05 mai 2017

Odd Fellows....... la franc maçonnerie du pauvre.....

 

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Odd Fellows

Les loges d'Oddfellows ou Odd Fellows sont des sociétés amicales qui prétendent généralement être parmi les plus anciennes du monde. Elles furent parmi les premières à former des réseaux d'organismes locaux appelés « loges » et regroupés en « Grandes loges » rayonnant dans toute l'Angleterre à partir du milieu du xviiie siècle, d'une manière un peu similaire à ce que pratiquaient les loges maçonniques anglaises depuis 1717. Comme les loges maçonniques, elles se réclament d'une origine légendaire remontant bien avant, jusqu'aux Guildes du Moyen Âge, l'occupation de la Grande-Bretagne par les Romains, voire la déportation des Hébreux à Babylone.

Principalement anglaises ou américaines, elles furent créées pour la protection de leurs membres dans le besoin à une époque où la protection sociale n'existait pas. Elles prennent la forme d'associations non commerciales. Appartenant ainsi à leurs membres plutôt qu'à des actionnaires, elles leur reversent ce qu'elles gagnent sous la forme de services et d'aides. Tous les membres et leurs familles ont accès aux services de soin de l'association. Elles organisent également des collectes de fonds pour les œuvres caritatives locales et nationales.

Edwardian Hall, ancien hall des Odd Fellows de Redmond (Washington).

 

Histoire

Sociétés fraternelles et guildes

D'après la légende, les origines des sociétés fraternelles remonteraient à l'époque ou les hébreux rentrèrent de leur exil à Babylone en -587.

Plus vérifiable est l'évolution des guildes. Au xiiie siècle, les guildes de marchands étaient bien établies et prospères. Durant le xive siècle, les « maîtres » des guildes auraient restreint l'accès à celles-ci pour protéger leurs privilèges. Par contrecoup, les « compagnons » (fellows), moins expérimentés et moins riches, auraient constitué leurs propres guildes.

Les Odd Fellows

Dans les villages et les petites villes, il n'y avait pas suffisamment de compagnons d'un même métier pour permettre la création d'une guilde locale. C'est pourquoi plusieurs métiers différents se sont rassemblés pour former des guildes de compagnons provenant de différents métiers, donc des guildes de compagnons « dépareillés », en anglais « Odd Fellows ».

Au cours des 300 années suivantes, l'idée de gens n'appartenant ni à la noblesse ni au clergé rassemblant leurs forces pour améliorer leur situation souleva diverses oppositions, voire persécutions, de la part du pouvoir en place. Ce fut le cas par exemple lorsque le roi Henri VIII d'Angleterre se sépara de l'Église catholique romaine: les guildes furent alors considérées comme soutenant le Pape et en 1545 tous leurs biens furent confisqués. Elisabeth I leur retira la responsabilité de l'organisation de l'apprentissage et à la fin de son règne, la plupart des guildes avaient disparu.

Les loges de Oddfellows

La suppression des guildes marqua la fin d'une importante forme de protection sociale et financière pour les hommes et femmes ordinaires. Dans les principales cités, telles que Londres, quelques guildes (comme celles des francs-maçons et celles des Odd Fellows) réussirent à survivre en s'adaptant et en modifiant leur fonctionnement.

Les plus anciennes règles connues pour les loges de Oddfellows remontent à 1730 et à la loge « Aristarcus » de Londres. Aujourd'hui encore, beaucoup de pubsbritanniques portent le nom The Oddfellows ou Oddfellows Arms. Il s'agit toujours d'anciens lieux de réunion de loges deOddfellows.

Évolution

Une conséquence de la Glorieuse Révolution de 1688, qui vit le protestant Guillaume III d'Angleterre remplacer le roi catholique Jacques II d'Angleterre (Jacques VII d'Écosse), fut la scission au milieu du xviie siècle entre l'« Ordre des Oddfellows patriotiques » (The Order of Patriotic Oddfellows), basé dans le sud de l'Angleterre et soutenant Guillaume, et l'« Ordre ancien des Oddfellows » (The Ancient Order of Oddfellows) basé dans le nord et favorable aux Stuarts. En 1789, ces deux ordres se réunirent de nouveau pour former le « Grand Ordre uni des Oddfellows » (Grand United Order of Oddfellows) (à ne pas confondre avec le Grand United Order of Odd Fellows fondé aux États-Unis en 1943).

La Révolution française amena les cours d'Europe à considérer avec méfiance les Oddfellows comme les francs-maçons. De plus, de nombreuses sociétés amicales (Friendly societies) comme celle des Oddfellows inspirèrent au xixe siècle la naissance des syndicats, ce qui augmenta la défiance des pouvoirs en place.

The Independent Order - Manchester Unity

En 1810, des membres des Oddfellows de la région de Manchester, insatisfaits de la manière dont les affaires de l'« ordre uni » étaient conduites, formèrent un ordre indépendant dénommé « Manchester Unity ». Ils encouragèrent beaucoup d'autres loges à travers le pays à quitter le « Grand Ordre uni » et à les rejoindre.

Ils introduisirent en particulier de nouveaux avantages pour leur membres. Notamment le Travel Warrant, qui permettait aux membres qui recherchaient du travail à passer la nuit dans les locaux de l'ordre, gratuitement, n'importe où dans le pays. Ils instaurèrent aussi des programmes de protection sociale mutuelle permettant à leurs membres malades de couvrir leurs frais de consultation médicales ou d'hospitalisation.

L'indépendance du mouvement américain

Les Oddfellows se sont répandus aux États-Unis au début du xixe siècle: Plusieurs loges informelles existaient déjà à New York lorsque la branche américaine de l'ordre fut officiellement fondée à Baltimore en 1819 par Thomas Wildey et affiliée dès l'année suivante à l'ordre Manchester Unity.

En 1834, les Tolpuddle Martyrs, des membres de la société amicale des laboureurs du comté de Dorset, furent déportés en Australie après s'être mis en grève sous l'accusation d'appartenance à une « société amicale illégale ». Le bureau directeur des Oddfellows de Manchester modifia alors à la hâte la constitution et les rituels de leur ordre afin d'éviter un sort similaire à leurs membres. Les membres américains, eux, n'acceptèrent pas ces modifications faites pour satisfaire le gouvernement britannique qu'ils avaient combattu pendant la guerre d'indépendance des États-Unis. Ils déclarèrent donc leur indépendance sous le titre de Independent Order of Odd Fellows1.

Le temps de la légitimité au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les Oddfellows continuèrent d'être regardés avec suspicion par le pouvoir et à plusieurs reprises, jusqu'en 1850, plusieurs aspects de son activité furent déclarés illégaux. Ceci n'empêcha pas l' Independent Order of Oddfellows Manchester Unity Friendly Society de devenir en 1850 la société amicale la plus importante et la plus riche de Grande-Bretagne. Cette croissance était le résultat de la Révolution industrielle, de l'absence de syndicats, et du manque de protection sociale.

En 1911, lorsque le gouvernement libéral mit en place le National Insurance Act, les Oddfellows britanniques protégeaient tant de gens qu'ils étaient devenus la société amicale la plus importante du monde et que le gouvernement reprit leurs tables de calcul des contributions et des remboursements.

La protection sociale d'état et les Oddfellows modernes

L'instauration d'une protection sociale mise en place par les états, notamment après la seconde guerre mondiale, a obligé les Oddfellows a évoluer. Au Royaume-Uni, l'ordre s'est spécialisé dans la gestion de produits financiers au cours de la seconde moitié du xxe siècle. En 1996, il prit la décision de quitter cette activité et de se concentrer sur l'aide sociale et caritative en direction de ses membres, particulièrement les personnes âgées et les handicapés.

Extension internationale du mouvement

Le modèle des Oddfellows fut exporté par les émigrants dans l'ensemble du Commonwealth et du Nouveau Monde. Aujourd'hui, on trouve des Oddfellows dans de très nombreux pays, notamment en AustralieNouvelle-ZélandeAfrique du Sud et aux Antilles. L'ordre américain a établi des loges en AllemagneIslandeDanemarkBelgiqueSuède,Finlande,Estonie,Pays-Bas et dans de nombreux autres pays d'Europe continentale.

Liste de quelques ordres d'Odd Fellows

Royaume-Uni

États-Unis

  • Independent Order of Odd Fellows (IOOF), fondé en 1819 à Baltimore et affilié au Manchester Unity en 1820. Indépendant depuis les années 1830.
  • Grand United Order of Odd Fellows (GUOOF) fondé en 1843.

Australie

  • The Independent Order of Odd Fellows (IOOF).
  • The Grand United Order of Odd Fellows (GUOOF).
  • The Manchester Unity Order of Odd Fellows (MUOOF)

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07 octobre 2015

ca qui ne va pas avec la civilisation.......

Ce qui ne va pas avec la civilisation (Derrick Jensen)

prémisses

Cet article est un extrait du site web http://deepgreenresistance.org/fr/who-we-are/faqs/deep-green-resistance-faqs#dismantle-civilization, pour en savoir plus sur le mouvement Deep Green Resistance.

Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écrivain et activiste écologique américain, partisan du sabotage environnemental, vivant en Californie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contemporaine et de ses valeurs culturelles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000).

Plus de renseignements sur la mouvance, la vision du monde de Derrick Jensen dans cet excellent documentaire qu’est END:CIV, disponible en VERSION ORIGINALE sous-titrée français en cliquant ici.


Quel est le problème avec la civilisation? Pourquoi quiconque voudrait y mettre fin?

Derrick Jensen explore la question dans son livre « Endgame » en deux volumes. Il y cite 20 prémisses en guise de résumé:

Premier prémisse: La civilisation n’est pas et ne sera jamais soutenable. D’autant moins la civilisation industrielle.

Deuxième prémisse: Les communautés traditionnelles abandonnent ou vendent rarement volontairement les ressources dont elles dépendent, tant qu’elles n’ont pas été détruites. Elles ne permettent pas non plus volontairement l’altération de leurs terres dans le but d’extraire d’autres ressources — or, pétrole, etc. Il s’ensuit que ceux qui veulent ces ressources feront ce qu’ils peuvent pour détruire ces communautés traditionnelles.

Troisième prémisse:  Notre mode de vie — la civilisation industrielle — est fondé, requiert, et s’effondrerait très rapidement sans une violence étendue et permanente.

Quatrième prémisse: La civilisation se base sur une hiérarchie clairement définie et largement acceptée et pourtant souvent non-déclarée. La violence exercée par ceux au sommet de cette hiérarchie sur ceux d’en bas est quasiment toujours invisible, c’est-à-dire qu’elle passe inaperçue. Quand elle est remarquée, elle est alors entièrement rationalisée. La violence exercée par ceux d’en bas sur ceux d’en haut est impensable, et quand elle prend place, est considérée avec stupeur, horreur, et voit ses victimes adulées.

Cinquième prémisse: La propriété de ceux du sommet de la hiérarchie est plus importante que celle de ceux d’en bas. Il est acceptable que ceux d’en haut augmentent la quantité de propriétés qu’ils contrôlent — ou dans les mots de tous les jours, de gagner de l’argent — en détruisant ou en prenant la vie de ceux d’en bas. Cela s’appelle production. Si ceux d’en bas endommagent la propriété de ceux d’en haut, ceux d’en haut peuvent tuer, ou détruire les vies de ceux d’en bas. Cela s’appelle justice.

Sixième prémisse: La civilisation n’est pas bonifiable. Cette culture ne subira jamais aucune sorte de transformation volontaire en un mode de vie soutenable. Si on ne la stoppe pas, la civilisation va CONTINUER à paupériser la grande majorité des humains et à dégrader l’état de la planète jusqu’à ce qu’elle (la civilisation, et la planète aussi probablement) s’effondre. Les effets de cette dégradation vont continuer à nuire aux humains et aux non-humains pendant très longtemps.

Septième prémisse: Plus nous attendons que cette civilisation s’effondre — ou plus nous attendons nous-mêmes pour la démanteler — plus l’effondrement sera problématique, et plus les choses seront graves pour les humains et les non-humains qui vivront cela, et pour ceux qui viendront après.

Huitième prémisse: Les besoins du monde naturel sont plus importants que les besoins du système économique.

Une autre version du huitième prémisse: Tout système économique ou social qui ne bénéficie pas aux communautés naturelles sur laquelle il se base est insoutenable, immoral et stupide. La soutenabilité, la moralité et l’intelligence (ainsi que la justice) requièrent le démantèlement de tout système économique ou social de ce genre, ou au minimum qu’on l’empêche d’endommager le monde naturel.

Neuvième prémisse: Bien qu’un jour nous serons à l’évidence moins nombreux qu’aujourd’hui, il y a de multiples manières dont cette réduction de population puisse se passer (ou être achevée, selon la passivité ou l’activité dont on fait preuve à l’approche de cette transformation). Certaines de ces manières peuvent se caractériser par une violence extrême et une privation: une apocalypse nucléaire, par exemple, réduirait à la fois la population et la consommation, de manière horrible; la même chose est vraie d’une croissance sans limites, suivie d’un crash. D’autres manières pourraient être moins violentes. A la vue du degré actuel de violence dont fait preuve cette culture à l’encontre des humains et du monde naturel, il est cependant impossible d’imaginer une réduction de population de de consommation sans violence et privation, pas parce que ces réductions impliqueraient en elles-mêmes de la violence, mais parce que violence et privation sont devenues standards. Toutefois certaines manières de réduire la population et la consommation, quand bien même violentes, consisteraient à faire diminuer le niveau de violence requis et causé par le mouvement (souvent forcé) de ressources des pauvres vers les riches, ce qui provoquerait parallèlement une réduction de la violence à l’encontre du monde naturel. Personnellement et collectivement nous pouvons être capables à la fois de réduire et d’adoucir le caractère de la violence qui se produira lors de cette transformation. Ou peut-être pas. Mais ceci reste certain: si nous n’approchons pas — si nous nous refusons à parler de notre présente situation et de ce que l’on peut faire — la violence en sera indubitablement plus sévère, et la privation plus extrême.

Dixième prémisse: La culture dans son ensemble et la plupart de ses membres sont fous. La culture est dirigée par une pulsion de mort, une pulsion de destruction du vivant.

Onzième prémisse: Depuis le début, cette culture — la civilisation — est une culture d’occupation.

Douzième prémisse: Il n’y a pas de gens riches dans le monde, et pas non plus de gens pauvres. Il y a juste des gens. Les riches possèdent peut-être tout un tas de pièces et de papiers verts censés valoir quelque chose — ou leur prétendue richesse est peut-être encore plus abstraite: des nombres stockés dans des disques durs de banques — et les pauvres ne possèdent peut-être rien de tout ça. Les « riches » prétendent posséder la terre, et les « pauvres » se voient nier le droit d’exprimer de telles prétentions. Un des buts premiers de la police est d’imposer par la force les délires de ceux qui possèdent beaucoup de pièces et de papier vert. Ces délires s’accompagnent de conséquences extrêmes dans le monde naturel.

Treizième prémisse: Ceux au pouvoir règnent par la force, et plus tôt nous nous affranchissons des illusions qui prétendent le contraire, le plus tôt nous pourrons au moins commencer à prendre des décisions raisonnables sur si, quand, et comment nous allons résister.

Quatorzième prémisse: Depuis la naissance — et probablement depuis la conception, mais je ne saurais comment défendre cette assertion — nous sommes individuellement et collectivement éduqués à haïr la vie, haïr le monde naturel, haïr la nature, haïr les animaux sauvages, haïr les femmes, haïr les enfants, haïr nos corps, haïr et craindre nos émotions, nous haïr. Si nous ne détestions pas le monde, nous ne permettrions pas qu’il soit détruit sous nos yeux. Si nous ne nous détestions pas, nous ne permettrions pas que nos maisons — et nos corps — soient empoisonnés.

Quinzième prémisse: L’amour n’implique pas le pacifisme.

Seizième prémisse: Le monde matériel est élémentaire.Cela ne signifie pas que l’esprit n’existe pas, ni que le monde matériel soit tout ce qu’il y ait. Cela signifie que l’esprit se mélange à la chair. Cela signifie aussi que les actions dans le monde réel ont des conséquences bien réelles. Cela signifie que nous ne pouvons compter ni sur Jésus, ni sur le Père Noël, ni sur la déesse mère, ni sur le lapin de Pâques pour nous sortir du pétrin. Cela signifie que cette pagaille est une vraie pagaille, et pas un battement de cil de Dieu. Cela signifie que nous devons y faire face nous-mêmes. ça signifie que durant notre passage sur Terre — et que l’on atterrisse ou pas autre part après la mort, et que l’on soit condamné ou privilégié en vivant ici — la Terre est ce qui importe. Elle est élémentaire. Elle est notre maison. Elle est tout. Il est stupide de penser ou agir comme si ce monde n’était pas réel et élémentaire. Il est stupide et pathétique de ne pas vivre nos vies comme si elles étaient réelles.

Dix-septième prémisse: C’est uneERREUR (ou plus probablement, du déni) de baser nos décisions sur si oui ou non des actions découlant de tout cela vont ou ne vont pas effrayer les gardiens de la bien-pensance, la masse des américains.

Dix-huitième prémisse: notre perception actuelle du « moi » n’est pas plus soutenable que notre usage actuel d’énergie ou de technologie.

Dix-neuvième prémisse: Le problème de cette culture repose principalement sur la croyance selon laquelle contrôler et abuser du monde naturel est justifiable.

Vingtième prémisse: Au sein de cette culture, la finance — et pas le bien-être communautaire, pas la morale, pas l’éthique, pas la justice, pas même la vie — dirige les décisions sociales.

Modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement déterminées (et souvent exclusivement) sur la base de si oui ou non ces décisions entraineront une augmentation des fortunes monétaires des preneurs de décisions et de ceux qu’ils servent.

Re-modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement déterminées (et souvent exclusivement) sur la base de si oui ou non ces décisions augmenteront le pouvoir des preneurs de décisions et de ceux qu’ils servent.

Re-modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement fondées (et souvent exclusivement) sur la croyance quasiment jamais examinée selon laquelle les preneurs de décisions et ceux qu’ils servent sont autorisés à amplifier leur pouvoir et/ou leurs fortunes monétaires au détriment de ceux d’en bas.

Re-modification du vingtième prémisse: Au cœur du problème —si tant est qu’il lui en reste un peu — vous verriez que les décisions sociales sont principalement déterminées sur la base de leurs capacités à servir les orientations de contrôle et de destruction du monde naturel sauvage.

Derrick Jensen

 

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15 août 2015

mythologie et religion nordique.....

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La mythologie nordique est l'ensemble des mythes provenant d'Europe du Nord (plus particulièrement de la Scandinavie et de l'Islande) à la base du système religieux polythéiste pratiqué dans ces régions au haut Moyen Âge avant leur christianisation. Il s'agit d'une variante régionale et historique de la plus vaste mythologie germanique. Aujourd'hui cette mythologie est surtout associée aux Vikings qui ont exporté leurs croyances au-delà de la Scandinavie, on parle alors aussi de mythologie viking. La mythologie nordique met en scène un nombre important de divinités, de créatures fabuleuses et de héros.

Pendant des siècles, les mythes nordiques étaient transmis oralement, notamment par la poésie scaldique qui éleva la narration d'épopées mythologiques en une expression artistique. Un certain nombre de ces poèmes mythologiques a été compilé au xiiie siècle dans l'Edda poétique. L'historien islandais chrétien Snorri Sturluson s'est également servi de la culture orale ancienne pour rédiger son Edda en Prose au xiiie siècle. Ces sources constituent la majorité de nos connaissances sur cette mythologie, complétées par quelques sagas nordiques (dont la plus importante est la Völsunga saga) et textesevhéméristes (comme la Geste des Danois).

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xviiie siècle avec le courant romantique en Europe. Si ces sources demeurent contestées pour de possibles influences chrétiennes, elles mettent en lumière un univers très riche et vaste sur les croyances nordiques anciennes.

 

 

Sources

Cette mythologie reste relativement méconnue, notamment du fait de la fragilité des sources dont on dispose. Longtemps transmise oralement, ce n'est qu'avec l'arrivée des premiers chrétiens en Scandinavie à partir du xe siècle qu'elle est abondamment documentée par écrit. Les meilleures sources de cette tradition religieuse sont à prendre avec prudence car elles ont été transmises et changées par des historiens médiévaux chrétiens, quelques siècles après la christianisation. L'authenticité des croyances païennes est donc incertaine. Le christianisme amène avec lui l'écriture latine, permettant d'enseigner aux Scandinaves l'écriture sur le papier. Les runes, utilisées jusqu'alors, étaient principalement gravées et ne se prêtaient pas à l'écriture de longs textes.

Témoignages archéologiques

L'archéologie est un moyen très utile pour connaître le mode de vie des Vikings notamment en ce qui concerne les pratiques funéraires. L'archéologie a permis de découvrir divers objets en LIEN avec la mythologie comme des amulettes d'Odin ou de petits marteaux de Thor. Pour connaître la mythologie nordique il faut cependant se tourner principalement vers d'autres sources dont la littérature.

L'épigraphie peut également être utilisé puisqu'il existe de nombreuses pierres runiques datées de l'Âge des Vikings dont quelques-unes mentionnent ou représentent des mythes nordiques comme par exemple celle de Nordendorf qui mentionne Thor : "(Que) Thor consacre (ces) runes". On peut également retrouver des représentations de mythes nordiques dans des vestiges archéologiques des îles Britanniques, qui ont fait l'objet d'importantes incursions et colonisations vikings.

Textes mythologiques

Couverture d'un manuscrit duxviiie siècle de l'Edda de Snorri.

Les sources principales pour la mythologie nordique sont les Eddas, rédigées ou compilées aux alentours du xiiie siècle.

L’Edda poétique est un recueil de poèmes anonymes mythologiques et héroïques en vieux norrois composés pour la plupart entre les ixe et xiiie siècles (bien que certaines strophes sont peut-être plus anciennes encore), et trouvés dans le manuscrit de la fin du xiiie siècle Codex Regius, mais il s'agit probablement d'une copie d'un original remontant à 1210-1240. À l'époque moderne, d'autres poèmes mythologiques issus de divers manuscrits nordiques anciens ont été greffés à l'ensemble que l'on appelle désormais l'Edda poétique.

L’Edda en prose est un manuel de mythologie et de poésie rédigé vers 1220 par Snorri Sturluson, poète et diplomate chrétien islandais. Celui-ci y a manifestement paraphrasé des poèmes connus de l'Edda poétique, qu'il cite à nombreuses reprises dans l'ouvrage, mais aussi d'autres poèmes et mythes qui ne nous sont pas parvenus dans d'autres sources. L'Edda de Snorri est essentiel pour la compréhension de la mythologie nordique, qui sans elle nous serait restée obscure et fragmentaire. Toutefois le récit de Snorri a fait l'objet de critiques quant à des influences chrétiennes, ou des embellissements littéraires de l'auteur.

La poésie scaldique était en général composée en l'honneur d'un roi, et se caractérise par sa complexité. Certains poèmes ont une valeur mythologique, et ils sont souvent préservés uniquement dans les textes de Snorri ou dans certaines sagas. Parmi les plus anciennes descriptions de mythes nordiques on trouve certains poèmes scaldiques, notamment la Ragnarsdrápa et le Haustlǫng, composés au ixe siècle et préservés en partie dans l'Edda de Snorri. D'autres poèmes scaldiques racontent des histoires originales imaginées par les auteurs mais qui reflètent la croyance religieuse de l'époque ; les poèmes Eiríksmál et Hákonarmálracontent l'accueil à la Valhöll par les dieux de certains rois norvégiens défunts que les auteurs souhaitaient honorer.

La Völsunga saga, rédigée également au xiiie siècle en vieux norrois, raconte le mythe du clan héroïque des Völsungs, dont Sigurd est le personnage le plus célèbre. Son mythe est également raconté dans les poèmes eddiques héroïques, et brièvement dans l'Edda de Snorri. Une variante continentale germanique du mythe existe également, la Chanson des Nibelungen, rédigée en moyen haut-allemand au xiiie siècle, où Sigurd porte le nom de Siegfried.

Textes évhéméristes

Première page du parcheminFragments d'Angers, le texte original de la Gesta Danorum avec l'écriture de Saxo Grammaticus. Conservé à la bibliothèque royale de Copenhague.

L'évhémérisme du Moyen Âge a permis la sauvegarde des mythes, les dieux étaient alors perçus comme des héros historiques qui ont été divinisés avec le temps. Il s'agissait également d'une manière de rationaliser les mythes, mais aussi de justifier les dynasties royales scandinaves, en expliquant que ces hommes de puissance supérieure, perçus comme des dieux, sont les ancêtres des familles royales et de la noblesse de l'époque.

La Gesta Danorum (Geste des Danois) est le texte evhémériste le plus important pour l'étude de la mythologie nordique. Cette œuvre était rédigée en latin à la fin du xiie siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'état Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois, il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités.

Snorri Sturluson a également composé un important texte évhémériste en vieux norrois, la Saga des Ynglingar, première partie de la Heimskringla (la Saga des rois de Norvège) écrite vers 1225, et inspiré du poème Ynglingatal. Le prologue de l'Edda de Snorri est également évhémériste. Snorri Sturluson estime que les dieux étaient une CASTE de grands guerriers venus d'Asie (d'où le nom de leur domaine divin, Asgard), plus spécifiquement de Troie, qui étaient perçus comme des dieux par les populations autochtones de Scandinavie. Snorri raconte que ces « dieux » sont les ancêtres de la dynastie royale suédoise des Ynglingar, elle-même ancêtre des rois norvégiens.

Les textes évhéméristes du xiie siècle Íslendingabók, et Historia Norwegiae (rédigé en latin), mentionnent également des noms de dieux comme ancêtres des dynasties royales. La Sörla þáttr, écrite au xive siècle par deux moines chrétiens, propose une version largement évhémériste et méprisante de mythes divins.

Sources non-scandinaves

L'étude de la mythologie nordique implique également l'histoire de son évolution à partir de la mythologie germanique en général et la compréhension des cultes germaniques anciens, décrits dans des textes non-scandinaves. Pour cela, nous disposons de plusieurs textes antiques extérieurs au monde germanique qui mentionnent les germains depuis Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César (environ 50 av. J.-C.), et dont le plus important est La Germanie(ier siècle) de Tacite. Des textes du haut Moyen Âge, souvent en latin, donnant des indications sur les cultes, légendes et dieux germains sont plus nombreux. Le plus important est la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (ca. 1072) d'Adam de Brême. On peut également citer entre autres : Histoire des Francs (591) deGrégoire de ToursHistoire ecclésiastique du peuple anglais (731) de Bède le Vénérable, et Histoire des Lombards (787) de Paul Diacre.

Des textes relatant de la Scandinavie ou des Vikings, et contemporains à l'âge des Vikings, incluent ceux de certains voyageurs ou diplomates arabes comme Ibn Fadlan ou Ibn Rustah (xe siècle), et également Vita Anskarii, qui relate la vie d'Anschaire de Brême, missionnaire au Danemark et en Suède. D'autres textes sur la vie de saints missionnaires du monde germanique ancien incluent Vita Willibrordi (Willibrord d'Utrecht) ou encore Vita Bonifatii (Boniface de Mayence).

Autres sources

Les sagas nordiques sont des textes en prose rédigés entre les xiiie et xive siècles, qui relatent les hauts faits d'un roi, d'un héros ou clan. Certaines sagas relatent d'évènements des temps anciens, d'un passé légendaire, pendant l'âge des Vikings ou avant encore (comme la Völsunga saga), toutefois la plupart d'entre elles sont peu fiables en ce qui concerne la mythologie et le culte religieux païen, puisque ces sagas sont souvent issues de l'imagination de leurs auteurs.

D'autres sources possibles bien que vagues sont les témoins archéologiques (tombes, tumuli...etc.), les sources épigraphiques (pierres runiques), et encore latoponymie.

Redécouverte et histoire de la recherche

Veille pendant une nuit d'été, en compagnie de lutins et de fées… cette peinture évocatrice (1908) d'Edward Robert Hughes, artiste anglais, illustre l'inspiration du xixe siècle en Europe du Nord en particulier, pour la mythologie des peuples fondateurs des nations. L'engouement pour la mythologie procède alors de ce foisonnement identitairePROPRE à la réflexion nationaliste menée par chaque peuple.

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xixe siècle avec le courant romantique en Europe.

Dans son ouvrage Monuments de la mythologie et de la poésie des Celtes et particulièrement des anciens Scandinaves(1756), Paul-Henri Mallet est le premier auteur à avoir publié des traductions des Eddas. Les premières études scientifiques sur la mythologie germanique sont Deutsche Mythologie (1835) de Jacob Grimm et Der Mythus von Thor (1836) de Ludwig Uhland. L'ouvrage de GRIMM a eu le plus grand effet et l'étude de la mythologie germanique n'a pas cessé depuis. Il souhaitait se focaliser surtout sur la mythologie germanique continentale mais il ne pouvait pas négliger les textes scandinaves, et son travail reste aujourd'hui une des présentations les plus complètes de la littérature mythologique et du folklore germanique, bien qu'il n'inclut pas les apports archéologiques.

Pendant la deuxième moitié du xixe siècle l'école de la mythologie comparée vit le jour, avec Alvin Boyd Kuhn et Max Müller à sa tête. Cette école cherchait à reconstituer la religion Indo-germanique et proto-germanique, mais elle avait tendance à tirer des conclusions hâtives. Lui succéda des études sur les coutumes traditionnelles contemporaines pour interpréter la mythologie germanique, notamment avec l'ouvrage Wald- und Feldkulte (1875) de Wilhelm Mannhardt. Ces interprétations CONTINUÈRENT jusqu'au milieu du xxe siècle, incluant Le Rameau d'or (1911-1935) de James George Frazer.

À la fin du xixe siècle, les philologues s'intéressaient également à cette mythologie. Sophus Bugge contesta les mythes nordiques, les considérant exclusivement d'inspiration chrétienne et classique. Si la plupart de ses théories ne sont plus acceptées aujourd'hui, il a introduit l'étude critique des textes mythologiques qui CONTINUA tout le long du xxe siècle.Eugène Mogk contesta la fiabilité de l'Edda de Snorri, estimant que la plupart des mythes qui y sont racontés sont des inventions de l'auteur Snorri Sturluson. Si ces remarques sont toujours valides dans le sens où l'Edda est effectivement surtout un travail littéraire, Snorri est tout de même considéré comme un compilateur sérieux qui impose créance dans les grandes lignes.

Au xxe siècle, Magnus Olsen introduisit la toponymie comme nouvelle source pour l'étude de la mythologie germanique et F. R. Shröder étendit la mythologie comparée aux religions non-germaniques. Cette voie a été suivie par Georges Dumézil qui s'attacha à comparer la mythologie nordique essentiellement avec les autres mythologies indo-européennes. Il étudia également la sociologie préhistorique des proto-indo-européens en introduisant sa théorie des fonctions tripartites (théorisée à partir des années 1920). L'apport de Jan de Vries dans l'étude de la mythologie nordique est également important. Son Altgermanische Religionsgeschichte(première publication en 1935 et révisé plusieurs fois au gré des avancées dans la recherche) est considéré comme une étude extensive et toujours pertinente.

Origine et expansion

Cette religion est issue à l'origine du sud de la Norvège et de la Suède, du Danemark, et de l'Allemagne. L'expansion viking aux alentours des ixe et xe siècles a également propagé la religion nordique vers d'autres régions, tout particulièrement en Islande et aux îles Féroé, mais aussi de manière plus éphémère dans les Îles Britanniques qui étaient témoins d'établissements permanents, comme en atteste la découverte de tombes païennes. La Normandie a également été colonisée par des scandinaves à condition qu'ils se convertissent au christianisme toutefois selon certaines sources les pratiques païennes ont continué à exister quelque temps. On peut également rajouter la Russie qui a connu de nombreux et prolifiques établissements permanents vikings le long de la « route de l'Est ».

Présentation

À l'origine c'est une croyance en une Grande Déesse MèreReligion panthéiste accordant une large place à la femme (plusieurs déesses importantes, comme l'était d'ailleurs la place des femmes dans les sociétés germano-scandinaves), à la Nature LES ANCIENNES célébrations se déroulaient près d'arbres ou de sites sacrés, c'est une croyance sans prêtres, ni dogmes, sans lieux de cultes) et à la divination (art associé aux runes), elle place la Vie au centre de son système, une vie conçue comme affrontement des forces de création et de dissolution, d'où résulte toute fécondité.

Le Hof (panthéon) nordique n'est pas aussi figé que celui de la mythologie grecque, les nombreuses différences de traditions locales ne permettent pas de définir un rôle très précis aux dieux (nombreuses hypostases). Ce panthéon a en outre la particularité d'être constitué de deux familles de dieux, les Ases et les Vanes, vraisemblablement apparues à deux époques différentes et amalgamées au tout début de l'Antiquité nordique, avant le iie siècle av. J.-C.. Les dieux les plus anciens, les Vanes, sont des dieux de la nature, de la fécondité et de la prospérité. Les Ases, plus récents, sont des divinités plus typiquement indo-européennes, et en cela plus proches des dieux gréco-romains, tel Hermód, associé à Hermès/Mercure, et Odin, parfois associé à Zeus/Jupiter. Certains dieux, primitivement majeurs, ont peu à peu été délaissés au profit d'autres, tel Týr, dieu associé à la guerre et à la justice, supplanté par Odin.

Organisation des mondes

Une représentation des neuf mondes

L'arbre cosmique Yggdrasil est la charpente des mondes. Il soutient et abrite les neuf mondes, dont chacun est le domaine PROPRE d'un élément ou d'une créature. Les Neuf Mondes sont répartis en trois échelons :

Aux niveaux les plus hauts surplombent :

Au niveau central se trouvent :

Aux niveaux les plus bas gisent :

  • Svartalfheim, juste en dessous du monde des hommes, le royaume des Nains (et Alfes Noirs) ;
  • Helheim, sous tous les mondes, le domaine des morts.

Principaux dieux

Articles détaillés : Panthéon nordiqueAses et Vanes.

Le panthéon nordique est d'abord divisé en deux groupes : les Ases, dieux guerriers et souverains, et les Vanes qui sont liés à la fertilité. La guerre entre les Ases et les Vanes se termine par l'union des deux groupes de dieux, de sorte que les Vanes finissent confondus avec les Ases dans certains mythes.

  • Odin : dieu souverain de la mythologie nordique, c'est un dieu de la guerre et de la poésie. Appelé « Père-de-tout » (Alfödr), il est le créateur de la terre et de l'humanité, et le père de la majorité des dieux, sa colère est crainte par les humains.
  • Frigg : déesse du mariage et de la maternité. Elle est la femme d'Odin et de même que son époux, elle connaît l'avenir, à la différence qu'elle ne le révèle pas.
  • Thor : dieu du tonnerre, guerrier brutal, il est le pire ennemi des géants qu'il tue régulièrement avec son fameux marteau Mjöllnir. Le Mjöllnir par ses pouvoirs fait de Thor un dieu de la guerre tout comme un dieu de la fertilité.
  • Loki : dieu de la Tromperie adopté chez les Ases. Malin et burlesque, il est la cause de beaucoup de malheurs chez les dieux, notamment la mort de Baldr.
  • Baldr : dieu de la beauté, de la jeunesse et de la lumière, aimé de tous, tué par une ruse de Loki.
  • Freyr : dieu de la vie et de la fécondité.
  • Freyja : déesse de l'amour, qui accueille la moitié des guerriers morts au combat, Odin accueillant les autres dans sa Valhöll.
  • Týr : dieu des serments et du droit, anciennement un dieu du ciel et probablement le dieu principal avant qu'il soit éclipsé en importance par Odin et Thor.
  • Njörd : le dieu principal des Vanes, il est le dieu de l'abondance, du vent et de la mer.
  • Hel : déesse des enfers, elle règne sur le Helheim et sur Niflheim (Niflhel)

Divinités secondaires

Articles détaillés : Nornes et Nornes dans la culture populaire.

Les trois Nornes sont des femmes qui tissent la toile du destin (Wyrd) de tous, y compris des dieux.

Les Walkyries sont des vierges guerrières chargées d'emmener les guerriers morts au combat au Valhalla, la halle d'Odin.

Le Serpent de Midgard est cité dans une prophétie disant qu'il anéantirait Midgard (la Terre) et que seul Thor pourrait l'arrêter en se sacrifiant.

