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26 mai 2014

desobéissance civile..........

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La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique. Le terme fut créé par l'américain Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. Si la désobéissance civile est une forme de révolte ou de résistance, elle se distingue pourtant de la révolte au sens classique. La révolte classique oppose la violence à la violence. La désobéissance civile est plus subtile : elle refuse d'être complice d'un pouvoir illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération. Le principe même du pouvoir politique pourrait rendre possible l'efficacité de cette action.

L'idée de la résistance à une loi injuste a existé bien avant le xixe siècle. On peut la faire remonter à la jus resistendi (« droit de résistance ») du droit romain et on peut dire que La Boétie, dès le xvie siècle, a démontré l'efficacité du procédé. Il montre dans le Discours de la servitude volontaire que le pouvoir d'un État repose entièrement sur la coopération de la population. Ainsi, dès l'instant où la population refuse d'obéir, l'État n'a plus de pouvoir. Un peuple peut donc résister sans violence par la désobéissance et provoquer l'effondrement d'un État illégitime, car, disait-il, le pouvoir le plus féroce tire toute sa puissance de son peuple. Encore faut-il une prise de conscience générale et le courage des premiers militants pour que ce principe puisse être efficace. C'est principalement Gandhi en Afrique du Sud et en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, Mandela en Afrique du Sud, les Mères de la Place de Mai en Argentine et la contestation du pouvoir soviétique dans les années 1980 qui en ont montré l'efficacité.

Le principe est utilisé aujourd'hui au sein des démocraties pour lutter contre certaines lois lorsque les militants estiment que la légalité — qui dépend de la majorité et / ou d'une certaine inertie — ne parviendra pas à modifier ces lois. La désobéissance est illégale par définition, mais est en principe non violente. Cependant certaines actions en France ont revendiqué la dégradation de biens privés (par exemple les faucheurs volontaires). Certains ne voient dans ces actions que la dégradation de biens ou la résistance d'individus ou de groupes isolés, d'autres y voient un acte salutaire de désobéissance civile visant à faire modifier la politique des autorités.

 

Définition de la désobéissance civile

Il n'y a pas d'unanimité sur la définition de la désobéissance civile. John Rawls et Jürgen Habermas ont chacun une définition de la désobéissance civile.

Selon Rawls : « La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s'adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés.»

Pour Habermas : « La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d'avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. »

Six éléments sont donc caractéristiques d'un acte de désobéissance civile.

Une infraction consciente et intentionnelle

L'acte de désobéissance doit être une infraction consciente et intentionnelle, et il doit ainsi violer une règle de droit positif. Si l'infraction porte sur la norme contestée directement, on parle de désobéissance directe ; ce fut, par exemple, le cas des campagnes de désobéissance civile lancées par Martin Luther King qui visaient à faire occuper par les noirs les espaces légalement réservés aux blancs. Mais la norme violée peut ne pas être celle contestée, on parle alors de désobéissance civile indirecte, c'est le cas par exemple des sit-in, qui ne visent pas à contester le code de la route.

Bien qu'il ne soit pas possible de constater l'existence d'une infraction a priori (c'est le juge qui détermine l'existence d'une infraction), on considère qu'un acte est constitutif d'un acte de désobéissance civile lorsque ses auteurs prennent le risque de commettre un acte qui est, aux yeux de l'opinion publique et à ceux des autorités, généralement tenu comme une infraction.

Touchant cette question, il est intéressant de rappeler l'expérience réalisée par Stanley Milgram où le sujet de l'expérience consiste à mesurer la proportion des individus capables de démarrer un tel acte de désobéissance malgré la pression sociale ou administrative.

Un acte public

L'acte de désobéissance se traduit par une attitude publique, ce qui le différencie de la désobéissance criminelle — cette dernière, ne prospérant que dans la clandestinité (parfois, avec une revendication).

Dans la désobéissance civile, la publicité vise à écarter tout soupçon sur "la moralité de l'acte", à lui conférer, en outre, une valeur symbolique ainsi que la plus grande audience possible afin que l'acte ait le plus grand retentissement pour modifier le "sentiment" ou "la conviction" de l'opinion publique. L'acte vise ainsi la plus grande médiatisation possible et peut rentrer dans une stratégie de provocation et d'agitprop.

Certains auteurs vont au-delà. Fidèle à la ligne de Gandhi, ils voient dans la publicité une exigence qui veut que l'on communique à l'avance aux autorités compétentes les actions futures de désobéissance.

Un mouvement à vocation collective

L'acte de désobéissance s'inscrit par principe dans un mouvement collectif. Elle est l'acte d'un groupe qui se présente comme une minorité agissante, et se traduit par l'action concertée de celle-ci, ainsi Hannah Arendt relève que « loin de procéder de la philosophie subjective de quelques individus excentriques la désobéissance civile résulte de la coopération délibérée des membres du groupe tirant précisément leur force de leur capacité d'œuvrer en commun. » La désobéissance est donc par nature une action collective. Cependant, rien n'empêche que le sursaut moral d'un individu ne finisse par mobiliser un courant plus large qui pourra alors être qualifié de désobéissance civile.

Une action pacifique

Le désobéissant use généralement de moyens pacifiques. La désobéissance civile vise à appeler aux débats publics et, pour ce faire, elle en appelle à "la conscience endormie" de la majorité plutôt qu'à l'action violente. C'est un des traits qui la distingue de la révolution, qui pour arriver à ses fins peut, potentiellement, en appeler à la force. En outre l'opposition à la loi qui est inhérente à la désobéissance civile se fait dans une paradoxale fidélité à une loi considérée supérieure, il n'y a donc pas de violence dans l'esprit de la désobéissance civile. Celle-ci étant plutôt le fait de l'État, le seul qui dispose d'une « violence légitime » selon Max Weber, cette violence pouvant être physique mais aussi "symbolique" c'est-à-dire psychique, voire souvent économique.

Un but : la modification de la règle

Selon ses promoteurs, la désobéissance civile poursuit des fins novatrices. Elle vise "l'abrogation" ou tout au moins la modification de la norme contestée.

Des principes supérieurs

La désobéissance civile fait appel à des « principes supérieurs » à l'acte contesté. C'est sans doute le trait le plus important de la désobéissance civile puisque c'est lui qui lui donne "une certaine légitimité". Ces principes considérés supérieurs peuvent être religieux : ainsi, des membres du clergé ont souvent été des participants ou des dirigeants dans des actions de désobéissance civile. Aux États-Unis par exemple, les frères Berrigan sont des prêtres qui ont été arrêtés des douzaines de fois pour des actes de désobéissance civile dans des protestations antiguerre.

Les principes supérieurs invoqués peuvent également être "constitutionnels" ou "supra constitutionnels". Ainsi des écrivains et cinéastes français, dans leur texte appelant à la désobéissance civile en 1997 contre un projet de loi de Jean-Louis Debré, qui obligeait notamment toute personne hébergeant un étranger en visite privée en France à déclarer à la mairie son départ, faisaient référence aux libertés publiques et au respect de la personne humaine. En faisant cet appel, les désobéissants révèlent qu'il existe selon eux une possibilité d'être entendu par les gouvernants. Ce fut d'ailleurs le cas contre ce projet de loi Debré, car, à la suite du débat qui eut lieu, et devant la mobilisation de l'opinion publique, le gouvernement de l'époque n'eut d'autre choix que de renoncer au projet.

Selon ses promoteurs, la désobéissance civile, loin donc d'affaiblir les institutions, pourrait au contraire les renforcer en provoquant une compréhension plus claire de leurs idéaux fondateurs et en faisant participer davantage l'opinion publique au processus normatif.

La légitimité de la désobéissance civile : le cas français

En France, Les Désobéissants proposent des ateliers et formations autour de la non-violence et de la Désobéissance civile, à destination des citoyens et militants souhaitant œuvrer pour le progrès social, les droits de l'homme, l'écologie, etc.

C'est en la rapportant à la "sphère juridique" et non seulement à "sa dimension morale", pourtant généralement bien acceptée, que la justification de la désobéissance civile présente le plus d'intérêt. Mais c'est aussi là qu'elle est la plus controversée. Y a-t-il un droit à la désobéissance civile ?

La désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques, garantie exercée par les gouvernés eux-mêmes. Elle n'est pas explicitement reconnue juridiquement dans la hiérarchie des normes françaises. Toutefois l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que :

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »

La constitution « montagnarde » de 1793 ira même jusqu'à mettre en place dans ses articles 33, 34 et 35 un véritable droit à l'insurrection : Article 35

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »


Le Préambule de la Constitution de 1958 est très court mais celui-ci renvoie à deux textes fondamentaux dans notre histoire juridique : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946.

La valeur de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 fut pendant longtemps discutée, s'agit-il d'une simple déclaration d'intention ou d'une norme du droit positif ? Les deux thèses s'affrontaient au sujet de la valeur juridique de ce préambule et des textes auxquels il renvoie. L'une soutenait qu'elle ne pouvait être que "morale et philosophique" (un guide facultatif pour l'État), tandis que l'autre défendait son caractère normatif et juridique (une obligation de valeur constitutionnelle).

Le Conseil constitutionnel français trancha la question dans sa décision du 16 juillet 1971, relative à la liberté d'association : il s'agit bien d'un texte normatif de la plus haute valeur. Par la suite dans la décision du Conseil constitutionnel du 27 décembre 1974 relative à la loi de finances pour 1974, le Conseil constitutionnel s'est référé pour la première fois à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Puis par une décision du 16 janvier 1982 sur la loi de nationalisation, le Conseil constitutionnel a indirectement reconnu une valeur constitutionnelle à la résistance à l'oppression : en effet il a réaffirmé la valeur constitutionnelle du droit de propriété en soulignant que la Déclaration de 1789 l'avait « mis au même rang que la liberté, la sûreté et la résistance à l'oppression ».

Il faut ici se demander quels sont les liens entre la résistance à l'oppression et la désobéissance civile. La résistance à l'oppression va très loin, le texte cité en fait un droit, mais aussi « le plus sacré des devoirs », ce qui implique qu'il ne s'agit pas seulement d'un moyen d'action mais d'un but en soi, et que celui qui l'invoque doit agir "immédiatement et très fort". Cela excède la désobéissance civile, qui reste un mode d'action parmi d'autres, comme la manifestation, le recours au "procès exemplaire", la lutte armée, etc.

Cependant l'affirmation de ce droit reste quelque peu théorique et n'est pas directement utilisée par les magistrats lors de jugement de personne ayant commis un acte de désobéissance. Une autre norme du droit français interprétée a contrario (article 433-6 du code pénal) accorde une certaine protection aux personnes faisant des actes de rébellion à l'égard de fonctionnaires publics qui agiraient sans titre (par exemple dans le cas d'une perquisition sans autorisation du Juge des Libertés et de la Détention). D'autre part, lorsqu'un fonctionnaire reçoit un ordre manifestement illégal, il lui appartient d'y opposer un refus d'obéissance (article122-4 du code pénal).

La résistance à l'oppression se situe donc entre l'affirmation d'un droit de résistance à l'oppression quelque peu théorique et la reconnaissance d'un droit à la désobéissance très limité. La question de la légalité de la désobéissance civile n'est donc pas clairement affirmée, celle-ci est, en principe, illégale mais ce principe n'empêche pas certaines manifestations de "tolérance administrative" ou de "clémence judiciaire" (le juge dispose de nombreux moyens de droit pour acquitter le prévenu ou modérer la peine : état de nécessité, légitime défense, erreur de droit, circonstances atténuantes, interprétation restrictive de la règle de droit, etc.)

Le problème de la légalité de la désobéissance civile vient du fait que malgré une transgression volontaire de la règle de droit, celle-ci s'effectue paradoxalement dans une fidélité au reste du dispositif légal (y compris, par exemple, à la sanction prévue par la loi contestée), ainsi qu'à une "loi supérieure". La désobéissance civile peut donc s'analyser comme un « délit politique » et dès lors, le désobéissant civil bénéficiera du régime de protection qui peut être mis en place pour ce type de délit.

Certains proposent aujourd'hui de constitutionnaliser un "droit à la désobéissance civile". Puisque la Constitution française intègre les procédures d’exception dans son article 16, elle pourrait aussi admettre un droit à désobéir aux lois jugées injustes. Le droit à la désobéissance civile serait alors l’équivalent par en bas (c’est-à-dire pour le citoyen) de ce qu’est l’état d’exception par en haut (c’est-à-dire pour le président de la République).

La critique à l'encontre de la désobéissance civile

Conclusion de "Les lettres du Mahatma Gandhi à Adolf Hitler" par Dr Koenraad Elst : "Il n’est pas certain que cela aurait marché, mais le gandhisme n’est pas synonyme d’efficacité. Les méthodes de Gandhi réussirent à dissuader les Britanniques de s’accrocher à l’Inde, pas à dissuader la Ligue Musulmane de partitionner l’Inde. Sous cet angle, c’est simplement une question sans réponse, une expérience non-tentée, de savoir si l’approche gandhienne aurait pu réussir à empêcher la Seconde Guerre mondiale. Par contre, il ne peut pas y avoir deux opinions quant à savoir si cette approche de la dissuasion non-violente aurait été gandhienne. Le Mahatma n’aurait pas été le Mahatma s’il avait préféré une autre méthode. Notre jugement concernant ses lettres à Hitler doit être le même que notre jugement du gandhisme lui-même : soit les deux représentaient une alternative éthique élevée aux méthodes plus habituelles de la politique de puissance, soit les deux étaient erronés et ridicules."

Les points critiquables dans la désobéissance civile :

  • Cela ne veut être que de la communication : ce n'est que de la communication. La portée est cependant muselée par :
  1. Les médias qui choisiront ou non de relayer l'événement et avec le message qui n’ira pas nécessairement dans le sens que le voudraient les activistes.
  2. Les médias qui détruiront ou non l'image que l'on voudrait transmettre ou sinon, amoindriront ou ridiculiseront l'impact dudit acte de désobéissance civile.
  3. La société et les idées déjà présentes chez la population (aliénation mentale, sociale, économique) insérées par le tissu social, et surtout par l’influence notable des médias au profit des idéologies (économique et politique, non démocratique) qui les dépassent.
  • Certains disent que l'action de Gandhi a fonctionné parce qu'il avait une image importante dans la société, une image quasi religieuse dans la société indienne qui serait très mystique, croyante, religieuse (la religion est une forme d'idéologie). D'autres estiment que la société indienne n'est pas plus religieuse qu'une autre et que les leaders charismatiques sont plutôt liés au caractère paysan des sociétés. Les universitaires indiens issus des subaltern studies ont montré que les nationalistes étaient peu en lien avec la masse des gens, à l'exception de Gandhi qui communiquait sur les codes populaires et de ce fait était plus suivi que d'autres. C'est le génie stratégique de Gandhi qui aurait joué, plus que des explications "religieuses" qui obscurcissent la question plus qu'elle ne l'éclairent, tant ce terme peut se confondre avec le domaine du symbolique propre aux sociétés humaines
  • Gandhi prenant l'image sur l'action de Jésus, veut bien sûr être un sauveur et impose le totalitarisme de la paix : et ce qui induit l'interdiction de l'insoumission ou l'insurrection réelle et concrète
  • Sous couvert de vocation pacifiste, il y aurait une tendance à suppléer d'autres actions plus simples et non violentes pour atteindre l'objectif fixé, en excluant de facto ceux qui ne partagent pas les idées de désobéissance civile.
  • Ce qu'il faut dénoncer dans la vision de Gandhi, de la désobéissance civile, du pacifisme béat : il y a pourtant des cas où la désobéissance ne fonctionnerait pas, des cas où les tyrans ou des classes supérieures ne remettront pas en cause la politique, car ce n'est pas leur intérêt, leur intérêt est tout autre et c'est le leur. Il y a des cas où le système lui-même ne se laisserait pas démettre par des coups de bluff dans la communication pourtant tellement démocratique. Aucun changement de société n'a été fait sans un véritable acte : ce qui est diffèrent du "non-agir" de la désobéissance civile. Et peut-être qu'un autre changement de société est nécessaire ou sera nécessaire. Le mot français violence vient du mot latin « vis » qui désigne d’abord la force sans égard à la légitimité de son usage.
  • Est-ce que la désobéissance civile est l'acte de soumission à la propriété du capital et du libéralisme suprême ? En tout cas la désobéissance civile refuse de critiquer suffisamment la matérialité du monde et les injustices matérielles par là même qu'elle ne veut pas que l'on y agisse matériellement, on peut alors se demander si la désobéissance civile est toujours la meilleure action possible.
  • On peut également douter que la simple désobéissance civile à elle seule soit suffisante, sans d'autres applications dans la vie (un choix d'un autre mode de vie, comme des écovillages, des âshrams…). On peut se demander si ce n'est pas un autre exutoire inavouable de l'inaction et de la non-implication des peuples dans leurs sociétés qui sont en théorie démocratiques, mais qui finalement refusent d'être démocratiques, les peuples y compris par leurs inactions irresponsables et leur « Soumission librement consentie » dans une Doctrine des bonnes intentions.
  • Peut-être que la désobéissance civile fonctionnerait dans le meilleur des mondes ou dans une véritable société démocratique, une société sans classe sociale, cependant nous n'en sommes pas encore là. Tant qu'il y a des classes, il y a lutte des classes. Interdire aux classes inférieures de réagir aux violences et injustices qu'elles subissent, des violences structurelles et des violences mentales et des injustices matérielles, leur interdire d'agir, ce qui est parfois leur seul recours, peut être considéré comme un crime.
  • La résistance civile reste un simple outil de communication à prendre comme tel dans toute stratégie du peuple.

La formation du concept de désobéissance civile

De l'Antiquité à l'époque moderne

Une forme de désobéissance civile existait déjà dans le mythe d'Antigone, laquelle brave les lois de la cité pour donner à son frère une sépulture décente, et dans la Lysistrata d'Aristophane, où les femmes décident de se refuser à leurs maris tant qu'ils n'auront pas mis un terme à la guerre.

L'histoire romaine a conservé la mémoire de manifestations de femmes, en 195 avant J.-C., contre des restrictions vestimentaires, ainsi qu'en 42 avant J.-C. contre une taxe abusive, ce qui montre que déjà l'idée de résistance à une loi jugée inique était déjà présente.

De son côté, la religion chrétienne au Moyen Âge distinguait, sur la base de la théorie des deux épées formulée au ve siècle par le pape Gélase, la sphère civile et la sphère religieuse. Se référant à la norme de l'Évangile qui veut que l'on « donne à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu », l'Église a ensuite formulé de manière définitive le devoir d'obéissance en se fondant sur la doctrine paulinienne selon laquelle il n'y a d'autre pouvoir que celui qui vient de Dieu. Elle établit en outre que le bras armé de Dieu est plus puissant que celui des hommes, qu'ils soient rois ou empereurs, car ils sont ce qu'ils sont par la seule grâce de Dieu. Cependant Thomas d'Aquin dans la Somme théologique, ouvrira un début de brèche a l'obéissance aveugle à la loi en acceptant que l'on désobéisse à des lois injustes (plutôt définies comme des actes de violence que des lois) et pour autant que lesdites lois soient contraires au droit divin et que la désobéissance à la loi ne produise pas de maux supérieurs à son accomplissement.

Au xvie siècle des penseurs comme Étienne de La Boétie ou les monarchomaques théorisèrent le refus d'obéir au tyran.

Henry David Thoreau

Le mouvement d'« indépendance des colonies » vis-à-vis de l'absolutisme métropolitain a été à l'origine de l'apparition de nouveaux ordres juridiques. Ces nouveaux systèmes ont été précédés d'une désobéissance de fait qui constitue la base du droit à l'autodétermination des peuples.

Ce mouvement d'indépendance a permis la théorisation de la désobéissance civile qui fut mise en place par Henry David Thoreau dans son essai «Resistance to Civil Government » publié en 1849 à la suite de son refus de payer la part de l'impôt destinée à financer la guerre contre le Mexique en vue de l'annexion du Texas, fait pour lequel Thoreau fut contraint à passer une nuit en prison. Thoreau s'opposait également à la politique esclavagiste des États du Sud, au traitement injuste infligé à la population indigène américaine. Son éditeur refit publier l'ouvrage à titre posthume avec un nouveau nom « Civil Desobedience », inspiré par la correspondance de l'auteur où figurait effectivement le mot. Son ouvrage fut traduit par désobéissance civile bien qu'il aurait été sans doute plus fidèle de traduire le terme par désobéissance civique, cependant l'usage du terme désobéissance civile est devenu courant par la suite.

Thoreau prenait la défense des minorités, il écrivait qu'« un homme qui aurait raison contre ses concitoyens constitue déjà une majorité d'un » et, encourageant cet homme à l'action, il ajoutait qu'« une minorité n'a aucun pouvoir tant qu'elle s'accorde à la volonté de la majorité : dans ce cas, elle n'est même pas une minorité. Mais, lorsqu'elle s'oppose de toutes ses forces, on ne peut plus l'arrêter ». La désobéissance civile serait donc un outil contre la « dictature de la majorité » qui sévit en démocratie selon Tocqueville, un illustre contemporain de Thoreau.

Mohandas Gandhi

Article détaillé : Mohandas Karamchand Gandhi.
Mohandas Gandhi, 1942

Le xxe siècle fut marqué par deux grandes figures de la désobéissance civile, Mohandas Gandhi et Martin Luther King.

Ainsi le 11 septembre 1906, Gandhi réunit 3000 personnes au Théâtre Impérial de Johannesburg et obtient, comme dans une sorte de nouveau Serment du Jeu de paume de la Révolution française, de l'assemblée ainsi réunie, le serment de désobéissance. Cela lui vaudra en 1907 ses deux premiers séjours en prison. C'est au cours du deuxième qu'il va découvrir le traité de désobéissance civile de Henry David Thoreau. Par la suite, Gandhi développa l'idée de désobéissance civile à travers le concept de Satyagraha (littéralement la voie de la vérité), qui lui permit de mener sa lutte non violente contre l'apartheid en Afrique du Sud et de s'opposer à la politique coloniale du Royaume-Uni en Inde, puis pour l'indépendance de l'Inde. Le 17 mars 1930, Gandhi lance une « Marche du sel », vers les marais salants de Jabalpur, distants de 300 km. Le gouvernement britannique détient en effet le monopole du sel qui lui rapporte 15 millions de francs or par an, utilisés pour l'entretien des troupes coloniales. Arrivés sur place le 6 avril 1930, à 8 h 30 du matin, accompagnés de quelques milliers de sympathisants, il récolte du sel qui sera vendu aux enchères pour la somme de 425 roupies, un montant non négligeable pour l'époque. Les 50 000 marcheurs défient les autorités en récoltant du sel sur la plage, puis investissent les dépôts de sel du gouvernement colonial. Tout au long de la marche, Gandhi a diffusé une liste de règles religieuses du comportement non-violent qui sont scrupuleusement respectées. Les manifestants sont frappés ou arrêtés. Après plusieurs semaines, le gouvernement finalement cède.

Gandhi proposait les règles suivantes dans sa lutte non-violente :

  1. Un résistant civil ne doit pas avoir de colère.
  2. Il supportera la colère de l'opposant, ainsi que ses attaques sans répondre. Il ne se soumettra pas, par peur d'une punition, à un ordre émis par la colère.
  3. Si une personne d'autorité cherche à arrêter un résistant civil, il se soumettra volontairement à l'arrestation, et il ne résistera pas à la confiscation de ses biens.
  4. Si un résistant civil a sous sa responsabilité des biens appartenant à d'autres, il refusera de les remettre, même au péril de sa vie. Mais il ne répondra pas à la violence.

Après le nazisme : Nuremberg et la désobéissance obligatoire

Après la Seconde Guerre mondiale, lors du procès des anciens nazis à Nuremberg, la question : « jusqu'à quel point le principe de légalité doit prévaloir sur celui de justice ? », fut au cœur des débats. Les anciens nazis se dirent de simples exécutants obligés d'agir face à la rigueur militaire et à la sauvagerie nazie et de punir toute forme de dissidence. Cependant dans son ouvrage, « Des hommes ordinaires, le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne », Christopher Browning démontre que des hommes ordinaires, ni spécialement nazis, ni même obsessionnellement antisémites, ont agi avec un zèle meurtrier pour éradiquer les juifs de Pologne. L'historien relève un passage particulièrement intéressant : « après l'exposé de la mission qui était confiée au bataillon, à savoir l'exécution par les hommes du bataillon des femmes, enfants et vieillards juifs d'un hameau polonais comptant 1800 juifs, le commandant du bataillon écœuré par l'ordre qui lui avait été donné propose à ceux qui ne s'en sentent pas la force de ne pas participer à la mission ; seulement 12 hommes sur les 500 du bataillon refusèrent d'accomplir la mission ». Browning met au cœur de ces comportements criminels certains facteurs mis également en évidence par Milgram : le conformisme de groupe, la force du lien social, la division et l'organisation du « travail » et surtout la lente déshumanisation des juifs.

Par la suite, à Nuremberg, les juges ne se sont pas bornés à reconnaître le droit de la personne à désobéir aux normes iniques, ils ont aussi condamné ceux qui avaient obéi à ces normes, transformant ainsi le droit de désobéir à un ordre illégal ou inique en un devoir dont l'inaccomplissement mérite la punition correspondante.

Martin Luther King

Article détaillé : Martin Luther King.
Martin Luther King, 1964

La désobéissance civile fut par la suite adoptée par Martin Luther King, le leader du mouvement pour les droits civiques des noirs aux États-Unis. Il fut le meneur du boycott des bus de Montgomery (Alabama) en 1955, qui commence lorsque Rosa Parks refuse de céder sa place à une personne de couleur blanche. King est arrêté durant cette campagne, qui se termine par une décision de la Cour suprême des États-Unis déclarant illégale la ségrégation dans les autobus, restaurants, écoles, et autres lieux publics.

La désobéissance civile a aussi été utilisée par les militants pacifistes qui remettaient en cause l'esprit et les motifs de l'intervention militaire au Viêt Nam; ils organisaient notamment des sit-in qui paralysaient le centre des grandes villes.

César Chávez

Article détaillé : César Chávez.

César Chávez est un syndicaliste-paysan en Californie, il appelle à la grève et au boycott pour défendre les droits sociaux des paysans et journaliers de 1965 à 1975.

Aaron Swartz

Article détaillé : Aaron Swartz.

Aaron Swartz était un militant défendant l’accès libre à des informations protégées en les libérant sur Internet.

Différents cas et formes de désobéissance civile

Les formes matérielles des actions revendiquées de désobéissance civile sont très diverses. On peut distinguer en particulier celles essentiellement passives, celles plus offensives et, parmi celles-ci, celles comportant la destruction de biens matériels (arrachage de plants de maïs OGM par exemple). Ces dernières obéissent à des qualifications juridiques particulières (destruction en réunion dans le cas français).

Exemples en France

Arrachage de plants de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne) le 25 juillet 2004

La désobéissance civile a été plusieurs fois revendiquée en France.

Elle a été utilisée contre l'interdiction de l'avortement. Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur publie le Manifeste des 343 Salopes, qui contient une liste de 343 personnalités qui déclarent avoir avorté. Elles revendiquent, symboliquement ou non, avoir commis cet acte contraire à la loi et demandent sa légalisation. En 1972 lors du procès de Bobigny concernant une femme ayant avorté suite à un viol, Gisèle Halimi, avocate, plaide, en accord avec les accusés, la désobéissance légitime. L'accusée s'écrie devant le juge : ce n'est pas moi qui suit coupable, c'est la loi ! De nombreuses personnalités défendent la légitimité de l'avortement malgré son caractère illégal lors d'un procès très médiatisé. En 1973 331 médecin publient également dans le Nouvel Observateur une déclaration dans laquelle ils affirment avoir désobéi à la loi et pratiqué des avortements. En 1975, l'avortement est finalement autorisé. On voit nettement dans ces exemples le caractère civil ou civique de la désobéissance : revendiquer publiquement en justifiant la légitimité, au risque d'être condamné, réunir un grand nombre de personnes en misant sur la justesse de l'action, organiser une campagne d'opinion afin de favoriser un débat public, le tout pour promouvoir une modification de la loi afin que la légitimité coïncide avec la légalité démocratique.

Elle a été utilisée à plusieurs reprises par les paysans du Larzac dans leur lutte contre l'extension du camp militaire entre 1971 et 1981.

On peut citer également le mouvement des écrivains et auteurs contre le projet de la loi Debré, le « Manifeste desdélinquants de la solidarité » écrit le 27 mai 2003, en soutien à des militants arrêtés pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière, a déjà été signé par plus de 12 000 personnes et 300 organisations. Ce manifeste s'oppose ainsi à l'application de l'article 21 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 qui dispose que : « Toute personne qui (…) aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier, d'un étranger en France ou dans l'espace international précité sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 €. »

De même, les procès médiatisés de paysans du syndicat agricole français Confédération paysanne dont José Bové pour le démontage d'une fast food McDonald'sen construction à Millau ou l'arrachage de plants transgéniques (OGM) avec les Faucheurs volontaires ont suscité une amorce de débat sur la légitimité de ce type de pratiques, passant par la destruction de biens matériels.

De nombreuses associations pratiquent des actions de désobéissance comme moyen ponctuel ou permanent : ainsi des associations comme Greenpeace luttent contre les transports de déchets nucléaires ; les militants s'enchaînant sur les voies ferrées, d'autres comme l'association Droit au logement occupent de façon illégale des logements vides pour alerter l'opinion et modifier la politique du gouvernement en matière de logement. À ce propos il convient de préciser que la désobéissance civile chez Greenpeace est toujours non violente, c'est pourquoi elle refuse la dégradation matérielle (qui est considérée comme une forme de violence). Ainsi il ne peut y avoir de fauchage volontaire ou de dégradation d'un fast-food chez Greenpeace. Lors des campagnes contre la pèche à la baleine ou au thon il y a interposition physique, au risque d'être blessé, mais jamais dégradation d'un bateau adverse, contrairement à l'action de Sea Sheperd, créé par un ancien de Greenpeace, qui a quitté l'association justement parce qu'il voulait s'attaquer aux navires des pécheurs.

À l'Éducation Nationale, un mouvement de professeurs qui refusent d'être inspectés ("désobéisseurs") pose la question des nouvelles formes de la désobéissance civile.

Cependant la plupart de ces associations ne veulent pas être considérées comme des désobéissants civils par peur d'être accusées lors d'un procès (ce qui serait néfaste à leur image) et le risque de se voir dissoute comme une vulgaire association de malfaiteurs n'est pas négligeable. La désobéissance est donc une arme efficace mais à manier quand on est vraiment sûr de son fait, car dangereuse pour ceux qui l'utilisent et la revendiquent.

Actions au niveau mondial

Les actions de résistance pacifique du mouvement altermondialiste lors de ses « contre-sommets », ou des ateliers de formation à la désobéissance civile sont suivis par les militants de cette mouvance (afin d'apprendre des techniques illégales non-violentes et les attitudes à tenir en cas d'arrestation) démontre que la désobéissance civile est une « arme » à part entière d'une partie des altermondialistes.

Les anarchistes prônent la désobéissance civile comme moyen d'échapper à l'État, sous la forme de squats politiques, appropriations, actions…

La désobéissance civique

Une des premières utilisations du terme de désobéissance civique a lieu le 19 décembre 1996 avec la publication de l'« Appel à la désobéissance civique » de plusieurs personnalités du cinéma, en refus des lois Debré et de leurs dispositions relatives à l'immigration. Le texte contient ces mots : « Nous appelons nos concitoyens à désobéir et à ne pas se soumettre à des lois inhumaines ».

Dans le livre Pour la désobéissance civiqueJosé Bové et Gilles Luneau préfèrent ce terme à la traduction phonétique de l'anglais "désobéissance civile". Ils définissent six critères à réunir conjointement pour caractériser ainsi un acte:

  1. c'est un acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires
  2. c'est un acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l'intérêt général, non par profit personnel
  3. c'est un acte de résistance collective : on mobilise dans l'optique d'un projet collectif plus large
  4. c'est un acte non violent : on a pour but de convertir à la fois l'opinion et l'adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée ; toute attaque aux biens ne peut avoir qu'une dimension symbolique
  5. c'est un acte transparent : on agit à visage découvert
  6. c'est un acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales

Jean-Marie Muller, professeur de philosophie, théoricien de la non-violence, auteur du livre De la désobéissance civile, critique l'utilisation du terme « civique ». Il réagit à un dossier de Évelyne Sire-Marin dans la revue Politis consacré au centenaire de la « désobéissance civique » (no 916), et dénonce la définition de la désobéissance civile donnée par Évelyne Sire-Marin. Selon lui, cette définition est « en totale contradiction avec toutes les actions menées depuis un siècle et ayant eu recours à cette appellation ». Civil vient du latin civilis, dans le sens opposé à criminalis. Selon Jean-Marie Muller, la désobéissance est « civile » en ce sens qu’elle n’est pas « criminelle », c’est-à-dire qu’elle respecte les principes, les règles et les exigences de la « civilité ».

La résistance fiscale

Article détaillé : résistance fiscale.

La résistance fiscale est un acte politique consistant à refuser de participer à la fiscalité de son pays au nom de valeurs morales.

Divers groupes travaillent à légaliser une forme d'objection de conscience à l'impôt militaire qui permettrait aux objecteurs de conscience de désigner leurs impôts pour n'être dépensés que sur les postes non militaires du budget.

Les artistes dans la résistance civile

Nombre d'intellectuels et d'artistes ont participé à la résistance civile sous diverses formes, ainsi que les y incitait Noam Chomsky dans son discours de 1966. Aux États-Unis, Joan Baez a soutenu les mouvements pour les droits de noirs, les Black Panthers, et les mouvements anti guerre du Viêt Nam, tout comme Bread and Puppet TheatreKeny Arkana a composé et interprété une chanson intitulée : Désobéissance civile.

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10 mars 2015

j'aime pas "les geeks modernes".......

La revanche des Geeks

 

j'aime pas les geeks!!! enfin ceux qui actuellement se disent geeks, je sais je fait mon reac, mon vieux con, mais bon ont se refait pas, trop tard.........

ca m'enerve profondement en surfant sur le web de voir ou de lire que tant de kikkoolol se disent geeks, que c'est devenus quasi branchouille de "geeker", terme devenus un verbe pour de simple gamers, je n'ai rien contre les gamers je joue aussi, mais je me sent flouer de toutes mes frustrations de jeunesse, un peu comme un vol de mes douleurs......je m'explique, je suis un geek des années 80, qui passait plus de temps dans les bouquins et les bd qu'avec ses "amis" a jouer a quelques jeux de ballons sans interets, qui a decouvert avec emerveillement les premiers jeux de roles et a ouvert grand ses innocents yeux sur son premier "dés 12", qui se refugiais dans le dessin pour allimenter son imaginaire que quasi personne ne comprenait, qui revait d'espace et autres univers, mais surtout qui devais endurer les moqueries sur les binoclards, les railleries des pseudos "beaux gosses" de la cour ou des sportifs, qui si tu n'etait pas comme eux, te transformais forcement une proie facile cqfd......

j'aime voir mes hobbies devenir populaires, j'ai envie de partager mes amours pour les livres, le jeux, la sf exct......mais je devient mechant lorsque du haut de leur jeune age certains prepuberes me donne des lecons sur "ma" culture geek!!!, ont ils vu les premiers star wars aux ciné en prenant la claque de leur vie? cela a t'il changer leurs visions du monde, de leurs avenirs, cela a t'il orienter leurs facons de penser?, sous couvert de detenir un certain savoir encyclopedique sur des choses qu'ils ont decouverts que tres recemment, ils se permettent de s'approprier une culture qui pourrais devenir la leur mais qu'ils ne respecte pas.....

ils n'ont pas souffert avec cette culture, et quelque part c'est tant mieux pour eux, nous avions macher le travail et pris les baffes a leurs places,

mais en etant volontairement reac, la ou je voyais de l'avenir je vois maintenant une impasse, la ou je voyais des gens ouvert a l'autre parcqu'ils etaient aussi different qu'eux, je vois des mysogines un peu sectaire qui se replient sur eux memes et leurs "grande" comunauté, la ou il y avait de l'amusement je vois de la competition, et la ou je voyais du reve je vois maintenant une enorme machine a faire du fric......

etre geeks n'est pas vraiment un choix, notre imaginaire et nos gouts differents, nous y ont conduit, mais comme toutes subcultures elle a finie par etre recupérée, institutionalisée, et surtout rentabilisée......

non il ne suffit pas de jouer pour etre un geek, il ne suffit pas d'avoir un smartphone ou un pc pour se croire geek, il ne suffit pas de lire quelques bd ou quelques romans pour rever geek, il ne suffit pas de collectionner quelques figurines ou dvd pour se donner un titre ou avoir l'impression d'appartenir a quelquechose.......

tous les geeks des origines ont connus les memes choses, la solitude, la deprime, l'impression de na pas etre a la bonne place ou a la bonne epoque, et ce sentiment de n'etre jamais compris, et jamais vraiment accepter.......

tant mieux si les generations futur de "geeks" n'ont pas a vivre cela beaucoup ont oeuvrer dans ce sens, la plupart du temps sans vraiment s'en rendre compte.......mais par pitié reviser vos classiques et surtout, memes si vous ne voulez pas faire preuve de respect, (ce que l'on ne demande d'ailleurs pas!!), faites preuves d'un peu de reconnaissance ou simplement d'ouverture d'esprit, c'est ca l'ame du geek, la culture du reve et de l'imaginaire......

ou alors peut etre faudra il faire table raze.....

 

 

La culture geek doit-elle mourir ?

Par  le 25/11/14

Pete Warden (@petewarden) est un nerd, c’est-à-dire une espère de geek en encore plus asocial… Ingénieur de formation, directeur technique de Jetpac, une société récemment rachetée par Google, c’est aussi un développeur fou qui a notamment lancé le Data Science Toolkit ou Open Heat Map. Il a rencontré sa première petite amie dans un MUD, un jeu de rôle multi-utilisateur, et a fait 7000 km en avion pour la voir en vrai. Il a programmé des jeux vidéo, a travaillé dans de nombreuses startups et de grandes sociétés de l’internet, et il joue toujours à Donjons et Dragons… “S’il y a bien quelqu’un qui peut se réclamer comme Nerd, c’est bien moi !”, confie-t-il dans un billet sur son blog intitulé “Pourquoi la culture nerd doit mourir”.

Quand il était adolescent et étudiant, la culture geek était naissante. La plupart des gens ne comprenaient pas ce qui l’intéressait… Peu à peu, il a rencontré des gens qui partageaient le même intérêt que lui pour la Science-fiction, la BD, les jeux et les ordinateurs. “La culture nerd nous a rassemblé”, mais elle était difficile à trouver et n’était pas devenue la culture dominante.

Mais durant cette dernière décennie, tout a changé. L’adaptation des comics est devenue le filon le plus rentable d’Hollywood. Le Seigneur des anneaux et Games of Thrones ne sont plus partagés par quelques Happy Few. La culture geek est devenue mainstream. Les nerds sont devenus plus importants. Ils ont de l’argent, du pouvoir, un statut. Ils sont à la tête des plus grandes et des plus dynamiques entreprises du monde. Et la culture dominante ne se moque plus de nous, mais nous respecte. Travailler dans le jeu vidéo est devenu sexy. “Nous avons gagné !”

“Et c’est là que réside le problème. Nous nous comportons toujours comme les rebelles de l’Alliance, alors que nous sommes devenus l’Empire. Nous en sommes arrivés là en ignorant les outsiders et en croyant en nous-mêmes alors que personne d’autre ne le faisait. Cette décennie a montré que nous avions raison et que les critiques avaient tort, et c’est ainsi que notre habitude de ne pas écouter les autres s’est profondément ancrée en nous.” C’est même devenu un rituel pour attaquer ceux qui ne nous comprennent pas, insiste Pete Warden. Mais ce réflexe est désormais un problème maintenant que les nerds exercent un pouvoir réel. “Le Gamergate m’a fait honte d’être un joueur”, confie-t-il en évoquant les polémiques de l’été 2014 autour du harcèlement et de la misogynie à l’encontre d’une développeuse de jeu vidéo.

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Image : No ! Geek is not sexy anymore !

Longtemps les nerds ont été ignorés par la culture dominante. Aujourd’hui, ils sont en passe de devenir la culture dominante. Aujourd’hui qu’ils ont un statut, du pouvoir, les représentants de la culture dominante “sont heureux de nous traiter comme des copains plutôt que comme des victimes”. Et Pete Warden de reconnaître qu’il a lui-même beaucoup d’amis dans les entreprises du capital-risque de la Valley, et que beaucoup de ses partenaires viennent désormais du monde des affaires et de la finance, quand les nerds d’aujourd’hui sortent des plus riches MBA d’Amérique…

Mais la culture nerd a une vertu, son scepticisme. Elle apprécie les preuves, vérifie les faits, et permet de réparer ce qui ne marche pas. Pourtant, si elle sait l’appliquer aux autres, elle peine à se l’appliquer à elle-même, rappelle Warden. Les statistiques montrent combien cette industrie est déséquilibrée dans son rapport de classede diversité, de genre… Et combien ce déséquilibre ne cesse de s’aggraver. Les nerds se comportent comme des connards et notre tolérance envers notre propre comportement ne cesse de l’aggraver, tranche Pete Warden. “Quand je regarde autour de moi, je vois que cette culture que nous avons bâtie comme une révolution libératrice est en passe de devenir un opérateur répressif. Nous avons construit des dispositifs magiques, mais nous ne nous soucions pas assez de protéger les gens ordinaires du préjudice qu’ils subissent à les utiliser. (…) Nous ne nous soucions pas des gens qui perdent lorsque nous perturbons le monde, seulement des gagnants, ceux qui ont tendance à beaucoup nous ressembler. (…) Notre sens profond de la victimisation est devenu une justification perverse pour l’intimidation”.

La culture geek a réalisé de belles choses. Mais elle est devenue une telle horreur si bien codée, tellement criblée de problèmes, que la seule décision rationnelle est de l’abandonner pour construire quelque chose de mieux. Et Pete Warden de chercher à s’inspirer du mouvement Maker, qu’il décrit comme bien plus inclusif (ce qui reste à démontrer). “Notre tolérance aux comportements des trous de cul doit prendre fin, mais c’est tellement partie intégrante de la culture nerd, que l’envoyer bouler est la seule façon de s’en débarrasser”.

Dans un billet assez personnel, le spécialiste d’histoire visuelle, André Gunthert (@gunthert), revient sur la polémique de la chemise sexiste d’un des physiciens de la mission Rosetta. Il souligne que le sexisme et la misogynie des références culturelles de la culture geek est un aveuglement.

“L’aveuglement est un terrible aveu de défaite. Je ne me résous pas encore à abandonner ce qui a très largement participé à construire mon identité d’adulte. Mais déjà le cœur n’y est plus. Je ne peux plus être fier de ma culture, que je croyais avancée – la culture geek, c’était l’alternative à la culture distinguée, l’amour des formes populaires, de la technologie, de la science et de la modernité. Elle m’apparaît maintenant comme un moment de l’histoire, et plus comme mon environnement naturel. La mutation est engagée, et la chemise de Matt Taylor est un clou du cercueil. Non, ce n’était pas un détail. Juste le refus de voir le sexisme d’une image.”

Quand les outils de la culture geek se retournent contre les femmescontre les plus démunis,contre les minoritéscontre l’égalité et finalement contre la démocratie, il est effectivement temps de se dire que cette culture n’est pas la nôtre, aussi drôle, rebelle, impertinente, alternative qu’on ait pu la trouver.

Hubert Guillaud

 

 

en plus de la video du debut que j'adore!! le lien vers le billet complet de pete warden

http://petewarden.com/2014/10/05/why-nerd-culture-must-die/

 

3 décembre 2014

désobéissance civile......

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La désobéissance civile est le refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent, tout en faisant de ce refus une arme de combat pacifique. Le terme fut créé par l'américain Henry David Thoreau dans son essai La Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique. Si la désobéissance civile est une forme de révolte ou de résistance, elle se distingue pourtant de la révolte au sens classique. La révolte classique oppose la violence à la violence. La désobéissance civile est plus subtile : elle refuse d'être complice d'un pouvoir illégitime et de nourrir ce pouvoir par sa propre coopération. Le principe même du pouvoir politique pourrait rendre possible l'efficacité de cette action.

L'idée de la résistance à une loi injuste a existé bien avant le xixe siècle. On peut la faire remonter à la jus resistendi (« droit de résistance ») du droit romain et on peut dire que La Boétie, dès le xvie siècle, a démontré l'efficacité du procédé. Il montre dans le Discours de la servitude volontaire que le pouvoir d'un État repose entièrement sur la coopération de la population. Ainsi, dès l'instant où la population refuse d'obéir, l'État n'a plus de pouvoir. Un peuple peut donc résister sans violence par la désobéissance et provoquer l'effondrement d'un État illégitime, car, disait-il, le pouvoir le plus féroce tire toute sa puissance de son peuple. Encore faut-il une prise de conscience générale et le courage des premiers militants pour que ce principe puisse être efficace. C'est principalement Gandhi en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, Mandela en Afrique du Sud, les Grands-Mères de la Place de Mai en Argentine et la contestation du pouvoir soviétique dans les années 1980 qui en ont montré l'efficacité.

Le principe est utilisé aujourd'hui au sein des démocraties pour lutter contre certaines lois lorsque les militants estiment que la légalité — qui dépend de la majorité et / ou d'une certaine inertie — ne parviendra pas à modifier ces lois. La désobéissance est illégale par définition, mais est en principe non violente. Cependant certaines actions en France ont revendiqué la dégradation de biens privés (par exemple les faucheurs volontaires). Certains ne voient dans ces actions que la dégradation de biens ou la résistance d'individus ou de groupes isolés, d'autres y voient un acte salutaire de désobéissance civile visant à faire modifier la politique des autorités.

 

 

Définition de la désobéissance civile

Il n'y a pas d'unanimité sur la définition de la désobéissance civile. John Rawls et Jürgen Habermas ont chacun une définition de la désobéissance civile.

Selon Rawls : « La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s'adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres libres et égaux ne sont pas actuellement respectés.»

Pour Habermas : « La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d'avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. »

Six éléments sont donc caractéristiques d'un acte de désobéissance civile.

Une infraction consciente et intentionnelle

L'acte de désobéissance doit être une infraction consciente et intentionnelle, et il doit ainsi violer une règle de droit positif. Si l'infraction porte sur la norme contestée directement, on parle de désobéissance directe ; ce fut, par exemple, le cas des campagnes de désobéissance civile lancées par Martin Luther King qui visaient à faire occuper par les noirs les espaces légalement réservés aux blancs. Mais la norme violée peut ne pas être celle contestée, on parle alors de désobéissance civile indirecte, c'est le cas par exemple des sit-in, qui ne visent pas à contester le code de la route.

Bien qu'il ne soit pas possible de constater l'existence d'une infraction a priori (c'est le juge qui détermine l'existence d'une infraction), on considère qu'un acte est constitutif d'un acte de désobéissance civile lorsque ses auteurs prennent le risque de commettre un acte qui est, aux yeux de l'opinion publique et à ceux des autorités, généralement tenu comme une infraction.

Touchant cette question, il est intéressant de rappeler l'expérience réalisée par Stanley Milgram où le sujet de l'expérience consiste à mesurer la proportion des individus capables de démarrer un tel acte de désobéissance malgré la pression sociale ou administrative.

Un acte public

L'acte de désobéissance se traduit par une attitude publique, ce qui le différencie de la désobéissance criminelle — cette dernière, ne prospérant que dans la clandestinité (parfois, avec une revendication).

Dans la désobéissance civile, la publicité vise à écarter tout soupçon sur "la moralité de l'acte", à lui conférer, en outre, une valeur symbolique ainsi que la plus grande audience possible afin que l'acte ait le plus grand retentissement pour modifier le "sentiment" ou "la conviction" de l'opinion publique. L'acte vise ainsi la plus grande médiatisation possible et peut rentrer dans une stratégie de provocation et d'agitprop.

Certains auteurs vont au-delà. Fidèle à la ligne de Gandhi, ils voient dans la publicité une exigence qui veut que l'on communique à l'avance aux autorités compétentes les actions futures de désobéissance.

Un mouvement à vocation collective

L'acte de désobéissance s'inscrit par principe dans un mouvement collectif. Elle est l'acte d'un groupe qui se présente comme une minorité agissante, et se traduit par l'action concertée de celle-ci, ainsi Hannah Arendt relève que « loin de procéder de la philosophie subjective de quelques individus excentriques la désobéissance civile résulte de la coopération délibérée des membres du groupe tirant précisément leur force de leur capacité d'œuvrer en commun. » La désobéissance est donc par nature une action collective. Cependant, rien n'empêche que le sursaut moral d'un individu ne finisse par mobiliser un courant plus large qui pourra alors être qualifié de désobéissance civile.

Une action pacifique

Le désobéissant use généralement de moyens pacifiques. La désobéissance civile vise à appeler aux débats publics et, pour ce faire, elle en appelle à "la conscience endormie" de la majorité plutôt qu'à l'action violente. C'est un des traits qui la distingue de la révolution, qui pour arriver à ses fins peut, potentiellement, en appeler à la force. En outre l'opposition à la loi qui est inhérente à la désobéissance civile se fait dans une paradoxale fidélité à une loi considérée supérieure, il n'y a donc pas de violence dans l'esprit de la désobéissance civile. Celle-ci étant plutôt le fait de l'État, le seul qui dispose d'une « violence légitime » selon Max Weber, cette violence pouvant être physique mais aussi "symbolique" c'est-à-dire psychique, voire souvent économique.

Un but : la modification de la règle

Selon ses promoteurs, la désobéissance civile poursuit des fins novatrices. Elle vise "l'abrogation" ou tout au moins la modification de la norme contestée.

Des principes supérieurs

La désobéissance civile fait appel à des « principes supérieurs » à l'acte contesté. C'est sans doute le trait le plus important de la désobéissance civile puisque c'est lui qui lui donne "une certaine légitimité". Ces principes considérés supérieurs peuvent être religieux : ainsi, des membres du clergé ont souvent été des participants ou des dirigeants dans des actions de désobéissance civile. Aux États-Unis par exemple, les frères Berrigan sont des prêtres qui ont été arrêtés des douzaines de fois pour des actes de désobéissance civile dans des protestations antiguerre.

Les principes supérieurs invoqués peuvent également être "constitutionnels" ou "supra constitutionnels". Ainsi des écrivains et cinéastes français, dans leur texte appelant à la désobéissance civile en 1997 contre un projet de loi de Jean-Louis Debré, qui obligeait notamment toute personne hébergeant un étranger en visite privée en France à déclarer à la mairie son départ, faisaient référence aux libertés publiques et au respect de la personne humaine. En faisant cet appel, les désobéissants révèlent qu'il existe selon eux une possibilité d'être entendu par les gouvernants. Ce fut d'ailleurs le cas contre ce projet de loi Debré, car, à la suite du débat qui eut lieu, et devant la mobilisation de l'opinion publique, le gouvernement de l'époque n'eut d'autre choix que de renoncer au projet.

Selon ses promoteurs, la désobéissance civile, loin donc d'affaiblir les institutions, pourrait au contraire les renforcer en provoquant une compréhension plus claire de leurs idéaux fondateurs et en faisant participer davantage l'opinion publique au processus normatif.

La légitimité de la désobéissance civile : le cas français

En France, Les Désobéissants proposent des ateliers et formations autour de la non-violence et de la Désobéissance civile, à destination des citoyens et militants souhaitant œuvrer pour le progrès social, les droits de l'homme, l'écologie, etc.

C'est en la rapportant à la "sphère juridique" et non seulement à "sa dimension morale", pourtant généralement bien acceptée, que la justification de la désobéissance civile présente le plus d'intérêt. Mais c'est aussi là qu'elle est la plus controversée. Y a-t-il un droit à la désobéissance civile ?

La désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques, garantie exercée par les gouvernés eux-mêmes. Elle n'est pas explicitement reconnue juridiquement dans la hiérarchie des normes françaises. Toutefois l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyendispose que :

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »

La constitution « montagnarde » de 1793 ira même jusqu'à mettre en place dans ses articles 33, 34 et 35 un véritable droit à l'insurrection : Article 35

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »


Le Préambule de la Constitution de 1958 est très court mais celui-ci renvoie à deux textes fondamentaux dans notre histoire juridique : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946.

La valeur de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 fut pendant longtemps discutée, s'agit-il d'une simple déclaration d'intention ou d'une norme du droit positif ? Les deux thèses s'affrontaient au sujet de la valeur juridique de ce préambule et des textes auxquels il renvoie. L'une soutenait qu'elle ne pouvait être que "morale et philosophique" (un guide facultatif pour l'État), tandis que l'autre défendait son caractère normatif et juridique (une obligation de valeur constitutionnelle).

Le Conseil constitutionnel français trancha la question dans sa décision du 16 juillet 1971, relative à la liberté d'association : il s'agit bien d'un texte normatif de la plus haute valeur. Par la suite dans la décision du Conseil constitutionnel du 27 décembre 1974 relative à la loi de finances pour 1974, le Conseil constitutionnel s'est référé pour la première fois à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Puis par une décision du 16 janvier 1982 sur la loi de nationalisation, le Conseil constitutionnel a indirectement reconnu une valeur constitutionnelle à la résistance à l'oppression : en effet il a réaffirmé la valeur constitutionnelle du droit de propriété en soulignant que la Déclaration de 1789 l'avait « mis au même rang que la liberté, la sûreté et la résistance à l'oppression ».

Il faut ici se demander quels sont les liens entre la résistance à l'oppression et la désobéissance civile. La résistance à l'oppression va très loin, le texte cité en fait un droit, mais aussi « le plus sacré des devoirs », ce qui implique qu'il ne s'agit pas seulement d'un moyen d'action mais d'un but en soi, et que celui qui l'invoque doit agir "immédiatement et très fort". Cela excède la désobéissance civile, qui reste un mode d'action parmi d'autres, comme la manifestation, le recours au "procès exemplaire", la lutte armée, etc.

Cependant l'affirmation de ce droit reste quelque peu théorique et n'est pas directement utilisée par les magistrats lors de jugement de personne ayant commis un acte de désobéissance. Une autre norme du droit français interprétée a contrario (article 433-6 du code pénal) accorde une certaine protection aux personnes faisant des actes de rébellion à l'égard de fonctionnaires publics qui agiraient sans titre (par exemple dans le cas d'une perquisition sans autorisation du Juge des Libertés et de la Détention). D'autre part, lorsqu'un fonctionnaire reçoit un ordre manifestement illégal, il lui appartient d'y opposer un refus d'obéissance (article122-4 du code pénal).

La résistance à l'oppression se situe donc entre l'affirmation d'un droit de résistance à l'oppression quelque peu théorique et la reconnaissance d'un droit à la désobéissance très limité. La question de la légalité de la désobéissance civile n'est donc pas clairement affirmée, celle-ci est, en principe, illégale mais ce principe n'empêche pas certaines manifestations de "tolérance administrative" ou de "clémence judiciaire" (le juge dispose de nombreux moyens de droit pour acquitter le prévenu ou modérer la peine : état de nécessité, légitime défense, erreur de droit, circonstances atténuantes, interprétation restrictive de la règle de droit, etc.)

Le problème de la légalité de la désobéissance civile vient du fait que malgré une transgression volontaire de la règle de droit, celle-ci s'effectue paradoxalement dans une fidélité au reste du dispositif légal (y compris, par exemple, à la sanction prévue par la loi contestée), ainsi qu'à une "loi supérieure". La désobéissance civile peut donc s'analyser comme un « délit politique » et dès lors, le désobéissant civil bénéficiera du régime de protection qui peut être mis en place pour ce type de délit.

Certains proposent aujourd'hui de constitutionnaliser un "droit à la désobéissance civile". Puisque la Constitution française intègre les procédures d’exception dans son article 16, elle pourrait aussi admettre un droit à désobéir aux lois jugées injustes. Le droit à la désobéissance civile serait alors l’équivalent par en bas (c’est-à-dire pour le citoyen) de ce qu’est l’état d’exception par en haut (c’est-à-dire pour le président de la République).

La critique à l'encontre de la désobéissance civile

Conclusion de "Les lettres du Mahatma Gandhi à Adolf Hitler" par Dr Koenraad Elst : "Il n’est pas certain que cela aurait marché, mais le gandhisme n’est pas synonyme d’efficacité. Les méthodes de Gandhi réussirent à dissuader les Britanniques de s’accrocher à l’Inde, pas à dissuader la Ligue Musulmane de partitionner l’Inde. Sous cet angle, c’est simplement une question sans réponse, une expérience non-tentée, de savoir si l’approche gandhienne aurait pu réussir à empêcher la Seconde Guerre mondiale. Par contre, il ne peut pas y avoir deux opinions quant à savoir si cette approche de la dissuasion non-violente aurait été gandhienne. Le Mahatma n’aurait pas été le Mahatma s’il avait préféré une autre méthode. Notre jugement concernant ses lettres à Hitler doit être le même que notre jugement du gandhisme lui-même : soit les deux représentaient une alternative éthique élevée aux méthodes plus habituelles de la politique de puissance, soit les deux étaient erronés et ridicules."

Les points critiquables dans la désobéissance civile :

  • Cela ne veut être que de la communication : ce n'est que de la communication. La portée est cependant muselée par :
  1. Les médias qui choisiront ou non de relayer l'événement et avec le message qui n’ira pas nécessairement dans le sens que le voudraient les activistes.
  2. Les médias qui détruiront ou non l'image que l'on voudrait transmettre ou sinon, amoindriront ou ridiculiseront l'impact dudit acte de désobéissance civile.
  3. La société et les idées déjà présentes chez la population (aliénation mentale, sociale, économique) insérées par le tissu social, et surtout par l’influence notable des médias au profit des idéologies (économique et politique, non démocratique) qui les dépassent.
  • Certains disent que l'action de Gandhi a fonctionné parce qu'il avait une image importante dans la société, une image quasi religieuse dans la société indienne qui serait très mystique, croyante, religieuse (la religion est une forme d'idéologie). D'autres estiment que la société indienne n'est pas plus religieuse qu'une autre et que les leaders charismatiques sont plutôt liés au caractère paysan des sociétés. Les universitaires indiens issus des subaltern studies ont montré que les nationalistes étaient peu en lien avec la masse des gens, à l'exception de Gandhi qui communiquait sur les codes populaires et de ce fait était plus suivi que d'autres. C'est le génie stratégique de Gandhi qui aurait joué, plus que des explications "religieuses" qui obscurcissent la question plus qu'elle ne l'éclairent, tant ce terme peut se confondre avec le domaine du symbolique propre aux sociétés humaines
  • Gandhi prenant l'image sur l'action de Jésus, veut bien sûr être un sauveur et impose le totalitarisme de la paix : et ce qui induit l'interdiction de l'insoumission ou l'insurrection réelle et concrète
  • Sous couvert de vocation pacifiste, il y aurait une tendance à suppléer d'autres actions plus simples et non violentes pour atteindre l'objectif fixé, en excluant de facto ceux qui ne partagent pas les idées de désobéissance civile.
  • Ce qu'il faut dénoncer dans la vision de Gandhi, de la désobéissance civile, du pacifisme béat : il y a pourtant des cas où la désobéissance ne fonctionnerait pas, des cas où les tyrans ou des classes supérieures ne remettront pas en cause la politique, car ce n'est pas leur intérêt, leur intérêt est tout autre et c'est le leur. Il y a des cas où le système lui-même ne se laisserait pas démettre par des coups de bluff dans la communication pourtant tellement démocratique. Aucun changement de société n'a été fait sans un véritable acte : ce qui est diffèrent du "non-agir" de la désobéissance civile. Et peut-être qu'un autre changement de société est nécessaire ou sera nécessaire. Le mot français violence vient du mot latin « vis » qui désigne d’abord la force sans égard à la légitimité de son usage.
  • Est-ce que la désobéissance civile est l'acte de soumission à la propriété du capital et du libéralisme suprême ? En tout cas la désobéissance civile refuse de critiquer suffisamment la matérialité du monde et les injustices matérielles par là même qu'elle ne veut pas que l'on y agisse matériellement, on peut alors se demander si la désobéissance civile est toujours la meilleure action possible.
  • On peut également douter que la simple désobéissance civile à elle seule soit suffisante, sans d'autres applications dans la vie (un choix d'un autre mode de vie, comme des écovillages, des âshrams…). On peut se demander si ce n'est pas un autre exutoire inavouable de l'inaction et de la non-implication des peuples dans leurs sociétés qui sont en théorie démocratiques, mais qui finalement refusent d'être démocratiques, les peuples y compris par leurs inactions irresponsables et leur « Soumission librement consentie » dans une Doctrine des bonnes intentions.
  • Peut-être que la désobéissance civile fonctionnerait dans le meilleur des mondes ou dans une véritable société démocratique, une société sans classe sociale, cependant nous n'en sommes pas encore là. Tant qu'il y a des classes, il y a lutte des classes. Interdire aux classes inférieures de réagir aux violences et injustices qu'elles subissent, des violences structurelles et des violences mentales et des injustices matérielles, leur interdire d'agir, ce qui est parfois leur seul recours, peut être considéré comme un crime.
  • La résistance civile reste un simple outil de communication à prendre comme tel dans toute stratégie du peuple.

