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sammael world
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30 janvier 2013

les moines dansant....

 

 

 

http://videos.france5.fr/video/iLyROoafYZUm.html


adresse de la video et du reportage....

1458174_5_9ef9_les-novices-du-satra-d-uttar-kamalabari

 

Chef opérateur son : L.MALAN - VIA DECOUVERTES Production - www.viadecouvertes.fr" />

 

 

Sur une mappemonde, c'est la plus grande île fluviale de la planète. De visu, Majuli a surtout des allures de bastion assiégé. Plantée au beau milieu du Brahmapoutre, dans l'État indien de l'Assam, elle se présente au voyageur comme une fragile bande de terre, ceinturée de blocs de ciment et de maigres échafaudages en bambou, lignes Maginot dérisoires, censées la protéger des assauts du fleuve.

Depuis qu'un séisme a relevé le niveau des eaux en 1950, les crues emportent à chaque mousson des pans entiers de l'île. À une vitesse alarmante : près des deux tiers de sa surface ont été engloutis. Elle n'est plus aujourd'hui que de 400 km2. En jeu, plus qu'un bout de terre perdu aux confins orientaux de la péninsule indienne.

Car Majuli constitue le berceau d'une tradition religieuse unique en Inde : les satras, des monastères hindous vénérant le dieu Vishnou, et son principal avatar, Krishna. Là vivent les bhakats, des moines paysans et artistes, qui célèbrent leur dieu par le chant, la musique, la danse et le théâtre, dans des drames qui mettent en scène le Mahabharata et le Ramayana, les deux grandes épopées de l'hindouisme.

Apparu sur les rives de Majuli au XVe siècle, l'ordre a été fondé par un poète, musicien et dramaturge, Sankaradeva. L'homme avait compris le pouvoir de l'image, et mis le théâtre et la danse au service de l'éveil spirituel d'une population qui, majoritairement analphabète, n'avait pas accès aux grands textes religieux.

L'île compte aujourd'hui vingt-deux monastères, dont celui d'Uttar Kamalabari, où vivent près de deux cents moines. Tous y sont entrés au seuil de l'enfance, confiés par des parents trop pauvres pour pouvoir les nourrir et les éduquer, mais aussi parfois par des familles plus aisées, qui voyaient là un moyen de s'attirer les bonnes grâces de Vishnou. Les plus jeunes moines sont âgés de 5 ans. A leur arrivée, ils intègrent une sorte de cellule familiale reconstituée, cohabitant sous le même toit avec plusieurs moines de générations différentes. Quand ils atteindront l'âge adulte, ils devront à leur tour s'occuper d'un novice et veiller sur les moines plus âgés qui les ont élevés. Il faut une quinzaine d'années aux novices pour maîtriser les arts enseignés au satra.

À 12 ans, Rajan n'en est déjà plus un. Le corps du garçonnet se plie avec l'élasticité d'un contorsionniste. Chaque jour obéit à un rituel immuable. Après l'école, Rajan s'entraîne, répétant inlassablement des exercices d'assouplissement, travaillant ses pas de danse, les positions de ses mains et de ses jambes, habité par une grande intransigeance perfectionniste. Vêtus de blanc, cheveux longs ramenés en chignon, visage et torse imberbes, les moines cultivent tous une apparence androgyne, dans un saisissant mimétisme avec Krishna, divin musicien traditionnellement représenté sous des traits féminins, qui séduisait les vachères au son de sa flûte.

Au-delà d'une simple ressemblance avec Krishna, l'allure des moines tient aussi à une certaine conception de la foi. Elle repose sur la bhakti, l'amour dévotionnel, qui fait d'eux les épouses du dieu. D'où leur voeu de célibat. Un engagement toutefois moins contraignant que sous les latitudes occidentales. Il ne lie pas les moines à vie, ces derniers étant libres d'y renoncer s'ils souhaitent un jour quitter le monastère et se marier.

Le fondateur de l'ordre, Sankaradeva, avait d'ailleurs lui-même pris une épouse, voyant dans le célibat imposé une exigence par trop difficile. C'est son plus proche disciple, Madhavadeva, qui en fit une règle. Aujourd'hui, deux traditions coexistent sur l'île, celle des satras composés d'hommes célibataires, et celles des satras habités par des familles, dont chaque membre, hommes, femmes et enfants, ont le statut de moine.

Le temps infuse lentement dans le satra d'Uttar Kamalabari, au rythme des travaux des champs, de la pratique artistique quotidienne, et des parties de cricket improvisées entre novices à la tombée du jour. De la musique avant toute chose. Chaque geste, jusqu'au plus trivial, est emprunt d'une grâce devenue une seconde nature dans ces corps façonnés par la danse dès le plus jeune âge, chaque tâche est accompagnée de chants fredonnés presque inconsciemment.

Une profonde quiétude enveloppe l'existence des moines, au demeurant spartiate. Largement autosuffisante, elle repose sur la culture de quelques rizières possédées par le monastère et sur l'exploitation d'un bassin de poissons, assorti de potagers plantés derrière les cellules. Le calme des lieux est à peine troublé par le bruit de quelques postes de télévision ou les sonneries des téléphones portables.

Grand exercice d'équilibrisme en terre monacale : prendre pied dans la modernité, sans rien abdiquer des traditions ancestrales. "J'appartiens à la fois au passé et au présent", résume Jadumoni, accroupi au coin du feu, faisant chauffer le thé tout en jouant avec son téléphone. Pour l'heure, le pari est réussi.

L'art des satras est resté longtemps inconnu hors des frontières de l'Assam. Rattaché à l'Inde depuis 1948, ce bout de territoire enclavé aux frontières de la Chine, de la Birmanie et du Bhoutan, relié au reste du pays seulement par un étroit corridor de terre, est resté un État peu développé, oublié de Delhi, la capitale, pourtant à trois heures de vol seulement. À l'exception de quelques grandes villes comme Guwahati, le chef-lieu, métropole polluée et surpeuplée, à l'urbanisme anarchique et lépreux, l'Assam se déploie en vastes campagnes, tapissées de rizières et de plantations de thé à perte de vue, héritées des Anglais, qui firent de ces contrées lointaines leur grenier à thé au temps de l'empire des Indes.

Depuis quelques années toutefois, les satras, reconnus en 2001 par le gouvernement indien comme les dépositaires de l'un des grands arts du spectacle traditionnel indien, ont vu leur renommée dépasser le cadre de l'Assam et même franchir les mers. Les moines d'Uttar Kamalabari se produisent lors de festivals religieux à travers toute l'Inde, quant ils ne voient pas débarquer des touristes étrangers dans leur monastère.

Pour eux, les bhakats exécutent un aperçu de leur répertoire, le Gayan Bayan, un mélange de danse, de chant, et de percussions. Il est joué traditionnellement en prélude à la représentation des drames, pour enflammer l'audience. Les moines, aux atours d'ordinaire si simples, se muent alors en baladins magnifiques, le temps d'une partition aux accents entêtants, où pas aériens sont combinés aux mudras, un répertoire gestuel complexe, au son des tambours et des cymbales.

Au-delà de ses manifestations artistiques, la portée des satras dépasse le cadre d'un simple dogme religieux. Philosophe humaniste et visionnaire, Sankaradeva développa une doctrine professant le rejet du système de castes, l'égalité entre les hommes, et entre hommes et femmes, la non-violence et la tolérance religieuse. Un programme révolutionnaire pour le XVe siècle, qui reste un exemple édifiant dans le sous-continent indien du XXIe siècle, plus habitué aux violences religieuses et aux poussées de fièvres inter-ethniques.

La doctrine progressiste de Sankaradeva connut une popularité immédiate. Elle parut à l'époque si dangereuse aux souverains Ahom, la dynastie d'origine birmane qui régna sur l'Assam du XIIIe au XIXe siècle, qu'ils l'escamotèrent prestement. Ils récupérèrent le mouvement en finançant la construction de nombreux satras, qui, sous leur patronage, gommèrent les idées subversives de Sankaradeva. Le néo-vishnouisme connut alors un schisme, une branche restant fidèle aux idéaux de Sankaradeva, l'autre renouant avec l'orthodoxie brahmanique, fondée sur le système des castes.