Nains

Deux Nains (illustration de laVöluspá par Lorenz Frølich, 1895)

Les nains (dvergr en vieux norrois) sont des créatures vivant sous terre, dans les pierres ou les montagnes, mais deux textes indiquent curieusement qu'ils gisent soit à Svartalfheim (pourtant le séjour des alfes noirs), soit dans une salle au nord à Nidavellir24. Snorri raconte qu'ils sont originellement des vers trouvés dans la dépouille du géant Ymir (dont le corps a servi pour créer la Terre), auxquels les dieux donnent forme humaine et intelligence, mais qui du fait de leur origine continuent à vivre sous terre et dans les pierres. Les nains sont souvent rusés, et se caractérisent par leur habileté, surtout en tant que forgerons. En effet, ils sont responsables de la création de la majorité des attributs divins, dont le marteau de Thor. Toutefois ils sont parfois mesquins et opposés aux dieux, à l'image des jötnar, et sont chez Snorri amalgamés avec les alfes noirs. Les textes mythologiques ne donnent aucune information relative à la taille des nains, et il n'y a pas de raison de penser qu'ils étaient de petite taille dans l'imaginaire païen. Cette représentation apparaît dans les sagas tardives, où ils sont décrits petits et généralement laids. En revanche, certains spécialistes estiment qu'ils étaient à l'origine des esprits ou démons des morts. La croyance en des nains caricaturaux, de petite taille et généralement malins et mystérieux, est restée dans le folklore populaire germanique après la christianisation.

Animaux fabuleux

Il existe de nombreux monstres et animaux fabuleux dans la mythologie nordique, qui sont souvent engendrés par les dieux eux-mêmes et dont certains possèdent un rôle très important dans les mythes, notamment lors de la bataille prophétique du Ragnarök. Certains dieux, comme Odin et Loki, ainsi que certains géants, ont le pouvoir de se métamorphoser en divers animaux, comme des rapaces, des chevaux, des saumons. Les guerriers berserk étaient dans les sociétés vikings de puissants combattants puisant leur force dans celle de l'ours ou du loup. La vache Audhumla est un animal primordial dans la cosmogonie nordique.

Les dieux du panthéon nordique sont souvent accompagnés d'animaux. Le dieu Odin possède un cheval à huit jambes Sleipnir qui fut engendré par Loki lorsque ce dernier s'est métamorphosé en cheval. Odin est également accompagné de deux corbeaux, Hugin et Munin, qui survolent les mondes pour lui rapporter ce qu'ils y ont vu. Enfin, le roi des dieux est également accompagné de deux loups, Geri et Freki. Thor possède un char conduit par deux boucs, Tanngrisnir et Tanngnjóstr, qu'il peut tuer pour les manger puis les ressusciter en bonne santé à condition qu'aucun de leurs os n'ait été brisé. Freyja possède aussi un char tiré par deux chats et elle est également accompagnée d'unSANGLIER Hildisvíni, tout comme Freyr qui est accompagné du sanglier Gullinbursti. Au Valhöll, les guerriers morts au combat, leseinherjar, se nourrissent du sanglier Sæhrímnir qui ressuscite chaque nouveau jour pour resservir de repas.

Loki engendra trois créatures monstrueuses qui prendront une part importante lors du Ragnarök puisqu'ils tueront certains des dieux principaux ;LE LOUPgigantesque Fenrir qui tuera Odin, le serpent monde Jörmungand qui tuera Thor, et la gardienne du monde des morts, Hel. Le monde des morts est également gardé par le chien Garm, qui tuera Týr.

Un autre animal célèbre dans les mythes est le dragon Fáfnir qui fut abattu par Sigurd et dont le sang le rendit invulnérable.

Histoire mythique

Cosmogonie

Création des mondes et des dieux

Article détaillé : Cosmogonie nordique.
Manuscrit islandais du xviiie sièclemontrant la vache Audhumla

Le récit originel de la mythologie nordique est traité brièvement dans les poèmes Völuspá et Vafþrúðnismál de l'Edda poétique, et de manière plus détaillée dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri à partir du chapitre 4 et jusqu'au 19. Au départ, se sont créés deux mondes, l'un au nord fait de froid et de glace appelé Niflheim et l'autre au sud fait de feu et de flammes appelé Muspellheim, séparés par le Ginnungagap, un immense abîme. Les fleuves venimeux Élivágar à Niflheim formèrent de la glace et du givre prit forme dans l'abîme Ginnungagap. Inversement les étincelles de feux et flammes pénétraient aussi dans l'abîme. DeLA RENCONTRE des deux éléments se formèrent des gouttes ruisselantes d'où jaillit la vie sous la forme du premier géant du givre, Ymir. Pendant son sommeil, deux fils et une fille se créèrent de son corps seul.

Les gouttes de givre créèrent également la vache Audhumla. De ses pis coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir. Cependant, Audhumla n'avait rien d'autre pour se nourrir que la glace qu'elle léchait. Elle lécha la glace jusqu'à ce qu'elle y dégage le dieu Buri. Ensuite Buri enfanta le dieu Bor. Ce dernier eut trois enfants avec la fille d'un géant de glace appelée Bestla. Ses fils s'appelaient OdinVili et , les premiers Ases.

Les fils de Bor tuèrent Ymir, dont le sang noya tous les géants sauf Bergelmir et sa compagne qui sont alors les ancêtres de tous les géants. Odin, Vili et Vé emportèrent le corps d'Ymir au milieu du Ginnungagap et en firent la terre, Midgard, le monde des hommes. Avec ses cheveux ils firent les arbres, sa chair devint la terre, ses dents les pierres et les rochers, son sang emplit les océans et les lacs, ses os furent élevés en montagnes, et son crâne forma le ciel. Les larves qui avaient rongé le cadavre servirent à créer les Nains. Quatre d'entre eux furent destinés à maintenir la voûte céleste : NordriSudri,Austri et Westri, et donnèrent leurs noms aux points cardinaux. Pour finir ils jetèrent son cerveau pour former les nuages, puis organisèrent la course des astres afin de créer le temps. La périphérie de la terre ronde est entourée par la mer, et à l'extérieur se situe le monde des géants, Jötunheim. Pour contenir la colère de ceux-ci, les dieux construisirent un rempart fait des cils d'Ymir autour du domaine de Midgard.

Guerre entre les Ases et les Vanes

Article détaillé : Guerre entre les Ases et les Vanes.

La première guerre de l'univers opposa les deux groupes principaux de dieux, les Ases et les Vanes. Ce mythe n'est qu'évoqué dans plusieurs textes qui se complètent ou se contredisent.

Selon la Völuspá, la guerre commence lorsque les Ases tentent de tuer la magicienne Gullveig. Le dieu Ase Odin fait voler sa lance au-dessus des troupes des Vanes, un geste symbolique signalant le commencement des hostilités et attesté dans les sociétés germaniques antiques.

L'Edda de Snorri raconte que les Ases et les Vanes concluent une trêve, où ils crachent tous dans une cuve et créent de leur salive le dieu des plus sages Kvasir. Ce dernier est ensuite tué par des nains, et son sang devient l'hydromel poétique qui inspire les dieux et les vrais poètes. Snorri Sturluson développe encore l'histoire de cette guerre dans sa Saga des Ynglingar qui raconte qu'en signe de paix, les deux groupes de dieux s'offrent des otages. Les Vanes offrent Niord,Freyr, et Kvasir, en échange des Ases Hœnir et Mímir.

Cet accord de paix a effectivement uni les deux groupes de dieux au point qu'ils sont confondus. Des divinités initialement associées aux Vanes sont alors présentées comme des Ases dans le restes de textes mythologiques.

Création de l'homme et de la société

Après que les trois fils de Bor aperçurent deux troncs de bois, ils décidèrent de les sculpter sous forme humaine. Odin leur insuffla le souffle de vie, Vili, l'intelligence et Vé, les sens.

Le premier, l'homme, fut nommé Ask (littéralement « frêne »), et le second Embla (littéralement « orme »), la première femme. Ils vécurent tous deux au début de l'univers juste après la création des Neuf Mondes et engendrèrent l'humanité.

Un pont relie le monde des hommes et des Dieux et se tient sous la forme de l'arc-en-ciel. Bifröst (de son nom céleste) est gardé par Heimdall qui surveille le retour des géants.

Article détaillé : Rígsþula.

On apprend dans le poème eddique Rígsþula que le dieu Heimdall, masqué sous l'apparence d'un mortel nommé Ríg, voyagea sur Midgard parmi les hommes pour y créer les trois grandes classes sociales ; esclaves, paysans libres et seigneurs guerriers.

Dans un premier temps, ilRENCONTRA Aieul et Aieule, dans une modeste maison, qui l’hébergèrent pendant trois jours. Il dormi dans le lit du couple et neuf mois plus tard, la femme mit au monde un garçon aux traits grossiers, appelé Thrall. Plus tard, sa femme mis au monde des enfants aux nom péjoratifs : Bruyant, Taon, Fainéante... et créa, dès lors, la laCASTE des esclaves. Pendant ce temps, Ríg avait fait laRENCONTRE de Grand-Père et Grand-Mère dans une petite maison. Il fut accueilli chaleureusement et neuf mois plus tard, la femme enfanta un garçon vif, nommé Karl. De son union future naquit Forgeron, Beau visage, Capable, Vierge. Ainsi fut créée la caste des hommes libres. Enfin, Ríg se rendit dans une vaste demeure où comme à chaque fois il resta quelques jours. Neuf mois plus tard, l'enfant né, nommé Jarl, était beau et fort. Heimdall l'éduqua et lui enseigna les runes. Jarl SE MARIA à son tour et eut plusieurs enfants dont le plus jeune, Konr, fut aussi élevé par Heimdall à la magie des runes. Par la suite, il conquit de nombreuses terres.

La fonction de Heimdall en père de l'Humanité est également évoquée à la première strophe du poème Völuspá où les hommes sont surnommés les « fils de Heimdall ».

Aventures divines

Un thème récurrent concerne les combats des Ases face à leurs ennemis éternels les géants, qui se terminent bien souvent par la défaite de ces derniers, en général tués par Thor à l'aide de son marteau Mjöllnir.

L'un des mythes les plus célèbres est le meurtre du dieu Baldr par une ruse du dieu malin Loki. Celui-ci est ensuite capturé par les Ases et condamné à subir des souffrances atroces jusqu'à la fin des temps.

Récits héroïques

Quelques héros mythologiques :

Outre les aventures des dieux, nous connaissons également plusieurs récits héroïques dont les personnages principaux sont des hommes, et y interviennent parfois les dieux et autres forces surnaturelles. Le plus célèbre héros est Sigurd, grand guerrier, meurtrier du dragon Fafnir. Une version allemande et fortement christianisée de cette légende est également connue, l'Allemagne en a d'ailleurs fait son épopée nationale ; la Chanson des Nibelungen.

Eschatologie

Article détaillé : Ragnarök.
Surt détruisant les mondes avec son épée flamboyante (Dollman, 1909)

L'eschatologie a une place importante dans la mythologie nordique ; elle est décrite et référencée à nombreuses reprises dans les Eddas comme une fatalité à laquelle sont soumis tous les dieux et les hommes. Cette fin du monde prophétique est désignée par le terme du Ragnarök (« Consommation du destin des puissances » en vieux norrois). Elle est annoncée par trois hivers successifs sans Soleil appelé le Fimbulvetr, durant lesquelles les guerres et fratricides seront répandus. Toutes les chaînes se briseront, ainsi Loki et Fenrir seront libérés. Loki mènera les géants et les légions de morts de Hel combattre les dieux, les einherjar et les hommes sur la plaine de Vigrid. Le serpent Jörmungand sortira de la mer et dévastera les terres. Odin sera englouti parLE LOUP Fenrir, qui sera à son tour tué par le fils d'Odin Vidar. Thor et Jörmungand se donnerontMUTUELLEMENT la mort, ainsi que le dieu Týr et le chien monstrueux GarmFreyr sera abattu par le géant du feu Surt. Le malin Loki et le dieu Heimdall s'entretueront également. Enfin, Surt enflammera le monde.

Mais de cette dévastation, le monde renaîtra. Les dieux survivants seront BaldrHödVidarValiHœnir et les fils de ThorModi et Magni qui hériteront de son marteau. Ils hériteront alors des places de dieux souverains. Un seul couple d'humain survivra également à la catastrophe, Líf et Lífþrasir, puisqu'ils se sont cachés sous les racines de l'arbre monde Yggdrasil. D'eux renaîtra l'humanité.

Culte religieux

Seul très peu de textes mythologiques dont nous disposons étaient rédigés à l'époque païenne, ainsi nous ne disposons pas de beaucoup d'informations sur le culte religieux nordique. Toutefois certaines chroniques extérieures décrivent des pratiques RITUELLESLa Germanie, deTacite, est le plus ancien texte rapportant de pratiques rituelles germaniques durant l'antiquité, pratiques qui peuvent être liées au monde nordique.

Il n'y avait pas de classe purement sacerdotale chez les Germains. César l'avait noté, mais Tacite parle tout de même de « prêtres » ce qui est sans doute uneERREUR d'interprétation des rites dont il témoigne. Nous connaissons le terme de goði, qui n'est pas équivalent à un prêtre, mais implique une fonction religieuse aux chefs de l'Islande avant sa conversion au Christianisme. Les cérémonies religieuses étaient en effet dirigées par les chefs ou personnages de grand statut, qui redevenaient des chefs séculaires en dehors des cérémonies religieuses. Les textes antiques mentionnent que les cérémonies se faisaient à l'air libre, ce qui contraste avec les textes plus récents qui parlent de véritables temples païens. Ceci dénote sans doute une évolution du culte, sous l'influence certainement du culte romain et surtout chrétien. Adam de Brême décrit un temple païen à Uppsala (Suède).

Postérité[

Jours de la semaine

La mythologie nordique a influencé les noms des jours de la semaine dans les langues scandinaves mais également en anglais ou en allemand. En français, ils ont par contre une origine latine.

Langues modernes
FrançaisAnglaisNéerlandaisAllemandIslandaisSuédoisNorvégienDanoisDivinité
Lundi Monday Maandag Montag Mánudagur Måndag Mandag Mandag Máni / lune
Mardi Tuesday Dinsdag Dienstag
Þriðjudagur Tisdag Tirsdag Tirsdag Týr
Mercredi Wednesday Woensdag (Mittwoch) (Miðvikudagur)
Onsdag Onsdag Onsdag Odin (Woden)
Jeudi Thursday Donderdag Donnerstag Fimmtudagur Torsdag Torsdag Torsdag Thor (Donar)
Vendredi Friday Vrijdag Freitag Föstudagur Fredag Fredag Fredag Freyja ou Frigg
Samedi Saturday Zaterdag Samstag Laugardagur Lördag Lørdag Lørdag Loki (Løke)
Dimanche Sunday Zondag Sonntag Sunnudagur Söndag Søndag Søndag Sól / soleil

Toponymie

Panneau pour Odensvi en Suède, qui signifie « sanctuaire d'Odin ».

La toponymie était reconnue comme source possible pour l'étude de l'histoire de la religion germanique depuis le xixe siècle, mais la première recherche poussée a commencé avec le norvégien Magnus Olsen au début du xxe siècle. On différencie la toponymie théophore (lieux qui tirent leurs noms de divinités) des lieux portant des noms comme Vi (de « sanctuaire ») ouGuðakr (« plaine des dieux ») qui indiquent de possibles lieux de cultes, bien qu'ils ne sont pas associés à une divinité spécifique. Olsen a RECENSÉ plus de 600 exemples toponymiques en Norvège indiquant des lieux sacrés. En ce qui concerne la toponymie théophore plus spécifiquement, il y en aurait 1050 en Scandinavie et en Islande, dont 510 enSuède, 270 au Danemark, 225 en Norvège, 40 en Islande et 30 en Finlande.

La toponymie théophore ne semble pas correspondre aux importances relatives des dieux rapportés dans les Eddas. Par exemple, Odin, le dieu principal des Eddas, n'apparait pas dans la toponymie d'Islande. En Norvège, son nom n'apparaît que dans 12 cas (ce qui représente 5,3 % de la toponymie théophore norvégienne), et au Danemark et en Suède, son nom apparaît respectivement dans 32 et 72 cas. En revanche, Thor est très représenté, y compris en Grande-Bretagne, mais il est difficile de différencier les exemples toponymiques qui se rapportent au dieu de ceux qui se rapportent à des hommes dont les noms sont dérivés de Thor, très communs en Scandinavie (Þorleif, Þorstein, Þorkel etc.). En revanche, le nom du dieu Ullr apparaît souvent en Norvège et en Suède malgré sa très faible importance dans les sources écrites. Ceci suggère qu'Ullr avait un rôle bien plus important dans les croyances nordiques à l'époque où s'est formée la toponymie théophore. En Norvège et en Suède, lesVanes (NjördFreyrFreyja), dieux de la fertilité, apparaissent souvent, autant qu'Ullr, mais sont très rares au Danemark et en Islande (où seulement trois lieux portent un nom dérivé de Freyr). La toponymie théophore nous apprend l'existence d'autres dieux qui n'apparaissent pas dans les textes, comme Hörn et *Vrindr, toutefois aucune conclusion sur leurs fonctions ne peut en être déduite.

La toponymie permet d'appréhender la distribution géographique des cultes aux dieux. L'inconsistance notable entre la toponymie et l'importance des dieux dans lesEddas n'indique pas que les textes sont faux. Les Eddas témoignent des croyances de la fin de l'âge des Vikings, alors que la toponymie s'est formée en grande partie sur plusieurs siècles à l'époque des grandes invasions.

 

Religion nordique ancienne

Odin avec Hugin et Munin.

La religion nordique ancienne (ou paganisme nordique) recouvre l’ensemble des croyances et des pratiques religieuses des peuples scandinaves, des origines à l’âge du bronze, jusqu’à l’ère Viking, de 800 à la christianisation autour de l’an 1000. Ces croyances sont sans prêtres, ni dogmes, ni lieux de cultes.

« La religion des anciens scandinaves n'est pas révélée mais vise à participer à la vie des Dieux en ce monde et dans l'autre, la frontière entre les deux étant très floue et souvent quasiment inexistante. [...Elle] ne connaissait pas de doctrine, mais consistait en une attitude et surtout en un certain nombre d'actes signifiants qu'on peut appeler rites. Le rite est l'essentiel de la religion nordique ancienne. ». ElleA DONNÉ naissance à un ensemble de mythes relatés notamment dans les Eddas, la mythologie scandinave.

Un statut particulier était accordé par ces peuples à la nature, à la femme, mais aussi à certains animaux, comme l’ours, lecheval, le sanglier et le corbeau, qui se voyaient attribuer des pouvoirs fabuleux et possédaient une place importante dans lesRITUELS et les traditions.

 

 

Terminologie

Les Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. À la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et le roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme forn siðr pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement « ancienne coutume, ancienne pratique » en vieux norrois.

Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait « seydrsejdr ou sidr » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières àPROPREMENT parler, « pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses », sans foi, sans dogmes.

Les sources

Sources archéologiques

Pétroglyphe de Norrköpings.

Âge du Bronze

Le char solaire de Trundholm, daté du premier âge du bronze soit aux alentours de -1400

.

Sources toponymiques

Carte montrant les différences régionales de culte en Scandinavie vers 900, déterminées par les noms de lieu et les données archéologiques. En bleu, les régions dominées par le culte des Vanes ; en rouge, celles où prédominent ThorOdin et les autres Ases ; enVIOLET, les zones de coexistence ; les points verts sont les noms de lieu dérivés d’Odin - d’après Erik Christiansen, The Norsemen in the Viking Age, Blackwell, 2002.

Sources littéraires

Sources antiques

« Ils (Germains du nord) n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le soleil, le feu,LA LUNE. Ils n’ont même pas entendu parler des autres »

— CésarDe Bello Gallico, VI, 21

« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c’est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » »

— TaciteGermania, IX, 3

Sources médiévales

Influences chrétiennes

Les textes constituant la mythologie nordique ont été rédigés par des clercs ou des hommes issus d’une formation cléricale. La question de l'interpretatio christiana est souvent débattue pour savoir à quel point ils ont réinventé la mentalité des Vikings deux ou trois siècles après leur disparition. Ainsi, selon Régis Boyer« l’Église apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale fatidique que l’on attribua à tort aux Vikings » et « tous les documents islandais anciens sont écrits sur palimpsestes, il faut gratter l’apport continental chrétien pour tenter de retrouver l’authenticité scandinave (et germanique) ancienne ». Il propose d’essayer de reconstituer la mentalité viking plutôt que de prendre à la lettre des récits souvent trop complaisants ou adaptés de sources latines. Pour Hilda Ellis Davidson, « nous avons affaire à un monde mythique artificiel, bien éloigné de la foi vivante de l’ère païenne ». Einar Ólafur Sveinsson, spécialiste islandais et son école, disent (en parlant de tous les textes) que : « la littérature ancienne de son pays est mi ecclésiastique, mi séculiere ». Régis Boyer constate qu’« on ne voit pas comment le contredire ».

Cependant, « l'essentiel de ce que nous connaissons par les Eddas se trouve déjà gravé dans la pierre, au minimum plus d'un millénaire et demi à l'avance. Dans ces conditions, les tentatives d'interprétation de la mythologie nordique par des collusions avec les courants de pensée orientale ou chrétienne à l'époque historique s'effondrent d'elles-mêmes, ce qui, bien entendu, n'exclut pas les interpolations », et pour François-Xavier Dillmann, à propos de l'Edda de Snorri Sturluson : « ...La mise en évidence d'indéniables influences bibliques dans l'un ou l'autre chapitre de la Gylfaginning n'a que trop fréquemment été utilisée pour tenter de jeter le discrédit sur toute l'entreprise de Snorri. Force est néanmoins de constater que, même s'il vivait dans un pays évangélisé depuis environ deux siècles et s'il avait reçu à Oddi une éducation fortement teintée de dogmatisme chrétien, Snorri montrait une profonde inclination pour la mythologie ancestrale. [...] S'il serait certainement abusif d'en faire un propagandiste païen en pleine époque chrétienne, il ne nous semble pas douteux qu'il ait chéri ces belles histoires qui ASSURAIENT la pérennité de la poésie scaldique, ces vieux mythes dans lesquels s'exprimaient le génie de sa nation. ».


De là viennent sans doute les analogies des Nornes avec les Parques, des Valkyries avec Apsaras, de Tyravec Mars, d’Odinn avec Mercure, de Loki avec Lug, ou encore de Fjorgyn avec Perkun17. Les Nornes et leur destin immuable sont vues comme une invention chrétienne associant Urd (le nom d’une source),Skuld (le nom d’une Valkyrie), et Verdandi (seule la Voluspa cite ce nom). Pour Jean Renaud« Urd était probablement la plus authentique des trois, à laquelle on aurait associé par la suite les deux autres »18. Bon nombre des êtres surnaturels de la mythologie nordique sont adoptés sur le tard lors de la christianisation, et certains sont apportés par l’Église19. On les soupçonne de suivre quelques grands modèles célèbres dans tout le Moyen Âge, comme Isidore de Séville ou tout simplement la Bible.

L’Islande devenue chrétienne, l’Église ne badine pas plus là qu’ailleurs sur la stricte observance de ses lois. Seules certaines pierres à inscriptions runiques auraient échappées à la destruction car elles comportaient des signes religieux chrétiens comme la pierre de pierres de Jelling, où des inscriptions neutres. La rédaction deux siècles après l’âge Viking, donne LATITUDE à l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniâtre d’éradication, bien connu d’autre part. Elle s’efforçait de dévaluer les croyances et pratiques menaçant la doctrine chrétienne, les dieux passent à l’état de diables, ou subtilement ils se retrouvent ridiculisés. (Harbardsljod ou la Lokasenna). Ou les dieux ne sont plus que de simples humains divinisés, ainsi ils périssent lors du combat final (Voluspa, ragnarök…) Régis Boye.

 

Le panthéon nordique

Article détaillé : panthéon nordique.

Déesse mère

Régis Boyer met en exergue une croyance ancestrale en une grande déesse mère de la création et de la vie, en harmonie avec les forces et les éléments naturels qui régissent l’univers, et à qui ils ont donné par la suite une représentation anthropomorphe.

À l’origine « les pères des Vikings » croyaient en une Déesse Mère et aux grandes forces naturelles que sont le soleil, l’eau, la terre, l’air, le feu et la vie, qu’ils ont représentés plus tard par la création d’un panthéon qui compte notamment Odin (Yggr, le redoutable), Odr (fureur) Thor (tonnerre), Jord (terre), FriggFreyja(femme), Fjörgyn (il/elle, qui favorise la vie), Sól (le soleil), Máni LA LUNE), Baldr et Freyr, (seigneur), Surtr (noir du feu), Mímir (mémoire), Bragi (parangon), Logi/Loki (flamme)... et le grand arbre Yggdrasill. Les Landvaettir sont les esprits tutélaires des lieux naturels tels que les collines, arbres, cascades, pierres… La tête de monstre sculptée sur la proue des bateaux vikings était faite à leur intention, afin d’épouvanter les Landvaettir des pays à investir. Il convenait de l’enlever avant d’arriver en pays ami. La Grande Déesse Mère constitue un point capital dans les croyances des anciens scandinaves et germains.

Les cultes

Le blót

La pratique cultuelle essentielle était le blót (vénération), il pouvait aussi avoir le sens de (sacrifice) ou blótveizla (banquet sacrificiel), dont le but était de renforcer la divinité en nouant un LIEN entre elle et les participants ; il suivait quatre étapes :

  • des sacrifices d'animaux (mais qui ont pu être humains à l'origine), dont le sang est répandu sur l'autel, le bâtiment et les participants.
  • un banquet où l'on consommait la viande des animaux sacrifiés cuite, et où l'on portait des toasts de bière ou d'hydromel aux dieux (Odin, Njörd, Freyr et Bragi), au roi, et surtout aux parents morts (drekka minni : boire à la mémoire de).
  • on consultait les augures de diverses façons : à travers une source ou une cascade, en jetant des rameaux trempés dans le sang sacrificiel (hlautteinar) sur un linge blanc.
  • « le quatrième et dernier temps du blót consistait à faire des vœux ou à s'engager par serment solennel à acomplir de hauts faits : c'est la pratique duheitsstrenging, où le paroxysme de la TENSION se double de l'ivresse du banquet pour exalter au maximum la force vive de l'homme en communion avec la divinité »

Ils ont avec les puissances naturelles et les dieux un rapport de « donnant donnant ».

Le goði

Le chef de famille ou du clan procède aux cérémonies, naissances, mariages, décès... et fait office de goði, sorte de « prêtre temporaire ». Certains de ces godis se muèrent en prêtres officiels chrétiens, surtout en Islande.

Destin

Les Vikings n’ont pas une conception du destin immuable. Quels que soient les projets de leurs dieux,LES ANCIENS scandinaves et germains demeurent libres et croient en leur capacité d’infléchir leurs dieux et de forcer le destin, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l’appui de leurs ancêtres: ce qu’ils nomment « eiginn mattr ok megin ». Pragmatiques, ils ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient à la magie ou plutôt au sentiment de la présence constante du surnaturel et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, et d’anticiper sur le destin, donc de le modifier, car rien n’est écrit définitivement.

Ils sollicitent les forces, les dieux et leurs ancêtres qui leur répondent dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple : Freyja m’a rêvé que...).

Il n’y a pas de destin que leur volonté ou l’aide de leurs dieux ou de leurs ancêtres ne puisse modifier, car les scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’action, et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés.

 

Irréligion et scepticisme 

La formule de Gauka-Thorir : « Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mêmes et en notre force et capacité de VICTOIRE, et cela nous suffit amplement » (Gauka-Thorir, chapitre CCI Olafs saga hins Helga) se retrouve dans d’autres textes. Pour François-Xavier Dillmann : « cette locution est le plus souvent utilisée dans les textes norrois au sujet de personnages qui sont réputés avoir délaissé le culte des dieux ancestraux et qui, par conséquent, se situaient en dehors du cadre habituel de l’ancienne société scandinave »

« On a longtemps cru que les Scandinaves, dans les siècles qui précédèrent la conversion au christianisme — viiie et ixe siècles —, avaient atteint une sorte d'irréligion, de scepticisme ou d'indifférence [...] Cela tenait à une phrase qui SE RENCONTRE souvent dans les textes : Hann blôtadi ekki, hann tradi à sinn eiginn màtt ok megin (Il ne sacrifiait pas aux dieux, il croyait en sa propre force et capacité de chance). Il y avait là, semblait-il, une attitude fort inhabituelle au Moyen Âge où l'on avait voulu voir un trait exceptionnel, digne de peuplades que les "philosophes" du xviiie siècle français considéraient comme les régénératrices de l'Occident. Les recherches récentes de savants suédois, Folke Ström et Henrik Ljungberg en particulier, ont établi qu'une telle interprétation ne reposait sur rien. » «  Elle soulignait au contraire la participation au sacré qui justifiait qu’un homme se sentît fondé à dépasser les dieux anecdotiques, si l’on peut dire, et à ne croire qu’en lui-même, c’est-à-dire en sa PROPRE capacité de chance et de réussite puisque celles-ci lui venaient des puissances divines. En conséquence, la formule dont nous sommes partis, loin d’être une profession de scepticisme, était un acte d’adoration implicite ! ».

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LES ANCIENSscandinaves et germains ont une totale liberté de pensée et de croyance.

Place de la femme

La femme viking tenait un rôle très important. On RENCONTRE dans les textes un nombre élevé de déesses et de créatures surnaturelles féminines (nornes,valkyriesDisesHaminjur... Il est possible qu’il s’agisse de résurgences du culte ancestral de la Grande Déesse Mère qui a la période viking prend le nom de Fri, Fiia, Frea, Freyja (bien aimée) (elle est la douce chaleur du soleil, la déesse de la vie mais aussi de la mort qui accueille la moitié des guerriers, d’où l’une de ses hypostases : Hel (helja : accueillir, cacher), elle est aussi la déesse guerrière, mais il est également possible qu’il s’agisse de l’influence, dans les textes mis par écrit par les clercs, du développement à partir du xiie siècle du culte chrétien de la Vierge Marie sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux.

Place des animaux

La plupart des dieux et déesses ont leurs animaux, et ces derniers possèdent un statut particulier dans les croyances.

Boucs]

Thor a deux boucs qui tirent son char Tanngrisnir et Tanngnjóstr (Dents grinçantes et Dents étincelantes). Il lui est arrivé d’être contraint de les manger, mais il prit soin de conserver les os pour les ressusciter.

Chats

Le chat était l’un des animaux favoris des Vikings[réf. nécessaire]. Il était d’usage d’offrir des chatons lors des mariages. Un auteur, Diana Paxson dans son romanBrisingamen a attribué les noms poétiques Tregul ("Arbre d’or, ou jaune) et Bygul ("Abeilles d’or, ou de miel) à des chats de Freyja« Tendresse » et « Amour maternel » sont les chats de Freyja. Ils sont ailés, de grande taille, et ils tirent son char.

Cheval

L’importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu’il possédait, comme l’attestent également les RITUELS liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande, qui étaient censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique, comme la Germanie et l’Islande. Parmi les chevaux célébrés par les textes fondateurs figurent celui d’Odin, Sleipnir, qui possède huit jambes et peut voler.

Chiens

Les chiens bénéficient d’une grande estime comme animaux de compagnie ou de travail. Il est fréquent de retrouver ces compagnons dans des tombes, enterrés aux côtés de leurs maîtres. Le chien qui garde le royaume des morts se nomme Garmr ou Garm.

Corbeau

Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) sont deux corbeaux, messagers d’Odin, qui parcourent le monde et viennent murmurer à leur maître ce qu’ils ont vu et entendu.

Loup

Dans l’ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l’endurance. CeRITUEL permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups. Les Winnilis, nom d’un peuple de Germains signifie LES LOUPS". Ils ne s’appelaient donc pas hommes mais loups. On retrouve le loup dans les textes fondateurs, où Odin possède les deux loups Geri et Freki(Vorace et violent), ainsi que le gigantesque loup Fenrir (« habitant des marais ») né de l’union de Loki et la géante Gerbauda.

Ours

L’ours possède une place très importante dans l’histoire des peuples germaniques et scandinaves à l’époque du paganisme nordique, admiré et vénéré pour sa force, son courage et son invincibilité, considéré comme le roi des animaux, il était l’attribut des puissants et l’objet de rituels ayant pour but de s’approprier ses pouvoirs. Il était également l’attribut des berserkir. Il était d’usage d’offrir un ourson aux rois. Ingimund l’ancien offrit un ours polaire au roi de Norvège vers l’an 900.Isleif, le premier évêque d’Islande, en offrit un à l’empereur d’Allemagne vers l’an 1050. Un conte en vieux norrois a pour titre « Auðunn et l’ours » (Auðunar þáttr vestfirzka).

Sanglier

Sæhrímnir est leSANGLIER consommé chaque nuit par les Einherjar dans la Valhöll. Il est ramené à la vie afin de servir à nouveau de repas le jour suivant.Hildisvíni (sanglier de la bataille) est la monture de Freyja lorsqu’elle n’est pas sur son char tiré par ses deux chats.Freyr possède également un verrat Gullinbursti(aux soies d’or) ou Slidrugtanni (aux défenses redoutables). Il court plus vite que n’importe quel cheval de jour comme de nuit, dans les airs et sur la mer et ses soies illuminent la nuit la plus sombre.

Christianisation

Selon de nombreux historiens dont François Xavier Dillmann, nous assistons à une véritable guerre de religion pour instaurer le christianisme par la force, notamment en Norvège où le conflit dura plus d'un siècle. La détermination des missionnaires pour répandre leur foi en Scandinavie et en Germanie, ira parfois jusqu’à détruire des stèles au prix de leurs vies.

Ne parvenant à éradiquer ce paganisme ni par la parole ni par les actes de vandalisme, l’Église eut recourt à une violence volontaire : « Répandre sa foi par le fer et le sang. ». L’émoi et le traumatisme des massacres de Charlemagne se firent ressentir dans toute la Scandinavie. Les historiens et spécialistes (Alain Decaux,André CastelotFrançois Neveux Rudolf Simek…) pensent que ce fut l’une des raisons qui provoqua les raids vikings qui souhaitaient se venger de la christianisation forcée. La conversion des Scandinaves et des Germains s’est effectuée plus ou moins violemment, sur plus de quatre siècles.

Selon Régis Boyer : « Car- il faut de nouveau insister fortement – la conversion de la Scandinavie se sera faite sans coup férir, sans guerres de religions, sans effusion de sang, sans martyre. Lorsque des chroniqueurs nous la dépeindront, nettement plus tard, sous des dehors tragiques et violents, ils ne le feront que par imitation des vies de saints qui étaient de rigueur en Occident à l'époque. »

Explication évhémériste des mythes païens

L’Église a tâché de ravaler LES ANCIENS dieux au rang de démons Snorri et Saxo Grammaticus s’efforcent de reconstituer un panthéon organisé autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement, et proposent une explication hémériste des dieux païens : dans les prologue de son Edda et de la Heimskringla, Snorri « nous explique que les dieux ne sont que des hommes d’autrefois, des magiciens de préférence, qui ont été progressivement divinisés, Saxo Grammaticus ne dira rien d’autre, lui aussi ». Cette explication se retrouve dans d’autres textes comme la Saga des Troyens, mêlant l’origine pseudo-étymologique des Ases en Asie, au mythe des origines troyennes des peuples scandinaves (Troie étant en Asie mineure).

Néopaganisme

La foi scandinave, nommée par certains Ásatrú ou parfois Odinisme, a été reconstituée avec plus ou moins de succès, et certains pays acceptent désormais de la compter parmi les religions officielles. C’est le cas de l’Islande, la Norvège, la Suède, le Danemark ou l'Espagne.

 

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les principales castes militaires du japon feodal

Les principales castes militaires du Japon féodal

BIENqu’au Japon, aucune figure ne soit plus symbolique que celles des Samouraï, ceux-ci ne consitue qu’une des castes militaires, certe importante, parmi d’autres. Si leur histoire a son origine au COURS de l’ère Heian, ce n’est pourtant que depuis le XIIe siècle et jusqu’en 1868 que ces castes militaires s’arrogent le droit exclusif de gouverner le pays en y exerçant avec les fonctions proprement militaires, toutes les fonctions administratives et judiciaires.

Nous parlerons ici des castes militaires DANS les différentes périodes féodales, tout en excluant les postes dits « gouvernementaux », je pense au DaimyoShogun, mais aussi: kuje, kampaku, shikkenkanrei, voire hamamoto, etc… qui prirent place lors de la création du bakufu (sauf kuje), et qui n’ont que des rôles de gestion et plus de rôle militaire bien que beaucoup de ces postes soient confiés à des personnes ayant fait des classes militaires donc à cette période: des Samouraï de par le fait).

Il est très difficile de tout expliciter au mieux en un article,BIEN sur il y a des choses à redire et des infos qui sont passées à la trappe, mais cet article se veut être « vulgarisé » et résumé à son minimum.

Les principales castes militaires (liste non exhaustive et non classée DANS l’ordre) sont:

  • Bushi
  • Samourai
  • Ronin
  • Goshi
  • Ashigaru et Ashigarugashira
  • Sohei
  • Yama-bushi ou Shugenjas dans certains lieux (auparavant Yamahoshi)
  • Ninja

Les Bushi

Bushi, Yamaoka Tessyu

Bushi, Yamaoka Tessyu

On trouve dans des écrits la trace de ces « guerriers gentilhommes » vers 800 (période Heian). Ils étaient EMPLOYÉS par des familles riches (uji) afin de défendre la population alentours, et étaient reconnaissable par le port du taishi, du tanto et du kyudo. Le daisho katana ou autre longue lame et wakizashi, n’était pas encore d’actualité à l’époque et ce, jusqu’au début de la période Edo.