La formation du concept de désobéissance civile

De l'Antiquité à l'époque moderne

Une forme de désobéissance civile existait déjà dans le mythe d'Antigone, laquelle brave les lois de la cité pour donner à son frère une sépulture décente, et dans la Lysistrata d'Aristophane, où les femmes décident de se refuser à leurs maris tant qu'ils n'auront pas mis un terme à la guerre.

L'histoire romaine a conservé la mémoire de manifestations de femmes, en 195 avant J.-C., contre des restrictions vestimentaires, ainsi qu'en 42 avant J.-C. contre une taxe abusive, ce qui montre que déjà l'idée de résistance à une loi jugée inique était déjà présente.

De son côté, la religion chrétienne au Moyen Âge distinguait, sur la base de la théorie des deux épées formulée au ve siècle par le pape Gélase, la sphère civile et la sphère religieuse. Se référant à la norme de l'Évangile qui veut que l'on « donne à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu », l'Église a ensuite formulé de manière définitive le devoir d'obéissance en se fondant sur la doctrine paulinienne selon laquelle il n'y a d'autre pouvoir que celui qui vient de Dieu. Elle établit en outre que le bras armé de Dieu est plus puissant que celui des hommes, qu'ils soient rois ou empereurs, car ils sont ce qu'ils sont par la seule grâce de Dieu. Cependant Thomas d'Aquin dans la Somme théologique, ouvrira un début de brèche à l'obéissance aveugle à la loi en acceptant que l'on désobéisse à des lois injustes (plutôt définies comme des actes de violence que des lois) et pour autant que lesdites lois soient contraires au droit divin et que la désobéissance à la loi ne produise pas de maux supérieurs à son accomplissement.

Au xvie siècle des penseurs comme Étienne de La Boétie ou les monarchomaques théorisèrent le refus d'obéir au tyran.

Henry David Thoreau

Article détaillé : Henry David Thoreau.
Henry David Thoreau, 1856

Le mouvement d'« indépendance des colonies » vis-à-vis de l'absolutisme métropolitain a été à l'origine de l'apparition de nouveaux ordres juridiques. Ces nouveaux systèmes ont été précédés d'une désobéissance de fait qui constitue la base du droit à l'autodétermination des peuples.

Ce mouvement d'indépendance a permis la théorisation de la désobéissance civile qui fut mise en place par Henry David Thoreau dans son essai «Resistance to Civil Government » publié en 1849 à la suite de son refus de payer la part de l'impôt destinée à financer la guerre contre le Mexique en vue de l'annexion du Texas, fait pour lequel Thoreau fut contraint à passer une nuit en prison. Thoreau s'opposait également à la politique esclavagiste des États du Sud, au traitement injuste infligé à la population indigène américaine. Son éditeur refit publier l'ouvrage à titre posthume avec un nouveau nom « Civil Desobedience », inspiré par la correspondance de l'auteur où figurait effectivement le mot. Son ouvrage fut traduit par désobéissance civile bien qu'il aurait été sans doute plus fidèle de traduire le terme par désobéissance civique, cependant l'usage du terme désobéissance civile est devenu courant par la suite.

Thoreau prenait la défense des minorités, il écrivait qu'« un homme qui aurait raison contre ses concitoyens constitue déjà une majorité d'un » et, encourageant cet homme à l'action, il ajoutait qu'« une minorité n'a aucun pouvoir tant qu'elle s'accorde à la volonté de la majorité : dans ce cas, elle n'est même pas une minorité. Mais, lorsqu'elle s'oppose de toutes ses forces, on ne peut plus l'arrêter ». La désobéissance civile serait donc un outil contre la « dictature de la majorité » qui sévit en démocratie selon Tocqueville, un illustre contemporain de Thoreau.

Mohandas Gandhi

Article détaillé : Mohandas Karamchand Gandhi.
Mohandas Gandhi, 1942

Le xxe siècle fut marqué par deux grandes figures de la désobéissance civile, Mohandas Gandhi et Martin Luther King.

Ainsi le 11 septembre 1906, Gandhi réunit 3000 personnes au Théâtre Impérial de Johannesburg et obtient, comme dans une sorte de nouveau Serment du Jeu de paume de la Révolution française, de l'assemblée ainsi réunie, le serment de désobéissance. Cela lui vaudra en 1907 ses deux premiers séjours en prison. C'est au cours du deuxième qu'il va découvrir le traité de désobéissance civile de Henry David Thoreau. Par la suite, Gandhi développa l'idée de désobéissance civile à travers le concept de Satyagraha (littéralement la voie de la vérité), qui lui permit de mener sa lutte non violente contre l'apartheid en Afrique du Sud et de s'opposer à la politique coloniale du Royaume-Uni en Inde, puis pour l'indépendance de l'Inde. Le 17 mars 1930, Gandhi lance une « Marche du sel », vers les marais salants de Jabalpur, distants de 300 km. Le gouvernement britannique détient en effet le monopole du sel qui lui rapporte 15 millions de francs or par an, utilisés pour l'entretien des troupes coloniales. Arrivés sur place le 6 avril 1930, à 8 h 30 du matin, accompagnés de quelques milliers de sympathisants, il récolte du sel qui sera vendu aux enchères pour la somme de 425 roupies, un montant non négligeable pour l'époque. Les 50 000 marcheurs défient les autorités en récoltant du sel sur la plage, puis investissent les dépôts de sel du gouvernement colonial. Tout au long de la marche, Gandhi a diffusé une liste de règles religieuses du comportement non-violent qui sont scrupuleusement respectées. Les manifestants sont frappés ou arrêtés. Après plusieurs semaines, le gouvernement finalement cède.

Gandhi proposait les règles suivantes dans sa lutte non-violente :

  1. Un résistant civil ne doit pas avoir de colère.
  2. Il supportera la colère de l'opposant, ainsi que ses attaques sans répondre. Il ne se soumettra pas, par peur d'une punition, à un ordre émis par la colère.
  3. Si une personne d'autorité cherche à arrêter un résistant civil, il se soumettra volontairement à l'arrestation, et il ne résistera pas à la confiscation de ses biens.
  4. Si un résistant civil a sous sa responsabilité des biens appartenant à d'autres, il refusera de les remettre, même au péril de sa vie. Mais il ne répondra pas à la violence.

Après le nazisme : Nuremberg et la désobéissance obligatoire

Après la Seconde Guerre mondiale, lors du procès des anciens nazis à Nuremberg, la question : « jusqu'à quel point le principe de légalité doit prévaloir sur celui de justice ? », fut au cœur des débats. Les anciens nazis se dirent de simples exécutants obligés d'agir face à la rigueur militaire et à la sauvagerie nazie et de punir toute forme de dissidence. Cependant dans son ouvrage, « Des hommes ordinaires, le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne », Christopher Browning démontre que des hommes ordinaires, ni spécialement nazis, ni même obsessionnellement antisémites, ont agi avec un zèle meurtrier pour éradiquer les juifs de Pologne. L'historien relève un passage particulièrement intéressant : « après l'exposé de la mission qui était confiée au bataillon, à savoir l'exécution par les hommes du bataillon des femmes, enfants et vieillards juifs d'un hameau polonais comptant 1800 juifs, le commandant du bataillon écœuré par l'ordre qui lui avait été donné propose à ceux qui ne s'en sentent pas la force de ne pas participer à la mission ; seulement 12 hommes sur les 500 du bataillon refusèrent d'accomplir la mission ». Browning met au cœur de ces comportements criminels certains facteurs mis également en évidence par Milgram : le conformisme de groupe, la force du lien social, la division et l'organisation du « travail » et surtout la lente déshumanisation des juifs.

Par la suite, à Nuremberg, les juges ne se sont pas bornés à reconnaître le droit de la personne à désobéir aux normes iniques, ils ont aussi condamné ceux qui avaient obéi à ces normes, transformant ainsi le droit de désobéir à un ordre illégal ou inique en un devoir dont l'inaccomplissement mérite la punition correspondante.

Martin Luther King

Article détaillé : Martin Luther King.
Martin Luther King, 1964

La désobéissance civile fut par la suite adoptée par Martin Luther King, le leader du mouvement pour les droits civiques des noirs aux États-Unis. Il fut le meneur du boycott des bus de Montgomery (Alabama) en 1955, qui commence lorsque Rosa Parks refuse de céder sa place à une personne de couleur blanche. King est arrêté durant cette campagne, qui se termine par une décision de la Cour suprême des États-Unis déclarant illégale la ségrégation dans les autobus, restaurants, écoles, et autres lieux publics.

La désobéissance civile a aussi été utilisée par les militants pacifistes qui remettaient en cause l'esprit et les motifs de l'intervention militaire au Viêt Nam; ils organisaient notamment des sit-in qui paralysaient le centre des grandes villes.

César Chávez

Article détaillé : César Chávez.

César Chávez est un syndicaliste-paysan en Californie, il appelle à la grève et au boycott pour défendre les droits sociaux des paysans et journaliers de 1965 à 1975.

Aaron Swartz

Article détaillé : Aaron Swartz.

Aaron Swartz était un militant défendant l’accès libre à des informations protégées en les libérant sur Internet.

Différents cas et formes de désobéissance civile

Les formes matérielles des actions revendiquées de désobéissance civile sont très diverses. On peut distinguer en particulier celles essentiellement passives, celles plus offensives et, parmi celles-ci, celles comportant la destruction de biens matériels (arrachage de plants de maïs OGM par exemple). Ces dernières obéissent à des qualifications juridiques particulières (destruction en réunion dans le cas français).

Exemples en France

Arrachage de plants de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne) le 25 juillet 2004

La désobéissance civile a été plusieurs fois revendiquée en France.

Elle a été utilisée contre l'interdiction de l'avortement. Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur publie le Manifeste des 343 Salopes, qui contient une liste de 343 personnalités qui déclarent avoir avorté. Elles revendiquent, symboliquement ou non, avoir commis cet acte contraire à la loi et demandent sa légalisation. En 1972 lors du procès de Bobigny concernant une femme ayant avorté suite à un viol, Gisèle Halimi, avocate, plaide, en accord avec les accusés, la désobéissance légitime. L'accusée s'écrie devant le juge : ce n'est pas moi qui suit coupable, c'est la loi ! De nombreuses personnalités défendent la légitimité de l'avortement malgré son caractère illégal lors d'un procès très médiatisé. En 1973, 331 médecins publient également dans Le Nouvel Observateur, une déclaration dans laquelle ils affirment avoir désobéi à la loi et pratiqué des avortements. En 1975, l'avortement est finalement autorisé. On voit nettement dans ces exemples le caractère civil ou civique de la désobéissance : revendiquer publiquement en justifiant la légitimité, au risque d'être condamné, réunir un grand nombre de personnes en misant sur la justesse de l'action, organiser une campagne d'opinion afin de favoriser un débat public, le tout pour promouvoir une modification de la loi afin que la légitimité coïncide avec la légalité démocratique.

Elle a été utilisée à plusieurs reprises par les paysans du Larzac dans leur lutte contre l'extension du camp militaire entre 1971 et 1981.

On peut citer également le mouvement des écrivains et auteurs contre le projet de la loi Debré, le « Manifeste desdélinquants de la solidarité » écrit le 27 mai 2003, en soutien à des militants arrêtés pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière, a déjà été signé par plus de 12 000 personnes et 300 organisations. Ce manifeste s'oppose ainsi à l'application de l'article 21 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 qui dispose que : « Toute personne qui (…) aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier, d'un étranger en France ou dans l'espace international précité sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 €. »

De même, les procès médiatisés de paysans du syndicat agricole français Confédération paysanne dont José Bové pour le démontage d'une fast food McDonald'sen construction à Millau ou l'arrachage de plants transgéniques (OGM) avec les Faucheurs volontaires ont suscité une amorce de débat sur la légitimité de ce type de pratiques, passant par la destruction de biens matériels.

De nombreuses associations pratiquent des actions de désobéissance comme moyen ponctuel ou permanent : ainsi des associations comme Greenpeace luttent contre les transports de déchets nucléaires ; les militants s'enchaînant sur les voies ferrées, d'autres comme l'association Droit au logement occupent de façon illégale des logements vides pour alerter l'opinion et modifier la politique du gouvernement en matière de logement. À ce propos il convient de préciser que la désobéissance civile chez Greenpeace est toujours non violente, c'est pourquoi elle refuse la dégradation matérielle (qui est considérée comme une forme de violence). Ainsi il ne peut y avoir de fauchage volontaire ou de dégradation d'un fast-food chez Greenpeace. Lors des campagnes contre la pèche à la baleine ou au thon il y a interposition physique, au risque d'être blessé, mais jamais dégradation d'un bateau adverse, contrairement à l'action de Sea Sheperd, créé par un ancien de Greenpeace, qui a quitté l'association justement parce qu'il voulait s'attaquer aux navires des pécheurs.

À l'Éducation Nationale, un mouvement de professeurs qui refusent d'être inspectés ("désobéisseurs") pose la question des nouvelles formes de la désobéissance civile.

Cependant la plupart de ces associations ne veulent pas être considérées comme des désobéissants civils par peur d'être accusées lors d'un procès (ce qui serait néfaste à leur image) et le risque de se voir dissoute comme une vulgaire association de malfaiteurs n'est pas négligeable. La désobéissance est donc une arme efficace mais à manier quand on est vraiment sûr de son fait, car dangereuse pour ceux qui l'utilisent et la revendiquent.

Actions au niveau mondial

Les actions de résistance pacifique du mouvement altermondialiste lors de ses « contre-sommets », ou des ateliers de formation à la désobéissance civile sont suivis par les militants de cette mouvance (afin d'apprendre des techniques illégales non-violentes et les attitudes à tenir en cas d'arrestation) démontre que la désobéissance civile est une « arme » à part entière d'une partie des altermondialistes.

Les anarchistes prônent la désobéissance civile comme moyen d'échapper à l'État, sous la forme de squats politiques, appropriations, actions…

La désobéissance civique

Une des premières utilisations du terme de désobéissance civique a lieu le 19 décembre 1996 avec la publication de l'« Appel à la désobéissance civique » de plusieurs personnalités du cinéma, en refus des lois Debré et de leurs dispositions relatives à l'immigration. Le texte contient ces mots : « Nous appelons nos concitoyens à désobéir et à ne pas se soumettre à des lois inhumaines ».

Dans le livre Pour la désobéissance civiqueJosé Bové et Gilles Luneau préfèrent ce terme à la traduction phonétique de l'anglais "désobéissance civile". Ils définissent six critères à réunir conjointement pour caractériser ainsi un acte:

  1. c'est un acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires
  2. c'est un acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l'intérêt général, non par profit personnel
  3. c'est un acte de résistance collective : on mobilise dans l'optique d'un projet collectif plus large
  4. c'est un acte non violent : on a pour but de convertir à la fois l'opinion et l'adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée ; toute attaque aux biens ne peut avoir qu'une dimension symbolique
  5. c'est un acte transparent : on agit à visage découvert
  6. c'est un acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales

Jean-Marie Muller, professeur de philosophie, théoricien de la non-violence, auteur du livre De la désobéissance civile, critique l'utilisation du terme « civique ». Il réagit à un dossier de Évelyne Sire-Marin dans la revue Politis consacré au centenaire de la « désobéissance civique » (no 916), et dénonce la définition de la désobéissance civile donnée par Évelyne Sire-Marin. Selon lui, cette définition est « en totale contradiction avec toutes les actions menées depuis un siècle et ayant eu recours à cette appellation ». Civil vient du latin civilis, dans le sens opposé à criminalis. Selon Jean-Marie Muller, la désobéissance est « civile » en ce sens qu’elle n’est pas « criminelle », c’est-à-dire qu’elle respecte les principes, les règles et les exigences de la « civilité ».

La résistance fiscale

Article détaillé : résistance fiscale.

La résistance fiscale est un acte politique consistant à refuser de participer à la fiscalité de son pays au nom de valeurs morales. Cependant, en dehors des anarchistes purs et durs, le « résistant » choisit plutôt de ne réduire sa contribution qu'en proportion des actions du gouvernement qu'il désapprouve. Par exemple, un pacifiste ne retranchera ses impôts qu'au prorata du budget de l'armée (Défense nationale). Cette méthode est limitée aux impôts directs, et se voit plus difficile à réaliser avec les impôts indirects où c'est le commerçant qui fait percepteur et se verrait impacté injustement.

Divers groupes travaillent à légaliser une forme d'objection de conscience à l'impôt militaire qui permettrait aux objecteurs de conscience de désigner leurs impôts pour n'être dépensés que sur les postes non militaires du budget.

Les artistes dans la résistance civile

Nombre d'intellectuels et d'artistes ont participé à la résistance civile sous diverses formes, ainsi que les y incitait Noam Chomsky dans son discours de 1966. Aux États-Unis, Joan Baez a soutenu les mouvements pour les droits de noirs, les Black Panthers, et les mouvements anti guerre du Viêt Nam, tout comme Bread and Puppet TheatreKeny Arkana a composé et interprété une chanson intitulée : Désobéissance civile.

7 août 2012

les affaires et l'horreur, de IG farben a IBM..........

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IG Farben

Le premier rapprochement des sociétés chimiques allemandes s'est constitué le 8 octobre 1904 sous l'impulsion des comités de direction des sociétés Bayer, BASF et Hoechst (appelées les « Trois Grandes »), suivent de près par les sociétés Agfa, Cassela et Kalle (les « Six Grandes »).

En 1916, sous l'impulsion de Duisberg (voir photo ci-contre) toujours, se joignirent à ces 6 Grandes, quelques sociétés pour former l'Interessen Gemeinschaft de Teerfarbenindustrie (le Groupement d'Intérêts de l'industrie allemande des colorants dérivés du goudron). Mais ce ne sera qu'en décembre 1925 que les huit compagnies dites IG se mirent d'accord pour fusionner en une seule et même compagnie.

De 1925 à 1939, IG Farben va devenir un empire industriel de tout premier plan. Grâce à un important groupe de recherche et de nombreux partenariats (en particulier avec la Standard Oil de Rockefeller), elle a mis au point plusieurs procédés industriels très importants conduisant à de nouveaux produits.

Elle produit, outre le caoutchouc synthétique (BUNA), de l’essence synthétique et du Zyklon B, et fait tester par les médecins SS divers « préparations » chimiques sur les détenus.

En 1939, IG Farben profite de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne pour acquérir la totalité de son industrie chimique. Elle fera de même dans les pays occupés pendant laSeconde Guerre mondiale, en particulier en France avec la création de la société Francolor (filiale à 51% d'IG Farben). À partir de 1941, elle construisit à Auschwitz une usine d’essence synthétique et de caoutchouc, en employant du personnel en provenance du camp de déportation voisin.

Les dirigeants d’IG Farben seront jugés par un tribunal américain en 1947 à Nüremberg ; certains seront reconnus coupables de crimes de guerre et condamnés à des peines de prison. La société sera dissoute par décret en août 1950, et démantelée en 1952 en 12 sociétés héritières, dont Agfa, BASF, Hoechst, Bayer AG et Dynamit Nobel.

 

IG Farben est un consortium de plusieurs entreprises chimiques, dont AGFA, BASF, Bayer et Hoechst, qui s’enreichissent considérablement durant le seconde guerre. Elle produit, outre le caoutchouc synthétique (BUNA), de l’essence synthétique et du Zyklon B, et fait tester par les médecins SS divers « préparations » chimiques sur les détenus. Dans ses diverses entreprises disséminées dans tout le Reich, IG Farben emploie durant la guerre plus de 350.000 détenus, parmi lesquels des milliers trouveront la mort, condamnés au travail forcé dans des conditions inhumaines.

IG Farben possède également la maison « Degesh » qui produit le Zyklon B, employé pour le gazage des déportés. La firme a reçu pour la vente de ce gaz environ 300.000 marks. A Auschwitz seul furent utilisés environ 20 tonnes de Zyklon B.

 
 

Le consortium verse à la caisse du camp 4 marks pour une journée de spécialiste et 3 marks pour une journée de manoeuvre. Ainsi, pour 7 mois de travail des hommes et 9 mois de travail des femmes, l’administration du camp gagne plus de 12 millions de marks.

D’emblée la coopération entre IG-Farben et la SS est totale à Auschwitz. La compagnie fait siennes, dans son usine, les méthodes et la mentalité de la SS. Un jour de 1944, un groupe important de nouveaux détenus est accueilli par un discours où on leur dit qu’ils viennent d’arriver au camp de concentration de l’IG-Farben Industrie. Ils ne sont pas là pour vivre mais pour « périr dans le béton ». Ce discours de bienvenue fait référence, selon un survivant, à une pratique d’IG Farben consistant à jeter les cadavres des détenus dans des tranchées creusées pour les câbles et à les couler dans le ciment.

 
 

IG Farben est responsable du logement des prisonniers et de leur nourriture. Mais l’entreprise ne les traite pas mieux que les SS : dans un block logent 400 détenus au lieu de 162 ; la nourriture est très largement insuffisante, les soins inexistants. Dans l’entreprise, les détenus sont « tués » à la tâche, maltraités par les chefs d’équipe et les encadrants, certains même assassinés.

Environ 35.000 détenus passèrent par Buna ; 25.000 au moins y ont péri.

 

IBM


On ne peut pas raconter l'histoire de ces trois lettres en un article. Je vous propose donc un dossier sur les débuts d'IBM, qui remontent tout de même à la fin du XIXème siècle ! Le dossier s'arrête à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ou Big Blue a joué un rôle important, tant dans un camp que dans l'autre.

IBM, ces trois lettres sonnent comme la haute noblesse du monde de l'informatique. On connaît assez peu son histoire, car celle-ci remonte très loin... A des histoires de recensement.
Ce dossier, déjà assez volumineux, ne présente la fameuse entreprise que jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.


Compter les gens

Pour retrouver les débuts d'IBM, il faut remonter à la fin du XIXème siècle, avec un personnage nommé Hermann Hollerith. Ce fils d'intellectuels allemands, qui étaient venus s'installer aux Etats-Unis, était né en 1860. Déjà tout jeune, Hellerith pris conscience des difficultés de la vie : son père mourut alors qu'il avait tout juste sept ans, et sa mère s'évertua à l'élever avec ses quatre autres frères et soeurs sans en se faisant un point d'honneur à ne pas demander d'aide. Ainsi se forgea une partie de ce caractère très spécial.
A quinze ans, Hollerith partit pour le Collège of the New City de New York. Il montra très vite de grandes facilités pour tout ce qui touchait à la technique. Avec un diplôme de l'école des Mines de l'Université de Columbia en poche, il s'en fut travailler au Bureau du rencensement des Etats-Unis, grâce à l'aide de l'un de ses professeurs.
Le recensement à cette époque était très sommaire, et ne se contentait que de compter les gens, aucune autre indication sur leur mode de vie ou quoi que ce soit d'autre n'était mentionné. Il était déjà très long et difficile de compter les millions d'Américains dans un pays aussi vaste ! Le gros problème était que les spécialistes annonçaient que la population avait grandement augmenté depuis le dernier recensement, effectué en 1870 - ces derniers ayant lieu tous les dix ans - et que le prochain, de 1890, ne serait pas encore totalement dépouillé lorsqu'il faudrait lancer celui de 1900 ! Un sacré casse-tête.
Hellerith n'avait que dix-neuf ans, mais de très grandes aptitudes pour tout ce qui touchait à la technique, et lorsque John Billing, directeur des statistiques démographiques, lui insinua qu'une machine capable de compter mécaniquement les gens faciliterait et accélèrerait considérablement le travail, le jeune homme commença à réfléchir.
Il lui fallut un an pour mettre au point une machine capable d'une telle prouesse, si bien que dès 1884 il existait un prototype. Se basant sur le principe des boîtes à musique, son invention marchait avec des cartes perforées, qui permettaient de recenser des informations de base sur une personnes, comme la taille ou la couleur des yeux.
Fort de son invention, Hollerith emprunta de l'argent et fit breveter son travail. Il commença donc à vendre sa machine afin de recenser les gens. L'avantage était qu'il pouvait la particulariser en fonction des besoins du client : ainsi, certaines machines ont servit à gèrer les morts pour les services de santé des Etats du Maryland, de New York et du New Jersey. Peu à peu, le principe s'élargit et fut adapté à la comptabilité et autres tâches fastidieuses facilement automatisables.
L'informatique était née ! L'informatique, c'est bien l'Automatisation de l'Information non ?!?

Mais le recensement continuait son bout de chemin, et un appel d'offre fut lancé pour savoir quel serait le procédé le plus intéressant afin de faciliter le prochain comptage des américains, en 1890. Bien évidemment, ce sont les machines d'Hollerith qui remportèrent la victoire. Ainsi devint-il maître en mécanographie aux yeux de tous. Les machines avaient non seulement permit de faciliter et d'accélérer le recensement, mais elles avaient aussi permis d'économiser pas mal d'argent. Le tout pour une qualité jusqu'alors impossible : de cinq questions, on passait à 235 !
Un autre principe si cher à IBM allait être posé : les gens du recensement n'avaient besoin de ces machines qu'une fois tous les dix ans, et, aussi pour ne pas se faire voler son invention - Hollerith était parano à un très haut point - il décida de les louer à sa clientèle. Cette paranoïa le suivait dans sa vie de tous les jours, si bien que sa maison était entourée de grande barrières et que, pour ne pas être embêté par les chats du voisinage, il avait tendu un fil électrique branché à une batterie qu'il actionnait lorsqu'il voyait arriver un de ces matous sur son territoire.
Les nouveaux client ne se firent pas attendre, cette technologie ayant largement prouvé son efficacité. Beaucoup de gouvernements louèrent ainsi les services des machines Hollerith pour divers travaux.

Il était donc temps de créer une société. Avec toutes ces choses à faire, le temps n'avait pas encore été trouvé pour cette tâche. Ce fut bientôt fait. Il faut aussi dire que les questions commerciales n'étaient pas ce qui passionnait le plus Hollerith, tout cela l'ennuyait, même, et son caractère irascible le rendait très directif dans les contrats qu'il passait avec ses clients : généralement, c'était "à prendre ou a laisser".
La nouvelle société fut baptisée The Tabulating Machine Company.
Mais bien, vite on s'aperçut que Hollerith escroquait purement et simplement le gouvernement américain par l'intermédiaire du recensement ! Les prix fixés étaient totalement arbitraires, aussi bien concernant les machines que les cartes perforées qui allaient avec, et les contrats n'étaient pas toujours très réguliers. Le bureau du recensement avait contribué à faire la grandeur de la Tabulating Machine Company et en devenait peu à peu l'esclave. Si bien qu'il fut demandé à Hollerith de revoir ses prix concernant le gouvernement américain. Plutôt que d'essayer de s'entendre avec son meilleur client, Hollerith refusa de parlementer, persuadé que comme il était le seul dans ce domaine, il pouvait soustraire encore plus au gouvernement.
Mais North, du Recensement, découvrit que les brevets déposés expiraient en 1906 : un beau jour de 1905, il mit Hollerith et tout ce qui le concernait à la porte. Le plus gros client venait d'être perdu. En effet, Powers, un autre technicien du recensement avait mis au point une autre machine. Une bonne aubaine pour échapper à l'écrasante hégémonie de la Tabulating Machine Company.

La fin d'un reigne ?
C'est le début d'une longue chute. L'entreprise perd plusieurs gros clients et Hollerith, plongé dans une dépression, n'arrive plus à reprendre le dessus pour remettre son entreprise à flot. Aveuglé par la rencoeur, il intentera même un procès au gouvernement américain pour empêcher le recensement de 1910, et il y réussi ! Par contre, concernant l'idée que les autres machines n'étaient que des copies de son invention, Hollerith n'obtint rien.
Tout commençait à battre très sérieusement de l'aile, les médecins de Hollerith lui affirmèrent qu'il devrait prendre sa retraite, ce que le conseil d'administration approuva. Mais il ne l'entendait pas de cette façon, et commença à démanteler son empire, en commençant par l'Allemagne. Il commença par la Deutsche Hollerith Maschinen Gesellschaft, plus communément appelée par son diminutif, la Dehomag, qui fut la première partie de l'empire liquidée.
La société était détenue en grande majorité par Heidinger, et exploitait les machines de la Tabulating Machine Company, qui recevait les royalties qui s'imposaient.

Intervient alors un nouveau personnage : Charles Flint, un businessman dans le sens plus mauvais du terme, qui avait en tête de monter un trust regroupant quatre compagnies - l'International Time Recording, qui fabriquait des pointeuses, la Computing Scale Company qui commercialisait des balances équipées de tableaux de prix, mais aussi des trancheuses à viande et à fromage, la Bundy Manufacturing qui produisait de petites pointeuses à clé et disposait d'un gros capital immobilier, et bien entendu la Tabulating Machine Company.
Etant à genoux au niveau financier, Hollerith vendit sans trop se faire prier. Il faut aussi avouer que le deal n'était pas mauvais : l'ensemble du capital pour 1.21 million de dollars, plus un contrat d'expert-conseil d'une durée de dix ans à 20 000 dollars par an, il était difficile de refuser.
La nouvelle société fut nommée la Computing-Tabulating-Recording Company, ou CTR. Il manquait à la Tabulating Machine Company un aspect plus commercial ? Qu'à cela ne tienne, Flint voulait faire de l'argent à tout prix. Restait à trouver un homme pour mettre à la tête de ce groupe, Flint ne voulait pas d'un technocrate, et surtout pas de Hollerith, il mit ainsi à la tête Thomas J. Watson, un nom qui restera à jamais collé à l'image d'IBM.

Le début d'une hégémonie !
Revenons un peu sur l'histoire de Watson, qui n'est pas piquée des vers, elle non plus. Watson a commencé tout en bas de l'échelle, comme démarcheur à domicile sur les routes boueuses de Finger Lake, une région de l'Etat de New York. Il se présentait dans les maisons afin de vendre des pianos et des machines à coudre. Il avait un don pour la vente, ce qui lui permit bien vite de devenir le meilleur vendeur de l'entreprise où il opérait. Mais ce petit coin était bien trop calme pour ses ambitions, si bien qu'il ne tarda pas à aller voir ailleurs. Il fut embauché dans une société de crédit immobilier de Buffalo, et était presque exclusivement payé à la commission, il réussi bien, mais c'est au cours d'une rencontre avec John J. Range qu'il entra à la National Cash Register, la NCR, une boîte qui vendait des caisses enregistreuses et qui passait pour une des plus dures en affaire. Son président, John Patterson, avait même écrit un recueil sur les façons de vendre, et imposait des quotas à ses vendeurs.

Là, Watson était dans son élément : vendre coûte que coûte et éliminer les éventuels concurrents. Bien vite il fut remarqué, si bien que Patterson l'envoya à Rochester, où sévissait une autre société qui vendait elle aussi des caisses enregistreuses, nommée Hallwood. Watson avait la mission officieuse de détruire purement et simplement Hallwood... Ce qu'il fit en quelques années seulement. Mais les pratiques utilisées étaient vraiment peu reluisantes : par exemple, Watson s'était lié avec une des employés de Hallwood, et se servait des renseignements fournis par ce dernier pour piquer quelques clients.
La principal concurrent étant désormais éradiqué, il restait une dernière chose : les vendeurs de machines d'occasion. Une nouvelle cible pour Watson, qui s'en fut à New York créer une société écran du nom de Watson's Cash Register and Second Hand Exchange, qui, sous couvert d'une pseudo vente de machines d'occasion, devait laminer ses concurrents. Il vendait moins cher, et les autres vendeurs ne pouvaient pas suivre. Bien entendu, tout ne s'est pas fait en un jour ni sans accros, un des gros commerçants de New York dans le domaine de l'occasion s'était rendu compte du double-jeu que jouait Watson, mais la NCR ne s'est aucunement démonté et, avec force de chantage (ouvrir un magasin moins cher à proximité du sien), l'homme fut contraint de vendre.
C'est à cette époque que Watson eu l'idée du THINK, qui existe encore chez IBM, qui a entre autre donné don nom au magazine interne à l'entreprise. Il avait écrit ce mot sur un bout de papier durant une réunion, et Patterson le réutilisa en en faisant des badges qu'ils distribua à tous ses vendeurs.

Mais ce qui devait arriver arriva, les techniques de la NCR étaient souvent frauduleuses - ventes à pertes, violences, chantage - en 1913, la majorité des cadres de la NCR sont condamnés, Patterson et Watson en tête. Ils ne furent sauvés que par les inondations qui eurent lieu dans l'Ohio, où ils accomplirent un gros travail humanitaire, passant ainsi aux yeux de tous comme des sauveurs très médiatisés. Tout alla si bien que des pétitions furent signées et envoyées au président Wilson afin que ce dernier leur accorde la grâce présidentielle. Afin de faciliter les choses, on proposa aux accusés de renoncer aux activités illégales qu'ils ont commises par le passé. Beaucoup acceptèrent mais Watson refusa, arguant qu'il n'avait rien fait de mal...
Difficle.
Finalement, le procès fut annulé pour vice de forme par les avocats de la NCR, et les poursuites furent grosso modo abandonnées. Mais Patterson, toujours aussi imprévisible, remercia Watson, doublant le tout d'une humiliation publique lors d'une réunion.
La chute fut difficile, d'autant que Patterson faisait figure de maître pour Watson, qui acceptait volontiers l'idée que cet hystérique lui ait appris la plupart des choses qu'il savait. Il pris alors une résolution : il allait monter sa propre entreprise, et faire encore mieux que le Maître.

On peut ainsi facilement se rendre compte que Watson avait le charisme qui lui permettrait de mener à bien le projet de Flint.

La naissance des légendaires trois lettres
Tout ne se fit pas aussi facilement que l'on pourrait le penser, les deux hommes se jaugèrent un moment avant de s'accepter mutuellement. De plus, Watson faisant toujours l'objet de poursuites judiciaires, et il était donc mauvais pour l'entreprise de l'introduire par la grande porte. Beaucoup dans la CTR n'étaient pas d'accord avec le choix de Flint, mais Watson, en parfait vendeur, sut se montrer sous les meilleurs hospices et apaiser les inquiétudes. Il pris ainsi la place de Directeur Général, celle de président l'attendant si son travail serait bien fait et surtout que ses ennuis judicaires seraient effacés.
Peu à peu, il consolida les bases de l'entreprise et devint même un pilier de cette dernière, sachant louvoyer entre les divers protagonistes des quatre firmes assimilées de la CTR. Il avait même une chanson que lui chantaient les veneurs !
Peu à peu, il prit la tête de l'entreprise, Hollerith ayant démissionné par ennui (il n'était plus du tout écouté et son caractère faisait qu'on l'évitait autant que possible), tandis que d'autres étaient décédés.
Les dernières barrières étant tombées, l'entreprise était à lui, et il lui restait à la modifier à ses idées. La société s'était déjà réorienté, ne vendant plus de trancheuses par exemple. Le nom de CTR ne collait plus, il fallait trouver autre chose. Un bulletin d'information interne devait être créé, et son nom devait être International Business Machines. Cela fit Tilt dans la tête de Watson, qui su que c'était ce nom dont avait besoin son entreprise. Ainsi naquit IBM.
Bien vite, les idées de Patterson furent appliquées : l'Esprit IBM, comme aimait à le dire Watson, consistait à créer un culte autour de sa personne, créant dans l'entreprise une ambiance vraiment particulière, une sorte de paternalisme poussé à l'extrême. Par exemple, un de ses employés était venu le voir afin de lui demander l'autorisation d'acheter une voiture, alors qu'il disposait de l'argent pour le faire sans problèmes ! De même, de grandes affiches le représentant et soulignées de petites phrases élogieuses étaient placardées un peu partout dans l'entreprise. Cela fait sombrement penser à un 1984 de Orwel.

Fachos ? Les années noires
Durant la première guerre mondiale, la filiale de la CTR en Allemagne avait été placée sous séquestre en tant qu'entreprise appartenant à l'ennemi. A la fin de la guerre, Watson jugea que sa filiale avait été fort bien gérée.
Ainsi commencèrent les bons rapports entre IBM et l'Allemagne.
Durant les années 1920, la Première Guerre Mondiale avait mis l'Allemagne à genoux, la monnaie allemande ne valait plus rien, ou presque. La Dehomag, alors toujours dirigée par Heidinger, ne pouvait plus payer ses royalties. Watson en profita pour profiter de l'occasion et de récupérer l'entreprise. Au départ, il demanda 51% des actions de l'entreprise, mais en voyant l'étendue des problèmes financiers de Heidinger, il demanda 90%. Ainsi la Dehomag devint presque entièrement américaine. Et Heindinger garda en travers la gorge les actes de Watson envers son entreprise.
Watson suivi de près la gestion de sa filiale allemande, qui pour lui avait un potentiel énorme. Et il ne s'était pas trompé ! Quelques dix ans plus tard la Dehomag rapportait beaucoup plus que toutes les autres filiales européenne réunies.

En 1933, Hitler arrive au pouvoir, imposant peu à peu ses lois raciales. Mais ce que le monde ne sait pas, c'est que les machines IBM ont tenu un rôle prépondérant dans l'éradication des Juifs poussée par Hitler. En effet, les trieuses d'IBM servaient à recenser les gens, qui devaient répondre à tout un tas de questions, dont la religion qu'ils pratiquaient. Les gens ne s'en sont pas souciés. C'est ainsi que les SS arrivaient sur les places publiques et donnaient les noms des juifs qui devraient monter dans les trains, à partir de 1941 et de la Solution Finale de Hitler.
Pourtant, la situation était presque la même que durant la Première Guerre Mondiale : la Dehomag était sous scellée en tant qu'entreprise appartenant à l'ennemi. Mais c'était en réalité bien plus compliqué que cela : d'un côté, nous avions Watson qui était bien vu par les allemands - il s'était même vu remettre une médaille par Hitler - et qui savait habilement filouter pour garder les rênes de sa société, et de l'autre nous avions la Dehomag qui était totalement indispensable pour Hitler dans le cadre de ses recensements. Sachant que ces machines servaient aussi pour calculer les horaires des trains partants pour les camps de concentrations, et même pour ces camps de concentration eux-mêmes afin de gérer les Juifs qui travaillaient et mourraient dedans, on se rend compte de leur l'importance. C'est aussi en grande partie pour cela qu'il y a eu moins de Juifs déportés parmi les français : les recensements ne demandaient plus la religion depuis le début du siècle ! Mais ceci est aussi en grande partie dû à un homme : René Carmille, fondateur de l'ancêtre de l'INSEE, qui était à la tête du recensement mécanographique en France, afin de constituer un fichier Juif, confié par le Commissariat général aux questions juives. Mais Carmille travaillait pour la Résistance. Il fit là un bel acte qui permit d'éviter de nombreux morts, qui lui coûta la vie.

Hitler ne pouvait même pas prendre tout simplement l'entreprise pour lui, il lui fallait du savoir-faire, et aussi du papier bien spécial, qui était en partie fabriqué en Allemagne, mais dont la majeure quantité arrivait des Etat-Unis, presque sous le manteau, car la loi américaine interdisait tout commerce avec les pays ennemis. IBM se jouait ainsi des lois. Mais encore et toujours pour l'argent, Hitler étant obligé de payer la Dehomag, l'idée de remonter des usines a bien été envisagée, mais cela aurait pris beaucoup trop de temps. Les fonds de la Dehomag étaient bien entendu bloqués, mais à la fin du conflit, IBM récupèrerait ses biens.
Mais avec l'avancée de la guerre, ce fut de plus en plus difficile, et Watson, sous la pression des Etats-Unis, rendis la médaille que Hitler lui avait rendu. Ce fut la fin de la bonne réputation de Watson auprès des Nazis. Tout fut beaucoup plus difficile à faire, et Watson fut obligé de déléguer et de ne pas communiquer avec ses filiales.
Il y avait de l'eau dans le gaz, certains se rendirent compte des manigances de Watson, et même si l'homme gardait une réputation énorme dans son pays, il avait tout de même longuement encouragé le commerce avec les Nazis avant que la guerre n'éclate. Il faut dire aussi que Watson ne croyait pas que tout irait aussi vite et aussi violemment.
Avec l'entrée en guerre de l'Amérique, Watson trouva comment se couvrir : il converti pas mal de ses usines américaines en usines d'armes, fabriquant des fusils estampillés IBM ! Etonnant. Mais cela lui permit de passer pour un héros national. Encore une fois, il était passé à travers les mailles du filet, car, tandis que ses fusils tiraient sur les allemands, ses trieuses cassaient les codes établis par les allemands... avec des machines IBM quasiment identiques !

L'Allemagne, à la sortie de la Guerre, était totalement affaiblie. Les entreprises américaines récupérèrent leurs biens. Elles pouvaient même demander réparation pour les dégradations matérielles ! IBM, qui avait déjà amassé beaucoup d'argent, fit de même et cela alla jusqu'à la demande de remboursement de chaises cassées...
Mais il ne faut pas se leurrer : IBM ne fut certainement pas la seule entreprise à jouer ce double jeu, d'autres y ont joué, et se sont fait prendre, tandis que d'autres comme IBM ont su le faire assez finement pour ne pas éveiller l'attention. Quand l'argent entre en compte, il n'y a plus de partis politiques qui tienne, ni même de pays ou de patrie.

Une firme hors du commun pour des faits qui ne le sont pas moins. On parle de l'artisanat des premières entreprises qui fabriquèrent des micro-ordinateurs, hé bien il faut maintenant savoir qu'IBM n'a jamais rien fait au hasard, et qu'elle fut critiquée pour ses pratiques bien avant Microsoft. On peut entre autre leur reprocher - et c'est encore le cas aujourd'hui - d'utiliser des techniques marketing qui vont à l'encontre de l'innovation : tant qu'un produit se vend, on ne sort pas d'innovations le concernant, on attend qu'un concurrent le sorte pour sortir de nos cartons l'innovation que nous avons inventé, et comme dans la majeure partie des cas elles est de très bonne qualité, eh bien en continue à vendre, et ainsi de suite. Mais ils sont aussi à la base de grandes avancées sans lesquelles le monde de l'informatique ne serait plus le même que celui que nous connaissons.

Pour les personnes intéressées, je leur conseille très vivement de se procurer IBM et l'holocauste, d'Ewin Black. Un bouquin très édifiant sur le sujet de l'attitude d'IBM durant la Seconde Guerre Mondiale et sur les débuts de Big Blue, je me suis d'ailleurs très largement inspiré de ce bouquin pour écrire ce dossier (les quelques photos en sont d'ailleurs extraites).
Cette machine a servi au recensement racial de 1933. Elle était louée aux client, et restaient la propriété d
Cette machine a servi au recensement racial de 1933. Elle était louée aux client, et restaient la propriété d'IBM. On peut voir d'ailleurs la marque sur ce modèle. Peu après, le logo IBM sera supprimé afin de rendre la Dehomag




Une des millions de cartes perforées qui servirent aux différents recensements.
Une des millions de cartes perforées qui servirent aux différents recensements.




Une photo datant de 1937, qui présente Thomas J. Watson, alors président de la Chambre de Commerce Internationale. Watson est la deuxième personne en partant de la gauche.
Une photo datant de 1937, qui présente Thomas J. Watson, alors président de la Chambre de Commerce Internationale. Watson est la deuxième personne en partant de la gauche.




Siemens AG est un groupe allemand d'équipements électroniques et électrotechniques. Le groupe a une longue histoire, puisqu’il a été fondé en 1847 par Werner von Siemens. Le groupe, dont le siège est à Munich, est l’une des plus grosses entreprises allemandes.

Histoire

Avant la Seconde Guerre mondiale

En 1847 Werner von Siemens révolutionne la télégraphie dans un petit atelier de Berlin. Sur la base de cette invention, il fonde la compagnie le 1er octobre 1847. La compagnie s'appelle à l'époque Telegraphen-Bauanstalt ; elle s'installe dans son premier atelier le 12 octobre.

En 1848, elle construit la première ligne de télégraphe à longue distance en Europe, s'étendant sur 500 km de Berlin à Francfort-sur-le-Main. En 1850 le jeune frère, Carl Wilhelm Siemens, ouvre un bureau de représentation à Londres. Dans les années 1850, la société participe à la construction d'un réseau de télégraphe à longue distance en Russie. En 1855, une branche de la companie ouvre à Saint-Pétersbourg, dirigée par un autre frère, Carl Heinrich von Siemens.

En 1881, un alternateur à courant alternatif Siemens, entraîné par une turbine hydraulique, est utilisé pour alimenter le premier éclairage urbain à Godalming, Royaume-Uni. La compagnie continue de croître et se diversifie dans les trains électriques et les ampoules électriques. En 1890, le fondateur se retire et laisse les rênes de la compagnie à son frère Carl et à ses enfants Arnold et Wilhelm.

Pendant la Seconde Guerre mondiale

De la même manière qu'un très grand nombre d'entreprises telles que BMW, Thyssen, Daimler-Benz, Krupp, IG Farben, Siemens exploitait de la main d'œuvre puisée parmi les déportés. Les détenus étaient utilisés jusqu'à épuisement total dans le cadre du projet nazi de " l'extermination par le travail ". Lorsqu'ils ne travaillaient pas assez vite, et donc ne produisaient pas suffisamment, les déportés étaient roués de coup par les SS et les Kapos, souvent jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Les détenus étaient volontairement maintenus en mauvaise santé par de très maigres repas. Les épidémies (typhus, dysenterie) étaient fréquentes.

Après la Seconde Guerre mondiale

Le 28 janvier 1972, Siemens crée le consortium Unidata, projet européen destiné à permettre dans les années 1970 l'émergence d'une grande industrie informatique européenne à l'identique d'Airbus dans l'aéronautique. Les compétences des trois participants étaient valorisées : la Compagnie Internationale pour l'Informatique (CII) recevait la maîtrise d'œuvre l'architecture des machines et le logiciel, la technologie électronique revenait à Philips, et Siemens se chargeait des périphériques mécaniques. Valéry Giscard d'Estaing élu président en 1974 mit fin au projet en 1975 : la France dénonça unilatéralement l'accord Unidata et CII fusionna avec Honeywell-Bull. Philips ne revint plus jamais dans l'informatique et Siemens rejoint Fujitsu pour devenir un des grands constructeurs mondiaux.

En octobre 1998 aux Etats-Unis, un groupe de survivants de l'holocauste intente une action en justice contre des sociétés allemandes célèbres pour leur participation aux exactions durant le régime nazi. Le 24 septembre 1998, la BBC News reporte que Siemens lançait une vaste collecte de fonds en compensation aux survivants de la Shoah. Peu de temps après, Volkswagen, qui était aussi poursuivi, a annoncé la création d'un système similaire.

Le 18 juin 2006, Nokia et Siemens annoncent la fusion de leurs activités de télécommunications, donnant ainsi naissance à un géant mondial : Nokia Siemens Networks


Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mercedes-Benz exploite des travailleurs soviétiques et français à partir de 1941. Cette force de travail devient rapidement indispensable au fonctionnement de l'entreprise, qui équipe la Luftwaffe et la machine de guerre allemande. Les conditions de travail étant très dures, des grèves ont lieu et les protestataires sont envoyés en camps de concentration. En décembre 1944, Mercedes-Benz exploite 26 958 travailleurs forcés et 4 887 prisonniers de guerre

 

et la liste reste non exhaustive............

 








 

 

 

 

 

 

 

20 septembre 2012

la corée.....les origines......

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Histoire de la Corée

 

Des origines jusqu'en 1948


La péninsule coréenne aurait été habitée dès le paléolithique et aurait accueilli une immigration venue de Mandchourie et de la Chine du Nord entre le VIIe et le VIe siècle avant notre ère. Selon la légende coréenne, le plus ancien État fut le Choson (le «Matin calme»), qui couvrait le nord-ouest de la Corée et le sud de la Mandchourie; il fut conquis par la Chine en 108-107 avant notre ère, qui y créa quatre «commanderies»: Lolang, Xuantu, Lindun et Zhenfan.

Les royaumes de Paekche dans le sud-ouest de la péninsule, fondée en 18 avant notre ère, et de Silla dans le sud-est, fondée en 57 avant notre ère, émergèrent aux IIIe et IVe siècles, alors que l'influence chinoise s'était affaiblie. Sur la côte sud, un troisième État, appelé Kaya, rivalisait avec les autres, mais ce fut le Koguryo qui, au Ve siècle, devint le plus puissant.

1 L'unification de la péninsule coréenne

La Corée à l'apogée de l'expansion de Koguryo au Ve siècle Le Koguryo réussit à contrôler la plus grande partie de la péninsule coréenne et de la Mandchourie. Au milieu du VIe siècle, le Silla conquit le Kaya et s'empara de territoires autour de Séoul et de la vallée du Han, tandis que le Koguryo et le Paekche perdaient graduellement des portions de leurs territoires. Ces États conservèrent une forte culture distinctive. Par exemple, le Koguryo excellait dans l'art militaire, mais le Silla mit en place des institutions sociales et politiques plus durables; le Paekche entretenait des relations avec la Chine et le Japon, et développa une grande civilisation, mais il était faible politiquement et militairement.

En 668 de notre ère, le Silla, allié à la dynastie chinoise Tang et aidé par son armée, avait, cette année-là, vaincu le Koguryo et le Paekche en 660, et établit le premier État de la péninsule coréenne unifiée après avoir reconquis en 735 les deux protectorats établis par les Chinois.

Le bouddhisme, apparu dans la péninsule au IVe siècle, était devenu une force puissante au VIe siècle et inspira fortement la vie intellectuelle et artistique du Silla. Mais la culture, l'écriture et les institutions politiques chinoises eurent aussi une grande influence, car tous les États coréens adoptèrent l'écriture chinoise pour transcrire leur langue respective. Néanmoins, la culture propre au Silla fut le principal véhicule du développement coréen de cette période. Au Xe siècle, une forme d'État typiquement coréen, fortement hiérarchisé, était déjà bien implantée et, malgré plusieurs changements et problèmes ultérieurs, cette forme de gouvernement resta en place jusqu'aux temps modernes.

2 Le Koryo (918-1392)

Au cours du IXe siècle, la monarchie et les institutions gouvernementales du Silla déclinèrent, alors que les dirigeants régionaux devenaient plus puissants. De 890 à 935, les trois anciens royaumes émergèrent à nouveau dans la péninsule. Cette fois, l'État du Nord, appelé Koryo, parvint à refaire l'unité dans la péninsule. Il fut fondé en 918 lorsqu'un guerrier nommé Wang Kon obligea le roi de Silla à abdiquer. Le Koryo réunit les dirigeants régionaux sous une autorité centrale et étendit les frontières du pays au nord du fleuve Yalu. C'est alors que le Koryo entra en conflit avec la dynastie mandchoue des Khitan (rebaptisée Liao en 947). Au cours des guerres qui durèrent de 993 à 1018, le Koryo parvint à maintenir ses positions et, en 1122, il obtint une paix définitive. Le terme de Koryo (selon la transcription, Koryo ou Goryeo) est à l'origine du nom moderne de Corée (en français),Coréia (en portugais), Corea (en espagnol et en italien), Korea (en anglais, en néerlandais, en allemand, en danois, en suédois), Koreya (en russe), Koreańska (en polonais), Koreai (en hongrois), etc. C’est sous ce nom que des marchands arabes ont parlé pour la première fois de ce pays aux Européens.

Dès le début, le bouddhisme devint la religion officielle de la cour de Koryo. Il prospéra considérablement, comme d'ailleurs en témoignent les temples et les représentations, tant peintes que sculptées, du Bouddha. La cour adopta l'écriture et le système chinois des examens pour le recrutement des fonctionnaires, classés selon leurs mérites scolaires. Toutefois, contrairement à la Chine où les concours étaient ouverts aux hommes de toutes origines, il restait, au royaume de Koryo, le monopole des familles de hauts fonctionnaires. La plupart des instituts publics d'enseignement furent fondés selon le modèle éducatif chinois et leurs contenus furent centrés sur les classiques confucéens. Le programme de l'enseignement supérieur comprenait, outre les classiques confucéens, des matières plus pragmatiques comme la législation, la calligraphie et la comptabilité. L'influence chinoise grandissante favorisa l'enseignement et l'apprentissage du chinois. Dans les universités, on n'étudiait que la littérature et les sciences chinoises, le chinois étant la «langue officielle du gouvernement et de la haute société». Dans la formation des interprètes, le chinois restait la langue la plus importante. Dès le Xe siècle, un bureau chargé de la traduction et de l'enseignement des langues étrangères (le Thongmunkwan) avait commencé à former des interprètes. En 1276, ce bureau fut renforcé tant pour contrôler la qualité de la traduction que pour enseigner les langues étrangères — surtout le chinois et le japonais — de manière plus systématique.

L'épanouissement de la culture du Koryo se produisit au XIe siècle; elle fut marquée par la présence d'un gouvernement stable, dont les institutions et les méthodes étaient empreintes de l'influence chinoise. Le bouddhisme inspira l'éducation et les arts. Mais, au début du XIIe siècle, la stabilité du Koryo fut remise en cause. De puissantes familles aristocratiques luttèrent contre le trône pour contrôler la région, tandis que la dynastie mandchoue des Jin exerçait une pression extérieure, provoquant des réactions divisées de la part d'un pouvoir devenu incertain. En 1170, les militaires, irrités par la discrimination dont ils étaient victimes, chassèrent les officiels civils, et les rois perdirent leur autorité, ce qui entraîna une période de conflits intérieurs. Puis les moines finirent par acquérir de plus en plus de pouvoirs. Durant les dernières années du royaume, le bouddhisme fut gravement remis en question en raison des conflits entre les fonctionnaires lettrés et les militaires, d'une part, les confucianistes et les bouddhistes, d'autre part.

Les Mongols envahirent la péninsule en 1231, ce qui déclencha une série de guerres, lesquelles se terminèrent en 1259 par la conquête du Koryo, qui devint un État vassal de la Mongolie pendant près d’un siècle, et ce, malgré la résistance dont fit preuve, durant vingt ans, le peuple de Koryo contre les envahisseurs. Les rois de Koryo ne retrouvèrent leur position dominante que sous la gestion de commissaires résidents mongols. Grâce à l'accession au pouvoir de la dynastie des Ming en Chine, en 1368, en lieu et place de la dynastie mongole des Yuan, le Koryo put se dégager du joug mongol. Le général Yi Songkae se débarrassa de ses adversaires politiques, prit le pouvoir en 1392 et établit ainsi en Corée la dynastie des Yi, qui régna sous le nom dynastique de Choson.

3 La dynastie Choson (1392-1910)

Durant le XIVe siècle, les Coréens furent fortement influencés par des théories néo-confucianistes, qui avaient été formulées par le philosophe chinois Zhu Xi. Ce système de valeurs très développé stimula les classes moyennes de l'administration du Koryo, et leur mouvement pour une réforme politique et sociale fut à l'origine de l'accession au pouvoir de la dynastie Choson (ou Joseon).

La Dynastie Choson (XVe Siècle)

Ce n’est qu’au XVIe siècle, avec l’avènement de la dynastie Choson (1392-1910), souvent connue en Occident sous le nom de «dynastie des Yi» (nom véhiculé par les Japonais) que le confucianisme devint un puissant instrument de réorganisation étatique et sociale.

Sous le règne du roi Sejong (1418-1450), le quatrième monarque de Choson, la Corée connut un épanouissement culturel et artistique sans précédent. C’est sous son règne que des savants de l’Académie royale inventèrent l’alphabet coréen, le Hangul, un système d’écriture conçu de manière scientifique, mais simple et efficace à la fois. Ce fut l'un des premiers exemples d'interventionnisme linguistique dans l'histoire du monde. Le règne du roi Sejong marqua ce qu'on appelle «l’âge d’or» de la Corée. Nombre d’inventions et d’idées nouvelles virent le jour durant cette période, dans les domaines de l’administration publique, de l’économie, des sciences naturelles, des sciences humaines, de la musique et de la médecine.

Bien que très influencé par la culture chinoise, le Choson parvint à garder une identité propre, utilisant son système d'écriture particulier, à la fois alphabétique et syllabique. L'utilisation de ce système d'écriture très compliqué a causé des problèmes très sérieux, parce que le chinois (monosyllabe) et le coréen (polysyllabique) sont des langues très différentes.

Durant les deux premiers siècles de son existence, le royaume Choson fut bien gouverné et connut la paix, mais des divisions commencèrent à apparaître parmi l'élite au XVIe siècle. C'est au cours de cette période que le royaume fut envahi en 1592 par les Japonais, qui voulaient utiliser le pays comme base de transit pour conquérir la Chine. En septembre 1593, avec l'aide de la dynastie chinoise des Ming et des efforts de son héros national, l'amiral Yi Sunsin (1545-1598), le royaume Choson réussit à chasser les Japonais. Ces derniers renouvelèrent leur tentative en 1597, mais furent définitivement refoulés en 1598. Quelques décennies plus tard, le pays dut subir une invasion par le nord, perpétrée par la nouvelle dynastie chinoise d'origine mandchoue des Qing (1636). Le Choson dut accepter de devenir vassal de la Chine, alors que le prince héritier devait rester en otage à la cour impériale des Qing. La langue chinoise pénétra de façon plus importante dans le vocabulaire des Coréens.