Aujourd'hui encore, ces deux courants coexistent à Majuli. Dans le satra d'Uttar Kamalabari, qui obéit à la doctrine du sage, le namghar, le temple où les moines prient et jouent leurs spectacles, est ouvert à tous, hindous, musulmans, chrétiens, animistes, jusqu'aux parias de la société indienne, les intouchables.

L'Assam compte 665 monastères, mais c'est Majuli qui conserve leur tradition sous sa forme la plus rigoureuse. Lieu saint du vishnouisme, l'île accueille chaque année des dizaines de milliers de pèlerins venus de toute l'Inde. Mais alors qu'elle se réduit comme peau de chagrin, plusieurs satras sont menacés de disparition. Malgré la reconnaissance officielle dont jouissent les monastères, ils restent bien loin des priorités de Delhi.

Au manque de volonté politique se mêle la corruption des édiles locaux, entre les mains desquels se sont évaporés les quelques crédits alloués à la protection des rives de Majuli. Les habitants de l'île, eux, voient avec une impuissance résignée leur île sombrer. Et avec elle, un pan unique de la culture indienne

L'Assam

L'écrivain indien Sanjoy Hazarika a pu définir l'Assam comme "un rêve pour un anthropologue, et un cauchemar pour un administrateur". Plus de trente-cinq ethnies y cohabitent dans un équilibre précaire. Depuis une trentaine d'années, les guérillas indépendantistes prospèrent, leurs revendications identitaires sont attisées par la crainte de voir leur culture disparaître sous la pression d'une immigration massive venue du Bangladesh, attirée par la fertilité des terres.

Vishnou L'une des trois grandes divinités du panthéon hindou, il est le deuxième dieu de la trimurti – la trinité hindoue – avec Brahma, le créateur, et Shiva, le destructeur. Vishnou représente la conservation, les forces par lesquelles se maintient et évolue l'univers. C'est une divinité de vie-mort-renaissance.

 

 

 

 

 

 

 

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16 octobre 2012

les vies antérieures............

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Avant, j'étais comme beaucoup de gens : je connaissais bien ces impressions fugitives de déjà-vu, un lieu inconnu et pourtant étrangement familier, un visage ou un regard qui nous happe singulièrement... mais la chose à vrai dire me laissait sceptique. Ces soit disant existences passées, pourquoi n'en garde-t-on aucun souvenir, qu'est-ce que c'est que ces élucubrations ?

Mais depuis, bien des choses on changé, ma compréhension s'est élargie, et je propose ici de partager le fruit de mes découvertes. Voici quelques infos à retenir !

 

Le phénomène des vie antérieures me paraît complètement valide et agissant et il s'est avéré être une excellente 'terra incognita' à explorer. Il me paraît aussi être extraordinairement complexe, et je suis sans doute loin d'en avoir saisi toutes les lois.

 

Cependant, voici quelques pistes pour partir à la recherche de nos vies antérieures :

1. S'observer sois-même et faire marcher son imagination. Partir du principe que toute notre personne est totalement imprégnée par la sommes de toutes ces vies vécues et que cela explique bien des facettes de notre 'caractère'.

Voici des exemples vraiment pèle mêle, mais c'est l'idée :

  • *être particulièrement doué pour un métier, un art, un sport, un instrument de musique, une matière intellectuelle... = avoir eu ses potentialité déjà actives dans une ou plusieurs vies précédentes ce qui fait qu'on a des 'facilités'.
  • *Se sentir décidément bien dans certains types de lieu ou d'ambiance, spontanément et sans raison particulière : avoir eu des moments heureux dans de tels lieux ou lors de circonstances analogues dans des existences antérieures
  • *Aimer de suite ou détester de suite une personne, sans aucune raison valable, c'est plus fort que tout = on a effectivement connu ces personnes, et souvent pour un grand nombre d'incarnations, et on est un peu dans le cas de figure : ami ou ennemi ?
  • *Avoir des peurs infondées et tenaces de choses et d'autres, bestioles, armes, situations critiques, et même sur des manières de mourir = on a effectivement vécu de tels moments sombres et douloureux qui ont encore des échos en nous.
  • *Apprécier telle époque historique plutôt qu'une autre, se sentir attiré par une période du passé proche ou lointain : certitude qu'on y a effectivement vécu.

Cette phase initiale est un puits sans fond, et sera toujours pleine de surprises !

2. Observer son environnement : prendre conscience qu'on a totalement choisi notre vie présente et sa configuration. Voir en quoi le choix de la parenté peut être parlant, par exemple être le reflet du parent que nous avons été dans d'autres existences. De même, l'enfant, l'amoureux, le conjoint, le meilleur ami, le collègue de travail et même parfois le voisin de palier ou la boulangère du coin : grande probabilité qu'on ai connu tous ces gens dans d'autres vies, avec des configurations multiples et d'une immense variété. Bref, on s'incarne souvent 'par paquet' sur de longs cycles d'existences, alors, on se croise en permanence ! Ainsi se tisse le karma...

3. Observer ses rêves. C'est bon signe de rêver. Si tu ne rêves jamais, alors, demande de faire un rêve. Si le rêve qui viendra alors est un rêve sombre et flippant = a priori, c'est qu'on est coincé dans une expérience traumatique vécu réellement lors d'une récente vie. La bonne nouvelle c'est qu'on peut passer cet obstacle sitôt qu'on en est conscient. Si les rêves sont bien fournis, observer des trames de vies antérieures dispersées ça et là parfois jusque dans des petits détails. Les rêves sont à mon sens une excellente source de traces des vies passées et pourquoi pas futures !

4. Provoquer le destin et demander d'avoir des pistes de ses vies antérieures, à travers des signes apparaissant dans la vie quotidienne. On serait surpris de voir comment ça marche bien si on le veut vraiment, si on ose réellement demander de tels signes. Un exemple perso juste pour illustrer l'idée : penser et sentir qu'on a pu être asiatique dans une ou plusieurs autres vies et voir à ce moment là dans sa vie actuelle pleins de synchronicités avec l'Asie, la Chine, des asiats... ça n’arrête pas !

5. Ne pas hésiter à utiliser l'hypnose et tenter (entre autre) des régressions dans ce passé oublié : un bon hypnothérapeute est un allié très utile !

6. Quelques rares personnes sur cette terre ont eu un phénomène très particulier : ils revivent de façon consciente l'intégralité de leur vies antérieures. Ils revivent mille morts mais cela leur ouvre la porte de la nature multidimensionnelle de l'être humain. Nous sommes tous des bouddhas en puissance !: )

7. Ne pas être étonné si on abouti à la conclusion qu'on a pu s'incarner sur une autre planète, c'est en effet extrêmement fréquent. La planète Terre est loin d'être le 5 étoiles de l'Univers !

 Aujourd'hui je vous propose de partir à la recherche de vous-même au travers ce formidable outil qu'est la mémoire de notre âme.
Retrouver ses vies antérieures n'est pas facile. En-dehors des cas où il nous est nécessaire de revoir certaines choses, le voile qui couvre nos souvenirs reste souvent si bien en place qu'on croirait une barrière.
Eh bien, il arrive qu'effectivement certains souvenirs ne puissent nous être accessibles en raison de leur nature. Ils pourraient nous blesser plutôt que de nous aider à avancer.
Ce n'est évidemment pas ce type de souvenirs que je me propose de vous aider à récupérer. Le rituel que je mets à votre disposition ici est doux et sans danger car il n'a pas vocation à briser les barrières protectrices imposées par l'âme.
Vous ne retrouverez que des éléments qui vous permetrront de comprendre votre cheminement actuel de manière à pouvoir dénouer certains blocages énergétiques, et ainsi avancer plus facilement. Car il n'est pas nécessaire selon moi de passer son temps à souffrir de répéter inlassablement les mêmes schémas sans comprendre pourquoi, quel est l'enseignement qu'il nous faut tirer d'une situation.
Moi par exemple je fais partie des personnes qui ont pris des engagements avant de s'incarner. Si je n'avais pas été aidé par mon âme dans la compréhension de ceci, je serais encore à me poser bien des questions sur certains plans de ma vie actuelle. Mais je dois ajouter une chose, j'ai également reçu de l'aide pour décrypter certains messages. Et si tout le monde peut en recevoir, tout le monde ne le perçoit pas de manière directe, comme moi qui communique avec mon guide spirituel par exemple.
Aussi, voilà un moyen d'obtenir une information et surtout ensuite, la compréhension de celle-ci.