Durant leur existence, ils furent très appréciés par les populations bien qu’étant de la haute bourgeoisie pour la quasi-totalité. Ils SUIVIRENT des préceptes honorables contenus dans le Bushi-Do: ce dernier provient des dogmes du Kyuba no michi, qui est à l’origine de tout les devoirs et droits de cette caste!

Au début de la période Edo, les Tokugawa mirent en place une « hérarchie » à 4 échelons, nommée shi-no-ko-sho, et c’est de là qu’apparu le TERMESamouraï.

Les Samouraï

Samouraï

Samouraï

Apparaissant avec l’arrivé des Tokugawa au pouvoir, les Samouraï sont, à l’origine, des nobles de très haut rang (buke) destinés à suivre une CARRIÈRE en tant qu’officier supérieur. Certains sont aussi issu du kugeet destinés aux taches moins nobles (garde de Samouraï de plus haut rang par exemple). Le mot en lui même signifie « servir », non plus la population mais plutôt un maître comme un Daimyo ou le Shogun. La défense de « la veuve et de l’orphelin » n’est alors plus vraiment dans leurs attributions.

Contrairement à ce que l’on croit, peu d’entre eux suivent le code du Bushi-Do. Seul une partie des Ronin le suivent et encore quand il y a des batailles. Les Samouraï suivent le code buke shohatto, different à BIEN des égards du Bushi-Do. Il n’est plus question de nourrir son esprit, trouver la paix intérieur ou faire voeu de protection, mais plutôt de gérer un domaine, défendre son « maître », réparer des chateaux, etc…

Pendant la période Sangoku (celui qui dit dragon ball sort de suite!), le daishon’avait pas encore court, les Samouraï préférant le katateuchi au wakizashi. Paradoxalement le KATANA et leuchigatana était résevé aux Ashigaru et aux Samouraï de très bas rang.

Durant cette même période, il était courant pour monter d’échelon dans la hiérarchie de provoquer en duel d’autres Samouraï afin de prouver sa bravoure: le Samouraï annonce son nom fièrement à la personne qu’il défie, dégaine son arme, et combat héroïquement. Une attitude similaire se trouve dans la mort du légendaire saint patron des Yakuza: Shimizu no Jirocho. Ces combats pour monter d’echelon, gagner quelques pièces ou défendre l’honneur de l’école qu’on a SUIVI sont monnaie courante et sont très souvent retranscrits dans les films sur la féodalité.
Pendant la période où existait le shogunat Tokugawa, le bakufu obligeait les Samouraï à porter le banzashi-daisho, et aussi à porter le « chignon » comme coiffure officielle pour les buke mais pas pour les kuge! Cette tonsure prit le nom de sakayaki (fort utile lors de port de casque en pleine chaleur), et permettait de distinguer les Samouraï de haut rang de ceux de bas rang.

Il était habituel pour les Samouraï d’être lettrés et d’avoir 3 ouvrages comme livres de chevet:

Avec ces ouvrages, un Samouraï connaissait les préceptes nécessaires (hors shi-no-ko-sho).

 

Les Ronin

Ronin

Ronin

Lors de la période relative de paix (Edo), nommé Tenka Taihei, beaucoup de Samouraï n’avaient plus leur gagne-pain habituel car il n’y avaient plus de guerres où combattre, donc c’est à cette période que la CASTE des Ronin (Samouraï sans maître) se développe grandement.

La plupart de ceux-ci prennent du temps afin d’optimiser leurs techniques (bujutsu) et entament la transition vers le Budo. Le bushi-do n’a plus lieu d’être loin des champs de bataille. Ils possédent les mêmes caractéristiques que les Samouraï, mais suivent au final une voie plus spirituelle!

Certains Ronin l’étaient par choix et non dépit, le plus célèbre étant Musashiqui battait la campagne afin d’optimiser son art en combat singulier. Son arme de prédilection était le bokken contrairement à tous ses adversaires.

Ils rentrent DANS l’histoire grâce à l’histoire de la rebellion des 47 Ronin!

Les Goshi

Samouraï campagnards de bas rang, avec les Ashigaru, ils constituent la majeure partie des effectifs des armées. Peu ou pas éduqués, ils espèrent se distinguer en bataille pour gravir les échelons de la hiérarchie. Musashi, encore, en est l’un des meilleurs exemples: pas d’éducuation, pas d’origine buke, et ne sachant pas vraiment se battre au début.

Les Ashigaru

Ashigaru

Ashigaru

Ce sont les fantassins « communs » des différentes armées. Ils étaient reconnaissables au jingasa qui les coiffait et à leurs armes: naginatayumi ou yari pour certains. Par la suite, ils utiliseront des arquebuses appelées tanegashima ou teppo.

D’origine très basse (paysans pour la plupart), leur ascension hiérarchique est quasiment nulle (au maximum ils peuvent prétendre à être ashigarugashira: la personne qui commande des troupes d’Ashigaru) et ils sont mal considérés par les Samouraï (surtout d’origine buke). On les retrouveDANS les livres à partir de 675, en tant que mercenaires. La réelle arrivée de ce type de soldat se fait pendant la période Sengoku. Afin de les reconnaitre en pleine bataille, ils portent un standard aukamon de leurs souverain, le sashimono.

Lors de la guerre d’Onin, la réputation de ce type de soldat est établie: ils sont considérés comme indisciplinés, cupides (ne se battant que pour la SOLDE), et illettrés. Un Ashigaru gravit cependant les échelons et fini Daimyo: Yamauchi Kazuto. Toyotomi Hideyoshi, quant à lui, un des trois unificateurs du Japon avec Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu finit Samouraï reconnu et est connu pour avoir anobli beaucoup de ses élèves Ashigaru.

Lors des 2 invasions de Corée (1592 et 1597), le rôle de cette caste change: elle devient plus professionnelle et essentielle pour l’appui des Samouraï,BIEN qu’encore considérés comme de la chair à canon.

Les Sohei

Sohei

Sohei

Ils apparaissent en masse au COURS du Xème siècle et disparaissent quasi-totalement au milieu du XVIème siècle en grande partie à cause des Yamabushi avec lesquels ils avaient beaucoup de traits communs au niveau du combat au corps à corps. On les appelle aussi « moines soldats » ou « moines féroces » et, avant la période Edo, hōshi-musha. Ils portent aussi le nom de Yama-boshi dans certaines régions japonaises (ce qui n’a rien à voir avec Yamabushi). Considérés comme fanatisés, les souverains essayaient autant que faire se peut de ne pas utiliser leurs forces car ils pouvaient se REBELLER facilement et remettre en cause le pouvoir de ces derniers.

Issus de monastères disséminées DANS tous le japon, le plus célèbre fût Enrakyu-ji près de Kyoto, qui fournit un grand nombre de ces guerriers très entrainés (comparable au monastère du Wu-tang en Chine). Ils étaient pour la plupart de confession bouddhiste mais ceux qu SUIVAIENT les préceptes shintoïstes étaient appelés Jinnin, ou Mikko lorsqu’ils SUIVAIENT les préceptes du jodo shinshu. Membres de confréries, on peux les comparer aux templiers des croisades occidentales. Ils maitrisaient toutes les sortes d’armes, mais leurs armes de prédilection étaient le wakizashi et le naginata.

Les Yamabushi

Yamabushi

Yamabushi

Apparus à partir du VIIème siècle, ils sont moins nombreux que les Sohei et contrairement à eux suivent la voie du Shugendo (voie mystique et surnaturel) et, en complément, les préceptes du Tendai. Connus comme des « mystiques montagnards », on leur PRÊTE des pouvoirs occultes, ésotériques, censés être acquis par l’ascétisme qu’ils appliquent à la lettre, qui entrainait de la peur chez leurs adversaires.

BIENque combattant avec des Samouraï sur les champs de bataille, ils étaient essentiellement contre la voie de ces derniers, et le leur rendaient bien. A l’époque kamakura, les Samouraï et les Yamabushi s’affrontaient régulierement. Durant cette période, les Samouraï ne suivaient pas vraiment de précepte de sagesse d’où les conflits avec les Yamabushi!

En 1568 (période Sangoku), les Yamabushi aidèrent les Tokugawa et les Takeda afin d’assoir leur présence près des Shogun et afin d’éliminer totalement les Sohei. Contrairement aux Sohei, ils ne portent pas de protection, seulement un kesa, qui leur donne un air plus mystique.

Bien qu’appréciant le naginata, ils combattent régulièrement avec des sabres de type shiba-uchi et hōken/chie-ken, ainsi que des shuriken.

L’enseignement des Yamabushi existe toujours au Japon, mais leur présence est vraiment anecdotique car ils vivent reclus dans des monastères de montagne.

Les Ninja

Ninja

Ninja

Fortement présents au VIIIème siècle et ACTIFS jusqu’au XVIIème siècle, ils continuent à faire rêver et attisent de nombreux phantasmes dans l’esprit collectif!

Le TERME Ninja apparait seulement au Xème siècle. Auparavant, on utilise des noms comme Rappa, Shinobi ou Kagimono-hiki. Ce « combattant » se définit par ses missions d’espionnage, de renseignement, d’infiltration et de sabotage, et son enseignement qui est le Ninjutsu ou Shinobi Jutsu. Il possède aussi, dit-on, des capacités cognitives fortes et des aptitudes ésotériques (Shingon), dues au fait qu’ils acquièrent à l’origine leurs connaissances des Yamabushi.

Ne se pliant aux codes du bushido, ils excellent dans les actions de guérilla, les assassinats, bref tous les types de guerre asymétrique. Indépendants, ils ne répondent pas aux Daimyo ou aux Shogun et sont considérés par la population comme des parias aux mieux (eta ou hinin) ou des criminels au pire.

Au XVIème siècle, les Shogun et daimyo ont recours à leurs services moyennant FINANCES afin d’espionner les seigneurs qui ne se plient pas au joug du shogun ou afin de préparer au mieux une bataille. Dans ce cas précis, on les appellent Onmisu.
Aujourd’hui un seul style (regroupant 9 écoles) apparait comme étant fidèle aux enseignements du ninjutsu originel: le Bujinkan ninjutsu.

Il existe 3 ouvrages regroupant des écrits PROPRES à cette caste:

  • Le Shoninki de Fujibayashi Masatake, écrit en 1681 (un exemplaire original de cet écrit est conservé à la bibliothèque d’État de Tokyo)
  • Le Ninpiden
  • Le Bansenshukai de Fujibayashi Sabuji, écrit en 1676

Les Ninja avaient pour ordre, en cas de capture, de mettre fin à leur vie afin de ne pas tomber entre les mains des Samouraï qui n’hésitaient pas à les torturer pour obtenir des informations. Les Ninja et les CASTES de Samouraï se vouaient une haine féroce, les premiers étant PAYÉS pour tuer les seconds, et les seconds trouvant les premiers viles, vicieux, sans devoir et ligne de conduite, bref à l’opposé du bushi-do ou du buke shohatto.

Pour finir, on ne peut pas parler des castes féodales japonaises sans parler de l’abnégation pour son vassal et cette dernière passe parfois par la mort.

On connait les termes seppuku et hara-kiri en France, ce dernier étant péjoratif au Japon et réservé aux classes basses de la société BIEN que la finalité soit la même: mort atroce dans d’horribles souffrances.

Le seppuku et le hara-kiri suivent un RITUEL quasi-identique: s’ouvrir le ventre avec une lame du type tanto (nommé Kusungobu pour l’occasion) ou wakizashi. La finalité est cependant différente: tandis que le hara-kiri finit par la mort du supplicié qui succombe à ses blessures dans d’atroces souffrances, le seppuku quant à lui finit par la décapitation (kaisahku) lorsque le seigneur considère que le supplicié à montrer son total dévouement et que ce dernier possède un kaishakunin.

Kabuki - Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Kabuki – Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Le seppuku intervient pour 3 principales raisons:

  • Kanshi ou funshi: remontrances afin de prouver son désaccord avec une décision de son seigneur (similaire à l’immolation des bouddhistes…)
  • Tsumebara: sanction pénale évitant le déshonneur de la personne et de sa descendance
  • Junshi: accompagner son seigneur DANS la mort, pour prouver son abnégation envers lui. Il est nommé aussi Oibara DANS l’hagakure, avec 2 variantes, maebara et sakibara.

Concernant le Tsumeraba, cela permet d’éviter à la famille et descendance du défunt d’être spolié de toutes ses richesses, d’être relégué à la caste des eta (similaire aux intouchables indiens) durant quelques générations et ainsi pouvoir CONTINUER de vivre sans déshonneur.

Le seppuku et le hara-kiri ne sont que la partie visible de l’iceberg, selon les cas de nombreuses variantes existent:

  • Le inseki jisatsu: suicide pour éviter la honte
  • Le gyokusaï: suicide d’honneur, largement pratiqué au COURS de la seconde guerre mondiale par les soldats japonais, pour éviter de se rendre
  • Le jumonji-giri: seppuku avec quelques entailles supplémentaires afin de montrer sa foi au vassal
  • Le shinjū: double suicide avec ses variantes
  • L’oyako shinjū: suicide des parents et des enfants
  • Le boshi shinjū: suicide de la mère et des enfants
  • Le fushi shinjū: suicide du père et des enfants
  • Le goï shinjū lorsque les enfants sont volontaires au suicide familial
  • Le muri shinjū dans le cas contraire
  • Le kobara: suicide pour le BIEN des enfants
  • Le robuka: suicide pour le BIEN de la famille
  • Le funshi: suicide pour exprimer son indignation et sa révolte

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10 mars 2015

j'aime pas "les geeks modernes".......

La revanche des Geeks

 

j'aime pas les geeks!!! enfin ceux qui actuellement se disent geeks, je sais je fait mon reac, mon vieux con, mais bon ont se refait pas, trop tard.........

ca m'enerve profondement en surfant sur le web de voir ou de lire que tant de kikkoolol se disent geeks, que c'est devenus quasi branchouille de "geeker", terme devenus un verbe pour de simple gamers, je n'ai rien contre les gamers je joue aussi, mais je me sent flouer de toutes mes frustrations de jeunesse, un peu comme un vol de mes douleurs......je m'explique, je suis un geek des années 80, qui passait plus de temps dans les bouquins et les bd qu'avec ses "amis" a jouer a quelques jeux de ballons sans interets, qui a decouvert avec emerveillement les premiers jeux de roles et a ouvert grand ses innocents yeux sur son premier "dés 12", qui se refugiais dans le dessin pour allimenter son imaginaire que quasi personne ne comprenait, qui revait d'espace et autres univers, mais surtout qui devais endurer les moqueries sur les binoclards, les railleries des pseudos "beaux gosses" de la cour ou des sportifs, qui si tu n'etait pas comme eux, te transformais forcement une proie facile cqfd......

j'aime voir mes hobbies devenir populaires, j'ai envie de partager mes amours pour les livres, le jeux, la sf exct......mais je devient mechant lorsque du haut de leur jeune age certains prepuberes me donne des lecons sur "ma" culture geek!!!, ont ils vu les premiers star wars aux ciné en prenant la claque de leur vie? cela a t'il changer leurs visions du monde, de leurs avenirs, cela a t'il orienter leurs facons de penser?, sous couvert de detenir un certain savoir encyclopedique sur des choses qu'ils ont decouverts que tres recemment, ils se permettent de s'approprier une culture qui pourrais devenir la leur mais qu'ils ne respecte pas.....

ils n'ont pas souffert avec cette culture, et quelque part c'est tant mieux pour eux, nous avions macher le travail et pris les baffes a leurs places,

mais en etant volontairement reac, la ou je voyais de l'avenir je vois maintenant une impasse, la ou je voyais des gens ouvert a l'autre parcqu'ils etaient aussi different qu'eux, je vois des mysogines un peu sectaire qui se replient sur eux memes et leurs "grande" comunauté, la ou il y avait de l'amusement je vois de la competition, et la ou je voyais du reve je vois maintenant une enorme machine a faire du fric......

etre geeks n'est pas vraiment un choix, notre imaginaire et nos gouts differents, nous y ont conduit, mais comme toutes subcultures elle a finie par etre recupérée, institutionalisée, et surtout rentabilisée......

non il ne suffit pas de jouer pour etre un geek, il ne suffit pas d'avoir un smartphone ou un pc pour se croire geek, il ne suffit pas de lire quelques bd ou quelques romans pour rever geek, il ne suffit pas de collectionner quelques figurines ou dvd pour se donner un titre ou avoir l'impression d'appartenir a quelquechose.......

tous les geeks des origines ont connus les memes choses, la solitude, la deprime, l'impression de na pas etre a la bonne place ou a la bonne epoque, et ce sentiment de n'etre jamais compris, et jamais vraiment accepter.......

tant mieux si les generations futur de "geeks" n'ont pas a vivre cela beaucoup ont oeuvrer dans ce sens, la plupart du temps sans vraiment s'en rendre compte.......mais par pitié reviser vos classiques et surtout, memes si vous ne voulez pas faire preuve de respect, (ce que l'on ne demande d'ailleurs pas!!), faites preuves d'un peu de reconnaissance ou simplement d'ouverture d'esprit, c'est ca l'ame du geek, la culture du reve et de l'imaginaire......

ou alors peut etre faudra il faire table raze.....

 

 

La culture geek doit-elle mourir ?

Par  le 25/11/14

Pete Warden (@petewarden) est un nerd, c’est-à-dire une espère de geek en encore plus asocial… Ingénieur de formation, directeur technique de Jetpac, une société récemment rachetée par Google, c’est aussi un développeur fou qui a notamment lancé le Data Science Toolkit ou Open Heat Map. Il a rencontré sa première petite amie dans un MUD, un jeu de rôle multi-utilisateur, et a fait 7000 km en avion pour la voir en vrai. Il a programmé des jeux vidéo, a travaillé dans de nombreuses startups et de grandes sociétés de l’internet, et il joue toujours à Donjons et Dragons… “S’il y a bien quelqu’un qui peut se réclamer comme Nerd, c’est bien moi !”, confie-t-il dans un billet sur son blog intitulé “Pourquoi la culture nerd doit mourir”.

Quand il était adolescent et étudiant, la culture geek était naissante. La plupart des gens ne comprenaient pas ce qui l’intéressait… Peu à peu, il a rencontré des gens qui partageaient le même intérêt que lui pour la Science-fiction, la BD, les jeux et les ordinateurs. “La culture nerd nous a rassemblé”, mais elle était difficile à trouver et n’était pas devenue la culture dominante.

Mais durant cette dernière décennie, tout a changé. L’adaptation des comics est devenue le filon le plus rentable d’Hollywood. Le Seigneur des anneaux et Games of Thrones ne sont plus partagés par quelques Happy Few. La culture geek est devenue mainstream. Les nerds sont devenus plus importants. Ils ont de l’argent, du pouvoir, un statut. Ils sont à la tête des plus grandes et des plus dynamiques entreprises du monde. Et la culture dominante ne se moque plus de nous, mais nous respecte. Travailler dans le jeu vidéo est devenu sexy. “Nous avons gagné !”

“Et c’est là que réside le problème. Nous nous comportons toujours comme les rebelles de l’Alliance, alors que nous sommes devenus l’Empire. Nous en sommes arrivés là en ignorant les outsiders et en croyant en nous-mêmes alors que personne d’autre ne le faisait. Cette décennie a montré que nous avions raison et que les critiques avaient tort, et c’est ainsi que notre habitude de ne pas écouter les autres s’est profondément ancrée en nous.” C’est même devenu un rituel pour attaquer ceux qui ne nous comprennent pas, insiste Pete Warden. Mais ce réflexe est désormais un problème maintenant que les nerds exercent un pouvoir réel. “Le Gamergate m’a fait honte d’être un joueur”, confie-t-il en évoquant les polémiques de l’été 2014 autour du harcèlement et de la misogynie à l’encontre d’une développeuse de jeu vidéo.

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Image : No ! Geek is not sexy anymore !

Longtemps les nerds ont été ignorés par la culture dominante. Aujourd’hui, ils sont en passe de devenir la culture dominante. Aujourd’hui qu’ils ont un statut, du pouvoir, les représentants de la culture dominante “sont heureux de nous traiter comme des copains plutôt que comme des victimes”. Et Pete Warden de reconnaître qu’il a lui-même beaucoup d’amis dans les entreprises du capital-risque de la Valley, et que beaucoup de ses partenaires viennent désormais du monde des affaires et de la finance, quand les nerds d’aujourd’hui sortent des plus riches MBA d’Amérique…

Mais la culture nerd a une vertu, son scepticisme. Elle apprécie les preuves, vérifie les faits, et permet de réparer ce qui ne marche pas. Pourtant, si elle sait l’appliquer aux autres, elle peine à se l’appliquer à elle-même, rappelle Warden. Les statistiques montrent combien cette industrie est déséquilibrée dans son rapport de classede diversité, de genre… Et combien ce déséquilibre ne cesse de s’aggraver. Les nerds se comportent comme des connards et notre tolérance envers notre propre comportement ne cesse de l’aggraver, tranche Pete Warden. “Quand je regarde autour de moi, je vois que cette culture que nous avons bâtie comme une révolution libératrice est en passe de devenir un opérateur répressif. Nous avons construit des dispositifs magiques, mais nous ne nous soucions pas assez de protéger les gens ordinaires du préjudice qu’ils subissent à les utiliser. (…) Nous ne nous soucions pas des gens qui perdent lorsque nous perturbons le monde, seulement des gagnants, ceux qui ont tendance à beaucoup nous ressembler. (…) Notre sens profond de la victimisation est devenu une justification perverse pour l’intimidation”.

La culture geek a réalisé de belles choses. Mais elle est devenue une telle horreur si bien codée, tellement criblée de problèmes, que la seule décision rationnelle est de l’abandonner pour construire quelque chose de mieux. Et Pete Warden de chercher à s’inspirer du mouvement Maker, qu’il décrit comme bien plus inclusif (ce qui reste à démontrer). “Notre tolérance aux comportements des trous de cul doit prendre fin, mais c’est tellement partie intégrante de la culture nerd, que l’envoyer bouler est la seule façon de s’en débarrasser”.

Dans un billet assez personnel, le spécialiste d’histoire visuelle, André Gunthert (@gunthert), revient sur la polémique de la chemise sexiste d’un des physiciens de la mission Rosetta. Il souligne que le sexisme et la misogynie des références culturelles de la culture geek est un aveuglement.

“L’aveuglement est un terrible aveu de défaite. Je ne me résous pas encore à abandonner ce qui a très largement participé à construire mon identité d’adulte. Mais déjà le cœur n’y est plus. Je ne peux plus être fier de ma culture, que je croyais avancée – la culture geek, c’était l’alternative à la culture distinguée, l’amour des formes populaires, de la technologie, de la science et de la modernité. Elle m’apparaît maintenant comme un moment de l’histoire, et plus comme mon environnement naturel. La mutation est engagée, et la chemise de Matt Taylor est un clou du cercueil. Non, ce n’était pas un détail. Juste le refus de voir le sexisme d’une image.”

Quand les outils de la culture geek se retournent contre les femmescontre les plus démunis,contre les minoritéscontre l’égalité et finalement contre la démocratie, il est effectivement temps de se dire que cette culture n’est pas la nôtre, aussi drôle, rebelle, impertinente, alternative qu’on ait pu la trouver.

Hubert Guillaud

 

 

en plus de la video du debut que j'adore!! le lien vers le billet complet de pete warden

http://petewarden.com/2014/10/05/why-nerd-culture-must-die/

 

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13 janvier 2015

les chomeurs et les salariés.......esclaves????......

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Les libéraux ne cessent de nous dire que tous les salariés et chômeurs sont libres et qu’on ne saurait les comparer à des serfs du Moyen-âge ou des esclaves de l’antiquité (ou du temps du commerce triangulaire ) et évoquer l’exploitation. Les individus – nous disent-ils – sont tout à fait libres, Libres de « choisir », de démissionner, d’aller travailler ailleurs.
On ne doit certainement pas vivre dans le même monde. Dans notre monde à nous, en période de crise et donc de surabondance des chômeurs ( qui comme on sait sont des agents économiques engagés dans une lutte à mort, dans une ère où règne l’individualisme), quel individu normalement constitué va se permettre de refuser un job alors qu’il doit rembourser le crédit de la maison, payer les multiples factures, subvenir à ses besoins et nourrir ses gosses ? Quel individu va se permettre de refuser – en période de crise – l’un des seuls jobs restants de la région ? Allons, allons… soyons un peu sérieux…L’individu en question – et les libéraux le savent très bien, d’ailleurs tout le monde le sait… – sera dans l’obligation d’accepter ce job ainsi que le salaire, aussi modique soit-il, les horaires et les conditions fixées par son employeur, à plus forte raison dans une période de crise. Il ne pourra pas se permettre de faire la fine bouche parce que l’armée de réserve que constituent les innombrables bataillons de chômeurs ne manque pas.
« Quoi ?! vous ne souhaitez pas ces horaires irréguliers, décalés et cette mirobolante et coquette somme de 570 euros par mois sous le prétexte merdique que vous avez trois fillettes en bas âge ? Ah ces chômeuses ! que des privilégiées ! on vous offre du boulot et vous vous permettez de faire la fine bouche ! Madame, on fait pas d’humanisme ici. C’en est déjà bien assez !Si vous n’êtes pas contente, c’est votre problème. De toutes les façons, nous recevons chaque jour des courriers de chômeurs donc bon … »
D’un point de vue strictement légal donc, celui qui va vendre sa force de travail sera considéré comme libre. Mais dans le réel, tel ne sera pas le cas, loin s’en faut. Prenons garde à ne pas souvent associer le réel et le Vrai au droit positif. Ici donc, c’est le détenteur des moyens de production qui domine.

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Mais nous entendons déjà d’ici des clameurs au loin. Des indignations. Quoi ?! Comment ?! nous avons osé mettre en lumière ce qui se passe dans les coulisses (secret de polichinelle), nous avons osé contredire le Sacro-saint évangile libéral de la prêtraille du lucre. Voici que nous les entendons déjà nous ressortir le sempiternel argument sur la liberté véritable du travailleur en période de plein emploi, argument qu’on n’aurait – à ce qu’il semblerait – aucunement pris en compte.
*Soit ! Analysons donc les arguments suivants de nos bons amis libéraux ==> « Voyez-vous mon bon ami, ce que vous dites est certes vrai en période de crise économique, mais perd de sa pertinence en période de plein emploi, d’où – sauf votre respect – un certain simplisme dans vos propos. En effet, en période de crise économique, ceux qui vendent leur force de travail sont les maîtres du jeu. Vu qu’il n’y aura pas assez de main-d’œuvre disponible, les patrons vont certainement faire tout ce qui leur est possible pour attirer la main-d’œuvre, satisfaire les désirs les plus profonds des travailleurs : augmentations de salaire, primes, avantages en tout genre etc.. Comme il y aura toujours besoin de main-d’œuvre, le travailleur pourra démissionner et offrir sa force de travail à d’autres détenteurs des moyens de production. »

Argumentaire intéressant, mais chers lecteurs, est-il besoin de se laisser encore prendre par cette grossière félicitée temporaire ? Prenez garde ! Plus belle sera la soirée fortement alcoolisée, plus douloureuse sera la gueule de bois.
Comme vous le savez, en période d’embellie économique, C’est production, production, production. Consommation, Consommation, consommation. Dans ce système, le coût d’un objet va varier dans le temps. Par exemple, si un smartphone coûte aujourd’hui une centaine d’euros, peut-être coûtera t-il 50 euros dans trois ans. plusieurs raisons pour expliquer cet état de fait : innovations technologiques, concurrence (donc les vendeurs sont obligés de baisser les prix pour attirer les clients et ainsi écouler les marchandises), etc. N’oublions pas que dans ce jeu, ce sont toujours LES PLUS GROS, ceux qui peuvent payer pour les brevets, inciter – via les pubs – les clients à consommer leurs produits, investir, délocaliser, obtenir des investissements conséquents des banques, qui sont et seront toujours les grands gagnants.

Les petits ou les perdants – déjà distancés technologiquement par les gros, le public s’intéressant toujours aux nouveautés, et du fait de la concurrence – vont donc s’évertuer à baisser les prix des produits. Or, dans chaque produit, il y a une infine part du salaire de l’employé, ainsi que le coût relatif à l’entretien de la machine, les matières premières, le transport, le profit de l’employeur etc. L’employeur ne pouvant se permettre de réduire les coûts relatifs à l’entretien de la machine, le coût des matières premières, etc. Il s’ensuit donc qu’il va être contraint de se débarrasser de bon nombre de ses salariés et/ou baisser les salaires.
[ Le salaire constitue l’un des seuls coûts variables à la portée de l’employeur ]
Supposons qu’il licencie. Il va certainement demander aux salariés restants de produire davantage, de fournir une plus grosse charge de travail – à salaire identique ou moindre (forte probabilité !) – pour combler le départ forcé des autres salariés. Les travailleurs, en sachant que l’entreprise ne se porte pas au mieux, vont certainement réduire leurs dépenses car l’entreprise pouvant faire faillite ou étant très affaiblie, il serait insensé d’entretenir le même train de vie qu’à l’accoutumée.
Mais du fait de la RÉDUCTION des dépenses du salarié qui est aussi un consommateur==> Moindre consommation. Donc moins d’achats, et PLUS DE PERTES pour d’autres employeurs, parmi lesquels l’employeur de ces salariés. Le patron ne parvenant donc pas à vendre ses produits, du moins suffisamment pour escompter quelque bénéfice, il va encore baisser les prix (La concurrence l’y obligera aussi, car ce sera à qui vendra au plus bas prix à des consommateurs désormais appauvris ) = ce qui va encore signifier soit baisse des salaires, soit licenciements en pagaille. Et ainsi de suite.
Il s’ensuit donc du fait de la perte de pouvoir d’achat des consommateurs – une ruine à court et moyen terme des petits artisans, commerçants, etc. Ce qui va aussi finir par affecter les gros employeurs qui vont licencier en pagaille, éventuellement délocaliser.
Et patatras ! C’est la crise (Nous ne parlons même pas des bulles financières, des crises bancaires, des variations dans le coût des matières premières etc.) Les petits et moyens sont emportés ! Et les gros vont fusionner pour devenir encore plus gros et/ou restreindre certains coûts, attendre que la crise passe… en sollicitant des cadeaux fiscaux, des avantages et plus de flexibilité pour rebooster l’économie.
Moins de consommation et plus de chômeurs, c’est moins de rentrées fiscales pour l’Etat. Et comme les gros n’auront de cesse de faire du chantage aux hommes politiques et de remplir des fleuves entiers de leurs larmes de crocodile pour payer moins d’impôts (compétitivité qu’ils disent…), ce sont les classes intermédiaires qui vont trinquer (énormément), ainsi que les classes populaires.
Historiquement, ce sont toujours les GROS qui s’en sortent le mieux en période de crise. Ce seront donc encore les plus gros employeurs qui vont l’emporter et les salariés et les chômeurs seront les plus grands perdants. D’autant plus que les chômeurs et les salariés ont tendance à se détester pour le plus grand bonheur des gros.
« Ah ! Ces chômeurs, ils sont trop fainéants ! Ils pourraient faire des efforts pour trouver du boulot ! Ils pensent qu’aux allocs »
« Ah ces étrangers, ils viennent voler nos jobs »; « Ils viennent voler le pain du bon français » Ou « Ah ces étrangers, ils bossent pas et profitent allègrement des allocs »
« Ah les salariés français ne sont que des râleurs qui bossent pas assez » ETC.
Assez marrant cette propension qu’à l’opprimé à en vouloir à d’autres opprimés. Quand un usager/client sera fortement mécontent d’un service, d’un surcoût ou d’un manque d’information, il aura tendance à engueuler la pauvre employée ( serveuse, conseillère clientèle d’un call-center, la pauvre étudiante qui travaille au Macdo pour survivre et financer ses études, qui est débutante et qui n’en peux plus à tel point qu’elle est sur le point de s’effondrer en larmes etc.) plutôt que s’en prendre à la direction, aux cadres dirigeants… Mais bon, nous nous écartons du sujet.
Donc, même en période de plein emploi, le salarié ne sera maître du jeu que temporairement ( A noter que du temps de l’Europe prospère, des trente glorieuses et donc d’une période de relative plein emploi, une grande partie de la population mondiale vivait – et vit toujours – dans une indigence extrême. Nous vivons toujours dans un système, qui ressemble par bien des aspects au système esclavagiste athénien ou romain : Une minorité vit toujours aux dépens d’une immense majorité. Et dans cette minorité, il y a une ultra-minorité qui concentre toutes les richesses…)

 

 reflexions d'un jeune citoyen........page facebook....

https://www.facebook.com/pages/Reflexions-dun-jeune-citoyen-/173218132715061?fref=nf

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14 décembre 2014

noel......remise a niveau historique.....

 

 

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Saturnales

Les Saturnales (en latin Saturnalia) sont durant l'antiquité romaine des fêtes se déroulant durant la période proche du solstice d'hiver, qui célèbrent le dieu Saturne et sont accompagnées de grandes réjouissances populaires.

 

 

Origine

Huit colonnes restantes du Temple de Saturne (à droite).

Macrobe rapporte diverses traditions romaines sur l'origine de cette fête : plusieurs font référence au séjour de Saturne dans le Latium avant la fondation de RomeSaturne détrôné se serait réfugié en Italie, dans le Latium, où il rassemble les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donne des lois. Son règne est un âge d'or, ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. Les Saturnales vont contribuer à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l'exercice du pouvoir

Pour la recherche moderne, les Saturnales sont une fête typique du « crépuscule de l'année » - Saturne est essentiellement le dieu de la période qui précède le solstice d'hiver - comme la , période qui voit des pratiques de potlatch, de banquets et magnificence, pendant laquelle la paix règne et la communication avec le monde des morts est établie.

Célébration

Saturnalia, sculpture de Ernesto Biondi  (1905), Jardín Botánico de Buenos Aires

Au cours des Saturnales, les esclaves jouissent d'une apparente et provisoire liberté.

Durant cette fête très populaire, l'ordre hiérarchique des hommes et logique des choses est inversé de façon parodique et provisoire : l'autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d'agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse. On fabrique et on offre de petits présents (saturnalia et sigillaricia). Des figurines sont suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) a lieu. De somptueux repas sont offerts.

La population se porte en masse vers le mont Aventin. On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

Calendrier

D'abord fêtées le 14 avant les calendes de janvier (19 décembre), puis le 16 avant les calendes (17 décembre) et durant trois jours après la réforme du calendrier de Jules César, puis quatre jours sous Auguste, puis cinq sous Caligula, elles finissent par durer sept jours sous Dioclétien, du 17 au 24 décembre.

Plusieurs autres dieux ou déesses sont célébrés pendant cette période, notamment :

Épona fêtée le 15 décembre, déesse gauloise de la fertilité, qui réussit à intégrer le catalogue des Dieux Romains
Sol Invictus ou Mithra, fêté le jour du 25 décembre (appelé « dies natalis solis invicti »), c'est-à-dire le jour de naissance du « Soleil Invaincu » (dans la période du solstice d'hiver)

Postérité

On dit que les Saturnales ont été en partie l'inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement :

  • le jour de Noël chrétien reprend le symbole du solstice d'hiver, soit le thème du Sol invictus, (le soleil invaincu).
  • la galette des rois, laquelle sacrait le « roi » de la fête.
  • les processions et réjouissances de carnaval.

Autres significations

Par extension, ce terme de Saturnales désigne :

  • une œuvre de l’écrivain Macrobe, sous forme d’un dialogue philosophique se déroulant pendant les Saturnales ;
  • des fêtes débridées pendant lesquelles tous les excès sont permis ;
  • un temps de débordement, de débauche, de licence, de manifestation violente de pouvoir ou de vice.

 

Saint-Nicolas (fête)

Saint-Nicolas
Saint Nicolas néerlandais
Saint Nicolas néerlandais

Observé par Certains pays d'Europe du Nord, Europe Centrale et Europe de l'Est, certaines régions françaises
Type Fête populaire chrétienne
Date le 6 décembre (catholiques,protestants) et orthodoxes roumains le 19 décembre (orthodoxes)

La Saint-Nicolas est une fête mettant en scène le saint Nicolas de Myre. C'est une tradition vivace dans plusieurs pays européens et quelques régions françaises, qui se déroule le 6 décembre ou le 19 décembre pour l'Église orthodoxe utilisant le calendrier julien

On fête la Saint-Nicolas surtout aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, au nord et nord-est de la France (enFlandre française, dans le nord de la Champagne, les Ardennes, en Franche-Comté, en Alsace, mais surtout enLorraine particulièrement à Nancy dont saint Nicolas est le saint patron), en Allemagne, en Autriche, en Croatie, enHongrie, en Pologne, en République tchèque, en Lituanie, en Roumanie, en Bulgarie, au Royaume-Uni, en Ukraineen Slovaquie, en Serbie et en Suisse.