Au cours des deux siècles qui suivirent, le royaume Choson fut gouverné par des rois compétents, malgré l'apparition périodique de conflits entre différentes factions. Mais des changements sociaux, économiques et religieux mirent à l'épreuve le système politique et social du royaume Choson. Le christianisme fut introduit 1784 par la Chine et propagé après 1833 par des missionnaires français. En 1864, le roi Taewonkun déclara le christianisme hors la loi et repoussa les interventions militaires de la France (1866) et des États-Unis (1871). Il tenta aussi d'éliminer la corruption et de restaurer le prestige de l'État. Les réactions politiques suscitées par ces réformes provoquèrent néanmoins la chute du Taewonkun. Le Choson demeura un royaume relativement isolé du monde occidental, mais fidèle dans son alliance avec la Chine. En réalité, la Corée devint l'enjeu des puissances chinoise, japonaise et russe. En 1876, les Japonais obligèrent le pays à établir des relations diplomatiques avec eux, tout en affaiblissant les liens traditionnels du royaume avec la Chine. La victoire du Japon sur la Chine (1895) et sur la Russie (1905) permit l'annexion officielle de Choson par le Japon en 1910, ce qui mit fin à la plus longue dynastie (celle des Choson) qu'ait connue l'histoire du monde.

En 1897, le 26e roi de la dynastie Choson (1392-1910), agissant sous l'influence des idées occidentales et poussé par les Japonais, se déclara «empereur des Han» (le nom ancien des tribus coréennes, à ne pas confondre avec la dynastie chinoise du même nom) et proclama ainsi son égalité avec l'empereur de Chine tout en affirmant son indépendance politique. Un nouveau nom pour le pays a été donné: Taehancheguk («le Grand Empire Han»).

Au chapitre de la langue, le coréen, qui n'avait jusqu'alors qu'un statut de langue orale, commença à s'affirmer comme langue écrite à partir des réformes amorcées en 1894.  Le statut officiel du chinois mandarin fut supprimé et le coréen est devenu la seule langue officielle (kugo); les anciens noms péjoratifs accolés au coréen (onmun «langue de mauvais goût», pancheol «dialecte», etc.) tombèrent en désuétude. Néanmoins, l'enseignement du chinois classique se poursuivit dans les écoles ainsi que l'influence du système d'écriture japonais (la combinaison de caractères chinois et des lettres coréennes). Le premier journal en langue coréenne, le Tongnipsinmun (Journal de l'Indépendance) fut publié en 1896. Il se développa alors en Corée une période de purification linguistique destinée à supprimer l'écriture chinoise dans la langue coréenne écrite. Après la signature des traités d'amitié et de commerce (1882-1886), l'enseignement des langues occidentales (anglais, allemand et français) et des sciences humaines dans les nouvelles écoles permit aux Coréens de se rendre compte des dimensions du monde.

4 La domination japonaise (1910-1945)

[Zainihon Daikanminkoku Dan (Mindan)] L'occupation japonaise avait commencé avec le «traité de protection» de 1905, imposé au pays après la guerre russo-japonaise, par lequel le Japon prenait le contrôle des Affaires étrangères de Choson, puis de la police et de l'armée, de la monnaie et du système bancaire, des communications ainsi que de tous les secteurs vitaux. L'assassinat de la reine coréenne pro-russe mit fin à la dynastie Choson en 1910 et, le 29 août de la même année, la Corée fut annexée par le Japon, malgré l'hostilité des Coréens. Cette occupation allait durer trente-cinq ans, soit jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. De 1910 à 1918, le Japon consolida ses positions en éliminant les nationalistes, en prenant le contrôle des terres et en imposant des changements administratifs draconiens.

Au plan linguistique, le Japon fit tout pour éliminer la langue coréenne et la remplacer par le japonais. Le chinois fut placé au même rang que les autres langues étrangères, le japonais devenant la langue officielle de la Corée. La politique linguistique reposa sur l'enseignement forcé du kokugo, la «langue nationale», c'est-à-dire le japonais. Dès 1911, un décret impérial fut promulgué en Corée sur l'éducation; il était destiné à «faire des Coréens un peuple fidèle». Après le soulèvement coréen du 1er mars 1919, un second décret impérial établit en 1922 un système d'enseignement primaire en six années, comme au Japon, et supprima les écoles traditionnelles coréennes qui assuraient l'éducation en coréen. Dans ces nouvelles écoles, on utilisa uniquement des manuels japonais identiques à ceux de la métropole. Un autre décret impérial fut promulgué en 1937. C'est alors que la japonisation devint plus sévère. Naisen ittai était le slogan officiel, c'est-à-dire «faire des Coréens des Japonais à part entière» (littéralement Japon et Corée, un seul corps). Des linguistes coréens patriotes tentèrent de réagir contre la normalisation japonaise en publiant une première grammaire moderne (Tachan munjôn) en 1909, suivie d'une grammaire nationale (kugô munbôp) en 1910 et d'une phonétique (Mal-ûi sori) en 1914. Des sociétés savantes se formèrent pour définir la langue coréenne. Lorsque cde fut le temps de rédiger un dictionnaire, plusieurs linguistes coréens furent arrêtés «pour activités anti-japonaises» et certains moururent en prison. En 1933, commença le Projet d'unification de l'orthographe du coréen effectué par la Société d'étude de la langue coréenne. Mais les conditions coloniales qui régnait alors en Corée ne permit pas de mener à bine cette entreprise.

La politique linguistique reposa sur l'enseignement forcé du kokugo, la «langue nationale», c'est-à-dire le japonais. Les autorités japonaises encouragèrent les populations locales à abandonner d'elles-mêmes le coréen pour la «langue nationale». Dès 1911, un décret impérial (Rescrit) sur l'éducation fut promulgué en Corée sur l'éducation; très similaire à celui de Taiwan, il était destiné à «faire des Coréens un peuple fidèle». Les article 2 et 5 se lisent comme suit: :

Article 2

Les activités pédagogiques doivent être basées sur la pensée fondamentale du Rescrit impérial concernant l'éducation, et éduquer les Coréens à devenir de pieux sujets de l'Empire.

Article 5

L'éducation normale doit viser comme objectif, de dispenser aux enfants des connaissances et des habiletés normales, et de leur inculquer les caractéristiques de la citoyenneté japonaise et la diffusion de la langue nationale.

Après le soulèvement coréen du 1er mars 1919, un second décret impérial établit en 1922 un système d'enseignement primaire en six années, et supprima les écoles traditionnelles coréennes qui assuraient l'éducation en coréen. Dans ces nouvelles écoles, on utilisa uniquement des manuels japonais identiques à ceux de la métropole. Un autre décret impérial fut promulgué en 1937. C'est alors que la japonisation devint plus sévère. Naisen ittai était le slogan officiel, c'est-à-dire «faire des Coréens des Japonais à part entière» (littéralement «Japon et Corée, un seul corps»).

La troisième version du programme japonais en éducation (en 1938) supprima l'enseignement de la langue coréenne, demeuré facultatif, et accentua la japonisation dans les programmes d'études.  Le Règlement sur les écoles primaires, qui a été révisé la même année, déclarait : 

Article 1er

L'école primaire, tout en portant une attention prudente au développement physique des enfants, doit inculquer chez les enfants les principaux moraux de la nation et leur dispenser des connaissances normales essentielles à la vie nationale, et éduquer les Coréens à devenir de pieux sujets de l'Empire

Plus loin, l'article 16 obligeait les écoles à utiliser le japonais (la «langue nationale») comme langue d'enseignement. Ainsi, l'enseignement du coréen fut interdit dans les écoles primaires dès 1939, les élèves étant surpris à parler coréen étaient punis ett devaient parfois porter une pancarte infamante. Les Coréens furent obligés d'adopter des noms japonais s'ils voulaient bénéficier de droits comme citoyens. Cette obligation de renoncer à leur nom a vivement marqué les mentalités en Corée, où elle se heurta à une vive résistance. Le gouvernement japonais interdit aux Coréens de parler coréen dans la rue et décerna des diplômes d'honneur aux «familles qui n'utilisaient que le japonais à la maison». Toutes les publications en langue coréenne furent interdites: les premiers rédacteurs du grand dictionnaire de coréen furent arrêtés en 1942; l'année suivante, la Société pour l'étude de la langue coréenne, fondée en 1921, fut dissoute. Les écrivains coréens furent forcés de publier seulement en japonais. L'enseignement de l'anglais régressa (supplanté par le japonais) et fut même interdit à la suite de la guerre entre le Japon et les Alliés. 

Parallèlement, l'enseignement de la langue allemande fut renforcé vers la fin de l'occupation japonaise. Suivant une tradition instaurée par les Japonais, la plupart des lycées coréens enseignaient l'allemand. Curieusement, la mobilisation des jeunes conscrits coréens dans l'armée japonaise se fit sans difficultés majeures; beaucoup de Coréens réquisitionnés furent employés à la garde des prisonniers de guerre. Puis, après la guerre, les Américains les considéreront comme des «criminels de guerre» parce qu'ils les assimileront à des «collaborateurs du Japon», la politique de japonisation s'étant retournée contre ces Coréens abandonnés par les Japonais.

Mais avant la guerre, le Japon intensifia son contrôle en supprimant les mouvements nationalistes de gauche et en favorisant ceux de droite. Les efforts d'assimilation, incluant des mesures draconiennes telles que l'interdiction de la langue coréenne et même des noms de famille coréens, ne prirent fin qu'avec la défaite du Japon (1945) pendant la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, les Japonais favorisèrent la chasse aux mots chinois dans la langue coréenne et dévalorisèrent l'usage des caractères chinois restés populaires en Corée. Cette période d'occupation a entraîné un rejet systématique de la culture japonaise par les Coréens et la montée du nationalisme coréen, bien que la langue coréenne s'imprégna de quantités de mots japonais. Les intellectuels, exaspérés par la politique japonaise d’assimilation, revendiquèrent leurs différences et luttèrent pour se distancier culturellement de leurs oppresseurs. Les mouvements pour l’indépendance développèrent chez les Coréens un fort sentiment d’identité nationale et de patriotisme.

5 La partition de la Corée (1948)

En février 1945, à la conférence de Yalta, peu de temps avant la fin de la guerre dans le Pacifique, les États-Unis et l'URSS s'entendirent pour diviser la Corée au niveau du 38e parallèle pour veiller à la reddition et au désarmement des troupes japonaises. Voici comment le Département d'État américain explique la situation:

Japan surrendered in August 1945, and Korea was liberated. However, the unexpectedly early surrender of Japan led to the immediate division of Korea into two occupation zones, with the U.S. administering the southern half of the peninsula and the U.S.S.R taking over the area to the north of the 38th parallel. Le Japon s'est rendu en août 1945 et la Corée a été libérée. Cependant, la reddition du Japon, hâtive et inattendue, mena à la division immédiate de la Corée dans deux zones d'occupation, les États-Unis administrant la moitié du sud de la péninsule et l'URSS s'emparant de la zone située au nord du 38e parallèle.

La reddition du Japon ne fut pas «hâtive et inattendue» («the unexpectedly early surrender»), puisque les États-Unis savaient depuis des mois que le Japon avait l'intention de capituler, soit bien avant que les bombes atomiques soient larguées sur Hiroshima et Nagasaki. En réalité, les Américains virent d'un mauvais oeil l'entrée de l'URSS (le 8 août 1945) dans le conflit contre le Japon, car ils craignaient une mainmise soviétique sur l'ensemble de la péninsule coréenne. C'est alors que Washington proposa que les Soviétiques occupent le pays depuis le nord jusqu'au 38e parallèle et que les États-Unis occupent le reste. Staline accepta aussitôt! Il est donc farfelu de croire que les État-Unis voulurent simplement administreradministering») un territoire, tandis que l'URSS s'emparait du Nord («taking over the area to the north»). C'est beaucoup plus simple: les soi-disant libérateurs de la Corée avaient décidé de s'en partager les dépouilles afin d'assurer leur influence dans cette région devenue hautement stratégique pour leurs intérêts. Autrement dit, les efforts des Coréens en vue d’établir un gouvernement indépendant furent réduits à néant par l’«influence» l'occupation des États-Unis au sud et celle de l'Union soviétique au Nord.

Puis les deux grandes puissances utilisèrent leur présence militaire pour imposer des gouvernements amis. L'URSS supprima les nationalistes modérés dans le Nord et apporta son soutien à Kim il Sung, un communiste qui avait mené une guérilla anti-japonaise en Mandchourie. Dans le Sud, il existait un mouvement de gauche très développé, opposé à plusieurs mouvements nationalistes de droite. Incapables de trouver un mouvement modéré favorable aux Américains, qui aurait pu rapprocher les deux extrêmes, les États-Unis finirent par éliminer la gauche et apporter leur soutien à Li Sungman [Syngman Rhee], un nationaliste qui s'était opposé aux Japonais et avait vécu en exil aux États-Unis.

Tous les Coréens furent favorables à la réunification, mais, dans le contexte de la guerre froide, les conférences américano-soviétiques pour l'unification (1946 et 1947) suscitèrent une méfiance réciproque. En 1947, les deux grandes puissances commencèrent à organiser des gouvernements distincts. Des élections organisées par les États-Unis le 10 mai 1948 (observées par les Nations unies) aboutirent à la victoire du parti de Li Sungman — qui fut élu président — et à la création de la république de Corée, proclamée le 15 août 1948. En réaction, le Nord fit de même et, le 25 août 1948, créa la République populaire démocratique de Corée proclamée le 18 septembre 1948. Kim il Sung devint premier ministre du nouveau gouvernement. Dès lors, l'armée soviétique et l'armée américaine se retirèrent temporairement des deux moitiés de pays qu'elles occupaient et laissèrent face à face les deux États.

Le 25 juin 1950, les forces nord-coréennes, sans avoir été provoquées, franchirent le 38e parallèle et attaquèrent le Sud, ce qui déclencha la guerre de Corée, qui devait durer trois ans. Plus de 1,4 million de Coréens perdirent la vie au cours du conflit. Aux États-Unis, on vit dans cette guerre la preuve flagrante que le communisme représentait la plus grave menace à la sécurité nationale.


Voyage dans l’imaginaire coréen. Légendes, mythes et contes de Corée

Hye-Gyeong Kim

 

En 2000, paraissait en coréen, traduit du japonais, l’ouvrage de l’historien coréen Shon Chin-T’ae (손진태) (1900- ?) Légendes, mythes et contes  de Corée (한국 민화에 대하여). Ce livre écrit dans les années 1930 marque un tournant dans la recherche ethnologique en Corée.

Shon Chin-T’ae, né en 1900, à Pusan dans la province du Kyǒngsang, part en 1921 effectuer ses études d’histoire au Japon, à l’université de Waseda, où dès cette période, il porte un grand intérêt au folklore. Pendant ses études, il revient souvent en Corée pour les vacances et commence la collecte de son matériau scientifique. Il termine ses études en 1927, travaille dans l’édition au Japon, part ensuite voyager dans toute la Corée, alors un seul pays, et rassemble les contes, les légendes et les mythes racontés par les gens du peuple.

En 1933, il retourne définitivement en Corée et enseigne à l’actuelle université de Yǒnse. En 1945, il est nommé professeur au département d’histoire de l’Université nationale de Séoul et devient, en 1950, président de la faculté de lettres de l’Université nationale de Séoul et vice-ministre de l’Éducation Nationale.

La même année, la guerre de Corée éclate (1950-1953) ; Shon Chin-T’ae est kidnappé et emmené en Corée du Nord. L’information selon laquelle il serait mort en 1950 n’a jamais pu être confirmée.

Historien, ethnologue, Shon Chin-T’ae crée à son retour du Japon en 1933 l’Association pour la recherche sur l’ethnologie coréenne et publie la première revue d’ethnologie du folklore intitulée Folklore coréen. Le point de vue qu’il développe, de 1920 à 1930, en matière de recherche sur le folklore est de reconnaître l’universalité de la culture populaire, en dépassant la situation du moment (dans cette période, la Corée est occupée par le Japon). Il n’aborde pas seulement les contes, mythes et légendes, mais s’intéresse aussi aux religions primitives du peuple, telles que le chamanisme, par exemple.

En tant qu’historien, il se fixe comme objectif, à la fin des années 1930, de construire une pratique scientifique neuve. Il publie des ouvrages sur l’histoire de la Corée, qui ne sont pas seulement l’histoire de la royauté et de la noblesse, mais aussi l’histoire du peuple coréen. Son action, en avance sur son temps, a été décisive pour la recherche en histoire et en ethnologie, et l’est aujourd’hui encore.

Au mois de décembre 2002, il a été désigné par le ministère de la Culture et du Tourisme coréen comme « personnage représentatif de la culture coréenne ».

Légendes, mythes et contes de Corée (한국 민화에 대하여)

Durant des années, Shon Chin-T’ae sillonna le pays et écouta les histoires racontées par les gens simples. L’ouvrage qui s’ensuivit est un recueil de contes, de mythes, de légendes populaires de Corée. Publié pour la première fois au Japon en 1930 sous le titre Collection de contes populaires de Chosǒn, il présente cent cinquante-quatre contes rassemblés par l’auteur lui-même. Ce livre sera traduit pour la première fois en coréen en 2000.

L’ouvrage se divise en quatre parties : les mythes et légendes ; les contes folkloriques, les histoires ironiques et anecdotes ; les contes populaires. On trouve dans cet ouvrage des thèmes chers aux Coréens, l’honneur, la famille, les valeurs traditionnelles, la nature, traités avec humour et parfois ironie.

Dans le premier chapitre consacré aux mythes et aux légendes, on découvre la manière dont le peuple coréen se représente l’origine du monde, du temps, le soleil, la lune, les étoiles, la montagne, la mer, les rivières… Dans le deuxième chapitre intitulé « Contes folkloriques sur la croyance », sont évoqués les coutumes et les tabous des Coréens, par exemple celle de l’heure des offrandes aux ancêtres ou pour quelle raison on ne doit pas jeter les rognures d’ongles des mains et des pieds n’importe où ni n’importe comment. Des fables, des histoires ironiques sont rassemblées dans le troisième chapitre de cet ouvrage. On y rencontre le bestiaire coréen, du tigre un peu ridiculisé, métaphore de la critique des grands, jusqu’aux dérangeantes puces. On découvre aussi comment les trois sœurs naïves ne savent pas du tout se comporter la nuit de leurs noces, mais aussi comment les hommes mariés agissaient préventivement contre l’adultère de leur femme. Enfin, dans le quatrième chapitre, on peut lire vingt-trois contes populaires sur les quatre géants, les dimensions de la baleine et la taille de la crevette, le voleur à neuf têtes…

Ce livre n’est pas une adaptation de contes souvent transformés en histoires à raconter aux enfants, mais le fruit d’un travail de chercheur, historien, ethnologue, profondément convaincu de la valeur de la culture populaire et désireux de saisir, dans cette période trouble de l’occupation japonaise, les éléments qui cimentent la culture nationale de la Corée.

Cet ouvrage est particulièrement intéressant au sens où il est un travail de recherche, avec toute la rigueur scientifique que cela suppose, mais aussi le respect de la parole populaire, retranscrite fidèlement.

De Pusan à la frontière chinoise, de ville en village et en hameau, ces histoires retracent l’itinéraire de Shon Chin-T’ae à travers le pays. Jour après jour, il collecte les histoires issues de la culture populaire et de la tradition orale alors fortement ancrée.

Il n’hésite pas à multiplier les narrations, à donner plusieurs versions, à varier les locuteurs, sans jamais commenter ou intervenir. Il collecte ces histoires fantastiques ou superstitieuses, souvent considérées par leurs auteurs comme déraisonnables, au point que bon nombre d’entre eux ne veulent plus les raconter à leurs enfants et à leurs petits-enfants, au risque de voir un pan entier de la culture orale s’éteindre.

Transmises oralement à travers les générations, ces histoires le plus souvent racontées par les gens des campagnes, jeunes ou vieux, leur permettent d’interpréter le monde. Ces contes témoignent de l’humour et de l’ironie, parfois féroce, avec laquelle les gens du peuple marquent l’histoire du pays, la vie quotidienne, le rapport avec les riches et les puissants de l’époque. Venues de la lointaine tradition, les légendes disent l’histoire de ceux qui sont partis à la découverte du monde et qui, une fois revenus, réintègrent le monde des vivants ou le monde céleste, pour former une nouvelle vision du monde et travailler à la stabilité des rapports entre les individus.

La profonde originalité de l’ouvrage repose sur l’identité de ceux qui racontent. Il ne s’agit pas ici d’histoires venues de la lointaine mythologie coréenne mais de la parole de monsieur Untel, de tel village, tel jour. Cet ouvrage est donc le recueil d’une culture vivante. Dans ce monde dominé aujourd’hui par la technologie, ces légendes et mythes illustrent un passé qui, loin de disparaître, témoigne de son étonnante vigueur imaginative.

Fidèle à la posture de chercheur qui intervient le moins possible, Shon Chin-T’ae rapporte les histoires et donne des points de repère, tels que les locuteurs le disent. Ainsi, de l’actuelle Corée du Nord à la Corée du Sud, ces conteurs deviennent les garants de ce qu’ils racontent et placent le lecteur en fidèle observateur de la tradition.

Shon Chin-T’ae entreprend ce travail dans la période d’occupation japonaise qui marqua durement le peuple coréen. Il parcourt la Corée du nord au sud nous montrant combien le patrimoine folklorique de la Corée se joue des frontières. Dans cette période de lourdes menaces sur l’identité coréenne, il montre que la culture populaire est un moyen de produire une histoire vivante du pays qui concourt à maintenir l’identité et la solidarité du peuple coréen0.

Chaque histoire est datée et le nom du village ou du hameau est signalé, de sorte que l’on peut suivre l’itinéraire emprunté par Shon Chin-T’ae et découvrir la méthode utilisée pour la collecte du matériau.

En témoignant de l’imaginaire social, le livre nous donne à voir comment le peuple se saisit du patrimoine mythologique et le prolonge en incarnant des aspects de la condition humaine ; Shon Chin-T’ae s’inscrit résolument dans le courant moderne de la recherche historique.

Avec l’édition de ces contes, on peut découvrir ou redécouvrir la Corée, telle qu’elle se présente au début du xxe siècle, dans ses contextes symboliques, linguistiques, politiques et sociaux.

Avec ce travail d’ethnologue, Shon Chin-T’ae construit aussi une pratique scientifique interdisciplinaire qui fera largement école en Corée et dont l’influence continue d’agir aujourd’hui. C’est d’ailleurs dans la même période qu’il organise cette discipline scientifique en créant une société savante et une revue.

Parmi cent cinquante-quatre mythes, légendes et contes de ce livre, nous présentons ici deux mythes qui reflètent l’imaginaire des Coréens à propos du soleil, de la lune et des étoiles, avant que les humains ne les aient explorés scientifiquement.

Traduction

Le soleil, la lune et les étoiles

(Histoire racontée par le jeune Chang Dong-Wǒn, à Hamhǔng, province du Hamkyǒng du Sud, le 14 août 1923.)

1-Jadis, il y a de cela de longues, longues années, vivait une mère avec ses trois fillettes et son nouveau-né. Une nuit, au retour des courses, la mère se trouva dans la montagne face à face avec un tigre qui s’apprêtait à la dévorer.

2-« Ne vaudrait-il pas mieux dévorer mes quatre enfants qui sont à la maison, au lieu de me dévorer moi ? » dit-elle. Le tigre lui demanda alors le prénom de ses enfants. La mère lui donna les noms de ses fillettes : « Haesuni, Talsuni, Pyǒlsuni », tandis qu’elle lui disait que le bébé n’avait pas encore de prénom. Le tigre pourtant la dévora et alla frapper à la porte de chez elle : « Haesuni, Talsuni, Pyǒlsuni, ouvrez vite la porte », s’écria-t-il.

3-Les fillettes, ne reconnaissant pas la voix de leur mère, eurent des soupçons.

4-« Si vous êtes vraiment notre maman, montrez-nous votre main », demandèrent alors les enfants. Après avoir observé cette main, les enfants lui dirent : « Pourquoi votre main est-elle aussi jaune que cela ?

5– J’ai glaise le mur de la grand-maison, c’est pour cette raison que mes mains sont devenues ainsi », répondit le tigre.

6-« S’il en est ainsi, montrez-nous vos jambes », demandèrent alors les enfants.

7-Le tigre tendit ses pattes. Les fillettes les regardèrent en détail et lui demandèrent : « Pourquoi vos jambes sont-elles si noires ?

8– J’ai été battu à la grand-maison et cela m’a laissé une trace bleue sur les jambes. C’est pour cela qu’elles sont devenues ainsi », répliqua le tigre.

9Pensant qu’il s’agissait tout de même de leur mère, elles ouvrirent la porte. À la demande du tigre : « Passez-moi le bébé », les fillettes le lui passèrent. L’ayant pris, le tigre se dirigea vers la cuisine. Peu de temps après, les enfants entendirent mâcher durement quelque chose, ududuk, ududuk…

10Justement, les enfants avaient très faim. « Maman, qu’est-ce que tu manges toute seule ? Donne-nous-en un peu», demandèrent-elles. Mais elles ne reçurent aucune réponse. Les fillettes allèrent à la porte et jetèrent alors un coup d’œil furtif par un trou fait dans le ch’anghoji, pour voir ce que celle-ci mangeait. Elles découvrirent le tigre en train de mâcher les os des doigts du bébé. Elles voulurent alors s’enfuir, mais elles pensèrent que si elles étaient prises au moment de filer, il leur arriverait un grand malheur. Si bien qu’elles mirent au point la ruse suivante. « Maman, nous avons tellement envie d’aller aux toilettes. C’est possible ? » demandèrent-elles. Mais le tigre ne leur donna pas la permission et leur dit : « Non, c’est impossible. » Les enfants lui demandèrent de nouveau : « Est-il permis alors de faire caca sur le seuil de la porte de derrière ? » Cette fois, le tigre donna la permission. Faisant semblant d’aller faire leurs besoins, les petites s’échappèrent par la porte de derrière et grimpèrent dans un grand arbre qui s’élevait au milieu de la cour, à côté du puits.

11-La terrible bête sauvage chercha les fillettes jusqu’au puits. Le tigre remarqua à la surface de l’eau le reflet de trois visages d’enfants. C’est ainsi qu’il découvrit les trois fillettes dans l’arbre.

12-« Haesuni, Talsuni, Pyǒlsuni, comment êtes-vous arrivées à monter là-haut ? demanda-t-il.

13– Nous avons emprunté l’huile de sésame à la grand-maison, nous avons huilé l’arbre et nous sommes montées », mentirent les enfants.

14-Le tigre fit comme elles avaient dit, mais il glissait, si bien qu’il ne put monter.

15-« Mes petites, comment êtes-vous arrivées à monter ? » demanda-t-il à nouveau.

16-Sans réfléchir, l’une des trois sœurs lui dit : « Va emprunter à la grand-maison une hache pour faire quelques entailles à l’arbre. » Le tigre fit ainsi et commença à grimper facilement, ch’ǒk, ch’ǒk.

17-Ne pouvant rien faire, les trois sœurs se mirent à prier le Seigneur des Cieux : « Hanǔnim, envoie-nous une corde d’argent. » Le Ciel écouta leur prière et fit descendre trois cordes d’argent. Aussitôt, chacune saisit une corde et les trois cordes s’élevèrent d’un trait vers le ciel, tsuk, tsuk.

18-Sur l’arbre, le tigre demanda encore : « Haesuni, Talsuni, Pyǒlsuni, comment êtes-vous arrivées à monter ?

19– Prie Hanǔnim de t’envoyer une corde pourrie », mentirent-elles à nouveau. Le tigre pria d’après le conseil des enfants. Pour le tigre aussi, évidemment, une corde descendit du ciel. Et pendant qu’il s’élevait vers le ciel, la corde, parce qu’elle était pourrie, se rompit. Le tigre, tombant dans le puits, mourut.

20-Parvenues au ciel, les trois petites filles furent transformées : Haesuni devint le soleil, Talsuni la lune et Pyǒlsuni les étoiles

L’origine de la Grande Ourse

(Histoire racontée par la grand-mère d’Ippuni, 69 ans, à Hamhǔng, province de Hamkyǒng du Sud, le 28 août 1923.)

21Il était une fois une veuve qui vivait quelque part. Elle avait sept fils tous dévoués à leur mère. En hiver, pour que la vieille mère puisse dormir au chaud, ils allaient dans la montagne chercher des bûches de bois et allumaient le feu dans l’ondol.

22Mais la mère disait tout le temps qu’elle avait froid et avait l’air toujours triste. Même s’ils mettaient tant de bûches qu’ils en risquaient de brûler le sol, la mère disait encore qu’elle avait froid. Et même pendant les périodes de chaleur caniculaire, elle disait avoir froid. Ses fils ne pouvaient plus la comprendre.

23Un jour, le fils aîné se réveilla dans la nuit et remarqua que sa mère n’était plus à la maison. Il eut une intuition si bien qu’il attendit le retour de sa mère et passa une nuit blanche. En fin, à l’aube, la mère rentra furtivement.

24La nuit d’après, le fils aîné suivit sa mère en cachette. Elle arriva au bord d’un ruisseau qui courait à l’entrée du village, remonta le bas de sa jupe et franchit le ruisseau en répétant : « Ah ! Elle est glaciale » – c’était l’hiver. Ensuite, elle se dirigea vers une pauvre chaumière, de l’autre côté de la rivière. S’arrêtant devant cette maison, la mère dit : « Monsieur, vous êtes là ? » De la chaumière, un vieux sortit et dit : « C’est vous, madame ? », et il l’accueillit.

25Ce vieil homme était veuf, pauvre et vivait en tressant des sandales de paille, pour gagner sa vie. Les deux rentrèrent et se grattèrent le dos l’un l’autre.

26Le fils aîné comprit sa mère. Il rentra immédiatement à la maison, réveilla ses petits frères et leur raconta tout. Aussitôt, les sept frères fabriquèrent un passage à gué, pour que leur mère puisse franchir sans peine la rivière en hiver. Ensuite, ils firent semblant de rien et allèrent dormir.

27Au moment où la mère s’en retourna à la maison, elle fut surprise de trouver le passage à gué, qui n’existait pas à l’aller. Pourtant, même en rêve, elle ne pouvait imaginer que ce fût ses fils qui l’avaient fait. Tout de même, elle ne savait pas comment remercier la personne qui avait fait cela et pria le Ciel : « Dieu des Cieux, fais que la personne qui a fabriqué ce passage à gué devienne la Grande Ourse, au nord ou bien au sud. »

28Par la suite, après la mort des sept enfants, suivant la prière de leur mère, ils devinrent la Grande Ourse dans le ciel du Nord.

 

 

 

 

 

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19 août 2012

blaxploitation

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La blaxploitation est un courant culturel et social propre au cinéma américain des années 1970 qui a revalorisé l'image des afro-américains en les présentant dans des rôles dignes et de premier plan et non plus seulement dans des rôles secondaires et de faire-valoir. Le mot est la contraction des mots « black » (qui signifie Noir) et « exploitation ». Le mot s'écrit parfois Blaxplotation, de black et de plot - le sujet d'un film.

 

Définition

Ces films n'engageaient que des Noirs et ne s'adressaient qu'à la même communauté sur des thèmes qui lui tenait à cœur en utilisant tous les stéréotypes possibles. Tous les genres cinématographiques à la mode durant les années 1970 ont été mis à la sauce blaxploitation. Que ce soit les films policiers (trilogie des Shaft) ou les enquêtes par des détectives privés (Shaft), le cinéma d'horreur (Blacula, Le vampire noir, Abby), les arts martiaux (Black belt Jones), le péplum (The arena), le western (Boss nigger), l'espionnage (Cleopatra Jones), le film politique engagé (The spook who sat by the door), le comique (Uptown Saturday Night). Ces films étaient très appréciés par la communauté noire car ils montraient des acteurs afro-américains dans des situations d'hommes fiers et libres de leurs choix de vie. Des personnages noirs qui résistent aux Blancs, qui leur répondent. Dans beaucoup de films le personnage noir est associé au bien et le blanc au mal. Alors que les films Hollywoodiens des années 1930, 1940 ou 1950 montraient les Noirs seulement dans des rôles de danseurs de cabaret, serveurs, bandits ou esclaves. On peut ajouter que les films de la blaxploitation cherchaient à donner une image de la vie quotidienne des Afroaméricains. Ainsi que leurs aspirations, la vieille femme noire au début du film servant les riches Blancs, puis l'inverse à la fin. Lorsque le personnage est un homme, dans beaucoup de films comme Black Ceasar, la mère tient une place importante dans la vie du personnage, en raison d'un problème persistant hérité de l'esclavage dans les quartiers noirs dans les années 1970 : beaucoup de pères abandonnaient l'enfant à leur mère. On peut dire que les films de la blaxploitation reflètent les aspirations des Noirs aux droits civiques, à leurs difficultés quotidiennes. Mais aussi à ce qu'ils vivaient dans les années 1970. La prostitution, la drogue, la corruption, le racisme de la part des policiers, les viols... tout cela est abordé dans les films de la blaxploitation.

Le premier film date de 1971 est Sweet Sweetback's Baadasssss Song, tournée par Melvin Van Peebles. Ce film « 100% noir » rapportera 10 millions de dollars, un chiffre remarquable pour une production indépendante d'un budget de 100 000 dollars. La même année sort Shaft, les nuits rouges de Harlem cette fois ci produit par un grand studio mais toujours réalisé par un noir : Gordon Parks (photographe et journaliste). Shaft sera un succès planétaire grâce en partie à la musique originale du film d'Isaac Hayes.

Une grande majorité des films de blaxploitation étaient de qualité plutôt médiocres, souvent violents et remplis de clichés et préjugés. Ils parlaient de prostituées, de dealers, de tueurs dans le ghetto. Tous ces stéréotypes sont aujourd'hui repris dans le gangsta rap, Snoop Dog a été fortement influencé par Rudy Ray Moore.

Chaque film était l'occasion de fournir une bande originale de grande qualité. Tous les grands musiciens noirs des années 1970 ont exercé leurs talents ; la liste est longue et non exhaustive : James Brown (Black Caesar), Curtis Mayfield (Superfly, Short eyes), Isaac Hayes (Shaft, Truck Turner, Three tough guys), Johnny Pate (Brothers on the run, Bucktown), Marvin gaye (Trouble man), Norman Whitfield (Car wash), Edwin Starr (Hell up in Harlem), Roy Ayers (Coffy), J.J. Johnson (Cleopatra Jones), Willie Hutch (The Mack), Herbie Hancock (The spook who sat by the door) et Barry White (Together brothers)...

Certains de ces films étaient parfois réalisés par des Blancs (Larry Cohen pour Black caesar) et beaucoup étaient produits par des Blancs, ce qui poussa des associations afro-américaines à les rejeter. Par la surproduction, le public finit par se lasser et à la fin des années 1970, le genre tomba en désuétude.

Quelques icônes du cinéma de blaxploitation sont à signaler comme Pam Grier (vue dans Jackie Brown), Jim Kelly (vu dans Opération Dragon, de Bruce Lee), Rudy Ray Moore et Fred Williamson.

Le genre a eu une grande influence sur certains réalisateurs contemporains. Ainsi, Quentin Tarantino lui a rendu maintes fois hommage dans ses films, principalement dans Jackie Brown mais aussi dans Kill Bill vol 1 par l'usage de la musique du film Truck Turner et quelques clins d'œil appuyés.

En 2009, le film Black Dynamite parodie les films de blaxploitation.

Exemples de films de blaxploitation

Comic-book

Parallèlement à la blaxploitation au cinéma, un mouvement similaire a pu être observé dans l'univers du comic-book avec des personnages tels que :

Dans la culture populaire

Les influences et les références à la blaxploitation :

Autres films

Animations

Bibliographie

  • 1993 : Framing Blackness: The African American Image in Film de Ed Guerrero (Temple University Press)
  • 1995 : That's Blaxploitation!: Roots of the Baadasssss 'Tude (Rated X by an All-Whyte Jury) de Darius James (St. Martin's Griffin)
  • 1997 : Who Stole the Soul?: Blaxploitation Echoed in the Harlem Renaissance de Brian Dorsey (Institut F'Ur Anglistik Und Amerikanistik)
  • 1998 : What It Is... What It Was!; The Black Film Explosion of the '70s in Words and Pictures de Andres Chavez, Denise Chavez, Gerald Martinez (Miramax Books)
  • 1998 : The Superfly Guide to Blaxploitation Movies de Alan McQueen & Martin McCabe (Titan Books)
  • 2001 : Blaxploitation Cinema de Dr. Mikel J. Koven (Pocket Essentials)
  • 2006 : Women of Blaxploitation: How the Black Action Film Heroine Changed American Popular Culture de Yvonne D. Sims (McFarland & Company, Inc.)
  • 2007 : Blaxploitation Films of the 1970s: Blackness and Genre de Novotny Lawrence (Routledge)
  • 2007 : The Notorious Phd's Guide to the Super Fly '70s de Todd Boyd (Broadway edition)
  • 2008 : Blaxploitation Cinema: The Essential Reference Guide de Josiah Howard (FAB Press)
  • 2008 : "Baad Bitches" and Sassy Supermamas: Black Power Action Films de Stéphane Dunn (University of Illinois Press)
  • 2009 : Reflections on Blaxploitation: Actors and Directors Speak de David Walker, Andrew J. Rausch, Chris Watson (The Scarecrow Press, Inc)
  • 2009 : Jack Hill: The Exploitation and Blaxploitation Master, Film by Film de Calum Waddell (McFarland & Company, Inc.)
  • 2009 : BadAzz MoFo's Book of BLAXPLOITATION, Volume One de David Walker (Drapetomedia)
  • 2010 : Blaxploitation Films de Mikel J. Koven (Oldcastle Books)
  • 2008 : Blaxploitation, 70's Soul Fever. Sévéon, Julien. Bazaar & Compagnie. Paris, 2008
  • 2007 : Mad Movies, Hors-série spécial Grinhouse (cinéma d'exploitation), juin 2007.

Liens externes

 

Blaxploitation ou Blacksploitation :

 



Terme désignant une catégorie de films, datés généralement de la première moitié des années 1970, et mettant en vedette des héros noirs. La blaxploitation fit suite aux mouvements d'émancipation des Noirs américains, et mit en valeur des personnages généralement éloignés des noirs "trop parfaits" tels qu'avait pu les incarner Sidney Poitier dans la décennie précédente. Le flic violent Shaft, le karatéka Black Belt Jones sont des héros souvent amoraux, en phase avec une époque cynique. La blaxploitation fut une mode essentiellement américaine, mais elle fut reprise dans des films originaires d'autres pays, comme "T.N.T. Jackson", du philippin Cirio H. Santiago. A noter que, si certains réalisateurs qui s'illustrèrent dans cette mode étaient bien noirs (comme Gordon Parks), d'autres cinéastes spécialisés dans la blaxploitation étaient tout ce qu'il y a de plus blancs (Jack Hill).



Généralement agrémentées de bandes originales branchées, dont certaines devaient mal vieillir tandis que d'autres ont aujourd'hui plus d'intérêt que les films, les oeuvres de la blaxploitation sont pour la plupart des séries B sans prétention artistique, comportant des doses plus ou moins fortes de violence et de sexe. Ces films à petit budget, sans acteurs connus, servirent cependant de tremplin aux carrières de comédiens comme Pam Grier, Jim Kelly, Fred Williamson, Jim Brown ou Richard Roundtree. La blaxploitation, comme son nom l'indique, n'échappe pas à l'ornière du cinéma d'exploitation et dérape fréquemment dans le grotesque et le nanar à force de manque d'ambition et de clichés sur des héros noirs forcément cools, sans complexes, et se tapant à l'occasion toutes les femmes blanches qu'ils veulent. (Prétexte à plans nichon et autres éléments racoleurs bien putassiers).



 







A force de vouloir à tout prix "ethniciser" les genres cinématographiques (on vit un Dracula noir, un Frankenstein noir, un Exorciste noir...), le genre finit par passer de mode, la présence d'acteurs noirs comme protagonistes étant par ailleurs devenue très ordinaire. L'intérêt pour les années 1970 a valu à cette mode un peu kitsch un certain revival : la parodie "I'm gonna git you sucka" (1989) en fut le premier signe, comme la présence de Pam Grier et Jim Brown dans "Mars attacks!" (1997) et surtout "Jackie Brown", avec Pam Grier.



Parmi les films de blaxploitation modernes, citons par exemple "Vampiyaz" (prononcer "Vam-paï-yeuz"). Avec son orthographe copiant l'argot jusqu'à la caricature (l'accroche est "Brothaz in blood"), le titre est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Ce qui est parfaitement stupide, car le film, bien que médiocre, réussit pourtant à éviter la plupart des clichés sur les Noirs dans le ghetto.

 

 

 

 

 

1 novembre 2012

magie chinoise.....

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par Georges Charles

   

Rares sont les ouvrages sur le Feng Shui qui évoquent les rituels magiques de purification. En Chine, ils font pourtant partie intégrante de toute intervention dans ce domaine particulier.

 

Les Cinq Éléments et le Salut rituel comme purification symbolique.

La notion de “Salut”, donc, étymologiquement, de protection rituelle ou magique ne date pas d’aujourd’hui puisqu’on retrouve de nombreuses descriptions de rituels de purification par le salut dans le “Livre des Rites” (Liji ou Li Ki) attribué à Kongzi (Confucius) ainsi que dans divers textes classiques anciens.

L’un des plus caractéristiques est, par exemple, décrit dans le 19ème chapitre du Traité du Maître Transcendant de Nan Hoa attribué à Zhuangzi... ou Tchouang Tseu... auteur que de nombreux intellectuels se prétendant taoïstes aiment à citer. Il s’agit tout simplement d’un Duc qui lors d’une chasse près d’un marais froid et humide, se croit agressé par un spectre (... ou une “énergie perverse” (Xie Qi) très caractèristique du Feng Shui...). Par la suite le duc se mit à divaguer et se prétendit malade. Son ministre lui expliqua : “Un spectre (Gui ou Kouei = entité malfaisante, énergie perverse) ne peut pas nuire à un personnage tel que vous.
Si l’esprit vital (l’énergie) accumulé se disperse hors du corps de l’homme (extérieur (Wai) = énergie du métal) et n’y revient pas, celui ci devient débile (faible physiquement et psychiquement).
Si il monte dans le haut du corps (excès de Yang en haut = énergie du feu) et ne peut redescendre, l’homme devient irascible.
Si il descend et s’accumule dans le bas du corps (excès de Yin en bas = énergie de l’eau) sans pouvoir remonter l’homme devient oublieux.
Si il se fixe au milieu du corps et s’accumule dans le centre (énergie de terre) sans pouvoir ni monter ni descendre, cela le rend malade. C’est là votre cas. Trop de soucis et de concentration : régénérez vous et distrayez vous (énergie de bois) !
”.

Il s’agit là d’un cycle particulier dit de “violation” (Wu), aussi nommé cycle d’assaut, d’attaque ou d’insulte qui n’a pas échappé aux acupuncteurs traditionnels tels que Chamfrault (Tome 5 du Traité de Médecine Chinoise - chapitre IV paragraphe sur le “répartition des énergies Yang et Yin de l’homme” Editions Coquemard), Lavier (Histoire, pratique et doctrine de l’acupuncture traditionnelle. Editions Henry Veyrier) ou, plus récemment, Eyssalet ( Les Cinq Chemins du clair et de l’obscur - chapitre sur les Cinq Mouvements ou Cinq modalités P. 147 - Editions Guy Trédaniel)... en effet si on suit attentivement le texte on trouve dans l’ordre les énergies du Métal, du Feu, de l’Eau, de la Terre et du Bois...
Le métal est fondu par le feu; le feu est éteint par l’eau; l’eau est absorbée par la terre; la terre est consommée par le bois et le bois, à son tour est tranché par le métal.
Il s’agit donc d’une purification symbolique qualifiée de barbare (Wei). Cela représente, en quelque sorte, l’attaque donc la “purification” par “violation”, du métal (hache, sabre, lance, flèche...) suivie du feu (incendie du campement adverse) puis de l’eau (inondation et désolation) aboutissant à la terre (occupation du lieu et délimitation de nouvelles frontières...) puis à la conquête de nouveaux territoires (bois et vent).

Ce que l’on sait moins est que ce fameux cycle de violation est utilisé comme purification symbolique précédant le salut qui, lui-même, ouvre le rituel de pratique à proprement parler. Zhuangzi donne ensuite une description des principaux spectres (Gui) habitant les égouts, les chaufferies, les fosses à fumier, les endroits humides, les steppes, les régions montagneuses... Le but de la purification magique utilisée dans le cadre du Feng Shui classique est justement de se débarrasser de ces éventuels spectres... donc des énergies perturbatrices ayant pu envahir un lieu. Ce faisant, le praticien en Feng Shui purifie le lieu qu’il souhaite étudier et rééquilibrer mais également se protéger. En effet, intervenir successivement de nombreuses fois dans des lieux à problèmes peut, à la longue, générer des perturbations énergétiques bien compréhensibles... car il est rare qu’on fasse venir un expert de Feng Shui lorsqu’il n’existe aucune raison à son intervention.

 

La purification par le Métal et l’épée magique (Ling Jian) de “monnaies de soumission et de triomphe” :

Dans l’ordre nous retrouverons donc le Métal avec l’épée magique (Ling Jian) constitué d’une ligature de multiples pièces chinoises (sapèques), parfois nommées Yasheng Qian - monnaies de soumission et de triomphe - percées d’un carré.
Il convient donc avec le son du Métal (Hé) - reproduisant le son de l’éclair ou celui de la soie déchirée par le métal - de trancher d’abord verticalement dans les “Quatre Directions” fondamentales (Nord, Ouest, Sud, Est) donc dans le sens des aiguilles d’une montre (Shun). Puis de trancher horizontalement dans le sens contraire des aiguilles d’une montre (Ni) en tournant sur soi-même enfin de trancher d’une manière oblique de la gauche en haut (Yang) vers la droite en bas (Yin) en visualisant la couleur blanche.
Certains officiants utilisent également une “épée aux Sept Etoiles du Nord” qui comporte sept points de cuivre inclus dans une lame d’acier forgé rituellement et se réunissant pour former l’image symbolique de la Grande Ourse ou une épée magique en bois de pêcher teinte en rouge... Jadis on utilisait aussi, dans certaines cérémonies officielles, un sceptre de jade (Yu Ji ou Jou I) souvent représenté comme instrument de pouvoir.

Il est également possible, dans certaines conditions, d’utiliser simplement la main, doigts réunis en “forme d’épée magique” ou “d’immortel montrant le chemin”. Dans ce cas index et majeur sont réunis et étendus tandis que le pouce recouvre les ongles de l’annulaire et de l’auriculaire. Ces trois derniers doigts joints forment un cercle. Le geste consiste simplement à trancher comme avec une épée. Cette position particulière de la main est également utilisée dans la pratique de l’épée droite (Jian) que l’on retrouve dans les formes armées (Wutao, Doan... ) du “Kung-fu Wushu” (Art chevaleresque chinois classique ou traditionnel ) ou des Arts Internes comme le Taijiquan, le Baguazhang, le Xingyiquan. Cette purification symbolique a pour but de “trancher ce qui s’attache au lieu”.
Ce rite particulier, lié au métal, se retrouve dans bon nombre d’inaugurations puisqu’il convient de couper un ruban symbolique... ce que fait souvent même le Président de la République sans pour autant passer pour un attardé notoire. Bien que l’épée de sapèques soit l’objet le plus utilisé en Feng Shui, avant même la fameuse boussole géomantique (luoban ou Luo Pan) elle est rarement montrée ou décrite et moins encore démontrée quant à son utilisation rituelle. Celle-ci fait probablement un peu peur.
On préfère donc souvent aseptiser la vérité que de purifier le lieu. Il faut dire qu’en Chine, les acupuncteurs chinois étudient également des pratiques purificatrices qui ne seront jamais montrées aux acupuncteurs occidentaux venus étudier l’acupuncture traditionnelle car la tradition fait parfois un peu peur à ceux qui ne la pratiquent pas dans son contexte originel. Par la suite, ces mêmes acupuncteurs occidentaux se plaignent d’être quelque peu fatigués, sinon vampirisés, par leurs propres patients. Il y a quelques chances que les praticiens occidentaux en Feng Shui, n’ayant pas forcément toutes les données du problème oriental et particulièrement chinois, se sentent peu à peu quelque peu fatigués, sinon vampirisés, par les lieux qu’ils traitent sans le moindre rituel de purification ni de protection... Ils auraient du lire Zhuangzi !

 

La purification par le Feu... et l’encens... sans oublier les indispensables pétards.

Après le métal vient le feu. Après avoir “tranché - donc séparé - ce qui s’accroche au lieu” encore faut-il se débarrasser de ce qui est produit. On utilise, tout simplement, l’incinération.
Cela consistait jadis à faire un feu puis à jeter sur les braises des substances aromatiques comme le benjoin, le santal, la myrrhe, la myrte, l’ambre, le sang dragon...
Par la suite on utilisa, plus simplement, des charbons ardents sur lesquels on lançait des résines désignées globalement sous la dénomination d’encens. Puis vint le tour des cônes et des baguettes parfumés naturellement... ou synthétiquement... sinon des diffuseurs d’essences essentielles ou aromatiques qui sont censées purifier l’atmosphère. Pour aboutir, ou peu s’en faut, à l’ionisateur électronique d’ambiance.
Certains prévoient même des peintures odoriférantes. Jusqu’à se demander si le remède, la diffusion d’un parfum chimique, n’est pas pire que le mal : la destruction d’odeurs naturelles.
Les asiatiques utilisent très volontiers des bâtons ou des spirales d’encens dans les rituels publics (temples... ) et ouverts à tous mais continuent à utiliser des encens en grains dans les rites purificateurs plus spécifiques ou dans les espaces à consacrer par une cérémonie. Il est donc possible de distinguer simplement l’encens de purification initiale, utilisé pour nettoyer un lieu en profondeur, des encens d’entretien qui agissent plus superficiellement.
Dans le premier cas il est toujours préférable de continuer à utiliser des charbons ardents et des résines. Ces dernières, considérées comme des “encens d’église” sont utilisées dans la plupart des temples d’orient et d’extrême-orient ainsi que dans certains rites particuliers des églises occidentales. On peut en trouver dans les boutiques plus ou moins liées aux divers cultes sous la dénomination d’encens de Jérusalem, d’encens sacré du Tibet... Par la suite il sera tout à fait possible de conseiller l’utilisations de cônes ou de baguettes ou, ce qui est très pratique et efficace, de papier d’Arménie. Celui-ci a au moins l’intérêt d’être confectionné avec des essences naturelles et fort agréables à l’odorat, ce qui n’est pas toujours le cas des encens bon marché !
Pour le rituel de purification initial il est traditionnel de disposer le brûle-encens face au Sud et de procéder à trois fumigations successives. Pour le rituel d’entretien il convient de tourner autour du lieu à nettoyer dans le sens des aiguilles d’une montre (Shun) en effectuant un nombre de tours impair (Yang)... Un, trois, cinq, sept ou neuf. Ce rituel de purification ou de nettoyage s’effectue avec le son Ha - celui du brasier dans lequel on jette les substances aromatiques -
Les purifications extérieures peuvent s’effectuer avec des huiles produisant une fumée plus abondante. Concernant le Feng Shui populaire il existe un autre moyen de purification très utilisé en Chine, ainsi que dans la plupart des pays d’Extrême-Orient puisqu’il s’agit simplement des pétards nécessaires à toute cérémonie d’inauguration et nécessairement de couleur rouge, la couleur du Feu. On inaugure la nouvelle année par des pétards, on inaugure le mariage par des pétards, on inaugure un nouveau restaurant, une nouvelle boutique, un nouveau building, un nouvel aéroport ou un nouveau président... par des kyrielles de pétards. Plus il y en a plus l’inauguration est jugée comme faste, donc bénéfique. Une fête chinoise sans pétard n’est pas une fête chinoise et encore moins une fête. Une inauguration sans pétard est un enterrement de pauvre.
Le pétard (Pao) de par son bruit éloigne les mauvais esprits et les influences pernicieuses et fait, littéralement, exploser les revenants (Gui ou Kouei). Ce qui explique, pour de nombreux chinois, que les occidentaux - les Guilo ou Kwei Lo (types fantômes, individus perturbateurs...) - aient justement horreur des pétards. Pao signifie exploser, mais également sublimer... et proclamer. En Chine on “proclame” (Pao) une nouvelle loi. A l’origine il s’agissait de lancer des bambous verts dans le feu et ceux-ci éclataient dans un grand vacarme en projetant des cendres incandescentes, ce qui était de très bon augure.

La tradition se perpétue donc et, particulièrement à l’extérieur on se saurait réellement sanctifier un lieu sans quelques pétards bien sentis. On laisse faire les enfants qui s’en donnent à coeur joie, mais il existe encore quelques vieux maîtres taoïstes qui ne dédaignent pas allumer eux-mêmes la mèche à l’improviste surtout si il y a des Kweilo dans l’assistance. En occident on évite ce genre de débordement sonore surtout si on souhaite passer pour quelqu’un de sérieux et on se prive ainsi d’une bonne purification à peu de frais. La poudre a originellement été créée pour cet usage qui vaut bien celui, plus guerrier et beaucoup plus désagréable, qu’en ont fait, par la suite, les militaires occidentaux.

 

La purification lustrale par l’eau et le sel...

Après vient la purification par l’eau car il convient de limiter les effets en chaîne et excessifs du feu impérial. Il s’agit, encore très simplement, de procéder soit à des ablutions rituelles, que l’on retrouve dans le rite du baptême, avec de l’eau lustrale soit de projeter cet eau, et parfois du sel, sur le lieu à consacrer et à purifier.
A l’origine après avoir jeté de l’huile sur le feu, d’où une expression encore très utilisée dans un sens populaire, on jetait du sel sur le brasier, ce qui le faisait crépiter et ravivait la flamme, puis de l’eau salée ce qui produisait un son particulier (Shiii) qui, justement est le son de l’Eau (Sii - pluie glacée de l’hiver sur des ardoises) et une intense vapeur.
Désormais on se contente souvent, ne serait-ce que dans le baptême, d’une aspersion symbolique d’eau dite bénite et du dépôt de quelques grains de sel sur la langue.
Cette saveur (sapor) salée amenait la “sapience” donc la sagesse. Eau et sel sont donc toujours utilisés pour purifier un lieu ou pour se purifier symboliquement en se frottant les mains de sel avant de procéder à un rituel.

Ceux qui acceptent de faire baptiser un enfant trouvent pourtant étrange que l’on puisse baptiser un lieu avec les mêmes ingrédients. Dans une certaine mesure, pourtant, la bouteille de champagne utilisée pour baptiser un nouveau bateau procède de la même intention... et est devenue indissociable de la victoire sportive. On évacue ainsi le mauvais sort et on baptise le succès, donc le nouveau champion, au vu et au su de tous... mais on passe pour étrange si on procède de même, officiellement, avec un appartement, une nouvelle boutique ou, à plus forte raison, une société. On dissimule alors le rite sous la pratique festive. Pourquoi se cacher et risquer de bâcler un moment essentiel puisque l’on sait par ailleurs que ce “baptême” est important pour le succès futur de l’entreprise. Dans la tradition sacrée japonaise les divinités primitives Izanagi No Kami et Izanami No Kami agitent l’eau salée avec la lance jusqu’à ce qu’elle devienne solide et engendre l’archipel principal du Soleil Levant. Les gouttes d’eau salée qui tombent de la lance magique, également symboliquement attachée à l’élément Eau, deviennent les multiples îles. L’eau salée et la lance ornée de pierres sombres sont, de ce fait, toujours utilisées dans certains rituels Shintô.

 

La sanctification du lieu par la terre...

Il n’est pas question de laisser l’eau s’installer sur le lieu que l’on souhaite utiliser et on utilise, ensuite, la terre pour absorber l’excèdent de celle-ci. Cela consiste symboliquement à délimiter le lieu consacré donc à en situer les limites.
Cela se faisait jadis avec l’usage d’un carré magique (Lo Shu) à partir duquel on définissait un centre (Terre) et une périphérie ainsi que, bien souvent, une circulation symbolique. En Chine cela était représenté par l’Empereur (Wang) qui se voulait à la jonction entre terre et ciel et qui évoluait, suivant un ordre particulier, en fonction des saisons et des périodes de la journée, dans son “Palais du Ming Tang” ( Ming = illumination, clarté, connaissance globale ). En Occident on retrouve ce rite dans le fait de déposer une première pierre... la “pierre angulaire” ou “pierre d’achoppement” qui symbolise le point de départ de l’édifice... donc de l’oeuvre.
Dans le rite de purification traditionnel cela consiste à délimiter l’endroit consacré au rituel... qui se trouve ainsi au “centre” de la pratique. Cette délimitation peut être formalisée par une marche rituelle, procession ou circumambulation (marche circulaire), généralement effectuée avec de l’encens (feu) ou des instruments de musique (cymbales, tambours, flûtes... ). Cet espace sacré peut également être constitué de plusieurs enceintes protectrices dont les limites sont définies par le rituel.
Celui qui officie se tourne généralement vers le Nord, suivant l’orientation chinoise, ce qui lui permet d’avoir la lumière de l’Est, donc le jeune Yang ou Yang naissant, du coté gauche et, par conséquence, le Yin à droite. De ce coté se tiennent les armes (métal).
Ce fait est attesté par Laozi (Lao Tseu) dans le chapitre 31 du Daodejing (Tao Te King) : “L’homme noble dans sa vie ordinaire tient sa gauche pour place d’honneur. Elle est à droite lorsqu’il porte les armes”. Or les objets rituels sont considérés comme des armes destinées à combattre les influences pernicieuses. Le lieu consacré est protégé non seulement par une entrée bien disposée et une porte solide sur laquelle, ou de part et d’autre de laquelle, on dispose des symboles représentant des gardiens.

Les Shintoïstes entourent leurs maisons, au jour de l’an, de cordes de paille. Le lieu privé ou sacré est ainsi séparé du monde extérieur par une enceinte subtile. Cette enceinte délimite donc un “centre” intérieur par rapport à la périphérie. Ce “centre interne” représente l’endroit privilégié où se situe l’esprit (Shen) du lieu. En pénétrant dans le lieu c’est cet endroit qu’il convient alors de saluer. Enfin, la Terre représente le séjour initial des défunts ou, au moins de leur dépouille.
Une prière antique permet de comprendre quelle importance donnaient les anciens à cette Terre : “Va sous cette Terre, ta mère aux vaste séjours et aux bonnes faveurs. Douce comme la laine et la soie à qui sut la respecter. Qu’elle te garde du néant. Terre, forme voûte pour lui et ne l’écrase point mais reçois le et accueille le doucement. Couvre le d’un pan de ta robe comme une mère protège son fils”.
Symboliquement le passage par la Terre représente donc la “mort du disciple” (Hexagramme 36 Ming Yi - obscurcissement de la lumière - du Yijing) préfigurant “l’éveil du Maître” (Hexagramme 37 Kia Jen - le retour au Clan familial - du Yijing).
Cet “éveil” sera symbolisé par le Bois (printemps, résurrection, renouveau de l’aube)... et le Salut initial.

 

La régénération du lieu par le bois.

Cet élément Bois peut s’entendre au propre et au figuré. Il représente, en effet, la régénération, le renouveau, la renaissance, la germination donc le début d’un nouveau cycle lié à la jeunesse, au printemps, au matin.
Pratiquement il s’agit donc de l’énergie vitale que représentent les plantes. Il est fort possible d’utiliser ces plantes vivaces comme une plante verte ou un arbre miniature (Bonsaï) pour régénérer un lieu comme il est possible d’utiliser une composition florale de plantes fraîches ou même séchées.
Les compositions japonaises issues de l’Ikebana ont toujours été disposées dans ce but à la place d’honneur (Shinza).

