sabre laser d'Exar Kun.

Après la Guerre des Clones et la Grande Purge Jedi qui en découle, il ne subsiste presque aucun Jedi. L'usage du sabre laser a donc pratiquement disparu de la galaxie, car exhiber une arme telle que celle-ci équivaut pour un Jedi à être découvert et traqué par l'Empire. Ce n'est qu'après la résurrection de l'Ordre Jedi, sous Luke Skywalker, que le sabre laser refait son apparition.

Description

Selon les dires de Luke Skywalker, les composants d'un sabre laser sont assez simples. Chacun d'entre eux possède une cellule d'alimentation standard, généralement au diatium. Il nécessite ensuite un cristal (il y en a trois la plupart du temps, mais un seul est nécessaire), un émetteur de lame et une lentille. Certains éléments peuvent être modifiés pour améliorer leur efficacité ou leur puissance. La longueur du manche peut varier de 20 à 35 centimètres, sauf rares exceptions. La longueur de la lame est également variable : Yoda possède un petit sabre laser tandis que Dark Malak en utilise un grand.

Le faisceau du sabre laser est capable de couper la grande majorité des matières existantes. Pourtant, mis à part un autre sabre laser - ou un laser tout court - il existe certains matériaux ou éléments qui lui résistent :

  • Le cortose (cortosis en vo), un métal coûteux et rare, correspond au moyen le plus couramment employé pour se défendre face à un sabre laser lorsque l'on n'en possède pas un soi-même. Il permet même de « court-circuiter » un sabre laser, le rendant temporairement inefficace.
  • Le phrik, alliage utilisé dans la conception des armes des MagnaGardes du Général Grievous et pour les armures des Dark Troopers.
  • Le fer mandalorienbeskar en langue mandalorienne, trouvé sur la planète Mandalore, utilisé dans la conception d'armes et d'armures. Ce métal sert également à étancher la porte du tombeau de Freedon Nadd sur la planète Dxun4.
  • Certaines armes et armures conçues par les Yuuzhan Vong.
  • Certains boucliers d'énergie et certains matériaux supraconducteurs.
  • La peau de certains animaux.
  • Des armes et armures soumises à l'alchimie Sith. Par exemple, cette dernière est employée dans la conception de l'armure de Dark Vador pour la rendre plus résistante
  • L'eau, sauf si le sabre laser en question est spécialement conçu pour lui résister. En cas de pluie, le sabre laser dégage simplement de la vapeur.

Les matériaux très denses comme les blindages lourds peuvent ralentir la pénétration de la lame mais ne l'empêchent cependant pas de rentrer.

Différentes couleurs

Différentes couleurs de sabres laser

Dans la trilogie originale, les lames étaient bleues et plus tard également vertes pour les Jedi, alors que les lames rouges étaient exclusivement réservées aux Sith, bien que des sabres alchimiquement modifiés fussent utilisés par les premiers Seigneurs Sith car leur technologie n'a été développée qu'après l'exil des Jedi Noirs.

Les divers documents de l'univers étendu de Star Wars décrivent des couleurs incluant beaucoup de variations de bleu, vert et rouge ainsi que des couleurs telles le violet, orange, argent, turquoise, rose, bronze, jaune, et également entre autres blanc ou or. La gamme de couleur complète des cristaux et donc des lames est inconnue. Cependant, dans les temps plus récents, la plus petite gamme de couleur est en partie due au fait que l'Empire a détruit les grottes où l'on trouvait les cristaux. Les cristaux synthétiques ont alors remplacé les cristaux naturels mais ceux-ci étaient soit bleus soit verts.

Le Jedi Gantoris créa une lame violette avec des motifs d'arc-en-ciel ondulants autour du cœur blanc du faisceau.

La couleur du sabre laser dépend donc du cristal utilisé pour concentrer le rayon lumineux. Les lames bleues sont souvent associées aux Jedi gardiens, plutôt axés sur le combat et les arts martiaux, les lames vertes aux Jedi consulaires, qui s'occupaient des négociations et de la formation des Padawans, les jaunes aux Sentinelles Jedi, gardiennes du temple Jedi, les lames violettes et cyan sont réservées aux maîtres d'armes (incluses dans l'histoire plus tard et uniquement réservées à Mace Windu dans la double Trilogie car découlant d'une requête de Samuel L. Jackson durant le tournage de la seconde Trilogie) et les rouges aux Sith et aux Jedi noirs adeptes du côté obscur (parfois même orange foncé).

Chaque Jedi ou Sith est libre de choisir le cristal de son sabre laser. Il est choisi durant l'apprentissage, quand le Jedi n'est encore qu'un Padawan et quand lui et son maître font le voyage jusqu'à la planète Illum afin de choisir un cristal. Avant la bataille de Ruusan, les Jedi utilisaient toutes les couleurs connues. Mais après, les Jedi se mirent à choisir des cristaux plus courants comme les bleus et verts. Mace Windu quant à lui brava les obstacles de la planète Hurikane afin de trouver un rare cristal violet.

Les cristaux synthétiques rouges prisés par les Sith peuvent créer en quelque sorte une lame plus puissante mais ne sont pas aussi purs à cause de leur nature artificielle et peuvent donc ainsi être jugés indésirables par certains. Une des raisons pour lesquelles ils préfèrent le rouge est que c'est la couleur du sang de la plupart des espèces connues, humains en tête.

Le choix de la couleur repose également sur la priorité du Jedi. Si un Jedi choisit une couleur bleue, cela signifie qu'il se concentrera sur le combat au sabre plutôt que sur la maîtrise de la force. Si la couleur verte est choisie, cela indique qu'il préfère l'étude de la force à l'étude des techniques de combat au sabre. La couleur rouge est pour ceux qui étudient les techniques du côté obscur de la force. Le violet est rare mais pas uniquement à cause de la difficulté d'obtenir le cristal, le violet est en effet le mélange du bleu et du rouge ce qui indique que le Jedi a étudié les différentes formes de combat au sabre mais également les techniques du côté obscur. Ce n'est cependant pas systématiquement le cas.

À l'origine, le sabre de Luke Skywalker dans Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi devait être bleu mais cette couleur était difficile à mettre en scène sur le fond également bleu du ciel du décor sur Tatooïne. D'où la naissance du sabre vert.

Combat au sabre laser

Deux sabres laser qui s'entrechoquent.

Le style de combat de l'ancienne trilogie n'était pas très complexe ni très excitant : c'était un mélange d'escrime et de duel à l'orientale (kendo); cependant, bien que moins beaux, ils sont nettement plus crédibles tactiquement que les duels virevoltants de la prélogie, où les situations de mise en danger inutiles sont très fréquentes. Ils se composaient d'attaques vers le haut et vers le bas et éventuellement d'une petite pirouette qui devait donner un certain dynamisme au combat. Peter Diamond était à l'époque le superviseur des duels au sabre laser. Même si les combats paraissaient spectaculaires à l'époque,ils ont perdu ce côté face aux acrobaties de la Prélogie. Ceci s'explique par le fait qu'à l'époque, premièrement George Lucas ne donnait pas aux duels toute l'importance qu'ils ont dans la Prélogie, deuxièmement les « sabres-laser » utilisés par les acteurs étaient plus lourds et plus fragiles que les maquettes du tournage des épisodes I à III.

Pour la nouvelle trilogie, les combats, supervisés par Nick Gillard, reçurent un meilleur traitement. Sept « Formes » spécifiques étaient codifiées à l'origine, mais elles furent enrichies et complétées par Lucas et Gillard jusqu'à l'épisode III, bien que les références de l'Univers étendu soient souvent incomplètes. Finalement (à partir de 2004 officiellement), on distingue neuf Formes, plus deux Formes spéciales. L'ensemble des Formes, dont chacune est un style à part entière, constitue ce qu'on appelle les Arts Jedi. Voici les Formes ainsi qu'une description succincte et des exemples pour chacune d'elles :

  • Forme IShii-Cho : dite Forme de Détermination. Style de combat fondamental, le premier enseigné au Padawan. Il provient de l'ancienne utilisation des armes blanches (sabres, vibrolames…). Le Shii Cho est souvent dit « basique », mais intègre des attaques puissantes et permet de nombreuses combinaisons. Kit Fisto et Agen Kolar sont des maîtres de cette forme.
  • Forme IIMakashi : dite Forme d'Opposition. Style de combat de duel au sabre laser, considéré comme archaïque à l'époque de la Prélogie car les Jedi n'avaient plus à mener de duels. Fluide et précis, préférant la dextérité et la complexité à la puissance, le Makashi est élégant et efficace, et comprend des bottes parmi les plus délicates des Arts Jedi. Il est notamment utilisé par le Comte Dooku.
  • Forme IIISoresu : dite Forme de Protection. Style de défense par excellence, inventé lorsque les Jedi commencèrent à affronter des tireurs. Expression de la philosophie pacifique des Jedi, il est donc utilisé pour le renvoi des tirs de blaster et la protection individuelle, mais est peu agressif. Un grand maître du Soresu :Obi-Wan Kenobi. Également employé par Luminara UnduliBarriss Offee et Luke Skywalker.
  • Forme IVAtaru : dite Forme de Vélocité. Style de combat fondé sur la vitesse. Les attaques et enchaînements, qui nécessitent un important engagement physique, privilégient la surprise plutôt que la puissance. Acrobatique et virevoltant, il s'agit d'un style offensif, où la défense passe par le mouvement et la rapidité des enchaînements. Utilisé par Qui-Gon JinnObi-Wan Kenobi (qui cessa de l'utiliser après la mort de son maître pour se tourner vers le Soresu), Dark Sidious pour surprendre l'adversaire ou Yoda pour compenser sa petite taille.
  • Forme VShien / Djem So : dite Forme de Persévérance. Fondé sur des techniques de la Forme III, qu'il complète et "dépasse", le Djem So est un style très actif, voire agressif, axé sur l'offensive, et alliant puissance, précision et fluidité. (NB : "Djem" est le nom d'un enchaînement offensif, "Djem So" est le nom de la Forme qui l'utilise). Cette forme très polyvalente est notamment employée par Anakin SkywalkerAayla Secura et Luke Skywalker.
  • Forme VINiman : dite Forme de Diplomatie. Intégrant certaines techniques de Soresu et de Djem So, elle fut créée comme une synthèse pratique de la philosophie Jedi, et est très utilisée sous l'Ancienne République. Cette Forme est élégante et équilibrée mais ne permet pas d'exceller dans tous les domaines ; son manque de mobilité et d'agressivité fut souvent fatal pour ses utilisateurs lors de la bataille de Géonosis. Parmi ses pratiquants, on peut citer Cin DralligKi-Adi-MundiGrievous et le Comte Dooku .
  • Forme VIIJuyo / Vaapad : dite Forme de Suprématie ou de Domination selon les cas et les sources. Cette forme est la plus difficile à apprendre et la plus dangereuse, puissante et imprévisible. Elle se fonde sur l'utilisation d'émotions agressives pour mener le combat, produisant des attaques saccadées et des enchaînements décousus et surprenants. Elle est généralement associée au côté obscur : au départ, d'après Lucas, le Juyo devait être une Forme obscure, et le Vaapad un style inventé par Mace Windu ; cependant, on trouve à partir de 2002 (mi-tournage épisode III), des notes selon lesquelles le Juyo est le nom d'origine de la Forme, et le Vaapad son penchant Sith. Utilisée par Mace Windu et Dark Sidious. On peut également citer parmi les utilisateurs de la Forme VII Sora Bulq et l'apprentie de Windu Depa Billaba. Ces deux derniers basculèrent du Côté Obscur de la Force, en partie à cause de leur pratique incontrôlée de la Forme VII.
  • Forme VIIISokan : dite Forme de Mobilité. Style de combat fondé sur le mouvement, dérivé de la Forme IV. Offrant une alternative défensive à la Forme III, il se fonde sur des évasions, des sauts, des attaques rares mais précises et puissantes, et utilise au maximum l'environnement immédiat. Obi-Wan Kenobi utilise le Sokan pour combattre le général Grievous sur Utapau, avant de perdre son sabre-laser, et sur Mustafar pour vaincre Dark Vador.
  • Forme IXShien So : dite Forme de Décision. Souvent confondue avec le Djem So, et pour cause : dans les notes de Lucas, ces Formes sont les mêmes jusqu'après l'épisode II. Style de combat inspiré de la Forme V, en version épurée : le but est de vaincre avec le minimum d'engagement physique, laisser l'adversaire se placer en position de faiblesse, attaquer avec un enchaînement complexe ou une série d'attaques saccadées. (NB : d'après Gillard, "Shien" ou "Sien Hai" est le nom d'un enchaînement surprenant, dont on peut voir la dernière composante - attaque haute retournée - lorsque Kenobi coupe la main de Zam Wesell au début de l'épisode II ; "Shien So", par contre, est le nom de la Forme IX, qui intègre cet enchaînement). Obi-Wan Kenobi mêle du Shien So à ses techniques plus classiques, dans l'épisode III ; on peut également voir Dark Sidious le pratiquer.
  • Forme XJar'Kai : cette Forme codifie le maniement de deux sabres-laser. Anakin Skywalker et Joclad Danva l'emploient dans l'épisode II. Dans l'Univers étendu (feuilletons animés), Asajj Ventress manie deux sabres-laser rouges jumeaux puis, Ashoka Tano pendant la guerre des Clones, manie deux sabres laser, un jaune et un autre vert. L'apprenti de Cin Dralling à savoir Serra, utilise deux sabres laser vert. Dans certains passages des scripts et notes de Lucas, le mot "Kai" signifie « deux » (voir les duels "Kai-Kan").
  • Forme XI : dont le nom reste vague… parfois appelée "Zez'Kai", à moins qu'il ne s'agisse d'un amalgame avec Zez-Kai Ell, Maître Jedi de l'Univers Étendu. Cette Forme codifie le maniement d'un sabre-laser à deux lames, mais reste extrêmement dangereuse à cause du double effet gyroscopique et de son maniment qui doit être très délicat; cela pourrait tuer celui qui le manie. Utilisée par Dark Maul et les chevaliers protecteurs de l'Ordre Jedi.

Trucages pour les films

L'accessoire utilisé comme poignée des sabres dans le film original était fondé sur la batterie du flash d'un vieil appareil photo. En version « sabre allumé », les épées utilisées étaient conçues dans le but de provoquer un effet lumineux directement intégré sur la pellicule lors du tournage. La lame était composée de trois faces recouvertes de rétroréflecteurs. Une lampe était positionnée aux côtés de la caméra et illuminait le sujet au travers d'une vitre inclinée à 45 degrés de manière à ce que l'épée semble briller du point de vue de la caméra. Un moteur placé dans la poignée faisait tourner la lame, assurant ainsi une réflexion permanente vers la caméra. Cela créait également l'effet familier de vacillement. Finalement, ce système ne donna pas les résultats escomptés et un procédé d'animation, inventé par Nelson Shin, fut employé pour rehausser la luminosité des sabres. C'est à ce stade que fut prise la décision artistique de donner différentes couleurs aux lames.

Pour L'Empire contre-attaque, les accessoires utilisés étaient de simples baguettes blanches, et l'effet lumineux était entièrement réalisé via un procédé particulier d'animation appelé rotoscopie, par lequel une animation est dessinée par dessus la vidéo enregistrée afin de conserver la précision des mouvements.

Pour Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi et les films suivants, les poignées furent usinées à partir d'aluminium. Au lieu d'une lame brillante, des baguettes de carbone furent utilisées comme lame de référence pour les scènes de combat. Dans les épisodes I et II, ils passèrent à des poignées en résine et des tubes d'aluminium. Pour l'épisode final de la saga Star Wars, La Revanche des Sith, l'aluminium fut remplacé par un mélange de fibres de carbone, spécifiquement élaboré pour le film. Ces accessoires durent être renforcés car ils cassaient souvent lors de leurs premières utilisations par les acteurs dans les séquences de combat. On notera d'ailleurs que le tournage d'une scène de sabres lasers, telle que le duel final entre Obi-wan et Anakin sur Mustafar dans La Revanche des Sith, pouvait prendre plusieurs mois car chaque acteur devait mémoriser une séquence complexe de plus de 1 000 gestes et les exécuter parfaitement.

Dans l'ancienne trilogie, la couleur des sabres étaient dessinée manuellement par dessus l'image originale blanche de la lame. De nombreux commentaires affirment que les sabres laser de la version DVD paraissent moins beaux que dans la version originale, à cause de l'algorithme avancé utilisé pour restaurer et numériser les films. On remarquera d'ailleurs qu'à la suite d'une erreur de réalisation des effets spéciaux, dans Un nouvel espoir, lors d'une scène à bord du Faucon Millenium, le sabre laser de Luke Skywalker apparaît brièvement coloré en vert plutôt qu'en bleu, puis teinté d'un bleu clair grisâtre. Dans la trilogie récente, ce problème ne s'est pas posé puisque les lames étaient ajoutées numériquement.

La lumière normalement émise par les sabres est assez mal rendue dans toute la saga Star Wars. En effet, les sabres nétant pas éclairés lors des tournages, la réflexion de la lumière se voit ainsi très peu sur les murs et les visages. Seuls les personnages de synthèse comme Yoda dans les épisodes II et III sont correctement éclairés. Une exception toutefois, lors de la scène finale du combat entre Dooku et Anakin dans Star Wars, épisode II : L'Attaque des clones, les acteurs utilisèrent des tubes fluorescents d'une couleur adaptée à leurs armes ; mais ce choix répondait uniquement à un besoin précis : la scène était supposée se jouer dans un hangar mal éclairé..

Les créateurs de fanfilms ont utilisé diverses techniques pour recréer l'effet « sabre laser », la plupart impliquant des programmes tels qu'AlamDVAdobe After EffectsAdobe PhotoshopMainVisionGIMPLSmakercrimsonFX (pour Mac), ou Blender.

Le son caractéristique est ajouté en postproduction par l'équipe des effets sonores. Le son original du sabre fut créé par Ben Burtt à partir de la combinaison du bruit d'une lampe de projecteur et de l'interférence produite par une télévision sur un câble audio non-blindé.

Lorsque le tournage de la nouvelle trilogie commença, George Lucas décida que tous les Jedi auraient des sabres de couleur bleue ou verte, pas seulement pour les différencier des Sith, mais aussi pour leur donner une identité visuelle propre.

Les sabres laser étant l'un des accessoires les plus demandés de l'histoire du cinéma, de nombreux jouets tentent de les répliquer. Ceux-ci allant de la simple lampe de poche avec tube plastique, à des copies fidèles des accessoires originaux des films, comprenant des effets sonores s'adaptant aux mouvements et une lame colorée. Ces jouets sont les produits dérivés Star Wars qui se vendent le mieux, mais il semble que la reproduction du faisceau d'énergie émis par les vrais sabres laser soit encore hors de portée pour quelque temps. Par contre, d'autres jouets peuvent faire sortir un tube plastique de la poignée et produire de la lumière et du son, mais ce sont des collectors.

 

 

 

 Le sabre laser est l'arme des chevaliers combattant avec la Force, qu'ils soient du Côté Obscur ou du Côté Lumineux. La lame est un faisceau d'énergie pure, produit par généralement trois cristaux polis contenus dans le manche. Seuls les utilisateurs de la Force ont la compétence nécessaire pour l'utiliser. Tout autre utilisateur aurait autant de chances de se blesser que de blesser ses adversaires. 