Les traditions diffèrent selon les régions. Un trait commun à ces célébrations est la distribution de cadeaux ou friandises aux enfants, qui est parfois substituée par celle du Père Noël.

 

Patronages

Il est aujourd'hui le patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les prisonniers, les avocats, les kinésithérapeutes ou les célibataires.

Nicolas est le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d'une manière générale. L'histoire des trois enfants sauvés dans le saloir peut être interprétée comme une allégorie de marins sauvés du naufrage, le bac symbolisant le bateau, et le sel la mer. Tout au long des voies navigables de France sont élevées des chapelles dédiées à saint Nicolas.

Fête

La Saint-Nicolas est également célébrée en Allemagne dès le xe siècle, et la journée du 6 décembre a été choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins.

Aujourd'hui, la Saint-Nicolas est fêtée dans un grand nombre de pays d'Europe : la France, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie, la Pologne, l'Autriche et d'autres encore. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le saint passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages des friandises : fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et de grands pains d'épices. Dans les Flandres françaises, le Hainaut français, le Boulonnais, l’Artois, et laBelgique, saint Nicolas défile dans les rues le 6 décembre avec les Géants.

La Fête de saint Nicolas (1700),Richard Brakenburgh

Le 5 décembre, veille de la fête de saint Nicolas, le patron des enfants, les écoliers nommaient, parmi eux, un évêque. Toute la journée du 6 décembre, l’élu avait le titre et les immunités d’évêque des enfants. En cette qualité, il ordonnait tout ce qui concernait la fête générale des enfants de la ville. Afin d’y contribuer à sa manière, l’échevinat lui faisait délivrer deuxkannes, soit 6 litres, de vin.

Père Fouettard

Article détaillé : Père Fouettard.

Dans certaines régions, il est accompagné par le Père Fouettard (Zwarte Piet – Père Fouettard ou « Pierre le Noir » textuellement – en néerlandais. Hans Trapp en alsacien) qui, vêtu d'un grand manteau noir avec un grand capuchon et de grosses bottes et portant parfois un fouet et un sac. Il n'a pas le beau rôle, puisqu'il menace de distribuer des coups de trique aux enfants qui n'ont pas été sages ou de les emporter dans son sac et qui donne, parfois, du charbon, des pommes de terre et des oignons. Le Père Fouettard est également souvent représenté avec des cornes et une queue.

Histoire et légende

La Saint-Nicolas est une fête inspirée de Nicolas de Myre, appelé aussi Nicolas de Bari. Né à Patara au sud-ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque Asie mineure) entre 250 et 270, il fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre.

Dès le xe siècle, une relique (une phalange du saint) fut transférée depuis Bari vers le Duché de Lorraine, et il fut édifié au Sud de Nancy une grande basilique dédiée au Saint, à Saint-Nicolas-de-Port. Vénéré et très souvent invoqué il deviendra très rapidement le saint-patron de la Lorraine. Port était une cité célèbre pour ses foires et marché et le culte de Saint-Nicolas se répandit très rapidement au delà des frontières du Duché de Lorraine et notamment d'outre-Rhin où la tradition est également très vive.

Le dieu scandinave Odin

Une partie des attributs régionaux de saint Nicolas serait inspirée du dieu scandinave Odin. En effet, ce dernier est toujours accompagné de ses deux corbeaux « qui voient tout », et de son cheval Sleipnir, tout comme saint Nicolas est dans certaines régions accompagné de deux Zwarte Pieten et de son cheval.

Punitif

Alice Miller a consacré le premier chapitre de son livre La Connaissance interdite à cette fête pour montrer comme les actions de saint Nicolas ont été détournées par les parents pour en faire une fête punitive, notamment avec l'invention du « Père Fouettard » qui n'a rien à voir avec l'histoire traditionnelle de saint Nicolas qui, selon la légende, protégeait les pauvres et ne les battait pas.


Marque déposée

Les villes de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, ont déposé la marque « Saint Nicolas ». Ceci afin d'empêcher la commercialisation des marchés et autres animations liées à la fête du saint patron des écoliers. Ce dépôt ne concerne que la France.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la fête de Sinterklaas est très répandue et d'allure nationale. Deux semaines avant le 5 décembre, saint Nicolas fait son entrée au pays. Il arrive avec sa grande barbe blanche et sa mitre depuis l'Espagne sur un bateau à vapeur qu'on appelle pakjesboot  (le bateau des petits paquets). Sinterklaas est toujours entouré de ses nombreux assistants, des serviteurs noirs aux tenues colorées et répondant au nom de Zwarte Piet (ou Père Fouettard). Ces assistants ne sont pas très malins et font parfois des bêtises mais ils aident Sinterklaas dans sa lourde tâche de distribution des cadeaux.

Chaque année, on choisit une ville différente pour le débarquement (en 2013 : Groningen) et il est accueilli par le maire et les notables de la ville. Puis, c'est la tournée à travers les Pays-Bas, et chaque commune lui prépare un accueil. Le 5 décembre, veille de la Saint-Nicolas, a lieu le pakjesavond, soirée des paquets-surprises. Les paquets-surprises donnés par Sinterklaas sont accompagnés de poèmes d'occasion.

Belgique


Chez les néerlandophones, saint Nicolas est appelé Sinterklaas et, comme aux Pays-Bas, il débarque d'un bateau venu d'Espagne monté sur un cheval blanc. Chez les francophones, il se déplace sur un âne magique. Il est quelquefois accompagné d'un Père Fouettard, aussi appelé « Hanscrouf » ou « Zwarte Piet ». Parfois, il y a deux « Pères Fouettard ».

Au nord comme au sud du pays, il vient la nuit du 5 au 6 décembre pour déposer cadeaux et friandises – notamment des figurines en chocolat, des nic-nacs ou des spéculoos à son effigie – dans les souliers des enfants sages. Il est de tradition de laisser un bol d'eau ou de lait et une carotte devant la cheminée de la cuisine ou du salon pour l'âne, et un verre d'alcool pour le saint. Le lendemain matin, on retrouvera le verre ou le bol vide et la carotte mangée. Cette pièce sera fermée à double tour devant les enfants comme preuve que saint Nicolas rentre bien par la cheminée.


Saint Nicolas passe, début décembre, dans les écoles ou dans les centres publics pour demander aux enfants quels cadeaux ils désirent, pour voir s'ils ont été sages pendant l'année, et pour leur donner des friandises. Les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu'ils adressent au « grand saint ». Un service de la poste belge répond gratuitement aux enfants qui lui envoient une lettre à l'adresse Rue du Paradis no 1, 0612 CIEL.

Plusieurs semaines avant l'arrivée du grand saint, les écoliers se doivent de déposer une paire de chaussures chaque soir devant la porte de leur chambre. Ceux qui ont été sages découvrent chaque matin une friandise typique différente chaque jour : massepainchocolatclémentine, etc.

La Saint-Nicolas en Belgique est également une tradition estudiantine qui veut que l'on dépose une assiette ou une paire de chaussures la veille devant sa porte et que chaque cokoteur (locataire de chambre d'étudiant, corturne) y dépose discrètement des friandises. À Liège, à Mons, à Bruxelles et à Namur, il existe aussi la Saint-Nicolas des étudiants : un cortège défile dans la ville avec des chars et les étudiants collectent des piécettes auprès des passants pour s'offrir des bières lors de la guindaille qui clôture la journée.

Luxembourg

Au Luxembourg, on l'appelle généralement Kleeschen. Ce mot vient de Zinnikleeschen, ce qui est la façon luxembourgeoise de désigner saint Nicolas. Le compagnon du Saint-Nicolas luxembourgeois est nettement différent des autres. Le Père Fouettard, appelé Housecker en luxembourgeois, est un petit homme, dont le visage n'est pas visible car il est caché par une énorme capuche. Il est habillé d'un vêtement noir ou gris en forme de sac, tenu par une ceinture noire. Il porte un sac avec plein de brindilles, les Ruten, qu'il distribue aux enfants qui n'ont pas été sages.

Saint Nicolas entre dans le pays deux semaines avant le 6 décembre et, à partir de ce moment-là, tous les soirs, les enfants mettent leur pantoufle devant la porte d'entrée de la maison. Le matin, avec émerveillement, les enfants y découvrent une petite friandise ou une Rute, s'ils n'ont pas été sages.

France

Saint patron de la Lorraine, saint Nicolas est particulièrement fêté dans le Nord de la France, mais surtout dans l'Est du pays, l'origine de sa popularité.

Lors de sa «tournée», saint Nicolas distribue traditionnellement une orange et du pain d'épices portant son effigie. Le Père Fouettard (ou le Boucher), vêtu de noir et porteur d'un grand fagot, parfois le visage barbouillé de suie, l'accompagne, et distribue une trique (une branche de son fagot) aux enfants qui n'ont pas été sages et menace de les frapper. Saint Nicolas est censé voyager sur un âne ; aussi les enfants doivent-ils, le soir, préparer de la nourriture (foin, paille ou grain) pour l'animal. Au matin, ils trouvent les friandises (ou la trique) à la place de ce qu'ils ont préparé pour l'âne.

Dans beaucoup d'écoles lorraines, saint Nicolas et le Père Fouettard passent visiter les jeunes enfants le 6 décembre et donnent parfois des friandises à ces derniers. Dans beaucoup de villes où il est fêté, un défilé est organisé chaque année dans les rues de la ville. À Nancy, à la fin du défilé, se terminant à l’hôtel de ville, le maire remet à saint Nicolas les clefs de la ville pour la protéger. Son passage est suivi d'un feu d'artifice. À Saint-Nicolas-de-Port, où un os de son doigt est conservé, saint Nicolas est installé sur un char et défile dans les rues de la ville. Le Père Fouettard, le boucher et trois petits enfants sont également présents.

Alsace

En Alsace, saint Nicolas passe le 6 décembre pour récompenser les enfants méritants en leur offrant des friandises et des cadeaux (traditionnellement un pain d'épices et une orange). Il est aidé par son âne et est accompagné par le Hanstrapp(Hans Trapp ou Rupelz), chargé de punir ceux qui n'ont pas été sages. Le Hans Trapp les menace de les emmener dans son sac s'ils ne promettent pas d'être sages.

De nombreuses villes alsaciennes organisent des marchés de la Saint-Nicolas au début du mois de décembre. Le marché de Noël de Strasbourg fut longtemps appelé ainsi.

En Alsace, la brioche de la Saint-Nicolas s'appelle Männele à Strasbourg (Bas-Rhin) et Mannala à Mulhouse (Haut-Rhin).

Flandre

En Flandre française, en Hainaut français et en Artois, saint Nicolas défile dans les rues le 6 décembre avec le Père Fouettard et les Géants.

Dans les années 1500, la fête de Saint-Nicolas à Dunkerque est ainsi décrite : « Le 5 décembre, veille de la fête de la Saint-Nicolas, le patron des enfants, les écoliers nommaient, parmi eux, un évêque. Toute la journée du 6 décembre l'élu avait le titre et les immunités d'évêque des enfants. En cette qualité, il ordonnait tout ce qui concernait la fête générale des enfants de la ville. Afin d'y contribuer à sa manière, l'échevinage lui faisait délivrer deux kannes de vin soit : 6 litres. »

En date du 6 décembre 1519, les archives de la Commission historique du Nord nous disent : « Décembre 1519 - Étant le jour de la Saint-Nicolay présenté à l’évêque des écoliers, lequel a donc teint sa fête selon la coutume, deux kannes de vin à viij s. le pot, xxxij s. »

Franche-Comté

En Franche-Comtésaint Nicolas passe également le 6 décembre pour rendre visite aux enfants sages accompagné de son âne et du Père Fouettard. En Franche-Comté comme dans certaines régions allemandes, le Père Fouettard est parfois représenté sous les traits d'une vieille femme mi-fée, mi-sorcière. Dans toute la région, des marchés de la Saint-Nicolas sont organisés, notamment dans les grandes villes comme Besançon ou Montbéliard. La Franche-Comté possède aussi ses brioches de la Saint-Nicolas, comme le Männele alsacien, aussi appelé « Jean Bonhomme ».

Lorraine

En Lorraine, la fête a une importance particulière, puisque saint Nicolas est le patron de la Lorraine depuis 1477. En effet, alors que la Lorraine était occupée par la Bourgogne, le duc René II de Lorraine demanda la victoire à saint Nicolas. À la suite de la victoire de la bataille de Nancy, saint Nicolas deviendra patron de la Lorraine et des Lorrains.

Jusque vers les années 1960, la Saint-Nicolas était pour les enfants une fête bien plus importante que la fête de Noël. De nos jours, dans certaines familles lorraines, la tradition des cadeaux se fait à la Saint-Nicolas et non à Noël, voire parfois aux deux fêtes. Dans toutes les villes, et notamment à NancyMetzÉpinalSaint-DiéBar-le-Duc ou encore Verdun, le défilé de saint Nicolas est devenu une tradition au fil du temps, le premier samedi ou le premier dimanche de décembre. Parfois monté sur un âne, il est suivi du sombre père Fouettard.

Il passe de porte en porte, dans les villages, afin de rendre visites aux enfants. C'est souvent l'occasion, même dans les communes les plus modestes, d'organiser quelques festivités pour les enfants du village. Nicolas et son acolyte le père Fouettard visitent également les écoles de Lorraine, distribuant quelques friandises aux écoliers. En Lorraine germanophone, où on l'appelle Nikloos ou Nigloos, le saint visite les maisons le 5 décembre au soir ; il est souvent accompagné de son âne et, malheureusement, parfois, de son alter ego maléfique, Rubbelz (Robert à la fourrure), personnage à la barbe noire, le visage caché sous une capuche sombre, traînant une chaîne au cliquetis sinistre. Les enfants peu méritants ne trouvent alors dans l'assiette qu'ils ont posée près d'une porte qu'un présent bien décevant ; une Ruud, une verge ou un Risser-bääse, un petit balai de sorcière. Saint Nicolas distribue plutôt des friandises, alors qu'à Noël, Chréschtkéndschen/Chréschkinnche (littéralement « le petit enfant Jésus »), représenté jusque dans les années 1950 sous les traits d'une jeune fille vêtue d'une longue robe blanche et coiffée d'un chapeau de paille recouvert d'un voile, distribue les cadeaux.

Religion

L'évêque de Myre est célébré dans une grande procession de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, dite procession du Sire de Réchicourt qui, emprisonné en Terre Sainte, s'est retrouvé à Saint-Nicolas-de-Port après avoir prié le saint.

Saint-Nicolas d'été

La fête de la Saint-Nicolas « d'été », méconnue, commémore quant-à-elle, la translation des reliques de Saint-Nicolas, en 1087, depuis Myre jusqu'à Bari et par extension celle de Bari jusqu'à la Basilique Saint-Nicolas de Saint-Nicolas-de-Port. La date de la célébration est traditionnellement instituée le lundi de Pentecôte.

Allemagne

Nikolaus, accompagné par le Knecht Ruprecht (Ruprecht, Robert le valet), descend du ciel dans une luge chargée de petites gourmandises et de cadeaux. Saint Nicolas et l'Avent, en Allemagne et en Autriche, sont au moins aussi populaires que le Père Noël. Le soir du 5 décembre, les enfants placent leurs chaussures nettoyées dans un endroit particulier. Le matin du 6 décembre, ils vont très vite voir s'il y a des cadeaux et des friandises dans leurs chaussures. C'est le début des fêtes de fin d'année.

Dans la région de Hanovre et en Westphalie, on l'appelle aussi Klas ou Bullerklas ; c'est à lui que les enfants adressent leurs prières, se réjouissant de petits présents qui les attendent pour le 6 décembre.

Autriche

Saint Nicolas défile le soir du 5 décembre dans les rues accompagné de personnages tout droit sortis de l'enfer, les Krampus. Saint Nicolas, que l'on nomme Nikoloou Niglo dans l'est de l'Autriche et Santaklos ou Klos dans le Tyrol et le Vorarlberg, questionne les enfants pour savoir s’ils connaissent leur catéchisme et leurs prières. Si les enfants répondent correctement à ses questions, celui-ci distribue des noix, des pommes, des oranges et des cadeaux.

Les Krampus qui l'entourent font peur à la foule. Portant un masque de diable cornu et de grosses fourrures, ils agitent des chaînes, poursuivent les gens avec des bâtons et les jeunes filles pour les palper. Gare aux enfants qui ne répondraient pas bien aux questions de saint Nicolas ; les mauvais diables essayent alors de les emmener en Enfer dans leur Buckelkraxen : leur hotte !

Dans certaines parties de l'Autriche comme la Haute Styrie et dans la vallée de l'Enns, saint Nicolas est aussi accompagné de Schab. Les Schabs sont des personnages rembourrés de paille avec de longues antennes sur la tête, des grelots et un fouet. Ils accomplissent les Nikolospiele ou « jeux de saint Nicolas ». Précédant saint Nicolas, ils battent une mesure à six temps et marchent à pas lent en faisant claquer leur fouet pour chasser les démons de l'hiver selon la légende.

Hongrie

En Hongrie, les enfants laissent leurs bottes sur le rebord de la fenêtre le soir du 5 décembre. Le lendemain matin, saint Nicolas (Szent Miklós traditionnellement, mais plus communément connu sous le nom de Mikulás) aura déposé des bonbons et des cadeaux s'ils ont été gentils, et un bâton (virgács) s'ils ont été méchants (en fin de compte, la plupart des enfants reçoivent des petits cadeaux, mais aussi un petit bâton). Saint Nicolas est souvent accompagné par le Krampusz, l'effrayant assistant qui est chargé d'enlever les méchants enfants.

Pologne

En Pologne, la Saint-Nicolas s'appelle Mikołajki et c'est une occasion d'offrir et de recevoir des cadeaux supplémentaires avant Noël. On profite notamment de cette occasion pour organiser des petites fêtes à l'école pendant laquelle chacun offre un petit cadeau symbolique à un collègue dont le nom est tiré au sort quelques jours avant.

Suisse

La Saint-Nicolas est fêtée le 6 décembre en Suisse. En Suisse, la fête donne lieu à des défilés nocturnes. Les Iffelträger défilent en portant d’énormes mitres éclairées ; ils sont accompagnés de centaines de personnes qui agitent de grosses cloches et des grelots (en particulier dans la région de Küssnacht am Rigi). À Zurich, ce sont les enfants qui défilent dans les rues avec des masques illuminés. Dans d'autres régions du pays, la fête est devenue une affaire commerciale, avec la distribution aux enfants « sages » de friandises (mandarines, noix, pain d'épices, chocolat). On confectionne traditionnellement de petits hommes en pâte à pain, que l'on appelle Grittibenz.

Fribourg


Saint Nicolas – patron de la ville de Fribourg – est célébré chaque 1er week-end de décembre dans tout le canton de Fribourg. À Fribourg même, la procession se déroule à travers le centre de la ville, commençant au Collège Saint-Michel et se terminant à la Cathédrale Saint-Nicolas. Normalement, la procession commence au coucher du soleil vers 17h00 et se termine à 18h30. À ce moment, saint Nicolas quitte son âne et monte sur le balcon de la cathédrale. Traditionnellement, il tient un discours qui contient des passages satiriques sur les événements de la ville de l'année écoulée.

La fête de la Saint-Nicolas de Fribourg est celle qui rassemble le plus de monde. On estime que 30 000 (50 000 le jour de la centième – incarné par David Aeby) personnes viennent chaque année écouter saint Nicolas.

Un « saint Nicolas » est choisi chaque année parmi les étudiants du Collège Saint-Michel.

Bulle

C'est Henri Gremaud, historien et ancien Conservateur du Musée gruyérien, qui relança en 1945 la tradition de la Saint-Nicolas dans la capitale du district de la Gruyère en fondant la Compagnie de Saint-Nicolas. Aujourd'hui, l'organisation et l'animation de la fête est aux mains de la troupe de théâtre des Trétaux de Chalamala.

L'essentiel de la fête se passe le dimanche le plus proche du 6 décembre, avec l'apparition de saint Nicolas à la fin de la saynète des enfants, à l'Hôtel de Ville de Bulle. Puis, entouré de ses petits pages, des pères fouettards et de ses angelots, saint Nicolas défile dans la Grand-Rue sur un char tiré par deux chevaux. Le saint homme est – particularité bulloise – entouré de ses « flonflons », quatuor de cuivres qui l'accompagne dans tous ses déplacements. Saint Nicolas conclut son cortège par un discours devant le château préfectoral, discours qui se veut en général satirico-politique, en reprenant des thèmes de l'actualité communale, régionale ou nationale.

La Saint-Nicolas à Bulle, c'est également la visite dans les foyers individuels qui en font la demande, dans les homes et autres lieux publics.

Romont

À Romontsaint Nicolas s'arrête également. Le cortège aux flambeaux passe dans les rues romontoises pour se terminer au Château. Saint Nicolas prononce un discours pour les familles et distribue les biscômes aux enfants.

 

Il fait toujours bon de dire en société « Quoi ? Tu ne savais pas ça ? Mais si, le père Noël rouge est une invention de Coca-Cola !! Avant c’était Saint-Nicolas et il s’habillait en vert. C’est Coca-Cola qui l’a mis en rouge en premier. Ah vraiment, quelle bande d’enfoirés ces ricains, toujours a usé du marketing pour vendre leur produits… »

Et bien non monsieur (madame), stop aux idées reçues, le père Noël rouge, bedonnant, avec son bonnet et son gros manteau n’est absolument pas une invention de Coca-Cola. Voici un peu d’histoire pour se cultiver et pouvoir briller en société.

A l’origine, Saint-Nicolas n’était pas forcement représenté en vert comme on l’entend un peu partout. On pouvait en effet rencontrer, selon les pays, des illustrations où le Saint-Patron des enfants (des étudiants, des enseignants, des marins, des vitriers…) était représenté avec un costume noir de suie, vert, rouge, et même bleu en Russie.

Inspiré des poèmes de Clément Clarke Moore, pasteur de son état et auteur de divers contes pour enfants, Thomas Nast illustra le Père Noël sous la forme d’un bonhomme bedonnant, vêtu de fourrure et fumant la pipe dans le journal ‘Harper’s Weekly’ dès le 3 janvier 1863.

Ce n’est qu’à partir de 1885 qu’un artiste nommé Louis Prang (qui inventa la première « Christmas Card » en 1875) représenta le Père Noël tel qu’on le connaît.

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Ensuite, à partir de 1931, Coca-Cola décida de recentrer ses campagnes publicitaires afin de ne plus cibler seulement les adultes avec leur boisson revigorante, mais afin de vendre du Coca-Cola à toute la famille, et en particulier aux enfants. Voilà pourquoi elle s’attacha les services d’un illustrateur d’origine suédoise, Haddon Sundblom, qui dessina le père Noël rouge que nous connaissons presque tous…

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Père Noël

Père Noël

Le père Noël est un personnage légendairearchétypal et mythique lié à la fête de Noël.

 

Présentation liminaire

Bien que la tradition du père Noël ait des origines en Europe du Nord, elle est popularisée aux États-Unis auxixe siècle. La première mention du « père Noël » en français est trouvée en 1855 sous la plume de George Sand (on parle avant plutôt du bonhomme de Noël ou du petit Jésus). Qu'il soit appelé Father Christmas ouSanta Claus en anglaisWeihnachtsmann en allemand, ou Père Noël, sa fonction principale est de distribuer des cadeaux aux enfants dans les maisons pendant la nuit de Noël qui a lieu chaque année du 24 au 25 décembre.

Le père Noël est l'équivalent français du Santa Claus américain dont le nom est lui-même une déformation duSinterklaas (saint Nicolasnéerlandais. Il est largement inspiré de Julenisse, un lutin nordique qui apporte des cadeaux, à la fête du milieu de l'hiver, la Midtvintersblot, un peu moins du dieu celte Gargan (qui inspira le Gargantua de Rabelais) mais surtout du dieu viking Odin, qui descendait sur terre pour offrir des cadeaux aux enfants scandinaves. C'est bien celui ci, ancêtre de tous les autres, qui semble être le point de départ.

De Julenisse, le Père Noël a gardé la barbe blanche, le bonnet et les vêtements en fourrure rouge, de Gargan il a conservé la hotte et les bottes.

Même si le mythe peut varier fortement d'une région à l'autre, notamment à cause du climat du 25 décembre qui peut aller du début de l'hiver dans l'hémisphère nord au début de l'été dans l'hémisphère sud, on l'imagine généralement comme un gros homme avec une longue barbe blanche, habillé de vêtements chauds de couleur rouge avec un liseré de fourrure blanche ; des lutins l'aident à préparer les cadeaux. Il effectue la distribution à bord d'un traîneau volant tiré par des rennes.

Il entre dans les maisons par la cheminée et dépose les cadeaux dans des chaussures disposées autour du sapin de Noël ou devant la cheminée (en France), dans des chaussettes prévues à cet effet accrochées à la cheminée (en Amérique du Nord et au Royaume-Uni), ou tout simplement sous le sapin. En Islande, il dépose un petit cadeau dans une chaussure que les enfants laissent sur le bord d'une fenêtre dès le début du mois de décembre. Au Québec, les cadeaux au pied du sapin sont de mise, en plus des « bas de Noël » disposés sur la cheminée dans lesquels on met les petites surprises.

Selon certains psychanalystes, le père Noël serait un rituel qui nourrirait l'imaginaire des enfants et les aiderait à se construire et découvrir la réalité. Selon les familles, la tradition veut soit que l'enfant écrive au père Noël et lui adresse une liste de cadeaux qu'il désire pour Noël, soit que le père Noël décide « lui-même » quels cadeaux mérite l'enfant.

Historique

Origines

En Europe, les rituels liés à l’approche de l’hiver sont ancestraux. Au Moyen Âge, l’Église catholique décide de remplacer les figures païennes par des saints.

Par le nom de « saint Nicolas », elle désigne Nicolas de Myre, un personnage qui vécut au ive siècle au sud de la Turquieactuelle près d’Antalya, contemporain de la dernière vague de persécutions et du concile de Nicée, moment important duchristianisme.

Le conservateur et responsable du département d’information numérique au Musée copte, Hani Zarif, affirme « Papa Noël, connu sous le nom de Santa Claus, est une vraie personnalité historique ». C’est l’évêque de Myre né vers la fin du IIIe siècle en Lycie, au sud de l’actuelle Turquie. Possédant un héritage important, il distribuait les cadeaux et la nourriture aux pauvres et aux familles modestes pendant la nuit, anonymement. Ainsi il tentait de récupérer le mythe du Santa Klaus scandinave laique à des fins religieuses. Ce qui n'aura de cesse pendant des siècles.

Lors des Croisades, au XIe siècle, sa dépouille est volée par des marchands italiens, mais ils laissent sur place un morceau de crâne et de mâchoire. Les reliques sont transférées à Bari, en Italie. Un chevalier lorrain aurait aussi récupéré une de ses phalanges et l’offrit à l’église de Port. Devenue lieu de pèlerinage, la ville est alors rebaptisée Saint-Nicolas-de-Port. Saint Nicolas devient le saint patron de la Lorraine. En 1477, le duc de Lorraine, René II, lui attribue sa victoire contre Charles le Téméraire. Par la suite, sa légende sera reliée à la Nativité. Il deviendra dans presque toute la France « Papa Noël » soit « Père de la Nativité ».

Á Bari en Italie, la relique aurait produit des miracles. Selon une légende, il aurait ressuscité trois enfants découpés par un horrible boucher. Il est alors présenté comme le saint protecteur des tout-petits. C’est pourquoi, en sa mémoire, le 6 décembre de chaque année, principalement dans les pays d’Europe du Nord et de l’Est (notamment dans l’Est de la France en Alsace, à Metz, à Nancy et à Saint-Nicolas-de-Port), la coutume veut qu’un personnage, habillé comme on imaginait que saint Nicolas l’était (grande barbe, crosse d’évêque, mitre, grand vêtement à capuche), va alors de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages. C’est au xvie siècle, que la légende du saint s’enrichit avec le personnage du père Fouettard qui punit les enfants désobéissants (selon certaines traditions, celui-ci serait en fait le boucher de la légende). En France, à partir du xiie siècle également appelé, le vieux qui présidait ce cortège, est par la suite appelé « Noël ».


Au moment de la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l’enfant Jésus (le Christkind allemand). C’est aux Pays-Bas que saint Nicolas se transforme après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas par l’influence des huguenots. Étrangement, au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l’enfant Jésus, alors que Santa Claus se charge de distribuer des cadeaux aux petits anglophones. De même, bien avant la popularisation du père Noël, les catholiques français attribuaient à Jésus les cadeaux de la nuit de Noël. Au xviiie siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d’anciens symboles germaniques. C’est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël (le Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.

En 1821, le livre A New-year’s present, to the little ones from five to twelve (Un Cadeau pour le nouvel an aux petits de cinq à douze ans) est publié à New York (sous l’influence des Hollandais qui, en fondant la Nouvelle-Amsterdam au xviie siècle, importent le Sinter Klaas). Il contient le poème anonyme Old Santeclaus qui décrit un vieil homme qui apporte des cadeaux aux enfants sur un traineau tiré par des rennes

Le 23 décembre 1823, le journal Sentinel de Troy, dans l'État de New-York, publie anonymement le poème A Visit from St. Nicholas, qui sera attribué au pasteur américain Clement Clarke Moore dans ses œuvres complètes en 1844, dans lequel saint Nicolas est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés respectivement : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer),Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Ce poème a joué un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel, Moore reprenant les attributs de saint Nicolas (barbe blanche, vêtements rouges et hotte) mais troquant sa mitre, sa crosse et son âne pour un bonnet rouge, un sucre d'orge et un traîneau tout en se débarrassant du père Fouettard. Après le journal Sentinel en 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

Rennes du père Noël

Jusqu'au tournant du xxe siècle, le père Noël n'a que huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre) . Le neuvième, nommé Rudolph (Rodolphe en français), fut créé en 1939 par le poète Robert L. May dans un conte où le père Noël doit affronter des conditions météorologiques si mauvaises qu'il risque d'être en retard dans sa livraison de cadeaux. Dans cette histoire, il réussit à les distribuer grâce au nez lumineux de Rudolph qui l'orientait dans la tempête.

En 2001 est sorti un film d'animation anglais avec des personnages en pâte à modeler dont le héros est Robbie le renne qui rêve de devenir un membre de l'attelage du père Noël comme son père.

Saint-Nicolas

Il a longtemps été cru que la fête de Saint-Nicolas était réapparue à New York durant la guerre d'indépendance, en ravivant la mémoire de l'origine hollandaise de la ville, autrefois appelée Nouvelle-Amsterdam, mais cette thèse a été réfutée par Charles W. Jones qui affirma ne pas avoir retrouvé de documentation pour l'étayer. Howard G. Hageman, qui maintient l'existence d'une fête populaire de saint Nicolas chez les premiers colons hollandais de la vallée de l'Hudson en dépit de l'hostilité de la hiérarchie protestante, affirme cependant que cette tradition hollandaise de fêter saint Nicolas avait complètement disparu lorsque Washington Irving fonda la St. Nicholas Society of New York en 1835.

C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ». En 1860, le journal new-yorkais Harper's Weekly représente Santa Claus vêtu d'un costume orné de fourrure blanche et d'une large ceinture de cuir. Pendant près de trente ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, vêtu d'une houppelande en fourrure, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais (notamment dans un livre en couleur de 1866 intitulé Santa Klaus and his works où la couleur rouge de l'habit est établie, mais pas encore le blanc de la fourrure parfois de couleur sombre). C'est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l'année suivante par l'écrivain George P. Webster.

L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende urbaine. Une étude de la représentation du père Noël dans les années précédentes montre en effet que l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui était déjà répandu, y compris sa couleur rouge (même si c'est le tricolore de Saint Nicolas qui était représenté en très grande majorité), utilisée dès 1866. Avant Coca-Cola en 1931 qui a véritablement lancé le Père Noëlhabillé en rouge (fini le tricolore) grâce à l'illustrateur Haddon Sundblom (travaillant pour la D'Arcy Advertising Agency , cet illustrateur s'inspira d'un poème de Clark Moore A Visit From St. Nicholas de 1822 et se prit lui-même pour modèle), de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme le fabricant de stylos Waterman en 1907, le manufacturier de pneumatiques Michelin en 1919, le fabricant de savon Colgate en 1920 et même Coca-Cola déjà dans les années 1920 qui reprit pour sa publicité les illustrations de Thomas Nast. Néanmoins, il est vraisemblable que Coca-Cola ait largement contribué à fixer l'image actuelle.

En France, les catholiques, qui depuis longtemps s'échangeaient des petits cadeaux le soir de Noël en l'honneur de la naissance du Christ, résistèrentlongtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celui-ci ait déjà été connu depuis longtemps.

Aujourd'hui, le père Noël est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n'ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille. La hotte du père Noël peut être un panier ou alors être une sorte de grand sac marron, dans lequel les cadeaux de tous les enfants doivent être entreposés. La marque Papa Noël vaut 1,6 trillion de dollars tandis qu'Apple, est évaluée à 87,3 milliards. "Il n'est pas étonnant que des marques comme Coca-ColaVolkswagen ou KFC se pressent pour obtenir son appui", explique David Haigh, PDG de Brand Finance.

Lieu d'habitation

Le lieu d'habitation du père Noël est très controversé. Selon les Norvégiens il habite à Drøbak, à 50 km au sud d'Oslo. Pour les Suédois, c'est à Gesunda, au nord-ouest de Stockholm, et pour les Danois au Groenland. Les Américains considèrent qu'il habite au pôle Nord, mais en 1927 les Finlandais ont décrété que le père Noël ne pouvait pas y vivre, car il lui fallait nourrir ses rennes : sa résidence fut donc fixée en Laponie, au Korvatunturi puis, cette région étant un peu isolée, ils l'ont fait déménager près de la ville de Rovaniemi au Village du Père Noël. La Sibérie revendique également cet honneur, mais il y a sans doute confusion avec Ded Moroz, le cousin serbo-russe du père Noël qui est fêté le 31 décembre avec sa filleSnégourotchka. Au Canada une grande partie de la population croit qu'il réside au pôle Nord ou certain qu'il serait dans le grand nord canadien, ou selon la célèbre chanson de Joseph (Pierre Laurendeau), reprise par Les Colocs, le personnage serait en fait québécois comme l'indique le titre lui-même, Le Père Noël c't'un Québécois.

En 1953, Réal Rousseau et Jacques T. Melchers construisirent la résidence d'été du père Noël à Val-David dans lesLaurentides, au Québec. Le Père Noël y déménagea l'année-même et y arriva en hélicoptère. Il y revient à chaque été et a reçu près de 3 millions de visiteurs.

Dans le Pacifique, l'île Christmas se revendique également comme une résidence secondaire du père Noël. La Turquie, qui a gardé des reliques de saint Nicolas dans la très touristique région d'Antalya, est aussi de la partie.

Dans nombre de pays, une lettre envoyée au père Noël (quelle que soit l'adresse inscrite : pôle Nord, Laponie ou autre) sera traitée par le service des postes qui répond aux jeunes expéditeurs.

Dans le monde

Au Canada

H0H 0H0 est un code postal utilisé par Postes Canada pour acheminer le million de lettres annuelles destinées au père Noël au pôle Nord. En 1974, le personnel de Postes Canada à Montréal recevait une quantité considérable de lettres adressées au Père Noël et ces lettres étaient traitées comme « indistribuables ». Comme les employés ne voulaient pas que les expéditeurs, pour la plupart des enfants, soient déçus par l'absence de réponse, ils se mirent à répondre eux-mêmes. La quantité de courrier adressé au père Noël a augmenté chaque année, au point où Postes Canada décida de mettre en place un programme officiel de réponse aux lettres adressées au père Noël, en 1983. Environ un million de lettres pour le père Noël sont reçues chaque année, dont certaines provenant d'autres pays que le Canada. Chaque expéditeur recevra une réponse dans la langue qu'il a utilisée pour écrire au père Noël.

Postes Canada a mis en place une adresse spéciale pour le père Noël, avec son code postal dédié : Père Noël, Pôle Nord H0H 0H0, Canada. Le code postal « H0H 0H0 » a été choisi en ressemblance au rire caractéristique du père Noël (en anglais) : « Ho ! Ho ! Ho ! ».

En France

Après la Seconde Guerre mondiale, le père Noël à l'image actuelle (vieillard débonnaire barbu, rondelet et jovial, à la houppelande rouge et au ceinturon noir) arrive en France avec le plan Marshall et la marque Coca-Cola qui fige (mais ne l'a pas créée) cette image du père Noël. Une campagne de presse condamnant son utilisation comme outil de merchandisingest alors menée et atteint son paroxysme lorsqu'un jeune prêtre dijonnais Jacques Nourissat condamne au bûcher le personnage du père Noël, outré qu'il soit à l'effigie des grands magasins de Dijon, cet autodafé ayant lieu sur les grilles de la cathédrale Saint-Bénigne le 23 décembre 1951. Cet évènement donne lieu à des débats enflammés entre les écrivains catholiques Gilbert Cesbron et François Mauriac qui reprochent la marchandisation du père Noël tandis que des personnalités comme René BarjavelJean Cocteau ou Claude Lévi-Strauss prennent sa défense.