Dans certains cas des objets décoratifs ou des cloisons de bois peuvent également apporter cette énergie régénératrice. L’éventail, producteur de vent ou de brise est également lié à l’élément Bois. Symboliquement le bois correspond également au Salut (salutation rituelle). Ce salut se situe généralement lorsque les purifications rituelles par le Métal, le Feu, l’Eau et la Terre ont été effectuées et correspond à l’ouverture vers autre chose... donc un renouveau. Le salut est donc un élément essentiel du rituel puisqu’il se situe à la fin de celui-ci mais également au début de ce qui va se passer ensuite.
On retrouve donc ce salut dans bon nombre de pratiques traditionnelles et particulièrement dans les arts chevaleresques, ou “arts martiaux” où il a pour but tant de purifier le lieu de pratique que ceux qui y sont présents. Ce salut peut s’effectuer debout ou, plus rituellement, en forme agenouillée et suivant des axes et des orientations très spécifiques.
Dans les pratiques japonaises on salue le plus souvent un emplacement symbolique, le Shinza (littéralement Coeur/Esprit (Shin) assis (Za)... endroit où est présent (assis) l’Esprit du lieu)... lui même entouré du Kamiza ( où s’assoient (Za) les Esprits du Feu (Ka) et de l’Eau (Mi)...) et du Shimoza (endroit ou se tiennent les Esprits des Ancêtres).
L’ensemble Shimoza/Shinza/Kamiza représente également la trilogie Terre/Homme/ Ciel donc le matériel, l’émotionnel, et le spirituel du lieu consacré.
Le Kamiza comporte souvent au autel dans lequel on dispose des objets symboliques (éventail, sabres, flûte, cloches musicales...) une calligraphie, un portrait, une composition florale ou un bonsaï. Lorsque le salut a été effectué l’essentiel a été dit et a été fait et les choses peuvent, enfin, suivre leur cours normal. En fait, le reste n’est plus que formalité. Dans le rituel de purification par les Eléments, le salut, correspondant au Bois (conquête) prépare un autre cycle beaucoup plus paisible qui est celui de l’engendrement (Xiang Sheng).

Ce salut peut également être remplacé par une onction utilisant une huile consacrée. Dans la tradition chinoise l’huile végétale est, en effet, rattachée à l’élément Bois car elle est issue d’une plante et sert, lorsqu’on l’utilise dans une lampe, à engendrer la lumière. Dans ce cas le Yin du Bois engendre le Yang du Feu. On utilise des huiles parfumées comme l’huile de santal, l’huile de Ylang Ylang, l’huile de camphre. Ces huiles sont considérées comme d’excellents remèdes contre les plaies et bosses et servent également à oindre les défunts avant leur mise en cercueil. Dans certains cas il était également possible de brûler de l’huile sur une surface chauffée. Cela permet de mettre en relation l’Eau (liquide), le Bois (huile végétale ou bâtonnet d’encens parfumé), le Feu (combustion ou chaleur), la Terre (substance parfumée. Le parfum (Xiang) est rattaché à l’élément Terre) et le Métal (support, souvent un brûle encens en bronze). Donc les Cinq Eléments.

La purification ayant été effectuée il est alors possible de disposer le foyer (Feu) - foyer familial - puis de définir les limites de l’occupation du lieu (Terre) - loyer - de forger ou d’utiliser des outils (Métal) qui seront utilisés pour creuser un puits (Eau) qui, lui-même, servira à irriguer les plantations (Bois).
On retrouve alors un cycle où les éléments s’engendrent. Le Feu engendre (Sheng) la Terre. La Terre engendre le Métal. Le Métal engendre l’Eau. L’Eau engendre le Bois. Le bois, à son tour, engendre le feu. Les Cinq Eléments demeurent mais leur utilisation change. Le sabre ou la hache devient la charrue ou la houe. Le Feu de l’Incendie devient le foyer familial. L’eau de l’inondation incontrôlée et destructrice devient le puits. La Terre de l’occupation militaire devient celle du loyer civil. Le bois de la conquête devient celui de la culture.
Les éléments se sont assagis et le conquérant nomade est devenu sédentaire. Il possède alors un Feu et un Lieu donc un foyer et un loyer, ce n’est plus un individu sans foi (foy) ni loi (loy). Il en va de même pour les énergies de l’habitat ou du lieu de travail qui, lorsqu’elles sont purifiées et contrôlées, s’assagissent quelque peu et, de perturbatrices et excessives, deviennent favorables et profitables à tous.

 

LA MAGIE CHINOISE

Si il existe une magie purificatrice ou protectrice que l’on pourrait qualifier de “Magie Blanche” il existe, également, en Chine une magie beaucoup plus dangereuse et pernicieuse qui correspond à la “Magie Noire” et qui est toujours pratiquée par les sorciers tant à la campagne qu’en ville. La civilisation chinoise plonge ses racines au plus profond des origines de l’humanité et conserve, envers et contre tous, des traditions plusieurs fois millénaires dont certaines se perpétuent encore plus que jamais. C’est, notamment, le cas de la magie.
Les Chinois sont toujours friands de légendes merveilleuses et croient plus que quiconque au surnaturel surtout lorsque celui-ci est quelque peu teinté de magie. Celle-ci fait habituellement partie du quotidien et on trouve presque partout des amulettes protectrices sous des formes les plus diverses, pièces, figurines et pendentifs de métal ou de jade comportant des trigrammes (Bagua ou Pa Kua) ou des formules de protection, effigies de divinités que l’on colle sur les portes lors des cérémonies du Nouvel An, charmes taoïstes et talismans de papier (Fu Lu) reproduisant des calligraphies magiques et permettant de favoriser la chance, de réussir dans les affaires, de conclure un marché ou de séduire son prochain... faux billets et faux lingots servant d’offrandes aux ancêtres et que l’on brûle, miroirs octogonaux que l’on suspend en fac de la porte d’entrée, pierres bénéfiques représentant des animaux du zodiaque, le Bouddha, Kuan Yin ou d’autres divinités chinoises que l’on porte sur soi.
Il s’agit donc, dans une certaine mesure, de superstitions que le Révèrent Père Doré de la Compagnie de Jésus à pu, en Chine, décrire avec force détails puisqu’il rédigea seize volumes à ce sujet. De nombreuses superstitions sont liées au culte des morts. Cela porte malheur, par exemple, de piquer des baguettes dans un bol de riz et de les laisser plantées car il s’agit alors d’une offrande aux morts. De même, on ne verte jamais de l’eau froide dans le thé ou on ne brûle jamais de l’encens en baguettes par paires.
Dans le cadre de la magie noire, on utilise justement ce qu’il est convenu de ne pas faire dans le cadre du rituel. Il s’agit donc le plus souvent d’une inversion (Ni) de ce rituel. Ces opérations magiques se situent donc très souvent à la lisière de la religion dont elle devient l’adversaire au moment où elle ravalent le divin à l’état de moyen. Contrairement au rituel religieux, le rituel magique, dans ce cas particulier de la magie noire, représente des désirs égoïstes donc d’intérêt privé et souvent malfaisants. Cette magie utilise donc un ensemble de procédés mettant en oeuvre ce que le rituel tente de combattre. Il n’est donc pas rare qu’elle utilise le sacrifice où le sang et les viscères jouent encore un rôle important. Là où le rituel utilise le symbole ou l’acte symbolique, la magie utilise le fait. L’acte de salir ou de dégrader par le fer, par le feu, par le sang un lieu consacré par le rite est un acte magique conscient qu’utilisent les sorciers. Le fait de dégrader un symbole est également un acte magique.
Dans une certaine mesure il est possible d’inverser un symbole bénéfique pour en faire un instrument magique de pouvoir plus ou moins maléfique. Lorsque le roue solaire bouddhique (svastika) tourne vers la droite, la croix gammée nazie du “soleil noir” (sauvastika) tourne vers la gauche et est donc considérée comme senestre, donc sinistre. Il en va de même pour le Taiji qui, lorsqu’il est inverse (Ni), est considéré comme un symbole de magie, donc de domination. Cette domination poussée à l’extrême devient destructive. La magie noire cherche à détruire un adversaire en s’assurant le concours des forces opposées au bien. Elle agit donc à l’envers (Ni) du rite public.
C’est une des raisons essentielles pour lesquelles, dans la majorité des civilisations traditionnelles, en Grèce, à Rome, en Chine, au Japon le rituel sacré se devait d’être effectué publiquement au grand jour alors que les opérations magiques s’effectuaient en privé et secrètement. Ce qui est sacral a donc un caractère public tandis que ce qui est magique demeure d’ordre privé. Un rite privé est donc une chose contradictoire en soi et ne peut avoir d’effets légitimes, mais il en va autrement de la magie qui, pour demeurer opérative, se doit de demeurer secrète. Ces pratiques magiques se retrouvent jusque dans les “arts martiaux”.
En effet, si on excepte le rituel très chamanique de résistance à la douleur ou de domination des éléments (... marche sur le feu, méditation sous les cascades, bains d’eau glacée, méditation dans les grottes, enfouissements dans la terre et autres casses de divers matériaux accompagnés de fakirisme de type planche à clous et marche sur des lames de sabre... ) on retrouve, dans certains cas, l’utilisation de mouvements symboliques (destruction par le feu... ) dans des formes traditionnelles (Katas ou Tao) ou même la tentative de l’utilisation des énergies dites perverses ou perturbatrices (délétères, pathogènes... ) pour blesser un adversaire ou un ennemi. C’est le cas, particulièrement, des “Mains empoisonnées du démon” (Ti Sha Shou) qui consistent à accumuler une énergie perverse (Xie Qi ou Sha Qi) pour la restituer brutalement lors d’une frappe particulière sur un point spécifique (Dian Xue ou Tien Hsueh ou art de frapper les points vitaux) à une heure précise. De très nombreuses légendes courent évidemment sur ce sujet précis, ainsi que sur l’utilisation de la magie pour vaincre un adversaire. Rituel publique et magie privée s’affrontent ainsi depuis des millénaires en Chine et le Feng Shui se retrouve bien souvent et naturellement au milieu...

 

Die Xian ou le spiritisme chinois

Die Xian est connu comme l'Esprit de la soucoupe. On l'appelle aussi le jeu du Ouija. Il s'agit de spiritisme à la façon chinoise.

L'esprit de soucoupe se réfère à un esprit qui habite dans une soucoupe. Il n'a ni forme ni contour. Il s'attache à la soucoupe, et il a la capacité de prévoir l'avenir et de regarder dans le passé. Il est bienveillant, mais peut être espiègle à la fois.

Pour invoquer l'esprit, l'heure et l'emplacement sont très importants. Il est préférable de choisir un endroit relativement propre, généralement à 23 heures dans la nuit. (Pourquoi pas minuit... C'est parce que minuit est l'heure où les portes de l'enfer sont ouvertes).

Voici la procédure à suivre pour invoquer l'esprit Die Xian.

Il faut 5 à 6 participants. L'esprit est convoqué à l'aide des pensées d'une personne.Choisissez une soucoupe relativement propre, de préférence blanche. Dessinez une flèche au feutre sur la soucoupe. Posez la soucoupe sur une feuille de papier blanc, puis dessiner des cercles et écrivez "oui", "non", et les nombres de 1 à 9 de manière répetée. Même si l'esprit de la soucoupe est un esprit, il appartient au plan de l'enfer, qui est un monde différent de notre monde. Par conséquent, il ne peut communiquer avec nous qu'à travers un objet solide, et non pas en parlant.

Lors de ce rituel mystique, la feuille de papier doit être aussi grande qu'un calendrier mural(voir photo). Un cercle correspondant à la taille de la plaque doit être établi dans l'épicentre du papier. Dessinez un crâne et une paire d'os dans ce cercle, et écrivez d'une manière ordonnée dans la zone autour du cercle, vos nom, prénom, nombre porte bonheur, couleur préferée, et tout ce dont vous avez besoin d'écrire. Le format de l'information fournie doit être claire et distincte.

Commençons. Asseyez-vous autour de la feuille de papier, et placez la soucoupe sur la feuille de papier. Eteignez toutes les lumières, fermez la porte, et ouvrez la fenêtre. Chaque participant doit poser ses doigts sur la soucoupe. Tout le monde doit scander mentalement « esprit de la soucoupe, je te convoque». (Si l'un d'eux a des pensées distraites, l'esprit ne viendra pas).

 

spiritisme chinois

Comment savez-vous que l'esprit est arrivé? Si vous remarquez que la soucoupe a commencée à se déplacer légèrement, cela montre que l'esprit est arrivé.

Une fois que l'esprit est convoqué, la plupart des gens vont commencer à poser des questions à l'esprit sur son sexe, son âge, et comment il est mort. L'esprit va vous répondre. Toutefois, de telles questions doivent être posées avec soin afin de ne pas offenser l'esprit. Après cela, vous pouvez demander ce que vous voulez. L'esprit peut vous guider vers les réponses que vous désirez.

Une fois que les réponses aux questions ont été données, vous aurez à remettre l'esprit de la soucoupe à sa position initiale. Pour cette étape, vous aurez à procéder avec prudence, car toute erreur pourrait signifier une catastrophe. Une fois que vous fini de poser toutes vos questions, vous devreze chanter, "esprit de la soucoupe, nous avons terminé nos questions, vous pouvez prendre votre congé! " Après cela, l'esprit retourne à sa position initiale, et vous pourrez ranger la soucoupe et la feuille de papier.

 

Quelques règles et principes à respecter durant la séance de spiritisme :

Ne pas prendre l'initiative en demandant à l'esprit de partir. Vous l'avez invité, si vous le chassez, vous aurez à en supporter les conséquences.

Si vous faites cela en été, et que vous avez besoin de brûler de l'encens répulsif contre les moustiques ou de faire tourner un ventilateur électrique, vous devez avoir l'autorisation de l'esprit.

Dans chaque session, l'esprit va taquiner une personne, et les réponses qu'il donne à la personne qui pose la question auront tendance à être provocatrices et de taquines.

Un tel jeu est dangereux. La probabilité de convocation des démons est plus élevée que celle de l'invocation des esprits bienveillants. Ne jamais oublier ces Tabous :

1/ Ne jamais demander quoi que ce soit sur des gains (numéros de loterie ...)
2/  Etre irrespectueux envers l'esprit
3/ Comme beaucoup de votre essence vitale est utilisée quand ce jeu, n'allez pas dans des endroits impurs comme les lieux hantés ou des cimetières. Il serait facile pour vous de rencontrer ce que vous ne voudriez pas rencontrer!

Tous les joueurs doivent faire un serment que les réponses données à partir du jeu seront conservées seulement entre eux et que ce secret ne doit jamais être divulgué ou sinon la personne qui le fait sera maudite.
 

 La magie des encens en chine

 

En Chine, parfum et encens sont désignés par le même caractère : Xiang (Hsiang ou Hiang). L’encens a toujours eu un rôle fondamentale dans la spiritualité et la magie chinoise. L’importance de cette substance aromatique que l’on brûlait rituellement depuis des millénaires était telle que ce caractère représente encore une des clés, essentielles de l’écriture chinoise classique. Sous sa forme très ancienne, ce caractère représentait une bouche, donc la capacité de s’exprimer, de communiquer, surmontée d’une plante, ou d’un petit arbre, produisant une pluie de gouttelettes de lait... Xiang représente donc littéralement, en chinois ancien, " la sève qui permet la communication ". Ce même caractère désigne également le parfum de la vertu, la bonne renommée, le bon exemple. Par extension il représente donc aussi ce qui a trait au culte, aux temples et aux monastères et désigne, finalement, l’épithète bouddhique. C’est dire la bonne réputation de l’encens en Chine et, par contrecoup, dans tout l’Extrême-Orient.. Xiang est l’un des qualificatifs les plus élogieux que l’on puisse employer... puisqu’il évoque irrésistiblement l’odeur de sainteté.

Que ce soit dans la littérature classique ou en poésie il permet tout simplement d’encenser le sujet... Le Maître Kongzi (Confucius) en parlant d’un gouvernement idéal affirme, par exemple, " qu’il doit exhaler une senteur d’encens ". Xiang Yen, beauté d’encens, désigne, dans le Livre des Odes, la bien aimée lointaine à laquelle rêve l’officier en campagne. L’ancien joyau de la couronne britannique, Hong Kong, se dit, en réalité Xiang Gang... le Port de l’Encens. C’est dire que le lieu était désigné comme des plus favorables par les géomanciens chinois.

A Hong Kong, comme ailleurs en Chine, il convient rituellement de brûler de l’encens, dans les temples, fussent-ils Bouddhistes, Confucianistes ou Taoïstes le quinzième jour de la huitième lune en l’honneur des Esprits du Ciel et le trentième jour de la septième lune en l’honneur des Esprits de la Terre. A vrai dire, pour satisfaire ces Esprits, donc les trente six mille divinités du Panthéon chinois, il convient de brûler de l’encens tous les jours chez soi et au moins une fois par mois au Temple.

Une histoire ancienne relate le fait qu’un pèlerin fort dévot souhaitait que le Bouddha, afin de l’exaucer, ne puisse respirer que l’encens d’excellente qualité qu’il venait d’acheter à prix d’or. Il confectionna donc un cône en papier afin d’amener les volutes sous le nez du Saint Homme. Ainsi, celui-ci, pensait-il, éviterait d’inhaler les imitations d’encens bon marché habituellement utilisés par les braves gens moins fortunés que lui. Le Bouddha ne pouvait que lui être reconnaissant de cette mansuétude. Il revint le lendemain et fut horrifié de constater que la fumée, trop habilement dirigée, avait noircie le nez de la statue. En voulant le nettoyer il grimpa sur le socle et la statue se renversa et se brisa en mille morceaux. Il fut emmené par les villageois furieux devant le juge qui ordonna, devant un tel geste impie, qu’il soit largement bastonné, comme un mécréant, et condamné à remplacer la fameuse statue. Il en conclut avec sagesse que le mieux est toujours l’ennemi du bien... ce qui se dit proverbialement depuis " Noircir le nez du Bouddha ".

De nos jours, de nombreux praticiens de magie taoïste utilisent l’encens comme une composante essentielle des rituels. On utilise ainsi par exemple l'arôme du jasmin pour faciliter l'accouchement. Le jasmin est souvent associé à la féminité, dû à sa fragrance, et a souvent été utilisé pour des rituels d'amour. De même, Le camphre de Chine, est utilisé pour son pouvoir de purification et de détachement des pulsions vitales.

Certains encens servent également à repousser ou conjurer les esprits bénéfiques ou maléfiques. Ces rituels de conuration ou d’abjuration sont encore pratiqués par les sorciers Fatsi, qui utilisent également l’encens lors des rituels d’exorcisme.

Les différentes formes de la magie taoïste

 

 

La magie taoïste se divise en plusieurs disciplines souvent complémentaires. Voici les principales : 


- Les sortilèges :

Les sortilèges chinois sont très variés et servent autant pour faire le bien que pour faire le mal. Les théories sont plus ou moins poussés et assez variées. Par exemple pour se débarrasser d’un rhume, on inscrit sur une affiche une formule du genre :

« Depuis …. Je suis atteint de (telle maladie) ; aujourd’hui je décide m’en débarrasser. Le premier qui lira cette déclaration attrapera mon/ ma (nom de la maladie) ». On accrochera alors cette affiche dans la rue, afin que le premier qui lira emporte la maladie, ce qui n’est pas très moral, mais c’est une pratique courante.


- Les incantations et les charmes (Fuzhou)

 L'écriture des charmes obeit à des théories très complexes et il faut en général plusieurs années d'entraînement ainsi que plusieurs initiations avant de pouvoir les écrires. Ce qui n'est pas fait pour tout le monde ; en général seul les Fatsi et quelques moines spécialement formés en sont capables. On trouve aujourd'hui des charmes imprimés, prêts à l'emploi, mais ils sont moins efficaces que les charmes écrits par des maîtres.

Quand aux incantations, elles peuvent regroupe les différents mantras bouddhistes ainsi que les incatations liées aux différentes écoles magiques.

Une fois écris, les charmes peuvent être utilisés de différentes manières. Certains peuvent être collés sur la porte d'entrée ou dans des endroits réputés dangereux ; d’autres sont brûlés puis leurs cendres mélangées à de l’eau ou à de l’alcool. Ce liquide devient alors un philtre qui sera bu par le patient ou par le pratiquant. Il existe des écoles Taoïstes comme celle de Luk Yam (rattachée à l’école Maoshan) qui utilisent systématiquement ce genre de pratique.

- L’astrologie chinoise et la divination :

L’astrologie chinoise utilise le calendrier lunaire, bien qu’aujourd’hui certains astrologues se servent de notre calendrier grégorien. Le calendrier lunaire est fondé sur un cycle de 12 années représentées par des animaux terrestres et des animaux célestes, parfois complétées par les cinq éléments. Le cycle complet comporte 60 ans.

 La divination utilise divers procédés comme le tirage des baguettes ou le déconstruction des caractères formant le nom de la personne, puis l’interprétation des clés issus de la déconstruction…

- Le Fengshui :

Il s'agit de la géomancie chinoise. A un certain niveau, le Fengshui rejoint l’astrologie, ce qui fait que traditionnellement le Fengshui, l’astrologie et la divinations sont étudiés ensemble. Ainsi il n’est pas rare qu’un astrologue ait des connaissances en Fengshui ou en divination et vice-versa.

- Le Qigong :

Le Qigong est souvent associé à l'alchimie, bien qu'aujourd'hui, en chine aujourd’hui surtout, il n'est plus pratiqué que comme une gymnastique de santé ou une forme d'art martial. Le Qigong est également à la base d'un certain nombre de sortilèges, puisqu'il faut manier son Qi pour le concentrer ou le diriger. Peuvent être inclus au Qigong les capacités telles que le massage distance, la capacité à voir à travers des objets, la vue à longue distance, la lévitation...(je vous ai mis une photo d'un moine taoiste en lévitation pour preuve). Un médecin traditionnel chinois doit au moins posséder des connaissances en Astrologie et en Qigong pour pouvoir faire son travail.

 

L'Alchimie taoïste chinoise

alchimie chinoiseL'Alchimie taoïste chinoise est réputée pour être l'une des plus ancienne et des plus puissante du monde. Elle se subdivise en deux tendances principales, l'interne "Neidan" et l'externe "Waidan". L'alchimie chinoise consiste à l'origine à rechercher par tous les moyens l'immortalité ; au fil du temps, elle s'est modifiée pour rechercher aujourd'hui plus une élevation de l'esprit plutot que l'immortalité physique.

L'alchimie interne englobe toute les méthodes de méditation, de qigong et d'arts martiaux, bien que parfois on considère ces dernieres méthodes d'alchimie comme externe puisqu'on travaille d'abord sur le physique.

La préparation des potions fait partie de l’alchimie externe (Waidan) et concerne toute la pharmacopée médicale chinoise, les festins « Bu » (les préparations culinaires utilisant des procédés médicaux ). Cette discipline figure parmi les plus décriées de nos jours car les ingrédients utilisés dans les festins « Bu » sont souvent des espèces animales ou végétales. La cervelle de singe ou le sang de serpent frais sont figurent parmis ces composants.

L'alchimie externe n'est presque plus pratiquée de nos jours, sauf sous des formes très simplifiées.

Les procédés qui permettent de détruire les causes de la décrépitude et de la mort, ainsi que de créer l’embryon du corps immortel, sont nombreux, mais on peut les répartir tous en trois classes: alimentaires et hygiéniques, respiratoires et mimétiques, alchimiques. Ces derniers sont considérés comme les plus puissants. Au IVe siècle de notre ère, Ge Hong, le plus célèbre des alchimistes chinois, déclare formellement que sans l’alchimie on arrivera peut-être à prolonger la vie, mais jamais à la rendre éternelle. Ultérieurement, la difficulté et les prix des opérations alchimiques diminuèrent l’importance pratique, sinon théorique, de ces techniques.

Elles étaient, en effet, compliquées et dispendieuses, en dépit de leur simplicité apparente: la préparation et l’absorption du cinabre (dan), un sulfure naturel rouge de mercure. En effet, les anciens taoïstes croyaient que l'ingrédient principal de l'élixir d'immortalité étaient le cinabre, une substance très toxique. Beaucoup de postulant à l'immortalité sont morts en marchant dans cette voie.

L’évolution de l’alchimie chinoise se déroula de façon comparable à celle de l’alchimie européenne, à des époques différentes. À partir du VIe siècle après J.-C., l’alchimie taoïste s’orienta vers un mysticisme fort éloigné des pratiques positives et concrètes de ses premiers maîtres.

Quand l’alchimie mystique s’est orientée, au XIe siècle après J.-C., dans une direction contemplative et s’est transformée, au XIIIe siècle, en une technique ascétique, principalement sous l’influence du bouddhisme zen, cette élaboration relativement tardive fut l’œuvre de pieux lettrés et elle ne présente plus, dès lors, les caractères traditionnels de l’alchimie chinoise archaïque.

Outre Ge Hong, de nombreux alchimistes taoïstes sont restés dans l’histoire tels que Yuanshi Tianzun (en photo) et dans la légende, comme Lü Dongbin, l’un des 8 immortels ainsi que Han Zhong-li.

Les différents types de magies chinoises

mage naxi

 

La Magie chinoise est très diversifiée et est encore bien présente dans la chine d’aujourd’hui. D'ailleurs il existe encore des mages (Fatsi) un peu partout dans le sud de la chine et les ingrédients des rituels se trouvent dans les épiceries asiatiques. En effet malgré des décennies de communisme, les chinois, bien que pragmatiques, restent un peuple supersticieux et mystique.

La magie chinoise se classe selon quatres catégories :

La magie Taoïste qui est pratiquée par les moines Taoïstes et elle possède une théorie très poussées. Cette forme de magie se décline elle-même en de nombreuses écoles (Wudang, Maoshan, Quanzhen, Zhengyi... pour les plus connues). On trouve beaucoup de techniques issues du Taoïsme comme certaines écoles de qigong ou d'arts martiaux ; le Fengshui ou l'écriture des charmes ou talismans.

La magie Bouddhiste qui possède à peu près les même caractéristiques que la catégorie précédente, mais elle est surtout pratiquée par certains membre des écoles tantriques, ce qui fait qu'on considère souvent cette pratique comme étant une déviance. Même si les bouddhistes chinois possèdent eux aussi de nombreuses formes d'arts martiaux ou de gymnastiques, ces dernières servent surtout de méthode pour entretenir la santé ou pour se détendre après les séances de méditation.

La magie shamanique, c’est celle qui est pratiquée par de nombreuses minorités chinoises et qui mélange shamanisme et spiritisme.

La magie familliale qui est un peu un mélange des catégories précédentes, mais elle est pratiquée partout. On y trouve certes des sorciers appelé Fatsi en cantonnais, mais ces derniers se font payer pour leurs services. Les pratiques sont très nombreuses, allant de l'amélioration de l'état de santé jusqu'aux méthode de vengeance...

Il existe une cinquième catégorie de pratique appelée la magie impériale, c'est à dire que ses pratiques n'étaient à l'origine destinées qu'à la famille impériale, et ses théories comptent parmi les plus poussées. On y trouve des méthodes très avancées de santé, de fengshui et de prédiction de l'avenir.

Bien sûr la chine communiste a considérablement réduite ces pratiques mais ne les a jamais fait disparaitre car elles étaient trop bien ancrées dans la vie quotidienne des chinois du sud notamment et chez les minorités plus particulièrement. La photo présente d’ailleurs un mage/sorcier en pleine consultation, ce mage est de la minorité Naxi, qui vit dans le Yunnan.

 

http://chinefantastique.enchine.fr/

 

La Magie chinoise est très varriée. Elle est très ancrée dans la vie de tous les jours et on peut presque dire que chaque chinois la pratique. D'ailleurs dans les quartiers chinois on trouve toujours des temples ou on peut trouver des moines ou des mages (Fatsi) et les ingrédients des rituels se trouvent dans les épiceries asiatiques.

La magie chinoise se classe selon trois catégorie :

La magie Taoïste ;
La magie Bouddhiste ;
La magie familliale.

La magie Taoïste est pratiquée par les moines Taoïstes et elle possède une théorie très poussées. Cette forme de magie se décline elle-même en de nombreuses écoles (Wudang, Maoshan, Quanzhen, Zhengyi... pour les plus connues). On trouve beaucoup de techniques issues du Taoïsme comme certaines écoles de qigong ou d'arts martiaux ; le Fengshui ou l'écriture des charmes ou talismans.

La Magie Bouddhiste possède à peu près les même caractéristiques que la catégorie précédente, mais elle est surtout pratiquée par certains membre des écoles tantriques, ce qui fait qu'on considère souvent cette pratique comme étant une déviance. Même si les bouddhistes chinois possèdent eux aussi de nombreuses formes d'arts martiaux ou de gymnastiques, ces dernières servent surtout de méthode pour entretenir la santé ou pour se détendre après les séances de méditation.

La magie familliale, est un peu un mélange des catégories précédentes, mais elle est pratiquée partout. On y trouve certes des sorciers appelé Fatsi en cantonnais, mais ces derniers se font payer pour leurs services. Les pratiques sont très nombreuses, allant de l'amélioration de l'état de santé jusqu'aux méthode de vengeance...

Il existe une quatrième catégorie de pratique appelée la magie impériale, c'est à dire que ses pratiques n'étaient à l'origine destinées qu'à la famille impériale, et ses théories comptent parmi les plus poussées. On y trouve des méthodes très avancées de santé, de fengshui et de prédiction de l'avenir.


Les principales disciplines:
Avec ses multiples écoles, les disciplines sont innombrables ; toutefois, parmis les disciplines les plus connues on peut trouver les suivantes:

- L'alchimie :
Elle se subdivise en deux tendances principales, l'interne "Neidan" et l'externe "Waidan". L'alchimie chinoise consiste à l'origine à rechercher l'immortalité ; au fil du temps, elle s'est modifiée pour rechercher aujourd'hui plus une élevation de l'esprit plutot que l'immortalité physique. L'alchimie interne englobe toute les méthodes de méditation, de qigong et d'arts martiaux, bien que parfois on considère ces derniers méthodes d'alchimie externe puisqu'on travaille d'abord sur le physique. Quand à l'alchimie externe, elle n'est presque plus pratiquée de nos jours, mais sous des formes très simplifiées à cause du nombre de morts par le passé. En effet, les anciens taoïstes croyaient que l'ingrédient principal de l'élixir d'immortalité étaient le cinabre, une substance très toxique. Beaucoup de postulant à l'immortalité sont morts en marchant dans cette voie.

- Le Fengshui :
Il s'agit de la géomancie chinoise qui est actuelement très à la mode en occident.

- Le Qigong :
Le Qigong est souvent associé à l'alchimie, bien qu'aujourd'hui, en RPC surtout, il n'est plus pratiqué que comme une gymnastique de santé ou une forme d'art martial. Le Qigong est également à la base d'un certain nombre de sortilèges, puisqu'il faut manier son Qi pour le concentrer ou le dirriger. Peuvent être inclus au Qigong les capacités telles que le massage distance ; la capacité à voir à travers des objets ; la vue à longue distance ; la lévitation...

- Les incantations et les charmes (Fuzhou 符咒)
L'écriture des charmes obeit à des théories très complexes et il faut en général plusieurs années d'entraînement ainsi que plusieurs initiations avant de pouvoir les écrires. Ce qui n'est pas fait pour tout le monde ; en général seul les Fatsi et quelques moines spécialement formés en sont capables. On trouve aujourd'hui des charmes imprimés, prêts à l'emploi, mais ils sont moins efficaces que les charmes écrits par des maîtres.
Quand aux incantations, elles peuvent regroupe les différents mantras bouddhistes ainsi que les incatations liées aux différentes écoles magiques.
Une fois écris, les charmes peuvent être utilisés de différentes manières. Certains peuvent être collés sur la porte d'entrée ou dans des endroits réputés dangereux ; d’autres sont brûlés puis leurs cendres mélangées à de l’eau ou à de l’alcool. Ce liquide devient alors un philtre qui sera bu par le patient ou par le pratiquant. Il existe des écoles Taoïstes comme celle de Luk Yam (rattachée à l’école Maoshan) qui utilisent systématiquement ce genre de pratique.

- L’astrologie chinoise et la divination
L’astrologie chinoise utilise le calendrier lunaire, bien qu’aujourd’hui certains astrologues se servent de notre calendrier grégorien. Le calendrier lunaire est fondé sur un cycle de 12 années représentées par des animaux terrestres et d’un tronc de 10 animaux célestes, parfois complétées par les cinq éléments. Le cycle complet comporte 60 ans.
La divination utilise divers procédés comme le tirage des baguettes ou le déconstruction des caractères formant le nom de la personne, puis l’interprétation des clés issus de la déconstruction…
A un certain niveau, le Fengshui rejoint l’astrologie, ce qui fait que traditionnellement le Fengshui, l’astrologie et la divinations sont étudiés ensemble. Ainsi il n’est pas rare qu’un astrologue ait des connaissances en Fengshui ou en divination et vice-versa. Un médecin traditionnel chinois doit au moins posséder des connaissances en Astrologie et en Qigong pour pouvoir faire son travail.

- La préparation des potions
Elle fait partie de l’alchimie externe (Waidan) et concerne toute la pharmacopée médicale chinoise, les festins « Bu » (les préparations culinaires utilisant des procédés médicaux ). Cette discipline figure parmi les plus décriées de nos jours car les ingrédients utilisés dans les festins « Bu » sont souvent des espèces animales ou végétales protégées et la consommation de ces derniers nuisent gravement à la biodiversité sans compter la cruauté parfois employée pour les obtenir. La cervelle de singe vivant ou le sang de serpent frais figurent parmis les plats les plus cruels.

- Les sortilèges
Les sortilèges chinois sont très variés et servent autant pour faire le bien que pour faire le mal. Les théories sont plus ou moins poussés et assez variées. Par exemple pour se débarrasser d’un rhume, on inscrit sur une affiche une formulle du genre :
« Depuis …. Je suis ateint de (telle maladie) ; aujourd’hui je décide m’en débarrasser. Le premier qui lira cette déclaration attrapera mon/ ma (nom de la maladie) ».
On accrochera alors cette affiche dans la rue, afin que le premier qui lira emporte la maladie, ce qui n’est pas très moral, mais c’est une pratique courante.

D’autres pratiques existent mais je ne les connais pas.


Les ustensiles de la pratique
Les ustensiles utilisés sont très nombreux mais contrairement à la magie occidentale, on ne se sert pas d’une baguette, mais d’un geste de la main appelé Xianren Zhilu (l’immortel montre le chemin), parfois appelé « L’épée magique ». Pour former ce geste, on tend l’index et le majeur, on plie l’annulaire et le petit doigt et le pouce vient se poser sur les deux doigts pliés.


- Le trépied
Le trépied est un brûle parfum, sur lequel on plante les bâtonnets d’encens et est généralement utilisé pour la prière ou pour le culte des ancêtres. Toutefois en magie on s’en sert de la cendre pour certaines préparations. On peut aussi consacrer ou purifier des lieux ou des objets avec le trépied.

- L’épée
L’épée utilisée est une épée droite, comme celle dont on se sert en Taichi. Elle peut être métallique ou en bois, cela n’a pas d’importance. On peut s’en servir à la manière d’une baguette ou pour exécuter certaines danses magiques.

- La boussole Luopan
C’est l’Instrument de tout pratiquant de Fengshui. Au début on peut la remplacer par une boussole occidentale mais à mesure qu’on progresse dans l’art le Luopan devient indispensable car c’est elle qui permet de trouver les secteurs et les directions. On dit qu’un Luopan constitue le meilleurs des grimoires de Fengshui.

- Le pinceau et la pierre à encre
Ils servent à calligraphier les charmes. Il faut beaucoup d’entraînement pour pouvoir le faire de manière élégante et y transmettre le Qi.

- Le bol
Il peut servir à contenir l'eau, le vin ou autres liquide ; on s'en sert aussi pour préparer les philtres. Dans certains cas, on y saigne un poulet puis on laisse couler le sang dans le bol. Ce sang sera mélangé à de l'encre de chine pour en faire de l'encre magique. Il s'agit là de pratique de magie noire.

- Les talismans
Les talismans peuvent être des charmes écrits ou des objets (le plus connu est certainement le miroir Pakua), mais d’autres comme les pièces anciennes, l’épée de bois, la géode d’améthyste ou la grenouille à trois pattes sont couramment utilisées. Il arrive aussi que le charme protecteur soit tatoué, c’est souvent le cas pour les tueurs à gages dans la mafia chinoise.

Le Wuji Wuji 无极 est souvent traduit par "Néant". Le Wuji est source de toute chose. Wu signifie "Non" ; Ji signifie "Suprême", l'ensemble pourrait être traduit en "vide suprême" ou "Non être".
L'état de wuji c'est l'état avant la naissance, tout est possible, pas de bien ni de mal ; pas d'action ni d'inaction...
Le Taiji A partir de l'état précédent on arrive à l'état de Taiji, c'est à dire une "Faîte suprême". Taiji est représenté par le Yin et le Yang. Quand on observe le symbole du Taiji, on remarque que dans la partie blanche on trouve un petit point noir et vice versa.
C'est pour montrer qu'il ne peut y avoir de yin sans yang et que lorsque le Yang atteint son paroxisme on devient Yin, de même que lorsque le Yin arrive à la fin on devient Yang.
Pour illustrer le principe du Taiji, je prendrais l'exemple de la marche à pied. Pour pouvoir avancer on est obliger d'avoir une jambe qui supporte tout le poid du corps et une jambe qui bouge. La jambe qui supporte le poid de tout le corps, c'est le Yin ; tandis que l'autre constitue le Yang.
Pour pouvoir se déplacer l'équilibre doit être respecté, sinon tout déplacement devient impossible. Ainsi le bien et le mal, bien qu'opposer ne peuvent exister sans l'autre;
s'il n'y avait que du mal, le mal n'existerait plus ;
de même que s'il n'y avit que du bien,
ce dernier ne pourrait pas non plus exister.
 
Yin et Yang
Dans le diagramme du Taiji,
le Yin est symbolisé par la partie noire,
tandis que le yang est représenté par la partie blanche.

Le Yang représente : - Le Soleil ;
- Le clair ;
- Le masculin ;
- Le chaud ;
- Le dur ;

Le Yang représente : - La Lune ;
- L'obscur ;
- Le féminin ;
- Le froid ;
- La souplesse...

Le yin et le yang,
est souvent mal interprété comme étant l'opposition entre le bien et le mal.
Or si on observe attentivement le diagramme du taiji,
on remarque qu'ils se complètent.


Le Jing 精
Le Jing représente l'essence. Dans la pratique de l'alchimie taoïste,
le jing est symbolisé par le sperme ou le liquide séminal et représente la première étape.

Le Qi 气
Le Qi, c'est l'énergie. Le caractère chinois de Qi représente la vapeur.
Le Qi, n'est pas la force qui s'écrit Li 力 ou jing 劲
(pour désigner la force interne, surtout dans la pratique des arts martiaux ou de la danse).

Le Shen 神
Le Shen,
c'est l'esprit,
mais aussi le divin selon les interprétation.
Shen, est à l'origine l'onomatopé du bruit de la foudre qui représente l'instant où le ciel et la terre sont en Union.
Le caractère chinois représente un autel pour la partie gauche (示) et la partie droite représente deux mains qui tiennent un pinceau, qui signifie "déclarer"申.
L'ensemple se prononce Shen. En règle générale, tous les caractères se rapportant au culte comporte la particule 示.

Les trois mots (Jing Qi Shen) constitue la trinité taoïste,
résument en fait les étapes de l'alchimie.
D'ailleurs une formulle constituée de deux phrase comme ci :

Lian Jing Hua Qi 炼精化气 = Affiner l'essence pour la transformer en Energie (Qi) ;

Lian Qi Hua Shen 炼气化神 = Affiner l'énergie pour transformer le Shen (l'esprit).


Les divinités
Il faut savoir qu'il n'existe pas vraiment de Dieux dans la mythologie chinoise,
car les chinois croient que le ciel et la terre sont l'oeuvre de l'homme.
Néanmoins on trouve beaucoup de personnages mythiques qui sont déifiées et auxquels on rend un culte.

Ces personnages peuvent être de plusieurs sortes :

- Les personnages issus des mythes fondateurs de la nation chinoise ;
- Les immortels Taoïstes ;
- Les divinités bouddhiques ;
- Les héros de l'histoire ou de fiction.

Les personnages issus des mythes fondateurs sont les plus anciens,
et comptent dans leurs rang des personnages hauts en couleurs comme :

- Yu Wang Da Di (L'empereur de jade, sensé gouverner le ciel) ;
- Le roi Wen, l'empereur Yao, des rois légendaires ;
- Fuxi, mi homme mi dieu, inventeur des Pakua ;
- Chang E (déesse de la lune) ;
- Le bouvier et la tisserande (symbole de l'amour impossible) ;
- Shennong
(empereur qui, pour guérir ses sujet a gouté à toutes les plantes afin de découvrir leurs vertus médicinales ainsi que leurs dangers)....

Les immortels Taoïstes,
sont des pratiquants anciens qui ont réussi leur pratique
(c'est à dire qu'ils ont atteint l'immortalité) comme :

- Les fameux 8 immortels
- Lao Tseu ;
- Zhang Daoling (le maître céleste) ;
- Zhang Sanfeng (le maître des trois pics)...

Les divinités bouddhistes sont des personnages du bouddhisme qui sont vénérés en Chine comme des dieux.
On leur demande des requetes souvent très matérialiste,
comme d'accorder la richesse ou la fertilité.
Parmi les plus souvent invoqués on trouve ;

- Bouddha Amithaba (A mi Tuo Fo en chinois) ;
- Boddhisattva Avalokiteshvara (Guanyin ou Guan Shi Yin Pu Sa) ;
- Maitreya (Bouddha rieur, représenté obèse serrant des enfants dans ces bras).
- Dizang Wang, sensé être un Boddhisatva
- Bouddha Shakiamouni ( Shi Jia Mou Ni Fo)
mais ce dernier est beaucoup moins invoqué que les précédents.
Il est surtout invoqué par les bouddhistes pratiquants.

Dans la catégorie des héros fictifs et véridiques,
on y trouve tous les personnages ne faisant pas partie des catégories précédentes.
D'ailleurs on y trouve des personnages encore en vie, pas toujours chinois.
Il y a quelques années, même Zinedine Zidane avait fait l'objet d'un culte dans certains temples !
Parmi les héros déifiés, il y a :

- Sun Wukong (le roi singe) ;
- Guan Gong (le dieu de la guerre) ;
- Zhang Fei (le dieu des bouchers)...

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 exemple:

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de préférence le matin , vers l'orient

1er sceau : sceau de l'éveil
On fait appel aux forces naturelles et sacrée de l'univers

2ème sceau :
On chasse le " Gardien " des forces intermédiaires ,

c'est à dire les blocages qui pourraient empêcher ces forces de nous imprégner

3ème Sceau
On écarte les influences néfastes

4ème Sceau
On rend à l'Univers les forces qui nous on été prêtées ,

pour ne pas rompre en notre faveur l'équilibre cosmique , l'équilibre du Tao

pour réaliser un "souhait"

 

Orientation vers le Nord
moments : l'aube , la nuit ( minuit et pleine lune sont de très bons moments) ,
après midi, mais JAMAIS entre 10h et 12h00

se prévoir une chaise confortable
Visualiser son souhait , être bien relaxé .
Faire quelques pas en avant en direction du Nord

Elever les mains vers le ciel ,

On trace le premier sceau , celui de l'Eveil

On ne trace ni le second ni le troisième sceau :
ces forces vont être employées à travailler avec notre subconscient donc il ne faut pas les bannir

S'incliner . profondément .

Regagner sa chaise sans jamais quitter le Nord , non pas à reculon, mais en tenant la tête à demi-tournée .

Réciter à voix haute son souhait , puis compter de 1 à 50 sans ne plus penser à ce souhait,
laisser le subconscient qui travaille avec les forces invoquées à sa mise en réalisation .

Se relever , refaire quelque pas puis Tracer le Sceau de départ .

On peut se servir d'un support écrit si on souhaite , encre bleu sur fond jaune ou encre vert sur fond rouge .
On peut le réutiliser jusqu'à réalisation du souhait , celui-ci exauçé , le déchier puis le brûler .





 

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27 octobre 2012

Eugenisme...theorie raciste.....

Eugenics_congress_logo

 

 

L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’ « enfant parfait », ou du moins indemne de nombreuses affections graves.

Le terme eugenics a été employé pour la première fois en 1883 par le scientifique britannique Francis Galton dont les travaux ont grandement participé à la constitution et à la diffusion de l'idéologie eugéniste. Mené par des scientifiques et des médecins, le mouvement de promotion de l'eugénisme qui se met en place au tournant du XXe siècle milite en faveur de politiques volontaristes d'éradication des caractères jugés handicapants ou de favorisation des caractères jugés bénéfiques. Son influence sur la législation s’est traduite principalement dans trois domaines : la mise en place de programmes de stérilisations contraintes, le durcissement de l’encadrement juridique du mariage et la restriction de l’immigration. L'histoire du XXe siècle a fourni des exemples de politiques eugéniques, aux États-Unis et dans de nombreux pays européens (au premier chef desquels l'Allemagne nazie), désormais majoritairement désapprouvées.

Dans la période contemporaine, les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicale assistée ont ouvert de nouvelles possibilités médicales (diagnostic prénatal, diagnostic préimplantatoire...) qui ont nourri les débats éthiques concernant la convergence des techniques bio-médicales et des pratiques sélectives.

 

Les origines de l’eugénisme galtonien

Francis Galton, l'inventeur du terme « eugénisme ».

L'étymologie du mot « eugénisme » est grecque : eu (« bien ») et gennaô (« engendrer »), ce qui signifie littéralement « bien naître ». Ce néologisme a été utilisé pour la première fois en 1883 par le britannique Francis Galton, cousin de Charles Darwin par le biais d'Erasmus Darwin. La préoccupation de Galton pour l’amélioration de l’espèce humaine précède néanmoins largement l’invention de ce terme. À la fin des années 1850, la lecture de L'Origine des espèces de son cousin Charles Darwin renforce sa conviction sélectionniste. En 1869, dans Hereditary Genius, une étude consacrée au génie des grands hommes britanniques, il conclut à son caractère héréditaire. Il lui paraît alors nécessaire de maintenir les lignées des grands hommes de la nation par une organisation rationnelle des mariages, une discipline qu’il désigne sous le nom de « viriculture ». En 1883, Galton publie Inquiries into human faculty and its development : la viriculture y devient l’eugénisme que Galton considère comme la « science de l’amélioration des lignées » et qu’il entend appliquer aux êtres humains sur le modèle de l’élevage sélectif des animaux.

Eugénisme, spencérisme, pensée évolutionniste

L'eugénisme ou le galtonisme est également souvent amalgamé avec le spencérisme.

Or, le galtonisme est une conception conservatrice ou néoconservatrice de l'évolution des sociétés forgée par Francis Galton. C'est forcer la sélection naturelle par une sélection artificielle contre des tares supposées préjugeant à une dégénérescence de la société et des individus.

Tandis que le spencérisme est une conception libérale de l'évolution des sociétés forgée par Herbert Spencer. C'est laisser faire la sélection naturelle au seins de la société permettant une régénérescence de la société par elle-même en éliminant naturellement, sans aide extérieure, les moins adaptés à l'environnement social.

Spencerisme et galtonisme sont des pensées évolutionnistes dont la base centrale est exclusivement la sélection naturelle bien que d'autres facteurs sont mises en jeu dans l'évolution de la nature et des sociétés.

L’obsession de la dégénérescence

Pour le philosophe Jean-Paul Thomas, « l’eugénisme [...] est habité par l’obsession de la décadence ». Dans le contexte de la révolution industrielle, qui initie un mouvement d’urbanisation et de prolétarisation de la population la plus pauvre, la prolifération désordonnée des classes laborieuses constitue un motif d’inquiétude profond pour les élites victoriennes. Les maux sociaux et sanitaires (tuberculose, syphilis, alcoolisme...) qui se multiplient dans le Royaume apparaissent comme autant de manifestations de la contamination de l’espèce humaine par les tares congénitales véhiculées par les populations les plus pauvres. Comme l’indique le succès des théories malthusiennes, la différence de fécondité entre classes attire plus particulièrement l’attention des scientifiques britanniques. Galton n’échappe pas à la règle. À terme, les individus les plus pauvres, conçus comme naturellement inférieurs, lui semblent devoir irrémédiablement submerger les représentants des classes sociales aisées qui cumulent les caractéristiques physiques, intellectuelles et morales les plus hautes.

La mixophobie sociale

Pour Galton, les classes sociales possèdent des qualités propres, transmises héréditairement. La préservation des qualités des familles de bonne lignée nécessite d’éviter le mélange des sangs qui ne peut conduire qu’à la disparition des caractères les plus hauts de la race humaine. Cette représentation du monde, qui préexiste à ses travaux « eugéniques », le conduit à traduire les différences sociales sur un strict plan biologique. Elle valorise explicitement un modèle d’homme qui correspond précisément au groupe social dont Galton est issu : l’élite de la société britannique correspond pour lui aux professions libérales, aux vieilles familles de l’aristocratie terrienne et aux hommes de science. Les nouvelles fortunes, bâties sur l’industrie et le commerce, ne trouvent pas grâce à ses yeux. Sur le plan politique, l’eugénisme galtonien apparaît ainsi comme une théorie défensive qui vise à protéger un groupe social défini contre une menace largement fantasmée. Sous couvert d’une apparente scientificité, elle revient en effet à préserver le maintien de l’ordre social en exigeant une stricte limitation des unions entre les individus d’origines sociales différentes.

La civilisation contre la sélection naturelle

Les eugénistes trouvent dans la lecture de L'Origine des espèces de Darwin, et dans le déplacement de ses conclusions à l’espèce humaine, une clé explicative de leur hantise de la décadence. De leur point de vue, la civilisation, en enrayant les mécanismes de la sélection naturelle, court à sa perte. Les dispositifs sociaux de protection des plus pauvres, des malades et des plus faibles en général constituent la première de leurs cibles. Pour Clémence Royer, la première traductrice de Charles Darwin en France, la charité chrétienne puis les valeurs de solidarité développées avec les idées démocratiques ne peuvent que mener à la dégénérescence de la race humaine.

Galton partage largement les positions de Royer. Comme nombre de ses confrères eugénistes après lui, il s’est converti, après la lecture de l’ouvrage phare de son cousin, à un antichristianisme farouche. Sur le plan politique, s’il n’embrasse pas explicitement le credo de l’anthropologue français Vacher de Lapouge qui entendait substituer à la formule révolutionnaire « Liberté, égalité, fraternité » celle de « Déterminisme, Inégalité, Sélection », il s’oppose aux principes de l’égalité naturelle et donc politique des hommes.

La science et la religion du progrès

Malgré la menace de la dégénérescence, l’eugéniste reste pénétré par un optimisme sans faille, pourvu que l’homme daigne se laisser guider par les principes de la science. Le salut de la civilisation occidentale passe par la soumission du politique aux principes scientifiques. Galton place ainsi tous ses espoirs dans le pouvoir illimité de la science, présentée comme un substitut à la religion traditionnelle. Vacher de Lapouge résume cette idée, centrale chez les eugénistes, quand il affirme que « c’est la science qui nous donnera […] la religion nouvelle, la morale nouvelle, et la politique nouvelle ». Si les règles sociales sont venues parasiter le processus de sélection naturelle, il faut donc pour les eugénistes exercer, en lieu et place de la nature, les mesures sélectives indispensables à l’évolution de l’espèce humaine.

Le paradigme héréditariste

L’eugénisme s’appuie, avec la génétique balbutiante, sur la croyance que les capacités et les aptitudes humaines sont déterminées par des caractères biologiques transmissibles. À l’époque de la première formulation des théories eugénistes de Galton, les travaux de Gregor Mendel ne sont pas encore connus de la communauté scientifique. La connaissance des lois de l’hérédité n’est basée que sur l’expérience des agriculteurs dans la sélection de leurs variétés animales et végétales. Toute l’ambition de Galton est de montrer le caractère héréditaire des « capacités naturelles » de l’homme et d’en comprendre le mécanisme de transmission dans le but avoué de découvrir les moyens d’ « améliorer la race humaine » sur le modèle de l’élevage animal. Dès 1869, il lui paraît ainsi « tout à fait possible de produire une race humaine surdouée par des mariages judicieux pendant plusieurs générations consécutives ».

Souhaitant découvrir les lois de l’hérédité qui seules pourraient lui permettre de donner une base scientifique à son projet d’amélioration de l’espèce, il adopte une méthode statistique, inédite à l’époque dans le domaine de la biologie, en s’appuyant sur la loi normale gaussienne, dont la densité de distribution dessine une courbe en cloche. Il applique la distribution normale à l’étude des populations, comme l’avait fait peu avant lui le Belge Adolphe Quetelet. Il mesure ainsi les variations par rapport à la moyenne de différents éléments d’une population de pois de senteur et de leur génération suivante, et commence à collecter des données sur la taille et le poids de la population britannique.

Le plus important réside dans le présupposé de sa démarche. Galton applique un schéma explicatif très différent de son confrère belge. Là où Quetelet déduit des régularités statistiques qu’il observe des « causes constantes morales », Galton conclut invariablement à l’origine biologique et héréditaire des phénomènes qu’il étudie. Malgré une méthode innovante, les résultats de Galton furent minces. En 1892, il reconnaît que « le grand problème de l’amélioration de la race humaine n’a pas pour l’instant dépassé le stade de l’intérêt académique ».

Entre la science et l'idéologie

Alexis Carrel, prix Nobel de médecine 1912, connut un succès international avec son essai eugéniste L'homme, cet inconnu.

Une part du succès de l’eugénisme tient aux liens étroits qu’il entretient avec les principaux courants idéologiques de la fin du XIXe siècle : l'évolutionnisme, qu’il soit libéral-spencérien ou marxiste, le malthusianisme, le darwinisme social ou le racisme trouveront tous à s’articuler à l’eugénisme. Comme l’ensemble de ces idéologies, l’eugénisme tire sa légitimité des rapports qu’il entretient avec la science. L’eugénisme peut ainsi être considéré comme une « idéologie scientifique » au sens que lui donne Georges Canguilhem. Il s’appuie sur une science instituée dont il utilise le prestige pour légitimer un projet politique. L’eugénisme partage avec la science biologique des présupposés héréditaristes et, pour un temps, une même approche statistique des populations. Pour André Pichot, ce rapport n’est cependant pas univoque. Si la science biologique participe à la légitimation de la doctrine eugéniste, cette doctrine renforce en retour le rôle social de la science. Le projet eugéniste participe ainsi à la construction de l’image que la science de la fin du XIXe siècle se fait d’elle-même et qu’elle veut refléter aux yeux du reste de la société : l’eugénisme figure aux côtés de la vaccination ou de l’électricité au nombre des bienfaits que la science entend offrir à l’humanité. La génétique naissante et encore mal assurée y trouve la clé de voûte de son projet de recherche et de sa justification idéologique.

La science

Darwin et l'eugénisme

Avant même la définition du terme « eugénisme », Francis Galton s’est inspiré de la théorie de l’évolution de Charles Darwin dans ses travaux, amenant ce dernier à se prononcer sur la question de la doctrine eugéniste naissante. Dans son ouvrage La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle, paru en 1871, Darwin reprend les conclusions de son cousin sur l’hérédité en affirmant qu'il est probable que le « talent » et le « génie » chez l'Homme soient héréditaires. Il lui paraît également vraisemblable que les protections sociales vont à l’encontre de la sélection naturelle. Il se refuse cependant à adopter les conclusions politiques de Galton, plaçant l’esprit de fraternité humaine au-dessus des lois scientifiques : « nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fît une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature », déclare-t-il ainsi dans le même ouvrage. Ce n’est qu’après la mort de son cousin qui intervint en 1882 que Galton commença à appeler « eugénisme » sa philosophie sociale. Le nom de Darwin y resta cependant durablement attaché, à cause de l’implication de sa famille– outre Galton, son fils Leonard Darwin en fut l’un des promoteurs les plus influents au Royaume-Uni – et des principaux défenseurs du darwinisme dans le développement de la doctrine. Les travaux de Galton scellent en effet une union durable entre la science en général, la génétique en particulier, et la doctrine eugéniste.

La génétique des populations

Ronald Fisher, un des fondateurs de la génétique moderne, fut titulaire de la chaire Galton d’eugénisme de l’University College de Londres.

Pour André Pichot ou Troy Duster, le succès de l’eugénisme qui s’amplifie au début du XXe siècle est en partie déterminé par des causes internes à l’histoire des sciences, et notamment par la prépondérance de la génétique des populations dans le domaine de la biologie.

L’approche de Galton, qui deviendra la biométrie avec l’apport de Karl Pearson, pose en effet les jalons de la génétique des populations qui restera, avec sa variante mendélienne, l’approche dominante en matière de génétique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La génétique des populations se fixe l’objectif de découvrir les lois du modèle darwinien de l’évolution en s’appuyant sur des méthodes statistiques. Ses deux axes de recherche principaux sont l’étude de la fréquence de la version des gènes dans une population (fréquence allélique) et le rôle joué par la sélection naturelle dans cette répartition . En s’appuyant sur la génétique des populations, la théorie de l’évolution connut des développements importants jusqu’à la formulation de la théorie synthétique de l'évolution (ou néo-darwinisme) qui constitue toujours le schéma explicatif dominant.

Eugénisme et génétique des populations, dont les origines sont liées à travers les figures de Galton et Pearson, avaient donc des préoccupations et des méthodes très proches : il s’agissait, grâce au recours à l’étude statistique de grands segments de population, de découvrir les lois régissant l’évolution. Une grande partie des représentants de la génétique des populations de la première moitié du XXe siècle a ainsi exprimé des positions eugénistes, militant même souvent ouvertement dans les principales organisations du mouvement. Le biologiste August Weismann (1834 – 1914), auteur de la théorie du plasma germinatif, était membre de la société d’hygiène raciale allemande. L’américain Charles Davenport, l’un des principaux promoteurs de la théorie mendélienne aux États-Unis, fut l’un des leaders de l’eugénisme américain. Les prestigieux biologistes Julian Huxley, John Haldane ou Ronald Fisher, tenu pour le fondateur de la génétique moderne, militèrent quant à eux pour un eugénisme moins dur, que l’on qualifiait de « réformiste ».

Au-delà du champ de la biologie, l’inventeur Alexander Graham Bell ou Luther Burbank, un influent agronome américain, ont été d’actifs militants eugénistes. En France les plus célèbres des scientifiques eugénistes furent les prix Nobel de médecine Alexis Carrel et Charles Richet.

Convergences idéologiques

Le racisme

Charles Robert Richet, prix Nobel de médecine 1913 et président de la Société française d'eugénisme de 1920 à 1926.

Dès l’origine, l’eugénisme de Galton est imprégné du racisme de son promoteur, dont les préjugés initiaux ont été renforcés par le voyage qu’il a mené en Afrique du Sud en 1850. Racisme et eugénisme se mêlent fréquemment dans les argumentaires des eugénistes conservateurs, en particulier lorsqu’ils abordent la question de l’immigration.

