trop long................
Marre d’être un miroir
Fond noir sur aspect lisse
Trop profond pour un profane
Cicatrices a vifs trop a boire
Blessures profondes sur lesquelles ont glisse
Tous mes sentiments se fanent
Encore une nuit, encore un soir
Cacher avec plus d’artifices
Chaque nuit mon coeur se tanne
Confident est mon désespoir
L’amour est mon sacrifice
Tout explose sous mon crâne
Trop long ce soir
Mes rêves se tissent
Je viens à toi sheitane
Trop long……..bientôt……..bientôt…..
S.
la fontaine de sang
Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.
J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine;
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!
J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!
Charles BAUDELAIRE
Joss Stone - Son Of A Preacher Man live
Joss Stone - Son Of A Preacher Man live
Vidéo envoyée par joe54
La belle anglaise nous revient avec les cheveux rouges pour un nouvel album intitulé "Introducing Joss Stone". Voici un live (Uk Music Hall Of Fame) où elle reprend le classique Son of a preacher man de Dusty Springfield... Une claque, comme toujours... Bonne écoute
dites lui.......
Faites-lui mes aveux,
Portez mes voeux,
Fleurs écloses près d'elle,
Dites-lui qu'elle est belle...
Que mon coeur nuit et jour
Languit d'amour!
Révélez à son âme
Le secret de ma flamme!
Qu'il s'exhale avec vous!
Parfums plus doux!
[Il cueille une fleur.]
Fanée!... hélas!
[Il jette la fleur avec dépit.]
Ce sorcier, que Dieu damne
M'a porté malheur!
[Il cueille une autre fleur qui s'effeuille encore.]
Je ne puis, sans qu'elle se fane
Toucher une fleur!...
faust
IL.......................
elle est......
Elle est…….mais elle n’est qu’a minuit quand tous les oiseaux blancs ont refermé leurs ailes sur l’ignorance des ténèbres, quand la sœur des myriades de perles a caché ses deux mains dans sa chevelure morte, quand le triomphateur se plait à sangloter, las de ses dévotions à la curiosité, mâle et brillante armure de luxure.
Elle est si douce qu’elle a transformé mon cœur. J’avais peur des grandes ombres qui tissent les tapis du jeu et les toilettes, j’avais peur des contorsions du soleil le soir, des incassables branches qui purifient les fenêtres de tous les confessionnaux où des femmes endormies nous attendent.
Ô buste de mémoire, erreur de forme, lignes absentes, flamme éteinte dans mes yeux clos, je suis devant ta grâce comme un enfant dans l’eau, comme un bouquet dans un grand bois. Nocturne, l’univers se meut dans ta chaleur et les villes d’hier ont des gestes de rue plus délicats que l’aubépine, plus saisissants que l’heure. La terre au loin se brise en sourires immobiles, le ciel enveloppe la vie : un nouvel astre de l’amour se lève partout…..fini, il n’y a plus de preuves de la nuit.
P. Eluard
mon dernier poeme......
Mon dernier poème
J’ai peint des terres
désolées
Et les hommes sont
fatigués
De la joie toujours
éloignée.
J’ai peint des terres
désolées
Où des hommes ont
leurs palais.
J’ai peint des cieux
toujours pareils,
La mer qui a tous les
bateaux,
La neige, le vent la
pluie.
J’ai peint des cieux
toujours pareils
Où les hommes ont
leurs palais.
J’ai usé les jours et
les jours
De mon travail, de
mon repos.
Je n’ai rien troublé.
Bienheureux,
Ne demandez rien et
j’irai
Frapper la porte du
feu…
Paul ELUARD
un jour.........lautreamont
….un jour, jour
néfaste, je grandissais en beauté et en innocence ; et chacun admirait
l’intelligence et la beauté du divin adolescent. Beaucoup de consciences
rougissaient quand elles contemplaient ces trais limpides où son âme avait placé
son trône.
On ne s’approchait de
lui qu’avec vénération, parce qu’on remarquaient dans ses yeux le regard d’un
ange. Mais non, je savais de reste que les roses heureuses de l’adolescence ne
devaient pas fleurir perpétuellement, tressées en guirlandes capricieuses, sur
son front modeste et noble, qu’embrassaient avec frénésie toutes les mères. Il commençait
à me sembler que l’univers, avec sa voûte étoilée de globes impassibles et agaçants,
n’était peut être pas ce que j’avais rêvé de plus grandiose. Un jour, donc,
fatigué de talonner du pied le sentier abrupt du voyage terrestre, et de m’en
aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de
la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand
cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si
jeune, les mystères du ciel !
Ne trouvant pas ce
que je cherchais, je soulevais la paupière effarée plus haut, plus haut encore,
jusqu’à ce que j’aperçusse un trône, formé d’excréments humains st d’or, sur
lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait
avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le
Créateur !!!
Il tenait à la main
le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au
nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu’il
faisait. Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébullition, à la
surface duquel s’élevaient tout à coup, comme des ténias à travers le contenu
d’un pot de chambre ; deux ou trois têtes prudentes, et qui s’abaissaient
aussitôt, avec la rapidité de la flèche ; un coup de pied, bien appliqué
sur l’os du nez, était la récompense connue de la révolte au règlement,
occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu ; car, enfin, ces
hommes n’étaient pas des poissons ! Amphibies tout au plus, ils nageaient
entre deux eaux dans ce liquide immonde !....
Jusqu’à ce que,
n’ayant plus rien dans la main, le créateur, avec les deux premières griffes du
pied, saisit un autre plongeur par le cou, comme dans une tenaille, et le
soulevât en l’air, en dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise !
Pour celui la, il
faisait comme pour l’autre. Il lui dévorait d’abord la tête, les jambes et les
bras, et en dernier lieu le tronc, jusqu’à ce qu’il ne restât plus rien ;
car, il croquait les os.
Ainsi de suite,
durant les autres heures de son éternité. Quelquefois il s’écriait :
« je vous ai
créés ; donc j’ai le droit de faire de vous ce que je veux. Vous ne m’avez
rien fait, je ne dis pas le contraire. Je vous fait souffrir, et c’est pour mon
plaisir. »
Et il reprenait son
repas cruel, en remuant sa mâchoire inférieure, laquelle remuait da barbe
pleine de cervelle. Ô lecteur, ce dernier détail ne te fait-il pas venir l’eau
à la bouche ?
Comte de
LAUTREAMONT (Isidore-lucien DUCASSE)