Le Secrétariat du Père Noël est créé par le Ministre des PTTJacques Marette en 1962 dans le service des « rebuts » de l'hôtel des Postes à Paris. Il est ensuite transféré en 1967, grâce à l'intervention de Robert Boulin, alors Secrétaire d'État au Budget et maire de Libourne, au sein du centre des recherches du courrier la Poste à Libourne (le seul qui soit autorisé à ouvrir le courrier). La lettre au Père Noëlest donc ouverte pour retrouver l'adresse de l'expéditeur et lui envoyer gratuitement une carte-réponse.
La première « secrétaire du père Noël » qui rédige ainsi la première réponse par l'entremise des PTT en 1962, est en réalité la propre sœur du ministre, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto.

Cette opération, plébiscitée par les enfants et leurs parents, connaît un succès grandissant : le courrier reçu par le père Noël a plus que doublé en dix ans. En 2007, le père Noël a reçu plus d'1,6 million de courriers, dont 1,43 million de lettres et 181 200 courriels (via le portail Internet du Groupe La Poste et le site du père Noël de La Poste - www.laposte.fr/pere-noel ), cette évolution se stabilisant depuis. Le Service Client Courrier de Libourne est toujours au service du Père Noël. En 2012, plus de 1 700 000 lettres et de 200 000 courriels, en provenance de plus de 120 pays. Chaque enfant peut imaginer l'adresse qu'il souhaite et le nom du Père Noël, la lettre arrivera et sera traitée.

 

L'arnaque de Noël ou comment la religion chrétienne s'est construite sur un amoncellement de légendes



 
Paris

Malheureusement pour les 1.7 milliards de chrétiens, en admettant poliment qu'un enfant ait pu naître, le Nouveau Testament ne dit rien ni sur la date du 25 décembre ni sur la présence d'un âne et d'un boeuf. De même, les rois mages n'avaient quant à eux rien de royal et leur bonne étoile n'est qu'un ajout de plus à la légende de Noël sans aucune réalité physique. Examen en détail de chacun de ces points: 

1/ La date
La religion chrétienne ne s'est pas diffusée dans un milieu vide de toute pratique mystique mais a d'abord côtoyé un foisonnement de sectes diverses dans le pourtour méditerranéen. Parmi celles-ci, le culte de Mithra bénéficiait d'une forte popularité dans l'empire romain. D'origine iranienne, Mithra est une divinité solaire qui naît le jour du solstice d'hiver dans une grotte. Les adorateurs de Jésus, en proie à la compétition des mythes, ont alors copié cette date pour faire échec à la concurrence, la célébration de sa date de naissance ayant lieu auparavant au printemps. C'est ainsi que la date du 25 décembre apparaît au 4ème siècle dans la mythologie chrétienne. 

2/ La crèche, les anges, l'âne et le boeuf
Seul l'évangile de Luc (2, 7) stipule que la naissance de JC eut lieu dans une crèche. Elle est la seule aussi à indiquer la venue de "messagers célestes". Les trois autres versions de la vie de JC par Matthieu, Marc et Jean font preuve d'un inquiétant silence pour les gardiens de la foi. On ne trouve trace de l'âne et du boeuf que dans les évangiles apocryphes. Ces textes ont été écrits eux aussi dans les premiers siècles de la chrétienté et furent déclarés faux par les évêques du fait de la grande confusion qu'ils entraînent, dans une tentative de description de la vie de JC en particulier. Les deux animaux apparaissent dans l'évangile du pseudo Matthieu (14). Il semble que la tradition de l'adoration de la crèche par les chrétiens soit une invention de Saint François d'Assise au 13èmesiècle. 

3/ Les trois rois mages
La mention de mages venus d'orient n'apparaît, ici encore, que dans un seul des quatre évangiles, celle de Matthieu (2, 1 - 16) alors que Luc ne parle que de quelques bergers venus rendre visite au gamin. A aucun moment l'évangile de Matthieu ne les identifie comme des rois et n'indique jamais leur nombre. Les affubler du titre de roi et les compter au nombre de trois ne sont que deux inventions supplémentaires. Et les noms qu'ils reçoivent actuellement sont apparus au 8ème siècle... Si les évangiles canoniques donnent peu de renseignements à leur sujet, les évangiles apocryphes sont plus bavards. On y apprend, en particulier, que celle du pseudo Matthieu les fait venir visiter JC deux ans après sa naissance (16, 1), un détail soigneusement oublié par l'iconographie chrétienne. 

4/ L'étoile
Les mages, à identifier probablement comme des astrologues, ont été guidés dans leur voyage, selon Matthieu, par une étoile qui les mena jusqu'au lieu de naissance. Mais l'astre se caractérise par un mouvement fantasque puisqu'il s'arrête au dessus du lieu de naissance qui est, d'après Matthieu, une maison et, selon Luc, une crèche... De nombreux efforts ont été déployés pour faire correspondre l'étoile à un phénomène astronomique soit inattendu (passage d'une comète, explosion d'une étoile en supernovæ), soit prédictible (rapprochement de deux planètes simulant un objet unique extrêmement brillant). Ces tentatives ne peuvent qu'être vouées à l'échec, les informations sur l'évènement (date, lieu, orientation) sont pauvres et incohérentes et lui interdisent toute réalité historique. 

La tradition du 25 décembre n'est donc qu'un amas de forfaitures dans un édifice assurant sa pérennité par l'invention et le mensonge. 

 

 

 

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19 septembre 2014

les triades chinoises.....

Introduction :

 

          Une triade est une mafia d'origine chinoise. Il en existe un nombre extrêmement élevé.

Les triades sont nées durant le 17ème siècle, au commencement de la dynastie des Qing. Elles voulaient restaurer la dynastie des Ming en combattant les Qing. Leur devise qui était "Fan Qing Fu Ming" (littéralement "Chasser les Qing restaurer les Ming") montre bien cet engagement.

L'histoire de leur création relève autant de la légende que de la vérité et il existe plusieurs versions. Cependant il en existe une universelle: tout commence dans le monastère bouddhiste de Shaolin, fondé pour lutter contre les Qing. Les moines de ce monastère avaient fondé une technique de combat à main nue: le Kong-Fu. L'enseignement fut autorisé aux laïques, pour pouvoir rassembler plus d'hommes dans leur combat. Cela inquiétait les autorités impériales qui finirent par détruire le monastère en 1674. Seuls cinq moines sortirent vivants de cette attaque. Ils se réfugièrent dans la ville de Muyang et fondèrent la première triade chinoise qui avait pour objectif de restaurer les Mings.

Cette triade n'avait donc en aucun cas comme objectif à l'origine de faire des profits en utilisant le crime organisé.

 

          Les mots triade ou société secrète sont  couramment utilisés pour parler des grandes mafias chinoises. Cependant ces termes peuvent désigner plusieurs organisations qui ne sont pas forcément criminelles. En effet elles peuvent être des sociétés d'entraides, de tradition ou des sociétés pratiquant des religions comme le bouddhisme ou le taoïsme. Ces triades sont  extrêmement nombreuses en Chine.

On distingue ensuite deux types de triades ayant des activités criminelles:

-Les gangs, qui n'ont pas d'organisation très précise ni de règles très strictes.

-Les grandes triades, plus particulièrement les sept soeurs du crime qui sont les plus puissantes et qui ont une dimension internationale. Certaines d'entre elles étaient au départ des sociétés d'entraide qui se sont opposées au gouvernement.

L'étude portera principalement sur les triades ayant des activités criminelles, et plus particulièrement sur les plus puissantes.

Nous essaieront de comprendre en quoi ces triades remettent en cause le pouvoir des gouvernements.

 

 

 Dans un premier temps nous parlerons de l'organisation des triades en elle-même, puis nous aborderons leurs réseaux de trafics illicites. Nous parlerons pour finir de leur influence dans la vie politique.

I.  LES TRIADES, UN CRIME ORGANISE

 

1/  UN RESEAU FRATERNEL ET STRUCTURE

 

Les triades de Hong-Kong sont considérées comme les plus puissantes du monde, bien plus puissantes que les gens peuvent se l’imaginer. A l'instar de certaines des plus grandes organisations qui utilisent des drogue au niveau de leurs échanges internationaux, et qui ont des forces armées, les triades de Hong-Kong possèdent et entretiennent d'importantes quantités de biens, telles que des stocks de munitions. Comme ont l’habitude de le faire la majorité des mafias mondiales, les triades concentrent généralement leur violence entre elles de façon masquée plutôt que de se montrer et toucher le grand public.

Il n’y a pas de triade dominante qui vise à monopoliser le contrôle des activités et des hommes, par le biais d’une hiérarchie, dans la société mafieuse chinoise. Au contraire, les triades de Hong-Kong sont généralement composées de groupes indépendants. Bien qu'elles se constituent et s'organisent avec des cérémonies et des systèmes hiérarchiques, les triades ne fonctionnent pas dans le cadre d'une domination unilatérale. Par exemple, le King Yee est une filiale de la branche Sun Yee On, mais les membres de la King Yee ne prennent pas les commandes de l’organisation.

L’actuel pouvoir des triades se situe au niveau le plus bas d’une hiérarchie, au niveau global du terme. C'est-à-dire qu’un chef de file, qui dirige environ une quinzaine de personnes (soldats), peut être amené à brouiller de ces derniers dans le but d’en tirer des conséquences bénéfiques pour lui et se retrouver dans une situation plus avantageuse.

Les groupements mafieux se divisent en trois étages. Au sommet, trône un chef, la tête de dragon. Il donne les grandes orientations à son groupe et le dirige. Peu de membres connaissent sa véritable identité. Sous ses ordres, il y a plusieurs responsables qui conservent des noms traditionnels tels que l’éventail de papier blanc, qui s’occupe de la gestion des finances au sein du groupe, le bâton rouge, spécialiste en arts martiaux, il se charge du respect de la loi interne ; la sandale de paille est délégué aux affaires extérieures du groupe et veille à une bonne entente avec les populations et les autres triades. Le maître des encens a la dure tâche de recruter les membres pour renforcer le groupe. Enfin, les membres les plus nombreux sont les soldats, qui constituent la partie armée de l’organisation.

Les triades utilisent également des codes numériques qui aident à différencier les grades et les postes à l’intérieur d’un gang, débutant par 4 (chiffre porte-bonheur en Chine). Ils sont utilisés sous forme de gestes. Par exemple, 426 signifie chasseur. 49 sert à reconnaître le rang et le fichier d’un membre. 489 est le code pour la tête de dragon (chef), 438 pour le bras droit de la tête de dragon, 415 pour l’éventail de papier blanc (il s’occupe des finances), et 432 pour la sandale de paille (c’est le délégué aux affaires extérieures du groupe). Le code 25, qui correspond à l’espion de la triade, est entré dans le langage commun des Hongkongais et signifie traître.

Au fur et à mesure que l’économie des triades à évolué, les conditions sociales se sont modifiées également, favorisant une plus forte fidélité vis-à-vis des membres de chaque organisation, tendant à rendre les structures de chacune d’entre elles plus flexibles. Dans une autre mesure, les cérémonies d’accueil de nouveaux membres se sont simplifiées; on décapite un coq dont le sang est mélangé à un breuvage alcoolisé. Le futur-nouveau membre jure alors de rester fidèle à la société. Il prononce un long serment. Puis, il s’entaille un doigt et verse quelques gouttes de son sang dans le mélange préparé. Tous les membres présents trempent leurs lèvres dans la coupe afin de sceller sa promesse...

Ces évolutions ont entraîné une diminution de l’autocratie au sein des triades. Les membres ont de plus en plus tendance à hiérarchiser leurs intérêts personnels. Si un membre ne tire pas assez d’avantages ou ne se sent pas à l’aise dans son groupe, il peut décider de quitter la triade et être transféré dans une autre plus solide et plus puissante.

Les triades sont indépendantes les unes des autres. A ce jour, on dénombre six grandes triades chinoises qui sont la Sun Yee On, la Fédération Wo, 14 K, la Bande des quatre mers, le Bambou Uni, et enfin la triade du Grand Cercle. Sun Yee On est la plus importante des triades et le groupe mafieux le plus étendu de la planète puisqu’elle compte 50 000 membres environ. Elle est présente dans toute l’Asie mais également en Amérique, notamment aux Etats-Unis ou au Canada.

La structure d’une triade, d’un point de vue général, s’apparente à une organisation de type militaire. Le comité des officiers est composé de quatre postes : le Maître des encens, qui s'occupe du recrutement et des rituels ; la sandale de paille, qui est en charge des liaisons et des communications, et le pôle rouge, ou 426, est responsable de la sécurité et de la discipline. Finalement, l’éventail de papier blanc, qui prend soin des finances et de l'administration. L'organisation traditionnelle d'une triade prend la forme d'un triangle (d’où leur nom). A la base se trouvent les soldats. Leur rôle est d'exécuterles ordres, sans réfléchir aux éventuelles conséquences ni discuter, sous peine de sanctions. Ils s'occupent des tâches peu plaisantes, des règlements de comptes, des bagarres et des attaques, allant souvent jusqu’à prendre un aspect criminel. Le comité des officiers forme le niveau supérieur et coordonne les activités. Au sommet trône la tête de dragon, qui peut s'adjoindre un sous-chef, le 438.

La hiérarchie de la plupart des triades ne comporte qu'un cercle restreint qui tourne autour d'un seul chef, entouré de quelques responsables gérant la sécurité et s’occupant de la discipline, de conseillers ou de chefs d'équipes.

 

2/  LE RECOURS A LA VIOLENCE ET SA LUTTE

 

 

aujourd'hui, les sept sours du crime, organisations transnationales issues de Hong-Kong, Macao et Taïwan, représentent la première puissance criminelle au monde. Leur diversité en fait une organisation qui est partout. Leur mode d'organisation n’est aucunement basé sur une activité humaine liée au crime. La mafia chinoise passe, quand ça l’arrange, des accords avec ses homologues régionaux, créant une étonnante division du travail criminel à l'échelon international. Tout ce qui, dans ce domaine, oblige à prendre des risques est sous-traité aux Chinois, qui tiennent sous leur coupe des ressortissants albanais ou africains.

Les Triades sont impliquées dans toutes sortes d'activités illicites : extorsion de fonds, trafic de drogue, prostitution, immigration illégale et jeux. Elles opèrent au travers des larges canaux de l'immigration chinoise et ont établi des réseaux aux Etats-Unis et au Canada. Leurs activités s'étendent aussi à l'Europe occidentale : elles opèrent à présent à Amsterdam, au Royaume-Uni, plus particulièrement à Londres, et en Espagne.

En analysant les triades d’un point de vue plus axé sur l’économie, les triades ont aujourd’hui un aspect d’avantage similaire à celui d’une entreprise plutôt qu’une organisation quelconque.  Les échanges qui ont lieu entre les triades, qu’elles soient de Hong-Kong, de Taïwan ou du reste de la Chine, sont donc réalisés dans le but de réaliser des bénéfices, contrairement aux échanges passés, qui visaient principalement à gêner l’exercice du pouvoir en place alors contesté. À l'heure actuelle, la plus grande majorité des échanges entre les triades ont lieu ou one un lien avec le continent. La diversification brutale de l’économie des triades, qui touche même principalement des réseaux illicites est forcément source de tensions…

Comparer les différences des méthodes d’action des différentes triades est souvent très difficile. Le plus souvent, elles résolvent leurs conflits de la même façon : en utilisant la violence. Des transactions financières infructueuses se terminent en général dans la rue. Par exemple, à Taïwan, la triade 14K utilise des voitures piégées, des courses poursuites armées, ou encore des attaques au couteau.

Le Bureau des Crimes Organisés des Triades (OCTB) est la division de la police responsable des délits et des meurtres causés par les triades. L’OCTB et le bureau des renseignements criminels travaillent main dans la main avec le bureau des stupéfiants et des infractions commerciales. Toutes les données et informations recueillies par les unités d'exploitation sont traitées et triées, afin de lutter contre les récidives et pouvoir prévenir d’éventuels homicides supplémentaires. D'autres départements tels que le département des douanes, ou le département de l'immigration ont également uni leurs forces avec la police locale à faire obstacle à l'expansion des triades ainsi que d'autres bandes organisées, mais nous savons malheureusement pour les populations que leur nombre ne cesse d’augmenter.

Paradoxalement, la loi a donné la protection pour les criminels. En raison de l'insuffisance de l'autorité d'enquêter sur les dirigeants criminels de leurs sources de richesse et de l'absence de lois pour imposer des peines plus lourdes telles que la confiscation des produits du crime et étendu les emprisonnements, les efforts de la police ont été entravés. Par conséquent, pour résoudre ce problème, le système de droit est également souvent révisé pour aider la police à intervenir avec suffisamment d'autorité pour lutter contre les triades.

Selon le bureau de la sécurité, il n'existe actuellement aucune preuve pour dénoncer des triades de façon justifiable. Le bureau de la sécurité a donc ajouté plus de 240 spécialistes de la lutte contre les triades depuis une quinzaine d’années, pour renforcer le pouvoir de la force de police. Pendant dix ans, la proportion de crimes auxquels des membres d’une triade ont participé est restée relativement stable à Hong-Kong, mais depuis quelques années, cette proportion a baissé.

Un programme de publicité pour un centre d’appel contre les triades a été mis en place en Chine pour sensibiliser les populations et aider les autorités dans leur lutte contre les triades. Dans le même temps, le bureau de prévention de la criminalité maintien ses contacts avec les entreprises locales en les encourageant à signaler les activités des triades. Afin d'encourager le public à signaler les activités criminelles des triades, le bureau de la sécurité a établi une loi demandant la protection des témoins, qui est entrée en vigueur en 2000, pour augmenter leur sécurité et éviter les risques de pistages. Elle aide à fournir une base juridique pour le programme de protection des témoins.

En outre, la police de Hong Kong coopère avec les forces de l'ordre spécialisées dans le crime organisé, à l'étranger, notamment dans des lieux avec une importante population chinoise tels que les Chinatowns du monde entier, afin de lutter contre les triades au niveau international.

Depuis la lutte contre les triades, Hong-Kong a créé des lois telles que l'ordonnance sur les sociétés, adoptée en 1949, qui stipule que toutes les triades de Hong-Kong seront considérées comme sociétés et organisations illégales par les autorités, pouvant donc entraîner des sanctions justifiées. Elle stipule également que toute personne reconnue coupable de diriger un bureau ou d’assister dans sa gestion un directeur de société illégale est passible d'une amende allant jusqu'à 1 million de HK $ et un emprisonnement maximal de 15 ans. Composition d'une triade de la société est elle-même une infraction punissable d'une amende de plusieurs centaines de milliers de HK $ et de plusieurs années d'emprisonnement.

Même si la plupart des gangs de rue et des triades agissent indépendamment les uns des autres, leurs tentatives de faire croire qu'ils sont "invisibles et pourtant invincibles" a rendu le travail des policiers beaucoup plus difficile, du fait qu’il faille agir dans le plus grand silence.

II UN RÉSEAU DE TRAFICS ILLICITES

 

1/  DIASPORA

 

-Les triades dans le monde

 

Elles ont suivit les vagues d’immigration chinoise.

 

Les triades sont aujourd’hui des acteurs incontournables de l’économie informelle en Asie et sur tous les continents, rares sont les pays qui leur échappent.

Leur centre de gravité, surnommé « Sicile chinoise » en référence a la mafia italienne, est le sud est de la Chine, en particulier le Fujian (province côtière), Hong Kong et Taiwan.

Elles ont à peu près une diaspora semblable à celle de la Chine. Là où dans le monde il y a une Chinatown (quartier chinois) on trouve la présence d’une triade.

Dans l’histoire, les sociétés secrètes ont accompagné les grandes migrations chinoises vers l’Asie, les Etats-unis et le Canada au XIXe et XXe siècle et en Europe au XXe.

 

En Europe, elles ont différentes activités illégales selon les pays. En Italie, elles pratiquent essentiellement le trafic d’êtres humains, en Autriche la prostitution, le trafic de cigarettes en Allemagne et aux Pays-Bas, le trafic d’arme en Tchéquie.

 

En France, l’émigration clandestine d’autres Chinois est une activité très lucrative, le trafic de drogue, principalement de l’héroïne, aussi.

L’implantation des triades en France date des années 1980, lorsque des réfugiés vietnamiens immigrent en France. Les triades existent donc dans le quartier chinois de Paris, le XIIIe arrondissement. C’est la triade 14K qui s’y est installée. Cependant le gouvernement français est atteint en ce qui concerne les triades de ce qu’on appelle le syndrome Hoover : La France serait une exception criminologique, c’est-à-dire que miraculeusement les triades n’y seraient pas présentes. Seulement, selon une estimation faite par les Renseignements Généraux Français, il y aurait 4000 membres des triades en Ile de France. Le gouvernement veut sûrement masquer son incapacité à lutter contre elles car cela remettrait en cause son pouvoir.

 

Elles sont présentes en Malaisie du fait de l’émigration de Chinois de Chine du sud à la fin du XVIIIe siècle, et tirent profit des mines d’étain autour de Kuala Lumpur.

 

Une des bases des triades est le Canada. Elles l’utilisent pour étendre leurs tentacules dans toute l’Amérique du nord. Les sociétés secrètes ont profité des programmes d’immigration pour obtenir des passeports canadiens. Elles s’implantent dans les quartiers chinois et s’attaquent d’abord à leur propre communauté. Elles sont organisées en cliques ayant chacune un chef, le Dailo.

 

Il y a 4300 membres de triades connus au Canada. C’est un chiffre énorme, mais ne constituant sûrement qu’une partie du chiffre réel. Cela montre l’étendue de leur emprise sur ce pays, sachant qu’ils forment un réseau très organisé, comparable à une toile d’araignée.

Les triades sont au cœur de l’importation de drogue au Canada : 95% de la drogue du pays viendrait de leur trafic, puis serait redistribuée à d’autres mafias. Par exemple, la plus grosse prise d’héroïne au Canada, a été réalisée le 5 septembre 2000 : 99 kilogrammes d’héroïne qui avaient fait le trajet Hong-Kong Vancouver, cachés dans un conteneur.

Au Canada, le gouvernement considère ces sociétés secrètes comme une des premières menaces pour la société, et bien qu’il essaye de lutter en déployant des forces de police supplémentaires, cela reste peu pour vraiment inquiéter une telle organisation.

 

Ces sociétés secrètes sont également présentes en Afrique où elles ont investi le trafic d'ivoire. Elles sont également présentes sur ce continent pour le trafic d'êtres humains.

 

2/ UN COMMERCE DEGUISE

 

-Stupéfiants

Un des commerces les plus connus et caractéristiques des mafias en général est le trafic de stupéfiants. Les triades ne font pas exception.

 

Grâce à l'ouverture des frontières à l'économie de marché et au boom des transports et à l'amélioration des moyens de communication, le transit des stupéfiants est facilité.

La corruption leur permet de faire passer différents stupéfiants facilement en Chine, au Yunnan, et dans les régions limitrophes du triangle d'or (une région de l'Asie du sud-est aux confins du Laos, de la Birmanie, et de la Thaïlande connue pour sa production d'opium). Le gouvernement chinois prêt à tout pour faciliter le décollage économique de son pays et l'enrichissement d'une petite partie privilégiée de sa population, ferme les yeux sur ce trafic.

De plus, Pékin entretient des relations étroites avec la junte militaire birmane dont les membres couvrent les trafics.

 

L’héroïne, est la principale source de revenu des triades. Cette drogue est obtenue à partir du pavot, cultivé dans le triangle d'or puis raffiné sur place dans des laboratoires. Pour donner un exemple, 3000 tonnes d'opium ont été produites pour les triades en 1993, ce qui revient à 300 tonnes d'héroïne une fois l'opium raffiné. Ces chiffres sont énormes. Les triades ont même supplanté la mafia sicilienne dans ce domaine très lucratif (un kilogramme d'héroïne est vendu 200 000 dollars US) et en constante augmentation, comme le montre ce tableau:

 

Production d'héroïne pour les triades par année:

 

 

production en tonnes

années

 

40t

1945

 

 

 

 

300t

1962

 

 

 

 

600t

1980

 

 

 

 

1000t

1987

 

 

 

 

1200t

1988

 

 

 

 

2200t

1989

 

 

 

 

2500t

1990

 

 

 

 

2500t

1992

 

 

 

 

2500t

1993

 

 

 

 

3000t

1995

 

 

 

 

 

 

Les chemins de la drogue :

 

Les triades font passer l'héroïne essentiellement par l'Afrique, le Nigéria plus particulièrement, car ce pays étant membre du Comonwealth, il est plus facile pour ces ressortissants de passer les frontières des autres pays membres.

Elles passent également par des pays comme Madagascar, Les Comores, la Réunion, l'Ile Maurice ou des îles de l'océan Indien.

 

Des fourmis (personnes seules) font passer la drogue aux frontières en  la cachant sur eux, parfois même, en en ingurgitant des sachets remplis.

 

Une autre combine consiste à acheminer la drogue par bateau dans des conteneurs. Il existe différents moyens de la cacher: de la drogue a par exemple été decouverte par les autorités Canadiennes à Vancouver dans les parois d'un conteneur et également dans de faux oeufs, eux-mêmes cachés parmi de vrais oeufs.

Il est de surcroit impossible de fouiller les dizaines de milliers de conteneurs qui transitent dans les ports du monde entier.

 

-Trafic d’êtres humains

 

 Le trafic d’être humains désigne le transport clandestin d’émigrants du tiers-monde vers les pays occidentaux. Il représente un bon rapport gain/risque pour les triades. Selon l’IMPCD (International Centre for Migration Policy Development), il y aurait 400 000 clandestins passant chaque année dans l’union européenne grâce aux triades, et trois millions de clandestins déjà à l’intérieur.

Le transport s’effectue grâce à des passeurs. Ceux-ci entassent le plus de personnes possible dans un conteneur ou dans un bateau.

 

La destination la plus prisée est l’Angleterre, en raison de sa législation favorable aux demandeurs d'asile et de l'absence de contrôles d'identité. L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande sont également des destinations pour ces clandestins.

Ces passages vers l’Europe rapporteraient de trois à quatre milliards de dollars par an aux triades.

En effet, le billet d’entrée dans l’espace Shengen est très cher : il atteint 160 000 euros. Une fois les immigrants clandestins arrivés en France, ils sont rackettés et parfois même kidnappés pour des rançons pouvant atteindre 100 000 euros, une somme énorme pour leurs familles démunies.

 

Pour aller en Amérique du nord, le prix du billet est le double de celui pour l’Europe.

Il y a deux voies pour y aller.

La voie européenne. Elle est empruntée par la triade Sun Yee On. Les clandestins sont d’abord transportés jusqu’en Europe puis entassés dans des conteneurs pour essayer d’arriver aux Etats-Unis sans se faire repérer. Souvent, les clandestins meurrent pendant ces voyages inhumains comme en juin 2000 à Calais où 58 migrants Chinois ont été retrouvés morts asphyxiés dans un camion.

 

La voie Latino Américaine. Elle est utilisée par la 14K. Des officiels sont corrompus en Amérique Centrale et dans les Caraïbes ce qui permet de faire entrer des clandestins au Guatemala, au Mexique, à Panama, à Porto Rico. 200 000 Chinois environ y résideraient actuellement. Ensuite, ils tentent de passer la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, beaucoup iront même jusqu’au Canada.

 

-Visas illégaux

 

Un autre moyen d’immigrer clandestinement dans un pays occidental est d’obtenir un faux visa. Les triades ont deux moyens de s’en procurer.

Le premier consiste à payer des pots de vin à des personnes haut placées qui usent alors de leur influence pour leur obtenir des visas.

Cette méthode est la plus efficaces car les visas sont des vrais et il est pratiquement impossible de se faire repérer.

Cependant les personnes désirant obtenir un authentique visa par les triades payent extrêmement cher. Pour ceux qui n’ont pas les moyens c’est à dire une grande majorité, les triades fabriquent des faux visas qui bien que moins chers représentent une somme très importante pour les migrants.

 

-Prostitution

 

Les triades se livre aussi en Chine à la prostitution à grande échelle. Ils “recrutent” souvent dans les provinces reculées et pauvres de très jeunes filles. Elles ont de 12 à 16 ans. Regroupées dans des bordels aux abords des grandes villes, elles sont surnommées "boulettes de poisson" par comparaison avec un étal de poisson. Ces jeunes filles sont en effet considérées comme de simples marchandises.

 

 

-Extorsion ou racket

 

Les triades pratiquent ce type d'activité sur des commercants. Elles prétendent protéger le commerce et exigent en échange des sommes d'argent à verser tout les mois. Il s'agit en réalité d'un revenu pour avoir le droit de rester sur leur territoire. Ces pratiques existent en Chine. Dans les autres pays elles le sont seulement dans les chinatowns auprès des immigrés asiatiques. En effet, la plupart du temps ceux-ci n'osent pas prévenir la police par crainte des représailles

Cependant cette activité est de moins en moins pratiquée car les personnes racketées osent de plus en plus avertir la police.

 

-Usure

 

Les triades prêtent de l'argent aux personnes dans le besoin à un taux d'interêt extrêmement élevé. Il va de 10% à  30% par semaine ce qui est bien au dessus du taux légal. Ceux qui ne peuvent pas rembourser seront assassinés ou devront rentrer dans les rangs de la triade qui n'hésitera pas à user de la violence.

 

3/  INFLUENCE ÉCONOMIQUE DES TRIADES

 

Les triades sont très présentes dans l’économie mondiale. Elles constituent un grand péril financier. En effet, pour donner un exemple, 1,1 % du PNB américain, soit 500 millions d’euros, ont été produits par les triades pendant les années 80.

 

Les triades utilisent les paradis fiscaux. En effet, ces paradis fiscaux hébergent des banques dont les comptes sont protégés par le secret bancaire. Elles font ensuite passer l’argent de compte bancaire à d’autres comptes bancaire par le biais d’entreprises fictives, et il est alors très difficile, voire impossible de retrouver la trace de cet argent.

C’est le cas de l’île de Nauru, qui possède 400 banques offshore et qui aurait participé au blanchiment de plusieurs milliards de dollars au profit des triades.

En plus de Nauru, il est légitime de se demander combien d’autres paradis fiscaux servent au blanchiment d’argent des triades ?

Les paradis fiscaux étant légaux, les états sont confrontés à un vrai problème pour lutter contre cette pratique.

 

Elles savent habilement mêler activités illicites et légales et investissent massivement sur les marchés financiers. En effet, de nombreux profits criminels ont été réinvestis dans des activités tout à fait légales. Ces nouvelles entreprises sont inattaquables, hormis la manière dont elles sont apparues. Elles sont gérées, soit par des criminels patentés, soit, beaucoup plus fréquemment, par des hommes d'affaires que l'appât du gain a dévoyé. Il est alors très difficile de les confondre car ils se gardent de commettre quoique ce soit d'illégal.

 

Les secteurs de prédilection sont de trois sortes :

Immobilier, traitement des ordures et des déchets et industrie du spectacle.

Ce dernier secteur ne sert pas uniquement de “couverture” : Ces sociétés secrètes utilisent également ce contrôle sur l‘industrie du spectacle à d’autres fins que la simple intrusion dans l’économie. Elles arrivent, au travers du cinéma, à se donner une bonne image de marque.

Grace un nombre énorme de films en provenance de Hong Kong ayant pour thème les triades, elles parviennent à générer une idéalisation et une esthétique du mal qui leur sert de propagande.

Ce cinéma exalte essentiellement les triades grâce au kung-fu ; cette technique de combat qui a été étroitement liée aux « sociétés noires » durant l’histoire de la Chine.

Cet art de combat paraît invulnérable dans les films.                                                       Les triades font passer aux jeunes, principaux consommateurs de ce type de musique, un message incitant à la drogue.

III.  L’INFLUENCE DES TRIADES DANS LA VIE POLITIQUE

 

Dans cette troisième partie, nous allons présenter le rôle des triades dans la vie politique. Ces triades établissent de nombreux liens pour étendre leur influence

et coopèrent avec différentes institutions. Elles sont même amenés à s'engager politiquement.

 

1/  UN RESEAU DE « GUANXI », MAÎTRISE PAR LES TÊTES DE DRAGON

 

Les « Guanxi », ou relations, sont caractéristiques de la puissance des triades. Nous allons montrer en quoi elles sont si utiles, en retraçant le parcours des têtes de dragon et leurs liens avec les hommes d'affaires, politiques, judiciaires. Nous allons prendre comme exemple Du Yuesheng dans « le Shanghai dans les années 20 », les frères Heung à Hong-Kong, Chen Chi-Li de la triade des Bambous unis à Taiwan et même des parrains au delà de la Chine.

 

Après la mort de Sun Yat Sen, Tchang Kai-Chek assure la direction du parti du Guomindang. Il n’hésitera pas à faire appel à l’aide financière et militaire de la « Bande Verte », la triade la plus puissante de Shanghai. Cette triade du Nord contrôle la quasi-totalité des activités criminelles dont drogue, jeux, prostitution. Elle est approchée par les grands commerçants et les hommes d’affaires. Lui-même initié auparavant dans cette triade, Tchang Kai-Chek fera la connaissance de Du Yuesheng devenu le futur « parrain » de la ville.

Du Yuesheng surnommé également « Du aux grandes oreilles », est né en 1888 à Gaoqiao et vivait une vie misérable en tirant les radeaux d'opium qui remontaient le Fleuve bleu. Adolescent, il fréquente le milieux des bandits puis connaîtra son ascension en étant introduit dans la Bande Verte par Huang Jinrong, le chef des inspecteurs chinois de la police de Shanghai. Dans les archives du Ministère des affaires étrangères concernant les concessions françaises en Chine, des diplomates demandent aux autorités locales françaises d’éviter d’avoir affaire à « Mister Du » : d'avril à juillet 1925, Du Yuesheng et ses associés recevaient le monopole du trafic d'opium en échange du versement d'un pourcentage sur les transactions, et de la promesse d'une aide au maintien de l'ordre.

Du Yuesheng travaille également avec Etienne Fiori, chef des services de police et membre secret de l’Union Corse, créée en 1908 à Shanghai pour commencer le trafic d'opium. Celui-ci organise les relais de Saigon, Hanoi et Marseille pour exporter l’opium et l’héroïne. Ainsi, grâce à la police, Mister Du a réussi à se faire nommer membre honoraire de la police et, comble de l'ironie, président de la lutte contre l’opium.

 L'arrangement perdure jusqu'au moment où, la puissance de Du Yuesheng se faisant trop menaçante, le Quai d'Orsay commence à s'alarmer du rôle joué par les gangsters dans l'administration municipale. En 1932, une série de mesures d'épuration permet d'assainir la situation. Etienne Fiori sera donc démis de ses fonctions du fait de la corruption. Du Yuesheng s'efface alors mais au prix d'une rumeur dont les journaux locaux ont tôt fait de s'emparer : le gangster devenu notable se serait vengé de son éviction en causant la mort des témoins gênants, parmi lesquels le consul Koechlin, un conseiller municipal et le journaliste Albert Londres au retour d'une enquête à Shanghai.

La puissance de la Bande Verte ne se limite donc plus à ses activités illégales :

 

Du Yuesheng dirige en 1925 l’association générale des commerçants de la concession française, il préside une dizaine d’entreprises dont la Bank of China de Shanghai, la compagnie de navigation à vapeur à Shanghai, la compagnie d’électricité locale, trois journaux, une agence de presse, la Grande Université de Chine.

Son apogée s'arrête au moment où il se voit forcé de se réfugier à Hongkong lors de l'avènement du communisme en 1949, traqué  par les autorités communistes.

Il meurt le 16 août 1951, étouffé par des crises d'asthme et miné par la drogue. Pourtant, l'un des fils reprendra le trafic d'opium, l'autre servira de conseiller au ministre de la Défense nationaliste.

           

Cette ville de Hong-Kong sera réputée pour être le centre de gravité, où règnent les triades les plus puissantes et organisées. A la fin des années 40, la police évalue à 300 000 le nombre de leurs membres dans la colonie britannique. Malgré l'afflux récent de réfugiés, leur implantation est ancienne : Dès 1845, les Anglais avaient édicté dans leur colonie une loi antitriades, mais celles-ci, rompues à la clandestinité, contrôlaient de nombreux métiers.

Dans un contexte plus actuel, Heung Wah-keung, alias « Charlie Heung » dirige avec ses frères la Sun Yee On et contrôle une partie de l'industrie cinématographique à Hong-Kong. Lié à Yue Xuanping, l'ex-gouverneur de Guangdong, il investit aussi dans les studios de cinéma, des chaînes de magasins, de disques et de vidéo, les restaurants et les bars dans la zone industrielle de Shenzhen.

Le fils de Yue Xuanping, vice-président de la Conférence consultative, est depuis 1992, actionnaire de l'entreprise financière Topworth Investment (China) dont l'un des directeurs n'est autre que Heung Wah-keung.