Au début du XXe siècle, la « détérioration nationale » est une préoccupation qui se renforce avec la mise en place d’outils statistiques de mesure des conscrits. Sur la base de ces chiffres, on conclut régulièrement à une dégénérescence physique et intellectuelle de la population. On s’inquiète particulièrement des différences de fécondité entre les « races nordiques » et les nouveaux migrants venus de l’est. La peur de la fécondité des classes populaires s’accompagne ainsi régulièrement d’inquiétudes concernant celle des migrants catholiques irlandais et juifs polonais, russes et allemands, qui alimentent un antisémitisme latent.

Aux États-Unis la préoccupation est plus forte encore et aboutira à une limitation sévère de l’immigration. Les eugénistes sont à la pointe du combat pour une législation anti-immigration. Pour le célèbre économiste Irving Fisher la focalisation de la société sur les questions migratoires « était une occasion rêvée pour amener les gens à s’intéresser à l’eugénisme ».

Situé dans une perspective plus vaste que la simple défense de la pureté de la « race », le projet de nombreux eugénistes était d’améliorer les capacités de l’humanité dans son ensemble. Pour Charles Richet, le prix Nobel français de médecine de 1913, « lorsqu’il s’agira de la race jaune, et, à plus forte raison, de la race noire, pour conserver, et surtout pour augmenter notre puissance mentale, il faudra pratiquer non plus la sélection individuelle comme avec nos frères les blancs, mais la sélection spécifique, en écartant résolument tout mélange avec les races inférieures ». Il faut ainsi qu’une autorité conduise l’ « élimination des races inférieures » puis celle des « anormaux ».

Le régime nazi consommera tragiquement les noces du racisme et de l’eugénisme, en s’attaquant avec ses lois de stérilisation aux Noirs nés de l’occupation de la Ruhr par les troupes coloniales françaises en 1923 (un épisode dénoncé comme la Honte noire avant même l’avènement du nazisme) puis en appliquant méthodiquement le programme d’élimination des « races inférieures » aux Juifs et aux Tsiganes.

Dimensions hygiénistes et esthétiques

L’eugénisme s’accorda aussi largement avec le dégoût pour le désordre, la saleté et la matérialité organique qui accompagna le développement des courants hygiénistes dans les sociétés occidentales. L’obsession pour le culte du corps parfait qui s’incarna dans la construction de stéréotypes nationaux virils constitua un des aspects de ce rapport renouvelé au corps. Le nazisme envisagea même de porter ce principe à son extrémité, en réfléchissant à une législation qui conduirait à l’élimination des prisonniers de droit commun les plus laids.

Le mouvement eugéniste

Arthur Balfour, prononça le discours d'ouverture du Ier congrès international d’eugénisme en 1912.

Loin de se cantonner à un petit cercle de croyants ou de scientifiques marginaux, la doctrine eugéniste s’est progressivement répandue dans le grand public. Au début du XXe siècle, le mot « eugénisme » devint d’usage courant (on parlait ainsi de « mariage eugénique ») et les manifestations et rassemblements visant à promouvoir la doctrine rencontrèrent de larges échos. Galton lui-même fut anobli en 1909 et reçut en 1910 la très prestigieuse médaille Copley décernée par la Royal Society. Il est le premier organisateur d’un mouvement qui devint rapidement international. En 1912, se tint ainsi à Londres le Ier congrès international d’eugénisme dont le discours d’ouverture fut assuré par l’ancien Premier ministre Arthur Balfour.

Principaux débats

Législation ou éducation

Si le principe général de l’eugénisme était fixé — il s’agissait d’améliorer génétiquement l’espèce humaine grâce aux progrès de la science —, de nombreuses questions se posèrent quant à son application concrète. Le mouvement eugéniste hésita, à l’image de Galton, entre deux possibilités : l’intervention de l'État et l’éducation des masses. Galton pensait originellement que le programme eugéniste devait s’appuyer sur la libre volonté des personnes et que seul l’inculcation d’un « mode de pensée » eugéniste pouvait avoir des effets durables. Il s’agissait d’ancrer dans les esprits une nouvelle manière de voir le monde qui devait mettre l’eugéniste au premier rang des préoccupations humaines. Plus tardivement, la position de Galton et celle d’une grande partie des eugénistes conservateurs évolua. L’intervention de l’État, concernant notamment les cas considérés comme les plus graves, devint une de leurs principales revendications. Même ceux qui, se réclamant du darwinisme social, se refusaient à voir l’État intervenir dans la vie sociale et économique estimèrent indispensable de s’écarter sur ce point de la doctrine du « laissez-faire » pour adopter des mesures de « sélection artificielle ».

Eugénisme « négatif » et « positif »

Les eugénistes se divisaient aussi sur la question des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à leur but. Les partisans d’un « eugénisme négatif » comptaient améliorer l’être humain en éliminant les gènes indésirables de la population : la restriction du mariage, la stérilisation, voire l’élimination physique des individus porteurs des gènes indésirables furent les options défendues par l'« eugénisme négatif ». L'« eugénisme positif » comptait quant à lui améliorer l’espèce en stimulant la reproduction des individus dont le potentiel génétique lui apparaissait comme le plus élevé. Il militait par exemple pour la mise en place d’incitations financières devant favoriser la procréation des classes favorisées ou des individus jugés conformes aux canons physiques et moraux. Les eugénistes réformistes ou marxistes entendaient pour leur part lever les barrières de classes qui empêchaient selon eux les meilleurs éléments de l’humanité de pouvoir unir leur sang. La distinction entre eugénisme positif et négatif est cependant purement heuristique : les deux positions n’étaient nullement exclusives l’une de l’autre et se combinaient le plus souvent.

Eugénisme « classique » et « réformiste »

Loin d’être monolithique, le mouvement eugéniste était secoué de débats récurrents concernant les questions du mariage, du divorce ou de la sexualité. La méconnaissance des règles précises de l’hérédité ouvrait par ailleurs de nombreuses controverses au sein même de la communauté scientifique. Les milieux eugénistes qui partageaient les mêmes préoccupations et souvent les mêmes membres étaient logiquement traversés par les mêmes clivages. De manière schématique, on peut avec Daniel Kevles, distinguer deux familles principales d’eugénistes : les eugénistes « classiques » ou conservateurs qui accordent un rôle prépondérant voire exclusif à l’hérédité dans l’explication des phénomènes sociaux. Sur le plan politique, ils sont favorables au maintien de l’ordre social et sexuel. Les eugénistes « réformistes », appartenant aux milieux progressistes ou socialistes, concilient la recherche d’un horizon révolutionnaire ou la défense de revendications féministes et l’avènement d’un « homme nouveau », conçu sur des bases biologiques.

Au Royaume-Uni

Le statisticien Karl Pearson, principal disciple de Galton et fondateur de la biométrie.

L’eugénisme constitua jusqu’à la Seconde Guerre mondiale un élément incontournable du débat politique britannique : Arthur Balfour, Arthur Neville Chamberlain ou Winston Churchill pour ne citer que des Premiers ministres, défendront des points de vue eugénistes.

Karl Pearson, le principal disciple de Galton continua l’œuvre de son mentor, en s’appuyant sur une approche statistique dont il raffina les méthodes pour en faire une discipline à part entière : la biométrie. Sur le plan scientifique, il participa ainsi à l’émergence de la génétique des populations mais fut progressivement marginalisé par le développement de la génétique mendélienne. Si les travaux de son laboratoire furent régulièrement utilisés par les militants eugénistes, il rechigna tout au long de sa carrière à intervenir directement dans le débat public.

Il n’adhéra ainsi jamais à la Société pour l’éducation eugéniste (Eugenics education society), créée en 1907 et existant toujours aujourd’hui sous le nom d’Institut Galton (Galton Institute). Elle devint la principale association britannique de promotion de l’eugénisme. Francis Galton ne s’y engagea lui-même qu’après de longues hésitations, devenant en 1908 son président honoraire. La société essaima rapidement sur l’ensemble du territoire britannique et compta même une représentation locale en Australie. Si elle n’atteignit jamais la taille d’une organisation de masse — elle ne compta jamais plus de 1700 adhérents —, elle parvint toutefois à faire entendre sa voix dans le débat public. Sa composition sociale en faisait une organisation fermée mais influente. Majoritairement investie par des scientifiques, des avocats et des notables, elle pouvait se targuer de réunir quelques-uns des noms les plus prestigieux du royaume. De 1911 à 1928, son président fut ainsi le fils de Charles Darwin, Leonard Darwin.

Ses modes d’intervention ont été repris par l’ensemble des organisations similaires, aux États-Unis notamment : la publication d’une revue — l’Eugenics review —, de brochures, la réalisation d’un film et l’organisation de congrès qui traitèrent des principales préoccupations du mouvement (l’hérédité, l’hygiène, le mariage et la sexualité). L’un des effets du mouvement eugéniste fut ainsi paradoxalement de porter sur la place publique des sujets qui en avaient longtemps été exclus par la rigueur morale victorienne. La Société pour l’éducation eugéniste exerça aussi une importante activité de lobbying en organisant des délégations auprès du Parlement du Royaume-Uni sur des sujets comme les lois sur les pauvres, les maladies vénériennes ou le traitement des déficients mentaux. Elle milita notamment pour un internement en asile de ces derniers de façon à les empêcher de procréer. La loi sera votée en 1913, sans toutefois qu’apparaisse explicitement le motif qui sous-tendait la démarche des eugénistes.

Le courant conservateur, dont le principal représentant était Leonard Darwin, était majoritaire au sein de la Société eugéniste. Favorable à la stérilisation et à l’internement des déficients mentaux, les conservateurs militaient sur le plan des mœurs pour la conservation de rôles sociaux sexuellement différenciés, exprimant notamment leur opposition à la contraception, considérée comme une puissante incitation à la débauche. Opposés à l’accès des femmes aux études supérieures, ils considéraient que l’exercice des tâches de direction ne pouvait que les détourner de la fonction procréatrice qui constituait selon eux « leur devoir naturel le plus glorieux ».

Même s’ils étaient minoritaires, les « réformateurs sociaux » participèrent rapidement, parfois même au sein de la Société d’éducation eugéniste, à la promotion de la nouvelle doctrine. Les militants socialistes de la Fabian Society Sidney Webb, George Bernard Shaw ou Havelock Ellis, qui devint même vice-président de la Société eugéniste, défendaient des positions sensiblement différentes des conservateurs. Partisans d’un enseignement des principes eugénistes, ils pensaient, comme Galton, que l’éducation était le meilleur moyen de faire pénétrer les principes eugénistes dans les esprits. Ils s’attachaient surtout à articuler l’eugénisme et la « question féminine ». Pour les réformistes, l’indépendance financière des femmes devait leur permettre de choisir un mari conforme aux préoccupations eugénistes, le contrôle des naissances et la contraception de découpler sexualité et procréation. Enfin, la disparition des classes sociales devait permettre de favoriser une rationalisation des arrangements matrimoniaux, jusqu’ici contrariée par les barrières de classe. « Ces Socialistes pouvaient jouer à l'intérieur de la Société eugénique sur la nécessité de d'agir sur l'environnement. »

États-Unis

En 1922, la Société américaine d’eugénisme (American Eugenics Society) est créée pour coordonner l’action des militants eugénistes américains. Elle comptera des délégations dans 28 États. Comme sa cousine britannique, elle resta une organisation de taille modeste ne dépassant jamais les 1 200 adhérents mais regroupa principalement des scientifiques et des notables. Elle fut ainsi présidée par l’économiste Irving Fisher et financée par John D. Rockefeller. Une des principales revendications des eugénistes américains est la limitation de l’immigration en provenance du sud et de l’est de l’Europe. La Société américaine d’eugénisme se dota ainsi en 1923 d’un « comité sur l’immigration sélective » qui milita, dans la lignée des analyses de Madison Grant, en faveur d’une loi de restriction permanente de l’immigration.

En France

En France, la création de la Société française d’eugénique intervient le 29 janvier 1913. Dans les années qui ont précédé sa fondation, les préoccupations eugénistes se sont nourries du discours sur le déclin démographique du pays, alimentés par les plus éminents démographes.

Ce courant de pensée décliniste se montre particulièrement attentif aux débats qui se tiennent outre-manche sur ces questions. Un comité consultatif français qui réunit 45 personnes est ainsi formé pour participer au premier Congrès international d’eugénisme qui se tient à Londres en 1912. Il contient, outre des scientifiques, des médecins et des statisticiens, deux hommes politiques à la pointe du mouvement nataliste, Paul Doumer et Paul Strauss. De retour en France, plusieurs participants du Congrès sont convaincus de la nécessité d’organiser leurs forces. À l’appel du statisticien Lucien March, une première réunion se tient le 12 décembre 1912 à l’École de médecine de Paris avant que les statuts de l’association soient finalisés en janvier. La réunion inaugurale réunit 104 personnes dont 64,5% de médecins.

D'une manière générale en France, l'eugénisme fut surtout un hygiénisme social pasteurien et lamarckiste avec des mesures de natures environnementales et sociales contre propagation des tares que l'on croyait alors héréditaires : tuberculose, syphilis, protection des femmes enceintes et des nourrissons, éradication de l'alcoolisme.

Ainsi les scientifiques français, encore significativement de mode lamarckiste, sont restés à l'écart du mouvement eugéniste international puisqu'il leur fallait déjà approuver le darwinisme. Le néodarwiniste, Lucien Cuénot, contrairement aux restes du monde néodarwiniste minimise par exemple le rôle de la sélection naturelle et propose un mélange des classes sociales et des races pour la vigueur hybride. Cela n'était cependant pas de l'avis de certain membres de l'institut de France comme Charles Richet.

Lois eugénistes

L’influence du mouvement eugéniste sur la législation s’est traduite dans trois domaines principaux : la mise en place de programmes de stérilisations contraintes, le durcissement de l’encadrement juridique du mariage et la restriction de l’immigration, qui constitue un de ses principaux champs d’intervention aux États-Unis.

Programmes de stérilisation contrainte

Pays occidentaux

Le premier pays à adopter une législation eugéniste fut les États-Unis où ce type de dispositions relève de la compétence des états. En 1907, l’État d’Indiana autorise la stérilisation de certains types de criminels et de malades. Il est suivi en 1909 par la Californie, le Connecticut et l’État de Washington. En 1917, quinze États avaient voté des dispositifs de ce type ; ils étaient trente-trois en 1950. Les criminels récidivistes, les violeurs, divers types de malades — les épileptiques, les malades mentaux, les idiots — et parfois les alcooliques et les toxicomanes étaient visés par ces lois de stérilisation.

Pendant l’entre-deux-guerres, plusieurs États européens votent à leur tour des textes similaires : la Suisse en 1928, le Danemark en 1929, la Norvège et l’Allemagne en 1934, la Finlande et la Suède en 1935, l'Estonie en 1937. La plupart des pays protestants furent touchés, à l'exception notable de la Grande-Bretagne, où cette revendication fut toutefois portée par une partie du mouvement eugéniste.

Allemagne nazie

Affiche publicitaire pour la revue nazie Neues Volk (Nouveau Peuple), qui prônait l'eugénisme et l'euthanasie.
« 60 000 Reichsmark, c'est ce que cette personne souffrant de maladie congénitale coûte à la communauté durant toute sa vie. Lisez Neues Volk, la revue mensuelle de l'Office des politiques raciales du NSDAP. »

Avant même l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir, une majorité de scientifiques et une large partie de la classe politique allemande étaient favorables à l’eugénisme. Une politique eugéniste propre à l'Allemagne nazie, qui s’insère dans un programme plus vaste que l’on peut qualifier d’« eugénico-raciste » est mise en place dès 1933. Basée sur des techniques à prétention scientifiques et organisée par l'administration, elle est définie par un ensemble de lois et de décrets dont les objectifs consistent :

  • d'une part à favoriser la fécondité des humains considérés comme supérieurs (politique nataliste, soutien familial, pouponnières, lebensborn ...) ;
  • d'autre part à prévenir la reproduction des humains considérés comme comme inférieurs et socialement indésirables (les criminels, handicapés physiques ou mentaux, homosexuels, sourds et aveugles de naissance,alcooliques sévères etc.) ou racialement « impurs » (Juifs, Tziganes, Noirs ou Slaves) ;
  • tous les patients hospitalisés depuis au moins cinq ans.

L'Allemagne a ainsi durci la législation contre l’avortement pour les femmes considérées comme supérieures, alors que dans le même temps la circulaire secrète de 1934 aux Offices de la santé du peuple autorisait l'avortement pour les femmes si une « descendance héréditairement malade » était considérée comme prévisible. Le décret secret du 19 novembre 1940 a été plus loin en rendant obligatoire l'avortement pour les femmes « inférieures ».

La loi du 14 juillet 1933 portant sur la stérilisation eugénique est rédigée à l'aide de la participation active du médecin et haut fonctionnaire Arthur Gütt, du juriste Falk Ruttke et du psychiatre suisse Ernst Rüdin. Cette loi qui entre en vigueur le 1er janvier 1934 impose la stérilisation obligatoire pour les malades atteints de neuf maladies considérées comme héréditaires ou congénitales (cécité, alcoolisme, schizophrénie, ...). Ces stérilisations ont fait l'objet d'un quasi consensus dans la communauté médicale allemande. On estime qu’environ 400 000 personnes ont été stérilisées entre 1934 et 1945, en incluant les territoires annexés par l’Allemagne après 1937 où la loi fut aussi appliquée.

L'homosexualité, considérée par le pouvoir nazi et la très grande majorité des médecins et psychiatres de l’époque comme une « dégénérescence pathologique héréditaire », a fait l’objet d’une législation spécifique. L'Allemagne eugéniste proposait aux homosexuels le choix entre la castration volontaire ou la détention en camps de concentration.

D'autres pratiques ont été utilisées pour éliminer les personnes indésirables : camps de concentration pour les alcooliques, criminels, délinquants, asociaux divers, castration des criminels homosexuels, stérilisation des enfants métis nés de mères allemandes et pères africains, indochinois de l'armée française, extermination des tsiganes et des juifs.

Suède

La Suède a maintenu un programme eugéniste de 1936 à 1976. On estime que près de 63 000 personnes ont été stérilisées durant les quarante années de ce programme. Les femmes ayant purgé une peine de prison, les alcooliques, les malades mentaux, les « socialement inadaptés » et ceux qui étaient de différentes races étaient en particulier visé

Asie

Japon Showa

Lors de la phase de l'expansionnisme du Japon Showa, les gouvernements nippons successifs mirent en place des mesures visant la stérilisation des handicapés mentaux et des « déviants », dont notamment une Loi nationale sur l'Eugénisme, promulguée en 1940 par le gouvernement Konoe.

En vertu de la Loi Eugénique de Protection (1948), la stérilisation pouvait être imposée aux criminels « avec des prédispositions génétiques au crime », aux patients souffrant de maladies génétiques comme l'hémophilie, l'albinisme, l'Ichtyose, et de maladies mentales comme la schizophrenie, la maniaco-dépression et l'épilepsie.

D'autre part, les Lois sur la Prévention de la Lèpre de 1907, 1931 et 1953, la dernière n'étant abolie qu'en 1996, permettaient l'internement des malades dans des sanatoriums où l'avortement et la stérilisation étaient monnaie courante, en raison notamment du fait que bon nombre de scientifiques nippons soutenaient que la constitution physique prédisposant à la lèpre était héréditaire. En vertu de l'ordonnance coloniale coréenne de prévention de la lèpre, les malades coréens pouvaient aussi être soumis à des travaux forcés.

Corée du Nord

Selon le rapport publié en avril 2009 par l'Institut coréen pour l'unification nationale, le gouvernement de la Corée du Nord pratique également l'eugénisme : les nains devaient subir une vasectomie et être mis en quarantaine et dans les années 1980, des opérations contraceptives se pratiquaient aussi sur des femmes de moins de 1,50 mètre.

Chine

Des pays comme la Chine ont lancé depuis le milieu des années 1990 une politique d'eugénisme franchement affirmée visant à favoriser les naissances dans les milieux urbains aisés et à les limiter dans les milieux ruraux défavorisés. Les experts locaux ont précisé que « des ressources humaines de qualité » étaient nécessaires à la modernisation du pays mais que les tendances présentes laissaient présager une « qualité de population moindre » ».

Cette politique mise en place par les autorités chinoises dans les années 1970, répondait au risque de voir le pays sombrer dans une catastrophe démographique. En trois décennies, la population fut réduite de quatre cents millions d'individus. D'autre part, et à la différence de beaucoup de pays occidentaux, la RPC autorisa les minorités ethniques vivant en Chine de pouvoir avoir, elles, deux enfants par femme. Ce n'est pas dans les villes, mais plutôt dans les campagnes, avec l'introduction du libéralisme et du besoin croissant de bras, pour le paysan indépendant, que cette loi, fut le plus souvent contournée.

Singapour

Singapour a mis en œuvre dans la première moitié des années 1980 une politique incitative visant à favoriser les naissances dans les milieux aisés et à les limiter dans les milieux modestes. En 1983, le Graduate Mums Scheme entend favoriser la fertilité des femmes diplômées, notamment par le biais de réduction d’impôts au-delà du troisième enfant. Ce premier dispositif s’est accompagné en 1984 d’une politique d’incitation à la stérilisation pour les femmes de moins de 30 ans dont le revenu est inférieur à 1500 dollars, sous la forme d’une prime de 10 000 dollars. Fortement critiqué, le Graduate Mums Scheme a été abandonné en 1985, tandis que le second volet de cette politique n’a jamais rencontré d’échos significatifs auprès de la population.

Les législations concernant le mariage

Aux États-Unis, l’influence du mouvement eugéniste a aussi conduit à une évolution de la législation concernant le mariage dans une trentaine d'États : les nouvelles lois annulaient le mariage des idiots ou des malades mentaux et restreignaient le droit au mariage des individus atteints de maladie vénériennes, parfois même des alcooliques comme dans l’Indiana.

Le contrôle des mariages fut un des terrains d’intervention principaux des eugénistes français. L’examen prénuptial, institué par le régime de Vichy avec la loi du 16 décembre 1942, est la seule disposition juridique française s’étant explicitement réclamé d’un objectif « eugénique ». Il est resté obligatoire jusqu’au 1er janvier 2008.

Législation contemporaine en France

En France, la question de l'eugénisme est traitée par le code pénal, dans le Sous-titre II du Titre I du Livre II, intitulée « Des crimes contre l'espèce humaine » :

  • Article L 214-1 : « Le fait de mettre en œuvre une pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est puni de trente ans de réclusion criminelle et de 7 500 000 euros d’amende ».
  • Article L 214-3 : « Cette peine est portée à la réclusion criminelle à perpétuité et de 7 500 000 euros d’amende lorsqu’elles sont commises en bande organisée »

L'eugénisme est plus solennellement encore, réprouvé par le Code civil en son article 16-4 : " Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine. Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite"

À l'Assemblée nationale, le scrutin n°167 sur l’ensemble du projet de loi relatif à la bioéthique, a été adopté avec modifications en deuxième lecture séance du mardi 8 juin 2004 (310 votants, 304 suffrages exprimés, 187 pour, 117 contre).


Cependant, aussi claire qu'elle paraisse, la position française est en pratique bien plus ambiguë, si on considère les obligations de dépistage (visites prénatales obligatoires) et les facilités légales ainsi que l'encouragement à l'avortement lorsque l'enfant à naître présente des malformations. Dans le cas du dépistage pré-natal de la trisomie 21, il s'agit clairement d'un eugénisme « négatif » (par élimination).

Débats contemporains

Anthropométrie

Le discrédit porté sur l’eugénisme à la suite des politiques mises en œuvre notamment par le régime nazi, est à l’origine de deux positions, que l’on peut qualifier avec Jean-Paul Thomas de « continuistes » et de « discontinuistes ».

Pour les continuistes, l’issue logique d’une perspective eugéniste est illustrée par l’Histoire et les crimes commis par le régime nazi au nom des principes de cette doctrine. Les fondements mêmes de l’eugénisme, en particulier ses présupposés héréditaristes et scientistes, contiennent en germe des éléments qui conduisent nécessairement à des développements contraires aux lois de la morale. Les discontinuistes affirment au contraire qu’une position eugéniste, encadrée par des dispositions morales et juridiques suffisantes, peut signifier un progrès pour l’humanité.

Selon ses défenseurs l'eugénisme visait à assurer une humanité plus adaptée, donc en principe plus heureuse. Ce n'est donc pas sa fin en elle-même qui a été critiquable, mais bien souvent les moyens choisis. Si le diabète, l'hémophilie et d'autres maladies héréditaires venaient à être éliminées par thérapie génique, tout le monde en serait ravi ; cette forme d'eugénisme ne pose pas les difficultés de sa variante du XIXe et XXe siècles, périodes où les moyens utilisés avaient dépassé les bornes autorisées par nos propres valeurs.

Mais quid de l'orientation à choisir, même par des moyens licites ?

  • Au XVIIIe siècle, on aurait pu vouloir favoriser l'émergence d'hommes robustes capables surtout d'une grande endurance pour devenir portefaix ou travailleurs de force. La machine à vapeur permit de faire mieux pour dix fois moins cher, les réduisant au chômage et peut-être à l'inanition. L'eugénisme aurait ici augmenté le nombre des inadaptés.
  • Le XIXe siècle aurait favorisé sans doute l'apparition d'un autre type d'humain : l'employé aux écritures à la mode de Dickens, capable d'additionner douze heures par jour de longues colonnes de chiffres sans se fatiguer ni se tromper. Quel emploi la deuxième moitié du XXe siècle, où un ordinateur faisait le même travail pour juste quelques centimes et en un temps bien plus court, aurait-elle pu trouver pour un type d'homme n'ayant que ces qualités-là à offrir ? L'eugénisme aurait là encore augmenté le nombre des inadaptés.
  • La deuxième moitié du XXe siècle demandait beaucoup d'employés de guichet. Au XXIe siècle, une très grande partie de leur travail est effectuée 24 heures sur 24 et pour bien moins cher par des serveurs Internet.

« Nous devons éviter que nos jolis objectifs deviennent les geôliers de nos enfants », disait Myron Tribus (« We should ensure that our goals do not become their gaols », avec un jeu de mots entre goals/buts et gaols/geoles) en citant ces trois exemples.

Bien plus que les moyens employés, qui peuvent dans certains cas être irréprochables, c'est probablement là que se trouve la principale impasse de l'eugénisme. Même lorsque celui-ci s'attache à autre chose qu'à la simple élimination - en observant une stricte éthique - des maladies héréditaires. Car, dans certains cas particuliers, ce qui est une maladie peut être, aussi, un facteur de survie : que l'on repense par exemple à la célèbre drépanocytose, maladie héréditaire qui permet de résister au paludisme.

La variété et le nombre (la biodiversité) représentent autant d'opportunités possibles d'adaptation des systèmes vivants à des conditions futures inconnues, et donc à la survie de l'espèce. L'élimination systématique de tous les caractères jugés handicapants ou superflus à un moment donné pourrait parfaitement abréger la durée de vie d'une lignée... Les sélectionneurs de races animales, qui le savent, prennent soin de conserver (sous forme de paillettes de sperme congelées, par exemple, ou sous forme d'information : c'est l'un des enjeux du séquençage génétique) les caractères que par ailleurs ils éliminent dans les animaux de production. Ils savent qu'un demi-siècle peut s'intéresser à la seule quantité, et par exemple le demi-siècle suivant au contraire à des qualités gustatives, etc.

Mais grâce à cet exemple, on peut considérer qu'il suffirait de conserver certains caractères, tout en les supprimant de l'humanité présente, pour les réintroduire à l'avenir si le besoin s'en faisait sentir. Une telle pratique eugénique permettrait à l'humanité de maîtriser son adaptabilité et son évolution. Les auteurs de science-fiction et de politique-fiction s'interrogent néanmoins sur le sens que les eugénistes donnent au mot « bénéfique » : pour les individus, ou simplement pour l'État ?.

Sparte

Il a été longtemps soutenu qu'à Sparte l'eugénisme ait longtemps été pratiqué. Les enfants nés malades ou faibles auraient été tués dès la naissance ainsi que les handicapés mentaux et physiques. De cette manière, seuls les plus « forts » auraient subsisté et auraient pu se reproduire.

De récentes fouilles archéologiques contredisent cette légende rapportées par de rares et imprécises sources antiques. En effet, après l'analyse les ossements trouvés dans le gouffre des Apothètes, il a été conclu que seuls des restes d'adolescents et d'adultes ont été recueillis.

L'Église catholique

L'Église combat avec fermeté toute doctrine eugénique. L'eugénisme va à l'encontre des dogmes moraux transcendants et providentielles de l'église chrétienne. Elle s'est notamment exprimée à ce sujet lors de la conférence des chrétiens d'Europe à Gniezno en Pologne.

Les pays à dominante catholique, même fascistes comme quelque temps l'Espagne, le Portugal ou l'Italie ne pratiquèrent pas l'eugénisme.

Les pays à dominante protestante (scandinaves et germaniques) y cédèrent. Et, l'Angleterre vit des débats animés sur la question, pour en fin de compte ne pas adopter de politique eugéniste malgré l'insistance de Wells contre le spencérisme (la non intervention de l'état sur les "tares" de la société), le racisme, le colonialisme qui domine en politique et qui pèse sur la société et ces membres.

Néandertal

Les caractéristiques de l'homme de Néandertal auraient pu sans doute ne pas intéresser des eugénistes du XIXème siècle. Une étude génétique de 2010 sur son léger métissage avec les Cro-Magnon du continent européen (mais pas du continent africain), conduite par l'Institut Max Planck de Leipzig, suggère cependant que ce capital peut avoir apporté une petite touche originale aux populations d'Europe. Certains sites Internet ont mentionné cette étude en termes sensiblement moins scientifiques.

 

 

 

 

 

 

6 août 2011

cynisme.....

 

Le cynisme était une attitude face à la vie provenant d'une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Antisthène, et connue principalement pour les propos et les actions spectaculaires de son disciple le plus célèbre, Diogène de Sinope. Cette école a tenté un renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l'humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement matérialistes et anticonformistes, les Cyniques, et à leur tête Diogène, proposaient une autre pratique de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire.

Par une dérivation du terme, on parle de nos jours de cynisme pour désigner un mode de pensée qui diffère tellement des normes établies (en particulier dans le domaine de la morale) qu'il en deviendrait choquant. On peut attacher à ce cynisme une sorte d'humour noir (tantôt involontaire, tantôt malveillant), pince-sans-rire, mordant et ironique, souvent employé pour manifester une certaine rébellion face à un monde incompréhensible en raison de la multiplicité des conventions factices, socialement admises, qui le régissent — à la différence du sarcasme, qui ne recherche pour sa part qu'une démonstration de force. Au-delà de cette indifférence affichée à la morale et aux convenances, le « cynique » moderne n'a plus grand-chose à voir avec les philosophes antiques dont il sera question ici.

Sommaire

Histoire

Platon définissait Diogène de Sinope comme un Socrate devenu fou dont le but est de subvertir tout conformisme, tout modèle moral. Sa philosophie se traduit par des actes volontairement provocateurs. Ainsi, il aurait transgressé les fondements de la culture au point d'uriner et aboyer comme un chien ou de se masturber en public ; il n'hésitait pas à mendier, ne respectant aucune opinion admise et provoquant même les puissants. Le mouvement cynique, inscrit dans la société antique, se présente avant tout comme un modèle de contestation.

Le terme « cynisme » provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie « chien », en référence à l'attitude d'Antisthène, l'inspirateur du cynisme, puis de celle de Diogène de Sinope, généralement considéré comme le premier véritable cynique et qui souhaitait être enterré « comme un chien ». Selon d'autres sources ce dernier « faisait ses discours dans un gymnase appelé Cynosarge, tout près des portes de la ville » . Le Cynosarge(littéralement « chien agile ») était le nom du gymnase dans lequel Antisthène enseignait. Les métaphores autour du chien ont ensuite abondé, si bien qu'il est difficile d'en isoler l'exacte origine historique. La plus significative est celle présentant l'animal comme modèle.

Le héros et modèle des philosophes cyniques est Héraclès (Hercule en romain), car c'est un héros qui ne se laisse influencer par personne, est libre et n'a pas d'attachement particulier. Le cynisme utilise ainsi beaucoup d'images et de modèles, dans le but de toucher toutes les classes de la population, sans se focaliser sur les élites intellectuelles.

Cette école philosophique, peu appréciée de la tradition scolastique, académique et moderne, est surtout connue, par l'intermédiaire de Diogène Laërce, pour les petites anecdotes instructives décrivant, notamment, la manière de philosopher de Diogène de Sinope. Platon ayant défini l'homme comme un « bipède sans plumes », Diogène visita un jour l'un des banquets du Sage en tenant au bout d'une laisse... un coq plumé ! « Voici l'homme de Platon », déclara-t-il à l'assistance.

Loin de s'encombrer de discours théoriques abstraits et pédants, Diogène et ses disciples pratiquaient une philosophie concrète, particulièrement inconciliable avec l'idéalisme platonicien, jugé inutile et bien trop loin de la Vérité matérielle du monde pour être pris au sérieux.

L'école cynique a été vivace durant toute l'Antiquité, de la Grèce jusqu'à Rome. Elle influença considérablement la morale stoïcienne qui développa à sa suite les notions de vie selon la nature, de l'indépendance du sage et de cosmopolitismeZénon de Citium, fondateur dustoïcisme, a en effet été disciple du cynique Cratès.

Principaux thèmes

L'autosuffisance

Au centre de la philosophie cynique se trouve l'idée d'autosuffisance. Le sage est celui qui est capable de se contenter du minimum, de manière à ne souffrir d'aucun manque et de pouvoir aisément faire face aux situations les plus difficiles.

Le sage cynique choisit donc de vivre dans l'abstinence, la frugalité. Il ne recherche aucune richesse, ni honneur, ni célébrité, ni privilège, il n'a pas de maison, il se contente des nourritures les plus simples et refuse tout ce qui ne lui semble pas absolument nécessaire.

Il se pare ainsi d'une simple besace et d'un unique manteau pour l'hiver et l'été. Il dort dans les temples. Il mendie sa pitance.

La voie la plus courte vers la vertu

Face aux écoles philosophiques dispensant un apprentissage long et technique, le cynisme se présente comme la voie la plus courte vers lavertu. Pour les cyniques, le simple fait de vivre le plus simplement possible suffit à devenir sage. Il n'y a pas de savoir technique supplémentaire nécessaire.

Les philosophes de l'école cynique se refuseront toujours aux grands discours, préférant les maximes sibyllines et ironiques, l'efficacité du quotidien, la preuve par le fait et non par la parole. En d’autres termes, la vérité éthique, démontrée par l'expérience et non les vérités théoriques résultant de systèmes complexes.

La philosophie cynique a pour but ultime la sagesse, une éthique de vie. Selon Antisthène, aucun discours n'a de valeur, aucune étude ni savoir. Cependant il soutient, à la suite de Socrate, que la vertu s'enseigne. Seules comptent la sagesse et la vertu, double finalité de la philosophie cynique. Une fois cette vertu atteinte, le philosophe peut se considérer comme libre, car vivant dans l’atuphia, l’« absence de vanité », et l'ataraxie, "la paix du psyché".

Nature, universalité et cosmopolitisme

Le modèle du cynisme est l'animal. La société est perçue comme corruptrice et changeante, là où la nature est vertueuse et universelle. Diogène se revendique ainsi cosmopolitain, c'est-à-dire citoyen du monde. Son souci est de vivre selon des règles de vertu universelles.

Les armes du cynique sont la transgression, l'ironie et le quotidien de façon plus générale. En transgressant tous les interdits, le cynique veut démontrer qu'aucune des règles sociales n'est essentielle, et que seule compte l'éthique naturelle, universelle : la vertu.

L'école cynique prône donc la vertu et la sagesse, qualités qu'on ne peut atteindre que par la liberté. Cette liberté, étape nécessaire à un état vertueux et non finalité en soi, se veut radicale face aux conventions communément admises, dans un souci constant de se rapprocher de laNature.

 

 

Smoke and Shadow by sincity07

16 octobre 2011

la tète de mort c'est la vie.......

 

 

 

 

Vanités : pourquoi l'art crâne aujourd'hui ?

Tania Brimson pour Evene.fr - Février 2010

Bijoux, vêtements, tatouages, pochettes de disques … La tête de mort connaît aujourd'hui un succès fou. Même l'art contemporain s'est mis à ricaner à coups de mâchoires disloquées, perpétuant une longue tradition : l'art des vanités. Le musée Maillol rend hommage, jusqu'au 28 juin, à ces squelettes qui ont hanté l'histoire de l'art en symbole de la fugacité de la vie et de la futilité des biens terrestres. L'occasion de se pencher sur le nouveau boom de cette iconographie macabre.

 

Si l'on peut difficilement faire plus rockeur anarchique qu'une tête de mort peinturlurée, taggée, tatouée, ciselée, alors Le Caravage doit bien être l'un des premiers punks et Zurbaran un goth avant l'heure. Drôle d'idée. Mais pas complètement absurde. L'exposition du musée Maillol souligne après tout que les contre-cultures du XXe siècle ont eu beau doter l'iconographie du crâne - symbole par excellence de la finitude de la chair -, de connotations nonchalantes sur fond de "fuck the system", elles n'en demeurent pas moins les indignes héritières d'une tradition de vanités vieille comme le monde. Chez les Romains, déjà, le squelette ironique fait son apparition dans l'art pour mettre l'homme en garde contre sa mortalité, ricanant, se dandinant, et lui murmurant à l'oreille : "Memento mori, souviens-toi que tu mourras…" Et, bien que les vanités évoluent par la suite à l'aune des rebondissements religieux, sociaux et belliqueux de l'histoire occidentale, leurs mâchoires disloquées au sourire narquois conservent au fil du temps une dimension philosophique, s'obstinant à canaliser l'orgueil matérialiste du vivant en le renvoyant constamment à sa condition éphémère. Même le pop art de WarholBasquiat et Niki de Saint Phalle reflétera les angoisses de l'anéantissement collectif pendant les années sida, à travers une flopée d'oeuvres sans chair, et en os.

Subversion moderne ?

 

Quid, alors, de cette nouvelle prolifération de la tête de mort dans nos sociétés de consommation, amenée d'abord en Harley Davidson par les terribles Hells Angels pendant les années 1950, puis en musique par les mouvements punk, gothique et new wave ? De ces squelettes que l'on exhibe à tout va (accessoires, vêtements, tatouages) en signe de contestation sociale, voire, vanité des vanités, pour défier la mort ? De cette nouvelle icône monnayable aux cavités exorbitées, totem grinçant, effet de mode, symptôme du temps des dérisions et des désillusions, entrée dans nos moeurs par la porte du consumérisme ? Douteux, complexes, corrompus, ces rapports avariés à la mort ont fini par obséder l'art contemporain, dont les grosses pointures sont nombreuses aujourd'hui à s'approprier et revisiter l'iconographie traditionnelle de la boîte crânienne. Sans doute par esprit critique, sûrement par ironie. Peut-être aussi pour donner un sens à tout ce marasme. Résultat : des expressions tiraillées entre le grand "n'importe quoi" ambiant, et les angoisses viscérales d'un monde au bord du gouffre.


Dérision, désillusion : cet art contemporain qui l'a dans l'os

"Notre promesse graphique honore les morts (et la mauvaise conscience) des générations passées, répètent les frères Chapman. Notre discours offre des restes "retirés de la vente". […] Nous avons manufacturé nos produits au service d'un impératif déconstructif et nous les avons régis selon les lois d'une dispute industrielle." La "promesse" des deux Young British Artists, en sculpture, cela donne : des crânes en putréfaction, suintant de vers, les yeux exorbités, la langue tirée. Et, dans l'idée : une volonté de rattacher les grands mythes de l'humanité et de l'histoire de l'art à un présent cruel, scatologique, désabusé, pour satisfaire une demande de la culture de masse - la fétichisation du trash. Bref, un programme sarcastique et absurde au possible, proche des élucubrations d'un autre BritartistDamien Hirst, qui affirme que "la corruption absolue, c'est la mort". Avec son 'For the Love of God', un crâne serti de quelque 8.000 diamants, le Britannique sacrilège signe sans doute l'une des premières grandes icônes du XXIe siècle, en amenant par le bling-bling la vanité à son comble, puisqu'ici, la futilité des richesses matérielles se perpétue au-delà de l'anéantissement de la chair. 

 

Ailleurs, même provoc', même dérision, même "s'en fout la mort" symptomatiques de l'émiettement spirituel et de la corruption des moeurs, dans un monde vidé de son sens. Un monde où, chez Jan Fabre, "l'oisillon de Dieu" vient bécoter des crânes composés d'ailes de coléoptères alors que la "copine" d'Adel Abdessemed se balade tranquillement en ville avec son amie (squelette). Où Cindy Sherman, reine des travestissements et de l'autoportrait détourné, nous tend des miroirs en photographiant des "natures mortes au crâne", débordantes de vie, de fleurs et de bijoux. Où, pour Helmut Newton, il est encore temps d'aller faire la radio des os de Shakespeare, plusieurs siècles après sa mort… En somme, en art contemporain comme en consommation de masse, c'est la débâcle : on rit jaune devant la mort, on se permet de jouer les vaniteux, tout en invoquant les vanités.   Lire la suite de Vanités : pourquoi l'art crâne aujourd'hui ? »

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La fange de l'Apocalypse 

 
Cette nouvelle épidémie artistique, rongée par un leitmotiv lugubre qui resurgit systématiquement dans les périodes de crise historique (peste noire, Réforme, guerres napoléoniennes, 14-18, Shoah, épée de Damoclès nucléaire, années sida), laisse toutefois songeur. On serait bien tenté, sous les couches d'ironie et de désillusion, d'entrevoir là les symptômes d'une nouvelle angoisse latente ; celle de la mort collective absolue. Une anxiété généralisée, dévastée par les premiers maux de notre XXIe siècle, encouragée par ses obsessions : catastrophes écologiques, réchauffement climatique, épidémies, surarmement nucléaire, fanatismes religieux, terrorisme, prophéties maya, crises des systèmes politiques et financiers… La liste est longue. Et son refrain, abrutissant : 11 Septembre, tsunami, guerre d'Irak, nucléarisation de la Corée du Nord, grippe H1N1, dépression économique - puis, dernièrement, Haïti. 

Bref, rien de très bon augure pour l'industrie culturelle, qui semblerait, en réponse à ces névroses de masse, s'être plongée depuis peu dans une "drôle d'époque néogothique", telle que l'a baptisée le journaliste espagnol Manuel Rivero. (1) A commencer par un regain des histoires de vampires, de terrorisme et de zombies en littérature, au cinéma et à la télévision. Puis, en 2009, une fin d'année engloutie par la vague macabre pour les grands écrans de l'Hexagone, qui achèvent l'année sur une note particulièrement sinistre avec la sortie de deux épopées apocalyptiques : 'La Route' de John Hillcoat et '2012' de Roland Emmerich. Dans le domaine de l'art contemporain, le tableau n'est pas plus ragoûtant. Courrier international clôt notamment la décennie en diffusant les vanités prophétiques du peintre américain Norbert H. Kox, "surréaliste de l'Apocalypse" autoproclamé. Distribué en masse parmi ses images les plus cinglantes : un squelette béant de la Vierge Marie, ricanant au fond du Pandémonium.


Vanité des vanités

 
Les préoccupations du genre sont légion. Et, prises dans ce contexte imbibé de sueurs froides et de mauvais présages, les lubies des frères Chapman et de Hirst au musée Maillol prennent, à leur tour, une nouvelle envergure memento mori. Le crâne grisâtre en fibre de verre de Subodh Gupta, flanqué de gamelles vides et de casseroles sèches, renvoie avec d'autant plus de hargne aux affres de la famine et de la surpopulation. L'autoportrait de Marina Abramovic, le dos courbé alors qu'elle promène son propre squelette, prend, quant à lui, des allures de danse macabre moyenâgeuse (façon minimaliste-individualiste). Bref, sous les épées de Damoclès, plus rien ne semble gratuit. Les dérisions à outrance de la fin du XXe siècle - d'abord gothique et punk, puis absorbés par la culture de masse et l'industrie du luxe -, avec leurs têtes de mort commerciales, finissent peut-être même par recouvrir un peu de cette sacro-sainte solennité caravagesque qu'elles exécraient…


Au fond, par le non-sens apparent avec lequel il pavane ses vanités, l'art contemporain émet donc en ricanant un écho à toutes ces anxiétés collectives de nouveau millénaire. Plus ou moins ouvertement, plus ou moins délibérément. Sans jamais donner de réponses. En se contentant plutôt de tendre la carotte à quiconque voudra bien donner un sens à autant devanitas. Quitte à tout envoyer paître dans l'absurde, à la manière de l'artiste Philippe Mayaux, qui règle le problème en écrivant une lettre de révolte à ses os. "Chers Os, Ma chair s'est plainte de vous […]. Par votre faute, elle se sent affublée du don inutile de l'éphémère en regardant son reflet pâlot dans le miroir noir de vanité que vous lui tendez chaque jour." 
Et la solution carpe diem : "Je vous demande de laisser la chair en paix. N'oubliez pas que vous-mêmes, chers Os, finirez dans une boîte à poussière. A bon entendeur, salut."


(1) Courrier international, numéro spécial 'Prophéties, apocalypses et fins du monde', décembre 2009.
28 août 2011

les vampires et les fées sont nos amis.......??????

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Les Abductions Alien, la Possession Démoniaque, et la

Légende du Vampire

Cassiopaea.org

Traduction News of Tomorrow, 20 février 2008

par Laura Knight-Jadczyk

Note : Ce qui suit a été écrit vers la fin de 1994. Beaucoup d’informations ont été validé depuis par nos recherches en cours. Nous suggérons que le lecteur pourrait bien aimer lire la Chronologique du Gouvernement Secret ainsi que notre discussion sur le COINTELPRO Cosmique pour avoir une base d’information plus complète (bien que ce ne soit pas terminé !). Ces informations de plus pourraient jeter une différente lumière sur le “mode” du phénomène à l’heure actuelle, bien que les origines soient les mêmes.

Au travers des âges les gens ont été visités par toutes sortes d’êtres étranges. Certains d’entre eux étaient totalement fantastiques, par leur description et leur activité. Le type le plus commun, cependant, est humanoïde — par-là je veux dire qu’il a une certaine ressemblance à la forme physique humaine — bien que ses pouvoirs soient nettement sur-humains.

Le schéma général de nombre de ces visites est qu’une créature étrange, avec des yeux brillants et envoûtants, vient pendant la nuit et, d’une certaine manière, draine l’énergie, le sang, ou la force-vitale de la victime qui est incapable de crier à l’aide parce qu’à la fois son corps et son esprit sont paralysés.

On retrouve couramment d’autres effets, comme des lumières et des températures glaciales.


On rapporte que les êtres étranges ont pouvoirs qui comprennent la capacité de disparaître, voler, contrôler la météo, diriger le comportement des animaux, se changer en animaux, passer à travers d’objets solides et générer une progéniture hybride en ayant des rapports sexuels avec leurs victimes. L’engendrement d’une progéniture semble seulement provenir de l’interaction d’êtres “mâles” avec des femmes humaines, bien que les cas de succubes, ou créatures femelles qui ont des rapports sexuels avec les hommes sont assez courants également.

Philip Burne-Jones’ “Le Vampire”

Dans son étude classique Passport to Magonia (1969, en français : Chronique des apparitions extra-terrestres), le scientifique français Jacques Vallée y présente beaucoup d’exemples de similitudes entre les fée et les observations d’OVNI. Jean Bastide, dans La mémoire des OVNI (1978) est allé plus loin et a dit que les “contacts modernes établis avec les extraterrestres respectent précisément les mêmes règles que les contacts avec des êtres de forme plus ou moins humaine dans le passé.”


Le scientifique français Jacques Vallée

Un exemple assez classique d’une interaction supposée avec un succube est présentée dans le livre intitulé The Haunted. Ce qui suit est une transcription d’un entretien enregistré avec la victime :

Q. Comment avez-vous su que quelque chose n’allait pas ?

R. La façon dont je me suis réveillé, je pense.

Q. Il y avait quelque chose de différent ?

R. Oui, c’est comme si j’avais été – euh, jeté d’une falaise ou du genre. Vous savez, comme si une action violente m’avait réveillé.

Q. Pouvez-vous décrire ce vous avez vu ?

R. Au début je n’ai rien vu du tout. J’ai juste ressenti cette formidable sorte de panique – Je n’étais pas sûr si c’était un cauchemar ou non.

Q. Qu’est-ce qui vous a convaincu que vous n’étiez pas en train d’avoir un cauchemar ?

R. Ses écailles.

Q. Ses écailles. Vous voulez dire à cause de ces écailles serpentines – comme un serpent ?

R. Oui.

Q. Vous avez dit “elle.” Ces écailles étaient sur une femme ?

R. Oui.

Q. Pourriez-vous la décrire ?

R. Pour être honnête, je déteste même penser à elle. Sa peau était blanc papier, mais elle était recouverte à certains endroits par la surface écailleuse que j’ai mentionné, et ensuite à d’autres endroits par des plaies ouvertes, du genre de celles que vous penseriez qu’un lépreux a. Et du pus s’écoulait de ces plaies.

Q. Quel âge avait-elle ?

R. Je dirais qu’elle avait à peu près soixante-cinq ou soixante-dix ans. Je ne peux pas en être sûr.

Q. Quoi d’autre avez-vous d’abord remarqué sur elle ?

R. Elle avait de longs cheveux blancs desséchés, ses yeux étaient tout rouge et l’intérieur de sa bouche et ses gencives étaient vertes. Certaines de ses dents étaient absentes mais celles qu’elle avait étaient très longues comme celles des vampires.

Vampire en tant que Banshee

Q. Et son corps ?

R. C’était la chose bizarre. Son corps lui-même était ferme, vous savez, comme celui d’une plus femme plus jeune.

Q. Qu’a-t-elle fait ?

R. Elle m’a paralysé d’une certaine façon. Je l’ai vue émerger des ombres auprès de notre lit et je pressentais ce qu’elle avait faire sans pouvoir l’arrêter.

Q. Et ensuite ?

R. Ensuite elle m’est montée dessus dans une position dominante et se mit à me chevaucher. Je ne peux pas l’expliquer autrement.

Q. Était-ce plaisant ?

R. Non, non. En fait, je ne souviens pas du tout avoir ressenti quoi que ce soit, en dehors d’une panique et terreur complète.

Q. Que faisait Janet pendant tout cela ?

R. C’est seulement plus tard, après mon réveil, que j’ai réalisé que Janet était descendue en bas pour dormir sur le canapé, ce qu’elle fait parfois lors des mois chauds.

Q. Qu’est-ce que l’être a fait ensuite ?

R. Elle en arrivait à l’orgasme sexuel. Elle m’a juste regardé et a souri en montrant ces incroyables dents. J’ai essayé de regarder ailleurs mais quelque chose retenait mes yeux à elle. Je pouvais savoir quand elle avait des orgasmes parce qu’elle donnait alors de petites secousses et son sourire s’élargissait.

Q. Elle avait des orgasmes ?

R. Oh oui, vous l’auriez remarqué à ses expressions et ses mouvements.

Q. Ensuite que s’est-il passé ?

R. Ensuite elle a disparu.

Q. Juste comme ça ?

R. Juste comme ça. Juste disparu. Et c’est là que j’ai remarqué la substance collante partout sur moi.

Q. Substance collante ?

R. Oui. Je suppose que vous la compareriez à du sperme, de par la texture, quoi qu’il en soit… C’était émis du vagin de la créature. Et j’étais également endolori.

R. Oui, comme si j’avais eu des relations sexuelles prolongées, bien que cela n’ait duré que quelques minutes. Mais ensuite je me suis demandé si je ne m’étais pas évanoui entre temps parce que, comme je l’ai dit, mes organes génitaux étaient extrêmement douloureux.

Q. Que s’est-il passé ensuite ?

R. Je suis allé dans la salle de bain et me suis regardé. Le liquide sur mon corps avait une odeur très âcre. J’ai pris une douche et l’ai rincé aussi vite que je pouvais. J’ai dû frotter très fort.

La conviction que ce sont des êtres surnaturels peut être retrouvée dans toutes les sociétés du monde. C’est un thème courant dans toutes les religions aussi bien que dans le folklore. Il semble que, sous l’apparence du phénomène OVNI/Abduction alien, les rapports sont aussi fréquents de nos jours qu’ils le furent auparavant. Un incident avec lequel on peut faire de saisissants parallèles, fut rapporté dans un livre récent :

“Cette fois, pendant qu’il s’allonge sur la table, après qu’on lui ai fait boire un liquide à l’odeur de cannelle, il vit une femme aux cheveux blancs marcher sur lui. Il a dit qu’elle semblait douce et peut-être attentionnée. Elle s’est mise sur lui, a initié une relation sexuelle, et quand ce fut terminé elle s’en alla.

“Il s’est rappelé une fois, lorsqu’il avait treize ans, s’être réveillé en apercevant une femme étrange, aux yeux foncés, avec des cheveux blancs bouclés, qui l’approchait dans un environnement inconnu. Elle s’est mise sur lui et engagea une relation sexuelle, bien que pour Casey ce n’était pas du tout érotique.” (Intro The Fringe, de Karla Turner, Ph.D., 1992)

Une Encyclopédie des Fées (Briggs, 1976) donne de nombreux exemples d’abductions féériques. Les similitudes entre les abductions féériques et les abductions OVNI sont également intéressantes à noter. Les personnes qui ont affirmé avoir eu des interactions avec des fées rapportaient généralement des marques sur leurs corps correspondant aux rapports d’abductions alien. Les abductions féériques et les abductions OVNI montrent aussi des similitudes frappantes avec les activités des incubes et des succubes. Une boisson épaisse est presque toujours donnée à l’abducté. La victime est paralysée et s’en va en lévitant. Les fées voyageaient dans des globes de lumière circulaires qui sont de même couramment rapportés dans les abductions OVNI. Une autre similarité avec le scénario d’abduction OVNI est la créature de type bigfoot qui était appelée “bogie” dans les contes de fée traditionnels. Beaucoup de soi-disantes fées et aliens. ressemblent et agissent d’une façon très similaire aux descriptions faites aux démons dans l’histoire.

Vampire en tant qu’Alien.

Le fait est qu’il y a une tradition qui s’étend sur des milliers d’années et qui parle d’êtres enlevant des humains et leurs progénitures ; ces êtres volent dans des globes de lumière, peuvent paralyser leurs victimes, induire une amnésie à propos des évènements, forcer leurs victimes à boire d’étranges boissons, avoir des relations sexuelles avec eux et, dans nombre de cas, les conduire finalement à la folie, à la ruine du corps, ou même prendre le contrôle de leurs corps pour leur propre usage. Cette possession peut être permanente ou semi-permanente. (La possession survient après une longue période d’usure de la volonté, à cause de rencontres forcées répétées qui incluent généralement le drainage de l’énergie via contact sexuel.)

Certains occultistes voient toute activité sexuelle comme faisant partie de la nature la plus basse de l’homme. D’autres la voient comme une bénédiction. Cornelius Agrippa décrit la copulation comme “pleine d’apports magiques,” et Aratus a dit ceci :

“De même que l’union physique de l’homme et de la femme conduit au fruit de la composition de chacun, de même l’union intérieure et secrète de l’homme et de la femme est la copulation de l’âme masculine et féminine, et est désignée à produire le fruit adéquat de la vie divine.”

Nombre d’occultistes croient que la mystérieuse énergie psychique produisant tout phénomène est, par nature, sexuelle. À ce propos, l’activité poltergeist est généralement associée avec un adolescent perturbé qui est incapable d’”ancrer” son énergie sexuelle. Il est attesté que les courants sexuels de la libido sont des manifestations d’une énergie qui peut être transférée d’une personne à une autre. Il est suggéré que de cette manière, un vieux peut drainer la force vitale de jeunes personnes. Par exemple, le Roi David couchait régulièrement avec une jeune vierge lorsqu’il était âgé, et la même technique remportait un certain succès en Grèce et en Rome antique. On rapporte que l’Empereur Barberousse tenait de jeunes garçons contre son ventre et parties génitales pour “savourer et absorber leur énergie” ; le Pape Innocent VIII utilisait de jeunes enfants en bonne santé qui devaient le caresser afin de lui transférer leurs énergies.

Des médecins du passé sont même allés jusqu’à formuler l’hypothèse que l’énergie vitale était fortement concentrée dans le sang de jeunes enfants et suggérèrent que le vampirisme devait être employé par ceux que l’âge affaiblissent.

Les légendes de vampire se sont maintenues depuis le commencement de l’histoire écrite. Le problème est de faire le tri entre faits et fiction. Le fait est que les rapports d’Europe de l’Est nous disent que quelque chose appelée vampirisme atteignait des proportions quasiment épidémiques au 18ème siècle. Les histoires sont plutôt fantastiques et de nombreux détails doivent être attribués aux imaginations terrifiées des paysans superstitieux, bien qu’une grande partie de la documentation est si détaillée et les témoins si réputés qu’il semble impossible qu’il n’y ait rien qui se passe là. La question est, qu’est-ce donc ? L’idée d’un cadavre sortant de son cercueil la nuit pour boire le sang des vivants semble tout bonnement irrationnel et je pense que nous pouvons la rejeter comme venant de rapports confus sur un phénomène d’une nature toute différente.

Bien avant l’histoire écrite, la boisson et l’effusion rituelle de sang était l’élément vital du sacrifice, augmentant le pouvoir et apaisant les dieux. Pour la vie, on doit avoir du sang. D’où naquit cette idée ?

Depuis très longtemps les occultistes ont parlé et écrit de matérialisations de démons buveurs de sang. Dion Fortune croyait que le corps astral d’une personne vivante pouvait sortir et prendre une autre forme, par exemple celle d’un oiseau, d’un animal ou d’un vampire. Le vampirisme est considéré comme contagieux ; la personne vampirisée, étant vidée de vitalité, est imaginée comme étant un vide psychique qui draine l’énergie des personnes rencontrées dans la vie quotidienne. Cette énergie est ensuite mis à disposition de la prochaine collecte de l’entité vampirique.

Le vampire cultuel, en grande partie créé par Bram Stoker en 1897, porte des connotations sexuelles qui pourraient être plus qu’un simple accident. Le mélange de violence, séduction psychique, sexe et perte de la force vitale rendit le vampirisme très populaire. Il y a eu de nombreux individus qui ont été appelés ou se sont eux-mêmes appelés vampires ; et aucun de ces pervers ne s’est réellement levé d’entre les morts bien qu’ils ait commis des meurtres et/ou ont bu du sang. Ils n’étaient pas des vampires dans le sens surnaturel du mot. Mais le lien entre le vampirisme surnaturel et le sexe est profond. Nous devons nous demander quelle est l’extraordinaire fascination que le vampirisme a sur le subconscient de la plupart des gens ? Il semble que ce soit le mélange d’excitation sexuelle, de consentement à la possession avec la promesse d’immortalité et le mal palpitant. Le sexe et le surnaturel : une association imbattable.