[i][b]Vous aurez besoin d'encens de rose ou de jasmin, de cristal de roche et d'une belle obsidienne noire ( pas toute petite ! ).
Le rituel se fait en trois temps. Tout d'abord, il faut vous mettre en condition, vous préparer spirituellement à vous ouvrir à votre âme. Ceux d'entre vous dont le canal interne est ouvert n'auront pas de difficulté, pour les autres, il faudra peut-être s'y reprendre à plusieurs fois.
Ensuite, il vous faudra vous habituer à recevoir des informations que vous n'aurez pas forcément demandées. Vous ne verrez pas ce que vous voudrez. Seulement ce dont vous aurez besoin et puisque le canal vers votre mémoire sera ouvert, votre âme en profitera pour vous obliger à faire quelques réajustements dans votre vie actuelle en mettant l'accent sur certaines de vos erreurs passées de cette présente existence.
Enfin, une fois que ce travail préparatoire sera achevé, et si vous le désirez encore, vous pourrez vous mettre en condition pour la réception.


Vous le voyez donc, ce n'est pas léger. C'est sans danger pourtant, mais la vérité est qu'il faut élever son taux vibratoire pour réaliser une telle opération. Alors il vaut mieux le faire bien. Je vous conseille de bien respecter chaque étape.
Au moment que vous jugerez le plus opportun, faîtes brûler l'encens de rose ( de préférence mais il s'agit d'en trouver ) ou de jasmin. Placez-vous ( allongé ou assis, comme vous voudrez mais assis serait mieux ) non loin de l'encensoir et fermez-les yeux.
Demandez à la Déesse de vous bénir et de vous protéger tandis que les vapeurs d'encens emplissent doucement la pièce. Faîtes-lui part de votre désir de vous comprendre mieux vous-même, de vous connaître et demandez-lui de vous aider à vous connecter à votre âme.
Ensuite, restez ainsi, les yeux fermés et laissez les images ou les idées défiler dans votre tête. Quand vous en aurez envie, ouvrez les yeux, quittez la pièce, mais laissez l'encens brûler, se consumer ( sauf si vous devez quitter la maison, on est d'accord ! ).
Le lendemain, munissez-vous du cristal de roche ( vous pouvez en utiliser jusqu'à trois si vous le souhaitez ) et allongez-vous. Gardez la ou les pierres en main. Il est temps de méditer. Vous allez vous concentrer sur le premier souci qui vous viendra en tête et rester dessus jusqu'à ce qu'il vous paraisse finalement moins énorme et complexe que vous ne le voyez.
A ce moment-là, respirez un bon coup, les yeux toujours clos, et visualisez une belle boule de lumière blanche ou sombre, faîtes selon ce que vous préférez ( ça viendra tout seul ) et regardez-la vous absorber. Mais tout va bien, vous n'avez pas de crainte. D'ailleurs, vous vous sentez bien. Restez ainsi le temps que vous voudrez, vous saurez quand rouvrir les yeux. Tout se sera dissipé alors, dans la douceur et au sortir de cette étape, vous aurez la sensation d'avoir fait une sieste.
Si vous n'êtes pas parvenu à vous laisser absorber par la boule de lumière, recommencer le lendemain ou le jour d'après. Mais pas tout de suite. Il vous faut encore un peu de préparation. Vous pouvez alors répéter la première étape sans restez devant l'encensoir cette fois. Laissez simplement l'encens se consumer tandis que vous évoluerez dans la maison. 


Si tout s'est bien déroulé, le lendemain, munissez-vous de l'obsidienne. Pas mouchetée, ( trop faible ) pas oeil céleste ou arc-en-ciel, ( trop puissante ) mais noire !
Allongez-vous une nouvelle fois et gardez la pierre bien en main. D'entrée, vous saurez si vous êtes à l'aise ou pas. Si ce n'est pas le cas, arrêtez là. C'est que vous n'êtes pas prêt, il vaut mieux attendre encore trois jours, sans nouvelle préparation, pour poursuivre le rituel.
Si tout va bien, fermez les yeux et faîtes le vide de votre esprit. Prenez le temps qu'il faut. Quand vous y serez parvenu, vous ressentirez un bien-être intérieur, une plénitude qui vous indiquera que vous êtes parvenu à vous rapprocher du Coeur de votre Etre. Quand vous le souhaiterez, ouvrez les yeux.
Dans les jours qui suivront, vous devriez retrouver vos premiers souvenirs. Vous serez également amené à comprendre pourquoi ceux-là et surtout ce que vous pouvez en tirer pour comprendre votre situation actuelle.
Par contre, le canal ouvert ne se refermera pas. Vous resterez en contact avec votre âme, ce qui est plutôt une bonne chose.

 

http://www.clairvision.org/francais/regression-therapie-des-vies-anterieures-pour-une-liberation-ici-et-maintenant.html

un lien a étudier et a lire pour s'informer......je vous met ici un court extrait mais je vous invite a lire et étudier le texte complet .....

 

CHAPITRE 8

SE SOUVENIR DE SES VIES ANTÉRIEURES

8.1 Pourquoi ne se souvient-on pas de ses vies antérieures?

Avant d'examiner le mécanisme au moyen duquel il est possible de se souvenir de ses vies antérieures, examinons les raisons pour lesquelles la plupart des gens, dans les circonstances normales, sont incapables de s'en souvenir.

Il faut tout d'abord rappeler que la plupart des gens sont incapables de se souvenir de leurs rêves. Comment dans ces conditions pourrait-on attendre d'eux qu'ils soient capables de se souvenir de leurs vies antérieures? Fondamentalement, les raisons de cette incapacité sont les mêmes. Pour nous permettre de bien comprendre cette situation, récapitulons quelques détails d'anatomie subtile – la connaissance des corps subtils qui constituent l'être humain dans sa totalité.

 

    1. Chacun est familier avec le corps physique – celui que les chirurgiens peuvent ouvrir et couper. Comme il est constitué par les nourritures que nous absorbons, la tradition védantique l'a appelé anna–maya–kośa 'l'enveloppe-faite-de-nourriture'. 

 

    1. Au-delà du corps physique, se trouve le corps éthérique, constitué d'énergie vitale qui est le Qi de la médecine chinoise traditionnelle, et le prāṇa de la littérature sanskrite. Ceci explique le nom prāṇa–maya–kośa 'enveloppe faite de prāṇa' donné à cette couche dans les Védanta. Exactement comme l'eau imprègne une éponge, l'enveloppe de prāṇa ou corps éthérique, pénètre en totalité le corps physique. il s'étend d'ailleurs un peu au-delà des limites de ce corps physique.

 

Tant que vous êtes en vie, vos corps physiques et éthériques ne se séparent jamais. Il est par conséquent possible de considérer les deux comme formant une seule et même structure, que, pour notre propos, nous avons nommé le 'complexe inférieur'.

 

    1. Au-delà des corps physique et éthérique se trouve le corps astral, la couche de mental/manas ou esprit réagissant, dans laquelle se trouvent localisées nos émotions et la plupart de nos pensées. Comme nous l'avons vu précédemment, les samskaras ont leur siège dans le corps astral.

 

 

    1. L'Ego est au centre de tous les autres corps. Dans un stade ultérieur, lorsque je traiterai des processus alchimiques plus avancés je serais conduit à distinguer clairement l'Ego, le Moi et L'Esprit. Mais dans le contexte de ce livre, ces distinctions ne se révèleraient pas d'une grande utilité. Aussi, pour simplifier, nous pourrons considérer que les mots Ego (ou Ego supérieur), Moi (ou Moi supérieur) et Esprit sont en fait des synonymes et se réfèrent à la flamme immortelle qui est le centre de l'être humain.