I - La petite histoire du sabre laser



  Avant de devenir cette arme légendaire que nous connaissons, la naissance du sabre laser est un mystère. Certains pensent qu'il a été inventé par des techniciens proches des Jedi dans le but de soutenir un siège. D'autres affirment qu'il fut conçu sur  Ossus, planète où se trouvent les cristaux adegan, par des Maîtres Jedi. Toujours est-il que les premières conceptions du sabre laser remplacèrent les katanas Jedi vers l'an -15 500 et qu'elles étaient grossières. A l'époque de la Grande Guerre de l'Hyperespace, les Jedi utilisaient des armes nécessitant une batterie relativement lourde, portée sur le côté et rattachée à l'arme par un long cordon. Ce fut avec ces armes archaïques que l'Ordre affronta l'Empire Sith de Naga Sadow. De nombreux guerriers Massassis tombèrent sous ces lames énergétiques. 


  A l'époque d'Exar Kun et de Revan, les sabres laser avaient évolué. La grosse batterie encombrante qu'on portait sur le dos avait laissé sa place à une simple petite cellule intégrée directement dans le manche du sabre. C'est le sabre laser standard. Les Chevaliers de l'Ancienne République le maniaient avec beaucoup de dextérité. C'est également à cette époque que des variantes commencèrent à apparaître, comme le double lame qui fut créé au départ par le Seigneur Kun.

  Après la Guerre des Clones et la Grande Purge Jedi, voir un sabre laser était extrêmement rare. L'arme était devenue une relique, un symbole d'une autre époque. Durant les heures sombres de la Guerre Civile Galactique, une des seules lames qui brillait était celle du Seigneur Sith Dark Vador pour le compte de l'Empereur et de son Empire. Avec la résurrection de l'Ordre Jedi sous la tutelle de Luke Skywalker, le sabre laser retrouva ses lettres de noblesse. La fabrication d'une de ces armes à cette époque était difficile, à cause du manque d'informations causé par Dark Sidious. Mais, grâce aux savoirs laissés par quelques Jedi, comme Obi-Wan Kenobi avec son journal ou Nejaa Halcyon dont les connaissances ont été stockées par son meilleur ami Rostek Horn, des Jedi comme Skywalker et Corran Horn purent concevoir leur propre arme. De plus, le Nouvel Ordre put compter sur les centaines de sabres laser en état de marche que Maître Oodconserva pendant plus de 3000 ans. De plus, il est arrivé qu'une personne parvienne à construire un sabre Jedi sans aucun enseignement et autres, comme Jaden Korr. Plus tard, le sabre ne se cantonna plus uniquement aux Jedi et aux Sith, mais aussi aux Chevaliers Impériaux avec leur lame blanche

  Quelles que soient les différentes épreuves rencontrées par ces différents ordres, le sabre laser brillera toujours, pour le bonheur ou le malheur de la galaxie

II - Conception du sabre laser 


  De nombreuses personnes dans la galaxie pensent qu'un Jedi alimente son arme avec la Force. Cette rumeur est à moitié fausse car, en manipulant la Force avec adresse pour fabriquer son bien, le Jedi lie les composants de son sabre qui devient alors plus qu'un banal assemblage électronique.La confection d'un sabre laser n'est pas si complexe pour un Jedi (ou un Sith) car il est dans un état de méditation pour assembler les pièces. Chaque sabre laser est aussi différent que le Jedi qui le brandit. Malgré ses différences extérieures à chaque arme, le mécanisme est le même pour tous. 

  Différentes pièces sont nécessaires, dont quatre fondamentales : une cellule d'énergie, une lentille, un émetteur de lame et un cristal. La cellule d'énergie est, comme son nom l'indique, une cellule qui fournit l'énergie pour que le sabre fonctionne. La lentille permet de réduire le rayon à sa longueur standard d'un mètre. L'émetteur de lame est le disque lisse, sur la garde, qui permet de projeter la lame. Enfin, le cristal sert à la production et à la couleur de cette lame. A ajouter à ces éléments, une poignée, un port d'alimentation (ou de chargement), un stabilisateur de flux et des boutons (touches, interrupteurs...). Avec toutes ces pièces, le Jedi est en mesure de commencer la construction de son bien le plus précieux. 

  En général, il faut au Jedi environ un mois pour arriver à ses fins. Mais, durant la Guerre des Clones, les Maîtres Jedi avaient trouvé une technique qui permettait de passer de 30 jours à 2. Même si cela paraît aberrant, voire utopique de réduire ainsi le temps de fabrication, cela n'est pas impossible pour un Jedi. Par exemple, Corran Horn, un novice dans les voix de la Force, en est la preuve vivante quand il conçut ainsi son sabre, avec en guise de poignée le tubulure du guidon d'une moto-jet. 

  Donc, une fois le matériel réuni, le Jedi peut se lancer dans la conception de son sabre laser. Il installe le bouton d'activation et les barrettes de connexion au circuit dimetris, circuit qui permet de moduler l'énergie. Le tout est ensuite enveloppé d'une bande isolante (pour éviter des fuites d'énergie) et introduit dans une poignée de 25 à 30 cm (taille standard). Puis, le Jedi place la lentille et le cristal qui donnera la couleur de la lame. Le cristal se trouve dans une chambre d'énergie. Dans celle-ci, le Jedi peut aussi ajouter jusqu'à deux cristaux, alignés avec celui qui donne la couleur. Cette partie se situe au centre du manche. Au niveau de la jonction entre la poignée et la lame, il installe l'émetteur avec sa précieuse matrice. Finalement, il loge la cellule d'énergie à l'opposé de l'émetteur, tout en la branchant au conducteur du champ d'énergie, aux bobines supraconductrices et au port de chargement pour charger le sabre laser. L'arme est alors prête à fonctionner. Cependant, si les différents pièces sont mal installées, le sabre explose, emportant avec lui la personne qui l'a activé. Mais il est très rare de voir ce cas de figure, et le sabre laser fonctionne pour sa première activation toujours bien. 

  Voici la coupe d'un sabre laser (celui d'Anakin Skywalker). On remarquera que quelques éléments ne sont pas visibles, comme la lentille ou les bobines supraconductrices: 

Sabre Laser



  Quand le Jedi appuie sur le bouton d'activation, l'énergie de la cellule se propage dans la chambre du cristal (ou des cristaux) qui donne ses particularités au faisceau. Cette énergie est ensuite canalisée dans une matrice et passe par la lentille (au centre du manche) qui est chargée positivement, avant de repasser dans une ouverture à la charge négative grâce à un canaliseur de flux à haute capacité. Enfin, les supraconducteurs jouent leur double rôle : le premier qui consiste à transférer l'énergie du canaliseur de flux à la cellule d'énergie, et le deuxième qui est justement d'empêcher toute fuite d'énergie. Si fuite il y avait, cela se traduirait par une lame qui dégage de la chaleur. Les bobines supraconductrices font du sabre laser une arme auto-rechargeable. Le résultat est une lame créée par un faisceau stable d'environ un mètre. A l'allumage, la lame produit un effet gyroscopique, rendant sa manipulation par une personne non-Jedi très dangereuse. Le sabre laser ne perd de l'énergie que s'il tranche de la matière, que ce soit du métal ou des êtres organiques, par exemple. Lorsque deux lames laser se croisent, contrairement à beaucoup d'idées reçues, l'arme ne perd pas d'énergie. Une lame ne peut pas en couper une autre (sauf pour les lames Sith vues plus bas). 


2. Modification



  Chaque sabre laser a ses propres caractéristiques. La plupart du temps, le Jedi modifie son sabre au cours de son existence, afin d'améliorer son efficacité en même temps que ses capacités et sa maîtrise de la Force. Voici quelques-uns des éléments qui peuvent être modifiés 

a. Les cristaux 

  Les cristaux qui donnent la couleur aux lames se trouvent sur certaines planètes, comme Ossus, ilum ou Dantooine. On les appelle généralement cristaux adegan ou encore cristaux ilum. Ces joyaux furent découverts il y a bien longtemps par les habitants d'une ancienne place forte Jedi. Ils permettent de concentrer l'énergie brute en un rayon, ce qui en fait le composant essentiel.   
Dans l'Ordre Jedi, les lames sont souvent de couleurs bleue ou verte. Chez les Sith, la couleur qui prédomine est le rouge et pour les Chevaliers Impériaux, toutes leurs lames sont blanches. Mais ces cristaux ne sont pas les seuls à donner une lame de sabre laser, comme le découvrit Anakin Solo avec les gemmes lambents des Yuuzhan Vong.  En plus du cristal qui donne la teinte, les sabres laser peuvent contenir deux autres cristaux. Ces derniers peuvent modifier des choses simples, comme l'intensité et la longueur de la lame. Ces options s'accompagnent toujours de boutons qui règlent ces deux paramètres. 

Sabre Laser



De gauche à droite: blanc, bleu, cyan, orange, jaune, rouge, vert, violet, viridien.



b. Les cellules d'énergie 

  Un sabre laser contient généralement une cellule d'énergie qui permet d'alimenter la lame. Certains en ont deux, la deuxième permettant de remplacer la première si celle-ci est totalement déchargée. De rares Jedi, comme Qui-Gon Jinn, en mettent plusieurs afin de palier entièrement le problème de l'alimentation énergétique. Comme on peut s'y attendre, il existe toutes sortes de cellules. Toutes ont pour but d'augmenter la quantité d'énergie émise par le sabre laser, ce qui pemet à un utilisateur expérimenté de porter des attaques plus puissantes. Pour les cellules présentées ci-dessous, il faut savoir qu'il en existe des améliorations: 

Sabre Laser  Cellule d'énergie à décharge 



Sabre Laser  Cellule d'énergie au diatum 



Sabre LaserCellule d'énergie à ions : Cette cellule est idéale contre les droïdes de   
combat
 car elle surcharge leurs systèmes électroniques 



Sabre LaserCellule d'énergie de Telgorn T1 



c. Les émetteurs 

Sabre Laser  Emetteur de parade : Cet émetteur a été fait dans le but de mieux parer les tirs de blasters



Sabre Laser  Emetteur de parade : Celui-ci, à la différence du précédent, a été optimisé pour les combats au corps à corps. 



Sabre Laser  Emetteur de désordre nerveux: Cet émetteur projète un rayon qui perturbe le système nerveux de la victime a   
chaque contact. 



Sabre Laser  Emetteur de Phobium : Créé pour les duellistes très agressifs, cet émetteur est plus lourd et moins maniable qu'un émetteur de désordre nerveux. Il perturbe d'avantage le système nerveux de l'adversaire au contact. 




d. Les lentilles 

Sabre Laser  Lentille de Kunda : Principalement, la pierre de Kunda est utilisée dans les domaines de la médecine et des communications. Cependant, elle convient parfaitement pour être combinée avec une lentille classique afin de produire une lame plus large. La pierre de Kunda peut être utilisée de manière synthétique et pure, la deuxième donnant des effets plus puissants que la première. 



Sabre Laser  Lentille de duel d'Ossus : Même si Ossus était connu pour sa bibliothèque, c'était aussi un lieu d'entraînement. Malgré la catastrophe de la supernova de Cron, on trouvait ce type d'équipement dans l'enclave. La lentille de duel était destinée à produire une lame de sabre laser qui puisse être maniée dans des situations où un contrôle total de la lame est requis. 



Sabre LaserLentille de Dragite : Le dragite est généralement utilisée comme cristal de focalisation, mais il peut aussi servir de lentille à un sabre laser. 



Sabre Laser  Lentille d'Adegan : Tout comme pour le dragite, l'adegan peut à la fois servir de focalisateur de rayon et de lentille de sabre laser. 



Sabre Laser  Lentille de Pontite:  Le pontite sert, lui aussi, de cristal focalisateur et de lentille de sabre laser. 



Sabre Laser  Lentille de Byrhotse : Au départ, le byrhotse servait essentiellement à créer des lentilles de caméra infra- 
rouge. On l'utilise maintenant aussi dans d'autres domaines, dont celui des lentilles de sabres laser. Il peut être également utilisé de manière pur, ce qui augmente les dégâts qu'elle peut produire. 



Sabre Laser  Lentille de gemme à rayon : La gemme à rayon est souvent utilisée dans la fabrication d'ordinateurs optiques,   
comme ceux de navigation. Il n'est donc pas surprenant qu'elle serve aussi à créer une lame de sabre laser extêmement concentrée. 



Sabre Laser  Lentille vibratoire : Cette lentille vibre très rapidement, ce qui donne une lame moins stable, mais plus meurtrière.



e. Autres modifications 

  Outre les parties vues précedemment, la sabre laser peut se métamorphoser en différentes variantes, tant aux niveaux de la forme que de la lame. La plupart du temps, quand un Jedi applique ce genre de modifications, c'est pour que son arme corresponde à son style de combat : 

  Sabre laser incurvé : Ce sabre est particulier à la Forme IIDooku, maître de cette forme, modifia son arme de telle sorte qu'elle lui permit d'en obtenir un contrôle parfait. De même,Komari Vosa et Asajj Ventress ont utilisé des sabres de ce style. 







  Petit sabre laser : On utilise généralement ces petits sabres laser dans la main non-directrice quand le Jedi se bat à deux armes, ce qui en fait une arme parfaitement équilibrée. Ainsi, l'Ordre connut son nombre de Jedi qui se battait avec deux armes : Kavar et Sora Bulq, par exemple. Elle sert alors de dague ou de sabre d'appoint. Cependant, d'autres personnes maniaient ce sabre laser seul, comme Yuthura Ban ou encore Freedon Nadd. D'autres encore utilisent ce type de sabre laser à cause de leur petite taille, comme Yoda




  Double sabre laser : Extrêmement rare, cette arme est le plus souvent associée aux Jedi attirés par le Côté Obscur de la Force car elle fut créée à l'origine par Exar Kun, un ancien Jedi devenu Seigneur Sith. Par la suite, d'autres Sith utilisèrent ce sabre pour affronter les Jedi, comme Dark Bandon ou Dark Maul. Cela dit, cette arme ne se cantonne pas aux adeptes du Côté Obscur, des Jedi la maniant aussi pendant l'Ancienne et la Nouvelle République (par exemple Bastila Shan ou Zez-Kai Ell



  Sabre laser fourché : Cette arme est en fait un sabre laser simple, avec, sur le manche est un deuxième émetteur d'où surgit une lame plus petite, perpendiculairement à la principale. Le Maître Jedi Roblio Darté s'en était fabriqué un. Il l'utilisa lors de son ultime duel face à Dark Vador, sur Kessel






  Fouet laser : Le fouet laser est un sabre laser très spécial. En fait, il s'agit d'un fouet, dont la poignée est celle d'un sabre laser. La lame se crée sur la ou les lannières. Son maniement est encore plus difficile que pour un double lame. Durant les événements de la Guerre des Clones, pour sa mission sur Ord Cestus, Obi-Wan Kenobi en fabriqua un pour Kit Fisto. Plus tard, le fouet laser devint l'arme de prédilection de Lumiya, élève de Dark Vador. 





  Grand sabre laser : Ceci n'est qu'un simple sabre laser dont la lame est nettement plus grande que pour les modèles standard et ce, pour s'adapter à la personne qui le manie, personne généralement très grande. Dark Malak ou encore Desann utilisèrent leur grand sabre laser pour affronter respectivement Revan et Kyle Katarn





  Canne laser : Cette arme était celle du Maître Jedi Zao. Elle se composait d'un long morceau de bois droit, auquel étaient incorporées les éléments d'un sabre laser. 




Tonfa-laser : Ce sabre laser a la forme d'un tonfa. La lame surgit par le bas, le potentiel de cette arme est difficile à exploiter, mais avec de l'entraînement et l'aide de la Force, elle devient une arme redoutable. Maris Brood, qui survécut à l'Ordre 66 de Sidious, en avait deux à lames vertes. 



III - Us et coutumes 



1. Rapport Jedi-sabre laser 



  Le sabre laser est plus qu'une arme. C'est le symbole du Jedi, son reflet. Lorsque son niveau est suffisant, le jeune Padawan se construit sa propre arme. La plupart du temps, une tradition veut que le sabre du Padawan se base sur celui de son Maître, non seulement par respect pour lui, mais aussi en hommage aux leçons et aux enseignements de celui-ci. Par la suite, l'arme se transforme ou est remplacée par un autre car le sabre laser évolue en même temps que le Jedi qui le brandit. Il y a un lien inaltérable qui unit le Jedi à son sabre. Quand il le fabrique et le configure seul, il utilise la Force pour unifier les composants (ce qui fait aussi qu'aucune entreprise n'a tenté de se lancer dans la production d'un sabre laser). Le Maître Jedi Luminara Unduli trouva les bons mots pour qualifier cette union entre le Jedi et son bien le plus précieux : 

"Le cristal est le coeur de la lame. 
Le coeur est le cristal du Jedi. 
Le Jedi est le cristal de la Force. 
La Force est la lame du coeur. 
Tous sont mêlés. 
Le cristal, la lame, le Jedi 
Vous êtes un."
 

  Une autre tradition s'appelle la Concordance de Féauté. Celle-ci consiste à échanger son sabre laser avec celui d'un autre Jedi afin de montrer l'amitié et le respect entre les deux Jedi. Pour l'exemple, Mace Windu et Eeth Koth le pratiquèrent quelques temps après la Bataille de Naboo

  Les couleurs qui prédominent dans l'Ordre sont le bleu et le vert. Pour les Jedi de l'Ancienne République, chaque couleur était associée à une sorte de caste Jedi. Le bleu était la couleur des Gardiens Jedi qui se focalisaient sur le combat. Le jaune était celle des Jedi Sentinelles qui utilisaient d'autres dons que ceux pour le combat. Enfin, le vert était associé aux Consulaires Jedi qui se basaient sur la maîtrise et la compréhension de la Force. Cela dit, un Jedi possédant un autre cristal pouvait changer sa couleur. Ainsi, on pouvait voir des lames violettes et même des lames rouges dans leur rang. Adi Gallia avait, à un moment donné, un sabre laser à lame rouge et Mace Windu une lame violette. Ce n'est pas la lame qui fait le Jedi, c'est la manière dont il l'utilise.


2. Sabre laser Sith 



  Dark Sidious avait dit à Dark Vador qui construisait son sabre : "Les Sith n'ont plus besoin de sabres laser. Mais nous continuons à en utiliser, ne serait-ce que pour humilier les Jedi." Les Seigneurs Sith se considérent comme étant supérieurs aux Jedi, de par leur maîtrise de la Force. Et ils poussent leur haine des Jedi jusqu'à inventer des variantes diaboliques de leurs armes. En totale contradiction avec leurs homologues du Bien, les Sith n'emploient jamais d'éléments naturels dans leurs sabres laser, montrant leur manque de respect envers la nature et la Force. C'est le cas du cristal qui donne la couleur rouge à la lame. Pour synthétiser ces cristaux supérieurs, les Sith utilisent des fourneaux spéciaux et des secrets qui ne se trouvent que dans de vieux holocrons. Ainsi, avec l'aide de la puissance du Côté Obscur, ils magnétisent et changent la structure moléculaire des matériaux. Cela donne un cristal instable, déconseillé par les Jedi mais qui, une fois intégré à l'arme, donne un rayon très puissant qui fait trembler de peur l'ennemi. Le faisceau rouge peut "couper" la lame adverse en provoquant des courts circuits dans le sabre laser Jedi. 