L’acteur anglais Christopher Lee expliqua l’attraction du vampire en disant :

“Il offre l’illusion de l’immortalité… le désir du subconscient – que nous avons tous – d’un pouvoir sans limite … un être au cerveau et à la force physique formidable…”

Mais cet écrivain pense que cette fascination pourrait avoir une raison plus significative ; une qui est plus profonde et plus irrésistible.

L’illusion de l’immortalité ! C’est très semblable à ce qui a été offert aux nombreux abductés OVNI :

“…Frank et James… on a dit à eux-deux que de nouveaux corps étaient en quelque sorte en train d’être fabriqués ou préparés pour nous.” (Turner, 1992)

L’un des effets les plus courants de l’activité vampirique est un épuisement physique inexpliqué. Ce phénomène se produit fréquemment dans les scénarios d’abduction par les OVNI comme nous pouvons le voir dans ce qui suit :

“Tout le long de l’automne et l’hiver, nous nous sommes littéralement sentis assiégés par des forces et entités que nous ne pouvions pas comprendre… la matin suivant, je ne pouvais simplement pas me lever. Peu important mes tentatives efforcées ou le nombre de thés que je buvais, j’étais dans une stupeur toute la journée, bien que je n’avais aucune raison d’être si épuisé…” (Turner, 1992)

“…mais tout aussi soudainement qu’elle avait été excitée, elle fut drainée de toute son énergie et tomba s’est presque évanouie par terre… Megan s’est écroulée sur le canapé, incapable de parler ou même ouvrir ses yeux pendant presque une heure.”

Alien ou Démons ?

Un autre phénomène psychique des plus courants est celui du poltergeist. Une phénomène qui lui est lié est celui de l’agresseur invisible. D’importantes marques de griffures apparaissent sur le corps de certaines victimes de poltergeist et une fois un officier de police en enquête a vu des coupures apparaitre spontanément sur les jambes et la poitrine d’une victime de poltergeist qui criait. Un exemple comprenant des éléments de sexe, de stigmates de poltergeist et d’un possible vampirisme, d’un cas très récemment examiné d’abduction OVNI :

“…il s’est levé de son lit avec une étrange femme alien. sur lui. “Elle essayait de m’exciter,” a-t-il dit. “Elle s’est mise sur moi et essaya de me faire réagir, vous savez, sexuellement. Mais j’ai continué à refuser, je l’ai repoussée et lui ai supplié de me laisser… elle était nue, pourtant, lorsqu’elle me toucha elle était très froide.” …”J’ai trouvé ces marques ce matin,” a-t-il indiqué… trois grandes marques de piqûres sur la peau derrière son mollet disposées en un triangle équilatéral.” (Turner, 1992)

“…Il était seul dans l’appartement d’un ami, s’effondrant dans le lit après avoir marché des heures seul dans la rue, et quand il s’est réveillé il était couvert de bleus et de griffures partout sur son dos.”

“…J’étais assis sur le canapé, tard dans la nuit. Et tout d’un coup, le canapé commença à sauter tout seul, et puis ce tabouret se mit à sauter. Je veux dire, vraiment sauter. Ça me secouait !” 

“Le lit tout entier se mit à bouger, et quand j’ai essayé de bouger, j’ai constaté que j’étais paralysé. Je ne pouvais même pas parler, mais d’une certaine façon je me suis finalement débrouillé pour chuchoter une prière, demandant au dieu de la vérité et de l’amour de faire partir cette force effrayante. J’ai répété cette prière en continu, jusqu’à ce que la paralysie s’arrête, mais le lit bougeait de plus en plus violemment à mesure que ma force augmentait… J’ai essayé de réveiller Casey et lui dire ce qu’il s’était passé, mais il s’est retourné en dormant sans répondre… à cet instant, trois femmes sont entrées et m’ont approché. Elle m’ont tenu confortablement et m’ont dit, “Tu as fait ce qu’il fallait, Tu as réussi le test.” 

Il y a pour sûr, d’étonnants parallèles. La première chose que l’on remarque en étudiant profondément ce phénomène est que certaines rencontres avec des entités semblent être accidentelles et d’autres semblent être clairement dirigées vers une personne spécifique. Nous pouvons nous demander si les rencontres apparemment accidentelles sont aussi accidentelles qu’elles le paraissent. La manifestation survient-elle en réponse à un besoin caché, un état psychologique qui réclame une intervention extérieur d’une quelconque sorte ? À cet égard, l’ufologue français Jean-François Boeded, suggéra dans son livre Fantastiques rencontres au bout du monde (1982) que nous devrions considérer les observations comme débutant bien avant l’expérience réelle. Il se réfère à de nombreux cas pour lesquels les témoins eurent des prémonitions que quelques choses allait arriver, ou pour une quelconque raison ils sont retournés chez eux par une route différente, ou ont pris un chemin inhabituel. D’une certaine manière, il semblerait que les témoins étaient alors en train d’être préparés pour l’expérience qu’ils allaient subir.

Vampire en tant qu’Incube

Ce phénomène fait partie intégrante de l’abduction alien, des syndrômes du vampirisme et de la possession. Quand les entités impliquées dans les possessions sont interrogées durant un exorcisme sur comment elles sélectionnaient une cible de possession elles répondaient souvent que le sujet avait été choisi avant sa naissance. Dans la plupart des cas, la ligne de contact et l’attaque graduellement construite peuvent être retracées jusqu’à l’enfance. On pourrait dire, qu’en général, le processus de la possession a déjà commencé avant que la cible ou les personnes autour d’elle soient conscientes des signes.

Dans la plupart des cas il y a une sensation de la présence avant qu’une rencontre réelle ne survienne. L’abduction alien de Betty Andreasson est un classique. Le scénario qui est décrit est assez habituel dans de nombreux cas d’abduction. Pour la comparaison, jetons un œil à une version résumée.

Une lumière est apparue à la fenêtre. Le reste de sa famille semblait être dans un état d’animation suspendue. Quatre petites créatures sont entrées dans la pièce en passant tout droit à travers la porte. L’une des créatures a communiqué télépathiquement avec elle et l’emmena dehors, où un vaisseau ovale l’attendait. À bord elle fut soumise à un examen physique douloureux. Une sonde fut pressée dans son nez. Une autre sonde fut insérée dans son nombril et on lui a dit qu’on la mesurait pour la procréation. Nichée, on la fit s’asseoir dans une chaise en verre où elle fut enfermée par un couvercle transparent et immergée dans un fluide ; elle pouvait respirer par des tuyaux attachés à son nez et sa bouche. Un liquide sucré suinta dans sa bouche. Quand elle fut libérée de la chaise elle découvrit qu’elle avait voyagé jusqu’à la planète des aliens. Deux des créatures qui l’emmenaient traversèrent avec elle des tunnels et une série de chambres. La première était pleine de petites créatures de style reptile ; la seconde était un grande de couleur verte où flottèrent au-dessus de pyramides jusqu’à une ville de formes cristallines mystérieuses. Elle fut emmenée à l’intérieur d’une des formes en cristal où elle fit face à un oiseau géant qui éclata en lumière et s’effondra ensuite en un tas de braises. Une voix lui a dit qu’elle avait été choisie pour une mission spéciale qui lui sera révélée. Quand Betty déclara qu’elle croyait en Dieu, la voix lui a dit que c’était pour ça qu’elle avait été choisie… le chef, Quazgaa, lui a dit que des secrets avaient été verrouillés dans son esprit. Elle fut ensuite réescortée chez elle où elle vit le reste de sa famille toujours en état d’animation suspendue. Les aliens mirent la famille au lit.

Vampire ou Alien ? Alien ou Vampire ?

Ce qui suit est un témoignage résumé d’un cas manifeste d’infestation démoniaque, d’une obsession et d’une possible possession ultime qui fut abondamment documentée et décrite dans The Demon Syndrome de Nancy Osborn :

“La pièce était baignée par une lueur lumineuse, brumeuse. Un fort parfum d’ozone… une rafale de vent frais déferla par la fenêtre ouverte… Ann trouvait bizarre que la lumière de la lune soit si brillante lors d’une nuit nuageuse. Elle se leva. Trois silhouettes noires se matérialisèrent comme si elles entraient par la fenêtre ouverte… son mari… continuait à dormir, inconscient… Deux des silhouettes restaient en arrière-plan mais la troisième s’approcha avantage… elle était plus grande que les deux autres… Tandis que le meneur s’avançait les deux plus petites créatures semblaient flotter en arrière-plan, bavardant inintelligiblement… le mystérieux intrus n’avait pas de corps complet… Il était habillé d’un linceul noir flottant avec deux bras et mains s’étendant des bords… mais il n’y avait pas de prolongements humains. Pas de bras et mains normales et ordinaires, mais fendues comme celles d’un cochon. Les dents et la bouche semblaient inhumaines. Quatre crocs en saillie là où auraient dû être les incisives, et des parties proéminentes, rugueuses, des sortes d’épines, ressemblaient le plus aux dents humaines. Son visage avait une forme d’amande et sa peau avait une teinte rose. Mais ce furent les yeux qui ont le plus effrayé Ann, à cause de leur cramoisi brûlé… La créature n’avait qu’une petite quantité de cheveux secs qui se tenaient tout droit, et les oreilles étaient pointues… il n’y avait pas de pieds…la chose se déplaçait en glissant et en flottant…

[L’entité parle] ’Je suis venu pour t’emmener avec moi, Ann Haywood. Tu as été choisie pour faire une avec nous. Tourne-toi vers moi et je te donnerai paix et réconfort.’ …une sensation d’euphorie la submergea. C’était une sensation chaude, calme… elle fit des efforts et se remit à prier… ’Toi et ton fichu Dieu ! Il ne t’es plus d’aucune utilité. Le comprends-tu ? Je suis venu pour toi. Détends-toi et lâche prise. Tu ne seras plus jamais malade ou préoccupée. C’est un endroit de paix et de chaleur comme tu l’as expérimenté il y a quelques minutes. Alors lâche prise, lâche prise !’ Pendant que le monstre l’amadouait, il s’approchait de plus en plus près d’Ann. Finalement sa bouche s’ouvrit en grand et il commença à recouvrir son visage avec son jabot collant. La chaleur de son souffle et l’insupportable puanteur en émanant semblait affaiblir Ann. La salive de l’être était affreusement visqueuse et froide pendant que le monstre aspirait sa force vitale… Ann se débattit violemment… la créature siffla de déception : ’Je suis ta paix, et je suis ton force. Je vais prendre soin de toi à partir de maintenant. Il n’y a pas de dieu.’ Les trois entités partirent à travers le mûr de la chambre, dans la nuit…” (Osborn, 1982)

Et, – c’est une similarité qui fait frissonner – nous trouvons certaines images en commun qui apparaissent aussi dans d’autres cas d’abduction alien et d’infestation démoniaque.

“Un voyage astral dans un endroit inconnu et exotique était habituel. Elle a vu les pyramides égyptiennes… ce fut à ce moment qu’Ann se sentait faire partie de l’éternité… immortelle… en sécurité, joyeuse et libre de toute douleur.”

Dans une interview avec un membre de la presse, Ann Haywood essayait d’expliquer comment la Dame la transportait dans le temps vers des lieux lointains.

“Elle met sa robe autour de moi et ensuite mon esprit se sépare de mon corps. Je pouvais regarder derrière moi et le voir allongé là. Puis nous montons, passons à travers le plafond, sortons pas le toit et volons dans l’espace. Une nuit la Dame m’a fait retourner dans le temps. Nous étions dans un pays étranger et les gens portaient des vêtements démodés. La Dame a pris l’apparence d’une belle femme dans une robe bleue. Elle a accompli des miracles pour eux…”

Soudainement le visage d’Ann pâlit et elle demanda à ce qu’on l’excuse. On entendit son cri de douleur venant de la salle de bain, là elle avait trouvé refuge. Quand Ann sortit, elle renâclait et tenait son abdomen. La Dame l’avait sauvagement attaquée pour avoir révélé qu’à travers l’histoire, les créatures comme la Dame avait pris la forme de saints. Elles utilisaient ensuite la crédulité de l’humanité pour tromper et désinformer les gens de sortent qu’ils croient que des miracles sont accomplis. Ann supplia le reporter de supprimer cette portion de l’interview.” (Osborn, 1982)

 

Et, – ce qui évoque les vampires et le cas de Karla Turner – , Ann Haywood a également souffert : le contact avec la Dame était toujours physiquement drainant. Ann se sentait usée à chaque fois que la créature l’emmenait. Et sa santé se détériorait après chaque attaque. Le démon la tuait lentement, physiquement et mentalement. Si elle voulait faire l’amour avec son mari la Dame lui disait “Ann ne perds pas ton temps en copulations insensées. J’ai besoin de ta force. Tu es à moi…”

Le démon d’Ann est aussi beaucoup plus bavard et nous devrions nous arrêter un instant pour savoir si ses propos sont factuels ou sont davantage de mensonges et tromperies. Dans le cas d’abduction alien le scénario suit le syndrôme de l’infestation du démon jusqu’à un point : les aliens sont rarement, sinon jamais, forcés à admettre leurs infâmes intentions. Les démons, lorsque interrogés sous certaines circonstances, deviennent assez verbeux.

“La Dame s’est transformée en léopard et ensuite en une bête ressemblant à un loup. ’Nous pouvons prendre n’importe quelle forme, celle de notre choix… Mon espèce contrôle ce monde. Le destin est changé à jamais quand l’un de nous apparaît… Bientôt, pas seulement toi, Ann, mais le monde entier nous connaîtra. Avant l’an deux mille, personne ne niera notre existence. Mais avant quand ton âme redevienne esprit, une autre doit te remplacer. Il y en a une qui est à présent influencée.’

“Les loupés mécaniques furent courants quand Ann était présente. Eugene Wyatt menait l’interview originale avant d’assigner un reporter à l’article spécial qui était préparé pour sa publication dans le Tennessean [numéro du 4 juin 1978]. L’enregistrement était enregistré sur un équipement professionnel. Cependant, la machine a déchiré la cassette. … M. Wyatt a dit dans un rapport : l’ordinateur bugga immédiatement et a dû être redémarré deux fois. Quand on a essayé d’éditer l’histoire sur le terminal d’un vidéo-écran, ça a aussi raté. Toute la partie de l’alimentation a dû être remplacée. Elle avait tout simplement brûlé.

“Quand une télévision locale a fait quelques enregistrements avec Ann chez elle et le passa plus tard sur un écran de leur studio, un rouge aveuglant apparu du film. Le technicien a dit qu’il n’avait jamais vu une anomalie similaire.” (Osborn, 1982)

Ceci est un résumé des remarques d’Ann lors de plusieurs interviews :

“Je dis qu’il y a des mondes invisibles et des êtres qui les peuplent. Le simple fait que nous ne pouvons pas les voir ne veut pas dire qu’ils n’existent pas… Tout animal a un ennemi naturel. Et c’est pareil pour l’humanité. Ce n’est pas la maladie ou la mort, mais de terribles créatures qui nous observent tous jusqu’à que nous devenions faibles. Puis ils planent autour de nous comme des vautours piochant un cadavre. Quand ça arrive, nous nous brisons en notre esprit. C’est alors que les gens font des choses terribles, indescriptibles. Ils se suicident ou tuent d’autres personnes et créent simplement de la souffrance pour tout le monde. Souvent, les victimes finissent dans des hôpitaux psychiatriques…

Un de ces monstre vit à l’intérieur de moi… elle ne me fait mal que si je la défie. J’essaye de rester sur son bon côté. Elle est très capricieuse et a un tempérament terrible. La Dame n’aime pas non plus la religion. Elle ne croit pas en Dieu comme moi. …la Dame ne parle directement à personne, à part moi. Je peux lui parler à voix haute ou en pensée. Elle sait tout ce que toi et moi disons et pensons. Quand elle parle, elle a une voix de femme. Quand elle se met en colère son ton est plus grave.

La Dame semble tout savoir… parfois nous parlons de l’endroit où elle veut m’emmener. Elle dit que j’y trouverai paix et repos, aucun soucis, aucune maladie et que je n’aurais pas à mourir d’une douloureuse mort physique comme tout le monde… je ne suis jamais allé jusqu’à l’endroit où elle veut m’emmener parce que j’avais peur de ne pas pouvoir revenir… quand je suis avec elle c’est d’habitude un sentiment très agréable – quand elle est de bonne humeur – c’est chaud et paisible… tous mes problèmes s’effacent… c’est juste un silence complet et nous sommes ensemble…

…une chose que la Dame n’aime pas, c’est que je prie beaucoup. Elle pense que je ne devrais jamais faire ça. Si je n’arrête pas quand elle me le demande elle se met en colère… mes prières interfèrent avec ma relation avec elle… Je ne pense pas qu’elle craigne Dieu. Quand je vais à l’église, elle ne me laisse pas me concentrer sur ce que dit le prêtre. …elle me distrait d’une manière ou d’une autre et elle attend simplement à la ligne de propriété de l’église que je sorte… j’ai d’abord pensé qu’elle venait du Diable… j’en pleure beaucoup… quand ça me déprime, la Dame m’éjecte d’un coup hors de ma mauvaise humeur. …elle me raconte quelque chose sur son côté du monde – où je pourrais aller et ce que je pourrais faire et cela change ma perspective et me ragaillardit. … aucune souffrance, aucun soucis, aucune mort, un pays qui est rempli de promesses, où l’idée que vous pouvez faire quelque de vous-mêmes n’existe pas – vous êtes déjà quelque chose… c’est comme un tiraillement acharné et je suis au milieu.

Si je n’aimais pas ma famille, je serais déjà partie avec elle. Souvent je suis tentée de céder… Elle essaye aussi de me convaincre que je ne peux aider personne qui a un problème comme le mien. Elle dit que le mien n’est pas une maladie mentale… C’est un conflit de réalité… Au début j’étais vraiment terrifiée. Je me retournais et elle était là. J’avais peur d’aller me coucher la nuit, parce qu’elle vient principalement la nuit, quand tout est calme, ou dans la journée quand je suis seule à la maison. Mais habituellement elle apparaît la nuit, quand je m’allonge. Elle vient, et nous partons ensemble. Elle met la cape autour de moi et c’est comme si je partais dans un monde onirique. La Dame m’emmène dans des endroits magnifiques ici sur cette planète ou sur d’autres planètes, et parfois dans le très lointain passé. Occasionnellement, nous visitons même le futur, mais je n’y comprends rien…

Je ne peux toujours pas m’habituer à son apparence… elle n’est pas comme nous. Pas du tout. Elle ne semble pas même avoir la même constitution corporelle que les humains. Quand elle me touche avec ses mains, c’est comme toucher de la glace sèche… ses mains se collent tout simplement sur ma peau, et laissent des marques rouges aux endroits qu’elle touche… Le contact physique pique de froid mais brûle aussi un peu… quand elle le veut elle peut contrôler mes pensées.

Si elle veut que je dise quelque chose à son propos pendant qu’elle écoute une conversation, elle me fera souvenir des choses. Mais si elle n’aime pas une personne, toute information à son propos sera effacée de mon esprit comme si elle n’existait pas. Elle dit qu’il est temps pour moi de parler d’elle. De plus, elle dit que bientôt le monde entier connaîtra son espèce…

elle m’a dit que j’étais choisie… elle a besoin de gens… elle a besoin de mon souffle. La Dame en a besoin afin de survivre dans le monde des humains. Elle doit en prendre tous les jours afin d’exister sur notre plan. Je l’alimente chaque jour avec mon souffle vital, parfois aussi souvent que trois ou quatre fois par jour. Plus il y a utilisation d’énergie, de sa part comme de la mienne, plus il faut d’alimentations de souffle… c’est la même sensation que vous avez si vous hyperventilez… la Dame a besoin de souffle pour pouvoir rester ici-bas…

Je sais que je vais devoir abandonner ma famille parce qu’ils sont Chrétiens. J’étais sauvée à un moment avant que la Dame ne fasse irruption dans ma vie. Elle dit ’Je ne comprends pas pourquoi tu crois en de vieux livres qui parle d’un Dieu que tu dois adorer. Ce Dieu appartient à d’autres personnes mais pas à toi. As-tu déjà vu Dieu ? Tu me vois et tu sais que je suis réelle, que j’existe.’ …c’est comme s’il y avait une armée qui se construit. Une chose puissante des deux côtés… elle a dit qu’elle me convaincrait tôt ou tard qu’il n’y a pas de Dieu. …elle s’épanouit sur la méchanceté.” (Osborn, 1982)

 

Dans n’importe quel cas de vampirisme psychique ou de véritable possession il y a habituellement un vrai point d’entrée, le point par lequel l’esprit entre en relation avec l’individu et une décision est faite par la victime pour permettre ce contact. Cela se produit souvent juste parce que la victime n’est pas consciente de l’importance de l’évènement. Cela semble être un évènement mineur et peu résulter de la fatigue, d’une excitation mentale, frustration, douleur et d’autres facteurs psychologiques qui prédéterminent une constitution psychique affaiblie. Ces êtres, qu’ils soient démons, vampires ou aliens, ont la capacité de contrôler nos pensées jusqu’à un certain degré, nos corps physiques, la météo et des évènements dans nos vies, au point de pouvoir être usé jusqu’à la corde sous de telles attaques et abandonner le contrôle à un autre. Dans le cas d’abduction alien, le processus de l’abduction lui-même pourrait faire partie du processus d’éreintement tout autant que l’interaction avec vol d’énergie.

Le cas Betty et Barney Hill, et tous les cas d’abductions ultérieures ayant un aspect similaire, décrivent un test médical simulé dans lequel une longue aiguille est insérée dans le nombril. Un calendrier français du quinzième siècle, le Kalendrier des Bergiers, montre des tortures infligées par des démons sur des personnes qu’ils ont prises. Les démons sont représentés perçant l’abdomen de leurs victimes avec de longues aiguilles. 

L’hypothèse, de Jacques Vallée, du système de contrôle est intéressante à cet égard :

« Je pense qu’il y a un système autour de nous qui transcende le temps comme il transcende l’espace. Le système pourrait être bien se situer lui-même dans l’espace cosmique, mais ses manifestations ne sont pas des vaisseau spatiaux dans le sens ordinaire, c’est-à-dire matériel. Les OVNIs sont des manifestations physiques qui ne peuvent être comprises séparément de leur réalité psychique et symbolique. Ce que nous voyons en effet ici n’est pas une invasion alien. C’est un système de contrôle qui agit sur les humains et les utilise. »

Le fait que les abductions alien modernes reflètent les infestations démoniaques et le vampirisme fait partie d’un pattern de l’histoire. Ce qui, selon Vallée, implique un concepteur de pattern. Mais ce qui est ou qui est ce concepteur de pattern, ou bien pour quelle raison le système de contrôle fonctionne ainsi, Vallée ne le dira pas ou ne peut le dire.

Toutefois, nous pouvons conjecturer un peu et tirer quelques conclusions provisoires. Mais d’abord j’aimerais montrer qu’en dépit de la douleur et de la peur vécues dans une abduction, pour un très grand nombre d’abductés, les aliens représentent le bien plutôt que le mal : les abductés pensent que les aliens sont nos supérieurs intellectuels et moraux qui sont venus ici pour nous aider à résoudre nos problèmes. Gardons à l’esprit que cela pourrait être un mensonge dangereux et rusé. Un exemple de la façon par laquelle ce mensonge est malignement propagé est le fait que beaucoup d’individus sans connaissances approfondies de la métaphysique historique sont mystifiés par les apparents “avantages” de l’abduction alien. Bien sûr, il pourrait y avoir plusieurs raisons à cela. C’est peut-être parce que le contact avec le côté “obscur” provoque chez l’individu un mouvement intérieur vers davantage de “lumière”, ou c’est peut-être, en fait, un mensonge pour amener à l’acquiescement de la part de la victime.

John E. Mack, M.D., professeur de psychiatrie à Harvard écrit dans Abduction :

L’idée que des hommes, femmes, et enfants puissent être enlevés contre leur gré de leurs maisons, voitures et cours de récréation par d’étranges être humanoïdes, emportés dans des vaisseaux spatial, et soumis à des procédures gênantes et menaçantes est terrifiante, et pourtant tellement bouleversante pour nos conceptions de ce qui est possible dans notre univers, que la réalité du phénomène a été en largement rejetée d’un revers de la main ou bizarrement déformée dans la plupart des récits des médias. … Mon propre travail avec des abductés m’a impressionné à cause de la dimension de puissante croissance personnelle qui accompagne les expériences traumatisantes… surtout quand ces personnes reçoivent l’aide appropriée pour explorer leurs histoires d’abductions. … Supposons que [l’Intelligence Cosmique] … n’est pas indifférente au destin de la Terre, considérant ses formes de vie et sa beauté transcendante comme l’une de ses meilleurs et plus avancées créations. Et imaginons que le déséquilibre créé par le surdéveloppement de certaines facultés humaines … fut diagnostiquées… comme le problème fondamental. Qu’est-ce qui peut être fait en tant que correctif ? Les deux approches naturelles que nous pourrions concevoir seraient l’approche génétique et l’approche environnementale. Il est possible qu’à travers un vaste programme d’hybridation affectant d’innombrables personnes, et une invasion simultanée de nos conscience avec des images transformatrices de notre auto-destruction, un effort est en train de se faire pour placer la planète sous une sorte de procédure judiciaire ?” (Mack, 1993)

John Mack pensait que nous devions aimer les aliens.

Ces derniers temps, des officiers du renseignement militaire, des physiciens engagés pour travailler sur des projets secrets, et beaucoup d’autres impliqués dans le cover-up se sont manifestés pour informer le public. Ils l’ont peut-être fait pour une raison parmi plusieurs possibles. L’une d’entre elles pourrait être parce que, puisqu’ils ont percé plus profondément le voile du secret, ils ont été si horrifiés de ce qu’ils ont découvert que leurs consciences les ont entraîné à se manifester. Il a aussi été conjecturé que le gouvernement lui-même les avait envoyé pour “révéler” des vérités puisque la possibilité d’une révélation forcée devient imminente. Nous pourrions ne jamais entièrement connaître leurs motivations.

Nous savons seulement que certaines des informations qui sont propagées correspondent exactement aux récits du nombres croissant de citoyens qui se sont rappelés consciemment ou sous hypnose, des scènes d’horreurs inouïes et d’abus aux mains de certains des visiteurs alien.

Il y a ceux qui disent que nous ne pouvons pas conjecturer ou faire des hypothèses sur le but de la présence alien sur notre planète parce que nous avons affaire à une intelligence tellement plus avancée que la notre que la logique humaine ne peut s’y appliquer. Je pense que nous avons besoin de faire la distinction entre l’intelligence alien et les aliens intelligents. Le Rasoir d’Occam dit que lorsque l’on cherche à comprendre un problème, ce qui peut être fait avec moins de suppositions/concepts est fait en vain avec plus.

La Bible pourrait avoir un indice pour nous dans Matthieu 24 où Jésus dit :

“Car alors, il y aura de grandes tribulations – affliction, détresse et oppression – qui n’ont jamais été telles depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qui ne le seront jamais. Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne pourrait le supporter et y survivre ; mais, à cause des élus ces jours seront abrégés. Si quelqu’un vous dit alors : Vois, le Christ est ici, le Messie ! ou : Il est là !, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire , s’il était possible, même les élus… Si donc on vous dit : Vois, Il est dans le désert, n’y allez pas ; s’ils vous disent, Vois, Il est dans des lieux secrets ou chambres intérieures, ne le croyez pas… Où qu’il y ait un corps déchu, là s’attrouperont les vautours.” (Versets 21 à 28, Amplified, Zondervan, 1985)

L’humanité est, en effet, un corps déchu. Une unité d’âme fragmentée. Quand un animal dans la nature s’affaiblit, les vautours se mettent à tourner autour en décrivant de grands cercles au-dessus de lui, attendant l’effondrement. C’est alors qu’ils s’installent pour se nourrir, ne laissant rien d’autre que des os. Nous avons violé et pillé notre planète à un tel point qu’elle ne peut nous supporter plus longtemps. En dépit des efforts d’élévation de conscience des partisans du New Age, nous continuons de combattre et haïr nos frères jusqu’à ce que presque toute société sur la surface de la planète soit au bord de l’effondrement.

La science a postulé un processus long et graduel d’évolution et s’est efforcée avec tout son pouvoir de conformer toutes les données à ce moule. Ce qui ne correspond pas est réinterprété ou ignoré. Non seulement il est supposé que nous aurions évolué en tant qu’êtres humains depuis des ancêtres primates, mais qu’en tant que culture, nous serions également en train d’évoluer. La science nous a donné le programme spatial, le laser, la télévision, la pénicilline, les antibiotiques sulfamidés et une multitude d’autres développement utiles qui semblerait rendre nos vies plus tolérables ou fructueuses.

Toutefois, nous pouvons facilement voir que ce n’est pas le cas. Après trois siècles de domination par la science, on pourrait dire que jamais auparavant l’homme n’a été si périlleusement amené à deux doigts de la destruction totale. Nos vies, en tant qu’individus, groupes, et cultures, se détériorent uniformément. L’air que nous respirons et l’eau que nous buvons est polluée à un point qui dépasse presque le tolérable. Notre nourriture est chargée de substances qui contribuent peu à notre alimentation, et pourraient, en fait, être préjudiciables pour notre santé. Le stress et la tension sont devenus une part acceptée de notre vie et il peut être montré qu’ils ont tué des millions de personnes. Haine, envie, avidité et la discorde se multiplient exponentiellement. Le crime augmente neuf fois plus vite que la population. Nous avalons d’interminables quantités de pilules pour nous réveiller, aller dormir, faire le travail, calmer nos nerfs et nous faire nous sentir bien. Les habitants de la terre dépensent plus d’argent en drogues récréationnelles qu’ils n’en dépensent en logement, vêtements, nourriture, éducation ou tout autre produit ou service. (Ce qui équivaut à un demi-trillion de dollars chaque année.) Des millions de personnes sont sans nourriture ou abri adéquat. Deux cents quarante millions d’enfants vont mourir de faim avant l’an 2000 pendant que nous payons des millions de dollars aux idoles du spectacle afin qu’ils jouent pour nous tandis que nous nous bousculons pour obtenir de la crème, du savon ou du dentifrice qui nous rendront sexy et attirant. Il n’est donc pas étonnant que nous ayons attiré les vautours du cosmos !

Une présence Alien sur notre planète est réelle. Ceux qui choisissent de fermer leurs yeux à cette réalité le font à leur propre péril. Ces derniers temps, les films et émissions de télé importantes ont augmenté la conscience qu’a le public du sujet. Toutefois, l’approche prise par les médias a généralement eu tendance à placer le sujet dans le monde du divertissement de la science-fiction. Les médias d’information ridiculisent systématiquement les témoignages et les tabloïdes exagèrent les témoignages jusqu’à l’absurdité de sorte que le public ne sait absolument pas que les enjeux de ce jeu sont réels et que l’on joue pour de bon. Le livre, Clear Intent, de Lawrence Fawcett et Barry J. Greenwood (Prentice-Hall, 1984), fournit des preuves massives, écrasantes et irréfutables basées sur les propres documents du gouvernement que nos plus hauts fonctionnaires publiques et que l’élite de notre sécurité et des organisations de renseignement ont délibérément et avec persistance menti aux citoyens contribuables au sujet des Aliens lors de ces 40 dernières années ou plus.

Je ne vais pas dire qu’aucune protection contre ce type d’invasion ne soit pratiquement possible. Toute les recherches ne sont pas ici et ce que j’ai examiné me fait penser que ces êtres peuvent piller notre monde, nos vies, nos esprits, à volonté. Mais, on doit se demander pourquoi se donnent-ils autant de peine à nous persuader à accepter leur contrôle total s’ils peuvent le prendre à volonté. Peut-être peuvent-ils simplement nous piller physiquement. J’ai rencontré des cas où les aliens semblaient en découdre très mal dans l’interaction et aucun autre contact ne suivit. Il est encore trop tôt pour révéler les méthodes utilisées pour repousser ou contrôler les évènements sans plus de recherches, mais, cela suffit pour dire que je crois qu’un certain processus est singulièrement efficace.

Je découvre de plus en plus de preuves que ceux qui pensent qui sont médiums ou qui ont des “rêves” ou visions prophétiques, ou d’autres expériences psychiques sont, en fait, visités régulièrement par des aliens. Jacques Vallée extrapole sur le grand nombre d’observations et/ou contacts possibles. Il conjecture qu’il doit littéralement y avoir des millions de personnes, y compris celles qui ne sont pas rapportées par peur du ridicule, et celles qui ne se souviennent plus, à cause peut-être de techniques de contrôle mental. Il continue en disant qu’il trouve difficile de croire que les membres d’une civilisation avec des capacités de voyage spatiotemporel viendraient en de tels nombres pour faire des choses “stupides” comme enlever des gens et accomplir des expériences primitives ou des examens. Je dois l’accepter. Nos docteurs et scientifiques peuvent accomplir de nombreuses procédures attribuées aux aliens avec beaucoup moins de douleurs et trauma.

C’est mon point de vue que Nous n’avons pas affaire ici, à une technologie matérialiste, terrestre ! Bon Dieu, ces types traversent les murs, font flotter des gens au-dessus de leur corps, contrôlent les esprits, paralysent les corps, influencent la météo etc. etc. Toutes ces capacités sont celles que nous avons historiquement attribuées aux anges, démons ou vampires.

Quand nous examinons le problème alien nous voyons à maintes reprises des termes décrivant une “lumière”, des “lumières” ou des phénomènes apparentés. L’observateur a donc tendance a considérer que l’expérience est “bonne pour lui.”

L’Apôtre Paul a écrit dans II Corinthiens :

“…Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres..”

Cela nous donne une injection directe pour observer leurs actions, ou fruits plutôt que l’apparence ou ce que nous disent ces êtres.

En plus de cela, Jésus a dit dans Matthieu 12:33 :

“Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ; car on reconnaît et juge l’arbre par ses fruits.”

L’essentiel de tout cela, c’est qu’il semble que les seuls critères que nous pourrions avoir pour juger tout phénomène est le fruit qu’il porte, puisqu’il est possible pour des choses de se présenter d’une manière positive et en fait, ne pas l’être. Presque sans exception, les individus qui ont subi des “abductions”, quand les mémoires-écran ou de surface ont été sondé d’une manière compétente, révèlent des souvenirs d’évènements aux implications si effrayantes que la première interprétation doit être attentivement examinée. La peur soulevée par ces expériences est tangible. Pourtant, les Aliens persuadent d’une certaine manière l’expérimentateur que c’est “pour son bien” ou pour “le bien de la planète” ou “l’amélioration de notre race”. Mais Jésus nous a dit que Satan était un menteur et le père des mensonges.

II Timothée 1.7 dit : “Car Dieu ne nous a point donné un esprit de timidité — de lâcheté, d’une peur lâche et servile et obséquieuse — mais un Esprit de force, de charité et de prudence.” et I Jean 4:18 nous dit : “Il n’y a pas de peur dans l’amour — l’appréhension n’existe pas ; mais l’amour parfait chasse la peur et expulse toute trace de terreur.” Pourtant, l’effet cumulatif de l’interférence alien a été la peur, la confusion et la déformation de la réalité au point où de nombreuses vies sont irrévocablement déchirées.

Maintenant, je suppose qu’il pourrait être argumenté que nous sommes mis au défi d’aimer nos abducteurs alien pour pleinement tester notre capacité d’atteindre l’amour parfait. Toutefois, je pense qu’il y a beaucoup d’autres questions à examiner avant que cette conclusion ne soit adoptée.

Que cela veut-il dire pour nous en termes pratiques, ici, sur terre, aujourd’hui ?

Cela voudrait dire que les intelligences Alien, suivant un sentier de service de soi, ont influencé les dirigeants de nos sociétés afin de nous guider sur un sentier d’auto-destruction afin qu’ils, les Aliens, puissent se réunir autour du corps déchu de notre race et se nourrir de nos émotions, nos énergies, notre propre chair. Ils sont là, ils nous terrifient délibérément de toutes les manières qu’ils peuvent pour nous maintenir confus et déséquilibrés. Ils nourrissent notre culture de distorsions et mensonges philosophiques pour égarer le plus de monde possible. Ils contrôlent les lions de l’industrie, du gouvernement et de la culture de telle manière que ce qui existe dans notre monde soit perverti par une existence en “méandre”, qui va de guingois, anormalement sans dessus-dessous, disloquée, gouvernée par la tromperie et le mensonge. Nous vivons dans un monde effrayant, à l’envers, où tout ce que nous chérissons comme bon, noble, honnête et juste a été perturbé, souillé, déformé et enlaidi. Et il y a plus horrible : nous acceptons que c’est normal ! Mais il y a plus effroyable encore, nous refusons de regarder ces choses et allons même jusqu’à affirmer qu’ils n’existent pas ailleurs que dans nos esprits. Et il semble qu’ils peuvent piller notre réalité à volonté sans notre consentement.

En examinant le phénomène OVNI/Alien, nous voyons des choses qui ne concordent simplement pas. Le niveau de confusion dans ce domaine est affreux. Tout semble être mensonges et mystifications. Des couches de mensonges sur des couches de mensonges. Confusion, confusion et davantage de confusion.

Il est temps pour le monde de se réveiller à ce phénomène. Dans le passé, nous avions affaire à des désincarnés et des démons. Nous avons affaire à des désincarnés et des démons maintenant, seulement nous les appelons “aliens”. Ils ont probablement toujours été des “aliens !”

L’attaque de ces êtres est lente, prudente et insidieusement trompeuse. La seule défense que nous avons c’est la connaissance : pour être capable d’identifier à chaque instant où nous nous tenons, ce qu’il se passe, et quel choix faire. “Si tu demeures dans Mon Monde ; retient rapidement mes Enseignements et vis en accord avec eux… tu connaitras la vérité, et la vérité te libèrera.” Cette vérité inclue la réalité de l’esprit et des des possessions démoniaques.

Nous avions été averti qu’il y aurait des forces en jeu en ces temps qui désorienteraient et tromperaient tellement qu’elles “mystifieraient et égareraient, si possible, même les élus…” je considère ça comme voulant dire que les élus sont, en fait, les premières cibles. Et mon travail avec des abductés le confirme dans certains cas.

Mais, la plus grande de toute les tromperies, comme je l’ai déclaré auparavant, est l’enseignement qu’il n’y a pas de forces négatives, et que s’il y en a, dans tous les cas, nous n’avons pas à nous en inquiéter parce que si nous avons juste des pensées gentilles, que nous méditions régulièrement, et utilisons nos affirmations, rien d’infect n’entrera jamais dans notre réalité.

Après trente-cinq ans d’étude et d’enseignement de la métaphysique, incluant une analyse approfondie de la possession démoniaque, je peux vous assurer que le mal s’insinue dans nos vies sous l’apparence du bien et de la vérité. La difficulté en parlant du mal de nos jours ne se trouve pas dans l’étrange ou le bizarre, mais plutôt dans l’insistance des médias que les points de vues religieux du bien et du mal sont dépassés. Le problème est encore plus aggravé par le New Age enseignant que le “mal” n’existe tout simplement pas à moins qu’un individu le crée dans sa réalité. C’est un point important parce que le processus du mal suit la ligne de l’érosion de notre spiritualité par l’érosion de la connaissance. Quelle meilleure façon de protéger les activités malfaisantes que de nier qu’elles existent ? Il est vrai, dans un sens absolu, que le mal est “créé par soi-même”. Mais très souvent les sois qui créent le mal et veulent le perpétuer sont ceux des niveaux de densité supérieur contre qui nous n’avons aucune défense excepté la connaissance de ce qu’ils sont et de comment ils opèrent. Nous devons connaitre les mensonges afin de percevoir la vérité.

Il y a ceux qui parlent “d’anges déchus” qui sont devenus les “favoris de Satan.” Toutefois beaucoup d’enseignements anciens décrivent cette attitude, cette essence du mal, comme existant “Depuis le début.” Cela implique qu’il a toujours eu un sentier de “l’obscurité” ou “service de soi” depuis l’instant de la création. Cela signifie qu’il existe d’un côté de la pièce le fait d’aimer son frère en tant qu’acte d’amour pour Dieu et soi ; et de l’autre, la philosophie opposée de l’amour de soi-même en tant que Dieu et l’utilisation des autres pour perpétuer cet amour de soi, [et que ces deux côtés] sont pareillement valides. On devrait même dire que sans cette tension d’opposition, rien n’existerait ou ne pourrait exister.

Il semble qu’à un niveau absolu, rien dans l’existence ne peut réellement être appelé “mauvais”. Sans crucifixion il ne pourrait y avoir de résurrection. Sans obscurité pour la purification, il n’y aurait aucun grand afflux de lumière. C’est la force de l’obscurité qui emporte les péchés de notre Terre. C’est la Lumière qui apporte ensuite la vérité pour emplir l’espace créé.

Si nous retirons les termes lumière et obscurité ou bien et mal, nous restons avec les termes cliniques de polarités positive et négative. Il y a un pinacle de polarité négative et il y a ces entités de nombreux mondes qui suivent ce sentier. Nous devons comprendre que c’est un chemin. Il a sa validité dans le monde de la création. S’il était prévu de le détruire, Dieu ne pourrait-il pas soulager tous nos problèmes, se dépêcher et faire revenir cette énergie à Lui-même ?

Il y a ceux qui croient que diriger son attention sur ces idées “leur donne de l’énergie.” C’est seulement vrai si l’on se focalise ainsi avec une intention de participation. Toutefois, une compréhension complète de ces forces est absolument nécessaire afin de savoir comment leur donner moins d’énergie.

“La seule chose qui soit nécessaire au triomphe du mal est que les hommes bons ne fassent rien.”

L’effet le plus certain de la possession est la perte de la qualité de l’identité à être humain. Ceci est intéressant si l’on tient compte du fait que de nombreuses personnes enlevées rapportent que leurs abducteurs sont particulièrement “inhumains” et apparemment sans émotion. Il y a une certaine essence, une certaine valeur qui est isolée et d’innombrables personnes que nous chérissons et protégeons, qui sont attaquées, minées, ou anéanties par la possession diabolique. Cela n’a rien à voir avec les fonctions de nos corps. Les gens possédés peuvent agir et agissent efficacement dans leur travail et dans la société en général. En fait, plus la possession est parfaite, moins il y aura de perturbations dans les rôles de tous les jours.

Mais ceux qui sont parfaitement possédés manquent de ces qualités du soi intérieur et de l’interconnexion avec les autres êtres humains que nous percevons comme humain. Nous pouvons considérer [le sentiment] “d’humanité” comme variable – ont peut penser que tout le monde ne l’a pas à un degré égal – certains semblent en avoir qu’un peu – [ce qui montre que] l’humanité que nous avons peut varier ou complètement défaillir.

La plupart des religions à travers le monde voient ce [cette aptitude à] l’’humanité’ comme un cadeau de Dieu dans la multiplicité de ses identités. Le processus de possession consiste en une érosion de l’humanité que Dieu confère.

La possession n’est pas un processus de magie. L’esprit est réel ; l’esprit est un pattern puissant de l’énergie ; l’énergie/esprit est la base de toute matière. Tout comme les dépôts de fer forment des patterns sur un papier sous l’emprise d’un aimant, de même nos corps et toute forme d’atomes de la réalité tridimensionnelle répondent à l’instance électromagnétique de l’esprit. Et, sachant cela, il semble qu’il y ait une guerre de l’esprit se déroulant à l’heure actuelle et que la majeure partie de cette guerre, la bataille de cette guerre, se tient au travers des interactions entre aliens et hommes, entre des hommes et d’autres hommes et en l’homme lui-même.

On m’a dit dans une session d’hypnose avec un patient qu’il y a littéralement une guerre menée à des niveaux de plus haute densité dans notre ciel. J’ai demandé pourquoi on ne pouvait pas la percevoir. On m’a dit que je le pourrais si je faisais simplement attention à la météo et l’activité tectonique sur notre planète. J’ai reçu d’intéressantes confirmations de cette déclaration plusieurs jours plus tard dans le numéro de novembre 1994 d’Earth magazine :

“Des choses étranges se produisent dans les couches supérieures de l’atmosphère terrestre. Quelque chose là-haut libère de brefs, intenses éclairs de rayons gamma. Et de mystérieuses formes luisent au-dessus des orages.” (Upward Lightning, Steve Mirsky)

Si cette activité peut en fin de compte se traduire par des évènements d”’écrous et boulons” dans notre ciel, je pense qu’avec circonspection, nous pouvons dire que oui. Un de mes sujets parlait d’une énorme armada de vaisseaux spatial se dirigeant vers nous en “chevauchant l’onde“, apparemment une grande explosion de force cosmique se dirigeant vers nous en réponse à la grande activité négative sur notre planète. Tout ça est plutôt effrayant et nous devons nous demander si c’est encore un autre mensonge pour susciter en nous de la peur ou si une partie de cela est vrai et une partie fausse ? La difficulté que nous avons est de comprendre quelles puissances ces êtres possèdent et si nous pouvons nous défendre et comment.

Si le lecteur s’attend à ce que vienne avec des réponses immédiates, il sera déçu. L’information que j’ai jusqu’ici nécessite davantage de recherche et d’application avant que je la présente. Mes propres expériences et les expériences que deux personnes avec qui j’ai travaillé m’ont montré qu’il pouvait pratiquement être impossible de faire quoi que ce soit de physique pour se protéger. La seule chose que je pense à cet égard est : si ces êtres peuvent avoir ce qu’ils veulent simplement en s’installant et en le prenant, passeraient-ils autant de temps à créer de la terreur et de la confusion ? Au lieu de cela, peut-être que la terreur et la confusion est exactement ce qu’ils veulent engendrer parce qu’ils s’en nourrissent.

La seule chose que je peux dire jusqu’ici est que je pense que nous sommes malignement trompés. Nous avons des archives historiques de ces phénomènes remontant à des milliers d’années. Nous avons aussi des archives historiques sur les façons et les moyens d’affronter ce phénomène de matière à nous protéger nous-mêmes. Nous devons réexaminer notre passé et apprendre ce que les anciens savaient. Nous devons éliminer les nuages du mythe et de la distorsion entourant la vérité et découvrir quels pouvoirs nous avons vraiment et comment les manifester. Et ensuite, plus significativement, nous devons savoir quand et comment manifester nos vraies capacités. Ces types ne passeraient pas autant de temps à nous terroriser et essayer d’entrer furtivement par la porte de derrière s’il leur était possible d’entrer directement. Il y a quelque chose que nous avons qu’ils veulent. Il y a un pouvoir que nous avons qu’ils ne veulent pas que nous découvrions. Nous devons découvrir ce que c’est. Ce pourrait être notre seul espoir.

 

 

23 novembre 2011

Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme

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Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme

 
Gravure de John Willie.

Les termessadomasochisme,domination/soumission sexuelle et BDSM (pour « Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme ») désignent une forme d'échange amoureux utilisant la douleur, et/ou l'humiliation dans un but érogène, permettant à ceux qui y sont sensibles de vivre plus intensément leur sexualité.

Sommaire

Le contrat

Article détaillé : Contrat masochiste.

Ces relations se vivent entre adultes consentants. Elles dépendent d’un accord mutuel que l’on nomme le contrat. Le contrat dans l'univers masochiste dominant/dominé officialise les relations comme étant agréés par les parties. Contrairement au sadisme qui n'est pas, lui, consenti et de ce fait ne peut dépendre du contrat. D'après Deleuze, « il n'y a pas de masochisme sans contrat ou sans quasi-contrat. » On peut considérer que le contrat écrit est une pratique, une sorte de cérémonial de l’accord mutuel. Et que le contrat verbal est aussi la base de la relation acceptée par les deux parties et qui serait le quasi-contrat selon Deleuze. D'après Gilles Deleuze « Jamais un vrai sadique ne supportera une victime masochiste »« Ils veulent être certains que leurs crimes coûtent des pleurs, ils renverraient une fille qui se rendrait à eux volontairement » précise une des victimes des moines dans Justine ou les Malheurs de la vertu2,3.

Le contrat comme prélude à toutes relations BDSM est confirmé par Damien Lagauzère : « Il nous parraît opportun de consacrer une partie de notre travail au caractère contractuel du SM. En effet, qu'il soit tacite, oral ou écrit, le contrat est la prélude nécessaire à toute relation SM, puisque c'est par lui que les partenaires vont se mettre d'accord quant aux modalités de leur relation, de même qu'il constitue un élément important de ce rituel. »

Sur un article de « philosophie magazine », le maître dominateur Hieros prend la parole et nous dit « Le dominateur est un narrateur qui prend le pouvoir avec les mot. » Il poursuit : « C'est sortir du profane pour entrer sur une scène sacrée. » Hieros cite Hegel : « Comme conscience refoulé en elle-même, la soumission s'intériorisera et se convertira en véritable indépendance. » Hieros poursuit : « Nous touchons là le cœur du sadomasochisme, érotisme fondé sur un contrat entre deux parties. »

Les contrats de Sacher Masoch

  • Le contrat entre Sacher Masoch et Wanda
  • Le contrat entre Mme Fanny de Pistor et Léopold de Sacher Masoch
  • Récit d'un contrat de Sacher-Masoch, ce qu'il y a d'intéressant dans ce texte, c'est la façon dont la victime dresse sa bourrelle. Il lui dicte ce qu'elle doit faire. Et à la fin, il exige qu'elle porte des fourrures pour le châtier.

Sémiologie et polémiques

Diverses polémiques émergèrent tendant à marginaliser le sadomasochisme par rapport au bondage et à la discipline (par exemple la fessée). Il semble que les termes originaux de sadisme et surtout masochisme aient été stigmatisés. La communauté sadomasochiste de San Francisco créa vers les années 1990 les termes top and bottom ou encore sub. Finalement le sigle BDSM fut adopté pour une seule et unique sexualité plurielle fusionnant ainsi bondage, discipline, D&S (domination et soumission), et SM (pour sado-masochisme), conciliant ainsi ces différentes pratiques en une seule1.

Sadomasochisme

Tomba della Fustigazione(Tombe de la flagellation), VIe siècle av. JC.
Article détaillé :Masochisme.

Selon le Larousse, lesadomasochisme serait une forme régressive d'échange amoureux ; le sadismepathologique (agressionviol, etc.), relèverait quant à lui d'undésordre grave de lapersonnalité1.

Gilles Deleuze démontre que l'association par Freud des deux termes, sadique et masochiste, provoque « un monstre sémiologique » dans le sens où le sadique, celui qui fait souffrir dans l’œuvre de Sade, n'est pas une personne qui pourrait faire partie de l'univers mental du masochiste chezSacher-Masoch. En effet, le sadique (chez Sade) se complaît dans la souffrance de l'autre à condition qu'elle ne soit pas consensuelle. « Et en jouit d'autant plus que la victime n'est pas consentante », alors que le masochiste (de Sacher-Masoch) aime à régler, dans des contrats, les modalités diverses de sa « soumission ». - Donc l'expression « sadomasochisme » lie le masochisme au sadisme, que Gilles Deleuze nie dans sa présentation de Sacher Masoch. - Il écrit : « Sado-masochisme est un de ces noms mal fabriqués, monstre sémiologique », - et il considère que le sadisme et le masochisme ne sont ni d'absolus contraires, ni d'une absolue complémentarité. Sade, démontrant un univers criminel, donc non contractuel tandis que Sacher Masoch, lui, est dans le contrat. - La douleur psychologique (humiliations) ou physique peut devenir souffrance. Mais la douleur devient plaisir lorsque la charge d'endorphine couvre le choc de la douleur. Ceux qui le découvrent seront toujours en quête, car dans ce cas le désir est exacerbé. Selon Gilles Deleuze « Tout est permis à condition que ça ne mène pas à l’orgasme. Pourquoi ils ne veulent pas de l’orgasme ? Pas parce que c’est fautif. Parce que ce serait l’interruption du désir, et qu’ils parient en droit - j’insiste sur "en droit" - la continuation du désir à l’infini »Sacher-Masoch, écrivain autrichien propose des contrats dans le but d'être humilié, et, ou de subir des sévices plus durs. Il met en scène son programme masochiste dans son romanLa Vénus à la fourrure (masochisme de Leopold von Sacher-Masoch). Par la suite il ne cessera de manipuler ses compagnes et plus précisément Wanda son épouse pour qu'elles incarnent le rôle de la Vénus à la fourrure. Gilles Deleuze.

Soumission et domination

Selon les écrits populaires et sur les divers supports de communication, il existerait à travers les relations sadomasochistes des relations dites hard ou soft. Les relations hard seraient des relations masochistes de douleur physique. Et les relations softévoqueraient les relations de douleur psychologiques : l’humiliation, les relations de service sans douleur corporelle. Et ces relationssoft ne seraient pas, selon ces écrits, d’ordre masochiste. Cette interprétation dure depuis que le BDSM est sorti de l’obscurantisme. On ne la retrouve pas dans les écrits universitaires déjà cités dans les articles dominatrice etmasochisme.

Les femmes dominées

Si les femmes dominatrices sont exceptionnellement sadiques, les hommes dominateurs, eux, font quelquefois preuve d’une sorte de sadisme contrôlé. Ils cherchent à initier leur partenaire. Le livre « Le lien » de Vanessa Duriès est dans ce type de rapport. Le contrat n'est pas proposé par la victime, le bourreau n'est pas éduqué par la victime, c'est le contraire : le bourreau est celui qui propose. Il y a, certes, acceptation, mais une acceptation sous influence.

Mara femme soumise écrit sur ordre de son maître, de son amant, volonté de voyeurisme nous dit Gaétan Brulotte. Il poursuit : « Ce serait donc le mâle qui dicte ce que la femme doit dire. » Mara est l’histoire d’une descente aux enfers. On est un peu perdu à la lecture de ce livre, certes il y a consentement au début, mais Mara tombe dans une sorte de vertige mélangé d’un dégoût de soi et d’une histoire vécue jusqu’au bout de l'abomination. Soumission si dure, quelle mènera à la rébellion nous dit Bernard Noël Des passages durs comme en page 76 « Aussi longtemps de N. et moi seront ensemble ce sera l’enfer. Sans doute l’érotisme n’était-il qu’une manière d’habiter l’enfer. » (…) Accroupie, chiant, obscène, écartelée : qui donc supportera le spectacle que j’offre ainsi réduite, fanatique et tranquille ? (…) je n’ai jamais su l’accomplir, de mes lèvres recueillir la merde de celui qui s’était assi sur mon visage –l’odeur était trop forte- j’ai crié qu’on ait pitié, qu’on me frappe plutôt, longtemps. » « Désormais, j'ai peur de lui. J'ai toujours peur, peur, lorsqu'il est là, de lui déplaire... peur, s'il est absent, à la pensée qu'il va revenir, m'humilier, me démolir. Je suis sans pouvoir sur moi-même, sans aucun pouvoir heureux sur lui. » Mara glisse. Elle a perdu ses repères, dépersonnalisée, aliénée, elle n'a plus aucune confiance en elle. Tout a basculé. Le témoignage de Mara en tant que femme dominée différente de celui d'Agathe et Margot cité sur l'article masochisme. Qu'il s'agisse d'Agathe ou de Margot on sent bien qu'elles sont à la recherche du contrat. Elles sont des filles de Masoch, des Masoch au féminin.Lorsque Theodor Reik parle du masochisme chez la femme, il utilise le pléonasme « le nègre a une peau foncée ». Mais dit-il « on peut imaginer un nègre blanc comme une bizarrerie de la nature (l'anthropologie connaît une catégorie pareille) » ; et il poursuit : « nous parlons certainement du caractère masculin de certaines femmes. » Peut-être pense-t-il à ces femmes qui sont des masochistes pures et dures et qui décident, draguent, en fonction de ce qu'elles cherchent. Exactement comme fonctionnent certains hommes. Theordor Reik finit par s'élever sur ce masochisme de la femme considéré comme sexualité un peu trop normale : « La passivité peut être aisément associée à la sexualité féminine, mais la souffrance, le désir d’être ligoté ou battu, humilié, n’appartiennent pas à la sexualité normale de la femme. (...) La question de savoir si la femme est plus ou moins masochiste que l’homme peut être décidée rapidement. Dans ce sens-là [celui de la perversion]. la femme est certainement moins masochiste.

Historique populaire : les premières associations, premières interprétations

Au cours des années 1975 Gini Graham Scott, docteur en sociologie et anthropologue, s'est infiltrée dans les communautés sadomasochistes de San Francisco. Elle se serait même fait aider pour dominer et se soumettre elle-même, afin de mieux cerner son enquête. Dans son livre, La Domination féminine, elle parle des premiers dominants et masochistes qu'elle a rencontrés. Gini Graham Scott relate ce qu'elle apprend de ces communautés sans y ajouter de réflexions personnelles. Les participants employaient les termes domi-soumissionbondage et discipline,sadomasochisme. De nombreuses polémiques naquirent. A savoir quelle pratique était plus ou moins anormale, tabou l'une par rapport à l'autre. Les termes Top et Bottom, sub furent employés. D'un commun accord, les communautés décidèrent qu'il s'agissait de pratiques sœurs. Et, ils adoptèrent définitivement le terme BDSM. Lorsque Gini Graham Scott a fait cette enquête le sigle BDSM n'existait pas encore. Elle emploie dans la version originale (anglophone) les termes D&S pour l'expression dominance and submission, et D&Sers pour désigner ceux qui s'y adonnent ».

Premiers groupes actifs selon Gini Graham Scott

  1. La société de Janus : Il s'agissait d'une organisation donnant des conseils et des informations.
  2. L'église S.M.: Organisation exclusivement consacrée à la domination Féminine.
  3. Samois : Fonction sociale et informative rassemblant environ 200 lesbiennes.
  4. La Gemini Society : Un groupe d'environ 50 hommes dominants et femmes soumises.
  5. Le club 15 : Des hommes gays, ils sont environ une centaine.

L'organisation de l'Église S.M.

À l’heure où Graham Scott écrit, les responsables de l'Église S.M. sont : LanceHarveyKenDevora et Danielle. Les femmes projettent de travailler en tant que dominatrices professionnelles. Après une courte durée de confidentialité Diana et Drew intéressés par la sorcellerie rejoignent le groupe et enseignent aux autres l'adoration de la Déesse.

Activités religieuses

Sectateurs et sectatrices de l'Église S.M. organisent des rituels calqués sur les cérémonies chrétiennes. Ils n'adorent pas Dieu le Père,mais la Déesse mère. Ils se prosternent aux pieds de la prêtresse qui les frappe légèrement avec une petite badine sur la tête et les épaules : « Acceptez-vous de souffrir pour apprendre ?»Ce n'est qu'après cette réinterprétation de la pénitence, dans la perspective de domi-soumission, que le communiant purifié peut recevoir le pain et le vin de la communion. Ils chantent des cantiques.

« (...) Nous sommes maintenant réunis ici, tous ensemble

Pour adorer la Déesse

car elle est la Grande Mère

Et son amour se déverse sur l'univers (...) »

« Au cours d'une cérémonie, Lance expose les avantages des sociétés matriarcales dirigées par des femmes aussi puissantes qu'Élizabeth 1re, Cléopâtre ou Nefertiti. »

Toujours dans un rite, on attache les hommes sur le ventre. Les poignets sont liés aux chevilles afin de leur apprendre l'humilité. Pendant cette mise en scène Gini Graham Scott relate la réflexion d'une sectatrice :

« N'ont-ils pas l'air chou ? Ils nous donnent juste envie de les battre. »

Enfin les scènes de flagellation, les suppliciés sont attachés, mains en l'air au-dessus de la tête. Dans son livre Gini Graham Scott précise que le fouet utilisé est un chat à neuf queues.