 

Il est important de noter que le corps astral et l'Ego sont étroitement liés. On pourrait même dire que l'Ego est enchevêtré dans le tissu du corps astral. C'est pourquoi, lorsque vous fermez les yeux, à moins d'avoir suivi un cheminement d'évolution spirituelle, vous n'êtes pas capable de distinguer ce qui dans votre conscience vient du mental et ce qui appartient au Moi supérieur. Vous pouvez savoir, au moyen de votre intellect, que vous avez un Moi supérieur et que ce Moi est le support de votre conscience, comme un écran blanc sur lequel différents films sont projetés. Mais en pratique, le Moi est masqué par le mental/manas de telle sorte qu'il vous est impossible de vous connecter directement à sa lumière. Par conséquent, le premier objectif d'un cheminement spirituel est de séparer le Moi du corps astral.

Aussi longtemps que ceci ne se produira pas, pour citer une comparaison que l'on trouve souvent dans la littérature sanskrite, les deux restent mélangés comme l'eau et le lait dans le même verre. En conséquence, nous pouvons simplifier notre structure à quatre étages en la coupant en deux.

  • Un complexe supérieur [A], constitué du corps astral [2]et du Moi (Ego) [1], qui ne se sépareront pas tant que vous n'aurez pas 'trouvé votre Moi véritable (Ego)'

  • Un complexe inférieur [B], composé du corps éthérique [3] et du corps physique [4], qui ne se sépareront pas, tant que vous serez vivant.



8.2 Plein de trous comme une passoire ou une meule de gruyère

Qu'arrive-t-il quand vous dormez? Le complexe inférieur(corps physique + corps éthérique) restent dans votre lit pendant que le complexe supérieur (corps astral + Moi) s'en vont et voyagent dans différentes sphères. Les deux complexes restent reliés entre eux par ce que certains ouvrages ésotériques désignent sous le nom de corde d'argent. Ainsi, l'éveil et le sommeil correspondent à deux directions différentes prises par le corps astral. Pendant le jour, le corps astral connaît le monde physique par l'intermédiaire des sens du corps physique. Pendant la nuit, il se retire du corps physique et dirige ses activités en direction des différents mondes astraux avec, comme résultat, les rêves et autres états de conscience profonde. Quand il est temps de se réveiller, le corps astral quitte la sphère astrale et réintègre le corps physique.

La raison pour laquelle nous ne nous souvenons que difficilement de nos rêves et autres activités astrales nocturnes, c'est que dans le stade actuel du développement de l'être humain, le corps astral fuit comme une passoire. Il est plein de trous, comme une meule de gruyère. Pire encore, les ponts de communication entre le complexe inférieur (corps physique + corps éthérique) et le corps astral ne sont pas développés correctement. Aussi, même si le corps astral pouvait retenir quelque chose de ses expériences nocturnes, les souvenirs correspondants n'auraient que peu de chances de se frayer un chemin jusqu'à votre conscience éveillée.

Dans sa situation actuelle, le corps astral manque douloureusement de structure et encore plus d'unité. Il apparaît comme un tas de pièces détachées mal assorties. On pourrait le comparer à un puzzle dont les pièces ne s'adapteraient pas les unes aux autres. Chaque pièce du puzzle a ses propres samskaras et ses propres émotions, ses goûts et ses dégoûts. Chaque pièce correspond à une facette différente de votre personnalité. En termes de vies antérieures, chacune de ces pièces a été ajoutée à une période différente de votre passé, sous l'influence d'expériences intervenues dans des vies différentes.

En pratique, cela signifie qu'en tant qu'être psychologique, vous êtes composé de parties différentes ayant chacune son goût propre, son propre passé et ses propres désirs. Par exemple, une part de vous-même peut aimer la lecture d'ouvrages concernant la spiritualité alors qu'une autre partie est particulièrement attirée par les jeux de hasard et les paris sur les courses de chevaux et qu'une troisième aspire à des voyages autour du monde. Chacune de ces parties est l'un des multiples 'traits de caractère' qui constituent votre personnalité. Le terme 'caractère' est tout à fait approprié. En ancien grec, il signifiait une marque imprimée, gravée ou estampillée sur une pièce de monnaie ou un sceau. On parle également de caractère d'imprimerie. Cela correspond parfaitement au mécanisme que nous avons décrit concernant les samskaras. Dans ce contexte, nous pourrions définir un caractère comme une armée de samskaras imprimés sur une certaine partie du corps astral et s'efforçant chacun de satisfaire à tout prix ses propres désirs en fonction de son existence passée.

Le drame de l'existence est que chacun de ces samskaras travaille de façon purement égoïste et ne se préoccupe pas du tout de ce que veulent les autres parties. Par exemple, la partie qui adore les jeux de hasard et les paris se moque complètement de la sagesse décrite dans les livres que votre caractère spirituel accumule avec délice. Aussi, l'interaction de ces différents caractères va souvent vous mettre dans des situations douloureusement contradictoires. Chacun de ces caractères est comme un dictateur potentiel qui a pour seul objectif de s'emparer de votre vie et de la transformer en fonction de ses propres goûts et dégoûts. Par exemple, le 'lecteur' qui est en vous ne pensera qu'à transformer votre maison en une gigantesque librairie alors que le 'joueur' adorerait vous voir obtenir un job en tant que reporter sportif. Le seul intérêt commun partagé par chacun de ces caractères est d'annexer votre Moi autant que possible parce que si votre Moi devait reprendre les rênes, cela signifierait pour eux la fin de tout espoir de suprématie. En conséquence, la réalité sur la vie de la plupart des gens est que le Moi est anesthésié et maintenu endormi dans un coin pendant que des caractères différents se battent sauvagement pour acquérir la souveraineté et la direction des opérations.

8.3 La mosaïque explosée.

Qu'arrive-t-il à votre mort? Le complexe supérieur (corps astral + Ego) se sépare du complexe inférieur (corps physique + corps éthérique) exactement comme lorsque vous vous endormez. Mais, cette fois, la corde d'argent est brisée, et le complexe inférieur est abandonné. Le corps physique commence à se désagréger et le corps éthérique se désintègre dans les couches éthériques de la planète. Il serait inexact de croire que le complexe supérieur va s'en aller et voyager dans les mondes spirituels et revenir exactement dans le même état pour une nouvelle incarnation, après un brin de toilette et quelques améliorations effectuées par les anges.



La situation réelle est dramatiquement différente. Quand la plupart des gens meurent, leur corps astral est gagné par le chaos à cause du manque d'unité précédemment décrite. La multiplicité des caractères n'est pas seulement fonctionnelle, elle reflète le fait que la structure du corps astral est une mosaïque ou une collection de pièces qui sont artificiellement maintenues ensemble tant que vous êtes en vie. Quand vient l'heure de la mort, l'illusion d'unité se dissipe. La façade de la personnalité se lézarde et le corps astral montre ce qu'il est en réalité – une mosaïque explosée.

Pratiquement, cela signifie qu'aussitôt après que la corde d'argent ait été brisée, la plupart des composants du corps astral vont s'envoler chacun dans une direction, comme les oiseaux s'échappent lorsque vous ouvrez la cage.

Pour la personne qui vient juste de mourir, c'est une expérience extrêmement dramatique. Imaginez-vous, mort, flottant dans l'espace astral de couleur pourpre. Vous pouvez voir votre 'amateur de lectures' qui s'éloigne de vous dans une direction alors que le 'flambeur, habitué des champs de course' s'enfuit en direction opposée et que la part de vous-même qui peut s'exprimer en japonais s'enfuit dans une troisième direction. Vous êtes littéralement décapé, démembré. Les parties de vous-même qui étaient tournées vers la joie, la sexualité et les désirs s'en vont vers le monde vital, pendant que les aspects mentaux partent pour le monde mental – et que vous reste-t-il? Votre Ego ou Moi supérieur, avec quelques lambeaux de corps astral. Alors l'Ego ainsi dépouillé peut commencer son voyage au pays des Esprits.