Charlie Heung et ses frères mettent en avant les excellentes relations, dans le gouvernement de Tung Chee-Wah (premier chef exécutif de1997-2005) et parmi les hommes d'affaires de l'ex-colonie anglaise. Certains membres de sa famille sont liés aux notables de Hong-Kong : ainsi Anita Heung, fille de l'ancienne Tête de dragon Heung Wah-sim, a épousé dans les années 70 le fils de Cheung Leung-sing, alors président de l'assemblée régionale de Hong-Kong.

On compte également Rita Fan Hsu Lai-tai parmi leurs amis, la femme qui prend la direction du Conseil législatif de Hong-Kong, nommée par Beijing pour préparer son annexion à la République de Chine en 1997. Elle est par ailleurs la fille de Tse Ta-tung, un homme d'affaires de Shanghai qui, dans les années 30, appartenait à la Bande Verte.

 

 

L'île de Taiwan se distinguera aussi  par la présence de triades après l'arrivée des soldats perdus du Guomindang :

 

La bande des Bambous unis est née en juin 1956 du regroupement d'étudiants de treize clans dans le village de Wing Wor, et les milieux jeunes de la classe ouvrière de Yungho, dans la banlieue de Taipei, célèbre pour ses massifs de bambous. On estime aujourd'hui à 20 000 le nombre de ses membres, entretenant de bonnes relations avec les yakuzas japonais et les 14 K pour leur porno business : elle possède une place importante dans la production et le marché local des jouets sexuels pour l'exportation, et contrôle les maisons de prostitution de Taipei et ceux de Peitou. L'un des responsables, Chen Chi-Li, surnommé « Canard sec »,  a réussi à être, jusqu'en juillet 2000, le conseiller particulier de Chea Sim, président du Parti du peuple cambodgien au pouvoir avec le Premier ministre Hun Sen.

Ils sont aussi présents aux États-Unis, se signalant en 1984 en assassinant à San Francisco un écrivain exilé, Henry Liu, qui avait eu le malheur de vouloir écrire une biographie du chef de l'État taiwanais Chiang Chin-kuo, fils de Tchang Kai-Chek. Les meurtriers étaient membres des Bambous unis, dirigés par la tête de dragon Chen Chi-li.

 Steven Wong, un indicateur de la police, a révélé comment il avait rencontré Chen Chi-Li : Celui-ci avait fait le voyage aux USA pour superviser directement le meurtre d'Henry Liu.

 

« Le Canard Sec avait signé un pacte avec le gouvernement taïwanais, et se croyait donc invulnérable. La bande des Bambous Unis recevait des millions de dollars pour traquer les opposants aux USA. »

 

Lorsque le procès des tueurs débuta en mars 1985, Chen Chi-li désigna le chef du renseignement militaire, l'amiral Wong Hsi-ling, comme commanditaire du meurtre. Sous la pression des Américains, Wong Hsi-ling fut destitué et condamné à la prison à vie, et ses adjoints à des peines plus légères. Les Bambous unis et les agents spéciaux ayant collaboré bénéficièrent d'une amnistie par la suite. Par cette trahison, l'affaire Henry Liu marquait la fin de l'alliance entre le Guomindang et les triades.

Les Etats-Unis, conscients de l'existence des triades sur leur sol montèrent une opération clandestine en septembre 1985, où le FBI arrêta treize membre des Bambous Unis dont deux chefs : Chang An-lo, alias « Loup Blanc », et Chen Chih-yi, alias « Oiseau Jaune ». Quant à Chen Chi-Li, il sera de nouveau arrêté au Cambodge en juillet 2000 pour trafics d'armes.

Malgré cette série d'arrestation, les Bambous unis restent actifs à Hong-Kong, en Indonésie, et aux Philippines où elle a organisé avec la 14 K des kidnappings d'hommes d'affaires, en 1992. Plus récemment, les Bambous ont établi des cabarets et des réseaux de prostitution dans l' île de Hainan en ayant des complicités dans l'appareil de sécurité locale.

Par conséquent plusieurs faits ont témoigné de la coopération des services secrets taïwanais avec les triades. Il existe encore des liens jusqu'en Amérique latine. Au Panama de Noriega, le chef du renseignement local, d'origine chinoise, le colonel Guillermo Wong, entretenait des liens amicaux avec certaines triades ainsi qu'avec les services spéciaux taïwanais, auxquels il fournissait des passeports panaméens pour certaines de leurs transactions, voire de leurs tentatives de missions de pénétration en Chine populaire. Pour sa part, l' Observatoire géopolitique des drogues signale en 1995 que des réseaux appartenant à la colonie taïwanaise de Bolivie exportent de la cocaïne à Hong-Kong et dans le reste de l' Asie du Sud-Est.

Grâce à ces Guanxi, et la loi du silence qui fait la force de cette mafia, ce réseau a pu se développer dans le monde. La triade 14 K basée à Hongkong s'est propagée jusqu'en Europe : en Hollande, Chung Mon surnommé « la Licorne » organise les trafics de drogue et de jeu. Ancien militant du Guomindang, Chung Mon était arrivé à Rotterdam pendant la Deuxième Guerre Mondiale et occupait un poste de marin tout en gravissant parallèlement les échelons dans les triades. Il s'associe avec les frères Ma, les maîtres du trafic de l'héroïne à Hong-kong, et achemine l'approvisionnement en drogue en Hollande, mais aussi son trafic de Rotterdam vers les USA dans les années 70. Ayant gagné en puissance, il parvient même à obtenir la protection de divers policiers hollandais. Mais sa réussite précipite sa chute. Le 3 mars 1975, il tombe sous les balles de trois jeunes pistoleros chinois. D'autres triades alléchés par la permissivité de la Hollande, telles que Wo Shing Wo, ou la Ah Kong de Singapour se disputent le terrain.

Même après la mort le respect des têtes de dragons demeure. C'est souvent à cette rare occasion que nous sommes au courant de l'existence de la mafia chinoise et par conséquent de leur pouvoir. En février 1996, Chen Yung-ho « chef spirituel » de la bande des Quatre Mers est abattu dans un restaurant de Taipei. Lors de ses funérailles, on compte 10 000 truands dont 3000 des Quatre Mers et 5000 de la triade des Bambous unis. Sont également venus présenter leurs condoléances des yakuzas, des membres dirigeants des triades de Hongkong et des Tongs de New York.

Le 16 août 1994 à New York, à la Mort de Benny Ong à 87 ans tout Chinatown était vêtu de blanc, la couleur du deuil. Dans l'assistance, l'une des plus hautes personnalités de New York (soupçonné de corruption en liaison avec la mafia chinoise) était au premier rang. Un responsable nord-américain de la lutte anti-triades dira avoir reconnu un des neveux de Chiang Kai-shek. Et même le président de Taiwan, Lee Teng-hui, fit parvenir une gerbe de fleurs immaculées avec ces mots :

« Perte irréparable d' un dirigeant communautaire si respecté... »

Benny Ong, fils de paysan, aurait vu le jour en 1907 à Harbine en Mandchourie, sous le nom d'Ong Kai-Sui. Il émigra aux USA en 1923 et trouva un petit emploi dans une blanchisserie du New York chinois. En 1935, un meurtre commis au cours d'un hold-up lui valu dix-sept ans de prison. Ce qui ne l'empêcha pas de se hisser aux premières loges de la communauté chinoise, devenant « Conseiller international à la vie de la Hip Sing Tong »

Après une nouvelle condamnation pour extorsion de fonds en 1977, Benny Ong devient le « maire fantôme de Chinatown », en prenant la présidence de la Hip Sing Tong, forte de 60 000 membres. A l'origine une association de défense de travailleurs, elle a évolué sous l'appellation de Federal Credit Union.

Sous cette raison sociale, la Hip Sing Tong a permis que s'agencent de multiples trafics du crime organisé chinois. Les policiers, fautes de preuves et à cause cette couverture sociale n'ont jamais pu l'arrêter. Ils connaissaient même parfaitement sa structure,  avec deux gangs : la Wah Sing liée  à la 14 K et les Flying Dragons, liés aux Bambous unis, ainsi qu'à la 14 K et à la Sun Yee On.

Benny Ong était devenu invulnérable. Selon les services américains, il était un juge de paix, un parrain au-dessus de toutes les triades, puisqu'il présidait une commission fantôme qui représentait tous les grands gangs d'Amérique du Nord afin de régler les différends qui pouvaient survenir entre eux.

 

Roger Faligot, journaliste et écrivain qui a réalisé de nombreux ouvrages consacrés à l'Asie et aux services secrets, insiste sur le péril des Tongs dansL'Empire invisible :

« Démanteler les Tongs traditionnelles fait courir un nouveau risque : la profusion de nouveaux gangs, venus du Fujian et d'ailleurs, fragmentés et beaucoup plus violents encore. »

Les nouvelles mafias, ou les jeunes gangs qui commencent à organiser le relais des trafics de stupéfiants, imposent leur début de règne par la violence parmi les chinois et vont jusqu'à recruter des enfants chinois des quartiers déshérités pour étendre leur influence. Ce phénomène s'applique surtout pour les nouveaux immigrants qui ont du mal à se trouver un emploi, ou une place dans la société. Ainsi le terme de triade s'applique aussi bien pour les sociétés secrètes d'entraide, que les mafias structurés et puissantes telles que les 7 soeurs du crime, ou encore les gangs de jeunes et les gangs  d'importance moins grandes qui peuvent être démantelés par la police ou les services secrets. 

La mafia prend une échelle de grande importance à partir du moment où elle possède de bonnes connections, plus précisément lorsqu'elle entretient des relations avec des personnes hauts-placées. On a vu que les grandes personnalités telles que Du Yuesheng ou Benny Ong sont toutes issues de milieux défavorisés, leurs ascensions dans les triades sont dues au fait qu'ils aient pu établir un réseau de Guanxi en plus de leur capacité de gouvernance et de gérance.

           

2/ LA COOPÉRATION AVEC LES INSTITUTIONS

Le 19 juillet 1984, un entretient du journaliste Roget Faligot et du général Maurice Belleux, patron du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE) à Saïgon pendant la guerre d'Indochine, a pu confirmer le rôle de ce service dans l'affaire de l'opium des Méos (les Méos, appelés également montagnards ou Hmong, sont un peuple de la région du Guizhou, au nord du Viêt Nam et du Laos),  ralliés aux Français dans la lutte contre le Viêtminh :

« Le général Salan nous l' a assez reproché : mais il fallait bien que nous achetions l' opium de Touby Lifong, chef des Méos. Ceux-ci le produisaient, quelqu'un l' aurait acheté de toute façon. Que le SDECE s' abstienne de le faire n'aurait eu qu'une conséquence : le Viêtminh aurait conquis l' allégeance des montagnards. Une fois acquis, nous l'acheminions avec l'aide du lobby chinois dans le Triangle d' Or. En cas de pépin, on mouillait les Américains. La CIA se serait retrouvée impliquée et pas le SDECE... »

Le SDECE du colonel Belleux, a donc acheté le pavot des peuples Méos afin d'obtenir un ralliement contre l'ennemi communiste. Pendant ce temps, à Saïgon, dans le quartier chinois de Cholon, la secte caodaïste Binh-Xuyen animait deux usines de préparation de l'opium, manipulée par le colonel Antoine Savani, le chef du 2e bureau au Sud du Viêt Nam.

Après la défaite des Français à Diên Biên Phu, et à l'issue de la guerre du Viêtnam menée par les Américains, nombreux sont les chinois de Saïgon qui fuient au-delà des océans. La guerre, les cataclysmes, la misère poussent les hommes à fuir leur pays.

 

           

De même dans les années 40, après la victoire des communistes, la CIA avait décidé de soutenir les reliquats du Guomindang et autres seigneurs de la guerre qui combattraient la Chine populaire. Pour financer leur armée, ils développèrent la culture du pavot. De sorte que dans les années 60, Khun Sa, seigneur de la guerre birman affirma sa suprématie dans le triangle d'Or face aux autres chefs chinois.

Mais dans les années 90, les Américains avaient décidé de soutenir de nouvelles offensives de l' armée thaïlandaise – et même birmane – contre lui.

Khun Sa craint que les Américains, comme ils l'ont contre le Cartel de Medelin en Colombie, n'engagent tous leurs moyens pour l'arrêter : stimulant et finançant une offensive de l'armée thaïlandaise et faisant pression sur le régime birman pour qu'il ne fournisse aucune protection à l'armée shan, dont il en est le chef. Il faut dire qu'en 1989 s'est produit en Birmanie en événement important : le Parti communiste birman qui mène la guérilla contre le gouvernement de Rangoon éclate. D'anciens gardes rouges (Lin Mingxian, Zhang Zhimin, Liu Guoshi) envoyés par Kang Sheng – le chef des services secrets à Pékin – à la fin des années 60 pour encadrer le parti communiste birman, passent au banditisme. La junte au pouvoir s'empare du marché des stupéfiants. Pour être précis, anciens chefs communistes et gangsters coopèrent avec les agents de la Directorate of Defense Service Intelligence dirigée par le général Khin Nyunt. Les autorités birmanes protègent Liu Guoshi et les autres, devenus rivaux de Khun Sa dans l'énorme trafic d'héroïne. Ce qui a fait dire, fin 1989, à l'ambassadeur américain à Bangkok, Daniel O'Donogue :

 

 « Nous sommes en train de perdre la bataille de l'héroïne en Asie du Sud-Est. »

 

Khun Sa se livrait à une formidable opération de presse. En 1993, un émissaire de Khun Sa rencontre R. Faligot : celui-ci souhaite qu'il l'aide pour rédiger ses mémoires. Pour cela, il veut qu'on le présente comme un chef de guerre rebelle et courageux ayant lutté contre les pouvoirs centraux, protecteur de la minaurité Shan qui vit dans les montagnes, et victime de la CIA.

Khun Sa finit par annoncer en novembre 1995 qu'il arrête le trafic.

 Il proposait même, moyennant une subvention américaine, d'arrêter la culture de pavot et d' aider les montagnards à se reconvertir dans la culture de la fraise. Mais en 1996, les Etats-Unis proposent la somme de 2 millions de dollars pour sa capture.

 

 

La CIA a encore été mêlée à une affaire avec les triades, qui ne fait que ternir son image. Chef de station du MI 6 (Military Intelligence section 6), Maurice Oldfield a été immortalisé grâce au romancier John Le Carré sous le personnage de Smiley. Il est l'un des maîtres espions les plus connus de l'après-guerre à Singapour et il étudia les triades de près. Il s'aperçut de plusieurs phénomènes ignorés par nombre de ses contemporains : les triades se faisaient enregistrer officiellement sous des dizaines de noms différents pour semer le plus grand désarroi parmi les services de sécurité qui voulaient pénétrer leur organisation et leurs mouvements de fonds. Il nota aussi que la lutte contre-insurrectionnelle face aux communistes avait pour effet de donner une plus grande marge de manoeuvre aux triades. Ceci dit, pour son groupe armé urbain, le Corps de protection des ouvriers ou la Ligue antibritannique (ABL), le Parti communiste n'hésita pas à recruter des membres des triades, notamment parce que leurs « pratiquants de la loi » (zhifa) faisaient d'excellents hommes de mains et des des snipers hors pair. Pour l' année 1951, la police de Singapour arrêta plus d'une cinquantaine de membres de l'ABL qui venaient des triades.

En 1973 se produisit à Londres un scandale : en février, l'Evening Standard de Londres annonça qu'un jeune homme, Charles Rennie, et sa petite amie étaient accusés de détention et de trafic d'héroïne. Suite à une opération de police dans Gerrard Street, dix-sept personnes furent condamnées pour trafic de drogue, à commencer par un Chinois de trente-sept ans, Yuo On Yao. Or celui-ci, appartenant à une triade malaise, alimentait en drogue le jeune Rennie. Mais le scandale tenait surtout au fait que ce dernier était le fils de sir John Rennie, alors patron du MI 6. Rennie dut démissionner et son directeur adjoint Maurice Oldfield, le remplaça à la tête du Service.

Or, une enquête interne au MI 6 devait faire apparaître que, derrière le milieu chinois de Londres, c'étaient les services secrets de Chine communiste dirigés par Kang Sheng qui avaient monté cette opération pour déstabiliser l'Intelligence Service. Un grand mystère plane alors sur la personnalité de Maurice Oldfield. Dans les années 60, alors qu'il dirigeait le MI 6 à Washington et établissait la liaison avec la CIA, il prévint Kim Philby – un temps directeur adjoint du MI 6- qu'une enquête avait lieu sur son compte. En effet, Philby faisait partie des espions du KGB soviétique et devait s'enfuir en URSS en 1963.

Mais ce faisant, il se débarrassait de ce prétendant à la direction suprême du MI 6.

Dans les années 80, après sa mort, Margaret Thatcher 1er Ministre britannique, admit que ce chef du renseignement était homosexuel et avait représenté un « risque pour la sécurité du royaume ». Il avait même été impliqué dans le scandale de Kincora lorsqu' il dirigeait le contre-espionnage en Irlande du Nord. Il s'agissait d'un home pour de petits orphelins où certains responsables politiques ou militaires venaient puiser des compagnons pour leurs ébats sexuels.

Quand il est arrivé au Centre de Tanglin Circus à Singapour en 1950 pour y diriger le renseignement anglais, il puisait partiellement dans les bas-fonds de la colonie malaise, comme il le fit trente ans plus tard à Belfast, pour chercher de jeunes éphèbes. Le problème, du point de vue de la sécurité, c'est que les triades chinoises contrôlaient ces maisons de prostitution homosexuelle et derrières elles, s'abritaient des réseaux du Parti communiste téléguidés par les Chinois.

C'est pourquoi certains, les services de sécurité pensent qu'il fut soumis à un chantage sexuel, et recruté dès cette époque par les Chinois. Un point d'interrogation demeure ; mais cela expliquerait que les services de Mao aient monté une opération pour faire tomber Rennie afin qu'Oldfield parvienne au sommet du MI 6.

 

 

Les services secrets ne sont pas les seuls à entretenir des rapports avec la mafia chinoise :

La collusion entre Sun Yee On et la sécurité publique apparaît lors d'un conflit entre cette triade et sa rivale du Grand Cercle. Le chef de cette mafia, Chan Chi-Ming, fait tirer une rafale de pistolet-mitrailleur sur l'enceinte de la résidence de Heung Wah-yim, qui a pourtant cessé d'être Tête de dragon en 1988, et a été remplacé par l'un de ses frères cadets.

La riposte ne se fait pas attendre : alors que l'incident à lieue à Hongkong, Chan, qui passait par Shenzhen, de l'autre côté de la frontière, y est arrêté par la police et maintenu au secret sans motif.

Les rapports de Sun Yee On ne se limitent pas à la police. C'est lors de ce fameux discours du 8 avril 1993 que Tao Siju, le ministre de la Sécurité publique (le Gonganbu) dévoile sa sympathie pour cette triade :

 

 « les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S'ils sont de bons patriotes, s'ils assurent la prospérité de Hongkong, nous devons les respecter. »

Il le répète plus tard : « les sociétés noires sont patriotiques ! »

Peu après, la presse de Hongkong affirme qu'il s'est entretenu avec les frères Heung.

Tao Siju, a des intérêts très personnels dans cette affaire : lui et Charlie Heung, sont les deux copropriétaires d'un night-club à la mode à Pékin, le Top Ten, un immeuble hébergeant un restaurant, des bars à karaoké privés, et une discothèque.

Par plusieurs opérations, la Sun Yee On a également aidé les dirigeants communistes. En janvier 1979, lors d'un voyage de Deng Xiaoping au Japon et aux États-Unis, des centaines de membres de la Sun Yee On seraient allés sur place pour lui assurer une protection discrète.

Cette collaboration ne veut pas dire pour autant que la Sécurité publique, ou Gonganbu  tolère les activités des mafias :

En 1993, le Gonganbu démantèle en gang nommé la « Faction Suprême », dans la zone économique de Shenzhen dirigé par un ex-soldat de l' Armée populaire de libération, Liang Yu, spécialisé dans le trafic d' armes et la prostitution. De nombreuses autres sociétés sont réprimées, dès lors que leurs actions mettent en péril la sécurité publique.

Il faut tout de même admettre que le Gonganbu a un double rôle :

Dans l'île de Hainan, la prostitution locale dans les grands hôtels à touristes sont sous contrôle double du Gonganbu et d'une triade.

Gao Peiqi, un des chefs du Gonganbu local à Shenzhen, après s'être enfui en 1992 en Amérique, une vaste enquête sur le mode de fonctionnement de son service.

Son avis sur une éventuelle coopération entre le Gonganbu et les polices étrangères contre les triades est plutôt pessimiste :

« En ce qui concerne la coopération dans la lutte contre les sociétés secrètes à Hongkong, le Gonganbu ne fera rien. Le Parti communiste chinois a si souvent utilisé les sociétés secrètes de Hongkong pour certaines de ses opérations clandestines que, à moins que les sociétés ne fassent quelque chose qui gêne le travail du parti communiste chinois, on ne les touchera pas... »

Un fait témoigne encore de la collaboration du gouvernement avec les triades. En 1974, le chef de la section antitriades de la police britannique, Norman Temple, rend compte dans un rapport précis de l'importance du renforcement des mafias. C'est si vrai qu'il est lui-même arrêté quelques temps après, avec de nombreux collaborateurs, pour corruption. La police antitriade avait bénéficié de sommes importantes des triades pour laisser mourir certaines enquêtes. En particulier celles qui permettaient de remonter jusqu'à de hautes personnalités chinoises de la colonie, du monde des banques et des affaires, et du négoce international.

La Chine protège également les pirates du Guangxi. l'Anna Sierra, cargot chypriote, vogue vers les Philippines. Il quitte le port de Bangkok, chargé de 12 000 tonnes de sucre et la nuit du 14 septembre 1995, il est attaqué par des pirates asiatiques. Au matin du troisième jour, les prisonniers seront laissé en haute mer avec des chances de vie minimes.

C'est dans ces cas qu'intervient l' International Maritime Bureau (IMB) d'Eric Ellen. A partir de 1995, il analyse et constate la montée alarmante des actes de piraterie.

Eric Ellen ne combat pas la piraterie uniquement en Asie, mais il doit admettre que les incidents les plus graves se produisent vers le détroit de Malacca et dans la mer de Chine.

Le 18 septembre 1995, l'IMB lance une recherche de l'Anna Sierra à la demande des assureurs. Le 20 septembre, le navire arrive en vue des côtes chinoises. Il s'appelle désormais l'Artic Sea, et c'est à Beihai, dans la province du Guangxi, qu'il accoste. Toutefois, les « Chiens bleus », la sécurité publicque du Guangxi proclament la saisie du navire et imposent une amende de 30 000 dollars. Ni l'Armée populaire de libération ni la sécurité publique n'a cherché à connaître l'origine du navire même étant conscient qu'il s'agissait d'un navire détourné.

L' IMB ne lâche pas prise : au nom du cabinet d'assurances français Nasco Karaoglan, le bureau d'Eric Ellen offre 100 000 dollars à qui l'aidera à récupérer le navire. Enfin à Pékin, le directeur de la Chinese Ocean Shipping Agency se charge de l'affaire et le Centre régional antipirates de l'IMB, à Kuala Lumpur leur annonce par fax « Votre navire est au quai 4 du port Beihai ».

Les preuves de mascarade abondent: un faux document de chargement indique que les sacs de sucre avaient été chargés à Santos au Brésil. Manque de chance pour les escrots, les sacs sont marqués « BANGKOK », ce que les policiers chinois doivent reconnaître.

Le service d'immigration chinoise accepte finalement de montrer les passeports, également faux, des pirates – douze Indonésiens et deux Malais -, qui portent un tampon d'entrée à l'aéroport de Bangkok le 7 août sans avoir quitté la Thaïlande. Pourtant, ces hommes ont affirmé avoir embarqué du côté de Manille à partir d'un autre bateau dont on ne retrouve aucune trace. Mais il y a beaucoup plus grave. L' organisation du détournement apparaît clairement quand les deux détectives apprennent que le navire a été « prévendu » deux mois avant d'appareiller de Bangkok à un commerçant local de Beihai, la Guangxi Autonomous Qinxing Entreprises.

« la preuve que le détournement a été préparé par un syndicat du crime organisé »,

 concluront les enquêteurs. Le rôle des triades de Hongkong dans ce dossier ne fait pas de doute : le prépaiement d'au moins un quart du prix estimé du navire a été déposé sur une banque de Hongkong et cela par le capitaine Bekas, nouveau « propriétaire » de l' Artic Sea, en fait le chef des pirates. La cargaison du navire a été officiellement vendue par une firme basée à Kowloon, Hongkong, la Peakyear Investment Ltd, déjà impliquée dans une affaire de vente de cargaisons frauduleuses d' autres bateaux fantômes.

En vertu de la Convention internationale sur la piraterie en haute mer de 1958 et la convention de l' ONU de 1982 sur le droit de la mer, ces pirates devraient être traînés en justice et le navire rendu à ses légitimes propriétaires. Suite aux démarches de l' IMB, Chypre demande à la Thaïlande et à la Chine de l'aider à intervenir. Mais les Chinois refusent d' arrêter l' équipagedu navire détourné. Les pirates indonésiens sont toujours bloqués sur l' Anna Sierra. Le temps passe. Pékin ordonne officiellement une enquête, mais désormais l'immobilisme prévaut.

Voilà pourquoi, au tournant du siècle, l'inquiétude a gagné les milieux de la marine marchande et du shipping. Une complicité tacite entre certaines autorités communistes en Chine continentale et des syndicats du crime de Hongkong apparaît. Depuis cinq ans, des centaines d'épisodes de la piraterie sont ainsi enregistrés, et parfois les soldats de l'APL (l'Armée nationale de la République populaire de Chine). sont impliqués ;  la corruption gagne les secteurs de la police ou des douanes, et les autorités chinoises couvrent ces actions.

En 2000, l'Anna Sierra est toujours contrôlée par les Chinois, tandis que les pirates, téléguidés par la mafia, ont été relâchés. La Chine exige même un paiement astronomique pour rendre ce bateau.

 

 

3/ ENGAGEMENT POLITIQUE

Les sociétés secrètes ayant participé au mouvement de contestation de l'Empire Mandchoue occupent de nouveau un rôle important pendant la guerre sino-japonaise et le conflit entre nationalistes et communistes. Suite à la prise du pouvoir des communistes tout comme la Révolution culturelle de 1966, on assiste à une émergeance du banditisme. Enfin nous verrons le rôle de la triade Sun Yee On dans l'après juin 1989.

 

Pendant la présidence de Chiang Kai-shek, l'engagement des triades consiste à choisir ou le camp des communistes, ou celui des nationalistes. L'exemple de Du Yuesheng illustre bien cette prise de parti :

Du Yuesheng  établit des liens avec des communistes : Kang Sheng, futur chef des services secrets communistes était à cette époque secrétaire de Yu Qaqing, président de la Chambre de commerce chinoise et brasseur d’affaires de la bande verte. Le chef des services secrets communistes Gu Shunzhang appartient également à la Bande Verte mais il trahit le parti communiste en 1931 provoquant l’arrêt de son secrétaire général. Par la suite, il dirige les services anticommunistes au service de Tchang Kai-Chek, au profit de sa famille, enterrée vivante par Zhou Enlai, l’un des créateurs du Parti Communiste Chinois.

En hiver 1926, Mister Du prend le parti du Guomindang :

Le 12/04/1927, sous les ordres de Chang Kai-Chek, 5000 membres de la Bande Verte menée par Huang Jinrong, massacrent les communistes dans les quartiers chinois avec des pistolets Mauser.

Malgré cet épisode sanglant, les communistes poursuivent la lutte et le 15 juillet 1936, Mao s'adresse à la société des Frères aînés et des anciens (Gelaohui), qui a participé activement au mouvement révolutionnaire antimandchou en 1911. Les communistes ne cherchaient pas à les attirer, mais étaient contraits à composer avec elles. C'est un acte d'allégeance aux Gelaohui que le discours de Mao, plutôt qu'une injonction. Car cette société contrôlait de nombreuses régions, et sans leur accord, il était impossible au parti communiste de poursuivre la longue marche de 1934-1935, pour échapper aux nationalistes, et d'installer ses bases à Yan'an dans la province du Shaanxi en Chine centrale.

D'après l'historien coréen Park Sang-Soo, qui a enquêté

Conclusion :

 

 

La criminalité organisée transnationale, qui s'est prodigieusement développée ces vingt dernières années, représente désormais la menace principale pour les sociétés démocratiques du XXIe siècle. Les triades sont parmi les plus puissantes et les plus discrètes de ces organisations. Il est donc très difficile pour les Etats de lutter contre elles.

 

 

Il est  très difficile de venir à bout d’une des 7 grandes triades de dimension internationales, appelées les sept soeurs du crime, car même si dans l’une d’elle la tête de dragon est arrêtée, les membres sont nombreux et extrêmement bien organisés. Par conséquent, il n’est pas difficile pour eux de le remplacer.

La survie d’une triade sur un territoire s'explique par son infini talent à corrompre et à utiliser le capitalisme moderne.

Elle infiltre les milieux économiques et réinvestit ses profits venant du crime vers des entreprises légales. Cela lui permet d'influer notablement sur la vie économique des Etats, quand elle ne tente pas tout simplement d'en prendre le contrôle, même de manière indirecte.

 

Les triades savent aussi infiltrer les milieux politiques: lors de certaines éléctions, elle versent des pots de vin au parti pour les aider à mener leur campagne, et demandent simplement en échange de pouvoir bénéficier d’une certaine indulgence.

 

Il y a en effet de quoi se poser des questions quand on voit l’étrange mansuétude dont le gouvernement fait preuve à l’égart des triades.

En fait, ce dernier a bien compris les avantages que celles-ci lui apportent: Ces groupes très riches réinvestissent une large part de leur argent sale sous forme d’investissements en Chine.

Le ministre de la sécurité publique Chinois de l’époque, Tao Siju, a ainsi déclaré en 1995 que “les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S’ils sont de bons patriotes, s’ils assurent la prospérité de Hong Kong, nous devons les respecter” et que “le gouvernement chinois est heureux de s’unir à eux”

 

Les systèmes policiers et judiciaires ont, pour leur part des difficultés à unifier leurs actions.

En effet, selon l'ONU, seuls 15 % de l'héroïne et un tiers de la cocaïne produit dans le monde sont interceptés par les forces de sécurité.

Et une fois que la police a arrêté un membre d’une triade, cette dernière a parfois la possibilité de soudoyer des magistrats qui agissent par complaisance familiale, relationnelle ou tout simplement par intérêt personnel ou financier. Certains ont surtout peur pour leur vie et celle de leurs familles, de nombreux hommes de loi (et leurs proches) payant de leur vie leur probité. Tous les magistrats ne sont heureusement pas corrompus.

Mais comment lutter?

Certains Etats ont essayé de lutter contre l’immigration clandestine. C’est le cas du royaumme-Uni, après un fait tragique: la découverte macabre de ceux que l'on appelle désormais  “les Chinois de Douvres “, morts par asphyxie dans un camion frigorifique. Ils avaient probablement été amenés jusque là par une triade possédant un réseau mondial et très important de trafic d’êtres humains.

Au canada, les services de douane ont été renforcés, mais il reste impossible de fouiller tout les conteneurs, les voitures et camions arrivant dans le pays. Et bien que l’on puisse observer une augmentation des découvertes de stupéfiants par la police, il faut mettre ceci en parallèle avec l’augmentation énorme du trafic d’héroïne des triades.

 

Les Etats, incapables de lutter efficacement, masquent parfois cette incapacité. C’est le cas de la France qui  ne serait, miraculeusement, pas touchée, selon le gouvernement. Pourtant selon un rapport des Renseignements Généraux Français, il y aurait environ 4000 membres de la 14K présents en ile de France.

 

Une loi est par définition une prescription établie par l'autorité souveraine de l'État, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun.

Ne pas respecter ces prescriptions équivaut donc à remettre en cause le pouvoir de l’autorité souveraine.

Or, un grand nombre de ces lois ne sont pas respectées par les triades, on peut donc dire qu’elles remettent en cause le pouvoir des gouvernements.

 

 

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22 mai 2014

le luddisme.......

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"Chers esclaves de la machine,

Voilà deux siècles, j’étais à la tête d’une insurrection qui faisait trembler les gras pourceaux britons du capitalisme robotisé naissant. La révolution industrielle commençait seulement, l’homme-machine était loin, et déjà nous n’en voulions pas. Artisans du textile du Yorkshire, du Lancashire, du Nottinghamshire, etc., nous prenions les armes contre ces machines qui réduisaient notre savoir-faire à des cacahuètes et menaçaient nos emplois. Pas question de se laisser mettre au rebut sans résister. Alors nous avons fait face : destruction de métiers à tisser et de stocks de coton, confrontations directes avec l’armée, sabotages divers et variés. Une guerre, pas moins. Le peuple à nos côtés : comme l’écrira l’historien anglais Eric Hobsbawm, il existait « une sympathie débordante pour tous les briseurs de machine dans l’ensemble de la population ». Mieux : ce mouvement «  n’était certainement pas le propre des ouvriers du textile ni de l’Angleterre, écriront John et Paula Zerzon ; les travailleurs agricoles, les mineurs, les meuniers, et bien d’autres se retrouvèrent dans la destruction des machines, souvent à l’encontre de ce que l’on qualifie généralement de leurs ’propres intérêts économiques’ ».

Puisque nous avions le nombre pour nous, la majorité, nous avons persisté malgré la lourde répression. Des premières manifestations de 1811 (60 machines détruites à Nottingham en mars) à celles de 1826 (bris de machines à Blackburn), notre juste colère disposait d’une longue mèche, explosion durable.

D’aucuns ont écrit que je n’existais pas. Que Ned Ludd, dit Captain Ludd, dit Général Ludd, dit King Ludd (pas moins...), figure de proue des révoltés, n’était qu’une légende montée en épingle par les agitateurs, un symbole repris à toutes les sauces. Qu’importe. Ils peuvent réfuter l’étincelle tant qu’ils veulent, remettre en cause cette version de l’histoire où dès 1780 je m’emparais d’une masse et brisais en mille miettes les nouvelles machines de mon atelier, la suite ne fait pas de doute : confrontés aux premières vagues du capitalisme industriel, les ouvriers et artisans anglais se levèrent en bloc, comme un seul homme, luddites jusqu’au trognon. La suite s’annonçait bien. Comment imaginer qu’un système qui par essence prive les hommes de leur savoir-faire et les transforme en supplétifs des machines, en esclaves, puisse durablement se perpétuer avec leur consentement ? Impensable.

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Il paraît qu’à votre époque de désolation beaucoup d’entre vous restent marxistes, partisans de la lutte des classes et des théories afférentes. Logique et sain. De là à penser que le barbudoteuton ne se trompa jamais, il y a un pas. Pour qualifier notre révolte, ce vieux Karl se permit de nous traiter de réactionnaires qui n’avaient pas appris « à distinguer la machinerie de son utilisation capitaliste, et donc à transférer ses attaques du moyen matériel de production lui-même, à la forme sociale d’exploitation de celui-ci  ». En son temps, pourquoi pas, on pouvait encore y croire, penser que la technique était neutre, qu’elle ne portait pas en elle-même ses propres destructions sociales, ses balles dans les pied de l’humain. Pour Karl, nous étions en proie à une peur irrationnelle, les premiers technophobes, intégristes du retour à la terre. Et pourtant, comme l’écrivent Cédric Biagini et Guillaume Carnino dans On arrête parfois le progrès : «  le luddite se campe sur une position résolument technophile, puisqu’il revendique la destruction des machines au nom de son propre savoir-faire, c’est à dire au nom de la technique dont il est le dépositaire. » La technique maîtrisée et mise au service de l’humain, oui, la technologie débridée emportée par le vent malsain de sa propre course, non. C’est pourtant simple. Vous dites votre monde en « crise » économique, vous pointez (à juste titre) les maîtres de la finance, les laquais des bourses. Mais que seraient ces tartufes assassins sans le secours de la technique hypertrophiée ? Sans l’emprise sur les imaginaires que leur offre le monde des écrans et des gadgets ? Sans le contrôle généralisé des affects et des comportements ? Peanuts.

Je discutais hier avec mes amis grenoblois de Pièces et Main d’Oeuvre (spiritisme powa), et ces frères de pensée me disaient l’étonnement qu’ils pouvaient ressentir face à des travailleurs, voire des militants, refusant de lier leur sort actuel à la technologie, au moins en partie. Taper sur la machine serait tabou, hors-de-propos, anachronique. Et pourtant. Votre chômage n’a jamais été aussi élevé, les machines jamais aussi présentes. Vos conditions de travail sont désespérantes, aliénantes. La fraternité entre travailleurs, celle qui rendait le sort des ouvriers d’antan un peu moins glaçant, n’est plus qu’un vague souvenir, trop contre-productif. Souffrance au travail est devenu un pléonasme. Et jamais vous ne mettez en cause ces machines qui désormais sont partout dans votre quotidien, sont LE quotidien, les frontières de votre monde. Pas même un peu. Quelles tristes œillères recouvrent vos yeux prozac ? Quelle camisole spectaculaire ligote votre intellect ?