Sabre Laser



  Par ailleurs, même si généralement, le rouge est la couleur des Sith, d'autres serviteurs du mal ont employé différentes couleurs, comme Exar Kun et ses lames bleues ou encore Dark Bane et son sabre violet.

 

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06 avril 2014

le principe anarchiste......

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A ses débuts, l’Anarchie se présenta comme une simple négation. Négation de l’État et de l’accumulation personnelle du Capital. Négation de toute espèce d’autorité. Négation encore des formes établies de la Société, basées sur l’injustice, l’égoïsme absurde et l’oppression, ainsi que de la morale courante, dérivée du Code romain, adopté et sanctifié par l’Église chrétienne. C’est sur cette lutte, engagée contre l’autorité, née au sein même de l’Internationale, que le parti anarchiste se constitua comme parti révolutionnaire distinct.

Il est évident que des esprits aussi profonds que Godwin, Proudhon et Bakounine, ne pouvaient se borner à une simple négation. L’affirmation - la conception d’une société libre, sans autorité, marchant à la conquête du bien-être matériel, intellectuel et moral - suivait de près la négation ; elle en faisait la contrepartie. Dans les écrits de Bakounine, aussi bien que dans ceux de Proudhon, et aussi de Stirner, on trouve des aperçus profonds sur les fondements historiques de l’idée anti-autoritaire, la part qu’elle a joué dans l’histoire, et celle qu’elle est appelée à jouer dans le développement futur de l’humanité.

« Point d’État », ou « point d’autorité », malgré sa forme négative, avait un sens profond affirmatif dans leurs bouches. C’était un principe philosophique et pratique en même temps, qui signifiait que tout l’ensemble de la vie des sociétés, tout, - depuis les rapports quotidiens entre individus jusqu’aux grands rapports des races par-dessus les Océans, - pouvait et devait être réformé, et serait nécessairement réformé, tôt ou tard, selon les principes de l’anarchie - la liberté pleine et entière de l’individu, les groupements naturels et temporaires, la solidarité, passée à l’état d’habitude sociale.

Voilà pourquoi l’idée anarchiste apparut du coup grande, rayonnante, capable d’entraîner et d’enflammer les meilleurs esprits de l’époque.

Disons le mot, elle était philosophique.

Aujourd’hui on rit de la philosophie. On n’en riait cependant pas du temps du Dictionnaire philosophique de Voltaire, qui, en mettant la philosophie à la portée de tout le monde et en invitant tout le monde à acquérir des notions générales de toutes choses, faisait une œuvre révolutionnaire, dont on retrouve les traces, et dans le soulèvement des campagnes, et dans les grandes villes de 1793, et dans l’entrain passionné des volontaires de la Révolution. A cette époque là, les affameurs redoutaient la philosophie.

Mais les curés et les gens d’affaires, aidés des philosophes universitaires allemands, au jargon incompréhensible, ont parfaitement réussi à rendre la philosophie inutile, sinon ridicule. Les curés et leurs adeptes ont tant dit que la philosophie c’est de la bêtise, que les athées ont fini par y croire. Et les affairistes bourgeois, - les opportunards blancs, bleus et rouges - ont tant ri du philosophe que les hommes sincères s’y sont laissé prendre. Quel tripoteur de la Bourse, quel Thiers, quel Napoléon, quel Gambetta ne l’ont-ils pas répété, pour mieux faire leurs affaires ! Aussi, la philosophie est passablement en mépris aujourd’hui.

Eh bien, quoi qu’en disent les curés, les gens d’affaires et ceux qui répètent ce qu’ils ont appris, l’Anarchie fut comprise par ses fondateurs comme une grande idée philosophique. Elle est, en effet, plus qu’un simple mobile de telle ou telle autre action. Elle est un grand principe philosophique. Elle est une vue d’ensemble qui résulte de la compréhension vraie des faits sociaux, du passé historique de l’humanité, des vraies causes du progrès ancien et moderne. Une conception que l’on ne peut accepter sans sentir se modifier toutes nos appréciations, grandes ou petites, des grands phénomènes sociaux, comme des petits rapports entre nous tous dans notre vie quotidienne.

Elle est un principe de lutte de tous les jours. Et si elle est un principe puissant dans cette lutte, c’est qu’elle résume les aspirations profondes des masses, un principe, faussé par la science étatiste et foulé aux pieds par les oppresseurs, mais toujours vivant et actif, toujours créant le progrès, malgré et contre tous les oppresseurs.

Elle exprime une idée qui, de tout temps, depuis qu’il y a des sociétés, a cherché à modifier les rapports mutuels, et un jour les transformera, depuis ceux qui s’établissent entre hommes renfermés dans la même habitation, jusqu’à ceux qui pensent s’établir en groupements internationaux.

Un principe, enfin, qui demande la reconstruction entière de toute la science, physique, naturelle et sociale.

Ce côté positif, reconstructeur de l’Anarchie n’a cessé de se développer. Et aujourd’hui, l’Anarchie a à porter sur ses épaules un fardeau autrement grand que celui qui se présentait à ses débuts.

Ce n’est plus une simple lutte contre des camarades d’atelier qui se sont arrogé une autorité quelconque dans un groupement ouvrier. Ce n’est plus une simple lutte contre des chefs que l’on s’était donné autrefois, ni même une simple lutte contre un patron, un juge ou un gendarme.

C’est tout cela, sans doute, car sans la lutte de tous les jours - à quoi bon s’appeler révolutionnaire ? L’idée et l’action sont inséparables, si l’idée a en prise sur l’individu ; et sans action, l’idée même s’étiole.

Mais c’est encore bien plus que cela. C’est la lutte entre deux grands principes qui, de tout temps, se sont trouvés aux prises dans la Société, le principe de liberté et celui de coercition : deux principes, qui en ce moment-même, vont de nouveau engager une lutte suprême, pour arriver nécessairement à un nouveau triomphe du principe libertaire.

Regardez autour de vous. Qu’en est-il resté de tous les partis qui se sont annoncés autrefois comme partis éminemment révolutionnaires ? - deux partis seulement sont seuls en présence : le parti de la coercition et le parti de la liberté ; Les Anarchistes, et, contre eux, - tous les autres partis, quelle qu’en soit l’étiquette.

C’est que contre tous ces partis, les anarchistes sont seuls à défendre en son entier le principe de la liberté. Tous les autres se targuent de rendre l’humanité heureuse en changeant, ou en adoucissant la forme du fouet. S’ils crient « à bas la corde de chanvre du gibet », c’est pour la remplacer par le cordon de soie, appliqué sur le dos. Sans fouet, sans coercition, d’une sorte ou d’une autre, - sans le fouet du salaire ou de la faim, sans celui du juge ou du gendarme, sans celui de la punition sous une forme ou sur une autre, - ils ne peuvent concevoir la société. Seuls, nous osons affirmer que punition, gendarme, juge, faim et salaire n’ont jamais été, et ne seront jamais un élément de progrès ; et que sous un régime qui reconnaît ces instruments de coercition, si progrès il y a, le progrès est acquis contre ces instruments, et non pas par eux.

Voilà la lutte que nous engageons. Et quel jeune cœur honnête ne battra-t-il pas à l’idée que lui aussi peut venir prendre part à cette lutte, et revendiquer contre toutes les minorités d’oppresseurs la plus belle part de l’homme, celle qui a fait tous les progrès qui nous entourent et qui, malgré dela, pour cela même fut toujours foulée aux pieds !

Mais ce n’est pas tout.

Depuis que la divison entre le parti de la liberté et le parti de la coercition devient de plus en plus prononcée, celui-ci se cramponne de plus en plus aux formes mourantes du passé.

Il sait qu’il a devant lui un principe puissant, capable de donner une force irrésistible à la révolution, si un jour il est bien compris par les masses. Et il travaille à s’emparer de chacun des courants qui forment ensemble le grand courant révolutionnaire. Il met la main sur la pensée communaliste qui s’annonce en France et en Angleterre. Il cherche à s’emparer de la révolte ouvrière contre le patronat qui se produit dans le monde entier.

Et, au lieu de trouver dans les socialistes moins avancés que nous des auxilliaires, nous trouvons en eux, dans ces deux directions, un adversaire adroit, s’appuyant sur toute la force des préjugés acquis, qui fait dévier le socialisme dans des voies de traverse et finira par effacer jusqu’au sens socialiste du mouvement ouvrier, si les travailleurs ne s’en aperçoivent à temps et n’abandonnent pas leurs chefs d’opinion actuels.

L’anarchiste se voit ainsi forcé de travailler sans relâche et sans perte de temps dans toutes ces directions.

Il doit faire ressortir la partie grande, philosophique du principe de l’Anarchie. Il doit l’appliquer à la science, car par cela, il aidera à remodeler les idées : il entamera les mensonges de l’histoire, de l’économie sociale, de la philosophie, et il aidera à ceux qui le font déjà, souvent inconsciemment, par amour de la vérité scientifique, à imposer le cachet anarchiste à la pensée du siècle.

Il a à soutenir la lutte et l’agitation de tous les jours contre oppresseurs et préjugés, à maintenir l’esprit de révolte partout où l’homme se sent opprimé et possède le courage de se révolter.

Il a à déjouer les savantes machinations de tous les partis, jadis alliés, mais aujourd’hui hostiles, qui travaillent à faire dévier dans des voies autoritaires, les mouvements nés comme révolte contre l’oppression du Capital et de l’État.

Et enfin, dans toutes ces directions il a à trouver, à deviner par la pratique même de la vie, les formes nouvelles que les groupements, soit de métier, soit territoriaux et locaux, pourront prendre dans une société libre, affranchie de l’autorité des gouvernements et des affameurs.

La grandeur de la tâche à accomplir n’est-elle pas la meilleure inspiration pour l’homme qui se sent la force de lutter ? N’est-elle pas aussi le meilleur moyen pour apprécier chaque fait séparé qui se produit dans le courant de la grande lutte que nous avons à soutenir ?


Biographie

Pierre Kropotkine est issu de l’une des plus vieilles familles de la noblesse russe. Sa mère est une femme douce et aimée de tous pour sa grande bonté. Elle est très estimée des serviteurs et fut un modèle pour ses fils en ce qui concerne la tolérance, le respect d’autrui et l’intérêt pour les choses intellectuelles.

De l’âge de 15 ans, et durant cinq ans, il sera l’hôte de l’école des Pages. Il en sortira sergent, place enviée parce que le sergent devenait le page de chambre personnel de l’empereur. Cette place laissait prévoir une ascension rapide et sûre au sein de la cour. Kropotkine vécut donc au côté d’Alexandre II et put se faire une idée précise de ce qui se passait dans son entourage. Cela ne fit que confirmer ses impressions et le dégoûta à jamais de la vie de courtisan. En 1860, Pierre Kropotkine édite sa première publication révolutionnaire. Celleci est manuscrite et destinée à trois de ses camarades : « A cet âge, que pouvais-je être, si ce n’est constitutionnel ? Et mon journal montrait la nécessité d’une constitution pour la Russie ».

Nommé officier, il est le seul à choisir un régiment peu connu et loin de la capitale. Il part donc pour la Sibérie comme aide de camp du général Koukel. Cet homme, aux idées radicales, avait dans sa bibliothèque les meilleures revues russes et les collections complètes des publications révolutionnaires londoniennes de Herzen. En outre, il avait connu Bakounine pendant son exil et put raconter à Kropotkine bon nombre de détails sur sa vie. Sa première expédition importante est la traversée de la Mandchourie, à la recherche d’une route reliant la Transbaïkalie aux colonies russes sur l’Amour. L’année suivante il entreprend un long voyage pour trouver un accès de communication directe entre les mines d’or de la province de Yakoutsk et la Transbaïkalie. Cette découverte, dont Kropotkine n’hésite pas à dire qu’elle est sa principale contribution scientifique, est bientôt suivie par la théorie de la glaciation et de la dessiccation.

Ayant quitté l’armée, il entre à l’université de Saint-Pétersbourg à l’automne 1867. Pendant cinq ans, son temps est entièrement absorbé par les études et les recherches scientifiques. A la mort de son père, il décide de se rendre en Europe occidentale.

L’Association internationale des travailleurs (AIT), dont il avait déjà entendu parler, l’attire. Arrivé à Zurich, il adhère à une section de l’Internationale, puis se rend dans le jura où l’activité libertaire est intense. A Neuchâtel, il rencontre James Guillaume qui deviendra l’un de ses meilleurs amis. A Sonvilliers, il se lie d’amitié avec Adhémar Schwitzguebel. Ces différents contacts le marqueront, ainsi que le comportement des ouvriers jurassiens pour lesquels il a une grande admiration.

De retour en Russie, Kropotkine devient un propagandiste infatigable et, durant deux ans, il parcourt les quartiers populaires de Saint-Pétersbourg déguisé en paysan, sous le nom de Borodine. Il est arrêté en 1874 et conduit à la forteresse Pierre et Paul, il s’en évade grâce à l’aide de sa soeur et se réfugie en Angleterre. Le désir d’agir sur les événements pousse Kropotkine à retourner en Suisse.

En décembre 1876, il séjourne à Neuchâtel où il rencontre Malatesta et Cafiero qui projettent pour l’année suivante une insurrection en Italie. Il s’installe dans le jura et commence pour lui une période d’activités intenses. Il se rend partout où c’est nécessaire, à Verviers (en Belgique), à Genève, à Vevey où il rencontre Élisée Reclus. En juin 1877, Kropotkine et Paul Brousse fondent l’Avant-garde, journal international, pour effectuer une propagande vers la France. A l’automne 1877, il participe au congrès de Verviers qui sera le dernier congrès international de la tendance bakounienne. Après un bref séjour à Genève, il part pour l’Espagne où il est émerveillé par l’implantation de l’anarchisme. C’est au retour de ce voyage qu’il fait la connaissance de Sophie Ananief, avec laquelle il passera le restant de ses jours.

En 1879, Kropotkine édite un journal pour la Fédération jurassienne. C’est ainsi que naît le Révolté qui prendra en 1887 le nom de la Révolte et, pour finir, s’intitulera les Temps nouveaux en 1895. En 1880, il se rend à Clarens pour rejoindre Élisée Reclus qui lui demande de collaborer, pour la partie russe, à son gigantesque ouvrage, la Géographie universelle. C’est là aussi qu’il écrit la célèbre brochure Aux jeunes gens. A son retour, il est expulsé de Suisse à cause de l’assassinant d’Alexandre II.

En 1882, il se rend en France où il est arrêté avec soixante autres anarchistes. Kropotkine et trois de ses compagnons sont condamnés à cinq ans de prison, les autres inculpés à des peines d’un à quatre ans. Pendant ces années d’enfermement, Kropotkine donne à ses compagnons des cours de cosmographie, de géométrie, de physique… et presque tous apprennent une langue étrangère.

Ne pouvant rester en France, le couple décide de séjourner à Londres. Ils ne savent pas alors qu’ils resteront pendant trente ans en Angleterre où le mouvement anarchiste anglais n’a cessé de prendre de l’ampleur. Mme Charlotte Wilson, membre de la société Fabienne, devient peu à peu une disciple de Kropotkine. En 1885, Henry Seymour lance le journal individualiste The anarchist. Dans l’Est End à Londres, les juifs anarchistes font paraître à la même époque un journal en Yiddish (L’ami des travailleurs). Le groupe Freedom, tout nouvellement créé, composé de Kropotkine et de sa femme, de Mme Wilson, du Docteur Burns Gibson et d’un ou de deux autres compagnons, lance en octobre le premier numéro deFreedomLa morale anarchiste paraît en 1890, suivi deux ans plus tard de la Conquête du Pain. Après une série de conférences, au Canada, sur les dépôts glaciaires en Finlande et sur la théorie de la structure de l’Asie, il se rend aux États-Unis où ils fait des meetings sur l’anarchisme. Grâce à l’argent collecté au cours de deux meetings à New-York, John Edelman peut faire paraître le premier journal anarchiste communiste en langue anglaise au États-Unis.

En 1905, la première révolution en Russie l’enthousiasme, il participe à Londres à deux réunions organisées sur ce sujet. En 1911, il écrit pour le nouveau journal des exilés russesRabotni Mir qui deviendra en 1913 l’organe de la Fédération communiste anarchiste. Jean Grave lui rend visite en 1916 et les deux hommes discutent de leur position commune à propos de la guerre. Ils décident de rédiger un texte qui prend le nom de : Manifeste des seize. En mai 1917, Kropotkine prend la décision de revenir en Russie. Il s’embarque donc et partout où il passe malgré les précautions pour voyager incognito, il est chaleureusement accueilli. Il refuse outré, le ministère que lui propose Kerenski et, quand Lénine est maître de la situation, il réitère son refus de participer à tout gouvernement. Il ne cesse de dénoncer la dictature qui s’instaure et en but à des tracasseries de la part des bolcheviques, il meurt à Dimitrov entouré de ses plus fidèles amis. Son enterrement sera la dernière grande manifestation libre en URSS.

Didier Roy (revue Itinéraire)

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06 juillet 2013

pensées de flaubert

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Qu’est-ce que le beau, sinon l’impossible.

Faire sa fortune et vivre pour soi, c’est-à-dire rétrécir son cœur entre sa boutique et sa digestion.

Je suis parvenu à avoir la ferme conviction que la vanité est la base de tout, et enfin que ce qu’on appelle conscience n’est que la vanité intérieure.

L’avenir est ce qu’il y a de pire dans le présent. 

En littérature comme en gastronomie, il est certains fruits qu’on mange à pleine bouche, dont on a le gosier plein, et si succulents que le jus pénètre jusqu’au cœur.

Il ne faut pas regarder le gouffre, car il y a au fond un charme inexprimable qui nous attire.

La femme est un animal vulgaire dont l’homme s’est fait un trop bel idéal.

J’aime mieux un livre que le billard, mieux une bibliothèque qu’un café, c’est une gourmandise, qui ne fait jamais vomir.

Un cœur est une richesse qui ne se vend pas, qui ne s’achète pas, mais qui se donne.

L’existence, après tout, n’est-elle pas comme le lièvre quelque chose de cursif qui fait un bond dans la plaine, qui sort d’un bois plein de ténèbres pour se jeter dans une marnière, dans un grand trou creux ?

Il ne faut pas demander des oranges aux pommiers, du soleil à la France, de l’amour à la femme, du bonheur à la vie.

La justice humaine est d’ailleurs pour moi ce qu’il y a de plus bouffon au monde ; un homme en jugeant un autre est un spectacle qui me ferait crever de rire s’il ne me faisait pitié, et si je n’étais forcé d’étudier maintenant la série d’absurdités en vertu de quoi il le juge.

C’est une belle chose qu’un souvenir, c’est presque un désir qu’on regrette.

Pour qu’on se plaise quelque part il faut qu’on y vive depuis longtemps. Ce n’est pas en un jour qu’on échauffe son nid et qu’on s’y trouve bien.

J’ai bien une sérénité profonde, mais tout me trouble à la surface ; il est plus facile de commander à son cœur qu’à son visage. 

Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions ; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même. Ce sont du reste deux mots d’une riche ineptie.

Quand on a quelque valeur, chercher le succès c’est se gâter à plaisir, et chercher la gloire c’est peut-être se perdre complètement.

Tout est là : l’amour de l’Art.

L’Art comme une étoile, voit la terre rouler sans s’en émouvoir, scintillant dans son azur ; le beau ne se détache pas du ciel.