Ceci éclaire ce que Gurdjieff voulait dire quand il déclarait que, pour la grande majorité des êtres humains, cela n'a aucun sens de parler de réincarnation, tout simplement parce qu'ils n'ont pas de corps astral. Plus de quatre-vingt-dix-neuf pour cent des êtres humains ont un corps astral qui n'est rien de plus qu'un vol de papillons. Il va de soi que ces gens vont pourtant se réincarner, mais qu'est-ce qui va se réincarner? Leur Moi supérieur, c'est à dire justement la part d'eux-mêmes dont ils n'ont jamais réussi à avoir nettement conscience pendant leur vie et qui n'a eu virtuellement aucune part dans leurs activités. Pratiquement tout ce qu'ils avaient l'habitude de considérer comme étant 'eux-mêmes' va se désintégrer et retourner à la poussière astrale. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner s'ils ne sont pas capables de se souvenir de grand chose dans leur prochaine vie puisqu'ils ont perdu la plus grande partie de la substance astrale dans laquelle les impressions de cette vie étaient enregistrées. Gurdjieff résume cette situation de façon sévère en déclarant: «La poussière retourne à la poussière.»

8.4 Le Blanc comme vraie couleur du deuil

Malheureusement, tous les fragments du corps astral ne retournent pas à la poussière astrale. Nombre d'entre eux ont une fâcheuse tendance à rester là où ils sont et à se coller aux êtres humains vivants pour essayer de continuer leurs activités.

L'explosion du corps astral est la raison pour laquelle la coutume traditionnelle des Hindous était de ne porter que des vêtements blancs et d'observer au cours des semaines qui suivent le décès de quelqu'un de leur famille un jeûne partiel en évitant principalement les protéines. Les Hindous considèrent que certaines des parties vitales inférieures du défunt peuvent essayer de s'accrocher comme des parasites à d'autres membres de la famille. Le fait de porter du blanc, la couleur de la pureté et d'éviter la consommation de viande et de céréales est considéré comme un ensemble de mesures protectrices destinées à limiter les possibilités de telles intrusions clandestines. Cette coutume est toujours observée de nos jours, même par la population éduquée de l'Inde.

On peut trouver une théorie similaire dans les coutumes de la Chine ancienne. Il est enseigné que le Po, qui correspond aux parties vitales inférieures de l'être humain reste sur terre après la mort alors que leHun, constitué par les composants les plus spirituels, monte au ciel. Le Po peut même apparaître aux membres de la famille ou aux amis dans les heures ou les jours qui suivent le décès du défunt, comme une effrayante réplique de la personne décédée. Le parallèle avec nombre d'histoires de fantômes est évident. Une analyse détaillée de ces mécanismes peut être trouvée dans mon ouvrage intitulé: Entités, Parasites du Corps d'Énergie.

8.5 Étourderies dues à un manque de présence

Concentrons maintenant notre attention, sur la partie qui n'a pas été annihilée. Le Moi ou Ego étant la flamme éternelle dans un être humain reste intact au cours de cette transition qu'est la mort. La vraie question est évidemment: qu'est-ce qui persiste d'autre? Quels sont les mécanismes par lesquels quelques composants du corps astral sont perdus alors que d'autres restent attachés au Moi et le suivent dans son voyage entre la mort et la prochaine naissance?

La question est importante. En effet, les parties du corps astral qui subsistent et accompagnent le Moi seront le coeur même de votre personnalité dans la prochaine vie. Après la mort, l'Ego passe à travers différentes couches astrales et part ensuite pour le monde des Esprits. Après un séjour dans ces mondes, il retourne sur terre en repassant par les couches astrales. Or, c'est en passant par ces couches astrales, dans son voyage de retour vers la Terre que l'Ego recueille les composants de son corps astral futur. Les parties du corps astral que l'Ego a conservé autour de lui agissent comme un noyau attirant les substances astrales selon leurs propres natures – qui se traduiront dans la vie suivante par des goûts et des dégoûts, aussi bien que par des potentiels émotionnels et mentaux. C'est ainsi, tout ce qui reste attaché à l'Ego après la mort conditionne ce que nous serons dans notre prochaine vie.

Avant de chercher à comprendre comment une certaine mémoire peut subsister dans le noyau central autour de l'Ego, voyons tout d'abord comment la plus grande part a pu être perdue. Lorsqu'ils accomplissent la grande majorité de ce qu'ils font dans leur vie, les gens sont totalement inconscients. Nous avons tendance à effectuer nos activités quotidiennes de façon entièrement mécanique. Nous parlons sans but réel. Nous faisons des choses sans même savoir que nous les faisons. Nous ne sommes pas réellement attentifs à nos actes. Même si nous nous entraînons à être conscient, des portions entières de nos journées peuvent s'écouler avant que nous ne retrouvions le fil de notre conscience. En bref, nous ne vivons pas réellement notre vie, nous la dormons.

En termes de corps subtils, cela signifie que l'Ego ne prend aucune part à ces actions. Les perceptions sensorielles sont reçues dans le corps astral, dans les pièces du puzzle astral. Ensuite, ces pièces réagissent mécaniquement en fonction de leurs goûts et de leurs dégoûts, ce qui signifie de leurs propres samskaras. Les actions réflexes sont accomplies de façon plus ou moins mécanique et l'Ego est court-circuité. Tout reste confiné dans la périphérie de la couche astrale. Rien n'est imprimé dans la proximité de l'Ego, tout simplement parce que l'Ego est absent de l'épisode. Comment l'Ego pourrait-il se souvenir d'un épisode s'il n'y est pas impliqué? C'est là que réside la raison principale du manque de mémoire de L'Esprit: l'inconscience! En termes d'empreinte astrale, il n'y a rien d'autre que de la poussière, qui plus tard, retournera à la poussière.

8.6 Mémoire type 1 – intensité

Il y a pourtant quelques situations dans lesquelles ce schéma de manque de mémoire ne s'applique pas. Supposez que vous vous reposiez sur la berge d'une rivière et que soudain, apparaisse un crocodile, venant de nulle part, qui se jette sur vous. Il est très probable que vous allez devenir super conscient, au moins pour un moment. Imaginez... C'est votre personnalité tout entière qui va se trouver impliquée dans cette situation. Vous êtes totalement présent. Chaque émotion que vous allez ressentir, chaque sensation, chaque perception sera imprimée dans les couches les plus profondes de votre corps astral. Le paroxysme de conscience montre que votre Ego émerge de ses brumes au moins pour un moment. Il y a une irruption de l'Ego dans le monde physique et simultanément un afflux brutal d'informations dans vos couches astrales les plus profondes. Tout un ensemble de perceptions, de sensations et d'émotions sont stockées tout prêt du centre même de votre architecture intérieure. La trace laissée dans votre corps astral par un tel 'package émotionnel' peut en vérité être regardé comme un samskara de première importance. Compte tenu de la profondeur de l'empreinte, toutes les conditions sont réunies pour que vous gardiez avec vous ce fragment de corps astral, pour qu'il reste avec votre Ego, même après le dépouillement intervenant au moment de la mort et pour que vous le rameniez avec vous dans votre prochaine vie.

C'est ainsi que la première catégorie de souvenirs de vie antérieure est constituée par diverses expériences dont la caractéristique commune est l'intensité. Des expériences extrêmement douloureuses peuvent être rangées dans cette catégorie. Chaque fois que vous atteignez un sommet dans la douleur, physique ou émotionnelle, vous devenez automatiquement extrêmement conscient. L'intensité n'est pas d'ailleurs forcément liée à la douleur. Par exemple si, ayant traversé le Pacifique sur un radeau, vous voyez la terre apparaître dans le lointain, ou si vous arrivez soudain à obtenir après des années d'efforts ce que vous recherchiez, l'euphorie du moment vous assurera une empreinte profonde qui sera la source d'une possible remémoration dans une vie future. C'est bien entendu pour cette raison que nombre de régressions dans les vies antérieures dévoilent ce genre d'épisodes intenses.

8.7 Souvenirs type 2 – ouvertures spontanées

De temps à autre, sans aucune raison particulière provenant du monde extérieur, le Moi Supérieur fait irruption, remonte à la surface et se montre à découvert. Un éveil spontané et temporaire se produit. Il peut être ressenti comme une révélation intérieure, un de ces rares moments pendant lesquels on peut voir clairement l'éternité. On se tient à un croisement du temps avec un sentiment intuitif de notre nature éternelle et de son immensité. Mais l'expérience n'a pas besoin d'être grandiose, il peut s'agir simplement d'un moment magique, de quelques secondes au cours desquelles le coeur explose d'une joie sans cause particulière. Ensuite, le sanctuaire se referme de nouveau parce que notre structure tout entière n'est pas préparée à maintenir la connexion.