Un certain Lémi, ahuri notoire, me racontait il y a peu, par retour de courrier de l’au-delà, le débat animé qu’il avait eu avec un bibliothécaire de son voisinage. L’établissement de ce dernier venait de se doter en machines flambant neuves chargées, à moyen terme, de se substituer aux hommes ; des simples puces électroniques permettant d’enregistrer l’emprunt et le retour des livres. Un désastre pour les bibliothécaires. Surprise : la majorité des travailleurs du lieu avaient voté pour cette évolution. Avaient élu la machine qui les mettraient rapidement, pour certains en tout cas, au rebut. Sans se poser de questions. Des moutons couronnant leur boucher.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce genre de comportement, sur l’aveuglement hypnotisé qu’ils traduisent. Il y aurait, surtout, beaucoup à faire pour enrayer ce mouvement, pour balancer un bon coup de pied dans les soubassements de la « fourmilière-machine » qui vous tient lieu de société. Il ne s’agit pas de se défaire de ce que la technique peut avoir de meilleur, de renvoyer dos à dos toutes les innovations (certaines, bien utilisées, sont facteur de libération plutôt que d’aliénation), mais de refuser en bloc ce vers quoi ce monde tend : un désert cadenassé par la technique, imaginaire et quotidien vampirisés. Le paradis glacé des enfants autistes de Steve Jobs.

Et moi, Général Ludd, j’en prends l’engagement : je suis prêt à reprendre du service. Quelle armée m’enrôlera dans ses rangs ?

Bisous, 
Ned Ludd"

 

Personnage historique britannique de la fin du XVIIIe et du début du xixe siècle.

Ned (ou John) Ludd (parfois appelé « Captain Ludd », « King Ludd » ou « General Ludd ») est un ouvrier militant anglais légendaire, utilisé comme symbole par un mouvement puissant de contestation sociale, afin de se protéger de la répression .

Certains ne retiennent que la destruction d'un stock de coton en 1782, mais il s'est fait connaître par la destruction organisée des machines (à tisser notamment) qui, selon lui et ses acolytes, remplaçaient peu à peu les ouvriers humains et ainsi les jetaient au chômage. Les Luddites, qui ont combattu la progression du travail mécanique autour des années 1810, se sont baptisés en son nom et envoyaient des lettres de menaces signées de ce mystérieux « Général Ludd ».

Le luddisme est, selon l'expression de l'historien Edward P. Thompson, un « conflit industriel violent » qui a opposé dans les années 1811-1812 des artisans – tondeurs et tricoteurs sur métiers à bras du West Riding, du Lancashire du sud et d'une partie du Leicestershire et du Derbyshire – aux employeurs et manufacturiers qui favorisaient l'emploi de machines (métiers à tisser notamment) dans le travail de la laine et du coton. La lutte des membres de ce mouvement clandestin, appelés luddites ou luddistes, s'est caractérisée par le « bris de machines ».

Le mot

Le terme trouve son origine dans le nom d'un ouvrier anglais, John ou Ned Ludd (parfois appelé « Captain Ludd », « King Ludd » ou « General Ludd »), qui aurait détruit deux métiers à tisser en 1780. En fait, on ignore s'il a véritablement existé. Mais des lettres signées de ce nom ont été envoyées en 1811, menaçant les patrons de l'industrie textile de sabotage. Ned Ludd est devenu le leader imaginaire d'un grand mouvement, dans un contexte où un leader déclaré serait tombé rapidement, victime de la répression.

Le terme « luddisme » est parfois utilisé pour désigner ceux qui s'opposent aux nouvelles technologies ou critiquent celles-ci (on parle même de « néo-luddisme »).

Origine du mouvement

La révolution industrielle bouleverse l'Angleterre du début du xixe siècle. Dans le milieu du textile, trois professions sont particulièrement menacées par l'apparition de métiers mécaniques : les tondeurs de drap, les tisserands sur coton et les tricoteurs sur métier. Ceux qui les pratiquent sont des artisans assez puissants, bien organisés malgré les lois de 1799 interdisant toute association en Angleterre (Combination Act), et mieux lotis que les ouvriers qui travaillent dans les usines. Ces métiers très techniques sont déterminants pour la qualité des draps ou des tissus : selon le travail d'un tondeur de drap, par exemple, le prix du produit fini peut varier de 20 %.

Les années 1811-1812 cristallisent les rancœurs des couches populaires anglaises et spécialement celles de ces artisans. C'est que, outre la crise économique, les mauvaises récoltes et la famine, ces années marquent la fin des politiques paternalistes qui protégeaient les artisans et le lancement en grande pompe de la politique du « laissez-faire » — on parlerait aujourd'hui de libéralisme économique.

Révolte des luddites

Bris de machine (1812).
  • Mars 1811 : à Nottingham, une manifestation syndicale de tondeurs sur drap est sévèrement réprimée par les militaires. Dans la nuit, 60 métiers à tisser sont détruits par un groupe issu des manifestants.
  • Novembre 1811 : le mouvement s'est organisé et certains leaders commencent à répandre la contestation. De nombreuses fabriques font l'objet de destructions « ciblées » puisque seuls certains métiers sont disloqués.
  • Hiver 1811-1812 : le mouvement s'étend encore et se structure. Les luddites attaquent en petits groupes, ils sont armés et masqués.
  • Dès février 1812, alors que le « Frame Work Bill » est adopté par le parlement britannique, les troubles diminuent dans le Nottinghamshire et débutent dans le Yorkshire et le Lancashire.
  • Avril 1812 : dans le Yorkshire une attaque de luddites contre une fabrique à Rawfolds échoue, deux luddites sont tués. Le mouvement se radicalise.
  • Été 1812 : les actions armées se poursuivent, des collectes d'argent et d'armes s'organisent dans le Yorkshire. Une vraie conspiration prend naissance, avec pour objectif de renverser le gouvernement.
  • Fin 1812 : le mouvement se poursuit dans le Lancashire, mais la révolte y est plus spontanée et moins organisée. La répression du gouvernement britannique se fait plus dure.

Des actions dans des fabriques se poursuivront sporadiquement avec, par exemple, des bris de machines à Blackburn en 1826.

Le mouvement s'est rapidement diffusé dans les Midlands et une véritable guerre s'est engagée entre les luddites et le gouvernement britannique. On estime qu'à une certaine période, l'Angleterre avait mobilisé plus d'hommes pour combattre les luddites que pour combattre Napoléon au Portugal.

Fin de la révolte

En 1812, les artisans du textile essaient d'emprunter la voie constitutionnelle : ils proposent au Parlement d'adopter une loi pour protéger leur métier. Ils paient au prix fort des avocats, font un vrai travail de lobbying (groupe de pression), mais la loi n'est pas adoptée.

Pendant ce temps, les luddites ont obtenu une satisfaction partielle : les salaires ont augmenté, la pression économique s'est un peu relâchée. Dans le même temps, les arrestations ont affaibli le mouvement. En 1812, une loi instaurant la peine capitale pour le bris de machine est entérinée, malgré les protestations et les pamphlets de Lord Byron, entre autres. Treize luddites sont pendus.

Si des luddites sont actifs jusqu'en 1817, leurs destructions deviennent de plus en plus désespérées. En fait, les trois métiers mentionnés vont quasiment disparaître à l'aube des années 1820.

Si les luddites disparaissent en tant que tels, ils nourrissent cependant d'autres mouvements ouvriers du début du xixe siècle. La contestation devient souterraine ou légale avant de ressurgir en force quelques années plus tard et mener au Chartisme.

 

Chartisme

Le chartisme est un mouvement politique ouvrier qui se développa au Royaume-Uni au milieu du xixe siècle, à la suite de l'adoption de la « Charte populaire » (anglais : People's Charter).

En 1832, la réforme électorale (Reform Act) établit un système électoral censitaire, au détriment des classes populaires. La Charte populaire fut adoptée en 1838, à l'initiative de l'Association des travailleurs londoniens. Elle réclamait le suffrage universel masculin, un juste découpage des circonscriptions électorales, l'abolition de l'obligation d'être propriétaire pour être éligible, des élections législatives annuelles, le vote à bulletin secret et l'indemnité parlementaire. Le mouvement resta actif et organisé jusqu'en 1848 et donna lieu à l’apparition des mouvements coopératifs et des mouvements syndicaux. Il connut trois grandes phases : entre 1838 et le début de 1840 ; à l'été 1842 et entre février et août 1848, correspondant aux trois grandes pétitions signées par des millions de Britanniques et déposées (pour les deux premières) au Parlement qui refusa d'en tenir compte.

Le terme « charte » renvoie à la Magna Carta de 1215.

 

Cadre historique

Les revendications sociales des chartistes se déploient dans un contexte économique et social particulier qui favorise leur développement, celui du Royaume-Uni duxixe siècle.

L'industrialisation bouleverse et remodèle la société britannique

Le Royaume-Uni est entré depuis la fin du xviiie siècle dans la Révolution industrielle, mais cette industrialisation implique d’énormes changements au niveau de l’organisation territoriale, de la structure sociale à travers la démographie et des rapports entre classes.

L'organisation du territoire est bouleversée : l'urbanisation rapide passe par la création de villes industrielles nouvelles, le paysage est transformé par l'apparition de « villes noires » (ManchesterBirmingham, ...), caractérisées à la fois par leur surpopulation et leur grande insalubrité.

La population connaît une expansion sans précédent : 7 millions d'habitants en 1750, 14 en 1820 et 23 en 1860.

En fait, la majorité de la population ne ressent pas le progrès : en effet, malgré la croissance économique et le statut mondial du Royaume-Uni, beaucoup ressentent au contraire une régression, du fait de l’emploi de main d’œuvre ouvrière non qualifiée au détriment des qualifications artisanales traditionnelles.

« Pourtant, malgré tous ces éléments de prospérité nationale (…) nous sommes écrasés de souffrances privées et publiques » (pétition chartiste de 1838).

Cette situation est évoquée dans Les temps difficiles de Charles Dickens.

À l’échelle d’une vie, la structure de la société a totalement changé. La proportion d’ouvriers augmente, beaucoup d’hommes et de femmes accèdent à la précarité de l’emploi ouvrier (10 heures de travail par jour et des conditions de travail horribles). D’ailleurs Friedrich Engels compare cette évolution à la Révolution française, tant elle semble marquer une rupture. En fait c’est moins l’ampleur du changement que sa rapidité qui font penser à une révolution.

Enfin, la société est divisée. Les divergences sociales s’accentuent ; le Royaume-Uni et ses nations constituantes n’ont jamais été jusqu’ici des pays égalitaires, mais avec ces bouleversements économiques et sociaux on assiste à une fragmentation de la population plus poussée encore. On assiste par exemple à une véritable ségrégation urbaine, avec l'apparition de quartiers bourgeois et de quartiers populaires. Ce phénomène est surtout perceptible dans les villes nouvelles. Ainsi, àManchester, il y a environ 60 % d’ouvriers dans une ville plutôt bourgeoise, tandis qu'à Stalybridge, ville nouvelle à quelques kilomètres à l'est, il y a 90 % d’ouvriers.

L’idée de classes sociales progresse chez les propriétaires industriels comme dans les classes laborieuses.

Le cadre est donc celui d'une population divisée où la classe ouvrière mûrit son ressentiment, il suffit donc d’une crise économique ou politique pour amorcer un conflit.

Un contexte social qui remet en cause la politique gouvernementale

Les Corn Laws

À la suite d'une chute des prix très importante touchant durement les propriétaires, le Parlement, très majoritairement composé de grands propriétaires terriens, vota en 1815 les lois sur le blé (Corn Laws) interdisant toute importation de blé tant que le prix d’un quarter ne dépassait pas 80 shillings, ce qui a pour effet de soutenir ces prix. La contrepartie de ces prix élevés était la paupérisation croissante du peuple, en particulier des ouvriers sans qualification.

La Charte de 1838 critique les lois qui augmentent le prix des aliments, qui raréfient l’argent, qui rendent le travail mal rémunéré, et qui taxent l’activité plus que la propriété.

Le système électoral

En 1815, le système électoral ne s'est pas encore adapté à l'évolution de la population. La représentativité à la Chambre des communes n'a rien d'uniforme. Ainsi, dans les comtés, le droit de vote ou « franchise électorale » appartenait aux propriétaires fonciers jouissant d’un revenu de 40 shillings (50 francs germinal). Dans les bourgs ou municipalités, on votait à haute voix, et les électeurs subissaient presque toujours l’influence d’un « patron », c'est-à-dire d’un riche propriétaire du voisinage qui leur imposait son candidat. Le cas était particulièrement fréquent dans les bourgs sans importance, appelés bourgs de poche. La liste des bourgs n’avait pas été modifiée depuis le xviie siècle. On y trouvait en 1815 des villages presque abandonnés – appelés « bourgs pourris » – qui continuaient à élire deux députés, tandis que des villes comme ManchesterBirminghamSheffieldLeeds – dont l’importance était récente – n’avaient pas de représentants.

Premières remises en question et agitations

Dès les années 1770, on assiste à des remises en question de ce système, qui sont les étapes préalables au Chartisme, notamment :

  • 1774-1775 : James Burgh écrit Political Disquisition et appelle au suffrage universel masculin,
  • 1776 : John Wilkes dans un discours au Parlement s’en fait l’écho,
  • 1791-1792 : Thomas Paine attaque le système britannique dans Rights of Man.

Ces ouvrages sont lus par des journaliers, des apprentis, etc., et permettent la diffusion d'une exigence de réformes radicales.

La Révolution française exerce également une influence considérable. Plusieurs organisations, publications, journaux démontrent à la classe ouvrière que les droits de l'homme appartiennent aux riches comme aux pauvres. Par exemple : clubs locaux, Henry ‘Orator’ Hunt, Cobbett (journaux à 1 penny).

En 1819, un vaste meeting est organisé à Manchester par les radicaux qui font campagne pour le suffrage universel masculin ; il est réprimé dans le sang par l’armée nationale à Saint Peter’s Field (surnommé « massacre de Peterloo », en référence à Waterloo), cet évènement est considéré comme le baptême du mouvement Chartiste.

Le mouvement social à partir de là s’est mu en mouvement politique.

Apparition du chartisme

Fondation des Trades Unions

C’est ce contexte de crise économique (difficultés des ouvriers à nourrir leur famille) et de ravages du capitalisme « sauvage » – les conditions désastreuses de travail des ouvriers (jusqu’à quinze heures de travail par jour) et des salaires revus à la baisse – qui poussa les ouvriers à s’assembler dans des unions de travailleurs ; les premières sont illégales, mais le droit de coalition et de grève est péniblement acquis en 1825. Ces Trades Unions constituent une véritable « ligue des ouvriers contre les maîtres ».

Partagés entre partisans de la « force physique » (comme l’irlandais O’Connor) et partisans de la « force morale », les chefs de file du mouvement chartiste étaient des prêtres, des cabaretiers, des ouvriers, et aussi des démagogues. Ils tiraient leur idéologie du méthodisme ou du jacobinisme, ainsi que des écrits de l'anarchisteWilliam Godwin ou du socialiste utopiste et paternaliste Robert OwenEn 1838, sous l'influence d'Owen, des unions se regroupent dans un seul syndicat : l'Union nationale du travail, dont le but était la suppression du patronat et du salariat par l’institution de coopératives ouvrières de production. Mais le gouvernement et autres industriels brisèrent ce mouvement.

Dès lors l’action politique retrouva des partisans, surtout parmi les travailleurs misérables : il fallait la majorité au Parlement pour faire accepter des réformes électorales.

La désillusion du Reform Bill de 1832

« le fruit qui semblait si beau s’est décomposé une fois cueilli. » (Charte de 1838)

Un immense espoir populaire est placé dans cette réforme électorale. La campagne pour un bill de réforme est menée par O’Connell, les radicaux, quelques Whigs comme John Russel, et même quelques tories. Les masses populaires s’agitaient à cause notamment d’un hiver rigoureux. Le duc de Wellington, premier ministre depuis 1828, refuse immédiatement, mais la révolution française de 1830 assure le succès de la campagne réformiste. Devant l’agitation révolutionnaire, une majorité contre Wellington se forme au Parlement et il est renversé par Lord Grey. Grey présente une réforme modérée qui est refusée, il dissout alors pour la première fois depuis 50 ans. La majorité passe aux Whigs, le bill voté par les députés est refusé par les Lords ; finalement devant l’agitation populaire la réforme est votée par la chambre des Lords en juin 1832.

Le contenu de la réforme est décevant :

  • on redistribue les sièges de députés en en enlevant quelques-uns aux bourgeois, mais répartition encore très inégale,
  • la franchise électorale est diminuée et non supprimée ; il faut toujours être riche mais le nombre d’électeurs s’accroît de moitié, passant de 300 000 à 600 000,
  • elle profite surtout à la bourgeoisie, les masses populaires restaient exclues de la vie politique.

La faible portée du bill entraîne un sentiment de trahison chez les classes populaires.

Le Poor Law Act de 1834

Article détaillé : New Poor Law.

Dès 1601, à la fin du règne d’Elisabeth I, l’État prend en charge les indigents d'Angleterre et se dote d'une législation, les Poor Laws ou « lois sur les pauvres », dédiée au problème des déshérités. L’organisation de cette assistance est confiée aux paroisses auxquelles les Poor Laws imposent aussi de fournir un emploi aux pauvres valides. C'est donc dès cette époque qu'est fait le lien entre misère et chômage. En 1832 est nommée une commission royale, qui comprend Nassau Senior ; elle conclut que le système est trop attractif et trop cher. La loi de 1834 durcit les conditions d'aide, mais ne suit pas toutes les recommandations de la commission.

Dans ce contexte se développent les workhouses, « maisons de travail » dissuasives où, selon Nassau Senior, on tente « d’y rendre la vie moins souhaitable que celle des plus malheureux des ouvriers indépendants ». Quant à leur financement, il est également soumis aux lois du marché. Chaque région est imposée en fonction du nombre de personnes « bénéficiant » de l’aide publique. Donc, plus une région compte de pauvres, plus elle connaît un taux d’imposition élevé.

La réforme de 1834 est vue comme une « grande trahison des whigs ».

Crise économique

À partir de 1837, une crise économique (mauvaises récoltes, diminution de la production industrielle) toucha le Royaume-Uni, accompagnée de chômage et disette. En parallèle, le commerce se ralentit, entraînant une baisse des revenus douaniers et donc des recettes de l'État. Le rôle de l'État était limité et donc les budgets en déficit, depuis des années, des différents gouvernements whigs ne portaient, jusque là, pas à conséquence. Avec la crise économique, les critiques apparurent et se cristallisèrent dans les deux grands mouvements de protestation politique d'alors : la Anti-Corn Law League et le chartisme.

Les trois grandes phases du chartisme (1838-1840 ; été 1842 et février-août 1848) correspondirent aux trois moments où la crise fut la plus grave, tandis que le mouvement périclita avec le retour de la prospérité.

La naissance du chartisme en tant qu’organisation politique

Le mouvement anti-loi-sur-les-pauvres (anti-Poor Laws) passe au chartisme durant les années 1830. Les chartistes, qui ont des revendications différentes à l’origine :

  • membres d’unions politiques ;
  • vendeurs de presse illégale (unstamped press) ;
  • syndicalistes ;
  • membres de comités réclamant un raccourcissement des journées de travail ;
  • opposants à la loi sur les pauvres ;

acquièrent le sentiment de combattre une cause commune.

De plus ils ne pensent plus uniquement à l’échelle locale mais le mouvement acquiert une dimension nationale. Les radicaux sont présents dans toutes les zones industrielles donc la campagne chartiste se fonde sur cette présence.

Concrétisation politique du chartisme

La Charte populaire de 1838

Les artisans et ouvriers qualifiés londoniens rassemblés dans l’Association londonienne des travailleurs (London Working Men's Association) y ont pour dirigeants William LovettFrancis PlaceHenry Hetherington ou Henry Vincent . Des « associations démocratiques », plus marquées à gauche, étaient plus importantes dans le reste du pays, avec comme chef de fil Feargus O'Connor.

En octobre 1836, l’Association londonienne des travailleurs a déjà adopté cinq des six résolutions contenues dans la Charte. Les six points ont d’abord vu le jour dans une pétition adressée à la Chambre des communes en janvier 1837, mais qui ne lui est jamais parvenue à cause de nombreux délais (incompréhension, perte de confiance, de sièges à la Chambre…).

Finalement William Lovett et Francis Place publient la Charte en mai 1838 et la présentent à Glasgow lors d’un meeting de 200 000 ouvriers. Ces vastes meetings sont destinés à recueillir des signatures et à élire les délégués d’une Convention générale des classes laborieuses, sorte de Parlement fantôme des exclus du droit de vote.

La Charte contient six points :

  1. suffrage universel pour tous les hommes à partir de 21 ans ;
  2. des circonscriptions justes et égales (pas de bourgs pourris, des sièges pour les villes nouvelles) ;
  3. vote à bulletin secret ;
  4. abrogation de l'obligation d'être propriétaire comme condition d'éligibilité ;
  5. une indemnité parlementaire pour permettre aux travailleurs de siéger et de pouvoir vivre ;
  6. des élections législatives annuelles.

Le contenu de la Charte est donc politique. La mutation est effective. La Charte recueille 1 250 000 signatures en un an.

En 1839, se réunit la Convention chargée de présenter la Charte au Parlement, mais celle-ci est rapidement mise de côté par ce dernier (235 voix contre 46), montrant là les faiblesses des moyens offerts par la pétition.

Les grèves de masse et les agitations

Émeute chartiste

En 1839, il y a quelques actes violents et grandes manifestations et même une tentative d’émeute au Pays de Galles.

En mai 1842, une deuxième pétition est présentée au Parlement. Elle a recueilli plus de trois millions de signatures, et elle est portée sur un char escorté de 20 000 signataires. À nouveau, le Parlement rejette la pétition.

La crise de 1841-1842 provoque des grèves de masse, 500 000 personnes sont alors engagées dans le mouvement chartiste. Outre les grèves pour motifs économiques, certaines sont déclenchées pour des revendications chartistes, notamment dans les Midlands, les Lancashire, le Yorkshire, et une partie de l'Écosse. La pratique de briser les machines et de tirer les bouchons des réservoirs des machines à vapeurvaut le surnom Plug Plot (« complot des bouchons ») aux grèves dans le Lancashire. Les grèves sont particulièrement suivies dans le triangle Manchester-Ashton-Stalybridge.

Le premier ministre, Sir Robert Peel, n'est pas favorable à une intervention, mais le duc de Wellington exige de déployer les troupes pour réprimer les grévistes. Les grèves sont violemment réprimées, de nombreux chartistes sont arrêtés (dont Feargus O'ConnorGeorge Julian Harney, et Thomas Cooper), 79 d'entre eux sont condamnés à des peines de prison.

Autres activités chartistes]

Malgré cette vague d'arrestations, l'activité chartiste continue. De riches débats traversent le mouvement sur la meilleure façon de procéder. Différents courants apparaissent. Le Temperance Chartism suggère que l'alcool est la plus grande arme des puissants contre les opprimés, et essaie de convaincre les chartistes de se lancer dans une grande campagne contre l'alcool. L’Education Chartism fonde de nombreuses écoles, très avancées pour leur époque, où garçons et filles ont le même programme, et la punition physique est interdite. À partir de 1843, O'Connor suggère que la terre est la solution aux problèmes des ouvriers. Son idée se concrétise sous la forme de la Chartist Co-Operative Land Company, qui devient la National Land Company. Les ouvriers achètent des parts de la compagnie, et la compagnie utilise ce capital pour acheter des terres, qui sont alors divisées en parcelles. Cinq propriétés sont ainsi achetées entre 1844 et 1848. En 1848, le parlement nomme un comité pour enquêter sur la viabilité financière de l'opération, et finit par l'interdire.

Des candidats chartistes se présentent aux élections législatives entre 1841 et 1859 ; O'Connor est élu en 1847. La même année, Harney se présente contre Lord Palmerston à Tiverton.

Fin du chartisme

La Révolution française de 1848

La Révolution française de 1848 précipite les évènements. D'abord, les chartistes félicitent le peuple français, mais la portée de la révolution française effraie :

« La révolution française de 1848 a sauvé les classes moyennes anglaises. Les penchants socialistes prononcés des travailleurs français ont effrayé la petite classe moyenne anglaise et désorganisé le mouvement de la classe ouvrière ». (Friedrich Engels)

Ce manque de soutien des classes moyennes va permettre au gouvernement d'agir en position de force, et d'attendre que le mouvement s'épuise de lui-même.

La pétition de 1848

Le 10 avril 1848, Feargus O'Connor organisa un meeting à Kennington Common, au sud de Londres, afin de former une procession pour présenter une nouvelle pétition au Parlement. Le gouvernement choisit l'épreuve de force et interdit aux militants de traverser la Tamise. Les forces de l'ordre mobilisées sont estimées à 8 000 soldats, 4 000 policiers londoniens avec des supplétifs tenus en réserve. Le nombre de ces derniers n'est pas connu ; certaines estimations vont jusqu'à 100 000. Trente canons furent préparés à la Tour de Londres, ainsi que les vapeurs destinés à les transporter où leur besoin se ferait sentir. De son côté, O'Connor affirma que 500 000 chartistes s'étaient réunis sur Kennington Common (qui ne peut guère contenir plus de 50 000 personnes). De plus, de nombreuses personnes n'y étaient qu'en « simples spectateurs ». On estime le nombre des « véritables » militants autour de 20 000.

Séparément, des émeutiers tentèrent de prendre d'assaut des workhouses à Manchester. Il s'ensuivit une confrontation avec la police, qui finit par prendre le dessus après trois jours de violence.

Les chartistes avaient prévu de créer une assemblée nationale « fantôme » si leur pétition était ignorée une fois de plus, et de demander à la reine Victoria de dissoudre le Parlement ; leur assemblée siégerait tant que le gouvernement refuserait d’accepter la Charte. Cependant, leur indécision et leur mauvaise organisation les minèrent : l'assemblée finit par s'autodissoudre, en déclarant qu'elle manquait de soutien.

La pétition d'O'Connor contenait moins de deux millions de signatures, loin des 5 706 000 qu'il avait annoncées. On découvrit de nombreux faux. Certains chartistes accusèrent alors O'Connor d'avoir détruit la crédibilité du mouvement. Malgré tout, le chartisme se poursuivit pendant quelques mois encore, avant de s'essouffler, déchiré par les dissensions internes.

Postérité

En 1918, les cinq principaux points (hormis les élections annuelles) du programme chartiste avaient été mis en place dans la vie politique britannique, comme l'abolition de l'obligation d'être propriétaire pour être éligible en 1858 ou le scrutin à bulletin secret en 1872.

Le mouvement chartiste a fortement influencé le mouvement socialiste, il a inspiré les théories marxistes et a marqué la fin du mutisme et de l’isolement ouvrier avec l'apparition du syndicalisme.

 

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07 mai 2014

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ARPANET ou Arpanet (acronyme anglais de « Advanced Research Projects Agency Network », souvent typographié « ARPAnet ») est le premier réseau à transfert de paquets développé aux États-Unis par laDARPA. Le projet fut lancé en 1969 et la première démonstration officielle date d'octobre 1972.

Le concept de transfert de paquets (packet switching), qui deviendra la base du transfert de données sur Internet, était alors balbutiant dans la communication des réseaux informatiques. Les communications étaient jusqu'alors basées sur la communication par circuits électroniques, telle que celle utilisée par le réseau de téléphone, où un circuit dédié est activé lors de la communication avec un poste du réseau.

Les ordinateurs utilisés comprenaient des Univac fonctionnant avec des tubes électroniques, technologie certes désuète en 1969 (où on abandonnait déjà les ordinateurs de deuxième génération transistorisés pour d'autres à circuits intégrés comme l'IBM 1130), mais c'est précisément pour cela que ces ordinateurs étaient libres pour un usage expérimental, les autres étant saturés de travaux.

 

Création d'Arpanet

En 1961, l'US Air Force confie à la DARPA, agence de recherche technologique de défense américaine créée 3 ans plus tôt, un puissant ordinateur, le seul de sa série construit par IBM, le Q-32, pour concevoir un programme destiné au commandement des bombardements stratégiques. Joseph Licklider, docteur en psychoacoustique mais surtout spécialiste des technologies de l'information est engagé. Il a auparavant travaillé sur un programme d'ordinateurs envoyant des données par lignes téléphoniques pour un système de défense antiaérien, le projet SAGE. En 1962 il rejoint l'Arpa et prend la direction du « bureau Contrôle-Commande » nouvellement créé. Il fait venir Fred Frick qui a travaillé avec lui au Lincoln Laboratory sur le projet SAGE (en). Ils sont tous les deux partisans du temps partagé sur les ordinateurs, des machines alors très couteuses pour permettre à différents centres de recherche, universités ou entreprises de travailler sur une même machine. Ils vont donc dès 1962 commencer à réfléchir à interconnecter informatiquement tous les centres de recherches américains avec lesquels l'Arpa travaille. Le but est alors de partager plus facilement ressources et données et surtout de faire baisser les coûts et limiter les doublons en recherche. En 1964, le « bureau Contrôle et commande » devient « Bureau des techniques de traitement de l'information » ou IPTO (Information Processing Techniques Office).

Ils recrutent alors Robert Taylor, 32 ans, psychologue et mathématicien de formation qui a travaillé pour la Nasa et Ivan Sutherland, 27 ans, qui étudie les interactions entre ordinateurs. Il succède en 1964 à Licklider parti au MIT et en 1966, et est lui-même, après son départ à Harvard, remplacé par Robert Taylor à la tête de l'IPTO.

En 1966, Charles Herzfeld, le directeur de l'Arpa, accorde un budget d'un million de dollars pour que l'IPTO développe le projet de création d'un réseau informatique délocalisé, reliant les universités en contrat avec la DARPA. Il recrute Larry Roberts qui travaille au Lincoln Lab sur le transfert de données entre ordinateur. En 1968, il aura couché sur papier les plans du réseau informatique.

En juillet 1968, l'Arpa-ipto lance une consultation pour la conception d'un réseau à petite échelle pour relier l'institut de recherche de Standford, l'université de Los Angeles (UCLA) et l'université de l'Utah. Plus d'une centaine d'entreprises et de centres d'études sont approchés mais déclinent l'appel d'offre, dont IBM. C'est finalement un petit cabinet de consultants informatique du Massachusetts, Bolt Beranek et Newman qui remporte le marché. Une équipe de sept personnes se met en place avec Frank Heart à sa tête et vont concevoir le réseau avec de petits ordinateurs les Interfaces Messages Processors ou IMP (ancêtres des actuels routeurs) qui assurent la connexion des ordinateurs hotes au réseau et permettre le transfert de données par la commutation de paquets à la vitesse alors de 50kbits par seconde.

Opérationnel le 20 septembre 1969, Arpanet sert de banc d'essai à de nouvelles technologies de gestion de réseau, liant plusieurs universités et centres de recherches. Les deux premiers nœuds qui forment l'Arpanet sont l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et l'Institut de recherche de Stanford (le premier message, le simple mot login sera envoyé sur le réseau le 29 octobre 1969 entre ces deux institutions, suite à un bug, les 3 dernières lettres mettront une heure pour arriver), suivis de peu par les universités de Californie à Santa Barbara et de l'Utah.

Le mythe veut que l'objectif fixé à Arpanet soit de permettre aux réseaux de communication militaires (Arpanet voit le jour en pleine guerre froide) de continuer à fonctionner malgré une attaque nucléaire massive de la part de l'Union soviétique, c’est-à-dire : « garder ouvertes des voies de communication quel que soit l'état de destruction du pays » (les États-Unis). Les chercheurs, majoritairement financés par la même DARPA, peuvent utiliser les unités centrales de n'importe quel des établissements gérés en réseau, qu'il soit universitaire ou militaire.

La véritable raison est qu'Arpanet est créé afin d'unifier les techniques de connexion pour qu'un terminal informatique se raccorde à distance à des ordinateurs de constructeurs différents.

Les premiers essais sont concluants, et le projet - considéré comme ancêtre de l'Internet, compte tenu de son mode de fonctionnement - est mené à son terme: Lorsqu'un des centres (nœuds) est virtuellement détruit, les données empruntent d'autres chemins et d'autre nœuds pour atteindre les destinataires désignés.

Très rapidement, la CIA conclut à l'invulnérabilité d'Arpanet, alors que dans les faits cette « invulnérabilité » est sujette à caution.

Développement

Rapidement, de nouveaux raccordements furent bientôt ajoutés au réseau, portant le nombre de « nœuds » à 23 en 1971, qui se monteront à 111 en 1977.

En 1974, le TCP/IP (Transmission Control Protocol et Internet Protocol) est créé pour uniformiser le réseau ; le système est toujours utilisé de nos jours.

En 1980, Arpanet se divise en deux réseaux distincts, l'un militaire (MILNET, de « Military Network », qui deviendra le DDN — Defense Data Network) et l'autre, universitaire (NSFnet), que les militaires abandonnèrent au monde civil.

Le 1er janvier 1983, ARPANET adopte le TCP/IP qui sera la base d'Internet.


En 1984DDN et NSFnet comptent déjà près de 4 millions de nœuds interconnectés et plus de 1 000 ordinateurs à travers le monde y sont reliés

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RESUME HISTORIQUE.......

 

 

1792 : Les frères Chappe inventent le télégraphe optique en France. Il permet d'envoyer des messages rapidement sur une longue distance en utilisant un réseau de tours surmontées d'un bras articulé pour transmettre à vue des signaux codés.

 

1836 - 1838 : Les Anglais Edward Davy, William Looke et Charles Wheastone vont inventer et mettre au point le télégraphe.
Le peintre Américain Samuel Morse invente le code qui porte son nom utilisant des points et des traits pour représenter les caractères à transmettre.

 

24 Mai 1844 : Samuel Morse effectue la première démonstration publique du télégraphe en envoyant le message "What hath God wrought ?" sur une distance de 60 km entre Philadelphie et Washington.
Les réseaux télégraphiques vont très rapidement se développer dans le monde (37000 km de lignes installlées en 10 ans).

 

1858 : Le premier cable transatlantique est tiré entre les Etats Unis et l'Europe pour interconnecter les systèmes de communication Américains et Européens. Il cessa de fonctionner au bout de quelques jours ! Un second cable transatlantique fût tiré en 1866 et resta en exploitation pendant une centaine d'années.

 

1876 : L'Américain Graham Bell invente le téléphone et fonde la compagnie Bell Telephone Company.

 

1955 : Premier réseau informatique à but commercial : SABRE (Semi Automated Business Related Environment) réalisé par IBM. Il relie 1200 téléscripteurs à travers les Etats-Unis pour la réservation des vols de la compagnie American Airlines.

 

1957 : Suite au lancement du premier Spoutnik par les Soviétiques, le président Dwight D. Eisenhower crée l'ARPA (Advanced Research Project Agency) au sein du DoD (Department of Defense) pour piloter un certain nombre de projets dans le but d'assurer aux USA la supériorité scientifique et technique sur leurs voisins Russes.

 

Juillet 1958 : Le premier bunker du réseau SAGE (système de défense Américain) devient opérationnel. L'ordinateur AN/FSQ7 (dont le WhirlWind de 1951 était le prototype) dans chaque bunker est capable de gérer 400 avions simultanément. Le dernier bunker du réseau SAGE fermera en Janvier 1984.

 

1958 : La BELL crée le premier Modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique.

 

Juillet 1961 : Leonard Kleinrock du MIT publie une première théorie sur l'utilisation de la commutation de paquets pour transférer des données.

 

Octobre 1962 : Le docteur J.C.R. Licklider du MIT est nommé à l'ARPA pour diriger les recherches pour une meilleure utilisation militaire de l'informatique. Il avait écrit en Août une série de notes décrivant sa vision d'un "réseau galactique" permettant à toute personne d'accéder rapidement à toute information ou tout programme, où qu'il se trouve. Il convaincra ses successeurs, Ivan Sutherland, Bob Taylor et Lawrence G. Roberts du MIT de l'importance de ce concept de réseau.

 

1964 : Leonard Kleinrock du MIT publie un livre sur la communication par commutation de paquets. Il va convaincre Lawrence G. Roberts du bien fondé de l'utilisation de la commutation de paquets plutôt que de circuits dédiés pour réaliser un réseau.

 

1965 : Lawrence G. Roberts va, avec Thomas Merill, connecter l'ordinateur TX-2 au Massachussets avec l'ordinateur Q-32 en Californie par une liaison téléphonique. Cette expérience va prouver la faisabilité et l'utilité d'un réseau d'ordinateurs. Elle va aussi achever de convaincre Roberts de la supériorité de la commutation de paquet par rapport à l'utilisation de circuits dédiés comme ce fût le cas dans cette expérience.