Il faut lire, méditer beaucoup, toujours penser au style et écrire le moins qu’on peut, uniquement pour calmer l’irritation de l’idée qui demande à prendre une forme et qui se retourne en nous jusqu’à ce que nous lui en ayons trouvé une exacte, précise. 

Nous sommes organisés pour le malheur. On s’évanouit dans la volupté, jamais dans la peine ; les larmes sont pour le cœur ce que l’eau est pour les poissons.

Je crois que le dogme d’une vie future a été inventé par la peur de la mort ou l’envie de lui rattraper quelque chose.

La félicité est un manteau de couleur rouge qui a une doublure en lambeaux ; quand on veut s’en recouvrir, tout part au vent, et l’on reste empêtré dans ces guenilles froides que l’on avait jugées si chaudes.

Enfin, je crois avoir compris une chose, une grande chose, c’est que le bonheur pour les gens de notre race est dans l’idée et pas ailleurs.

Le cœur humain ne s’élargit qu’avec un tranchant qui le déchire.

Le bonheur est une monstruosité ! punis sont ceux qui le cherchent. 

Prends garde seulement à la rêverie : c’est un bien vilain monstre qui attire et qui m’a déjà mangé bien des choses. C’est la sirène des âmes ; elle chante, elle appelle ; on y va et l’on n’en revient plus.

Oui, travaille, aime l’Art. De tous les mensonges, c’est encore le moins menteur.

Il n’y a en fait d’infini que le ciel qui le soit à cause de ses étoiles, la mer à cause de ses gouttes d’eau, et le cœur à cause de ses larmes.

Dans notre appétit de la vie, nous remangeons nos sensations d’autrefois, nous rêvons celles de l’avenir.

Qui sait si le coup de vent qui abat un toit ne dilate pas toute une forêt ? Pourquoi le volcan qui bouleverse une ville ne féconderait-il pas une province ? Voilà encore de notre orgueil : nous nous faisons le centre de la nature, le but de la création et sa raison suprême. Tout ce que nous voyons ne pas s’y conformer nous étonne, tout ce qui nous est opposé nous exaspère. 

Je comprends, tout comme un autre, ce qu’on peut éprouver à regarder son enfant dormir. Je n’aurais pas été mauvais père, mais à quoi bon faire sortir du néant ce qui y dort ? Faire venir un être, c’est faire venir un misérable.

Sans cesse l’antithèse se dresse devant mes yeux. Je n’ai jamais vu un enfant sans penser qu’il deviendrait vieillard, un berceau sans songer à une tombe. La contemplation d’une femme nue me fait rêver à son squelette. C’est ce qui fait que les spectacles joyeux me rendent triste et que les spectacles tristes m’affectent peu. Je pleure trop en dedans pour verser des larmes au dehors ; une lecture m’émeut plus qu’un malheur réel.

L’amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s’accroche.

L’amour, après tout, n’est qu’une curiosité supérieure, un appétit de l’inconnu qui vous pousse dans l’orage, poitrine ouverte et tête en avant. 

L’amour comme le reste n’est qu’une façon de voir et de sentir. C’est un point de vue un peu plus élevé, un peu plus large ; on y découvre des perspectives infinies et des horizons sans bornes.

Les femmes veulent qu’on les trompe, elles vous y forcent, et si vous résistez, elles vous accusent.

Quand on ne regarde la vérité que de profil ou de trois quarts, on la voit toujours mal. Il y a peu de gens qui savent la contempler de face.

Il ne faut pas toujours croire que le sentiment soit tout. Dans les arts, il n’est rien sans la forme.

Enfants, nous désirons vivre dans le pays des perroquets et des dattes confites. Nous nous élevons avec Byron ou Virgile, nous convoitons l’Orient dans nos jours de pluie ou bien nous désirons aller faire fortune aux Indes, ou exploiter la canne à sucre en Amérique. La Patrie, c’est la terre, c’est l’Univers, ce sont les étoiles, c’est l’air, c’est la pensée elle-même, c’est-à-dire l’infini dans notre poitrine, mais les querelles de peuple à peuple, de canton à arrondissement, d’homme à homme, m’intéressent peu et ne m’amusent que lorsque ça fait de grands tableaux avec des fonds rouges.

L’homme est une si triste machine qu’une paille mise dans le rouage suffit pour l’arrêter.

Le bonheur est un mensonge dont la recherche cause toutes les calamités de la vie. Mais il y a des paix sereines qui l’imitent et qui sont supérieures peut-être.

Le cœur de l’homme est encore plus variable que les saisons, tour à tour plus froid que l’hiver et plus brûlant que l’été. Si les fleurs ne renaissent pas, ses neiges reviennent souvent par bourrasques lamentables ; ça tombe ! ça tombe ! ça couvre tout de blancheur et de tristesse, et quand le dégel arrive, c’est encore plus sale. 

Un ami qui meurt, c’est quelque chose de vous qui meurt.

Misérables que nous sommes, nous avons, je crois, beaucoup de goût parce que nous sommes profondément historiques, que nous admettons tout et nous plaçons au point de vue de la chose pour la juger. Mais avons-nous autant d’innéité que de compréhensivité ? une originalité féroce est-elle compatible même avec tant de largeur ? Voilà mon doute sur l’esprit artistique de l’époque, c’est-à-dire du peu d’artistes qu’il y a. Du moins, si nous ne faisons rien de bon, aurons-nous, peut-être, préparé et amené une génération qui aura l’audace (je cherche un autre mot) de nos pères avec notre éclectisme à nous. Ça m’étonnerait : le monde va devenir bougrement bête. D’ici à longtemps ce sera bien ennuyeux.

Autant travailler pour soi seul. On fait comme on veut et d’après ses propres idées. On s’admire, on se fait plaisir à soi-même, n’est-ce pas le principal ? et puis le public est si bête ! et puis qui est-ce qui lit ? et que lit-on ? et qu’admire-t-on ? ah ! bonnes époques tranquilles, bonnes époques à perruques, vous viviez d’aplomb sur vos hauts talons et sur vos cannes ! mais le sol tremble sous nous.

Il y a une chose qui nous perd, une chose stupide qui nous entrave. C’est « le goût », le bon goût. Nous en avons trop, je veux dire que nous nous en inquiétons plus qu’il ne faut.

Pour qui voit les choses avec quelque attention, on retrouve encore bien plus qu’on ne trouve ; mille notions que l’on n’avait en soi qu’à l’état de germe s’agrandissent et se précisent, comme un souvenir renouvelé.

S’il suffisait d’avoir les nerfs sensibles pour être poète, je vaudrais mieux que Shakespeare et qu’Homère, lequel je me figure avoir été un homme peu nerveux, cette confusion est impie… la poésie n’est point une débilité de l’esprit, et ces susceptibilités nerveuses en sont une ; cette faculté de sentir outre mesure est une faiblesse… la passion ne fait pas les vers, et plus vous serez personnel, plus vous serez faible.

La critique est au dernier échelon de la littérature, comme forme presque toujours et, comme valeur morale, incontestablement elle passe après le bout-rimé et l’acrostiche, lesquels demandent au moins un travail d’invention quelconque.

Il faut faire de la critique comme on fait de l’histoire naturelle, avec absence d’idée morale, il ne s’agit pas de déclamer sur telle ou telle forme, mais bien d’exposer en quoi elle consiste, comment elle se rattache à une autre et par quoi elle vit (l’esthétique attend son Geoffroy Saint-Hilaire, ce grand homme qui a montré la légitimité des monstres). Quand on aura pendant quelque temps traité l’âme humaine avec l’impartialité que l’on met dans les sciences physiques à étudier la matière, on aura fait un pas immense ; c’est le seul moyen à l’humanité de se mettre un peu au-dessus d’elle-même. Elle se considérera alors franchement, purement dans le miroir de ses œuvres, elle sera comme Dieu, elle se jugera d’en haut.

Il est de certaines fonctions où l’on est presque forcé de prendre une femme comme il y a certaines fortunes où il serait honteux de ne pas avoir d’équipage.

On apprend aux femmes à mentir d’une façon infâme. L’apprentissage dure toute leur vie depuis la première femme de chambre qu’on leur donne jusqu’au dernier amant qui leur survient, chacun s’ingère à les rendre canailles et après on crie contre elles ; le puritanisme, la bégueulerie, la bigoterie, le système du renfermé, de l’étroit, a dénaturé et perd dans sa fleur les plus charmantes créations du bon Dieu. J’ai peur du corset moral, voilà tout. Les premières impressions ne s’effacent pas… Nous portons en nous notre passé ; pendant toute notre vie, nous nous sentons de la nourrice.

Il est toujours triste de partir d’un lieu où l’on sait que l’on ne reviendra jamais. Voilà de ces mélancolies qui sont peut-être une des choses les plus profitables des voyages.

Le seul moyen de n’être pas malheureux c’est de s’enfermer dans l’art et de compter pour rien tout le reste, l’orgueil remplace tout quand il est assis sur une large base.

Certes, il est beau d’occuper de la place dans les âmes de la foule, mais on y est les trois quarts du temps en si piètre compagnie qu’il y a de quoi dégoûter la délicatesse d’un homme bien né.

Avouons que si aucune belle chose n’est restée ignorée, il n’y a pas de turpitude qui n’ait été applaudie, ni de sot qui n’ait passé pour grand homme, ni de grand homme qu’on n’ait comparé à un crétin. 

La postérité change d’avis quelquefois (mais la tache n’en reste pas moins au front de cette humanité qui a de si nobles instincts) et encore ! Est-ce que jamais la France reconnaîtra que Ronsard vaut bien Racine ! — Il faut donc faire de l’art pour soi, pour soi seul, comme on joue du violon.

On n’arrive au style qu’avec un labeur atroce, avec une opiniâtreté fanatique et dévouée.

Le vice n’est pas plus fécondant que la vertu, il ne faut être ni l’un ni l’autre, ni vicieux, ni vertueux, mais au-dessus de tout cela… N’aimons-nous pas à retrouver sur les gens et même sur les meubles et les vêtements quelque chose de ceux qui les ont approchés, aimés, connus ou usés ?

La première qualité de l’art et son but est l’illusion ; l’émotion, laquelle s’obtient souvent par certains sacrifices de détails poétiques, est une tout autre chose et d’un ordre inférieur. J’ai pleuré à des mélodrames qui ne valaient pas quatre sous et Gœthe ne m’a jamais mouillé l’œil, si ce n’est d’admiration.

La courtisane est un mythe. Jamais une femme n’a inventé une débauche.

Vis-à-vis de l’amour en effet, les femmes n’ont pas d’arrière-boutique, elles ne gardent rien à part pour elles comme nous autres, qui, dans toutes nos générosités de sentiment, réservons néanmoins toujours in petto un petit magot pour notre usage exclusif.

Tu peindras le vin, l’amour, les femmes, la gloire, à condition, mon bonhomme, que tu ne seras ni ivrogne, ni amant, ni mari, ni tourlourou. Mêlé à la vie, on la voit mal, on en souffre ou on en jouit trop. L’artiste, selon moi, est une monstruosité, quelque chose hors nature, tous les malheurs dont la Providence l’accable lui viennent de l’entêtement qu’il a à nier cet axiome — il en souffre et en fait souffrir. Qu’on interroge là-dessus les femmes qui ont aimé des poètes et les hommes qui ont aimé des actrices.

L’homme de l’avenir aura peut-être des joies immenses. Il voyagera dans les étoiles, avec des pilules d’air dans sa poche. Nous sommes venus, nous autres, ou trop tôt ou trop tard. Nous aurons fait ce qu’il y a de plus difficile et de moins glorieux : la transition.

Pour établir quelque chose de durable, il faut une base fixe ; l’avenir nous tourmente et le passé nous retient. Voilà pourquoi le présent nous échappe.

La bêtise est quelque chose d’inébranlable, rien ne l’attaque sans se briser contre elle ; elle est de la nature du granit, dure et résistante.

Celui qui, voyageant, conserve de soi la même estime qu’il avait dans son cabinet en se regardant tous les jours dans sa glace, est un bien grand homme ou un bien robuste imbécile. Je ne sais pourquoi, mais je deviens très humble.

Quel lourd aviron qu’une plume et combien l’idée, quand il la faut creuser avec, est un dur courant !

D’un homme à un autre homme, d’une femme à une autre femme, d’un cœur à un autre cœur, quels abîmes ! La distance d’un continent à l’autre n’est rien à côté.

Il n’y a rien de plus inutile que ces amitiés héroïques qui demandent des circonstances pour se prouver.

Le difficile, c’est de trouver quelqu’un qui ne vous agace pas les nerfs dans toutes les occurrences de la vie.

Je crois, comme le paria de Bernardin de Saint-Pierre, que le bonheur se trouve avec une bonne femme. Le tout est de la rencontrer, et d’être soi-même un bon homme, condition double et effrayante. 

Il n’y a rien de plus vil sur la terre qu’un mauvais artiste, qu’un gredin qui côtoie toute sa vie le beau sans y jamais débarquer et y planter son drapeau.

Faire de l’art pour gagner de l’argent, flatter le public, débiter des bouffonneries joviales ou lugubres en vue du bruit ou des monacos, c’est là la plus ignoble des professions, par la même raison que l’artiste me semble le maître homme des hommes.

J’aimerais mieux avoir peint la chapelle Sixtine que gagné bien des batailles, même celle de Marengo. Ça durera plus longtemps et c’était peut-être plus difficile.

Le dernier franciscain qui court le monde pieds nus, qui a l’esprit borné et qui ne comprend pas les prières qu’il récite est aussi respectable peut-être qu’un Cardinal, s’il prie avec conviction, s’il accomplit son œuvre avec ardeur.

Les serments, les larmes, les désespoirs, tout cela coule comme une poignée de sable dans la main. Attendez, serrez un peu, il n’y aura tout à l’heure plus rien du tout.

Il est beau d’être un grand écrivain, de tenir les hommes dans la poêle à frire de sa phrase et de les y faire sauter comme des marrons. Il doit y avoir de délirants orgueils à sentir qu’on pèse sur l’humanité de tout le poids de son idée, mais il faut pour cela avoir quelque chose à dire.

L’art, au bout du compte, n’est peut-être pas plus sérieux qu’un jeu de quilles ; tout n’est peut-être qu’une immense blague, j’en ai peur, et quand nous serons de l’autre côté de la page, nous serons peut-être fort étonnés d’apprendre que le mot du rébus était si simple.

La bibliothèque d’un écrivain doit se composer de cinq à six livres, sources qu’il faut relire tous les jours. Quant aux autres, il est bon de les connaître et puis c’est tout. Mais c’est qu’il y a tant de manières différentes de lire, et cela demande tant d’esprit que de bien lire ! 

L’esprit sert à peu de choses dans les arts, à empêcher l’enthousiasme et à nier le génie, voilà tout.

Il est bien plus facile de discuter que de comprendre, et de bavarder d’art, idée du beau, idéal, etc., que de faire le moindre sonnet ou la plus petite phrase.

L’idéal de l’État, selon les socialistes, n’est-il pas une espèce de vaste monstre absorbant en lui toute action individuelle, toute personnalité, toute pensée et qui dirigera tout, fera tout ? Une tyrannie sacerdotale est au fond de ces cœurs étroits et il faut tout régler, tout refaire, reconstruire sur d’autres bases, etc.

De tous les gens de lettres décorés, il n’y en a qu’un seul de commandeur, c’est M. Scribe ! Quelle immense ironie que tout cela ! et comme les honneurs foisonnent quand l’honneur manque !

Quand on a son modèle net, devant les yeux, on écrit toujours bien, et où donc le vrai est-il plus clairement visible que dans ces belles expositions de la misère humaine ? Elles ont quelque chose de si cru que cela donne à l’esprit des appétits de cannibales. Il se précipite dessus pour les dévorer et se les assimiler.

Il est bon et il peut même être beau de rire de la vie, pourvu qu’on vive ; il faut se placer au-dessus de tout et placer son esprit au-dessus de soi-même, j’entends la liberté de l’idée, dont je déclare impie toute limite.

Le vrai n’est jamais dans le présent ; s’y l’on s’y attache, on y périt. A l’heure qu’il est je crois même qu’un penseur (et qu’est-ce que l’artiste si ce n’est un triple penseur ?) ne doit avoir ni religion, ni patrie, ni même aucune conviction sociale. Le doute absolu maintenant me paraît être si nettement démontré que vouloir le formuler serait presque une niaiserie.

L’esprit autrefois était un soleil solitaire, tout autour de lui il y avait le cielvide ; son disque maintenant, comme par un soir d’hiver, semble avoir pâli et il illumine toute la brume humaine de sa clarté confuse.

Les chefs-d’œuvre sont bêtes, ils ont la mine tranquille comme les productions mêmes de la nature, comme les grands animaux et les montagnes ; j’aime l’ordure, oui, et quand elle est lyrique comme dans Rabelais qui n’est point du tout un homme à gaudriole, mais la gaudriole est française. Pour plaire au goût français il faut cacher presque la poésie, comme on fait pour les pilules, dans une poudre incolore et la lui faire avaler sans qu’il s’en doute.

Ce qui distingue les grands génies, c’est la généralisation et la création ; ils résument en un type des personnalités éparses et apportent à la conscience du genre humain des personnages nouveaux ; est-ce qu’on ne croit pas à l’existence de Don Quichotte comme à celle de César ? Shakespeare est quelque chose de formidable sous ce rapport ; ce n’était pas un homme, mais un continent ; il y avait des grands hommes en lui, des foules entières, des paysages ; ils n’ont pas besoin de faire du style, ceux-là, ils sont forts en dépit de toutes les fautes et à cause d’elles ; mais nous, les petits, nous ne valons que par l’exécution achevée.

Les très grands hommes écrivent souvent fort mal et tant mieux pour eux. Ce n’est pas là qu’il faut chercher l’art de la forme, mais chez les seconds (Horace, La Bruyère), il faut savoir les maîtres par cœur, les idolâtrer, tâcher de penser comme eux, et puis s’en séparer pour toujours. Comme instruction technique, on trouve plus de profit à tirer des génies savants et habiles.

Moins on sent une chose, plus on est apte à l’exprimer comme elle est(comme elle est toujours en elle-même dans sa généralité et dégagée de tous ses contingents éphémères) mais il faut avoir la faculté de se la faire sentir. Cette faculté n’est autre que le génie : voir, avoir le modèle devant soi, qui pose. C’est pourquoi je déteste la poésie parlée, la poésie en phrases. Pour les choses qui n’ont pas de mots le regard suffit ; les exhalaisons d’âme, le lyrisme, les descriptions, je veux de tout cela en style ; ailleurs c’est une prostitution de l’art et du sentiment même.

Il n’y a rien de plus faible que de mettre en art des sentiments personnels, l’artiste doit s’arranger de façon à faire croire à la postérité qu’il n’a pas vécu ; moins je m’en fais une idée et plus il me semble grand ; je ne peux rien me figurer sur la personne d’Homère, de Rabelais, et quand je pense à Michel-Ange, je vois de dos seulement un vieillard de stature colossale sculptant la nuit aux flambeaux.


Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière ; plus l’expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l’avenir de l’art est dans ces voies ; je le vois à mesure qu’il grandit s’éthérisant tant qu’il peut, depuis les pylônes égyptiens jusqu’aux lancettes gothiques, et depuis les poèmes de vingt mille vers des Indiens jusqu’aux jets de Byron, la forme en devenant habile s’atténue ; elle quitte toute liturgie, toute règle, toute mesure ; elle abandonne l’épique pour le roman, le vers pour la prose ; elle ne se connaît plus d’orthodoxie et est libre comme chaque volonté qui la produit. Cet affranchissement de la matérialité se retrouve en tout, et les gouvernements l’ont suivi depuis les despotismes orientaux jusqu’aux socialismes futurs. C’est pour cela qu’il n’y a ni beaux ni vilains sujets et qu’on pourrait presque établir comme axiome, en se posant au point de vue de l’art pur, qu’il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses.

La femme est un produit de l’homme. Dieu a créé la femelle, et l’homme a fait la femme ; elle est le résultat de la civilisation, une œuvre factice. Dans les pays où toute culture intellectuelle est nulle, elle n’existe pas, car c’est une œuvre d’art, au sens humanitaire ; est-ce pour cela que toutes les grandes idées générales se sont symbolisées au féminin ?

Les femmes se défient trop des hommes en général, et pas assez en particulier, elles nous jugent tous comme des monstres, mais au milieu des monstres il y a un ange ; nous ne sommes ni monstres ni anges.

Quel artiste on serait si l’on n’avait jamais lu que du beau, vu que du beau, aimé que du beau. Si quelque ange gardien de la pureté de notre plume avait écarté de nous, dès l’abord, toutes les mauvaises connaissances, qu’on n’ait jamais fréquenté d’imbéciles ni lu de journaux. Les Grecs avaient de tout cela, ils étaient comme plastiqués dans des conditions que rien ne redonnera, mais vouloir se chausser de leurs bottes est démence. Ce ne sont pas des chlamydes qu’il faut au nord, mais des pelisses de fourrures. La forme antique est insuffisante à nos besoins, et notre vie n’est pas faite pour chanter ces airs simples. Soyons aussi artistes qu’eux si nous le pouvons, mais autrement qu’eux. La conscience du genre humain s’est changée depuis Homère. Le ventre de Sancho Pança fait craquer la ceinture de Vénus. Au lieu de nous acharner à reproduire de vieux chics, il faut s’évertuer à en inventer de nouveaux.

Les chevaux et les styles de race ont du sang plein les veines, et on le voit battre sous la peau et courir depuis l’oreille jusqu’aux sabots. La vie ! la vie ! c’est pour cela que j’aime tant le lyrisme. Il me semble la forme la plus naturelle de la poésie, elle est là toute nue et en liberté… Aussi comme les grands maîtres sont excessifs ! Ils vont jusqu’à la dernière limite de l’idée ; les bonshommes de Michel-Ange ont des câbles plutôt que des muscles, dans les bacchanales de Rubens on pisse par terre, voir tout Shakespeare, etc., etc., et le dernier des gens de la famille, le vieux père Hugo, quelle belle chose queNotre- Dame ! J’en ai relu dernièrement trois chapitres, celui des truands entre autres, c’est cela qui est fort.

Amants du beau, nous sommes tous des bannis et quelle joie quand on rencontre un compatriote sur cette terre d’exil.

Les matérialistes et les spiritualistes empêchent également de connaître la matière et l’esprit, parce qu’ils scindent l’un de l’autre.

Le cœur dans ses affections comme l’humanité dans ses idées s’étend sans cesse en cercles plus élargis.

On traite les femmes comme nous traitons le public, avec beaucoup de déférence extérieure et un souverain mépris en dedans. L’amour humilié se fait orgueil libertin.

Je crois que le succès auprès des femmes est généralement une marque de médiocrité et c’est celui-là pourtant que nous envions tous et qui couronne les autres ; mais on n’en veut pas convenir, et comme on considère comme très au-dessous de soi les objets de leur préférence, on arrive à cette conviction qu’elles sont stupides, ce qui n’est pas ; nous jugeons à notre point de vue, elles au leur ; la beauté n’est pas pour la femme ce qu’elle est pour l’homme ; on ne s’entendra jamais là-dessus, ni sur l’esprit ni sur le sentiment.

C’est dans la seconde période de la vie d’artiste que les voyages sont bons, mais dans la première il est mieux de jeter dehors tout ce qu’on a de vraiment intime, d’original, d’individuel.

La prose est née d’hier, voilà ce qu’il faut se dire. Le vers est la forme par excellence des littératures anciennes. Toutes les combinaisons prosodiques ont été faites, mais celles de la prose, tant s’en faut !

Le temps est passé du beau. L’humanité, quitte à y revenir, n’en a que faire pour le quart d’heure. Plus il ira, plus l’art sera scientifique, de même que la science deviendra artistique ; tous deux se rejoindront au sommet après s’être séparés à la base. Aucune pensée humaine ne peut prévoir maintenant à quels brillants soleils psychiques écloront les œuvres de l’avenir.

On n’écrit pas avec son cœur, mais avec sa tête, encore une fois, et si bien doué que l’on soit, il faut toujours cette vieille concentration qui donne vigueur à la pensée et relief au mot.

L’art est une représentation, nous ne devons penser qu’à représenter ; il faut que l’esprit de l’artiste soit comme la mer, assez vaste pour qu’on n’en voie pas les bords, assez pur pour que les étoiles du ciel s’y mirent jusqu’au fond.

Où est la limite de l’inspiration à la folie, de la stupidité à l’extase ? ne faut-il pas pour être artiste voir tout d’une façon différente de celle des autres hommes ? L’art n’est pas un jeu d’esprit, c’est une atmosphère spéciale ; mais qui dit qu’à force de descendre toujours plus avant dans les gouffres pour respirer un air plus chaud, on ne finit pas par rencontrer des miasmes funèbres ?

Le génie, c’est Dieu qui le donne, mais le talent nous regarde ; avec un esprit droit, l’amour de la chose et une patience soutenue on arrive à en avoir. La correction (je l’entends dans le plus haut sens du mot) fait à la pensée ce que l’eau du Styx faisait au corps d’Achille : elle la rend invulnérable et indestructible.

La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l’âme de la vie ; plus les muscles de votre poitrine seront larges, plus vous respirerez à l’aise.

Vouloir donnera la prose le rythme du vers (en la laissant prose et très prose) et écrire la vie ordinaire comme on écrit l’histoire ou l’épopée (sans dénaturer le sujet) est peut-être une absurdité, voilà ce que je me demande quelquefois ; mais c’est peut-être aussi une grande tentative et très originale !

L’auteur dans son œuvre doit être comme Dieu dans l’univers, présent partout, et visible nulle part ; l’art étant une seconde nature, le créateur de cette nature-là doit agir par des procédés analogues ; que l’on sente dans tous les atomes, à tous les aspects, une impassibilité cachée, infinie ; l’effet pour le spectateur doit être une espèce d’ébahissement. Comment tout cela s’est-il fait ? doit-on dire, et qu’on se sente écrasé sans savoir pourquoi ; l’art grec était dans ce principe-là, et pour y arriver plus vite, il choisissait ses personnages dans des conditions sociales exceptionnelles, rois, dieux, demi-dieux ; on ne vous intéressait pas avec vous-mêmes, le divin était le but.

Il faut une volonté surhumaine pour écrire, et je ne suis qu’un homme.

La célébrité la plus complète ne vous assouvit point, et l’on meurt presquetoujours dans l’incertitude de son propre nom, à moins d’être un sot. Donc l’illustration ne vous classe pas plus à vos propres yeux que l’obscurité.

Quand on se compare à ce qui vous entoure, on s’admire, mais quand on lève les yeux plus haut, vers l’absolu, vers les maîtres, vers le rêve, comme on se méprise !

La poésie est une plante libre ; elle croît partout sans avoir été semée. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.

Je suis un barbare, j’en ai l’apathie musculaire, les langueurs nerveuses, les yeux verts et la haute taille ; mais j’en ai aussi l’élan, l’entêtement, l’irascibilité. Normands, tous tant que nous sommes, nous avons quelque peu de cidre dans les veines, c’est une boisson aigre et fermentée et qui quelquefois fait sauter la bonde.

Chaque chose est un infini ; le plus petit caillou arrête la pensée tout comme l’idée de Dieu. Entre deux cœurs qui battent l’un sur l’autre il y a des abîmes, le néant est entre eux, toute la vie et le reste. L’âme a beau faire, elle ne brise pas sa solitude, elle marche avec elle, on se sent fourmi dans un désert, et perdu… perdu…

Je crois cet axiome vrai, à savoir que l’on aime le mensonge, mensonge pendant la journée et songe pendant la nuit. Voilà l’homme.

Quand on est jeune, on associe la réalisation future de ses rêves aux existences qui vous entourent. À mesure que ces existences disparaissent, les rêves s’en vont.

Je suis loin d’être l’homme de la nature qui se lève avec le soleil, s’endort comme les poules, boit l’eau des torrents, etc. Il me faut une vie factice et des milieux en tout extraordinaires. Ce n’est point un vice d’esprit, mais toute uneconstitution de l’homme ; reste à savoir, après tout, si ce qu’on appelle le factice n’est pas une autre nature.

La mélancolie elle-même n’est qu’un souvenir qui s’ignore.

Je crois à la race plus qu’à l’éducation, on emporte, quoi qu’en ait dit Danton, la patrie à la semelle de ses talons et l’on porte au cœur, sans le savoir, la poussière de ses ancêtres morts.

Ne nous lamentons sur rien ; se plaindre de tout ce qui nous afflige ou nous irrite, c’est se plaindre de la constitution même de l’existence. Nous sommes faits pour la peindre, nous autres, et rien de plus. Soyons religieux ; moi, tout ce qui m’arrive de fâcheux, en grand ou en petit, fait que je me resserre de plus en plus à mon éternel souci. Je m’y cramponne à deux mains et je ferme les deux yeux ; à force d’appeler la Grâce, elle vient. Dieu a pitié des simples et le soleil brille toujours pour les cœurs vigoureux qui se placent au-dessus des montagnes. Je tourne à une espèce de mysticisme esthétique (si les deux mots peuvent aller ensemble) et je voudrais qu’il fût plus fort.

Voilà ce que tous les socialistes du monde n’ont pas voulu voir avec leur éternelle prédication matérialiste, ils ont nié la douleur, ils ont blasphémé les trois quarts de la poésie moderne ; le sang du Christ qui se remue en nous, rien ne l’extirpera, rien ne le tarira, il ne s’agit pas de le dessécher, mais de lui faire des ruisseaux. Si le sentiment de l’insuffisance humaine, du néant de la vie, venait à périr (ce qui serait la conséquence de leur hypothèse) nous serions plus bêtes que les oiseaux qui au moins perchent sur les arbres.

A mesure que l’humanité se perfectionne, l’homme se dégrade ; quand tout ne sera plus qu’une combinaison économique d’intérêts bien contre-balancés, à quoi servira la vertu ? Quand la nature sera tellement esclave qu’elle aura perduses formes originales, où sera la plastique ?

L’incapacité des grandes pensées aux affaires n’est qu’un excès de capacité. Dans les grands vases une goutte d’eau n’est rien et elle emplit les petites bouteilles, mais la durée est là qui nous console ; que reste-t-il de tous les actifs, Alexandre, Louis XIV, etc., et Napoléon même, si voisin de nous ? La pensée est comme l’âme, éternelle, et l’action comme le corps, mortelle.

Le génie comme un fort cheval traîne à son cul l’humanité sur les routes de l’idée ; elle a beau tirer les rênes et par sa bêtise lui faire saigner les dents en hocquesonnant tant qu’elle peut le mors dans sa bouche, l’autre qui a les jarrets robustes continue toujours au grand galop par les précipices et les vertiges.

Il ne faut penser qu’aux triomphes que l’on se décerne, être soi-même son public, son critique. Le seul moyen de vivre en paix, c’est de se placer tout d’un bond au-dessus de l’humanité entière et de n’avoir avec elle rien de commun qu’un rapport d’art.

La fraternité est une des plus belles inventions de l’hypocrisie sociale. On crie contre les jésuites. O candeur ! nous en sommes tous.

J’aime les gens tranchants et énergumènes, on ne fait rien de grand sans le fanatisme. Le fanatisme est la religion, et les philosophes du xviiie siècle, en criant après l’un, renversaient l’autre. Le fanatisme est la foi, la foi même, la foi ardente, celle qui fait des œuvres et agit. La religion est une conception variable, une affaire d’invention humaine, une idée enfin ; l’autre un sentiment.

Il faut, pour bien faire une chose, que cette chose-là rentre dans votre constitution ; un botaniste ne doit avoir ni les mains, ni les yeux, ni la tête faits comme un astronome, et ne voir les astres que par rapport aux herbes. 

Une âme se mesure à la dimension de son désir, comme l’on juge d’avance des cathédrales à la hauteur de leurs clochers, et c’est pour cela que je hais la poésie bourgeoise, l’art domestique, quoique j’en fasse ; mais c’est bien la dernière fois ; au fond cela me dégoûte.

La femme entretenue a envahi la débauche comme le journaliste la poésie, nous nous noyons dans les demi-teintes. La courtisane n’existe pas plus que le saint ; il y a des soupeuses et des lorettes, ce qui même est encore plus fétide que la grisette.

Plus une œuvre est bonne, plus elle attire la critique ; c’est comme les puces qui se précipitent sur le linge blanc.

Il fut un temps où le patriotisme s’étendait à la cité, puis le sentiment peu à peu s’est élargi avec le territoire. Maintenant l’idée de Patrie est, Dieu merci, à peu près morte et on en est au socialisme, à l’humanitarisme (si l’on peuts’exprimer ainsi). Je crois que plus tard on reconnaîtra que l’amour de l’humanité est quelque chose d’aussi piètre que l’amour de Dieu, on aimera le juste en soi, le beau pour le beau ; le comble de la civilisation sera de n’avoir besoin d’aucun bon sentiment. Ce qui s’appelle les sacrifices seront inutiles, mais il faudra pourtant toujours un peu de gendarmes !

Le seul enseignement à tirer du régime actuel (basé sur le joli mot vox populi, vox Dei) est que l’idée du peuple est aussi usée que celle du roi ; que l’on mette donc ensemble la blouse du travailleur avec la pourpre du monarque et qu’on les jette de compagnie toutes deux aux latrines pour y cacher conjointement leur taches de sang et de boue ; elles en sont raides.

Ce qui me semble à moi le plus haut dans l’art (et le plus difficile) ce n’est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon de la nature, c’est-à-dire de faire rêver. Aussi les très belles œuvres ont ce caractère, elles sont sereines d’aspect et incompréhensibles quant au procédé, elles sont immobiles comme des falaises, houleuses comme l’océan, pleines de frondaisons, de verdures et de murmures comme les bois, tristes comme le désert, bleues comme le ciel — Homère, Rabelais, Michel-Ange, Shakespeare, Gœthe m’apparaissent impitoyables, cela est sans fond, infini, multiple. Par de petites ouvertures on aperçoit des précipices, il y a du noir en bas, du vertige, et cependant quelque chose de singulièrement doux plane sur l’ensemble ! C’est l’idéal de la lumière, le sourire du soleil, et c’est calme ! C’est calme ! et c’est fort.

Chacun de nous a dans le cœur un calendrier particulier d’après lequel il mesure le temps ; il y a des minutes qui sont des années, des jours qui marquent comme des siècles.

Nos joies comme nos douleurs doivent s’absorber dans notre œuvre ; on ne reconnaît pas dans les nuages les gouttes d’eau de la rosée que le soleil y a fait monter ! Évaporez-vous, pluie terrestre, larmes des jours anciens, et formez dans les cieux de gigantesques voûtes toutes pénétrées de soleil.

On doit être âme le plus possible et c’est par ce détachement que l’immense sympathie des choses et des êtres nous arrivera plus abondante. La France a été constituée du jour que les provinces sont mortes, et le sentiment humanitaire commence à naître sur les ruines des patries. Il arrivera un temps où quelque chose de plus large et de plus haut le remplacera, et l’homme aimera le néant même, tant il se sentira participant.

N’importe, bien ou mal, c’est une délicieuse chose que d’écrire, que de ne plus être soi, mais de circuler dans toute la création dont on parle.

Aujourd’hui, par exemple, homme et femme tout ensemble, amant et maîtresse à la fois, je me suis promené à cheval dans une forêt par une après-midi d’automne sous des feuilles jaunes, et j’étais les chevaux, les feuilles, le vent, les paroles qu’on se disait et le soleil rouge qui faisait s’entre-fermer leurs paupières noyées d’amour. Est-ce orgueil ou pitié, est-ce le débordement niais d’une satisfaction de soi-même exagérée ? ou bien un vague et noble sentiment de religion ? Mais quand je rumine après les avoir senties ces journées-là, je serais tenté de faire une prière de remerciement au bon Dieu si je savais qu’il pût m’entendre. Qu’il soit donc béni pour ne pas m’avoir fait naître marchand de coton, vaudevilliste, homme d’esprit, etc. Chantons Apollon comme aux premiers jours, aspirons à pleins poumons le grand air froid du Parnasse, frappons sur nos guitares et nos cymbales, et tournons comme des derviches dans l’éternel brouhaha des formes et des idées.

En fait d’injures, de sottises, de bêtises, etc., je trouve qu’il ne faut se fâcher que lorsqu’on vous le dit en face. Faites-moi des grimaces dans le dos tant que vous voudrez, mon cul vous contemple ! 

Les vieux époux finissent par se ressembler. Tous les gens de la même profession n’ont-ils pas le même air ?

« Qu’est-ce que ton devoir ? — L’exigence de chaque jour. » Cette pensée est de Gœthe, faisons notre devoir qui est de tâcher d’écrire bien, et quelle société de saints serait celle où seulement chacun ferait son devoir.

L’œuvre de la critique moderne est de remettre l’art sur son piédestal. On ne vulgarise pas le beau, on le dégrade, voilà tout. Qu’a-t-on fait de l’antiquité en voulant la rendre accessible aux enfants ? Quelque chose de profondément stupide ! Mais il est si commode pour tous de se servir d’expurgata, de traductions, d’atténuations, il est si doux pour les nains de contempler les géants raccourcis ! ce qu’il y a de meilleur dans l’art échappera toujours aux natures médiocres, c’est-à-dire aux trois quarts et demi du genre humain. Pourquoi dénaturer la vérité au profit de la bassesse ? 

Le vrai poète pour moi est un prêtre. Dès qu’il passe la soutane il doit quitter sa famille.

Personne n’est original au sens strict du mot, le talent comme la vie se transmet par infusion et il faut vivre dans un milieu noble, prendre l’esprit de société des maîtres ; il n’y a pas de mal à étudier à fond un génie complètement différent de celui qu’on a, parce qu’on ne peut le copier.

Il ne faut jamais craindre d’être exagéré, tous les très grands l’ont été, Michel-Ange, Rabelais, Shakespeare, Molière ; il s’agit de faire prendre un lavement à un homme (dans Pourceaugnac) ; on n’apporte pas une seringue, non, on emplit le théâtre de seringues et d’apothicaires, cela est tout bonnement le génie dans son vrai centre, qui est l’énorme. Mais pour que l’exagération ne paraisse pas, il faut qu’elle soit partout continue, proportionnée, harmonique à elle-même ; si vos bonshommes ont cent pieds il faut que les montagnes en aient vingt mille et qu’est-ce donc que l’idéal si ce n’est ce grossissement-là ?

L’artiste doit tout élever, il est comme une pompe, il a en lui un grand tuyau qui descend aux entrailles des choses, dans les couches profondes, il aspire et fait jaillir au soleil en gerbes géantes ce qui était plat sous terre et ce qu’on ne voyait pas.