Toujours suivant l'auteure l'Église S.M. intéressait essentiellement les hommes et la rareté de ses membres féminins a eu pour conséquence la démission rapide de nombreux hommes frustrés».

Selon les psychanalystes, les philosophes

Theodor Reik écrit : « le masochisme est une tendance instinctive commune en tant que possibilité et réalisation à tous les êtres humains, et ne devient pathologique qu'en dépassant certaines limites et en adoptant une nature qui exclut presque toutes les autres directions de l'instinct. » . Jean Ristat écrit : « Le sadisme est universel et le masochisme est clandestin ». Signifiant ainsi qu’il y aurait beaucoup moins de gêne à exhiber la douleur sociale. Alors que réclamer une douleur festive sous l'appellation masochiste a une connotation honteuse et de ce fait à cacher. Jean Paulhan était donc un visionnaire lorsqu'il a écrit : « (...) de ce bon romancier autrichien qui vint au monde cent ans après Sade, dont les héroïnes cruelles étaient vêtues d'une cravache, et parfois de manteau de vison. Je sais bien que tous les goûts sont dans la nature, et toutes les manies. Celle-ci n'est pas dangereuse ni plus déplaisante qu'une autre. Elle ne l'est pas moins non plus. Mais pour être mystérieuse, elle l'est ! Exactement, elle est la seule manie que l'on ne puisse châtier sans lui venir en aide, ni punir sans la récompenser. Parfaitement incompréhensible : absurde. Reste que de cette absurdité le critique peut se faire (comme on dit) une raison ». J. Paulhan.

Et malgré ces sources, pour certains écrits « blogestes » ou « forumesques », le terme masochiste reste couvert d'opprobre et reste caché. Ils emploieront le mot soumis ou soumise pour parler du ou de la subordonné(e).

Il semble assez incompréhensible que l'on parle de soumission sans y ajouter le mot«  volontaire » si l'on se prétend dans lelibrement consenti. Quant à la domination, lorsque l'on se réfère à la domination masculinepatriarcale, ou criminelle, il serait utile de préciser dans quel champ, nous nous trouvons. Car un sadiquecriminel exerce aussi la domination dans le cas de Natascha Kampusch par exemple. L'homme qui la retenait captive la faisait déambuler à moitié nue dans la maison de Strasshof pour lui retirer tout espoir de fuite. Il lui répétait sans cesse, « je suis ton roi, tu es mon esclave »27. À propos d'humiliation, voilà ce qu'en pense Gilles Deleuze : « On remarque que le masochiste est comme tout le monde, qu'il trouve son plaisir là où les autres le trouvent, mais simplement qu'une douleur préalable, ou une punition, une humiliation servent chez lui de conditions indispensables à l'obtention du plaisir. » Donc, Deleuze inclut bien l'humiliation dans la relation masochiste.

Bien que la fusion ait été décidée entre ces sexualités : Bondage, discipline, soumission volontaire, domination sexuelle, sadomasochisme. À nouveau, et sans doute pour les raisons évoquées ci-dessus, des communautés prétendent appartenir à un nouveau type de relations qu'ils nomment D/s.

Origine du mot soumission

La soumission sociale n'est pas une relation douce. Lorsque l'on remonte l'histoire de notre civilisation la soumission dans divers domaines se rapproche du crime, de l'autorité sociale particulièrement sévère accompagnée de violences physiques. On rencontre la soumission à la question inquisition, la prostituée soumise, (soumise au proxénète). Le peuple était soumis au roi et mourrait de faim etc. Alors que le, la masochiste sont libres. Et qu'il ou elle éduque le bourreau, ou la bourelle. Il ou l'éduque pour une mise en scène que lui ou elle seul(e) décide. Daniel Leuwers a préfacé une Vénus à la Fourrure en livre de poche : « Le masochiste cherche à conditionner l'attitude de la femme en vue de la faire participer à un jeu dont il entend assumer seul la direction. Il s'agit de donner à la femme l'illusion du pouvoir alors qu'elle est sous le joug insidieux de l'homme qui la force à le battre ». » Celui qui se ferait battre ou humilier sans accord explicite ponctué par le contrat, serait la victime du sadisme. Les psychanalystes,Sacha Nacht confirme la maîtrise du masochiste. A moins de parler de « soumission volontaire », on peut très vite faire l'amalgame entre la soumission sociale et la soumission ludique. Alors, que le mot masochiste est, lui, beaucoup plus clair. La douleur, nous ditSacha Nacht, « dans la plupart des cas, elle vient compléter et achever une mise en scène plus ou moins compliquée, imaginée, puis exigée par le masochiste ». - - Aujourd’hui on trouve quelques romans de gare qui enseignent des méthodes destinées aux femmes, pour l’éducation de leur mari. Mais ces thèses ne se retrouvent pas chez des auteurs reconnus et sérieux. Ces textes sont souvent écrits par des personnages inconnus de tout public. Qui, à l'image d'un gourou, tentent de former des disciples. Leopold von Sacher-Masoch, lui, écrivait son programme et harcelait ses compagnes pour qu'elles incarnent la Vénus à la fourrure.Masochisme de Leopold von Sacher-Masoch - Wikipédia. Mais il avait l'honnêteté de dire « Si une telle femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres ». Masochisme de Leopold von Sacher-Masoch

Les professionnels

En dehors des professionnels, on note divers pratiquants.

  • Les couples : ils sont très rarement professionnels et exercent seuls ou établissent des relations avec d'autres couples et se rencontrent dans des soirées organisées ;
  • Les hommes seuls, en recherche d'un ou plusieurs partenaires ;
  • Le sadomasochisme est pratiqué dans le milieu gay, avec quelques professionnels gay ;
  • Dominatrices amatrices ;
Article détaillé : Dominatrice.

Elles sont fréquentées par des hommes qui ne veulent pas partager leurs fantaisies avec leur femme ou leur petite amie. Ils prétendent que leur compagne ne supporterait pas de rentrer dans leur fantasme et les quitterait sûrement. Ou, pour la paix de leur famille, ils craignent de ternir l’image du Père. Ils vont voir une professionnelle aussi parce que c'est plus pratique que d'attendre sur un chat qu'une non professionnelle les convoque. Ils veulent en finir avec la pulsion et retourner à la vie civile. Où, généralement, le maître c'est eux.

Elles se divisent elles-mêmes en différentes catégories :

  • Celle qui renonce à son propre masochisme en devenant « masochisante ». Elle n’est pas sadique et l’erreur serait de croire qu’elle l’est. Cette dominatrice joint l’utile à l’agréable. Souvent d’excellentes techniciennes, lorsqu’elles sont appliquées. Lorsqu’elles ont assimilé leur rôle et sont attentives au moindre signe du sujet pour comprendre ce qu’elles doivent ordonner.
  • D'autres ne s'intéressent qu'à l'argent qu'elles vont gagner et dépenser.

Il existe également de par le monde des « Maisons de domination » : autorisées en Allemagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis, etc., elles sont interdites en France et sont passibles de condamnations pour proxénétisme. Certains donjons internationaux sont organisés par des dominatrices expérimentées qui savent choisir leur personnel. D’autres ne sont que de vulgaires maisons de passe appartenant à la mafia. Avec des dominatrices plus ou moins bien formées, dont certaines ne sont ni bien psychologues, ni bien attentionnées.

Le film de fiction Maîtresse, avec Gérard Depardieu et Bulle Ogier, met en scène une dominatrice professionnelle.

Pratiques et jeux de rôles

Certaines pratiques sont bisexes, d'autres concernent uniquement l'homme ou la femme, liste non exhaustive :

Bisexe
Article détaillé : Bondage.

Le bondage est une pratique qui consiste à rendre un corps captif par tout accessoire de contrainte et quel qu'en soit le procédé. Un des chercheurs du CNRS donne sur le Dictionnaire du CNRS dix sept mots pour la représentation sémantique du mot bondage et propose de choisir le synonyme qui convient. Sont inclus dans cette représentation les mots : esclavageservage,emprisonnementcaptivitéchaînesservitudedépendance etc.Howard Becker et son traducteur J.P.Briand ont choisi, eux, captivité. Les principaux accessoires sont : (menottescordes,collierbâillon, chaînes) cagoules contraignantes vaccum bed, inflatable en latex sac à deux parois, on gonfle entre les parois pour rendre le sujet immobile. , sleeping bag (généralement en cuir) ;monogant palan de suspension. On retrouve chez plusieurs philosophes ou psychanalystes, dont Otto Rank, l'idée que la vie intra-utérine serait une situation voluptueuse, sorte de Paradis perdu et que l'être humain chercherait un retour inconscient à la vie intra-utérine. Rank ajoute : « c'est ainsi qu'en se faisant ligoter, le masochiste essaie de rétablir, en partie tout au moins, la situation voluptueuse de l'immobilité intra-utérine. » Toujours d'après ce même auteur, le bondage constitue un élément typique du masochisme.

  • Suspensions : par les pieds, sur une croix qui tourne, dans un harnais, dans une cage en cuir.
  • Fantasme de Kidnapping à mettre en scène.
  • Camisoles : Bondage encore, idem enfermement avec des camisoles psychiatriques.
  • Privation sensorielle : asphyxie érotique, contrôle de la respiration à l'aide de masques : la maîtresse ou le maître va ralentir la respiration de son sujet tout en surveillant son partenaire. Ceux qui essaient de pratiquer seuls prennent de gros risques. C'est l'accident survenu à David Carradine « Uneversion corroborée vendredi par les premières conclusions de l'enquête demandée par l'ambassade américaine: "Une corde était attachée autour de son cou et une autre à son organe sexuel, et les deux étaient reliées ensemble à la penderie" dans la chambre, a déclaré à la presse le général Worapong Siewpreecha de la police métropolitaine de Bangkok. "Dans ces circonstances, nous ne pouvons pas être sûrs qu'il a commis un suicide, mais il a pu mourir de masturbation", a-t-il affirmé. L'agent de l'acteur a confirmé vendredi ces nouveaux éléments, qui mettent fin à la rumeur selon laquelle il se serait suicidé.»
  • Cuir bondage : idem bondage avec des sacs de cuir appelés encore sleepingbags (sacs de couchage) par les anglais.
  • Momification
  • Corset : port de corset, minerve, vêtements contraignants.
  • Discipline : fessées, châtiments corporels - fouet - cravache, canne anglaise, mise en scène ou non du châtiment. Jean-Jacques Rousseau ne s'était pas remis d'une fessée reçue de la main de son institutrice Mlle Lambercier. Il évoque ce souvenir ému : « Qui croirait que ce châtiment d'enfant, reçu à huit ans par la main d'une fille de trente, a décidé de mes goûts, de mes désirs, de mes passions, de moi pour le reste de ma vie, et cela précisément dans le sens contraire à ce qui devait s'ensuivre naturellement ? »
  • Heavy rubber : total enclosure Thanatos règne dans ces jeux, particulièrement avec le latex. Et c'est pour mieux le combattre que l'esclave latex ou le fétichiste latex s'enferme. « Car c'est en maîtrisant ce qui normalement nous détruit que nous pouvons vaincre la mort et atteindre l'éternité.
  • Fantasme d’être pendu, étranglé ou noyé, mise en scène
  • Enfermement : Bondage encore, enfermé, l'impression d'angoisse d'être seul, qu'il sera abandonné, la tension monte, le désir aussi.
  • Cannibalisme retourné : « L’ours est l’animal d’Artémis, l’ourse à la fourrure est la Mère, la fourrure est le trophée maternel. Aussi bien, dans ce recueillement, la loi de la Nature devient-elle terrible : la fourrure est la fourrure de la mère despote et dévorante instaurant l’ordre gynécocratique. Masoch rêve que la femme aimée se transforme en ours, l’étouffe et le déchire. » Gilles Deleuze.
  • Humiliations : toutes les insultes faites aux femmes dans la vie sociale ; le dominé peut être excité à les entendre lorsqu'il est femme l'espace d'une séance. Ainsi que toute autre mise en scène de l'humiliation par les tenues vestimentaires et les positions. Il en est de même pour la femme qui sera excitée par ces insultes érotisées et l'obligation de tenues de port de vêtements et d'être éventuellement exhibé nu (homme ou femme). Il est évident que ce type d'humiliation leur serait insupportable dans la vie ordinaire, mais dans le cadre d'un rapport sexuel, l'humiliation prend toute sa dimension érotique.
  • Jeux d'enfants : à propos des jeux d’enfants pour adultes, Anne Larue évoque la différence entre le masochisme social et le masochisme festif : « être ludique, ce n’est justement pas être un enfant geignard ou dépendant ; c’est être un enfant adulte capable de jouer à l’enfant, et d’apprécier la distance que vaut le jeu. (…) Les grands enfants heureux qui sans l’ombre d’une « pulsion de destruction » véritable jouent au masochisme justement parce qu’ils sont heureux et qu’ils ne sont plus des enfants. » Du besoin de régression vers la toute petite enfance W.Reich dit que le masochiste a un intense besoin d'être aimé. A cela Theodor Reik réplique "Le bébé est sûr d'être aimé. Il a une confiance naturelle dans l'amour du père et de la mère et du monde entier."».

Reik cite aussi le lied de Brahms "Ah si je connaissais encore le chemin du retour, le chemin bien aimé à la chère période de l'enfance..."

  • Jeux de service : valet - femme de ménage - bonniche très ordinaire - soubrette chic et prude - soubrette putain - etc. (hommes et femmes) à ces jeux de service s'allient quelquefois le fétichisme des blouses de nylon. Elle ne sont plus fabriquées actuellement, mais certains adeptes les conservent pieusement. Elles étaient le plus souvent fabriquées dans des couleurs bleu et rose néon.
  • Chantage : Le sujet est obligé de prendre du plaisir, il n'est plus responsable de la faute car la dominatrice le fait chanter : « tout le monde va savoir ». Dans le cas dominée/maître le même scénario peut-être adapté.
Ponygirl
  • Pony-play: le ou la dominée (Ponyboy -Ponygirl) harnaché(e) comme un cheval de course, va tirer un sulky.
  • Viol théâtralisé
  • Jeux de bougie : par prudence, la bougie doit couler d'assez haut afin de ne pas provoquer des brûlures sévères.
  • Tortures de seins
  • Electro stimulation : pénétration par un plug branché sur pile, colliers pour encercler les testicules (pour les hommes), le sexe. Ces colliers sont munis d'électrodes. Les distributeurs de matériels recommandent d'utiliser l'électricité uniquement sous la ceinture
  • Piétinement du corps du sujet (pratique appelée trampling par les anglo-saxons).
  • Jeux médicaux : piqûres, lavements punitifs.
  • Lavement érotique - Otto Rank  toujours : le psychanalyste parle du « désir inconscient du garçon de pouvoir donner naissance à des enfants par la voie anale ». Or dans le lavement érotique, il y a aussi la perte des eaux. Considération des psychanalystes qui ramènent tout à l'enfance post-natale, il s'agirait du souvenir d'enfant érotisé.
  • Jeux sexuels à base de pénétrations (sodomie, utilisation dejouets sexuels)
  • Urolagnie : se dit de la pratique où le dominant urine sur son sujet

Otto Rank  précise que, lorsqu'un enfant prend du retard sur l'âge de la propreté, c'est justement pour faire perdurer la situation intra-utérine voluptueuse.

  • Scatophilie : ceux qui sont attirés par les excréments.
The Bellifortis sketch, ceinture de chasteté (ca. 1405)
  • Chasteté : obligation semi permanente du port d'une cage chasteté pour l'homme et d'une ceinture de chasteté chez la femme.
  • Piercing : souvent forme d'appartenance, la femme se fait mettre des anneaux aux lèvres du sexe et quelquefois son maître ferme les anneaux avec un petit cadenas ce qui a pour but de préserver la chasteté de sa soumise. L'homme se fait percer le sexe ou les testicules avec des anneaux. L'anneau le plus connu pour les hommes est le Prince Albert, Piercing génital masculin.
  • Autres jeux d'appartenances : le rosebud plug porté par le soumis ou la soumise quelquefois le rosebud porte les initiales du maître ou de la maîtresse.
  • Appartenance par marquage : tatouage ou branding (marquage au fer, encore appelé « baiser de feu » par les américains).
  • Facesitting
  • Devenir animal, cheval, chien, chienne, porc, truie, ver de terre etc.
  • Adoration du maître ou de la Maîtresse : type cérémonie à l'idole païenne.
  • Exhibition (« exhibe ») : le goût du risque et de l'humiliation en public. Mise en scène du risque.
Jeux de rôles associés au fétichisme de l'uniforme 

Le BDSM peut-être être conjugué avec le fétichisme de l'uniforme. L'uniforme sert à la mise en scène du jeu de rôles.

  • Médical : fétichisme de l'uniforme d'infirmière, de praticiens, blouses blanches. allié aux jeux de rôles BDSM : auscultation, médecin patient, pénétration, examen homme femme avecspéculum, piqures, fouille corporelle, Clystérophilie pose de sondes etc.
  • Militaire ou policier : suggestion de jeux d'interrogatoire, de torture, d'emprisonnement. le jeu de rôles BDSM est conjugué avec le fétichisme de l'uniforme.
  • Uniforme d'écolière, les Japonais en raffolent. Applicable pour plusieurs types de scénarios dans l'imaginaire BDSM : instituteur punissant son élève désobéissante, notamment.
  • Uniforme de religieuse : où le fidèle se confesse (religieuse dominatrice), ou bien où la religieuse tient un jeu de rôle BDSMd'abnégation à une puissance supérieure ou divine (religieuse soumise, la puissance suprême pouvant, dans le cadre du jeu de rôles, être incarnée par le maître ou la maîtresse). Dans la mode, provocation de Lady Gaga et Jean Paul Gaultier, l'uniforme prètre et religieuse : la fessée, photo en ligne46.
  • Uniforme enfant style marin, conjugué éventuellement avec un jeu de rôle BDSM d'institutrice sévère.
  • Uniforme de valet, gilet acheté dans les boutiques pour uniforme de gens de maison : fantasme de soumission sur le thème du domestique BDSM.
  • Uniforme de soubrette victorienne.
Femmes seules
  • Bondage et tortures des seins
  • Rubber doll : enfermement total dans des vêtements de latex : le visage même est recouvert d'un masque de femme en latex. La femme peut jouer la dominatrice Rubber cachée derrière un masque de poupée qui peut devenir sévère. De même que l'homme dominateur peut transformer son sujet femme en poupée.
  • Tous jeux de rôles possible tels que se retrouver dans un lieu public et obéir au maître qui selon son humeur obligera la jeune femme aux attitudes qu'il aura décidé. Peut-être s'exhiber ou allumer des hommes, jeux de prostitutions, être livrée etc.
  • Le port d'un œuf dans le ventre de la soumise, ou le port d'un plug, et d'un papillon sur le clitoris, les trois accessoires vibrants. Et ce lors d'un repas chic chez des amis. Activer les vibro à distance pendant le repas est du meilleur effet.
Hommes seuls
  • Travestissement : dans leur masochisme féminin, les hommes cherchent à se travestir, dans l'esthétisme comme dans la vulgarité (port de masques rubber doll).
  • Féminisation : les hétérosexuels peuvent exprimer le désir d'être femme ; c'est sûrement le fantasme masochiste le plus commun. Dans son livre Françoise Maîtresse, l'auteure relate plusieurs jeux de rôles comme « Élodie en sous-sol », dans lequel un maçon provincial passe une journée à Paris dans les salons de beauté pour se faire « belle », afin de se prostituer le soir au bois sous les ordres impérieux de sa Maîtresse, ou encore l'histoire de « Human bomb ».
  • Jouer à être un enfant : la dominatrice, souvent dans le rôle d'une tante sévère ou d'une maîtresse d'école à l'ancienne, ou d'une quelconque figure autoritaire maternelle, telle qu'une amie de la famille, représentant la seconde mère. La dominatrice invente une histoire concernant une bêtise qu'aurait fait le sujet, qui lui, serait redevenu enfant. Elle prend ce prétexte pour l'humilier, le fesser, le punir comme l'on punit un enfant. Dans le cas d'un couple homme dominateur, selon Deleuze l'homme n'a aucune difficulté à représenter la sévérité maternelle.
  • Mise en scène de fantasme d'être proie : pour une chasseresse. Masoch avait ce fantasme et il l'exprime dans son roman : « Dans Loup et Louve l'héroïne demande à son prétendant de se laisser coudre dans une peau de loup, de vivre et de hurler comme un loup, et d'être chassé . » Gilles Deleuze parle des fantasmes de Masoch : se faire travestir en ours et de se faire chasser : « Les goûts amoureux de Masoch sont célèbres ; jouer à l'ours, ou au bandit ; se faire chasser, attacher, se faire infliger des châtiments, des humiliations et même de vives douleurs physiques par une femme opulente en fourrure et au fouet ; se travestir en domestique, accumuler les fétiches et les travestis etc. »
  • Mise en scène du mari cocu : chère à Masoch. On trouve ce genre de site sur Internet. à noter que le masochiste se réserve le plus souvent de maîtriser son cocufiage.
  • Cannibalisme retourné : (résumé) l'homme est mis en position de dinde à cuire et ficelé. On introduit dans ses orifices naturels, des oignons, des herbes, de l'ail, du persil dans les narines. On l'enferme dans un faux four géant en plexiglas. On ouvre le four, on pique avec la pointe du couteau pour vérifier la cuisson. Enfin, on sert la dinde. La maîtresse mime le découpage.
  • Ballbusting : le fait de prendre les testicules du dominé pour un ballon de foot.
  • Rubber doll : enfermement total dans des vêtements de latex : le visage même est recouvert d'un masque de femme en latex. C'est une façon de prendre ses distances avec le réel, d'entretenir l'apparence de la transformation sauvée. C'est un « abandon du jugement de dieu » selon Antonin Artaud et Deleuze, à l'image du visage du Christ vecteur de culpabilité. L'homme quitte ainsi son visage phallique patriarcal sans culpabilité ni complexe, car ce n'est plus lui mais un autre, une autre, la caricature d'une femme. La « Visageité » selon Deleuze Guattari parle d'un déni de visage, référence à la peinture de Francis Bacon. Deleuze a en outre écrit sur Francis Bacon.
  • Jeux autour de la chasteté pour homme. Il existe des cages de chasteté, la CB2000 (3000, 4000, etc) par exemple. Entièrement en plexiglass ou en latex. Elles se ferment avec des cadenas. Ces cages ne sonnent pas aux passages de contrôle des aéroports. Le fabriquant a, de ce fait, poussé le jeu de l'enfermement en proposant des cadenas légers en plastique. Le cadenas est numéroté. S'il peut s'ouvrir d'un simple coup de ciseaux pour une éventuelle visite médicale d'urgence, il ne peut plus se fixer à nouveau et un autre cadenas n'aura pas le même numéro. Si Monsieur se fait cadenasser son sexe avant de partir pour un voyage d'affaires, il a intérêt à revenir avec un cadenas qui porte le même numéro. Où être muni d'un certificat médical attestant qu'il a bien eu un problème de santé.
  • Élongation des testicules avec des poids
  • Fétichisme du pied : des bottes, des escarpins (adoration du pied qui devient l'idole). Idem pour les bottes et escarpins.

Citation

Dans Pop model, les mémoires de Lio, écrites avec Gilles Verlant, il est écrit :

« Il existe des femmes qui aiment les rapports masos, ça les excite ; elles font très bien la différence entre l’acte sexuel, où elles apprécient certaines choses qui sont de l’ordre du lien, de la coercition, même accompagnée de fessée, de coups de cravache, dans le cadre d'un jeu librement consenti, et la violence conjugale qu’elles ne supportent absolument pas par ailleurs ».

Santé et sécurité

Certaines de ces pratiques peuvent, lorsqu'elles se font sans la connaissance des limites des participants, être hasardeuses. C'est là que le contrat intervient. Si les partenaires ne se connaissent pas encore, il est indispensable de définir les limites avant le début du jeu. L'écoute, la progression et une attention particulière restant indispensables pendant le jeu.

Afin de limiter tout risque de contamination, il est recommandé de ne jouer aux jeux d'aiguilles qu'avec son partenaire régulier, de façon à ne pas être piqué avec une aiguille avec laquelle le dominant se serait accidentellement piqué lui-même. De même, les objets de pénétration doivent être nettoyés après usage et protégés par un préservatif pendant l'usage.

La cire chaude doit être versée d'une distance suffisante pour ne pas provoquer de vraies brûlures (une plus grande distance refroidit la cire).

Les professionnel(le)s - et tout dominant pratiquant avec un sujet soumis qu'il ne connaît que peu ou pas - devront vérifier, avant toute pratique un peu dure suggérée par leur sujet, que celui-ci ne présente pas de contre-indication médicale : problème cardiaque, insuffisance respiratoire de type asthme ou sinusite, etc. Le dominant devra dans ces cas précis refuser certaines pratiques telles que suspensions par les pieds, contrôle de la respiration, bâillon dur, masques, cagoules de contrainte, etc.

Concernant le ligotage, il est indispensable de vérifier qu'a aucun endroit du corps la corde fait un effet garrot. Il convient de proposer un signe des que le sujet ressent un quelconque malaise et, dans ce cas, de le libérer immédiatement. Il ne faut jamais laisser un sujet immobilisé sans surveillance.

Safeword, ou code de sécurité

Le safeword, en français « code de sécurité » ou « mot d'alerte » qui sonne l'arrêt immédiat de la séance, au cas ou le dominant ne serait plus à l'écoute et de ce fait depasserait les possibilités du dominé. Il est utilisé par le sujet dominé. Quant aux safewords non verbaux, rendus nécessaires par l’usage des bâillons, un signe de la tête peut indiquer l'état d'urgence.

Cérébralité et safeword

Des dominants expérimentés estiment que le safeword fait perdre une partie de la cérébralité du jeu. En effet ce qui provoque, souvent, l'excitation et le désir dans une relation dominant/dominé, c'est justement l'abandon du dominé qui s'en remet entièrement au dominant ou à la dominatrice. Le dominant doit alors communiquer par une clef invisible et doit comprendre, sans que le dominé ne l'énonce clairement, à quel moment il doit ralentir, voire s'arrêter. Il s'agit de savoir communiquer comme un medium talentueux pourrait le faire. Il s'agit de comprendre les non dits. Pour cela le dominant doit connaître son sujet et la dominatrice ou le dominateur doit être plus que jamais à l'écoute. Ce qui, évidemment, exclut les joueurs débutants qui doivent s'en tenir au safeword.

Safeword, quand est-il necessaire ?

Dans son livre : La domination Féminine, Graham Scott met en garde la pratique des relations avec une dominatrice débutante. Et le risque reste le même avec une dominatrice peu psychologue. « Quand Travis commença à réaliser les fantasmes qu'il avait depuis longtemps, il dit à une dominatrice professionnelle qu'il pouvait tout supporter, y compris une douleur intense ?Elle le fouette donc sévèrement et bien qu'il la suppliât d'arrêter, elle ignora ses plaintes comme s'il s'agissait de réplique d'une comédie, ce qui effectivement, est souvent le cas. Mais alors qu'une femme dominante expérimentée observe le langage corporel de l'homme pour différencier les plaintes authentiques, cette femme ne fit pas attention et continua à frapper. Pour Travis, la séance fut une expérience affreuse et il garda durant deux semaines de larges marques rouges. » Plus tard Travis s'exprima dans la communauté « Elle ne s'est pas souciée de ce que je désirai vraiment, elle m'a simplement mis en bouillie » ». Fort heureusement ces dominatrices ne font pas de carrière.

Législations

Les législations des principaux pays occidentaux n'interdisent plus les pratiques sexuelles BDSM. Toutefois, le Royaume-Uni définit un seuil de pratiques au-delà desquelles le BDSM tombe sous le coup de la loi. L'affaire Spanner (année 1991) qui a consisté en la criminalisation d'hommes consentants, alors qu'aucune plainte de quiconque n'avait été déposée, a jugé coupables des « dominants » sur la seule base des marques laissées sur les « soumis ». Une fessée un peu appuyée, un bondage serré sont donc illégaux (ce jugement a été validé par la Cour européenne en juin 1997).

Il faut s'en tenir au jugement. Les participants à ce que l'on a nommé l'affaire Spanner furent condamnés sur la possession d'images hard entre majeurs consentants. Ce qui est à noter c'est qu'à l'époque, la loi anglaise punissait ceux qui se faisaient violence à eux-mêmes, d'où l'interdiction de se suicider. Un rescapé du suicide en Angleterre était passible de prison pour tentative de meurtre envers lui-même. C'est ce qui amena la chambre des Lords à infliger des peines de prison aux « dominés ». Des peines inférieures d'environ 50% par rapport aux dominants.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a aussi statué dans l'affaire K.A. et A.D. c/Belgique (jeux sexuels entre plusieurs hommes et une femme) le 17 février 2005 contre une pratique du sadomasochisme si la personne « esclave » demandait de façon expresse mais aussi tacite l'arrêt de ces pratiques. En l'occurrence, la justice juge le manquement au consentement, mais pas la pratique en elle-même, ce qui était le cas dans l'affaire Spanner.

Depuis 2002, la Suisse possède l'une des législations les plus répressive concernant la pornographie dite dure.

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13 juin 2012

PIRATES.......

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Liste de pirates

Vous trouverez ci-dessous deux listes de pirates célèbres. La première contient le nom de personnes ayant réellement vécu ou en vie, alors que l'autre contient le nom de personnages de fiction, soit de romans, soit de films, qui ont été pirates pendant leur existence imaginaire.

Pirates réels

Antiquité

Denarius de Sextus Pompée, frappé pour célébrer sa victoire sur la flotte d'Auguste. Au recto se trouve le phare de Messine, et au verso le monstre Scylla, qui a défait Auguste.
NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Denys le Phocéen   494 av. J.-C. Grèce Marin phocéen actif contre les marchands carthaginois et tyrrhéniens.
Glaucetas   315–300 av. J.-C.   Les chroniques de la Marine athénienne après la prise de sa base sur l'île Kynthnos et sa capture avec tout son équipage indiquent que « cela a rendu la mer plus sûre pour ceux qui y naviguent. »
Démétrios de Pharos Mort en 214 av. J.-C.   Pharos Ses actions ont précipité la seconde guerre d'Illyrie.
Sextus Pompée Mort en 35 av. J.-C.   Rome Il fut le dernier opposant au second triumvirat.
Gentius Ier siècle av. J.-C.   Illyrie Il fut accusé par les Romains d'avoir organisé et participé à des raids pirates en Italie.
Anicetus Mort en 69   Pont (région) Il fut le meneur d'un soulèvement anti-romain en l'an 69 au Pont.
Gan Ning 175–218 190–197 Chine Son navire avait des cloches dont le son effrayait les futures victimes.

Moyen Âge

Erik le Rouge était un explorateur et navigateur viking qui fonda une colonie au Groenland en 986

Oruç Reis était un corsaire turc qui fut amiral au service de l'Empire ottoman et devint connu sous le nom de Barberousse parmi les Chrétiens.
Alvilda était une femme pirate du Ve siècle. Elle s'habillait en homme et était capitaine d'un navire uniquement composé de femmes.
NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Avilda Ve siècle   Scandinavie Elle s'habillait en homme et était capitaine d'un navire uniquement composé de femmes.
Wimund Mort en 1147   Angleterre Évêque devenu pirate
Eustache le moine 1170–1217   France Il fut mercenaire pour l'Angleterre et la France. C'est une grande figure de la piraterie au Moyen Âge.
Alv Erlingsson Mort en 1290   Norvège Il fut un favori de la Reine et a commis d'innombrables actes de piraterie au cours de sa vie.
Klaus Störtebeker 1360–1401   Allemagne L'un des meneur des frères des victuailles.
Gödeke Michels Mort en 1402 Jusqu'en 1402 Allemagne Un pirate allemand et l'un des meneurs des frères des victuailles
Hennig Wichmann 1370–1402 139?–1402 Allemagne (Frise) L'un des meneurs des frères des victuailles.
Magister Wigbold 1365–1402 1392–1402 Allemagne Souvent considéré comme l'un des meneurs des frères des victuailles.
Baldassarre Cossa 1370–1415   Procida Antipape durant le grand Schisme d'Occident, Jean XXIII fut accusé de divers crimes, comme la piraterie, l'inceste et la sodomie.
William Aleyn   Années 1440 Angleterre Pirate anglais actif dans la Tamise et La Manche. Associé à William Kyd.
Cord Widderich Mort en 1447 1404–1447 Allemagne Pirate actif durant les conflits politiques entre Dithmarschen et la frise du Nord au début du XVe siècle.
William Kyd   Années 1430–1450 Angleterre Pirate anglais actif en Angleterre du Sud-Ouest durant le milieu du XVe siècle.
Éric de Poméranie 1382–1459   Allemagne (Poméranie) Premier roi de l'union de Kalmar, il passa ses dernières années sur l'île de Gotland et « envoyait des raids pirates contre ses amis et ennemis ».
Hans Pothorst 1440–1490   Danemark-Norvège Pirate et corsaire opérant dans la mer du Nord. Souvent associé avec Didrik Pining.
Didrik Pining 1430–1491   Danemark-Norvège Pirate et corsaire opérant dans la mer du Nord. Souvent associé avec Hans Pothorst.
Arudj Barberousse 1474–1518 1503–1518 Empire Ottoman Un corsaire Ottoman et Bey (Governor) d'Alger et Beylerbey (Chef Gouverneur) de Méditerranée occidentale.
Pier Gerlofs Donia 1480–1520   Allemagne (Frise) Guerrier, pirate, résistant, héros folklorique et rebelle frison.
Jean Fleury (ou Florin)   Années 1520 France Corsaire français et officier naval de Jean Ango. Il s'est emparé de trois navires espagnols transportant des trésors aztèques du Mexique en Espagne en 1523.
Wijerd Jelckama 1490–1523   Allemagne (Frise) Neveu de Pier Gerlofs Donia (aussi appelé Grutte Pier), il combattit les envahisseurs Saxons et Hollandais.
Khayr ad-Din Barberousse 1478–1546 1504–1545 Empire ottoman Un corsaire ottoman qui devint amiral et domina la Méditerranée pendant des décennies.
Jean Ango 1480–1551   France Armateur français qui a fourni des navires à François Ier de France pour des explorations autour du globe.
Giorgio Adorno Mort en 1558   Malte Chevalier hospitalier actif en Méditerranéen. Originaire de Naples, il fut élu « capitaine-général des Galères » en 1547, 1549, 1557 et 1558.
Kristoffer Trondson (Rustung) 1500–1565 1535–1542 Norvège Noble norvégien devenu pirate et corsaire. Opérant dans la mer du Nord et la mer Baltique. Il renonça à la piraterie en 1542 et devint amiral dans la flotte danoise.
Turgut Reis 1485–1565   Empire ottoman Corsaire turc, amiral ottoman et bey d'Alger; beylerbey de Méditerranée; premier bey et pasha de Tripoli.
Salih Reis 1488–1568   Empire ottoman Corsaire turc et amiral ottoman.
Richard Allen Mort en 1572   Angleterre  
Klein Henszlein Mort en 1573 Jusqu'en 1573 Allemagne Pirate du XVIe siècle qui a écumé la mer du Nord jusqu'à sa capture par une flotte d'Hambourg
James Alday 1516–1576 Années 1540 Angleterre Corsaire anglais qui attaquait les ports espagnols avec James Logan et William Cooke.
Magnus Heinason 1545–1589   Îles Féroé Corsaire et héros féroen. Il fut exécuté pour piraterie, bien que ces charges fussent ensuite levées.

Début de l'activité des Chiens de mer anglais et des corsaires hollandais

Le pirate Thomas Cavendish a attaqué de nombreux villes et navires espagnols du Nouveau Monde.
Uludj Ali était un corsaire italien converti à l'Islam qui devint amiral ottoman et chef amiral (Kaptan-ı Derya) de la flotte ottomane au XVIe siècle.
Surnommé "el Draque" (le dragon), Sir Francis Drake est considéré comme un héros en Angleterre, mais les Espagnols le voient surtout comme un pirate.
Après avoir servi comme esclave pendant quatre ans sur des galères espagnoles, Piet Hein s'est plus tard emparé de 11 509 524 florins des cargaisons de navires espagnols.
Gráinne O'Malley (à gauche du cadre) est une figure importante du folklore irlandais.
NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Nicholas Alvel Début XVIIe siècle 1603 Angleterre Actif dans la mer Ionienne.
Pedro Menéndez de Avilés 1519-1574 1565 Espagne Amiral espagnol et chasseur de pirates, de Avilés est connu pour la destruction de l'établissement français de Fort Caroline en 1565.
Samuel Axe Début XVIIe siècle 1629-1645 Angleterre Corsaire anglais au service des Hollandais, Axe a servi les Anglais pendant la révolte des gueux contre les Habsbourg.
Sir Andrew Barton 1466-1511 Jusqu'en 1511 Écosse Bien que servant sous une lettre de marque écossaise, il est souvent considéré comme un pirate par les Anglais et les Portugais.
Abraham Blauvelt Mort en 1663 1640-1663 Pays-Bas Un des derniers corsaires hollandais du milieu du XVIIe siècle, Blauvelt a cartographié une grande partie de l'Amérique du Sud.
Nathaniel Butler Né en 1578 1639 Angleterre Malgré une infructueuse carrière de corsaire, Butler devint gouverneur colonial des Bermudes.
Jan de Bouff Début XVIIe siècle 1602 Pays-Bas Corsaire dunkerquois au service des Habsbourgs durant la révolte des gueux.
John Callis (Calles) 1558-1587? 1574-1587 Angleterre Pirate gallois actif la long des côtes Sud du Pays de Galles.
Hendrik (Enrique) Brower 1581-1643 1600,
1643
Pays-Bas Corsaire qui combattit les Habsbourgs durant la révolte des gueux, il captura la ville de Castro au Chili et l'a conserva pendant deux mois.
Thomas Cavendish 1560-1592 1587-1592 Angleterre Pirate ayant attaqué de nombreuses villes et navires espagnols du Nouveau Monde.
Peter Love Mort en 1610   Angleterre Pirate anglais qui était basé aux Hébrides extérieures et qui fut actif autour de l'Irlande et de l'Écosse. Il est représenté par le hors-la-loi Neil MacLeod et exécuté en 1610.
François le Clerc (Jambe-de-Bois) XVIe siècle Années 1650-1660 France Connu pour le sac de Santiago de Cuba en 1554
Jacob Collaart XVIIe siècle 1625-1635 Pays-Bas Amiral flamand qui fut corsaire dunkerquois au service des Habsbourgs d'Espagne durant la révolte des gueux, responsable de la destruction de 150 navires.
Claes Compaan 1587-1660 1621-1627 Pays-Bas Ancien corsaire hollandais, il devint pirate et s'empara de centaines de bateaux d'Europe, de la côte des Barbaresques et d'Afrique occidentale.
Baltazar de Cordes Mort en 1601? 1598-1601 Pays-Bas Corsaire hollandais qui combattit les Espagnols au début du XVIIe siècle.
Zymen Danseker 1579-1611 Années 1600 Pays-Bas Un des importants corsaires barbaresques, il était basé à Alger et Tunis au début du XVIIe siècle.
Simon Danziker Mort en 1611 Années 1600-1610 Pays-Bas Corsaire hollandais qui devient pirate barbaresque. Lui et John Ward ont dominé la Méditerranée occidentale durant le début du XVIIe siècle.
De Veenboer Mort en 1620 Années 1600-1610 Pays-Bas Ancien corsaire hollandais. Devient un pirate barbaresque sous Zymen Danseker et commanda la flotte corsaire d'Alger.
Sir Francis Drake 1540-1596 1563-1596 Angleterre Surnommé "el Draque" (le dragon), Sir Francis Drake est considéré comme un héros en Angleterre, mais les Espagnols le voient surtout comme un pirate.
Peter Easton 1570-1619 1602 Angleterre Corsaire, puis pirate, qui se retira à Villefranche-sur-Mer avec une fortune estimée à deux millions de livres.
Daniel Elfrith 1607-1640   Angleterre Corsaire et marchand d'esclaves anglais dans l'espace des Caraïbes.
Jan Evertsen   Années 1630 Pays-Bas Amiral et corsaire hollandais.
Juan Garcia   Années 1620 Espagne L'un des corsaires espagnols qui accompagna Jan Jacobsen dans son dernier voyage en 1622.
Sir Michael Geare 1565-? 1584-1603 Angleterre Chien de Mer anglais actif dans les Antilles jusqu'à la fin du XVIIe siècle.
Sir John Hawkins 1532-1595 1554, 1564, 1567 Angleterre Pirate à mi-temps, son travail dans le design des bateaux fut très intense durant la menace d'une invasion de l'Armada espagnole.
Piet Hein 1577-1629 1628 Pays-Bas Après avoir servi comme esclave pendant quatre ans sur des galères espagnoles, Piet Hein s'est plus tard emparé de 11 509 524 florins des cargaisons de navires espagnols.
Moses Cohen Henriques Début XVIIe siècle Années 1620-1630 Pays-Bas Pirate hollandais d'origine juive séfarade portugaise, actif dans les Caraïbes contre les Espagnols et les Portugais.
Pieter Adriaanszoon Ita   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais. Commandant d'une des premières et des plus grandes expéditions contre le Portugal et l'Espagne dans les Caraïbes en 1628.
Jan Jacobsen Mort en 1622 Années 1610-1620 Pays-Bas Corsaire flamand au service de l'Angleterre durant la guerre de Quatre-Vingts Ans.
Willem Jacobszoon   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais qui accompagna Pieter Schouten durant l'une des premières explorations aux Indes Occidentales
Jan Janz (Murad Rais) 1570-1641 Années 1590 à 1640 Pays-Bas Corsaire hollandais capturé par les Barbaresques qui devint l'un d'entre eux.
Willem Jansen   Années 1600 Pays-Bas Corsaire hollandais basé à Dunkerque qui fut officier de Jacques Colaert.
Cornelius Jol 1597-1641 Années 1630-1640 Pays-Bas Corsaire hollandais qui connut le succès contre les Espagnols aux Indes Occidentales. L'un des premiers à utiliser une jambe de bois.
Sir James Lancaster 1554-1618 1591-1603 Angleterre Chien de mer anglais actif durant la fin du XVIe siècle qui devint directeur de la compagnie anglaise des Indes orientales.
Guillaume Le Testu 1509-1573 Années 1560-1570 France Corsaire, explorateur et cartographe français.
Hendrick Jacobszoon Lucifer 1583-1627 1627 Pays-Bas Hendrick s'est emparé d'un fortune de 1,2 million de florins d'une flotte venant du Honduras, mais il fut mortellement blessé pendant l'action.
Sir Henry Mainwaring 1587-1653 1610-1616 Angleterre Corsaire et chasseur de pirates anglais. Sa flotte de pirates a rompu la trêve entre l'Angleterre et l'Espagne après la guerre anglo-espagnole.
Takanobu Matsuura 1529-1599   Japon Un des plus puissants seigneurs féodaux de Kyūshū un des premiers à commerçer avec les Européens.
Olivier van Noort 1558-1627 1598-1601 Pays-Bas Malgré ses succès limités, il fut le pirate menant à la formation de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.
John Nutt   1620-1623 Angleterre Pirate anglais actif à Terre-Neuve.
Gráinne O'Malley (Gráinne Ní Mháille) 1530-1603 Années 1560 à 1600 Irlande Importante figure du folklore irlandais.
John Oxenham 1536-1580 Années 1570 à 1600 Angleterre Chien de mer anglais et associé à Sir Francis Drake durant les début de la guerre anglo-espagnole. Premier corsaire anglais à atteindre le Pacifique via Panama.
William Parker 1587-1617 Années 1590-1570 Angleterre Chien de mer anglais actif aux Antilles. Il s'empara de la ville de Portobelo en 1602 sans tirer un seul coup de feu.
Pedro de la Plesa   Années 1620 Espagne Lui et Juan Garcia rejoignirent Jan Jacobsen pour son dernier voyage en 1622.
Murat Rais 1506-1608 1534-1608 Rhodes Corsaire turc et amiral ottoman qui prit part aux campagnes navales de Dragut.
Assan Reis (Jan Marinus van Sommelsdijk)   Années 1620 Pays-Bas Ancien corsaire hollandais devenu pirate barbaresque. Il attaqua le navire hollandais St. Jan Babtista de Jacob Jacobsen d'Ilpendam le 7 mars 1626.
James Riskinner XVIIe siècle Années 1630 Angleterre Lieutenant du navire Warwick, faisant partie de la flotte de Nathaniel Butler, il devient corsaire entre mai et septembre 1639.
Isaac Rochussen 1631-1710 Années 1660-1670 Pays-Bas Corsaire hollandais acrif contre les Anglais durant la seconde et Troisième Guerre anglo-néerlandaise. Il captura The Falcon, un navire marchant des Indes orientales, ce qui fut l'une des plus importantes prises de la fin du XVIIe siècle.
Mahieu Romboutsen   Années 1630 Pays-Bas Corsaire hollandais au service de l'Espagne. Il fit partie d'une escadre de trois navires commandée par Jacques Colaert et fut capturé avec ce-dernier après une bataille de cinq heures contre Jan Evertsen.
William Rous   Années 1630-1640 Pays-Bas Corsaire hollandais basé à l'île de la Providence. Il participa à des expéditions corsaires au service de la compagnie des îles de la Providence et plus tard commanda Fort Henry.
Jan van Ryen Mort en 1627 Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais actif aux Indes Occidentales. Probablement tué avec plusieurs colons en tentant de fonder une des premières colonies sur le Wiapoco en Guyane néerlandaise.
Pieter Schouten   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais qui dirigea l'une des expéditions néerlandaises aux Indes occidentales.
Jacques de Sores XVIe siècle 1555 France Pirate français dont le seul acte documenté est l'attaque et l'incendie de La Havane en 1555.
Dirck Simonszoon van Uitgeest   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais qui dirigea une expédition de la compagnie néerlandaise des Indes occidentales au Brésil et ramena 12 prises portugaises et espagnoles.
Jérome Valbué 1591-1668   France Capitaine d'un navire contrebandier, dont Jean Bart fut le mousse en 1662 à l'âge de douze ans.
Sir Thomas Verney 1584-1615 Années 1600-1610 Angleterre Noble anglais qui abandonna son héritage pour devenir un pirate barbaresque.
Johannes van Walbeeck   Années 1620-1630 Pays-Bas Amiral et corsaire hollandais. Captura Curaçao en 1634 et en devint son gouverneur.
John Ward 1552-1622 1603-années 1610 Angleterre Célèbre pirate anglais du début du XVIIe siècle qui devint corsaire barbaresque basé à Tunis dans les années 1600.
Cornelis Wittebol   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais au service de l'Espagne. En février 1622, il attaqua une flotte de pêche venu de Veere et Maasmond, coula quelques navires et ramena les survivants en otage à Dunkerque.
Jacob Willekens 1571-1633 Années 1590 à 1630 Pays-Bas Amiral hollandais qui dirigea des corsaires pendant la première expédition néerlandaise aux Indes occidentales.
Hendrik Worst   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais qui accompagna Pieter Schouten dans son expédition aux Indes occidentales.
Zheng Zhilong (Cheng Chih Lung) 1604-1662 1623-1645 Chine Converti au christianisme, Zhilon collaborait avec les forces hollandaises, aidant à créer un monopole commercial avec le Japon.
Zheng Jing (Cheng Chin) 1643-1682 1662-1682 Chine Pirate chinois et seigneur de guerre. L'aîné des fils de Koxinga et petit-fils de Zheng Zhilong, il succéda à son père en tant que gouverneur de Tainan et occupa brièvement Fukien.
Wang Zhi XVIe siècle 1551-1555 Chine A combattu les pirates japonais au XVIe siècle.
Filips van Zuylen   Années 1620 Pays-Bas Corsaire hollandais actif contre les Portugais en Afrique occidentale.

Période des Boucaniers: 1650-1690

Bien que Jean Bart fut fils de pêcheur, il se retira de la vie active en tant qu'amiral au service de la France grâce à ses succès de corsaire.
William Dampier fut le premier Anglais à explorer et cartographier des parties de la Nouvelle-Hollande (Australie) et de la Nouvelle-Guinée, et fut la première personne à faire trois fois le tour du monde.
Henry Morgan était un corsaire (et pirate) qui se retira et devint lieutenant gouverneur de Jamaïque.
François l'Ollonais était surnommé le « fléau des Espagnols » et était connu pour sa brutalité – il ne faisait jamais de prisonniers.

 

NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Vincenzo Alessandri Mort en 1657   Italie Originaire de Malte, Alessandri fut capturé et réduit en esclavage.
Michiel Andrieszoon XVIIe siècle Années 1680 Pays-Bas Marchant-pirate hollandais. Associé avec Thomas Paine et Laurens de Graff.
John Ansell Mort en 1689   Angleterre Navigua avec Henry Morgan et participa à ses raids contre Maracaibo, Gibraltar et Venezuela.
Captain Archembeau (Archembo) Mort en 1681 Années 1670-1680 France Boucanier français actif aux Caraïbes.
Jean Bart (ou Baert) 1651-1702 1672-1697 France Fils de pêcheur, Bart devint tout de même amiral au service de la France.
Philippe Bequel XVIIe siècle 1650-1669 France Il était l'un des premiers corsaires étrangers a recevoir une lettre de marque de la part du gouverneur de Jamaïque.
Jacob Janssen van den Bergh   Années 1650-1660 Pays-Bas Corsaire hollandais et marchand d'esclaves pour la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales.
Lancelot Blackburne 1653-1743 1680-1684 Angleterre Blackburne était un religieux anglais qui devint archevêque d'York et, dans la croyance populaire, pirate.
Eduardo Blomar Mort en 1679 Années 1670 Espagne Renégat espagnol actif sur le littoral des colonies espagnoles d'Amérique durant les années 1670. Jugé par contumace et condamné pour piraterie avec Bartolomé Charpes et Juan Guartem au Panama en 1679.
Pierre Bot XVIIe siècle Années 1680 France Boucanier français actif aux Caraïbes.
Manuel Butiens   Années 1640 Pays-Bas Renégat hollandais et dunkerquois au service des Espagnols.
Bartolomé Charpes Mort en 1679 Années 1680 Espagne Renégat espagnol qui fut jugé par contumace et condamné pour piraterie avec Edwardo Blomar et Juan Guartem au Panama par le gouverneur don Dionicio Alceda en 1679.
Edward Collier XVIIe siècle 1668-1671 Angleterre Second de Henry Morgan pendant la majeure partie de ses expéditions contre l'Espagne durant le milieu du XVIIe siècle.
John Cooke (Cook) Mort en 1683 Années 1680 Angleterre Boucanier anglais qui mena une expédition contre les Espagnols au début des années 1680.
John Coxon Mort en 1689 1677-1682 England L'un des plus célèbres frères de la côte, un consortium de pirates et de corsaires qui fut actif contre les colonies espagnoles.
William Dampier 1651-1715 1670-1688 Angleterre Il fut la première personne à faire trois fois le tour du monde.
Edward Davis XVIIe siècle 1680-1688 Angleterre Il mena le dernier grand raid boucanier contre Panama.
John Davis (Robert Searle) XVIIe siècle   Angleterre Davis était l'un des premiers et des plus actifs boucaniers de Jamaïque.
Jacquotte Delahaye XVIIe siècle Années 1660 France Delahaye était une boucanière français qui fut l'une des premières femmes boucanières avec Anne Dieu-Le-Veut.
Anne Dieu-Le-Veut Née en 1650 1650-1704 France Elle était à l'origine une des femmes "Filles de Roi" envoyées par le gouvernement français à Tortuga pour devenir épouses de colons.
Charlotte de Berry XVIIe siècle Années 1660 Angleterre Femme pirate, elle finit par commander son propre navire.
Cornelius Essex Mort en 1680 Années 1670 Angleterre Boucanier anglais qui participa à l'expédition corsaire du capitaine Bartholomew Sharp, la Pacific Adventure, durant la fin des années 1670.
Laurens de Graaf 1653-1704 1672-1697 Pays-Bas Dépeint comme un « corsaire grand et espiègle » par Henry Morgan, de Graaf était un pirate hollandais, mercenaire, et officier naval au service de la colonie française de Saint-Domingue.
Michel de Grammont 1645-1686 1670-1686 France Boucanier français, de Grammont attaquait les navires espagnols venant du Venezuela.
Jean du Casse 1646-1715 168?-1697 France Fils de parents huguenots, du Casse fut autorisé à entrer dans la Marine française au vu de ses prises en tant que boucanier.
Alexandre Exquemelin 1645-1707 1669-1674
1697
France Écrivain français, surtout connu pour être l'auteur d'un des plus importants livres d'étude sur la piraterie du XVIIe siècle, De Americaensche Zee-Roovers.
Jean Foccard XVIIe siècle Années 1680 France Associé de Laurens de Graaf et de Michel de Grammont. Il les a rejoint lors de l'attaque de Tampico en 1682.
"Jambes Rouges" Greaves XVIIe siècle   Écosse/Irlande Le surnom de Greaves venait des jambes rouges souvent vues chez les Écossais et les Irlandais qui portaient le kilt en toute occasion.
Juan Guartem XVIIe siècle Années 1670 Espagne Renégat et pirate espagnol, il attaqua les établissements espagnols de Nouvelle-Espagne durant la fin du XVIIe siècle, comme Chepo en 1679.
Peter Harris Mort en 1680 Années 1670 Angleterre Boucanier anglais et membre de la Pacific Expedition du capitaine Bartholomew Sharp. Tué à Panama en 1680.
Jean Hamelin (Hamilton) XVIIe siècle Années 1680 Anglo-Français Boucanier français actif dans les Caraïbes. Plus tard, traqué par le capitaine John Coxon.
Richard Hawkins 1562-1622 1593-1594 Angleterre Boucanier et explorateur qui était chevalier à l'origine.
George Hout (d'Hout)   Années 1680 Angleterre Boucanier anglais qui rejoignit François Grognier et Pierre le Picard dans leur raid sur Guayaquil en 1687.
William Jackson XVIIe siècle 1639-1645 Angleterre C'est sa flotte qui captura la Jamaïque pour le compte de l'Angleterre.
Bartholomeus de Jager   Années 1650 Pays-Bas Corsaire hollandais actif contre les Portugais. Il attaqua une petite flotte de navires marchands à Fernando Noronha, capturant l'un d'eux et laissant partir les autres.
Daniel Johnson 1629-1675 1657-1675 Angleterre Surnommé « Johnson la Terreur » par les Espagnols.
William Knight XVIIe siècle 1684-1686 Angleterre Avec Edward Davis, il participa à la dernière grande attaque boucanière sur les Espagnols.
Pierre le Grand XVIIe siècle   France Sa seule attaque documentée est celle d'un galion espagnol, ainsi, son existence est discutée.
Raveneau de Lussan Né en 1663 1684-1688 France Un noble ayant perdu toute sa fortune. Attaquait des cibles en Amérique centrale.
Thomas Magott (Mackett) XVIIe siècle Années 1680 Angleterre Boucanier anglais qui navigua avec Bartholomew Sharp et autres lors de la Pacific Adventure.
Edward Mansvelt (Mansfield) Mort en 1666 Années 1650-1660 Curaçao Boucanier hollandais au service de l'Angleterre. Amiral des « Frères de la Côte », Mansvelt fut le mentor d'Henry Morgan qui lui succéda après sa mort.
Marquis de Maintenon 1648-1691 1672-1676 France Noble français devenu boucanier aux Caraïbes, il vendit son château et son titre à Madame de Maintenon.
David Marteen XVIIe siècle 1663-1665 Pays-Bas Seul non-Anglais a avoir participé aux raids contre les bastions espagnols des actuels Mexico et Nicaragua.
Daniel Montbars (L'exterminateur) 1645-1701? Années 1660-1670 France Ancien officier naval et aventurier français, il s'engagea dans une violente et destructrice guerre contre l'Espagne aux Caraïbes. Sa haine des Espagnols lui a valu le surnom de « Montbars l'exterminateur ».
Sir Henry Morgan 1635-1688 1663-1674 Pays de Galles Corsaire (et pirate) qui se retira et devint lieutenant gouverneur de Jamaïque.
John Morris XVIIe siècle 1663-1672 Angleterre Habile pilote, il servit avec Christopher Myngs et Henry Morgan avant de devenir un chasseur de pirates.
Sir Christopher Myngs 1625-1666 Années 1650-1660 Angleterre Décrit comme « déséquilibré et faux » par le gouverneur de la Jamaïque, Myngs devint pourtant amiral de la Royal Navy.
François l'Ollonais (Jean-David Nau) 1635-1668 1660-1668 France Surnommé le « fléau des Espagnols », il était connu pour sa brutalité – il ne faisait jamais de prisonniers.
Pierre le Picard   Années 1660-1690 France Officier de l'Ollonais, lui et Moise Vauquelin ont poursuivi une carrière à leur propre compte. Il participa plus tard à la première Guerre intercoloniale.
Chevalier du Plessis Mort en 1668 Années 1660 France Corsaire français actif aux Indes occidentales. Il succéda à Moise Vauquelin après sa mort.
Baron Jean-Bernard de Pointis 1635-1707 Années 1690 France Son plus grand succès fut le siège de Carthagène en 1697.
Thomas Pound Mort en 1703 1689 Angleterre Commanda brièvement un petit navire près du Massachusetts avant d'être capturé.
Bartolomeo Português Né en 1630 1666-1669 Portugal L'un des premiers pirates à respecter la chasse-partie (ou code des pirates).
Lawrence Prince   Années 1650-1670 Pays-Bas Boucanier hollandais au service de l'Angleterre. Officier d'Henry Morgan.
Roche Braziliano XVIIe siècle 1654-1671 Pays-Bas A brûlé vif deux fermiers espagnols qui refusaient de lui remettre leurs porcs.
Philip Ras   Années 1650 Pays-Bas A capturé plusieurs navires anglais en tant que corsaire durant la première guerre anglo-néerlandaise.
Thomas Paine XVIIe siècle Années 1680 Angleterre Corsaire des colonies d'Amérique du Nord qui attaqua quelques établissements aux Indes occidentales avec Jan Willems, comme Rio de la Hacha en 1680. Il mena les Français à Block Island.
Manuel Rivero Pardel Mort en 1671 1668-1671 Portugal Corsaire portugais au service de l'Espagne. Actif contre les boucaniers des Caraïbes durant la fin du XVIIe siècle.
Stenka Razin 1630-1671   Russie Pirate cossack qui opéra sur la Volga et la mer Caspienne.
Richard Sawkins Mort en 1680 1679-1680 Angleterre Participa, avec John Coxon et Bartholomew Sharp, à l'attaque surprise sur Santa Marta
Lewis Scot   Années 1660 Angleterre Connu pour son attaque de la ville de Campêche, dans la péninsule du Yucatan.
Bartholomew Sharp 1650-1690 1679-1682 Angleterre Pilla 25 navires espagnols et de nombreuses petites villes.
Gustav Skytte 1637-1663 1657-1663 Suède Attaqua des navires dans la mer Baltique, avec d'autres complices nobles.
Bernard Claesen Speirdyke   Années 1660-1670 Pays-Bas Boucanier hollandais actif dans les Caraïbes, il fut capturé par le capitaine Manuel Rivero Pardel près de Cuba et fut exécuté.
Charles Swan XVIIe siècle   Angleterre  
Jacques Tavernier (Le Lyonnais) 1625-1673 1664-1673 France Boucanier français qui participa à des expéditions avec Laurens de Graaf, Michel de Grammont, Pierre Le Grand, François l'Ollonais et Henry Morgan avant son exécution en 1673. Son existence est controversée car la seule référence de lui avant le XXe siècle apparaît dans l'Appleton's Cyclopedia of American Biography.
Nicholas (Nikolaas) van Hoorn 1635-1683 1663-1683 Pays-Bas Marchand, corsaire et pirate, van Hoorn eut beaucoup de succès avant de mourir de plaies infectées.
Cornelis Janszoon van de Velde   Années 1650 Pays-Bas Corsaire hollandais actif aux Antilles, il s'associa brièvement à Bartholomeus de Jager.
Moise Vauquelin (Moses Vanclein)   Années 1650-1670 France Officier de l'Ollonais, il fut également partenaire de Pierre le Picard. Pendant ses dernières années, il a écrit un livre sur le littoral du Honduras et du Yucatan avec le boucanier Philippe Bequel.
Lionel Wafer 1640-1705 1679-1688 Pays de Galles Un explorateur dont le travail a aidé à préparer le projet Darién.
Yankey (Janke) Willems   Années 1680 Pays-Bas Boucanier hollandais actif dans les Caraïbes.
William Wright XVIIe siècle 1675-1682 Angleterre Bien qu'il fût anglais, Wright fut corsaire au service de la France. Il devint plus tard boucanier.