 

1967 : Lawrence G. Roberts, récemment arrivé à la tête du projet de réseau informatique à l'ARPA, publie ses "Plans pour le réseau ARPANET" au cours d'une conférence. Lors de cette conférence sera aussi publié un papier sur un concept de réseau à commutation de paquets par Donald Davies et Robert Scantlebury du NPL et également un papier de Paul Baran de la RAND au sujet de l'utilisation d'un réseau à commutation de paquet pour transmission sécurisée de la voix, même en cas de destruction partielle du réseau en cas de guerre nucléaire.
Il est amusant de noter que ces groupes ont travaillé en parallèle sur des concepts similaires et sans avoir connaissance des travaux des autres pour aboutir en même temps à la même conclusion !

C'est aussi à cause de la similitude entre le projet de la RAND et le projet de l'ARPA qu'est née la fausse rumeur selon laquelle le réseau ARPANET avait été lancé à cause du besoin de relier les ordinateurs entre eux par un réseau insensible aux destructions d'une guerre nucléaire.

 

Aout 1968 : Lawrence G. Roberts et la communauté de chercheurs "sponsorisée" par l'ARPA ont défini la structure et les spécifications du futur réseau ARPANET. Ils lancent un appel d'offre pour la réalisation d'un composant clé du réseau : le commutateur de paquet appelé aussi IMP (Interface Message Processor). La société BBN (Bolt Beranek and Newman) remportera l'appel d'offre en Décembre 1968.


Septembre 1969 : 

BBN installe le premier équipement réseau IMP (basé sur un mini-ordinateur Honeywell 516 avec 12 Ko de Ram, voir photo ci-contre) à l'UCLA et le premier ordinateur (XDS SIGMA 7) y est connecté. Un ordinateur (XDS 940) de l'équipe de Douglas C. Engelbart de la Stanford Research Institute est alors relié via une liaison à 50 kbits/s. Les premières données sont échangées entre ces machines. Peu après, un ordinateur (IBM 360/75) situé l'université de Santa Barbara et un autre (Dec PDP-10) situé à l'université de l'Utah à Salt Lake City sont raccordés. Le réseau ARPANET initial constitué de 4 ordinateurs est alors en fonctionnement fin 1969. 
Voici un schéma de l'époque représentant ce réseau. 

Lors d'une interview, le professeur Kleinrock de l'UCLA raconta la première expérience réalisée avec ce réseau : se connecter à l'ordinateur de la SRI depuis celui de l'UCLA en tapant LOGIN :

Nous avons appelé les gens de SRI par téléphone.
Nous avons alors tapé L puis demandé au téléphone "Vous voyez le L ?"
La réponse vint alors : "Oui, nous voyons le L"
Nous avons alors tapé O puis redemandé au téléphone "Vous voyez le O ?"
"Oui, nous voyons le O"
Nous avons alors tapé G et tout le système a crashé !!!



1969 : Création de la norme de connexion série RS232.

 

Décembre 1970 : Le Network Working Group sous la direction de S. Crocker termine le protocole de communication entre ordinateurs pour le réseau ARPANET appelé Network Control Protocol ouNCP. De nouveaux ordinateurs furent rapidement branchés sur ARPANET et l'implémentation de NCP sur la période 1971-1972 permit aux utilisateurs de ce réseau de développer les premières applications.

 

Avril 1971 : A cette époque, le réseau ARPANET est constitué de 23 ordinateurs sur 15 sites différents reliés par des liaisons à 50 kbits/s. 

 

Mars 1972 : Ray Tomlinson de BBN réalise la première application réseau majeure pour ARPANET : un logiciel basique de courrier électronique répondant au besoin de communication des développeurs du réseau.

 

Juillet 1972 : Lawrence G. Roberts améliore les possibilités du courrier électronique en écrivant un logiciel permettant de lister, lire sélectivement, archiver, répondre ou faire suivre son email. A partir de cet instant, la messagerie électronique va devenir pour les dix années qui vont suivre l'application réseau majeure.

 

Octobre 1972 : Une démonstration publique du réseau ARPANET fut réalisée lors de la première conférence sur les communications informatiques à Washington. Un IMP et 40 terminaux furent raccordés au réseau pour la durée de la conférence. Plusieurs pays se mirent d'accord sur la nécessité de mettre en place des protocoles de communication communs, ce qui mena à la création du groupe de travailINWG (InterNetwork Working Group), dirigé par Vinton Cerf.

 

1972 : L'ARPA est renommé DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency).

 

1972 : Le succès du programme d'email sur ARPANET a presque aussitôt entraîné la création des mailing-lists (listes de diffusion).

L'une des premières mailing-list avec un volume de messages très important fût SF-LOVERS, dédiée à la discussion entre fans de Science Fiction :-)


1972 - 1973 : Bob Kahn travaille au sein du DARPA sur un projet de commutation de paquets par radio ce qui nécessite la création d'un nouveau protocole capable de transmettre les paquets d'informations, quelles que soient les perturbations radio. Ayant été un architecte majeur de l'ARPANET, il envisagea d'utiliser NCP (protocole réseau de l'ARPANET). Mais ce protocole étant insuffisant (pas de contrôle d'erreur, pas de possibilité d'adresser des machines au delà d'un IMP (équipement réseau). Il décida alors, en collaboration avec Vinton Cerf, chercheur à Stanford, de réaliser un nouveau protocole répondant à ce cahier des charges et permettant de relier les réseaux (internetting). C'est ainsi que fut crée TCP/IP (Transmission Protocol, Internet Protocol).
Un premier papier sur TCP/IP fut publié par ces deux chercheurs en Septembre 1973 lors d'une conférence de l'International Network Working Group (INWG).

 

Janvier 1973 : A cette date, 35 machines sont maintenant connectées sur le réseau ARPANET. Une première liaison satellite est mise en place pour raccorder l'Université de Hawai sur le réseau.


1973 : Bob Metcalfe met au point l'interface réseau Ethernet chez Xerox en s'inspirant des principes du réseau informatique radio de l'université de Hawai : Alohanet.

 

1974 : La société BBN lance Telenet, le premier réseau à commutation de paquets à usage commercial (utilisation des technologies employées sur ARPANET)

 

1975 : Première release du Jargon File par Raphael Finkel !

 

1976 : Fondation de la firme U.S. Robotics.


1976 : Les laboratoires Bell d'AT&T développent UUCP (Unix to Unix Copy Program). Il s'agit du premier protocole d'échanges de données largement disponible et qui sera énormément utilisé avant l'avènement de TCP/IP et d'Internet.

 

1976 : Le DoD (Department of Defense) commence ses expérimentations sur TCP/IP et décide rapidement de migrer le réseau ARPANET vers ce protocole.

 

1976 : A ce moment, le réseau ARPANET, en incluant les liaisons radio et satellite est composé de 111 ordinateurs.

 

1976 : Adoption de la norme X25 par le CCITT (Comité Consultatif International Télégraphique et Téléphonique) décrivant l'interfaçage des terminaux sur un réseau de communication par paquets. Cette norme a été définie dans l'urgence pour éviter qu'IBM n'impose mondialement sa propre norme propriétaire SNA (Systems Network Architecture).

 

Juillet 1977 : Première démonstration de l'interconnexion des réseaux ARPANET, Packet Radio Net et SATNET grâce à l'utilisation du protocole TCP/IP.

 

Février 1978 : Création du premier BBS (Bulletin Board System) à Chicago par Ward Christianson et Randy Suess. Il s'appelait RCPM (Remote C/PM).
Ward Christianson est par ailleurs l'auteur du protocole de transfert de fichiers par modem XModem.

 

1978 : La DGT installe sur toute la France son réseau de communication à haut débit TRANSPAC fonctionnant sur le principe de la commutation de paquets.

 

1978 : Le CCITT définit le modèle standard de transmission de terminal à terminal, ou modèle OSI (Open Systems Interconnect) en 7 couches pour amener la standardisation au sein de la jungle des protocoles de communication de tous les constructeurs informatiques.

 

Juin 1979 : Bob Metcalfe quitte le Xerox Parc ou il a mis au point le réseau Ethernet et fonde sa propre société 3Com pour commercialiser des cartes Ethernet.

 

Juillet 1979 : Compuserve lance son premier service en ligne pour les fans de micro informatique : MicroNET.

 

1979 : Hayes sort un modem 110/300 bauds pour l'Apple ][. Il est vendu 380 $.


Fin 1979 : Apparition des groupes de conversation USENET (Unix User Network). Tout a commencé quand Steve Bellovin (de l'université de Caroline du Nord) a écrit un script shell sous Unix V7 pour tester un système d'échange de messages classés par catégorie entre serveurs Unix en utilisant le protocole UUCP. Tom Truscott, Jim Ellis et Dennis Rockwell (de l'Université de Duke) avaient eu cette idée en utilisant un programme d'échange local de messages utilisé dans les deux universités.

Un autre étudiant de l'université de Duke, Stephen Daniels réécrivit ce shell en langage C, donnant ainsi le jour à la première version officielle appelée A News.

Deux serveurs, un dans chaque université, reliés par UUCP, formèrent le début d'USENET (USEr NETwork). Les premiers groupes de nouvelles étaient subdivisés en deux hiérarchies : net.* et dept.* L'un des premiers groupes de nouvelles créé fut net.chess

 

Août 1980 : Vinton Cerf, scientifique au DARPA propose un plan d'interconnexion (inter-network connection) entre les réseaux CSNET et ARPANET utilisant le protocole TCP/IP. Il sagit du point de départ du réseau internet tel que nous le connaissons actuellement.

 

été 1980 : De nouveaux sites s'interconnectent sur le réseau USENET. Voici un schéma de l'époque représentant les interconnexions :

 reed phs 1) duke Duke University
\ / \ 2) unc University of North Carolina at Chapel Hill
uok --- duke --unc 3) phs Physiology Dept. of the Duke Medical School
/ \ 4) reed Reed College
research vax135 5) uok University of Oklahoma
| 6) research Bell Labs Murray Hill
ucbvax 7) vax135 Bell Labs Murray Hill
8) ucbvax University of California at Berkeley



1980 : La DGT lance une expérience d'Annuaire Minitel Electronique en Bretagne.

 

Août 1981 : Nombre de machines connectées sur Internet : 213

 

1981 : La DGT lance une expérience à grande échelle de son terminal télématique Minitel à Vélizy, Versailles et Val de Bièvre.

 

1981 : La NSF (National Science Foundation) lance CSNET (Computer Science Network), un réseau d'ordinateurs universitaires reliés entre eux par des liaisons 56 kBits/s et non reliés à ARPANET.

 

1981 : Matt Glickman et Mark Horton de l'université de Berkeley écrivent la version "B" du logiciel gérant les news USENET. vous trouverez ici un schéma du réseau de l'ensemble des serveurs de News de l'époque. Voici la première liste des newsgroups publiée sur USENET le 26 Janvier 1982.

 

Mai 1982 : Nombre de machines connectées sur Internet : 235

 

1982 : L'ARPA choisis les protocoles TCP (Transmission Control Protocol) et IP (Internet Protocol) pour la communication sur le réseau ARPANET.

 

1982 : Le réseau EUnet (European Unix network) est mis en place pour interconnecter les machines Européennes et permettre la circulation de l'email et des news USENET. Les premiers pays raccordés sont la Hollande, le Danemark, la Suède et l'Angleterre.

 

1er Janvier 1983 : Le réseau ARPANET bascule du protocole NCP vers le protocole TCP/IP.

 

Aout 1983 : Nombre de machines connectées sur Internet : 562

 

1983 : Une passerelle est mise en place pour interconnecter ARPANET et CSNET.

 

1983 : Gene Spafford organise le Backbone USENET, c'est à dire un ensemble de serveurs reliés entre eux sur Internet et s'échangeant les news rapidement pour aider au fonctionnement global d'USENET. C'est de la qu'est née la légende du Backbone Cabal, devenue depuis la Usenet Cabal, formée des administrateurs des serveurs de News du Backbone participant à une mailing-list décidant de la création des nouveaux groupes de nouvelles.

 

Janvier 1984 : Suite à un long procès pour violation de la loi antitrust la société AT&T Bell Systems est dissoute et réorganisée en de nombreuses sociétés plus petites surnommées les Baby Bells.

 

Juin 1984 : Le logiciel FidoBBS est programmé par Tom Jennings , sysop du serveur FidoBBS à San Francisco. Grâce à ce logiciel, il a été possible de mettre en place un réseau de micro ordinateurs permettant l'échange de courrier et de forums entre toutes les machines interconnectées, créant ainsi le réseau mondial Fidonet entièrement géré par des particuliers.
A la fin de l'année 1984, plusieurs dizaines de BBS étaient déjà interconnectés.
Avant d'être sur internet, votre serviteur a passé beaucoup de temps entre 1990 et 1995 sur ce réseau :-)

 

Octobre 1984 : Nombre de machines connectées sur Internet : 1024

 

 

1984 : Sandy Lerner et Len Bosack fondent la société Cisco Systems dans le salon de leur maison (Cf. photo !) pour fabriquer et vendre les premiers Routeurspermettant d'interconnecter divers réseaux entre eux pour former un réseau global.

Ils viennent tous deux de l'Université de Stanford ou ils ont mis au point le réseau global du campus.

Le nom de la société vient de San FranCisco ou ils habitaient et le logo de la socié est une représentation du Golden Gate bridge.



1984 : Mise en place du DNS (Domain Name Server) sur Internet. Jusque la, pour trouver une machine sur Internet, il fallait soit connaître son adresse numérique, soit tenir à jour un unique fichier texte contenant le nom et l'adresse numérique correspondante de toutes les machines de l'Internet, ce qui est rapidement devenu impossible avec la rapide croissance de ce réseau.

 

Octobre 1985 : Nombre de machines connectées sur Internet : 1961

 

1985 : La NSF (National Science foundation) forme le réseau NSFNET reliant 5 sites équipés de super ordinateurs avec des liaisons à 56 kbits/s : L'université de Princeton, Pittsburgh, l'université de Californie à San Diego, l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign et l'université de Cornell.
Ce "backbone" va également permettre de relier tous les réseaux régionaux utilisant le protocole TCP/IP, faisant ainsi disparaitre les frontières entre ces réseaux et former un vrai réseau global interconnectant toutes les universités américaines et aussi quelques réseaux Européens et Canadiens.

 

Février 1986 : Nombre de machines connectées sur Internet : 2308

 

Novembre 1986 : Nombre de machines connectées sur Internet : 5089

la mini informatique......

L'ordinateur devient interactif

 

Jusque la, l'ordinateur était une énorme machine inaccessible et destinée à traiter des masses de données sans intervention extérieure. L'augmentation des performances va maintenant permettre à l'ordinateur de "communiquer" avec l'être humain ! C'est aussi à ce moment que le premier réseau d'ordinateurs ARPANET, ancêtre d'Internet, va naître.


1956 : Création du premier ordinateur à transistors par la Bell : le TRADIC qui amorce la seconde génération d'ordinateurs.

 

1956 : IBM commercialise le premier disque dur, le RAMAC 305 (Random Access Method of Accounting and Control).

Il est constitué de 50 disques de 61 cm de diamètre et peut stocker 5 Mo.

Ce périphérique a été développé pour le projet SABRE, système de réservation temps réel pour la compagnie aérienne American Airlines.



 

 

1957 : Création du TX0 au laboratoire de Lincoln par une partie de l'équipe qui a crée le WhirlWind. Son but était seulement de tester la technologie des transistors et des mémoires à tores de ferrite. La grande rapidité de cette machine, sa simplicité et son interactivité en font un peu l'ancêtre des minis et des micros.

 

Caractéristiques techniques du TX0
Processeur 18 bits - 3500 transistors
83000 instructions par seconde
Mémoire : 65536 mots
Entrées : clavier - stylo optique
Sorties : ecran graphique - imprimante
Consomation : 1000 Watts



1957 : Création du premier langage de programmation universel, le FORTRAN (FORmula TRANslator) par John Backus d'IBM.

 

1957 : Création du premier ordinateur soviétique transistorisé sous la direction de Mikhail Kartsev. Une série d'ordinateurs sur ce modèle furent fabriqués à partir de 1963 pendant 15 ans. Certains M4 seraient encore en production !



1957 : Suite au lancement du premier Spoutnik par les Soviétiques, le président Dwight D. Eisenhower crée l'ARPA (Advanced Research Project Agency) au sein du DoD (Department of Defense) pour piloter un certain nombre de projets dans le but d'assurer aux USA la supériorité scientifique et technique sur leurs voisins Russes.


Juillet 1958 : Le premier bunker du réseau SAGE (système de défense Américain) devient opérationnel. L'ordinateur AN/FSQ7 (dont le WhirlWind de 1951 était le prototype) dans chaque bunker est capable de gérer 400 avions simultanément. Le dernier bunker du réseau SAGE fermera en Janvier 1984.

 

1958 : Pierre Chenus, Jean Bosset, et J.P. Cottet de la Compagnie des Machines Bull développent le Gamma 60, le premier superordinateur Français dédié au calcul intensif avec un support hardware du multithread. Cette machine très rapide et très en avance sur son temps sera fabriquée à 12 exemplaires.

 

1958 : Suite à une conférence entre Américains et Européens est lancée l'idée d'un langage standard universel : ALGOL 58 (ALGOrithmic Language).

 

1958 : Lancement du premier ordinateur commercial entièrement transistorisé, le CDC 1604, développé par Seymour Cray.



1958 : Démonstration du premier circuit intégré crée par Texas Instruments.



1958 : La BELL crée le premier Modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique.

 

1958 : John Mc Carthy, mathématicien au MIT qui y a fondé en 1957 le département d'Intelligence Artificielle, crée le langage de programmation LISP (LISt Processing) qui va avoir une grande influence sur le développement de la programmation objet. Ce langage sera initialement développé sur IBM 7090.



1958 : Willy Higinbotham, physicien au Brookhaven National Laboratory crée le premier vrai jeu vidéo de l'histoire basé sur une machine dédiée construite à base de lampes. Il s'agissait d'un jeu très similaire au jeu Pong qu'Atari sortira en 1972.


Octobre 1959 : IBM annonce l'IBM 1401. Cette machine, orientée vers l'administration, la comptabilité ou le traitement de données, remportera un grands succès (12000 exemplaires) auprès des clients traditionnels d'IBM : les utilisateurs de systèmes de comptabilité électromécaniques à cartes perforées.

L'un des attraits de ce système pour la clientèle était l'imprimante rapide IBM 1403 capable d'imprimer 600 lignes à la minute.



1959 : Digital crée le PDP-1, le premier ordinateur commercial interactif (par opposition aux gros ordinateurs traditionnels de calcul). Ce fût aussi le premier ordinateur "amusant" à utiliser, du fait de son interactivité. Il est en fait très proche dans son utilisation des premiers micro ordinateurs qui seront vendus 20 ans plus tard.

Une bonne partie des personnes qui ont développé le PDP-1 viennent des équipes qui ont réalisé le WhirlWind et le TX0.



1959 : L'ordinateur ATLAS I étudié par l'université de Manchester et Ferranti introduit deux nouvelles technologies fondamentales pour les ordinateurs modernes : la mémoire virtuelle et la multiprogrammation (on dirait aujourd'hui multi-tache).
L'execution des instructions s'effectuait en "pipeline" et la machine disposait d'une unité de calcul sur les entiers et une unité de calcul en virgule flottante. Elle développait une puissance de 200 kFLOPS.


1960 : SpaceWar!, le second jeu vidéo de l'histoire (en fait le premier jeu vidéo interactif tournant sur ordinateur) est développé sur Dec PDP-1 par S. Russel, J.M. Graetz et W. Wiitanen, étudiants au MIT.

Par la suite, Dec fournit gracieusement Space War avec chaque machine vendue.

Un étudiant de l'université de l'Utah ou se trouvait un PDP-1 passa beaucoup de temps à jouer avec Space War. Il s'agissait d'un certain Nolan Bushnell qui fonda plus tard la firme Atari !



1960 : Publication du cahier des charges du langage de programmation COBOL (COmmon Business Oriented Language). Il devient, après le FORTRAN, le second grand langage de programmation universel, faisant ainsi rapidement disparaître l'ALGOL.


Juillet 1961 : Leonard Kleinrock du MIT publie une première théorie sur l'utilisation de la commutation de paquets pour transférer des données.

 

Novembre 1961 : Fernando Corbato et Robert Fano du MIT font la demonstration de CTSS (Compatible Time Sharing System) le premier système d'exploitation multi-utilisateurs. Lors de cette démonstration, 3 utilisateurs se sont connecté simultanément sur un ordinateur pour y travailler comme si chacun disposait de sa propre machine.

CTSS sera utilisé en production au MIT entre 1963 et 1973.

 

1961 : Le projet MAC (Multi Access Computer) du MIT dirigé par John Mc Carthy a pour but de permettre à plusieurs personnes de travailler sur un même ordinateur en même temps pour éliminer les temps d'attente du traitement par lot.

 

1961 : Le premier IBM 7030 Stretch est installé au Los Alamos National Laboratory (LANL). Il s'agit d'un projet débuté en 1956 et mené conjointement par IBM et le LANL. Grâce à cette technologie, son processeur est deux fois plus rapide et sa mémoire 6 fois plus rapide que l'IBM 704.



1961 : Fairchild Semiconductors commercialise la première série de circuits intégrés.


Octobre 1962 : Le docteur J.C.R. Licklider du MIT est nommé à l'ARPA pour diriger les recherches pour une meilleure utilisation militaire de l'informatique. Il avait écrit en Août une série de notes décrivant sa vision d'un "réseau galactique" permettant à toute personne d'accéder rapidement à toute information ou tout programme, où qu'il se trouve. Il convaincra ses successeurs, Ivan Sutherland, Bob Taylor et Lawrence G. Roberts du MIT de l'importance de ce concept de réseau.

 

1962 : Le mathématicien canadien Kenneth Iverson crée le langage de programmation APL (A Programming Language).

 

1962 : Voici un tableau récapitulatif du nombre d'ordinateurs produits lors de l'année 1962 :

Rang Compagnies Production Part de marché
1 IBM 4806 65.8 %
2 Rand 635 8.7 %
3 Burrough 161 2.2 %
4 CDC 147 2.0 %
5 NCR 126 1.7 %
6 RCA 120 1.6 %
7 General Electric 83 1.1 %
8 Honeywell 41 0.6 %
Autres 1186 16.3 %
Total 7305 100 %

 



 

1962 : En France, Philippe Dreyfus invente le mot informatique pour désigner la science du traitement de l'information et des ordinateurs.


1963 : Aux Etats-Unis, Teletype développe le prototype de la première imprimante à jet d'encre : la Teletype Inktronic. La version commerciale de cette imprimante disposait de 40 buses fixes permettant d'imprimer des caractères ASCII sur 80 colonnes reçus par une liaison 1200 bauds.

 

1963 : Au MIT, Ivan Sutherland met au point le premier logiciel graphique interactif utilisant un stylo optique pour dessiner sur écran des schémas techniques.



Mars 1964 : Lancement de la série des ordinateurs IBM 360. Jusque la, chaque nouvel ordinateur qui sortait était complètement incompatible avec les précédents.IBM avec la série 360 (compatibles à 360 degrés), inaugure le concept d'une lignée d'ordinateurs compatibles entre eux. Cette série eut un grand succès commercial.



1962 - Septembre 1964 : John Kemeny et Tom Kurtz du Dartmouth College développent le système d'exploitation DTSS (Dartmouth Time Sharing System) permettant à 32 personnes de se connecter simultanément sur un même ordinateur.

L'ensemble était utilisé pour donner des cours de langage BASIC aux étudiants.



1964 : Thomas Kurtz et John Kemeny créent le langage BASIC (Beginner's All-purpose Symbolic Instruction Code) au Dartmouth College pour leurs étudiants.

 

1964 : Leonard Kleinrock du MIT publie un livre sur la communication par commutation de paquets. Il va convaincre Lawrence G. Roberts du bien fondé de l'utilisation de la commutation de paquets plutôt que de circuits dédiés pour réaliser un réseau.

 

1964 : IBM crée le langage de programmation PL/I (Programming Language I).

 

1964 : Création du code ASCII (American Standard Code for Information Interchange), normalisé en 1966 par l'ISO pour simplifier l'échange de données entre ordinateurs. Malgré cela, IBM maintient sa propre norme propriétaire EBCDIC (Extended Binary Coded Decimal Interchange Code).

 

1964 : Lancement du super ordinateur CDC 6600 développé par Seymour Cray. Sa mise au point sera délicate mais ce sera un grand succès.. Puissance : 3 MIPS.

Control Data rencontrera de gros problèmes à cause d'IBM qui annoncera presque aussitôt le super ordinateur IBM 90 concurrent direct du CDC 6600. L'annonce de cette machine non existante avait pour but de retenir les clients d'acheter un CDC 6600 en attendant la sortie de la machine IBM. IBM tentera à nouveau la même opération lors de la sortie du CDC 7600 en 1969 mais sera cette fois-ci lourdement condamné pour ce genre de pratiques.



1964 : Le MIT s'allie avec General Electric et les Bell Labs d'AT&T dans le projet MULTICS (Multiplexed Information and Computing Service) qui durera plusieurs années pour développer un prototype de nouvel ordinateur ainsi qu'un nouveau système d'exploitation temps partagé (time sharing). Le MIT et Bell Labs avaient déjà une expérience dans le domaine avec CTSS (MIT Compatible Time-Sharing System) et BESYS. Le but du projet était de créer un système d'exploitation pour ordinateur parfaitement fiable, capable de tourner 24H sur 24, 7 jours sur 7, utilisable par plusieurs personnes à la fois et capable en même temps de faire tourner des calculs en tâche de fond.


1965 : Développement du super ordinateur soviétique BESM-6 sous la direction de Sergei Alexeevich Lebedev de la société ITMiVT. Cette machine équipée d'une processeur 48 bits à 9 MHz et de 192 Ko de mémoire à tores de ferrite développait une puissance de 1 MIPS.

Cette machine d'usage civil et militaire sera fabriquée à 350 exemplaires jusqu'au début des années 80. Le dernier BESM-6 a été démonté en 1992.



1965 : Ted Nelson publie un premier papier sur le concept de nombreux types de documents informatiques reliés entre eux. Il utilise les mots hypertexte et hypermedia pour décrire ce concept, par la suite plus connu sous le nom de Xanadu.

 

1965 : Lawrence G. Roberts va, avec Thomas Merill, connecter l'ordinateur TX-2 au Massachussets avec l'ordinateur Q-32 en Californie par une liaison téléphonique. Cette expérience va prouver la faisabilité et l'utilité d'un réseau d'ordinateurs. Elle va aussi achever de convaincre Roberts de la supériorité de la commutation de paquet par rapport à l'utilisation de circuits dédiés comme ce fût le cas dans cette expérience.

 

1965 : Premier super ordinateur à architecture vectorielle : l'ILLIAC IV de Burrough. Il combinait une architecture parallèle et pipe-line composée de 64 processeurs (256 processeurs avaient été prévus). Performance : 200 MIPS !

Cette machine fut un échec du fait d'énormes problèmes de mise au point. Le projet commença en 1964. Le premier Illiac IV fut installé à la Nasa en 1972 et il ne fonctionnera vraiment qu'a partir de 1975.



1965 : Digital présente le PDP 8, le premier mini ordinateur qui marque une étape importante dans la miniaturisation et la diminution du prix des ordinateurs. Une publicité montrait qu'on pouvait le transporter sur la banquette arrière d'un cabriolet Coccinelle. Son prix était 5 fois plus petit que celui du moins cher des IBM 360. Un microprocesseur CMOS-8 contenant le jeu complet d'instructions du PDP 8 sera même crée en 1976. Des machines basées sur ce jeu d'instructions seront vendues jusqu'en 1984 (DECmate III).

Caractéristiques techniques du mini ordinateur PDP 8
Processeur 12 bits, cycle de 1.5 microsecondes
Mémoire 4Kmots de 12 bits (tores de ferrite)
Terminal Teletype ASR33 + cartes perforées
Consommation : 780 Watts - Prix : 18000 $



1965 : Gordon Moore écrit que la complexité des circuits intégrés doublera tous les ans. Cette affirmation qui s'est par la suite révélée exacte est maintenant connue sous le nom "Loi de Moore".


Mai 1966 : Steven Gray fonde le club Amateur Computer Society. On peut considérer qu'il s'agit de la naissance de l'informatique personnelle.

 

1966 : Le langage de programmation LOGO est crée par une équipe chez BBN (Bolt Beranek & Newman) dirigée par Wally Fuerzeig dont faisait partie Seymour Papert. Ce langage très graphique est basé sur le principe d'une tortue que l'on pilote à l'écran en lui donnant des ordres (tourner, avancer, etc...).

 

1966 : Création de la première console de jeu vidéo pour la maison par Ralph Baer : la Magnavox Odyssey I. Il s'agissait d'une console se branchant sur le téléviseur et disposant de 13 jeux sur 6 cartouche enfichables. Une option était disponible avec un pistolet à pointer sur la télé et 4 jeux additionnels l'utilisant.

Comme Pong ressemblait beaucoup à l'un des jeux de cette console, Magnavox intenta un procès contre Atari pour violation de Copyright.



1967 : Le département informatique de l'université de l'Utah, dirigé par les professeurs David C. Evans et Ivan Sutherland s'est spécialisé dans l'imagerie informatique en 3 dimensions.
On peut voir ci-contre leurs étudiants en train de numériser la Coccinelle d'Ivan Sutherland et le résultat à l'écran.

Ils fonderont la société Evans & Sutherland en 1968.



1967 : Lawrence G. Roberts, récemment arrivé à la tête du projet de réseau informatique à l'ARPA, publie ses "Plans pour le réseau ARPANET" au cours d'une conférence. Lors de cette conférence sera aussi publié un papier sur un concept de réseau à commutation de paquets par Donald Davies et Robert Scantlebury du NPL et également un papier de Paul Baran de la RAND au sujet de l'utilisation d'un réseau à commutation de paquet pour transmission sécurisée de la voix, même en cas de destruction partielle du réseau en cas de guerre nucléaire.
Il est amusant de noter que ces groupes ont travaillé en parallèle sur des concepts similaires et sans avoir connaissance des travaux des autres pour aboutir en même temps à la même conclusion !

C'est aussi à cause de la similitude entre le projet de la RAND et le projet de l'ARPA qu'est née la fausse rumeur selon laquelle le réseau ARPANET avait été lancé à cause du besoin de relier les ordinateurs entre eux par un réseau insensible aux destructions d'une guerre nucléaire.

 

1967 : IBM construit le premier lecteur de disquettes.

 

1967 : Voici un tableau récapitulatif du nombre d'ordinateurs produits lors de l'année 1967 :

Rang Compagnies Production Part de marché
1 IBM 19773 50.0 %
2 Rand 4778 12.1 %
3 NCR 4265 10.8 %
4 CDC 1868 4.7 %
5 Honeywell 1800 4.6 %
6 Burrough 1675 4.2 %
7 RCA 977 2.5 %
8 General Electric 960 2.4 %
Autres 3420 8.7 %
Total 39516 100 %

 



 

Aout 1968 : Lawrence G. Roberts et la communauté de chercheurs "sponsorisée" par l'ARPA ont défini la structure et les spécifications du futur réseau ARPANET. Ils lancent un appel d'offre pour la réalisation d'un composant clé du réseau : le commutateur de paquet appelé aussi IMP (Interface Message Processor). La société BBN (Bolt Beranek and Newman) remportera l'appel d'offre en Décembre 1968.


1968 : Douglas C. Engelbart de la Stanford Research Institute fait une démonstration d'un environnement graphique avec des fenêtres à manipuler avec une souris. Il démontre dans cet environnement l'utilisation d'un traitement de texte, d'un système hypertexte et d'un logiciel de travail collaboratif en groupe.



1968 : Burrough sort les premiers ordinateurs basés sur des circuits intégrés, les B2500 et B3500 qui marquent le début de la troisième génération d'ordinateurs.

 

1968 : Hewlet Packard présente sa première calculatrice de bureau programmable fonctionnant en notation Polonaise inversée (RPN), la HP 9100. Elle n'était pas constituée de circuits intégrés mais de transistors et d'une mémoire à tores de ferrite, ce qui explique sa taille et son poids de 20 Kg ! 

Caractéristiques :

  • 196 pas de programmes ou 16 mémoires (se recouvrant, ce qui permet d'écrire du code automodifiable)
  • lecteur enregistreur de cartes magnétiques (capacité : 196 pas de programme par carte)
  • Affichage par écran cathodique.
  • Prix : 5000 $
  • Boite d'extension mémoire de 3472 pas de programme pour 3690 $



1968 : Création du langage PASCAL par Niklaus Wirth.


été 1969 Le Bell Lab d'AT&T se retire du projet MULTICS, considérant que celui-ci prendrait trop de temps pour arriver à un résultat concret.
Un groupe d'informaticiens mené par Ken Thompson et Dennis Ritchie avait commencé à réfléchir à la création d'un nouveau système d'exploitation temps partagé mais leur hiérarchie refusait d'en entendre parler.
Ils trouvèrent un Dec PDP 7 (ordinateur apparu en 1964, évolution du PDP-1) inutilisé (récupéré initialement par Thompson pour y faire tourner un jeu écrit par lui : Space Travel !) pour mettre leurs idées en pratique.
Certaines idées furent héritées du projet MULTICS : notion de process, système de fichiers arborescent, interpréteur ligne de commande tournant comme un simple programme utilisateur, représentation simple des fichiers texte et accès généralisé aux périphériques. D'autres nouvelles idées servirent de principe pour le développement : concevoir les outils comme un ensemble de petits programmes simples, faire en sorte que le résultat d'un programme puisse devenir l'entrée du programme suivant, etc...
Un noyau Unix primitif, un shell, quelques programmes utilitaires, un éditeur et un assembleur furent rapidement mis au point sur le PDP 7.
Ce n'est que par la suite qu'un nom fût trouvé par Brian Kernighan pour ce nouveau système d'exploitation : UNIX (par opposition au projet MULTICS).

Cette version est connue sous le nom "Unix Time-Sharing System V1".


Septembre 1969 : BBN installe le premier équipement réseau IMP (basé sur un mini-ordinateur Honeywell 516 avec 12 Ko de Ram, voir photo ci-contre) à l'UCLA et le premier ordinateur (XDS SIGMA 7) y est connecté. Un ordinateur (XDS 940) de l'équipe de Douglas C. Engelbart de la Stanford Research Institute est alors relié via une liaison à 50 kbits/s. Les premières données sont échangées entre ces machines. Peu après, un ordinateur (IBM 360/75) situé l'université de Santa Barbara et un autre (Dec PDP-10) situé à l'université de l'Utah à Salt Lake City sont raccordés. Le réseau ARPANET initial constitué de 4 ordinateurs est alors en fonctionnement fin 1969. 
Voici un schéma de l'époque représentant ce réseau. 

Lors d'une interview, le professeur Kleinrock de l'UCLA raconta la première expérience réalisée avec ce réseau : se connecter à l'ordinateur de la SRI depuis celui de l'UCLA en tapant LOGIN :

 

Nous avons appelé les gens de SRI par téléphone.
Nous avons alors tapé L puis demandé au téléphone "Vous voyez le L ?"
La réponse vint alors : "Oui, nous voyons le L"
Nous avons alors tapé O puis redemandé au téléphone "Vous voyez le O ?"
"Oui, nous voyons le O"
Nous avons alors tapé G et tout le système a crashé !!!

 



 

1969 : Lancement du super ordinateur CDC 7600 développé par Seymour Cray. Evolution du CDC 6600, il est basé sur une architecture "pipeline".

 



 

1969 : Création de la norme de connexion série RS232.


Avril 1970 : Lancement de la ligne de mini-ordinateurs PDP-11 par Digital Equipment Corporation. Il s'agit d'une ligne de machines toutes compatibles entre elles basées sur un processeur 16 bits et qui rencontrera un grand succès.



Décembre 1970 : Le Network Working Group sous la direction de S. Crocker termine le protocole de communication entre ordinateurs pour le réseau ARPANET appelé Network Control Protocol ouNCP. De nouveaux ordinateurs furent rapidement branchés sur ARPANET et l'implémentation de NCP sur la période 1971-1972 permit aux utilisateurs de ce réseau de développer les premières applications.


1970 : Ken Thompson, pensant qu'UNIX ne serait pas complet sans un langage de programmation de haut niveau commence à porter le Fortran sur le PDP 7 mais change rapidement d'avis et crée en fait un nouveau langage, le B (en référence au BCPL dont il s'inspire).

 

1970 : Première puce mémoire crée par Intel et contenant l'équivalent de 1024 tores de ferrite très encombrants sur un carré de 0.5 mm de côté (capacité : 1kBit soit 128 octets)

 

1970 : Création par Xerox du centre de recherches PARC (Palo Alto Research Center) à Stanford. Le chercheurs du PARC travaillent dans la plus grande liberté, Xerox ne leur ayant pas assigné d'objectifs commerciaux. De nombreuses innovations sortiront du PARC mais Xerox ne saura jamais les exploiter correctement.

Il faut noter que plusieurs personnes du Xerox Parc ont avant travaillé avec Douglas Engelbart. L'équipe de recherche était dirigée par Bob Taylor qui avant avait dirigé l'équipe à l'origine du réseauARPANET.

 

 


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