On ne se lasse point de ce qui est bien écrit, le style c’est la vie ! c’est le sang même de la pensée !

L’idéal n’est fécond que lorsqu’on y fait tout rentrer. C’est un travail d’amour et non d’exclusion. Voilà deux siècles que la France marche suffisamment dans cette voie de négation ascendante ; on a de plus en plus diminué des livres la nature, la franchise, le caprice, la personnalité, et même l’érudition comme étant grossière, immorale, bizarre, pédantesque, et dans les mœurs on a pourchassé, honni et presque anéanti la gaillardise et l’aménité, les grandes manières, et les genres de vie libres, lesquels sont les féconds. On s’est guindé vers la décence ! Pour cacher des écrouelles on a haussé sa cravate. L’idéal jacobin et l’idéal Marmontellien peuvent se donner la main. Notre délicieuse époque est encore encombrée par cette double poussière. Robespierre et M. de la Harpe nous régentent du fond de leur tombe. Mais je crois qu’il y a quelque chose au-dessus de tout cela, à savoir : l’acceptation ironique de l’existence et sa refonte plastique et complète par l’art. Quant à nous, vivre ne nous regarde pas, ce qu’il faut chercher, c’est ne pas souffrir.

Le lieu commun n’est manié que par les imbéciles ou par les très grands ; les natures médiocres l’évitent, elles recherchent l’ingénieux, l’accidenté.

Nous sommes tous enfoncés au même niveau, dans une médiocrité commune. L’égalité sociale a passé dans l’esprit, on fait des livres pour tout le monde, de l’art pour tout le monde, de la science pour tout le monde, comme on construit des chemins de fer et des chauffoirs publics. L’humanité a la rage de l’abaissement moral, et je lui en veux de ce que je fais partie d’elle.

La générosité à l’encontre des gredins est presque une indélicatesse à l’encontre du bien.

Certaines natures ne souffrent pas. Les gens sans nerfs sont-ils heureux ? Mais de combien de choses ne sont-ils pas privés ? A mesure qu’on s’élève dans l’échelle des êtres, la faculté nerveuse augmente, c’est-à-dire la faculté de souffrir ; souffrir et penser seraient-ils donc même chose ? Le génie après tout n’est peut-être qu’un raffinement de la douleur, c’est-à-dire une méditation de l’objectif à travers notre âme ?

Il y a dans la Poétique de Ronsard un curieux précepte : il recommande au poète de s’instruire dans les arts et métiers, forgerons, orfèvres, serruriers, etc., pour y puiser les métaphores ; c’est là ce qui vous fait, en effet, une langue riche ; il faut que les phrases s’agitent dans un livre comme les feuilles dans une forêt, toutes dissemblables en leur ressemblance.

Je crois que si l’on regardait toujours les cieux, on finirait par avoir des ailes.

L’idéal est comme le soleil, il pompe à lui toutes les crasses de la terre.

Ce n’est pas tout que d’avoir des ailes, il faut qu’elles nous portent.

Il a été donné à l’antiquité de produire des êtres qui ont du fait de leur seule vie dépassé tout rêve possible ; ceux qui les veulent reproduire ne les connaissent pas, voilà ce que ça prouve. Quand on est jeune on se laisse tenter volontiers par ces resplendissantes figures dont l’auréole arrive jusqu’à nous, on tend les bras pour les rejoindre, on court vers elles… et elles reculent, elles reculent ; elles montent dans leurs nuages, elles grandissent, elles s’illuminent et comme le Christ aux apôtres, nous crient de ne pas chercher à les atteindre.

La médiocrité chérit la règle, moi je la hais ; je me sens contre elle et contre toute restriction, corporation, caste, hiérarchie, niveau, troupeau, une exécration qui m’emplit l’âme, et c’est par ce côté-là peut-être que je comprends le martyre.

N’est-il pas de la vie d’artiste, ou plutôt d’une œuvre d’art à accomplir, comme d’une grande montagne à escalader ? Dur voyage et qui demande une volonté acharnée ! D’abord on aperçoit d’en bas une haute cime ; dans les cieux, elle est étincelante de pureté ; elle est effrayante de hauteur ! et elle vous sollicite cependant à cause de cela même. On part, mais à chaque plateau de la route le sommet grandit, l’horizon se recule, on va par les précipices, les vertiges et les découragements, il fait froid ! et l’éternel ouragan des hautes régions vous enlève en passant jusqu’au dernier lambeau de votre vêtement ; la terre est perdue pour toujours, et le but sans doute ne s’atteindra pas. C’est l’heure où l’on compte ses fatigues, où l’on regarde avec épouvante les gerçures de sa peau. L’on n’a rien qu’une indomptable envie de monter plus haut, d’en finir, de mourir. Quelquefois, pourtant, un coup des vents du ciel arrive et dévoile à votre éblouissement des perfections innombrables, infinies, merveilleuses ! A vingt mille pieds sous soi, on aperçoit les hommes, une brise olympienne emplit nos poumons géants et l’on se considère comme un colosse ayant le monde entier pour piédestal. Puis le brouillard retombe et l’on continue à tâtons ! s’écorchant les ongles aux rochers et pleurant de la solitude ! N’importe ! mourons dans la neige, dans la blanche douleur de notre désir, au murmure des torrents de l’Esprit, et la figure tournée vers le soleil !

Au-dessus de la vie, au-dessus du bonheur, il y a quelque chose de bleu, d’ incandescent au grand ciel immuable et subtil dont les rayonnements qui nous arrivent suffisent à animer des mondes. La splendeur du génie n’est que le reflet pâle du verbe caché ; mais si ces manifestations nous sont à nous autres impossibles à cause de la faiblesse de nos natures, l’amour, l’amour, l’aspiration nous y renvoie, elle nous pousse vers lui, nous y confond, nous y mêle. On peut y vivre ; des peuples entiers n’en sont pas sortis, et il y a des siècles qui ont ainsi passé dans l’humanité comme des comètes dans l’espace tout échevelées et sublimes.

Les grandes passions, je ne dis pas les turbulentes, mais les hautes, les larges sont celles à qui rien ne peut nuire, et dans lesquelles plusieurs autres peuvent se mouvoir. Aucun accident ne peut déranger une harmonie qui comprend en soi tous les cas particuliers ; sans un tel amour, d’autres amours même auraient pu venir : il eût été tout le cœur ! 

Je crois que le plus grand caractère du génie est avant tout la force. Donc, ce que je déteste le plus dans les arts, ce qui me crispe, c’est l’ingénieux,l’esprit.

Tout ce qu’on invente est vrai ; la poésie est une chose aussi précise que la géométrie ; l’induction vaut la déduction ; et puis, arrivé à un certain endroit, on ne se trompe plus quant à tout ce qui est de l’âme ; ma pauvre Bovary, sans doute, souffre et pleure dans vingt villages de France à la fois, à cette heure même.

Il n’y a pas besoin de gravir les montagnes ou de descendre au fleuve pour puiser de l’eau ; dans un espace grand comme la main, enfoncez la sonde et frappez dessus, il jaillira des fontaines. Le puits artésien est un symbole, et les Chinois, qui l’ont connu de tout temps, sont un grand peuple.

Oui, je soutiens (et ceci, pour moi, doit être un dogme pratique dans la vie d’artiste) qu’il faut faire dans son existence deux parts : vivre en bourgeois et penser en demi-dieu. Les satisfactions du corps et de la tête n’ont rien de commun ; s’ils se rencontrent mêlés, prenez-les et gardez-les ; mais ne les cherchez pas réunis, car ce serait factice, et cette idée de bonheur, du reste, est la cause presque exclusive de toutes les infortunes humaines.

On s’étonne des mystiques, mais le secret est là : leur amour, à la manière des torrents, n’avait qu’un seul lit, étroit, profond, en pente, et c’est pour cela qu’il emportait tout.

Si vous voulez à la fois chercher le Bonheur et le Beau, vous n’atteindrez ni à l’un ni à l’autre, car le second n’arrive que par le sacrifice ; l’art, comme le Dieu des Juifs, se repaît d’holocaustes.

Au reste, toutes les difficultés que l’on éprouve en écrivant viennent dumanque d’ordre. C’est une conviction que j’ai maintenant. Si vous vous acharnez à une tournure ou à une expression qui n’arrive pas, c’est que vous n’avez pas l’idée. L’image ou le sentiment bien net dans la tête amène le mot sur le papier, l’un coule de l’autre.

La personnalité sentimentale sera ce qui plus tard fera passer pour puérile et un peu niaise une bonne partie de la littérature contemporaine. Que de sentiment, que de sentiment ! que de tendresses, que de larmes ! il n’y aura jamais eu de si braves gens. Il faut avoir avant tout du sang dans les phrases et non de la lymphe ; et quand je dis du sang c’est du cœur ; il faut que cela batte, que cela palpite, que cela émeuve ; il faut faire s’aimer les arbres et tressaillir les granits ; on peut mettre un immense amour dans l’histoire d’un brin d’herbe : la fable des deux pigeons m’a toujours plus ému que tout Lamartine, et ce n’est pas le sujet ; mais si La Fontaine avait dépensé d’abord sa faculté aimante dans l’exposition de ses sentiments personnels, lui en serait-il resté suffisamment pour peindre l’amitié des deux oiseaux ? Prenons garde de dépenser en petite monnaie nos pièces d’or.

Il n’y a que les lieux communs et les pays connus qui soient d’une intarissable beauté.

A Paris, le char d’Apollon, est un fiacre ; la célébrité s’y obtient à force de courses.

C’est donc quelque chose de bien atrocement délicieux que d’écrire, pour qu’on reste à s’acharner ainsi, en des tortures pareilles, et qu’on n’en veuille pas d’autres. Il y a là-dessous un mystère qui m’échappe ! la vocation est peut-être comme l’amour du pays natal (que j’ai peu, du reste), un certain lien fatal des hommes aux choses. Le Sibérien dans ses neiges et le Hottentot dans sa hutte vivent contents, sans rêver soleil ni palais. Quelque chose de plus fort qu’eux les attache à leur misère, et nous nous débattons dans les formes. Poètes, sculpteurs, peintres et musiciens, nous respirons l’existence à travers la phrase, le contour, la couleur ou l’harmonie, et nous trouvons tout cela le plus beau du monde !

Rappelons-nous toujours que l’impersonnalité est le signe de la force ; absorbons l’objectif et qu’il circule en nous, qu’il se reproduise au dehors sans qu’on puisse rien comprendre à cette chimie merveilleuse. Notre cœur ne doit être bon qu’à sentir celui des autres. Soyons des miroirs grossissants de la vérité externe.

Toute correction doit être faite avec sens ; il faut bien ruminer son objectif avant de songer à la forme, car elle n’arrive bonne que si l’illusion du sujet nous obsède.

Nous vivons dans un monde où l’on s’habille de vêtements tout confectionnés. Donc, tant pis pour vous si vous êtes trop grand.

Un livre, cela vous crée une famille éternelle dans l’humanité. Tous ceux qui vivront de vos pensées, ce sont comme des enfants attablés à votre foyer. Aussi quelle reconnaissance j’ai, moi, pour ces pauvres vieux braves dont on se bourre à si large gueule, qu’il semble qu’on a connus, et auxquels on rêve comme à des amis morts.

Quand on ne peut pas entraîner la société derrière soi, on se met à sa remorque comme les chevaux du roulier lorsqu’il s’agit de descendre une côte ; alors la machine en mouvement vous emporte, c’est un moyen d’avancer. On est servi par les passions du jour et par la sympathie des envieux. C’est là le secret des grands succès et des petits aussi.

L’art ne réclame ni complaisance ni politesse, rien que la foi, la foi toujours et la liberté.

Chaque rêve finit par trouver sa forme ; il y a des ondes pour toutes les soifs, de l’amour pour tous les cœurs. Et puis, rien ne fait mieux passer la vieque la préoccupation incessante d’une idée, qu’un idéal, comme disent les grisettes… Folie pour folie, prenons les plus nobles. Puisque nous ne pouvons décrocher le soleil, il faut boucher toutes nos fenêtres et allumer des lustres dans notre chambre.

Qui vous dit que votre jugement humain soit infaillible ? que votre sentiment ne vous abuse pas ? Comment pouvons-nous, avec nos sens bornés et notre intelligence finie, arriver à la connaissance absolue du vrai et du bien ? Saisirons-nous jamais l’absolu ? Il faut, si l’on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L’humanité est ainsi, il ne s’agit pas de la changer, mais de la connaître. Pensez moins à vous, abandonnez l’espoir d’une solution, elle est au sein du Père, lui seul la possède et ne la communique pas, mais il y a dans l’ardeur de l’étude des joies idéales faites pour les nobles âmes.

Un livre peut être plein d’énormités et de bévues et n’en être pas moins fort beau. Une pareille doctrine, si elle était admise, serait déplorable, je le sais, en France surtout, où l’on a le pédantisme et l’ignorance, mais je vois dans la tendance contraire (qui est la mienne, hélas !) un grand danger ; — l’étude de l’habit nous fait oublier l’âme. — Je donnerais la demi-rame de notes que j’ai écrites depuis cinq mois, et les 98 volumes que j’ai lus, pour être, pendant trois secondes seulement, réellement émotionné par la passion de mes héros. Prenons garde de tomber dans le brimborion, on reviendrait ainsi tout doucement à la Cafetière de l’abbé Delille. Il y a toute une école de peinture maintenant qui, à force d’aimer Pompéi, en est arrivée à faire plus rococo que Girodet. Je crois donc qu’il ne faut rien aimer, c’est-à-dire qu’il faut planer impartialement au-dessus de tous les objectifs.

La vie, la mort, la joie et les larmes, tout cela se vaut, en définitive. Du haut de la planète de Saturne, notre univers est une petite étincelle ; il faut tâcher, je le sais bien, d’être par l’esprit aussi haut placé que les étoiles. Mais cela n’est pas facile continuellement. Avez-vous remarqué comme nous aimons nos douleurs ?… Mais nous ne valons peut-être quelque chose que par nos souffrances, car elles sont toutes des aspirations. Il y a tant de gens dont la joie est si immonde et l’idéal si borné, que nous devons bénir notre malheur, s’il nous fait plus dignes.

Le malheur de la vie se passe à dire : « il est trop tôt », — puis : « il est trop tard ».

C’est parce que je crois à l’évolution perpétuelle de l’humanité et à ses formes incessantes, que je hais tous les cadres où on veut la fourrer de vive force, toutes les formalités dont on la définit, tous les plans que l’on rêve pour elle. La démocratie n’est pas plus son dernier mot que l’esclavage ne l’a été, que la féodalité ne l’a été, que la monarchie ne l’a été. L’horizon perçu par les yeux humains n’est jamais le rivage, parce qu’au delà de cet horizon il y en a un autre, et toujours ! Ainsi chercher la meilleure des religions ou le meilleur des gouvernements, me semble une folie niaise. Le meilleur, pour moi, c’est celui qui agonise, parce qu’il va faire place à un autre.

Les gens légers, bornés, les esprits présomptueux et enthousiastes veulent en toute chose une conclusion ; ils cherchent le but de la vie, et la dimension de l’infini ; ils prennent dans leur pauvre petite main une poignée de sable et ils disent à l’océan : « Je vais compter les grains de tes rivages. » Mais comme les grains leur coulent entre les doigts, et que le calcul est long, ils trépignent et ils pleurent. Savez-vous ce qu’il faut faire sur la grève ? Il faut s’agenouiller ou se promener.

Les mots sublimes (que l’on rapporte dans les histoires) ont été dits souvent par des simples. Ce qui n’est nullement un argument contre l’art, au contraire, car ils avaient ce qui fait l’art même, à savoir la pensée concrétée, un sentiment quelconque, violent, et arrivé à son dernier état d’idéal : « Si vous aviez la foi, vous remueriez des montagnes » est aussi le principe du beau, ce qui se traduit plus prosaïquement : « Si vous saviez précisément ce que vous voulez dire, vous le diriez bien. » Aussi n’est-il pas très difficile de parler de soi, mais des autres !

Notre âme est une bête féroce ; toujours affamée, il faut la gorger jusqu’à la gueule pour qu’elle ne se jette pas sur nous. Rien n’apaise plus qu’un long travail. L’érudition est chose rafraîchissante. Combien je regrette souvent de n’être pas un savant, et comme j’envie ces calmes existences passées à étudier des pattes de mouches, des étoiles ou des fleurs !

Quand une fois on a baisé un cadavre au front, il vous en reste toujours sur les lèvres quelque chose, une amertume infinie, un arrière-goût de néant que rien n’efface.

Comme nous souffrons par nos affections ! Il n’est pas d’amour qui ne soit parfois aussi lourd à porter qu’une haine ! 

Le seul moyen de supporter l’existence, c’est de s’étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle. Le vin de l’art cause une longue ivresse, et il est inépuisable. C’est de penser à soi qui rend malheureux.

Le style est autant sous les mots que dans les mots. C’est autant l’âme que la chair d’une œuvre.

Et d’ailleurs je ne sais (et personne ne sait) ce que veulent dire ces deux mots : âme et corps, où l’une finit, où l’autre commence ; nous sentons desforces, et puis c’est tout. Le matérialisme et le spiritualisme pèsent encore trop sur la conscience de l’homme pour que l’on étudie impartialement tous ces phénomènes. L’anatomie du cœur humain n’est pas encore faite. Comment voulez-vous qu’on le guérisse ? Ce sera l’unique gloire du xixe siècle que d’avoir commencé ces études. Le sens historique est tout nouveau dans ce monde. On va se mettre à étudier les idées comme des faits et à disséquer lescroyances comme des organismes. Il y a toute une école qui travaille dans l’ombre et qui fera quelque chose, j’en suis sûr.

Comme nous nous attachons aux choses ! C’est surtout quand on voyage que l’on sent profondément la mélancolie de la nature, qui n’est que celle de notre âme projetée sur les objets. Il m’est arrivé d’avoir des larmes aux yeux en quittant tel paysage. Pourquoi ?

L’envie du succès, le besoin de réussir quand même, à cause du profit, a tellement démoralisé la littérature, qu’on devient stupide de timidité. L’idée d’une chute ou d’un blâme les fait tous foirer de peur dans leurs culottes : « Cela vous est bien commode à dire, vous, parce que vous avez des rentes », réponse commode et qui relègue la moralité parmi les choses de luxe.

Tout ce qui touche une plume doit avoir trop de reconnaissance à Hugo pour se permettre une critique ; mais je trouve, intérieurement, que les dieux vieillissent.

Un bon sujet de roman est celui qui vient tout d’une pièce, d’un seul jet. C’est une idée mère d’où toutes les autres découlent. On n’est pas du tout libre d’écrire telle ou telle chose. On ne choisit pas son sujet. Voilà ce que le public et les critiques ne comprennent pas. Le secret des chefs-d’œuvre est là, dans la concordance du sujet et du tempérament de l’auteur.

Expliquer le mal par le péché originel, c’est ne rien expliquer du tout. La recherche de la cause est antiphilosophique, antiscientifique et les religions en cela me déplaisent encore plus que les philosophies, puisqu’elles affirment la connaître. Que ce soit un besoin du cœur, d’accord. C’est ce besoin-là qui est respectable, et non des dogmes éphémères.