Pendant ce moment d'ouverture, un lien a été établi entre la surface et les profondeurs, entre la conscience du monde physique et celle du Moi supérieur. Les conditions nécessaires sont remplies pour qu'une empreinte soit faite, suffisamment profonde pour qu'elle puisse durer au-delà du chambardement astral qui suit la mort. Les circonstances, les sentiments, les sensations et les perceptions intervenant au cours d'un tel moment sont mémorisées au-delà du temps.

8.8 Souvenirs type 3 – le corps d'immortalité

La pratique constante de la vigilance de la conscience qui est la base même de nombreux itinéraires de transformation du Moi tend à multiplier les occasions pendant lesquelles le Moi supérieur s'implique dans la vie quotidienne. Il en résulte une multiplication des germes de souvenirs futurs.

Dans les chapitres précédents nous avons souligné les transformations qui conduisent des émotions aux sensations, de manas à buddhi, de la réaction et du conditionnement à la spontanéité de l'Ego. Cette transformation graduelle accompagne le développement d'une nouvelle couche, d'un 'corps astral transformé' appelé Moi-Esprit (Spirit-Self) par Steiner et qui correspond à la vijñāna–maya–kośa de la tradition védantique. Le corps astral, siège des samskaras perd sa prédominance et se trouve progressivement remplacé par cette nouvelle couche dans laquelle l'Ego s'exprime lui-même directement. Parallèlement au remplacement des émotions par des sentiments, un nouveau mode de penser fait son apparition. Il n'est désormais plus déconnecté de l'Ego, mais émane au contraire de lui. Ce développement du corps astral transformé correspond à l'épanouissement d'une nouvelle conscience intérieure directement connectée au Moi Supérieur.

Une autre différence majeure entre corps astral et corps astral transformé est que le corps astral est constitué de composants séparés essayant en permanence d'échapper à l'autorité de l'Ego. Le corps astral transformé, au contraire, est unifié autour de l'Ego, complètement envahi par sa lumière et sa vie. Il ne peut pas être séparé de l'Ego car il n'est rien d'autre en fait que la radiation de l'Ego. Le corps astral est composé de poussière astrale coagulée alors qu'en ce qui concerne le corps astral transformé, c'est le Moi lui-même qui est vivant. La substance dont est composé le corps astral transformé peut être virtuellement considérée comme le Moi par excellence. Le Moi le génère comme l'araignée sécrète sa toile.

En conséquence, le corps astral transformé reste intact après la mort, alors que le corps astral vole en éclats. Les souvenirs stockés dans le corps astral transformé sont donc gardés éternellement. Du point de vue de la structure, nous pouvons en conséquence distinguer deux types différents de matériaux venant des vies antérieures: les samskaras qui ont été imprimés si profondément dans le corps astral qu'ils restent accrochés au Moi de vie en vie et les souvenirs du corps astral transformé qui demeurent perpétuellement dans la substance impérissable du corps d'immortalité.

Pourtant, la situation n'est pas tranchée de façon aussi claire. Il y a en effet une longue période de transition pendant laquelle la conscience opère partiellement dans le corps astral et partiellement dans le corps astral transformé, la proportion dépendant de votre niveau de développement. Structurellement, il en résulte un réseau astral composé de morceaux enchevêtrés de ces deux véhicules. Quelques souvenirs sont emmagasinés, à la fois dans le corps astral et dans le corps astral transformé ou même à moitié dans l'un, à moitié dans l'autre.

Qu'il n'y ait pas de confusion ! En ce qui concerne la vaste majorité des êtres humains, le corps astral transformé reste un idéal éloigné. Le mécanisme des souvenirs des vies antérieures à travers le corps d'immortalité ne s'applique pas, tout simplement parce que le corps astral transformé n'est pas construit. Seules les personnes qui ont suivi, dans cette vie ou dans une vie précédente, un long processus de développement spirituel ont acquis des rudiments de corps astral transformé. Dans la grande majorité des cas, quand une expérience de vie antérieure se produit c'est par l'intermédiaire des empreintes laissées par les samskaras, comme cela est décrit dans la section 'Souvenirs type 1 – intensité'.


CHAPITRE 9

COMMENT RETROUVER LA MÉMOIRE

9.1 Intrusion dans les souvenirs des vies antérieures

Après avoir analysé la manière dont quelques souvenirs sont conservés d'une vie à l'autre, regardons maintenant le problème sous un autre angle. Au moyen de quels mécanismes peut-on recouvrer quelques-uns de ces souvenirs? Comment peut-on se souvenir de certains évènements concernant ses vies passées?

S'il est un sanctuaire intérieur dans lequel les souvenirs de notre lointain passé peuvent être trouvés, cet endroit est situé bien au-delà de notre conscience éveillée de tous les jours.

La vie consciente de la plupart des gens est confinée à la 'mémoire verbale', la couche la plus superficielle du corps astral. Souvenez-vous du chemin suivi par l'Ego après la mort. S'étant débarrassé de certains morceaux du corps astral, il voyage à travers différentes couches astrales et ensuite dans les mondes des Esprits. Ensuite, l'Ego retourne dans les mondes de l'astral, rassemblant de la matière astrale autour de lui. Le noyau qui subsiste après le grand bouleversement joue un rôle clé dans la qualité de la matière astrale qui est ainsi rassemblée. Le corps astral transformé ou même simplement son ébauche pourrait même jouer un bien plus grand rôle encore dans la structuration d'un corps astral harmonieux. Malheureusement, chez la vaste majorité des êtres humains, le corps astral transformé est à peine esquissé et ne joue qu'un rôle négligeable. C'est ainsi qu'en définitive, c'est le noyau dur des samskaras des existences passées qui joue le rôle prédominant en attirant la matière de notre prochain corps astral. Ce noyau dur est en fait bien mince et s'entoure d'un grand nombre de couches différentes.

Après la naissance, vous apprenez progressivement à utiliser votre mental. Cela signifie que vous expérimentez des pensées ou des émotions dans votre corps astral. Mais cela se produit principalement par des stimulations externes. Les couches superficielles du corps astral sont façonnées de l'extérieur par votre éducation et par tout ce que vous recevez de vos parents et de votre culture. Dans les couches superficielles du corps astral, vous travaillez avec les éléments reçus du monde extérieur. Il en résulte une polarisation du corps astral et une tension entre les impulsions profondes provenant des impressions venant des vies antérieures ainsi que des impressions rassemblées au cours de cette vie. Une part importante de vos capacités mentales, de votre sensibilité artistique, de votre stabilité émotionnelle et d'autres qualités dépendent de la manière dont est réussi le mariage entre les influences internes et externes, c'est à dire entre le matériel que vous avez apporté avec vous en provenance de vos vies antérieures et celui que vous avez accumulé dans la vie présente.

La couche superficielle, ce qui signifie votre esprit conscient, est constamment influencée par des émotions et des réactions diverses venant des samskaras des profondeurs. Mais ces samskaras ne sont jamais visibles car la zone tampon est trop épaisse.

Si vous voulez vous souvenir de vos vies antérieures, il vous faut creuser dans les couches les plus profondes de votre inconscient. Ceci requiert une énergie qui vous permette de les percer et d'atteindre ainsi les parties du corps astral proches du noyau central du Moi – les parties dans lesquelles les souvenirs des vies antérieures sont inscrits. C'est cette énergie qui fait toute la différence entre les régressions et les autres techniques de psychothérapie. Pourquoi la psychanalyse ne conduit-elle pas aux régressions dans les vies antérieures? Simplement parce que la psychanalyse manque de cette énergie permettant cette percée. Pourquoi tant d'initiés, Chrétiens, Gnostiques, Hindous et Bouddhistes se souviennent-ils de leurs vies antérieures? C'est parce que, ayant trouvé leur Moi, ils ont accès à l'énergie mentale et au matériel qui est localisé tout près du Moi. Pourquoi les régressions sont-elles plus faciles à obtenir de nos jours qu'au cours des années soixante-dix et pourquoi ce phénomène se développe-t-il aussi vite aujourd'hui ? Parce que, à cause d'un éveil de la conscience collective, l'énergie nécessaire est d'un accès bien plus facile aujourd'hui qu'il n'avait coutume de l'être.