Âge d'or de la piraterie: 1690-1730

Le Baronet noir a capturé plus de 470 vaisseaux en moins de deux ans. Aucun autre pirate n'a eu autant de succès.
D'apparence très effrayante, Barbe Noire est souvent crédité comme le stéréotype même du pirate des Caraïbes.
Bien qu'elle n'ait jamais commandé de navire elle-même, Anne Bonny est reconnue comme l'une des quelques femmes pirates de l'histoire.
Henry Every (ou Avery) est célèbre pour être l'un des quelques pirates de l'époque à s'être retiré paisiblement avec l'ensemble de son butin, tandis que ces collèges étaient souvent tués ou arrêtés.
Bien que les historiens modernes discutent de la légitimité de son jugement et de son exécution, la rumeur du trésor enterré du capitaine Kidd a procuré à l'homme une légende de grand pirate.
Surnommé « la Buse » pour la rapidité avec laquelle il attaquait ses proies, Olivier Levasseur a laissé un message énigmatique qui n'a pas été décrypté à ce jour.
NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Thomas Anstis Mort en 1723 1718-1723 Angleterre Principalement actif dans les Caraïbes, il a servi sous Howell Davis puis sous Bartholomew Roberts.
Bartholomew Roberts (le Baronet noir) 1682-1722 1719-1722 Pays de Galles Le pirate ayant connu le plus de succès, on estime qu'il a capturé plus de 470 vaisseaux.
George Booth Mort en 1700 1696-1700 Angleterre Un des premiers pirates actifs dans l'océan Indien et la mer Rouge.
John Bowen Mort en 1704 1700-1704 Bermudes Actif dans l'océan Indien, avec ses contemporains George Booth et Nathaniel North.
Samuel Bellamy (Black Sam) 1689-1717 1716-1717 Angleterre Malgré une courte carrière de moins d'un an, Bellamy eut beaucoup de réussite, capturant plus de 50 navires avant sa mort.
Barbe Noire (Edward Teach) 1680-1718 1716-1718 Angleterre D'apparence très effrayante, Barbe Noire est souvent crédité comme le stéréotype même du pirate des Caraïbes.
Black Caesar Mort en 1718 Années 1700-1718 Afrique Ancien esclave devenu pirate, Black Caesar était actif au large des Keys durant le début du XVIIIe siècle. Il devint lieutenant de Barbe Noir et fut l'un des cinq Africains servant sous son commandement.
Stede Bonnet 1688-1718 1717-1718 Barbade Surnommé « Le Pirate Gentilhomme », Bonnet est issu d'une riche famille mais il bascula finalement vers la piraterie.
Rahmah ibn Jabir al-Jalahimah 1760-1826 1780-1826 Koweït Le plus célèbre pirate du golfe Persique, il fut gouverneur de Dammam et s'engagea dans la piraterie contre Al-Khalifa du Bahreïn.
Anne Bonny 1698-1782 à partir de 1725 Irlande Bien qu'elle n'ait jamais commandé de navire elle-même, Anne Bonny est reconnu comme l'une des quelques femmes pirates de l'histoire.
Nicholas Brown Mort en 1726 Jusqu'en 1726 Angleterre Actif au large de la Jamaïque, Brown fut probablement tué par un ami d'enfance John Drudge.
Sir Christopher Chapman   à partir de 1777 Angleterre Actif au large de la Floride et de la Jamaïque. Capitaine du Shawn Towne, il commença comme corsaire puis bascula vers la piraterie. Exécuté publiquement à Londres après l'attaque du HMS Mugavero.
Dirk Chivers Début XVIIIe siècle 1694-1699 Pays-Bas Actif dans la mer Rouge et l'océan Indien, Chivers se retira de la piraterie et retourna aux Pays-Bas.
Thomas Cocklyn Début XVIIIe siècle De 1717 à sa mort Angleterre D'abord connu par son association avec Howell Davis et Olivier Levasseur, les activités de Cocklyn après 1719 sont inconnues.
Christopher Condent Mort en 1770 1718-1720 Angleterre Après être devenu pirate en 1718, Condent s'empara d'une fortune de 150 000 £ et se retira en France où il devint un riche marchand.
William Condon Mort en 1721 Jusqu'en 1721 Angleterre Au commande du Fiery Dragon, Condon fut tué lorsque l'embarcation prit feu et coula.
Robert Culliford Début XVIIIe siècle 1690-1698 Angleterre Ancien second de William Kidd, Culliford mena une première mutinerie contre Kidd, volant son navire Blessed William.
Alexander Dalzeel 1662-1715 1685-1715 Écosse Servit sous Henry Every. Il fut capturé quatre fois avant d'être finalement pendu.
Howell Davis 1690-1719 1718-1719 Pays de Galles Durant une courte carrière de 11 mois, Davis fut capturé lorsqu'il tenta d'enlever le gouverneur de Principe.
Edward England 1690-1720 1717-1720 Irlande Différent des autres pirates de cette époque, England ne tuait ses prisonniers que si cela était vraiment nécessaire.
John Evans Mort en 1723 1722-1723 Pays de Galles Après une carrière décevante en tant que marin honnête, Evans devient pirate – au départ il attaqua des maisons avec un petit canoë.
Henry Every (Avery) Né en 1653 1695-1696 Angleterre Célèbre pour être l'un des quelques pirates de l'époque à s'être retiré paisiblement avec l'ensemble de son butin, tandis que ses collègues étaient souvent tués ou arrêtés.
John Fenn Mort en 1723 Jusqu'en 1723 Angleterre Navigua avec Bartholomew Roberts et, plus tard, avec Thomas Anstis.
William Fly Mort en 1726 Jusqu'en 1726 Angleterre Opérait au large de la Nouvelle-Angleterre avant d'être capturé et pendu à Boston (Massachusetts).
Ingela Gathenhielm 1692-1729 1718-1721 Suède Veuve de Lars Gathenhielm, active dans la mer Baltique.
Lars Gathenhielm 1689-1718 1710-1718 Suède Actif dans la mer Baltique
Charles Harris Mort en 1723 Jusqu'en 1723 Angleterre Rejoignant les corsaires barbaresques, Harris se convertit à l'islam avant d'être capturé et pendu.
John Halsey Mort en 1708 1705-1708 Colonies d'Amérique du Nord Actif dans l'océan Atlantique et Indien, Halsey est décrit par Defoe comme « courageux de sa personne, courtois envers tous ses prisonniers, il vécut bien-aimé, et mourut regretté par son propre peuple. » 
Miguel Henríquez Né en 1680 Début XVIIIe siècle Espagne/ Porto Rico Fils d'un cordonnier, Henríquez reçut plus tard une lettre de marque de l'Espagne pour ses actions contre les Britanniques.
Benjamin Hornigold Mort en 1719 1717-1719 Angleterre Connu pour avoir été moins agressif que les autres pirates, Hornigold attaqua un jour un navire dans le seul but de s'emparer des chapeaux de l'équipage.
Thomas Howard Début XVIIIe siècle 1698-1703 Angleterre Howard a servi sous George Booth et John Bowen et commanda plus tard le Prosperous.
John Rackham "Calico Jack" 1682-1720 Jusqu'en 1720 Angleterre Il doit son surnom aux vêtements très colorés faits de calicot.
Henry Jennings Mort en 1745 1715 Angleterre Devenu plus tard gouverneur du paradis de pirates de New Providence, Jennings se rendit coupable de deux actes de piraterie – gagnant ainsi une fortune de 410 000 pesos.
John Julian Mort en 1733 1716-1717 Miskito Premier pirate noir à opérer au Nouveau Monde.
James Kelly (James Gilliam) Mort en 1701 Jusqu'en 1699 Angleterre Actif dans l'océan Indien, Kelly fut longtemps associé à William Kidd.
William "Capitaine" Kidd 1645-1701 1695-1699 Écosse Bien que les historiens modernes discutent de la légitimité de son jugement et de son exécution, la rumeur du trésor enterré de Capitaine Kidd a procuré à l'homme une légende de grand pirate. Ses biens furent réclamés par la Couronne et donnés au Royal Hospital de Greenwich, par la reine Anne.
Olivier Levasseur (La Buse) 1680-1730 1716-1730 France Actif dans l'océan Indien,plus particulièrement l'île de la réunion autrefois nommée île Bourbon.Surnommé « la Buse » pour la rapidité avec laquelle il attaquait ses proies, Olivier Levasseur a laissé un message énigmatique qui n'a pas été décrypté à ce jour.
Edward « Ned » Low 1690-1724 1721-1724 Angleterre Pirate connu pour les tortures qu'il infligeait, ses méthodes étaient décrites comme ayant « fait crédit à l'ingéniosité de l'Inquisition espagnole dans ses jours les plus sombres ».
George Lowther Mort en 1723 Jusqu'en 1723 Angleterre Actif dans les Caraïbes et l'Atlantique, parmi ses lieutenants se trouvait Edward Low.
Christopher Moody Mort en 1718 1713-1718 Angleterre Actif au large de la Caroline du Nord et du Sud, Moody ne faisait aucun quartier aux prisonniers et arborait un drapeau rouge.
Nathaniel North Né en 1672 1689-1704
1707-1709
Bermudes Actif dans l'océan Indien et la mer Rouge, North servit avec de célèbres contemporains tels que John Bowen et George Booth.
William Phillips Mort en 1724   Angleterre Phillips fut amputé d'une jambe après le tir d'un certain John Phillips.
James Plantain Début XVIIIe siècle   Danemark Plantain dirigea l'île de Madagascar entre 1725 et 1728, d'abord par la peur, et fut surnommé « roi de Ranter Bay ».
John Quelch 1666-1704 1703-1704 Angleterre Quelch fut la première personne jugée pour piraterie à l'extérieur de l'Angleterre en vertu du droit maritime et donc sans jury.
Mary Read 1690-1721 Jusqu'en 1720 Angleterre Avec Anne Bonny, elle est l'une des rares femmes pirates de l'histoire. Quand elle fut capturé, Bonny échappa à la pendaison en clamant qu'elle était enceinte, mais elle mourut peu de temps après de la fièvre dans sa cellule.
Woodes Rogers 1679-1732 1709-1710 Angleterre Joua un rôle majeur dans la suppression des pirates des Caraïbes.
Francis Spriggs Mort en 1725 Jusqu'en 1725 Angleterre Avec George Lowther et Edward Low, Spriggs fut actif dans la baie du Honduras durant les années 1720.
John Taylor Début XVIIIe siècle   Angleterre À l'île de La Réunion, Taylor est réputé pour avoir fait la plus importante prise de l'histoire de la piraterie.
Thomas Tew Mort en 1695 1692-1695 Angleterre En seulement deux voyages, Tew s'engagea dans un itinéraire appelé plus tard ronde des Pirates.
Charles Vane 1680-1720 1716-1720 Angleterre Mal aimé de par sa cruauté, Vane montrait peu de respect envers le code des pirates et volait les parts de butin de ses marins.
Richard Worley Mort en 1719 Jusqu'en 1719 Angleterre Crédité comme l'un des premiers pirates à arborer le pavillon de pirates avec un crâne et des os.
Emmanuel Wynne Début XVIIIe siècle   France Premier pirate à arborer le Jolly Roger. Cependant, son dessin incluait un sablier derrière le crâne.

Déclin de la piraterie : 1730-1900

Roberto Cofresi est le plus connu des pirates de Porto Rico où il est l'équivalent de Robin des Bois.
NomVieAnnées d'activitéPays d'origineCommentaires
Tuanku Abbas Début XIXe siècle Jusqu'en 1844 Malaisie Frère d'un râja d'Achin, connu pour sa participation et son rôle de meneur dans des raids pirates.
Mansel Alcantra (Alcantara)   Années 1820 Espagne En 1829, il captura le Topaz au large de Sainte-Hélène et massacra l'équipage tout entier.
Louis-Michel Aury 1788-1821 1810-1821 France Le Jean Lafitte d'Amérique centrale.
Joseph Baker Mort en 1800 1800 Canada La seule action de piraterie de sa carrière consiste en une tentative ratée de s'emparer du sloop Eliza.
Renato Beluche 1780-1860 1803-1813 Louisiane Associé des frères Lafitte, actif dans les Caraïbes avant de rejoindre Simon Bolivar dans son combat pour l'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique du Sud.
Eli Boggs 1810-1857 1830-1850 États-Unis Pirate qui navigua dans une jonque chinoise pour faire de la contrebande.
Benito Bonito 1780-1821 1810-1820 Espagne Pirate qui cacha ses trésors de Lima quelque part, certains disent qu'il est dans des falaises en Australie, d'autres qu'il se trouve sur les îles Coco.
Hippolyte de Bouchard 1780-1843 1817-1819 Argentine Marin argentin et français au service de l'Argentine, du Chili et du Perou.
Flora Burn   Années 1740-1750 Angleterre Femme pirate active principalement sur la côte Est de l'Amérique du Nord à partir de 1741.
Henri Caesar Début XVIIIe siècle 1805-1830 Haïti Pirate haïtien actif dans les Caraïbes au début du XVIIIe siècle.
Cheng I Mort en 1807   Chine Pirate opérant sur les côtés chinoises aux XVIIIe et XIXe siècles.
Cheung Po Tsai Début XIXe siècle Jusqu'en 1810 Chine Actif sur la côte du Guangdong où on prétend qu'il commandait une flotte de 600 jonques.
Ching Shih Morte en 1844 1807-1810 Chine Importante femme pirate de la fin de la Dynastie Qing.
Chui A-poo Mort en 185131? Années 1840-1850 Chine Basé dans la baie de Baya à l'est d'Hong Kong, Chui attaquait les navires d'opium dans la mer de Chine méridionale jusqu'à ce que sa flotte soit détruite par les Britanniques en 1849.
Eric Cobham and Maria Lindsey 1700-1760 Années 1720-1740 Angleterre Cobham et sa femme, Maria, opéraient dans le golfe du Saint-Laurent.
Roberto Cofresí 1791-1825 Jusqu'en 1825 Porto Rico Le plus connu des pirates de Porto Rico où il est l'équivalent de Robin des Bois.
Diabolito (Petit Diable) Mort en 1823   Cuba Pirate cubain actif dans les Caraïbes durant le début du XIXe siècle. L'un des premiers pirates à être traqué par le commodore David Porter et la « flotte des Moustiques » durant le début des années 1820.
Hezekiah Frith Début XIXe siècle Années 1790-1800 Bermudes Armateur britannique et contrebandier surnommé le « corsaire gentilhomme » aux Bermudes. Il utilisa son commerce comme couverture pour s'adonner à la piraterie et amasser une petite fortune.
Vincent Gambi Mort en 1820   Italie Pirate basé à La Nouvelle-Orléans, il fut associé à Jean Lafitte.
José Gaspar (Gasparilla) 1756-1821 1783-1821 Espagne Personnage du folklore de Floride, il n'y a pas de preuves de son existence avant le XXe siècle.
Charles Gibbs 1798-1831 1816-1831 États-Unis L'un des derniers pirates actifs dans les Caraïbes, et la dernière personne exécutée pour piraterie par les États-Unis.
"Don" Pedro Gilbert 1800-1834 1832-1834 Colombie Participa à la dernière action de piraterie connue de l'Atlantique.
Bully Hayes 1829-1877 1850-1877 États-Unis Pirate de la mer du Sud, qui pratiqua l'esclavage dans le Pacifique Sud, et pilla des navires.
Albert W. Hicks 1820-1860 1840-1860 États-Unis Pirate qui pilla les convois d'or durant la ruée vers l'or en Californie. Il fut pendu à Liberty Island en 1860.
Bill Johnston 1782-1870 1810-1860 États-Unis Surnommé le « pirate des Mille-Îles ».
Edward Jordan 1771-1809 1794-1809 Canada Pirate canado-irlandais de Nouvelle-Écosse.
Nathaniel Gordon 1834-1862 1860 États-Unis Le seul marchand d'esclaves américain a avoir été condamné et exécuté « pour s'être engagé dans la traite négrière » en accord avec la loi sur la piraterie de 182.
Catherine Hagerty et Charlotte Badger Début XIXe siècle 1806 Angleterre Condamnées en Australie.
Jorgen Jorgensen 1780-1841 1807-1808 Danemark Aventurier danois et écrivain, il fut capturé par les Britanniques pour piraterie durant les guerres napoléoniennes.
Jean Lafitte 1776-1826? 1803-1815 et 1817-années 1820 France Pirate français d'origine juive, actif dans le golfe du Mexique durant le début des années 1800. Fugitif recherché par les États-Unis, il participa à la bataille de la Nouvelle-Orléans.
Pierre Lafitte 1770-1821 1803-1821 France Pirate français, beaucoup moins connu que son frère Jean Lafitte, actif principalement dans le golfe du Mexique.
Sam Hall Lord 1778-1844 Années 1800-1840 Barbade Sam Lord est le plus célèbre boucanier de l'île de la Barbade.
Kazimierz Lux 1780-1846 1803-1819 Pologne Le Pirate polonais des Caraïbes.
Samuel Mason 1739-1803 Jusqu'en 1803 États-Unis Initialement juge associé en Virginie, Mason devint un voleur de grand chemin et un pirate de haute-mer.
Shap Ng-tsai   1845-1849 Chine Commandant environ 70 jonques dans la mer de Chine méridionale avant de se retirer et d'accepter le pardon du gouvernement chinois.
Benito de Soto 1805-1830 1827-1830 Espagne Le plus célèbre de la dernière génération de pirates de l'océan Atlantique.
Rachel Wall 1760-8 octobre 1789 1781-1782 Province de Pennsylvanie Rachel et son époux George Wall furent actifs sur les côtes du New Hampshire jusqu’à ce que George et son équipage coulent à pic. Elle fut pendue à Boston le 8 octobre 1789.
Alexander White Mort en 1784 Jusqu'en 1784 Côte Est de l'Amérique Pendu pour piraterie à Cambridge en novembre 1784.
Dominique You 1775-1830 1802-1814 Haïti Acquit une réputation de pirate audacieux. Devenu politicien à La Nouvelle-Orléans.

Après 1901

Plusieurs associations estiment que Paul Watson (cheveux blancs) utilisent des méthodes dignes de la piraterie.
NomVieAnnées d'activitésPays d'origineCommentaires
Boysie Singh 1908-1957 1947-1956 Trinidad Actif entre le Venezuela et Trinidad. Singh attaquait des bateaux de pêche, tuait l'équipage et volait le moteur du bateau avant de couler l'embarcation et de vendre sa prise.
Paul Watson Né en 1950 1978- Canada Watson est un défenseur du droit des animaux, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society. Ses méthodes sont tellement brutales qu'il est qualifié de pirate.
"Roaring" Dan Seavey 1867-1949 1900-1930 États-Unis Actif dans les Grands lacs américains.
Felix von Luckner 1881-1966 1916-1917 Allemagne Officier naval allemand. Actif durant la Première Guerre mondiale.
Peter de Neumann 1917-1972 21 juin 1941 Royaume-Uni Second officier à bord du navire Criton de la Royal Navy (capturé par la France de Vichy). Surnommé « l'homme de Timbuctoo ».
Asad 'Booyah' Abdulahi 1966- 1998- Somalie Chef pirate somalien, actif dans la capture de navires dans le golfe d'Aden et l'océan Indien pour des rançons.
Abdul Hassan 1969- 2005- Somalie

Pirate somalien surnommé « celui qui ne dort jamais ». Meneur d'un groupe de 350 hommes, les « gardes de la Côte régionale et centrale », actif dans la capture de navires pour des rançons.

 

5 novembre 2009

la verité......

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Quelle est cette chimère impuissante et stérile,
Cette divinité que prêche à l’imbécile
Un ramas odieux de prêtres imposteurs ?
Veulent-ils me placer parmi leurs spectateurs ?
Ah ! jamais, je le jure, et je tiendrai parole,
Jamais cette bizarre et dégoûtante idole,
Cet enfant de délire et de dérision
Ne fera sur mon cœur la moindre impression.
Content et glorieux de mon épicurisme,
Je prétends expirer au sein de l’athéisme
Et que l’infâme Dieu dont on veut m’alarmer
Ne soit conçu par moi que pour le blasphémer.
Oui, vaine illusion, mon âme te déteste,
Et pour t’en mieux convaincre ici je le proteste,
Je voudrais qu’un moment tu pusses exister
Pour jouir du plaisir de te mieux insulter.
Quel est-il en effet ce fantôme exécrable,
Ce jean-foutre de Dieu, cet être épouvantable
Que rien n’offre aux regards ni ne montre à l’esprit,
Que l’insensé redoute et dont le sage rit,
Que rien ne peint aux sens, que nul ne peut comprendre,
Dont le culte sauvage en tous temps fit répandre
Plus de sang que la guerre ou Thémis en courroux
Ne purent en mille ans en verser parmi nous ?
J’ai beau l’analyser, ce gredin déifique,
J’ai beau l’étudier, mon œil philosophique
Ne voit dans ce motif de vos religions
Qu’un assemblage impur de contradictions
Qui cède à l’examen sitôt qu’on l’envisage,
Qu’on insulte à plaisir, qu’on brave, qu’on outrage,
Produit par la frayeur, enfanté par l’espoir,
Que jamais notre esprit ne saurait concevoir,
Devenant tour à tour, aux mains de qui l’érige,
Un objet de terreur, de joie ou de vertige
Que l’adroit imposteur qui l’annonce aux humains
Fait régner comme il veut sur nos tristes destins,
Qu’il peint tantôt méchant et tantôt débonnaire,
Tantôt nous massacrant, ou nous servant de père,
En lui prêtant toujours, d’après ses passions,
Ses mœurs, son caractère et ses opinions :
Ou la main qui pardonne ou celle qui nous perce.
Le voilà, ce sot Dieu dont le prêtre nous berce.

Mais de quel droit celui que le mensonge astreint
Prétend-il me soumettre à l’erreur qui l’atteint ?
Ai-je besoin du Dieu que ma sagesse abjure
Pour me rendre raison des lois de la nature ?
En elle tout se meut, et son sein créateur
Agit à tout instant sans l’aide d’un moteur.
A ce double embarras gagné-je quelque chose ?
Ce Dieu, de l’univers démontre-t-il la cause ?
S’il crée, il est créé, et me voilà toujours
Incertain, comme avant, d’adopter son recours.
Fuis, fuis loin de mon cœur, infernale imposture ;
Cède, en disparaissant, aux lois de la nature
Elle seule a tout fait, tu n’es que le néant
Dont sa main nous sortit un jour en nous créant.
Évanouis-toi donc, exécrable chimère !
Fuis loin de ces climats, abandonne la terre
Où tu ne verras plus que des cœurs endurcis
Au jargon mensonger de tes piteux amis !
Quant à moi, j’en conviens, l’horreur que je te porte
Est à la fois si juste, et si grande, et si forte,
Qu’avec plaisir, Dieu vil, avec tranquillité,
Que dis-je ? avec transport, même avec volupté,
Je serais ton bourreau, si ta frêle existence
Pouvait offrir un point à ma sombre vengeance,
Et mon bras avec charme irait jusqu’à ton cœur
De mon aversion te prouver la rigueur.
Mais ce serait en vain que l’on voudrait t’atteindre,
Et ton essence échappe à qui veut la contraindre.
Ne pouvant t’écraser, du moins, chez les mortels,
Je voudrais renverser tes dangereux autels
Et démontrer à ceux qu’un Dieu captive encore
Que ce lâche avorton que leur faiblesse adore
N’est pas fait pour poser un terme aux passions.

Ô mouvements sacrés, fières impressions,
Soyez à tout jamais l’objet de nos hommages,
Les seuls qu’on puisse offrir au culte des vrais sages,
Les seuls en tous les temps qui délectent leur cœur,
Les seuls que la nature offre à notre bonheur !
Cédons à leur empire, et que leur violence,
Subjuguant nos esprits sans nulle résistance,
Nous fasse impunément des lois de nos plaisirs
Ce que leur voix prescrit suffit à nos désirs.
Quel que soit le désordre où leur organe entraîne,
Nous devons leur céder sans remords et sans peine,
Et, sans scruter nos lois ni consulter nos mœurs,
Nous livrer ardemment à toutes les erreurs
Que toujours par leurs mains nous dicta la nature.
Ne respectons jamais que son divin murmure ;
Ce que nos vaines lois frappent en tous pays
Est ce qui pour ses plans eut toujours plus de prix.
Ce qui paraît à l’homme une affreuse injustice
N’est sur nous que l’effet de sa main corruptrice,
Et quand, d’après nos mœurs, nous craignons de faillir,
Nous ne réussissons qu’à la mieux accueillir.
Ces douces actions que vous nommez des crimes,
Ces excès que les sots croient illégitimes,
Ne sont que les écarts qui plaisent à ses yeux,
Les vices, les penchants qui la délectent mieux ;
Ce qu’elle grave en nous n’est jamais que sublime ;
En conseillant l’horreur, elle offre la victime
Frappons-la sans frémir, et ne craignons jamais
D’avoir, en lui cédant, commis quelques forfaits.
Examinons la foudre en ses mains sanguinaires
Elle éclate au hasard, et les fils, et les pères,
Les temples, les bordels, les dévots, les bandits,
Tout plaît à la nature : il lui faut des délits.
Nous la servons de même en commettant le crime
Plus notre main l’étend et plus elle l’estime.
Usons des droits puissants qu’elle exerce sur nous
En nous livrant sans cesse aux plus monstrueux goûts.
Aucun n’est défendu par ses lois homicides,
Et l’inceste, et le viol, le vol, les parricides,
Les plaisirs de Sodome et les jeux de Sapho,
Tout ce qui nuit à l’homme ou le plonge au tombeau,
N’est, soyons-en certains, qu’un moyen de lui plaire.
En renversant les dieux, dérobons leur tonnerre
Et détruisons avec ce foudre étincelant
Tout ce qui nous déplaît dans un monde effrayant.
N’épargnons rien surtout : que ses scélératesses
Servent d’exemple en tout à nos noires prouesses.
Il n’est rien de sacré : tout dans cet univers
Doit plier sous le joug de nos fougueux travers.
Plus nous multiplierons, varierons l’infamie,
Mieux nous la sentirons dans notre âme affermie,
Doublant, encourageant nos cyniques essais,
Pas à pas chaque jour nous conduire aux forfaits.
Après les plus beaux ans si sa voix nous rappelle,
En nous moquant des dieux retournons auprès d’elle
Pour nous récompenser son creuset nous attend ;
Ce que prit son pouvoir, son besoin nous le rend.
Là tout se reproduit, là tout se régénère ;
Des grands et des petits la putain est la mère,
Et nous sommes toujours aussi chers à ses yeux,
Monstres et scélérats que bons et vertueux.

Sade.

25 mai 2007

le noir de lautreamont....

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Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l’eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme un fumier, pousse un énorme champignon, aux pédoncules ombellifères. Assis sur un meuble informe, je n’ai pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont pris racine dans le sol et composent, jusqu’à mon ventre, une sorte de végétation vivace, remplie d’ignobles parasites, qui ne dérive pas encore de la plante, et qui n’est plus de la chair. Cependant mon coeur bat. Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n’ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? Sous mon aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence, et, quand l’un d’eux remue, il me fait des chatouilles. Prenez garde qu’il ne s’en échappe un, et ne vienne gratter, avec sa bouche, le dedans de votre oreille : il serait ensuite capable d’entrre dans votre cerveau. Sous mon aisselle droite, il y a un caméléon qui leur fait une chasse perpétuelle, afin de ne pas mourir de faim : il faut que chacun vivre. Mais, quand un parti déjoue complètement les ruses de l’autre, ils ne trouvent rien de mieux que de ne pas se gêner, et sucent la graisse délicate qui couvre mes côtes : j ’y suis habitué. Une vipère méchante a dévoré ma verge et a pris sa place : elle m’a rendu eunuque, cette infâme. Oh ! si j’avais pu me défendre avec mes bras paralysés ; mais, je crois plutôt qu’ils se sont changés en bûches. Quoi qu’il en soit, il importe de constater que le sang ne vient plus y promener sa rougeur. Deux petits hérissons, qui ne croissent plus, ont jeté à un chien, qui n’a pas refusé, l’intérieur de mes testicules : l’épiderme, soigneusement lavé, ils ont logé dedans. L’anus a été intercepté par un crabe ; encouragé par mon inertie, il garde l’entrée avec ses pinces, et me fait beaucoup de mal ! Deux méduses ont franchi les mers, immédiatement alléchées par un espoir qui ne fut pas trompé. Elles ont regardé avec attention les deux parties charnues qui forment le derrière humain, et, se cramponnant à leur galbe convexe, elles les ont tellement écrasées par une pression constante, que les deux morceaux de chair ont disparu, tandis qu’il est resté deux monstres, sortis du royaume de la viscosité, égaux par la couleur, la forme et la férocité. Ne parlez pas de ma colonne vertébrale, puisque c’est un glaive.

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Oui, oui... je n’y faisais pas attention... votre demande est juste. Vous désirez savoir, n’est-ce pas, comment il se trouve implanté verticalement dans mes reins ? Moi-même, je ne me le rappelle pas très clairement ; cependant, si je me décide à prendre pour un souvenir ce qui n’est peut-être qu’un rêve, sachez que l’homme, quand il a su que j’avais fait voeu de vivre avec la maladie et l’immobilité jusqu’à ce que j’eusse vaincu le Créateur, marcha, derrière moi, sur la pointe des pieds, mais, non pas si doucement, que je ne l’entendisse. Je ne perçus plus rien, pendant un instant qui ne fut pas long. Ce poignard aigu s’enfonça, jusqu’au manche, entre les deux épaules du taureau de fêtes, et son ossature frissonna, comme un tremblement de terre. La lame adhère si fortement au corps, que personne, jusqu’ici, n’a pu l’extraire. Les athlètes, les mécaniciens, les philosophes, les médecins ont essayé, tour à tour, les moyens les plus divers. Ils ne savent pas que le mal qu’a fait l’homme ne peut plus se défaire ! J’ai pardonné à la profondeur de leur ignorance native, et je les ai salués des paupières de mes yeux. Voyageur, quand tu passeras près de moi, ne m’adresse pas, je t’en supplie, le moindre mot de consolation : tu affaiblirais mon courage. Laisse-moi réchauffer ma ténacité à la flamme du martyre volontaire. Va-t’en... que je ne t’inspire aucune pitié. La haine est plus bizarre que tu ne le penses ; sa conduite est inexplicable, comme l’apparence brisée d’un bâton enfoncé dans l’eau. Tel que tu me vois, je puis encore faire des excursions jusqu’aux murailles du ciel, à la tête d’une légion d’assassins, et revenir prendre cette posture, pour méditer, de nouveau, sur les nobles projets de la vengeance. Adieu, je ne te retarderai pas davantage ; et, pour t’instruire à te préserver, réfléchis au sort fatal qui m’a conduit à la révolte, quand peut-être j’étais né bon ! Tu raconteras à ton fils ce que tu as vu ; et, le prenant par la main, fais-lui admirer la beauté des étoiles et les merveilles de l’univers, le nid du rouge-gorge et les temples du Seigneur. Tu seras étonné de le voir si docile aux conseils de la paternité, et tu le récompenseras par un sourire. Mais, quand il apprendra qu’il n’est pas observé, jette les yeux sur lui, et tu le verras cracher sa bave sur la vertu ; il t’a trompé, celui qui est descendu de la race humaine, mais il ne te trompera plus : tu sauras désormais ce qu’il deviendra. O père infortuné, prépare, pour accompagner les pas de ta vieillesse, l’échafaud ineffaçable qui tranchera la tête d’un criminel précoce, et la douleur qui te montrera le chemin qui conduit à la tombe.

Lautréamont.

pix: la séance noir de marilyn par milton green

31 octobre 2006

photo......

Pic063voila une photo de moi qui résume assez bien la facons dont les gens nous voit dans le monde moderne

on ne devient pas quelqu'un par ce que l'on fait mais par ce que l'on est!

on ne voit sur la tof que la lumiere de la flamme et mon buz, pourtant j'espere ne pas etre qu'un fumeur, même si ca fait partie de moi et si ca influence ma facons de voir les chose, la personne remarquable c'est celle dont on se souvient pour ce qu'il etait et non pour ce qu'il a fait et c'est assez paradoxale car une fois que l'on a compris ça, c'est la que l'on accomplit de belles choses, pas forcement immense, grande ou impressionantes, simplement un geste une parole qui fait que la personne qui est en face de vous se rapellera de cet instant, pour la vie

comme l'a dit andy warrol tout le monde a droit a son quart d'heure de gloire! mais apres qu'est ce que la gloire, la popularité?? des moyens detourner pour pouvoir s'aimer soit même a travers les autres? un besoin maladif de reconnaissance, si on est reconnut, on est utile, et donc on sert a quelquechose, ce qui rassure notre egaux.......mais ça reste tres relatif comme façons de voir, pour exemple les nazis qui avaient decréter que les musiciens et intellectuel de tous genre étaient inutile, et le même style de purge pendant la révolution russe. Donc se sentir utile depens aussi de la personne qui est en face de vous.

l'homme peut faire de grande choses dans le mal aussi, tout le monde se souvient des nazis, il ont fait de "grandes choses", que eux seul trouvaient positives, ont peu pas dire, meme si tous le monde s'en rapelle, que c'etaient des gens remarquables!!! loin de la.......

ou alors c'est juste une photo rater!!!!!

11 janvier 2007

LE BOUT DE LA ROUTE (nouvelle)

01

.......Les honoraires du medecin et les grincements dans la poitrine mais ce ne doit pas être grave peut-être une indigestion et le diner d'hier soir et audrey qui me faisait de l'oeil et comment diable un homme peut il savoir et peut être que je peut essayer de trouver et j'aurai l'air d'un ballot si elle ne....

..... d'un fichu idiot et il y a des gens à qui on ne devrait pas donner le permis de conduire et d'accord l'examinateur a été chic avec moi aussi mais je n'ai pas encore eu d'accident grave et bon sang avouons-le j'ai la trouille de conduire et les autobus ne valent rien et devant à trois pas un homme à chapeau vert  et bon sang j'ai passé le signal au rouge...

En 15 ans, on s'y habituait, plus ou moins. On pouvait marcher dans la rue et garder ses pensées pour soi tandis que la marée de voix informulées ne restait qu'un murmure confus dans un coin du cerveau. Bien sùr, de temps en temps, on ressentait quelque chose de trés nefaste, qui se dressait sous votre crâne et hurlait à votre adresse.

Norman Kane, qui était venu ici par amour d'une fille qu'il n'avait jamais vue, arriva au coin des rues de l'Université et de Shattuck au moment même ou le signal passa au rouge. Il s'immobilisa, prenant une cigarette entre ses doigts jaunis de nicotine, tandis que la circulation s'écoulait sous ses yeux.

C'était un moment peu favorable, 4h30 de l'apres midi, alors que tous les systèmes nerveux ébranlés de fatigue se précipitaient vers la maison, haissant toutes autres choses montées sur pied ou sur roues. Il eêt peut être mieux fait de rester dans le bar, un peu plus bas dans la rue. Il y faisait frais, dans une pénombre agréable, le barman avait l'esprit engourdi d'une douce somnolence, et kane aurait pu effacer la conscience qu'il avait de la présence de la femme.

Non, peut être pas. Une fois que la ville vous avait mis les nerfs à vif, ces derniers ne résistaient guère aux ordures charriées par certains cerveaux.

Bizarre, songeait il, que les plus raffinés à l'extérieur  fussent le plus souvent les plus terriblement pervertis à l'extèrieur! ils n'auraient jamais la moindre idée de se mal conduire en public, mais juste au dessous du niveau de la conscience...Mieux de ne pas y penser, mieux de ne pas se rappeler. Berkeley était en tout cas préférable à san francisco ou oakland. Plus la ville etait grande, plus elle semblait renfermer de mal, dont le foyer était situé à trois centimètres sous l'os frontal. New York était pratiquement inhabitable.

Il y avait un jeune homme qui attendait prés de Kane. Une fille arriva sur le trottoir, jolie, avec de longs cheveux jaunes et un corsage bien rempli. Kane l'observa distraitement: oui, elle avait un appartement privé, qu'elle avait soigneusement choisi parce que le concierge était tolérant. La pensée de luxure fit tressauter les nerfs du jeune homme, il suivit la fille des yeux, et elle passa...comme un simple mouvement hormonieux.04

Dommage. Ils auraient pu prendre du plaisir ensemble. Kane gloussa intérieurement. Il n'avait rien contre l'honnête désir, du moins pas dans son esprit conscient et libéré; il ne pouvait rien contre un certain degré de puritanisme dans son subconscient. Seigneur! il était impossible d'être à la fois télépathe et prude. La vie des gens, c'était leur affaire, tant qu'ils ne faisaient pas trop de mal aux autres.

...L'ennui, songea-t-il, c'est qu'ils me font du mal-mais je ne peux pas le leur dire-ils me mettraient en morceaux et me piétineraient ensuite- le gouvernement (les militaires) ne voudraient pas que vive un homme capable de lire leurs secrets-mais leur colère à base de peur ne serait qu'un caprice d'enfant à coté de la furie aveugle de l'homme du commun (père attentif bon mari honnête travailleur patriote ardent) dont on connaîtrait les péchés secrets-on peut parler à un prêtre ou à un psychiatre parce que ce ne sont que des mots et qu'il ne vit pas vos echecs avec vous....

Le signal changea et Kane entreprit de traverser. C'etait une claire journée d'automne-non que cette région eut des saisons nettement tranchées-mais un jour frais et ensoleillé avec une petite brise qui venait de l'eau. A quelques rues de distance, les terrains de l'Université faisaient une oasis de verdure bien entretenue devant les collines brunies.

...écorchés vif et brulé brulé brulé la chair pourrissante décomposée et les os blanchis durs propres qui sortent gwtjkfmx...

Kane s'arrêta pile. A travers son vertige, il sentait que sa chemise était inondée de sueur.

Et l'homme qu'il venait de croiser avait l'air tellement ordinaire!

-"Hé là, mon gars, reveille toi! tu veut te faire écraser?"

Kane reprit le contrôle de lui même et acheva de traverser la rue. Il y avait un banc à l'arrêt de l'autobus et il s'y laissa tomber en attendant que ses tremblements cessent.

Ils y avaient des pensées insupportables.

Kane se secoua et se releva. Il jeta sa cigarette à terre et l'ecrasa sous son talon. Un millier d'exemples lui disaient l'obscur symbolisme sexuel que comportait cet acte. Les armes à feu sont aussi phalliques, mais il y a des moments ou l'on en a besoin.

..... ne pechons-nous pas tous (absolument tous) y a t il une seule créature humaine qui n'ait pas son fardeau de honte ?...

Un homme sortait du drug-store, prés de lui. Kane lui fouilla l'esprit, par oisivetè. On pouvait pénétrer profondément dans le moi d'un autre quand on le voulait; d'ailleurs, on ne pouvait se retenir. Il etait impossible de capter deulement des pensées formulées: l'organisme est trop étroitement intégré. La mémoire n'est pas un simple classeur, mais bien un processus continu au-dessous du niveau de la conscience; en quelque sorte, on revit tout son passé. Et plus le souvenir renferme de charge émotive, plus il irradie puissament.Alyz19

L'homme etait professeur adjoint d'anglais à l'université. Agé de 42 ans, marié, trois enfants, faisant des versements sur les prix d'une maison.

Enfouie plus profondèment, la liste de ses crimes secrets. Dans l'enfance; il avait tourmenté un chat, il avait eu des appétits oedipiens bien dissimulés, il s'etait masturbé, il avait commis de petits larcins comme tout le monde. Plus tard: il avait triché à plusieurs examens, il y avait eu un ridicule essai avec une fille, sans résultatas parce qu'il etait trop nerveux. Et pour le présent, seul dans son bureau il lisait Rosamond Marshall, il tripotait de jeunes seins sous des pull overs serrés, il y avait des rivalités académiques mesquines, il avait donné une bonne note au jeune Simmonson prce que ce garcon était si beau, il était pris de panique honteuse et de sueurs la nuit quand il pensait à la mort qui supprimerait sa conscience....

Et aprés? C'était un brave homme, ce professeur adjoint, bon et honnête, et ses conflits eussent dû rester entre lui et l'ange de justice. Peu de ses pensées s'étaient traduites en actes, et peu le deviendraient. Qu'il s'en charge tout seul. Kane cessa de se concentrer sur lui.

Le télépathe était devenu indulgent. Il attendait peu de chose de chacun; personne n'était conforme à son masque.....

- "excusez-moi, auriez vous du feu? "

... lynn est morte je n'arrive pas encore à comprendre que je ne la verrai plus jamais et finalement on vit à la petite semaine mais ce qu'on fait entre temps, comment on passe les soirées solitaire...

- " certainement" ... peut être que c'est le pire : partager les peines sans pouvoir les soulager et ne pouvoir que lui donner du feu pour sa cigarette...

Kane remit les allumettes dans sa poche et se diriga vers l'université.

Etait il seul sur la terre un mutant particulier et solitaire....sauf que...

Cela frissonna en lui, de nouveau il se trouva assis dans le train. Il y avait trois ans de cela, il était en train de prendre un verre dans un wagon bar tandis que le train fonçait vers l'est, il avait croisé un train filant à l'ouest. Son verre lui avait échapé des mains et il etait rester plongé un bref instant dans une cécité pénible. Un éclair de pensée, lui éfleurant l'esprit, s'enflammant une fois reconnu, puis emporté de nouveau au loin...bon sang! il aurait du tirer le signal d'alarme, et elle aussi...

Trop tard. Trois ans ne lui avaient apporté qu'un vide encore grandi. Quelque part dans le pays il y avait une jeune femme télépathe et le contact avec son cerveau avait été doux. Il n'avait pas eu le temps d'en apprendre davantage....

Une société télépathique aurait été plus rationnelle. Quand on pourrait sentir et guérir la moindre blessures d'une âmes d'enfant...quand le lourd fardeau de la culpabilité pourrait être déposé, parce que chacun saurait que tous avaient fait la même chose...quand les hommes ne pourraient pas tuer, parce que le soldat ou l'assassin sentiraient mourir sa victime...

.... Adam et éve? On ne peut pas faire une race saine à partir de deux êtres_ mais si nous avions des enfants télépathes, alors nous pourrions en étudier l'hérédité et le don serait logiquement transmis aux autres courants sanguins et à chaque génération ils seraient plus nombreux de notre espèce jusqu'à ce que nous puissions nous montrer ouvertement et même les sourds de l'esprit pourraient recevoir l'aide de nos psychiatres et de nos prêtres et la terre serait belle et propre et saine....

..... alors peut être vaut il mieux être chien qu'homme? non surement pas car si l'homme connait plus de peines il connait aussi plus de joies et il en est ainsi des télépathes: plus facilement blessés oui mais (seigneur) penser aux sourds de l'esprit toujours emmurés dans leur solitude et penser au partage non seulement d'un baiser mais d'une âme avec la bien aimée....Alyz17

..... Voyons à présent l'intégrale de log X dX eh bien faisons une substitution supposons que nous appelions Y l'égale  de log X tiens c'est interessant je me demande qui a dit qu'Euclide avait contemplé la beauté dans sa nudité...

Soudain, la cigarette de Kane lui tomba des lévres. Il lui semblait que le battement forcené de son coeur allait noyer la double pensée qui se répendait dans son cerveau : la pensée d'un étudiant en physique, d'un jeune homme trés ordinaire sauf qu'il était totalement perdu dans la satisafaction primitive de réssoudre un problème, et la pensée d'une autre, de celle qui écoutait.

... Elle...

Il vacillait, les yeux clos, respirant durement...

...êtes vous là? êtes vous là?...

...n'ose pas croire : qu'est ce que j'éprouve?...

...j'étais l'homme du train...

...j'étais la femme...

Un frisson d'union.

- "hé là! monsieur, cela ne va pas?"

Kane faillit gronder. Sa pensée à elle si lointaine, a peine discernable, il n'obtenait que des mots sous vocalisés, rien d'elle même, et cet importun....

" non merci, tout va bien, seulement un peu essouflé."

...ou êtes vous? ou puis je vous trouver, ma chérie? ...

...image d'un grand batiment blanc: juste ici je suis assise sur le banc dehors et venez vite je vous en prie soyez ici je n'aurais jamais cru que cela pût être réel...

Kane prit le pas de course. Pour la première fois depuis 15 ans il ne faisait pas attention aux humains qui l'entouraient, il courait vers elle, et elle courait aussi.

...Je m'apelle norman kane et ce n'est pas mon nom de naissance je l'ai pris à des gens qui m'ont adopté parce que je me suis enfui de chez mon père (affreux comme maman est morte dans les tènèbres et il n'a pas voulu qu'elle ait des calmants malgré son cancer et il disait que les drogues c'était le péché et que la douleur est bonne pour l'âme et il y croyait sincérement) et quand mon pouvoir est apparu au début j'ai fait des erreurs et il m'a battu en disant que c'était de la sorcellerie et j'ai cherché toute ma vie durant depuis et je suis écrivain mais seulement parce qu'il faut vivre mais ce n'était pas la vie jusqu'a maintenant....

.....ô mon pauvre nien aimé (j'ai eu plus de chance) en moi le pouvoir a mis plus longtemp a se manifester et j'ai appris à le cacher et j'ai 20 ans et je viens étudier ici mais que sont les livres maintenant...

Il la voyait, a présent. Elle n'atait pas belle selon le terme courant, mais elle n'était pas laide, et il y avait de la bonté dans ses yeux et dans la courbes de ses lêvres.

...Comment vous appellerai je? Pour moi vous serez toujours vous mais il faut un nom pour les sourds de l'esprit et j'ai une maison à la campagne parmi les vieux arbres et les rares voisins sont de bonnes gens aussi aimables que la vie le leur permet...

.....alors laissez moi y aller avec vous Et que je n'en parle plus jamais...

Ils arrivèrent l'un vers l'autre et se tinrent à un pas de distance. Pas besoin de baiser ni même de serrement demains...pas encore. Ce furent leurs esprits qui bondirent et ne firent qu'un.

Alyz10

...A l'age de trois ans je buvais l'eau de la cuvette des cabinets cela avait une fascination spéciale pour moi et je vollais de la monnaie a ma mère bien qu'elle eut bien peu d'argent afin d'aller manger de la glace au drug store et j'ai évité la conscription et il y a des seletés avec les femmes....

...Quand j'étais petite je n'aimais pas beaucoup ma grand mère bien qu'elle me chérit et un fois je lui ai joué ce méchant tour et à l'age de seize ans j'ai fait une bétise énorme de la façon suivante et je suis restée physiquement chate surtout par peur mais mes expériences par personnes interposées se chiffrent pas milliers...

Des yeux obsèrvèrent d'autres yeux avec horreur.

...ce n'est pas que vous ayez péché car je sais que chacun a fait de même ou l'aurait fait avec notre don et je sais aussi que ce n'est rien de grave ni d'anormal et naturellement vous avez de bon instincts et vous avez honte...

....oui mais c'est que vous savez ce que j'ai fait et vous connaissez le moindre désir et la moindre pensée et la moindre saleté enfouie et en haut de ma tête je sais que cela ne signifie rien mais au dessous il y a tout ca qu'on m'a inculqué quand j'etais enfant et je n'avouerai à PERSONNE que de telles choses existent en MOI...

Une voiture passa. Les arbres murmuraient à la brise légére.

Dans l'allée un garçon et une fille passèrent, la main dans la main.

La pensée resta suspendue froidement sous le ciel, une pensée unique en deux esprits.

...allez vous en de moi-je vous deteste.

"journey's end", 1956

31 août 2007

La révolution des poupées....

ningyo

En 1932, le juif allemand Hans Bellmer réalise "une fille artificielle aux multiples possibilités anatomiques" qu'il plie dans tous les sens comme une poupée sexuelle polymorphe, un symbole de la résistance à l'ordre  (nazi, entre autres) par "la perversion". En 1965, l'homosexuel japonais Simon Yotsuya découvre une photo de cette étrange oeuvre d'art et décide de créer la sienne, inaugurant le phénomène le plus bizarre du japon: l'amour des kansetsu ningyo, les "poupées articulées".

Des milliers de femmes apprennent à fabriquer ces clones, qu'elles mettent en scéne comme des doubles pervers. Visages graves, bouches équivoques, long yeux aux regards troubles: les poupées parodient le statut de la femme-objet avec d'inquiétantes expressions....

On les apelle, ningyo parce que ce mot qui signifie poupée, peut aussi se comprendre, prononcé différemment, sirène, créature maritime maléfique.

"Les poupées ne sont pas vivantes, elles n'ont pas de morale humaine, dit simon. C'est pourquoi elles ont l'air si étranges et dangereuses."

Dans un article consacré aux poupées, la journaliste Junquo Nimura explique: "longtemps, les poupées ont été des outils de cérémonie ou de magie. Sacrifiées, offertes, elles étaient fabriquées dans le seul but de chasser les mauvais esprits. Elles inspiraient l'horreur ou la vénération. Même quand, à l'époque moderne, on a fait des jouets, elles ont gardé leur pouvoir de suggestion." Avec leur corps en mue-torse nubile, sexe fendu- ces tentatrices évoquent les femmes des contes d'horreur, qui peuvent changer de forme pour séduire et tuer. Contorsionnées, démantelées, elles se transforment en corps sans têtes, aux quatre jambes imbriquées sur un ventre unique comme des araignées cannibales, ou se métamophosent en soeurs siamoises et incestueuses. Ce sont les doubles ambigus de la nouvelle génération, qui bouleversent sans bruit l'ordre établi: "nous ne sommes plus des jouets!".

poup_esEt pour cause: ce sont des oeuvres d'art marquées par la révolte. 85% des jeunes filles se disent révoltées au Japon. Soumises pendant des siècles à l'ésthétique de la marionnette, beaucoup de japonaises se rasent encore le duvet du visage...mais sous leur peau trop lisse, la rage couve.

"Ma poupée, c'est moi" raconte Hiroko Ishiyama, qui a créé sur internet le site "ma solitude" pour mieux faire passer le message: elle est seul avec ses poupées qui sont les multiples et sulfureuses incarnations d'elle même. Il y a comme un défi dans cette affirmation véhémente de l'ego. Affirmation reprise en choeur par toutes les créatrices:"les poupées me permettent d'exprimer mes désirs, mes attentes et mes émotions", dit Chian Ono, qui modèle des courtisanes sensuelles et solitaire. Mêmes discours chez Marino:"la poupée, c'est mon autre moi", ou chez Bee Kanno, qui proclame :"les poupées expriment qui je suis. A travers elles, je me retrouve."

Fabriquer des poupées, c'est saper le système, car les ningyo sont non seulement perverses mais révolutionnaires: elles incarnent le Moi, une valeur nouvelle au japon. "Ces dernières années, les mots d'ordre d'un individualisme hédoniste et narcissique ont le vent en poupe, raconte Anne Garrigue, sociologue:"soyez vous mêmes", "profitez de la vie".

"La quète identitaire des japonaises s'inscrit dans un mouvement de montée de nouvelles valeurs: égo-oriented".

" J'ai lu le livre Pygmalionism à 19 ans, explique Yoshiko Hori. Dedans l'auteur dit que créer des poupées, c'est devenir Dieu, briser un tabou." Sacrilège!! Yoshiko nomme ses créations iki-ningyo, "poupées vivantes" par allusion aux iki-hana, ces "fleurs vivantes" et éphémères qui désignent les femmes dans la poèsie ancienne. L'angoisse de la mort exhortait Ronsard à "cueillir les fleurs de la vie" dans la France galante du XVIe siècle. Au Japon, elle pousse les femmes de maintenant à fabriquer des poupées-sortilèges, qu'elles chargent de leurs désirs.......

pix: ryo yoshida

texte de Agnes Giard tiré de "l'imaginaire erotique au japon"

13 février 2007

hell....

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"On vit...comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort.
Encore et encore. Et encore...Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : On mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt.
On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on les réalise jamais et on est frustré pour l'éternité, soit on y parvient et on se rend compte qu'on sen fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée.
Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège.
Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon on presserait la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle...
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut...

On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident. On prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ca fait peur aux parents des gênes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point-là, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaie de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste parce-qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air et si peu pour ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui comptent vraiment justement. Les limites s'estompent.


On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du coeur, on va en boîtes plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre repertoire qu'on apelle jamais. On est la Jeunesse Dorée.
Et on n'a pas le droit de s'en plaindre parce-que à ce qu'il paraît, on a tout pour être heureux."


"Hell" de Lolita Pille

9 novembre 2006

AU DEFAUT DU SILENCE....

alyz28Je me suis enfermé dans mon amour, je rêve.

Qui de nous deux inventera l'autre?

Visage perceur de murailles.

Ta chevelure d'oranges dans le vide du monde

Dans le vide des vitres lourdes de silence

Et d'ombres où mes mains nues cherchent tous les reflets.

La forme de ton coeur est chimérique

Et ton amour ressemble à mon désir perdu.

O soupirs d'ambre, rêves, regards.

Mais tu n'as pas toujours été avec moi, ma mémoire est encore obscurcie de t'avoir vu venir

Et partir. Le temps se sert de mots comme l'amour.

Elle m'aimait pour m'oublier, elle vivait pour mourir.

Dans les plus sombres yeux, se ferment les plus clairs.

Les lumières dictées à la lumière constante et pauvre passent avec moi toutes les écluses de la vie. Je reconnais les femmes à fleur de leurs cheveux, de leur poitrine et de leurs mains. Elle ont oublié le printemps, elles pâlissent à perte d'haleine.

Et toi, tu te dissimulais comme une épée dans la déroute, tu t'immobilisais, orgueil, sur le large visage de quelques dèesse méprisante et masquée. Toute brillante d'amour, tu fascinais l'univers ignorant.

Je t'ai saisie et depuis, ivre de larmes, je baise partout pout toi l'espace abandonné.

PAUL ELUARD

14 novembre 2006

CONFESSION D'UN BABYBOOMER

ardiExtrait du livre de ardisson et de philippe meyer a propos de son troisieme roman:

Ardisson: le pitch de rive droite, c'est un mec qui tombe dans la dope. Il s'en sort en devenant ultranormal. . Aussi ultranormal qu'il avait été anormal. Et il tue des junkies.

Philippe meyer: et la citation de sénèque qui ouvre le roman "de tous les vices, le pire est l'excés de vertu", elle n'est pas sourcée. elle vient d'ou?

Ardisson: De moi, elle est fausse. Cest du bidon. C'est une maxime que j'ai inventé pour me foutre de la gueule des gens qui parlent que par citations. Et ca a marcher.

J'adore ce mec...........

17 octobre 2006

FESSES........sonnet du trou du cul

FESSES              L'IDOLE

SONNET DU TROU DU CUL

Obscur et foncé comme un oeillet violet,

il respire, humblement tapi parmi la mousse

humide encor d'amour qui suit la fuite douce

des fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait

ont pleuré sous le vent cruel qui les repousse

a travers de petits caillots de marne rousse

pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;

mon âme, du coït materiel jalouse,

en fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée, et la flute câline,

c'est le tube où descend la celeste praline:

chanaan féminin dans les moiteurs enclos!

RIMBAUD

Et oui seul rimbaud peut melanger poesie et scato.........................

3 novembre 2006

la drogue A.

drogue_aOn la recherche tous, mais en ayant peur.

Peur de ce que l'on pourrait éprouver, ressentir, faire..... devenir accroc a la drogue A., ça arrive trop vite...

c'est notre cachet relaxant quand on est fatiguer le soir, des bras, l'odeur des cheveux et elle fait son effet, apaisante.....

C'est notre cocaine, celle qui nous fait devenir performant, qui nous aide a faire face a ce monde....

C'est notre shit, notre exsta, celle qui nous fait rever, nous fait devenir quelqu'un d'autre, qui nous permet de rever a l'avenir.....

C'est la drogue qui nous pourrit la vie, nous isole du reste du monde, nous promet des debuts fantastique......et apres c'est elle qui hante nos nuits et organise nos jours.

Certain essaye le sexe, simple metadone pour ceux en manque d'A.

On essaye d'autres drogues, mais on se voilent la face, tout le monde veut sa dose et devenir comme les autres, dependant de l'A., prendre son fix d'A. tous les jours, toutes les heures, jusqu'a la fin...

Pouvoir réver que l'A. qui a accompagner notre vie, accompagne aussi notre fin.....

Ahhhh  l'A.

S.

6 août 2006

plus sa change.......

3897711_sm juste des impressions, cette aprem, en zappant inlassablement, mon oeil curieux s'arrete sur une emission d'arte (au passage on remarque que je me suis arreter sur arte, chaine reconnus hautement culturel.....), et la le choc! une emission entière consacré a la télé de ma jeunesse, les années 80 (pour ceux qui connaissent pas mon age , ben d'apres les statistiques jui plus depuis longtemps dans la tranche des jeunes......)

emission interressante, moult souvenirs plus ou moins enfouis remonte a la surface, un revival, la madeleine de proust, ma petite vie d'alors revient a la surface......

Mais apres l'emission on s'apercoit que plus sa change et plus tout reste pareil, politique de merde, idées de merdes, les gens ne deviennent pas intelleligent avec le temps, ptete meme plutot l'inverse, comme la télé icone moderne par excellence, nous renvois l'image d'un monde materialiste et stupide, je suis pas deprimer, demoraliser, c'est juste un constat qui me conforte dans ma façon de vivre

du coup je vais aller me faire un buz, et si vous etes d'accord ou pas, pouvez le dire ou pas, c'est vous qui voyez

25 juin 2006

suite.....

image524oula stop, je suis pas un fan du bondage, mais j'adore le dessiner, ca me permet de torturer les corp a volonter avec mon crayons (hé hé)

et oui le dessin ca permet de se lacher...........

d'imaginer ce que l'on ne ferat jamais dans la vie, ce que l'on a meme pas envie de faire......

les limites de l'imagination, quelle limites........

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