La rage de vouloir conclure est une des manies les plus funestes et les plus stériles qui appartiennent à l’humanité. Chaque religion et chaque philosophie a prétendu avoir Dieu à elle, toiser l’infini et connaître la recette du bonheur. Quel orgueil et quel néant ! Je vois, au contraire, que les plus grands génies et les plus grandes œuvres n’ont jamais conclu. Homère, Shakespeare, Gœthe, tous les fils aînés de Dieu (comme dit Michelet) se sont bien gardés de faire autre chose que représenter. Nous voulons escalader le ciel ; eh bien, élargissons d’abord notre esprit et notre cœur. Hommes d’aspirations célestes nous sommes tous enfoncés dans les fanges de la terre jusqu’au cou. La barbarie du moyen âge nous étreint encore par mille préjugés, mille coutumes.

Je viens d’avaler Lamennais, Saint-Simon, Fourier et je reprends Proudhon d’un bout à l’autre. Si on veut ne rien connaître de tous ces gens-là, c’est de lire les critiques et les résumés faits sur eux ; car on les a toujours réfutés ou exaltés, mais jamais exposés. Il y a une chose saillante et qui les lie tous : c’est la haine de la liberté, la haine de la Révolution française et de la philosophie. Ce sont tous des bonshommes du moyen âge, esprits enfoncés dans le passé. Et quels cuistres ! quels pions ! Des séminaristes en goguette ou des caissiers en délire. S’ils n’ont pas réussi en 48, c’est qu’ils étaient en dehors du grand courant traditionnel. Le socialisme est une face du passé, comme le jésuitisme de l’autre. Le grand maître de Saint-Simon était M. de Maistre et l’on n’a pas dit tout ce que Proudhon et Louis Blanc ont pris à Lamennais. L’école de Lyon, qui a été la plus active, est toute mystique à la façon des Lollards. Les bourgeois n’ont rien compris à tout cela. On a senti instinctivement ce qui fait le fond de toutes ces utopies sociales : la tyrannie, l’anti-nature, la mort de l’âme.

On fausse toujours la réalité quand on veut l’amener à une conclusion qui n’appartient qu’à Dieu seul.

Quand on a pris un livre, il faut l’avaler d’un seul coup : c’est le seul moyen de voir l’ensemble et d’en tirer profit. Accoutume-toi à poursuivre une idée. Puisque tu es mon élève, je ne veux pas que tu aies ce décousu dans les pensées, ce peu d’esprit de suite, qui est l’apanage des personnes de ton sexe.

La vie doit être une éducation incessante, il faut tout apprendre, depuis parler jusqu’à mourir.

Et, bien que j’aie de grands besoins (dont je ne dis mot), je me ferais plutôt pion dans un collège que d’écrire quatre lignes pour de l’argent. J’aurais pu être riche, j’ai tout envoyé faire f… et je reste comme un Bédouin dans mon désert et dans ma noblesse.

Les plus forts y ont péri. L’art est un luxe ; il veut des mains blanches et calmes. On fait d’abord une petite concession, puis deux, puis vingt. On s’illusionne sur sa moralité pendant longtemps. Puis on s’en f… complètement et puis on devient imbécile, tout à fait, ou approchant. 

L’artiste doit être dans son œuvre comme Dieu dans la création, invisible et tout-puissant, qu’on le sente partout, mais qu’on ne le voie pas. Et puis l’art doit s’élever au-dessus des affections personnelles et des susceptibilités nerveuses ! il est temps de lui donner, par une méthode impitoyable, la précision des sciences physiques !

Les hommes trouveront toujours que la chose la plus sérieuse de leur existence, c’est jouir.

La femme, pour nous tous, est l’ogive de l’infini. Cela n’est pas noble, mais tel est le vrai fond du mâle.

Bien des choses s’expliqueraient si nous pouvions connaître notre généalogie véritable, car les éléments qui font un homme étant bornés, les mêmes combinaisons doivent se reproduire. Ainsi l’hérédité est un principe juste qui a été mal appliqué. 

Les sciences psychologiques resteront où elles gisent, c’est-à-dire dans les ténèbres et la folie, tant qu’elles n’auront pas une nomenclature exacte et qu’il sera permis d’employer la même expression pour signifier les idées les plus diverses.

Les grandes natures, qui sont les bonnes, sont avant tout prodigues et n’y regardent pas de si près à se dépenser. Il faut rire et pleurer, aimer, travailler, jouir et souffrir, enfin vibrer autant que possible dans toute son étendue. Voilà, je crois, le vrai humain.

Bien que je sois dans le troupeau de ses petits-fils, cet homme (J.-J. Rousseau) me déplaît. Je crois qu’il a eu une influence funeste ? C’est le générateur de la démocratie envieuse et tyrannique. Les brumes de sa mélancolie ont obscurci dans les cerveaux français l’idée du droit.

Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. 

Imaginez un homme qui, avec des balances de mille coudées, voudrait peser le sable de la mer. Quand il aurait empli ses deux plateaux, ils déborderaient et son travail ne serait pas plus avancé qu’au commencement. Toutes les philosophies en sont là. Elles ont beau dire : « Il y a un poids cependant, il y a un certain chiffre qu’il faut savoir, essayons » ; on élargit les balances, la corde casse et toujours, ainsi toujours !

Le but ! la cause ! mais nous serions Dieu, si nous tenions la cause, et à mesure que nous irons, elle se reculera indéfiniment, parce que notre horizon s’élargira. Plus les télescopes seront parfaits, et plus les étoiles seront nombreuses. Nous sommes condamnés à rouler dans les ténèbres et dans les larmes.

Tout dépend de la valeur que nous donnons aux choses. C’est nous qui faisons la moralité et la vertu. Le cannibale qui mange son semblable est aussi innocent que l’enfant qui suce son sucre d’orge. 

Le roman, selon moi, doit être scientifique, c’est-à-dire rester dans les généralités probables.

On n’est idéal qu’à la condition d’être réel, et on n’est vrai qu’à force de généraliser.

Tout le progrès qu’on peut espérer, c’est de rendre la brute un peu moins méchante. Mais quant à hausser les idées de la masse, à lui donner une conception de Dieu plus large et partant moins humaine, j’en doute, j’en doute.

Je ne veux avoir ni amour, ni haine, ni pitié, ni colère. Quant à la sympathie, c’est différent : jamais on n’en a assez.

La muse, si revêche qu’elle soit, donne moins de chagrin que la femme. Je ne peux accorder l’une avec l’autre. Il faut opter. Mon choix est fait depuis longtemps.

Les hommes purement intellectuels ont rendu plus de services au genre humain que tous les saint Vincent de Paul du monde. Et la politique sera une éternelle niaiserie tant qu’elle ne sera pas une dépendance de la science.

On se paie de mots dans cette question de l’immortalité, car la question est de savoir si le moi persiste. L’affirmative me paraît une outrecuidance de notre orgueil, une protestation de notre faiblesse contre l’ordre éternel. La mort n’a peut-être pas plus de secrets à nous révéler que la vie ?

Ce ne sont pas en effet les grands malheurs qui sont à craindre dans la vie, mais les petits, j’ai plus peur de piqûres d’épingles que de coups de sabre, de même on n’a pas besoin à toute heure de dévouements et de sacrifices, mais il nous faut toujours de la part d’autrui des semblants d’amitié et d’affection, des attentions et des manières.

Le paysan, qui est plat comme une punaise par amour de son bien, se transforme en bête féroce dès qu’il a perdu sa vache. 

Tout homme (selon moi) si infime qu’il soit, a droit à une voix, la sienne, mais n’est pas l’égal de son voisin, lequel peut le valoir cent fois. Dans une entreprise (société anonyme) chaque actionnaire vote en raison de son apport : il en devrait être ainsi dans le gouvernement d’une nation. Je vaux bien vingt électeurs de Croisset ; l’argent, l’esprit et la race même doivent être comptés, bref toutes les forces, or, jusqu’à présent je n’en vois qu’une : le nombre.

La masse, le nombre est toujours idiot. Je n’ai pas beaucoup de convictions, mais j’ai celle-là fortement. Cependant il faut respecter la masse, si inepte qu’elle soit, parce qu’elle contient des germes d’une fécondité incalculable. Donnez-lui la liberté, mais non le pouvoir.

Nous ne souffrons que d’une chose : la bêtise. Mais elle est formidable et universelle. Quand on parle de l’abrutissement de la plèbe, on dit une chose injuste, incomplète. Conclusion : il faut éclairer les classes éclairées. Commencez par la tête, c’est ce qui est le plus malade, le reste suivra.

Quand tout le monde pourra lire le Petit Journal et le Figaro, on ne lira pas autre chose, puisque le bourgeois, le monsieur riche ne lit rien de plus. La presse est une école d’abrutissement, parce qu’elle dispense de penser. Le premier remède serait d’en finir avec le suffrage universel, la honte de l’esprit humain.

Pour que la France se relève, il faut qu’elle passe de l’inspiration à la Science, qu’elle abandonne toute métaphysique, qu’elle entre dans la critique, c’est-à-dire dans l’examen des choses.

Je crois que la foule, le troupeau sera toujours haïssable ; il n’y a d’important qu’un petit groupe d’esprits, toujours les mêmes, et qui se repassent le flambeau. Tant qu’on ne s’inclinera pas devant les mandarins, tant que l’Académie des sciences ne sera pas le remplaçant du pape, la politique tout entière et la société, jusque dans ses racines, ne sera qu’un ramassis de blagues écœurantes.

Le peuple est un éternel mineur, et il sera toujours (dans la hiérarchie des éléments sociaux) au dernier rang, puisqu’il est le nombre, la masse, l’illimité.

Je hais la démocratie (telle du moins qu’on l’entend en France) c’est-à-dire l’exaltation de la grâce au détriment de la justice, la négation du droit, en un mot l’anti-sociabilité.

Les ouvriers de luxe sont inutiles dans la société où la plèbe domine.

Nous périssons par l’indulgence, par la clémence, par la vacherie et (j’en reviens à mon éternel refrain) par le manque de justice !

La méthode est tout ce qu’il y a de plus haut dans la critique, puisqu’elle donne le moyen de créer. 

Je me suis remis à travailler, car l’existence n’est tolérable que si on oublie sa misérable personne.

Le principal en ce monde est de tenir son âme dans une région haute, loin des fanges bourgeoises et démocratiques. Le culte de l’art donne de l’orgueil ; on n’en a jamais trop, telle est ma morale.

On devrait faire de l’art exclusivement pour soi : on n’en aurait que les jouissances ; mais, dès qu’on veut faire sortir son œuvre du « silence du cabinet », on souffre trop, surtout quand on est, comme moi, un véritable écorché. Le moindre contact me déchire. Je suis plus que jamais irascible, intolérant, insociable, exagéré, Saint-Polycarpien.

La légitimité n’est pas plus viable que la Commune, ce sont deux âneries historiques.

La première qualité pour voir est de posséder de bons yeux. Or, s’ils sont troublés par les passions, c’est-à-dire par un intérêt personnel, les choses vous échappent. Un bon cœur donne tant d’esprit.

Quand on réfléchit un peu sérieusement, on est tenté de se casser la gueule. C’est pourquoi il faut agir. Le livre qu’on lit a beau être bête, il importe de le finir ; celui qu’on entreprend peut être idiot, n’importe ! écrivons-le ! La fin de Candide « cultivons notre jardin » est la plus grande leçon de morale qui existe.

On n’arrange pas sa destinée, on la subit.

Quand on devient vieux, les habitudes sont une tyrannie..... Tout ce qui s’en va, tout ce que l’on quitte a le caractère de l’irrévocable, et on sent la mort marcher sur vous. Si à la ruine intérieure que l’on sent très bien, des ruines du dehors s’ajoutent, on est tout simplement écrasé.

Dans l’idéal que j’ai de l’art, je crois qu’on ne doit rien montrer de sesconvictions et que l’artiste ne doit pas plus apparaître dans son œuvre que Dieu dans la nature. L’homme n’est rien, l’œuvre tout !

Autant que possible, il ne faut jamais rêver qu’à un objet en dehors de nous, autrement on tombe dans l’océan de tristesse.

La table d’hôte, la cloche ! et tout le reste ! cette vie de bestiaux qu’on mène ensemble a quelque chose qui nous ravale. C’est le rêve moderne, démocratie, égalité !

Les morts sont plus agréables que les trois quarts des vivants, les souvenirs de cette nature sont pleins de douceur, quand on a passé par les grandes amertumes.

Quand je découvre une mauvaise assonance ou une répétition dans une de mes phrases, je suis sûr que je patauge dans le faux ; à force de chercher, je trouve l’expression juste qui était la seule et qui est, en même temps, l’harmonieuse. Le mot ne manque jamais quand on possède l’idée.

Si le lecteur ne tire pas d’un livre la moralité qui doit s’y trouver, c’est que le lecteur est un imbécile ou que le livre est faux au point de vue de l’exactitude. Car du moment qu’une chose est vraie, elle est bonne. Les livres obscènes ne sont même immoraux que parce qu’ils manquent de vérité. Ça ne se passe pas comme ça dans la vie.

Le succès est une conséquence et ne doit pas être un but.

S’écarter des journaux ! la haine de ces boutiques-là est le commencement de l’amour du Beau. Elles sont par essence hostiles à toute personnalité un peu au-dessus des autres. L’originalité, sous quelque forme qu’elle se montre, les exaspère. 

Dans la jeunesse on est vert et dur, on s’attendrit plus tard, et enfin l’on arrive à être blette comme une poire d’edouin.

Tous les procès de presse, tous les empêchements à la pensée me stupéfient par leur profonde inutilité ; l’expérience est là pour prouver que jamais ils n’ont servi à rien. N’importe ! on ne s’en lasse pas. La sottise naturelle est au pouvoir. Je hais frénétiquement ces idiots qui veulent écraser la muse sous les talons de leurs bottes ; d’un revers de sa plume, elle leur casse la gueule et remonte au ciel. Mais ce crime-là, qui est la négation du Saint-Esprit, est le plus grand des crimes et peut-être le seul crime.

Voici un verset d’Isaïe que je me répète sans cesse, et qui m’obsède, tant je le trouve sublime : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds du messager qui apporte de bonnes nouvelles ». Creuse-moi ça, songes-y ! quel horizon ! quelle bouffée de vent dans la poitrine ! 

« Tout pour les dames », ça se dit, mais « l’art avant tout », ça se pratique.

L’histoire des arts n’est qu’un martyrologe ; tout ce qui est escarpé est plein de précipices, tant mieux ! moins de gens peuvent y atteindre.

Voilà la vraie immoralité : l’ignorance et la bêtise ; le diable n’est pas autre chose. Il se nomme Légion.

Du moment que vous vous élevez, on (l’éternel et exécrable on) vous rabaisse. C’est pour cela que l’autorité est haïssable essentiellement. Je demande ce qu’elle a jamais fait de bien dans le monde.

Il ne suffit pas d’avoir de l’esprit. Sans le caractère, les œuvres d’art, quoi qu’on fasse, seront toujours médiocres ; l’honnêteté est la première condition de l’esthétique.

Ce qui nous manque, ce sont les principes. On a beau dire, il en faut, reste à savoir lesquels. Pour un artiste, il n’y en a qu’un : tout sacrifier à l’art. La vie doit être considérée par lui comme un moyen, rien de plus, et la première personne dont il doit se f… c’est de lui-même.

Et puis ceux qu’on croit ne plus aimer, on les aime encore. — Rien ne s’éteint complètement. Après le feu la fumée, qui dure plus longtemps que lui.

Le succès matériel ne doit être qu’un résultat, et jamais un but. Autrement, on perd la boule, on n’a même plus le sens pratique. Faisons bien, puis advienne que pourra !

Il ne faut plaindre la mort que des heureux, c’est-à-dire celle de fort peu de gens.

Le mépris de la gloriole et du gain est la première marche pour atteindre au Beau, la morale n’étant qu’une partie de l’esthétique, mais sa condition foncière.

Les honneurs déshonorent ; le titre dégrade ; la fonction abrutit. 

La vraie force est l’exagération de la souplesse. L’artiste doit contenir un saltimbanque.

Il n’y a de bête, en fait d’art, que : 1o le gouvernement, 2o les directeurs de théâtre, 3o les éditeurs, 4o les rédacteurs en chef des journaux, 5o les critiques autorisés ; enfin tout ce qui détient le pouvoir, parce que le pouvoir est essentiellement stupide. Depuis que la terre tourne, le Bien et le Beau ont été en dehors de lui.

Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis : 1o le public, parce que le style le contraint à penser, l’oblige à un travail ; 2o le gouvernement, parce qu’il sent en nous une force, et que le pouvoir n’aime pas un autre pouvoir. Les gouvernements ont beau changer, monarchie, empire ou république, peu importe ! l’esthétique ne change pas. De par la vertu de leur place, les agents, administrateurs et magistrats, ont le monopole du goût.

La réalité ne se plie point à l’idéal, mais le confirme. 

La somme de félicité départie à chacun de nous est mince et quand nous en avons dépensé quelque peu, nous sommes tout moroses.

La bonne et la mauvaise société doivent être étudiées, la vérité est danstout, comprenons chaque chose et n’en blâmons aucune, c’est le moyen de savoir beaucoup et d’être calme, et c’est quelque chose que d’être calme, c’est presque être heureux.

La contemplation des belles choses rend toujours tristes pour un certain temps. On dirait que nous ne sommes faits que pour supporter une certaine dose de beau, un peu plus nous fatigue. Voilà pourquoi les nations médiocres préfèrent la vue d’un fleuve à celle de l’Océan, et pourquoi il y a tant de gens qui proclament Béranger le premier poète français.

Ne me parlez pas des temps modernes en fait de grandiose. Il n’y a pas de quoi satisfaire l’imagination d’un feuilletoniste de dernier ordre.

Il n’y a pour moi dans le monde que les beaux vers, les phrases bien tournées, harmonieuses, chantantes, les beaux couchers de soleil, les clairs de lune, les tableaux colorés, les marbres antiques et les têtes accentuées. Au delà, rien.

L’obligation où l’on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte, et de détester les autres coins en vert ou en noir, m’a paru toujours étroite, bornée, et d’une stupidité finie.

Le cynisme est une merveilleuse chose en cela qu’étant la charge du vice il en est en même temps le correctif et l’annihilation.

Les femmes ne comprennent pas qu’on puisse aimer à des degrés différents ; elles parlent beaucoup de l’âme, mais le corps leur tient fort au cœur, car elles voient tout l’amour mis en jeu dans l’acte du corps ; on peut adorer une femme et aller chaque soir chez les filles.

Il faut que chaque œuvre maintenant ait sa signification morale, son enseignement gradué, il faut donner une portée philosophique à un sonnet, qu’un drame tape sur les doigts aux monarques et qu’une aquarelle adoucisse les mœurs. L’avocasserie se glisse partout, la rage de discourir, de pérorer, de plaider ; la Muse devient le piédestal de mille convoitises.

Les beaux fragments ne font rien ; l’unité, l’unité, tout est là. L’ensemble, voilà ce qui manque à tous ceux d’aujourd’hui, aux grands comme aux petits. Mille beaux endroits, pas une œuvre.

Je me fais fort de soutenir dans une thèse qu’il n’y a pas une critique de bonne depuis qu’on en fait, que ça ne sert à rien qu’à embêter les autres et à abrutir le public ; on fait de la critique quand on ne peut pas faire de l’art, de même qu’on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.