Le fait que l'état de régression provienne de cette énergie explique pourquoi, une fois que vous êtes familier avec la technique ISIS, vous n'avez que très peu de choses à faire pour permettre à un 'client' de régresser. L'énergie fait le travail pour vous, à travers vous. Pour les mêmes raisons, vous n'avez pas besoin d'une grande connaissance pour être un bon connecteur. Ce dont vous avez besoin, c'est d'être capable de vous régler, de vous accorder et de laisser la force agir par votre intermédiaire, à travers vous. Si vous êtes trop savant, alors il vous faut oublier tout ce que vous savez. Toute l'information requise pour conduire une bonne régression est contenue dans l'énergie et si vous essayez d'appliquer ce que vous savez et non pas ce que vous dicte l'énergie, les résultats seront médiocres et vous manquerez souvent ce qui est le plus important.

Cela explique également pourquoi, après que vous ayez conduit un grand nombre de sessions ISIS, vos clients se mettent à régresser avant même que vous ayez commencé à mettre en oeuvre les techniques. L'énergie s'écoule à travers vous comme un fleuve de vie, elle ne se soucie guère des techniques.

Qui sont les bons sujets pour les régressions? Ce sont ceux qui peuvent se connecter à cette énergie, qui peuvent s'ouvrir à elle et la recevoir, qu'ils soient jeunes ou vieux, en pleine santé ou malades. Qu'ils croient ou non aux vies antérieures n'a aucune importance, à condition qu'ils puissent être ouverts. Quelques incrédules notoires sont capables de se connecter immédiatement, alors que d'autres qui croient dur comme fer à la réincarnation ont tendance à nourrir de grands espoirs qui, en fait, bloquent le flot d'énergie. Leurs idées préconçues empêchent purement et simplement l'énergie de s'exprimer.

9.2 Le flash d'astralité

Étant donné que les samskaras sont emmagasinés dans des zones du corps astral que votre conscience éveillée ne peut habituellement pas atteindre, il s'ensuit qu'un souvenir concernant une vie antérieure ne peut être retrouvé que si un lien est établi entre la mémoire consciente et ces couches profondes du corps astral.

Certains signes indiquent quand cette connexion a été faite. Par exemple, une certaine sensation fait son apparition dans la pièce. L''atmosphère' change complètement, comme si un flash d'énergie astrale était intervenu autour de vous. Si vous avez pratiqué les techniques mentionnées dans L'Éveil du Troisième Œil, vous pourrez peut-être reconnaître certains autres signes. En particulier, la pièce apparaît soudain plus noire à vos yeux, les couleurs ont l'air plus lumineuses, comme si chaque couleur était composée par des milliers de points brillants? Bien entendu, ce n'est pas la pièce qui devient noire, mais votre perception qui s'ouvre à l''obscurité visible' surimposée à la lumière de la pièce. Vous pouvez aussi ressentir parfois une sensation caractéristique dans les reins, à cause de l'étroite connexion de ces organes avec le corps astral.

Même si vous n'êtes pas familier avec ces signes, vous pouvez apprendre facilement à reconnaître ce 'flash d'astralité' qui accompagne l'état de régression. L'énergie dans la pièce devient soudain plus 'dense'et l''état de la conscience' devient dans une certaine mesure similaire à celui des rêves. (Souvenez-vous de l'état dans lequel vous vous sentez à votre réveil, juste après un rêve!) Cela ne veut nullement dire que régression et rêves sont identiques! Les deux états sont tout à fait différents. Pourtant les deux impliquent une réorientation de la conscience vers les couches astrales ce qui explique cette même ambiance.

9.3 Le contenu des souvenirs de vies antérieures

L'analyse des mécanismes de la mémoire des vies antérieures présentée dans le chapitre précédent nous permet de tirer quelques conclusions quant au contenu de ce type de souvenirs. Il ne faut bien entendu jamais oublier que nous abordons un domaine qui est bien loin des aspects ordinaires de l'existence. Il importe donc de se garder de toute généralisation hâtive. Avec les régressions, tout est virtuellement possible! Il ne faut donc pas présumer que toutes les régressions dans les vies antérieures seront du même type que celles indiquées ci-dessous. Cependant, une claire compréhension de certains mécanismes permettra aux connecteurs de mieux venir en aide à leurs clients. La méconnaissance de ces principes peut conduire à d'énormes erreurs qui feront avorter la régression dès les premières minutes de l'expérience.

Revenons à l'exemple du féroce crocodile qui se jette soudain sur vous dans une vie antérieure. Quel sera le contenu exact du corps astral? Ce sera l'état dans lequel se trouvait votre mental à ce moment précis, en commençant par la peur, bien entendu et toute l'ambiance émotionnelle qui l'accompagne – vous pourriez dire le 'goût' de la situation – les pensées qui vous viennent ainsi que toutes les perceptions et sensations de cet instant: les couleurs du paysage, les odeurs du marécage, la sensation de chaleur, le contact de vos habits et le vent sur votre peau, un enregistrement de ces instants, semblable à un film, avec les plus minuscules détails, aussi bien en vous qu'à l'extérieur.

Maintenant, voyons ce qui n'a pas été enregistré? Ce sont tous les éléments de votre vie qui étaient dans votre esprit à ce moment précis. Votre adresse par exemple ou la date, le nom du pays, même votre nom. Parce que, le premier réflexe, lorsque l'on est confronté à un crocodile, n'est pas de se dire: «Nous sommes en 1854, je suis en Afrique, mon nom est Wolfgang et je suis explorateur.»

Une autre chose qui n'est pas notée non plus ce sont les jugements que vous pouvez avoir portés plus tard sur la situation tels que: «Comme j'ai été brave!» ou «Quel imbécile j'ai fait!» ou «J'aurais dû agir de façon complètement différente!» Tous ces commentaires, ces jugements ne peuvent pas avoir été enregistrés dans le 'film' car ils sont intervenus plus tard. Le processus d'enregistrement peut être comparé à celui de la boite noire d'un avion de ligne. Elle enregistre tous les paramètres à un moment critique.

9.4 L'art d'accoucher

Ainsi, un souvenir véritable d'une vie antérieure est habituellement très simple. C'est un package d'émotions, de sensations, de sentiments et d'images relatives à un moment particulier – le moment où sous la pression de l'émotion votre Moi s'est 'réouvert'. Tout a été enregistré et emmagasiné avec la plus grande précision et le client revit la scène exactement comme si le crocodile était en face de lui. Son corps peut même prendre la même attitude que dans la scène et toutes les émotions et toutes les sensations sont évoquées comme si elles se produisaient ici et maintenant.

Pourtant, revivre l'épisode n'est nullement traumatisant. Le client reste en effet parfaitement conscient de qui il est maintenant, de la pièce dans laquelle la session est conduite, du matelas sur lequel il est allongé, de la voix du connecteur, etc. Plus encore chaque fois que l'état ISIS est atteint, une certaine ouverture métaphysique se produit qui ajoute un arrière plan de grande sérénité à l'expérience, quelle que puisse être l'intensité de l'épisode. Il faut aussi considérer que la charge émotionnelle du samskara pesait lourdement sur les épaules du client. En conséquence, revivre ce traumatisme passé s'accompagne d'un immense soulagement, comme si un poison violent venait d'être éliminé.

Revenons à la manière dont le client entre dans l'expérience de régression. Dans quelques cas extrêmes la scène tout entière va revenir en une seconde comme un flash-back, accompagnée de tous ses détails. Mais, dans la plupart des cas, tous les composants de la scène ne reviennent pas en même temps. L'expérience commence graduellement. Quelques détails seulement reviennent à la mémoire du client. Par exemple, le client croit entr'apercevoir quelque chose ou ressentir une émotion. Il dit au connecteur: «J'ai peur» ou «Je déteste cette personne». Ou l'expérience peut débuter par une sensation, de froid par exemple et le client se met à frissonner, même par un jour de canicule. Ou le client déclare: «Je viens de recevoir un coup dans les côtes.» ou «Il y a un poids énorme sur mes épaules.» Ces premières impressions sont souvent très faibles. Elles constituent le premier fil conducteur qui doit être suivi avec la plus grande attention pour récupérer progressivement de plus en plus d'éléments de la scène et ce, jusqu'à ce qu'elle soit reconstituée dans son ensemble.