Quand on observe avec un peu d’attention la vie on y voit les cèdres moins hauts et les roseaux plus grands.

Nier l’existence des sentiments tristes parce qu’ils sont tristes, c’est nier le soleil tant qu’il n’est pas midi.

Il faut se méfier de tout ce qui ressemble à de l’inspiration et qui n’est souvent que du parti pris et une exaltation factice que l’on s’est donnée volontairement et qui n’est pas venue d’elle-même ; d’ailleurs on ne vit pas dans l’inspiration : Pégase marche plus souvent qu’il ne galope, tout le talent est de savoir lui faire prendre les allures qu’on veut.

Comme si nous n’avions pas assez de notre passé nous remâchons celui de l’humanité entière et nous nous délectons dans cette amertume voluptueuse. Qu’ importe après tout s’il n’y a que là qu’on puisse vivre ! S’il n’y a qu’à cela qu’on puisse penser sans dédain et sans pitié !

La patrie est peut-être comme la famille, on n’en sent bien le prix que lorsqu’on n’en a plus.

A mesure que je me détache des artistes, je m’enthousiasme davantage pour l’art ; la mer paraît immense vue du rivage, montez sur le sommet des montagnes, la voilà plus grande encore ; embarquez-vous dessus, tout disparaît, des flots, des flots.

Le génie n’est pas rare maintenant, mais ce que personne n’a plus et ce qu’il faut tâcher d’avoir, c’est la conscience.

Ce qui nous manque à tous, ce n’est pas le style ni cette flexibilité de l’archet et des doigts désignée sous le nom de talent. Nous avons un orchestre nombreux, une palette riche, des ressources variées. En fait de ruses et de ficelles, nous en savons beaucoup plus qu’on n’en a peut-être jamais su. Non, ce qui nous manque c’est le principe intrinsèque. C’est l’âme de la chose, l’idée même du sujet. Nous prenons des notes, nous faisons des voyages, misère, misère ! Nous devenons savants, archéologues, historiens, médecins, gnaffes et gens de goût. Qu’est-ce que tout ça y fait ? Mais le cœur ? la verve ; d’où partir et où aller ?

Ce qui nous manque, c’est l’audace. A force de scrupule, nous ressemblons à ces pauvres dévots qui ne vivent pas, de peur de l’enfer, et qui réveillent leur confesseur de grand matin pour s’accuser d’avoir eu la nuit des rêves amoureux. Ne nous inquiétons pas tant du résultat. Aimons, aimons, qu’importe l’enfant dont accouchera la Muse ; le plus pur plaisir n’est-il pas dans ses baisers ?

Exhumer, dans ce qu’on rejetait comme hors d’usage, des trésors nouveaux de plastique et de sentiment, découvrir dans l’univers de l’amour un sentiment nouveau et appeler à son exploitation des milliers d’êtres qui s’en trouvaient rejetés, cela n’est-il pas spirituel et sublime ?

Je porte une haine aiguë et perpétuelle à quiconque taille un arbre pour l’embellir, châtre un cheval pour l’affaiblir, à tous ceux qui coupent les oreilles ou la queue des chiens, à tous ceux qui font des paons avec des ifs, des sphères et des pyramides avec du buis ; à tous ceux qui restaurent, badigeonnent, corrigent, aux éditeurs d’expurgata, aux chastes voileurs de nudités profanes, aux arrangeurs d’abrégés et de raccourcis ; à tous ceux qui rasent quoi que ce soit pour lui mettre une perruque, et qui, féroces dans leur pédantisme, impitoyables dans leur ineptie, s’en vont amputant la nature, ce bel art du bon Dieu, et crachant sur l’art, cette autre nature que l’homme porte en lui comme Jéhovah porte l’autre et qui est la cadette ou peut-être l’aînée.

Ne croyez pas les mains sans gants plus robustes que les autres ; on peut être las de tout sans rien connaître, fatigué de traîner sa casaque sans avoir luWerther ni René, et il n’y a pas besoin d’être reçu bachelier pour se brûler la cervelle.

Oh ! que la forme humaine est belle quand elle apparaît dans sa liberté native, telle qu’elle fut créée au premier jour du monde.

Le cœur, comme l’estomac, veut des nourritures variées.

Ce qu’on demande aujourd’hui, n’est-ce pas plutôt tout le contraire du nu, du simple et du vrai ? Fortune et succès à ceux qui savent revêtir et habiller les choses ! Le tailleur est le roi du siècle, la feuille de vigne en est le symbole ; lois, arts, politique, caleçon partout ! Libertés menteuses, meubles plaqués, peinture à la détrempe, le public aime ça. Donnez-lui-en, fourrez-lui-en, gorgez cet imbécile !

Ce n’est pas de sacrifices que le cœur a faim, mais de confidences. 

Il me semble que Michel-Ange est quelque chose d’inouï, comme serait un Homère shakespearien, un mélange d’antique et de moyen âge, je ne sais quoi.

Dans les confidences les plus intimes, il y a toujours quelque chose que l’on ne dit pas.

Dieu sait le commencement et la fin de l’homme ; le milieu, l’art, comme lui dans l’espace, doit rester suspendu dans l’infini, complet en lui-même, indépendant de son producteur.

Pour avoir du talent il faut être convaincu qu’on en possède, et pour garder sa conscience pure, la mettre au-dessus de celles de tous les autres. Le moyen de vivre avec sérénité et au grand air, c’est de se fixer sur une pyramide quelconque, n’importe laquelle, pourvu qu’elle soit élevée et la base solide. Ah ! ce n’est pas toujours amusant et l’on est tout seul, mais on se console en crachant d’en haut. 

Il n’est pas de sottise ni de vice qui ne trouve son compte et ses rêves. Je trouve que l’homme maintenant est plus fanatique que jamais, mais de lui ; il ne chante autre chose, et dans cette pensée qui saute par-dessus les soleils, dévore l’espace et hêle après l’infini, comme dirait Montaigne, il ne trouve rien de plus grand que cette misère même de la vie dont elle tâche sans cesse de se dégager.

Je défie aucun dramaturge d’avoir l’audace de mettre en scène sur le boulevard un ouvrier voleur. Non : là il faut que l’ouvrier soit honnête homme, tandis que le monsieur est toujours un gredin ; de même qu’aux Français la jeune fille est pure, car les mamans y conduisent leurs demoiselles.

L’orgueil est une bête féroce qui vit dans les cavernes et dans les déserts, la vanité au contraire, comme un perroquet, saute de branche en branche et bavarde en pleine lumière. 

Il y a de par le monde une conjuration géniale et permanente contre deux choses, à savoir, la poésie et la liberté ; les gens de goût se chargent d’exterminer l’une, comme les gens d’ordre de poursuivre l’autre.

Si la littérature moderne était seulement morale, elle deviendrait forte ; avec de la moralité disparaîtraient le plagiat, le pastiche, l’ignorance, les prétentions exorbitantes ; la critique serait utile et l’art naïf, puisque ce serait alors un besoin et non une spéculation.

Je suis sûr d’ailleurs que les hommes ne sont pas plus frères que les feuilles des bois ne sont pareilles, elles se tourmentent ensemble, voilà tout ; ne sommes-nous pas faits avec les émanations de l’Univers ?

Nos passions sont comme les volcans, elles grondent toujours, mais l’éruption n’est qu’intermittente.

L’humanité nous hait, nous ne la servons pas et nous la haïssons ; car elle nous blesse. Aimons-nous donc en l’Art comme les mystiques s’aiment en Dieu et que tout pâlisse devant cet amour. Que toutes les autres chandelles dela vie disparaissent devant ce grand soleil.

La Passion s’arrange mal de cette longue patience que demande le métier. L’art est assez vaste pour occuper tout un homme ; en distraire quelque chose est presque un crime, c’est un vol fait à l’idée, un manque au devoir.

Écrivains que nous sommes et toujours courbés sur l’art, nous n’avons guère avec la nature que des communications imaginatives, il faut quelquefois regarder la lune ou le soleil en face. La sève des arbres nous entre au cœur par les longs regards stupides que l’on tient sur eux. Comme les moutons qui broutent du thym parmi les prés, ont ensuite la chair plus savoureuse, quelque chose des saveurs de la nature doit pénétrer notre esprit s’il s’est bien roulé sur elle. 

Il n’y a qu’un beau, c’est le même partout, mais il a des aspects différents, il est plus ou moins coloré par les reflets qui le dominent.

Les hautes idées poussent à l’ombre et au bord des précipices comme les sapins.

Quand on aura, pendant quelque temps, traité l’âme humaine avec l’impartialité que l’on met dans les sciences physiques à étudier la matière, on aura fait un pas immense ; c’est le seul moyen à l’humanité de se mettre un peu au-dessus d’elle-même. Elle se considérera alors franchement, purement dans le miroir de ses œuvres, elle sera comme Dieu, elle se jugera d’en haut.

L’industrialisme a développé le laid dans des proportions gigantesques ! Combien de braves gens qui, il y a un siècle, eussent parfaitement vécu sans beaux-arts, et à qui il faut maintenant de petites statuettes, de petite musique et de petite littérature ! 

Ce ne sont pas les Napolitains qui entendent la couleur, mais les Hollandais et les Vénitiens : comme ils étaient toujours dans le brouillard, ils ont aimé le soleil.

Le rêve du socialisme, n’est-ce pas de pouvoir faire asseoir l’humanité monstrueuse d’obésité, dans une niche toute peinte de jaune comme dans les gares de chemins de fer, et qu’elle soit là à se dandiner sur son siège, ivre, béate, les yeux clos, digérant son déjeuner, attendant le dîner et faisant sous elle.

Une réaction terrible se fait dans la conscience moderne contre ce qu’on appelle l’Amour. Cela a commencé par des rugissements d’ironie (Byron, etc.), et le siècle tout entier regarde à la loupe et dissèque sur sa table la petite fleur du sentiment qui sentait si bon… jadis !

Il faut toujours espérer quand on désespère, et douter quand on espère. 

Lisez les grands maîtres en tâchant de saisir leur procédé, de vous rapprocher de leur âme, et vous sortirez de cette étude avec des éblouissements qui vous rendront joyeux. Vous serez comme Moïse en descendant du Sinaï. Il avait des rayons autour de la face, pour avoir contemplé Dieu.

Je parie que, dans cinquante ans seulement, les mots : Problème social, moralisation des masses, progrès et démocratie seront passés à l’état de « rengaine » et apparaîtront aussi grotesques que ceux de : sensibilité, nature, préjugés et doux liens du cœur, si fort à la mode vers la fin du dix-huitième siècle.

Il faut, quand on veut faire de l’art, se mettre au-dessus de tous les éloges et de toutes les critiques. Quand on a un idéal net, on tâche d’y monter en droite ligne, sans regarder à ce qui se trouve en route.

Le principal en ce monde est de tenir son âme dans une région haute, loin des fanges bourgeoises et démocratiques. Le culte de l’art donne de l’orgueil ; on n’en a jamais trop.

Il n’y a rien de plus mélancolique que les beaux soirs d’été. Les forces de la nature éternelle nous font mieux sentir le néant de notre pauvre individualité.

Les guerres de races vont peut-être recommencer. On verra, avant un siècle, plusieurs milliers d’hommes s’entretuer en une séance… Peut-être aussi la Prusse va-t-elle recevoir une forte raclée qui entrait dans les desseins de la Providence, pour rétablir l’équilibre européen ? Ce pays-là tendait à s’hypertrophier, comme la France l’a fait sous Louis XIV et Napoléon. Les autres organes s’en trouvent gênés. De là un trouble universel. Des saignées formidables seraient-elles utiles ?

Les armées de Napoléon Ier ont commis des horreurs, sans doute. Mais ce qui les composait, c’était la partie inférieure du peuple français, tandis que, dans l’armée de Guillaume, c’est tout le peuple allemand qui est le coupable.

Quelle barbarie ! quelle reculade… Ces officiers, qui cassent des glaces en gants blancs, qui savent le sanscrit et qui se ruent sur le champagne, qui vous volent votre montre et vous envoient ensuite leur carte de visite, cette guerre pour de l’argent, ces civilisés sauvages me font plus horreur que les cannibales.

Toute gentillesse, comme eût dit Montaigne, est perdue pour longtemps, un monde va commencer ; on élèvera les enfants dans la haine des Prussiens.

 

 

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04 août 2012

molotov..........en ces temps incertain ........une certaine utilité......

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Cocktail Molotov

Un cocktail Molotov est une arme incendiaire artisanale dont le composant principal est une bouteille en verre en partie remplie de liquide inflammable, habituellement de l'essence ou de l'alcool.

Bien que communément associée aux forces militaires irrégulières et aux manifestations, les cocktails Molotov sont également massivement utilisés par les armées régulières en manque d'armes anti-char. Dans le civil, elles sont plus fréquemment utilisées lors d'épisodes d'insurrection urbaine.

 

Historique

Le terme « cocktail Molotov » est un hommage ironique des soldats finlandais à Viatcheslav Molotov, ministre des affaires étrangères de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale, plus exactement lors de la Guerre d'Hiver.

L'armée finlandaise était mal équipée en armes antichars et largement dépassée en nombre contre les chars d'assaut de l'Armée rouge, aussi emprunta-t-elle un dispositif incendiaire improvisé de la Guerre d'Espagne (1936-1939). Dans ce conflit, les nationalistes du général Francisco Franco avaient utilisé cette arme contre les chars T-26 soviétiques qui soutenaient les républicains espagnols lors d'un échec de soutien à l'infanterie près de Tolède : un cocktail Molotov lancé sur un char, en particulier dans la zone du bloc moteur, détruisit le blindé, la chaleur faisant prendre feu à son réservoir d'essence et fondre certains tuyaux d'alimentation, les flammes privèrent aussi le moteur en alimentation en oxygène.

Quand Molotov clama dans des émissions de radio que l'Union soviétique ne bombardait pas mais livrait plutôt de la nourriture aux Finlandais affamés, ceux-ci commencèrent à appeler les bombes aériennes soviétiques les « paniers pique-nique de Molotov ». Bientôt ils répondirent en saluant l'avancée des chars soviétiques avec des « cocktails Molotov ». D'abord le terme a été employé pour décrire seulement le mélange brûlant lui-même, mais dans l'utilisation pratique le terme a été bientôt appliqué par métonymie à la combinaison de la bouteille et de son contenu.

L'utilisation finlandaise de cette bombe incendiaire à main se répandit très vite à travers toute l'Europe durant la guerre, malgré les dangers de son utilisation pour le lanceur.

La production de ces armes artisanales commença en série dans une distillerie d'État à Rajamäki. Elles évoluèrent, en contenant des capsules d'acide sulfurique qui enflammaient le liquide lors du bris de la bouteille, évitant ainsi d'avoir à allumer une mèche. Entre décembre 1939 et mars 1940, cette usine de 92 personnes produisit 542 194 cocktails Molotov.

Pendant la Guerre israélo-arabe de 1948, les membres du kibboutz israélien de Degania sont parvenus à arrêter un assaut syrien de chars en utilisant des cocktails Molotov. Ils ont été aussi fréquemment employés contre les chars soviétiques avec une grande efficacité lors de l'insurrection de Budapest en 1956.

Aujourd'hui ces armes sont parfois utilisées lors d'émeutes ou de manifestations violentes.

Principe de fonctionnement

Une bouteille en verre est partiellement remplie de liquide inflammable, habituellement essence ou alcool (généralement méthanol ou éthanol). L'embout de la bouteille est bouché par le haut avec un bouchon hermétique (essentiellement liège ou caoutchouc). Un morceau de tissu est solidement fixé autour du haut de la bouteille; juste avant l'emploi, le chiffon est imbibé de liquide inflammable, et allumé. Lancée sur la cible, la bouteille se brise sur l'impact, répandant sur la cible son contenu inflammable, qui est alors mis à feu par le chiffon en flamme.

Variantes

Une variante consiste à utiliser ensemble deux réactifs hypergoliques. La bouteille sera ainsi remplie du premier, tandis que le chiffon sera imbibé du second. L'avantage majeur étant qu'il n'est dans ce cas pas nécessaire d'incendier le chiffon, la réaction chimique qui découle du mélange des deux substances se traduisant par une violente explosion. Cette méthode reste néanmoins très peu employée du fait de la dangerosité de réalisation d'un tel projectile.

Au cours de l'histoire, diverses substances ont été ajoutées au cocktail Molotov de base pour en augmenter sa capacité destructrice :

  • des substances auto-inflammables (telles que le phosphore blanc) garantissent l'explosion de la bouteille lorsqu'elle frappe la cible ;
  • des agents épaississants tels que le goudron qui font coller le liquide brûlant sur la cible, le goudron cause aussi une épaisse fumée noire opaque ;
  • de l'acide qui aide à pénétrer les surfaces non-inflammables.
  • de la poudre noire (« Méthode Omega ») qui permet à la préparation d'avoir des effets explosifs.
  • Une petite quantité de détergent (liquide vaisselle par exemple) empêche l'essence de s'évaporer trop vite et lui permet de brûler plus longtemps.

Les cocktails Molotov sont semblables au principe des bombes au napalm. Le napalm (acronyme de naphtalène et palmitate) était à l'origine préparé en associant du naphtalène, de l'essence et de l'acide palmitique comme agent d'épaississement; ces deux derniers étant les ingrédients principaux des cocktails Molotov. Ce type de cocktail Molotov peut également être lancé à partir d'un fusil de chasse modifié.

 

 

 

 

 

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22 décembre 2010

paulo coelho

l5bjtwka

 

 

Chaque être humain est unique, il a ses propres qualités, ses instincts, ses formes de plaisir. Cependant la société impose une manière d'agir collective, et les gens ne cessent de se demander pourquoi ils doivent se comporter ainsi.

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05 mai 2010

"l'inconnu"

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Un guerrier sait que la fin ne justifie pas les moyens.

Parce qu'il n'existe pas de fin; il n'existe que des moyens.

La vie le transporte de l'inconnu vers l'inconnu. Chaque minute est revêtue de ce passionnant mystère: le guerrier ne sait pas d'ou il vient, ni ou il va.

Mais il n'est pas ici par hasard. Et il se réjouit d'être surpris, il s'enchante de découvrir des paysages nouveaux. Souvent il a peur, mais c'est normal chez un guerrier.

S'il pense uniquement au but de son voyage, il ne prêtera pas suffisament attention aux signes du chemin.

S'il se concentre sur une seul question, il perdra maintes réponses qui se trouvent à sa portée.

Aussi le guerrier se donne-t-il tout entier.


Manuel du guerrier de la lumière Paulo COELHO

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04 mai 2010

" les mots"

Julia_Nikonova

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le guerrier sait que les mots les plus importants, dans toutes les langues, sont de tout petits mots.

OUI, AMOUR, DIEU.

Ce sont des mots qui vous viennent facilement et emplissent de gigantesques espaces vides.

Cependant, il existe un mot, lui aussi trés bref, que beaucoup de gens ont du mal a prononcer: NON.

Celui qui ne dit jamais non pense qu'il est généreux, compréhensif, bien élevé; parce que le non a la réputation d'être maudit, égoïste, primaire.

Le guerrier se garde de tomber dans ce piège.Il y a des moments où, tout en disant oui aux autres, on peut se dire non à soi-même.

Aussi ne dit il jamais oui avec les lèvres si son coeur pense non.


Manuel du guerrier de la lumière Paulo COELHO

Ni non si son coeur pense oui......

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