Le connecteur a une tâche extrêmement délicate. Une méconnaissance des mécanismes de la mémoire peut conduire à poser au client les mauvaises questions au risque de perdre le fil au lieu d'entrer de façon déterminante dans l'état de régression. À ce stade les clients dérivent entre deux états de conscience: l'état normal de veille et l'état de régression. Ils ne perçoivent que quelques sensations de la scène ou des détails. Ils ont besoin d'aide pour entrer plus avant dans l'état de régression et c'est le rôle du connecteur de leur fournir cette aide en leur posant certaines questions. Mais il est capital que ces questions soient judicieusement choisies.

Supposez par exemple que le connecteur demande: «Quel est votre nom?» ou «Dans quel pays vous trouvez-vous?» Cela ne fera que créer une certaine confusion dans l'esprit des clients car, à ce stade, ils n'ont pas la moindre idée de ces détails. Ils ne perçoivent encore qu'à peine dix pour cent de la scène. Comment pourraient-ils bien savoir de quel pays il s'agit? Comme nous l'avons vu précédemment, quand on est attaqué par un crocodile, on ne se polarise pas d'habitude sur les considérations géographiques. Dans l'état où ils sont, les clients ne peuvent tout simplement pas répondre à ce genre de questions – ces détails sont, pour eux, hors d'atteinte. Aussi, que va-t-il se passer? Pour trouver une réponse, le client va être obligé de réfléchir, c'est à dire de retourner à son état de conscience habituel. En moins d'une seconde, ils sera sorti de l'état de régression et toute l'expérience sera irrémédiablement gâchée. Pour la même raison, à ce stade extrêmement fragile, si le client ne peut pas répondre à l'une de vos questions, n'insistez surtout pas, posez une autre question. Plus tard, lorsque le client sera fermement établi dans l'état de régression, la situation sera complètement différente, si aucune réponse n'est donnée à une question, cela sera très probablement dû à un mécanisme de résistance et le connecteur devra insister.

Dans les premières minutes d'une régression, les bonnes questions sont celles qui obtiennent une réponse immédiate ne nécessitant aucun effort. Elles se réfèrent à des éléments qui sont à la portée du client, même s'il n'en est pas encore conscient. Par exemple, «Êtes vous grand ou petit?» ou «Quel temps fait-il autour de vous: froid ou chaud?» Pour répondre, le client n'a pas à réfléchir, mais juste à ressentir. De cette manière, vous lui permettez de pénétrer plus avant dans la scène en ajoutant graduellement des éléments supplémentaires, jusqu'à ce qu'il plonge complètement dans l'expérience et se mette à revivre l'épisode. Somme toute, le processus n'est pas très différent d'un accouchement.

9.5 Exemples de plongée réussie

Ces mécanismes ne s'appliquent pas seulement au souvenir des épisodes de vies antérieures, mais aussi à des scènes de la petite enfance ainsi que nous le verrons dans les exemples suivants.

 

Étude de cas – Simone, âgée de cinquante deux ans.

Le début de la session a été douloureux et agité, comme si Simone était grosse de cette expérience, mais incapable d'en accoucher. Après une demi-heure de travail – comme dans un accouchement? – l'atmosphère change de façon soudaine dans la pièce et l'on peut recenser tous les éléments constitutifs du flash d'astralité évoqué précédemment.

Que ressentez-vous maintenant? – Je ne sais pas, je me sens très étrange. [A ce stade, le client ne peut rien voir de l'épisode. Mais la solution est proche, d'où la sensation d'étrange.]

Est-ce que vous vous sentez de sexe masculin ou féminin? - Euh, Ni masculin ni féminin [Cette question est prématurée et n'aide pas réellement à engager le processus.Mais la question suivante déclenche un déclic.]

Selon vous fait-il jour ou nuit? – Nuit.

Avez-vous le sentiment d'être grand ou petit? – Petit, petit... vide... tout seul... [Simone se met en boule et croise ses bras contre sa poitrine. Elle est un pas plus loin dans l'expérience, mais tout est encore flou. Grâce aux questions suivantes la situation commence à lui apparaître clairement.]

Que voulez-vous? – Ma mère! Je veux ma mère!

Est-elle avec vous? – Non! Non! Non! J'ai faim et personne ne me donne à manger. [Simone se met à crier avec de gros sanglots, suçant son pouce. À partir de là, elle peut voir tous les détails: les meubles de la pièce, la couleur des rideaux, etc. Ensuite, la régression se déroule plus ou moins toute seule.]

 

Étude de cas – Un homme de vingt-sept ans. Au début de la session, un point très douloureux se révèle sous l'omoplate gauche. Après avoir travaillé sur le point pendant quelques minutes, l'énergie se met à changer dans la pièce. La douleur disparaît et le client devient très tranquille.

Que ressentez-vous? – [Pas de réponse. Tout est encore très flou.]

Comment sentez-vous votre corps, gros ou petit? – Gros.

Sentez-vous que vous bougez ou que vous êtes immobile? – Immobile.

Dans quelle position? – Allongé sur le dos. Dans un lit.

Vous vous sentez jeune ou vieux? – Vieux. [Toutes ces réponses viennent immédiatement et sans effort de réflexion. Le ton de voix du client change progressivement, ce qui montre que le client commence à être plus sûr de ce qu'il ressent. Le déclic se produit après la question suivante.]

En bonne santé ou malade? – Fatigué, très fatigué. C'est comme si j'allais mourir... et que je l'accepte. Cela a été bon! Mais en même temps, je me sens en colère. [Le client est maintenant complètement dans l'épisode et à partir de là, il y reste.]

Y-a-t-il une raison pour cette colère? – J'étais sur le point de dire quelque chose à mon fils.

Comme quoi par exemple? – J'étais sur le point de lui dire que l'aimais. J'ai le sentiment que ma vie a été gâchée parce que je n'ai jamais pu lui dire que je l'aimais.

Avez-vous le sentiment d'être seul ou y-a-t-il quelqu'un à côté de vous? – Je ne suis pas seul il y a quelques esprits autour de moi.

À quoi ressemblent-ils? – Ils sont amicaux. Ils me connaissent. Ils sont autour de mon corps et ils attendent que je meure complètement. Ils me disent: «Vous êtes déjà passé par-là avant.» Ils ressemblent à des amis que vous n'avez pas revus depuis un bout de temps.Mais je veux parler à mon fils.

9.6 L'ouverture métaphysique

Une fois que les clients sont fermement établis dans l'état de régression, on peut leur poser toutes sortes de questions. La manière dont chaque phrase est pesée et formulée est encore importante pour que la session puisse continuer correctement, mais il y a beaucoup moins de risques que l'expérience soit soudain interrompue et perdue.

Le contenu de la conscience du client pendant qu'il est dans un état de régression est un mélange étrange dans lequel le passé et le présent sont superposés l'un sur l'autre. Le client revit l'épisode exactement comme s'il se déroulait la sous ses yeux. Il ressent les émotions et les sensations correspondantes. C'est comme s'il entrait dans un autre corps, comme s'il était une autre personne – une autre personne qui lui serait très familière.

Vous pouvez avoir une idée de cette continuité si vous vous rappelez comment vous vous sentiez étant jeune enfant. C'était un 'vous' très différent de ce que vous êtes maintenant, mais il y a cependant une certitude intérieure, sans l'ombre d'un doute, que c'était bien vous-même. Au cours de la régression, c'est une extension de cette expérience qui se manifeste. Vous avez la même certitude intérieure de votre identité, même si le 'vous' de votre vie antérieure est de loin plus différent de votre 'vous' actuel que ne l'est celui de votre petite enfance. Mais, c'est toujours le même 'vous'. L'expérience de cette identité est d'une nature métaphysique et ne peut pas être totalement comprise aussi longtemps que vous n'êtes pas passé par-là vous-même.

Ainsi, pendant la régression, vous avez la superposition de deux 'vous' – vous dans le passé et vous dansle présent. Dans la technique de régression ISIS, l'hypnose n'est pas utilisée ni quoi que ce soit qui puisse diminuer votre conscience du présent. Vous restez parfaitement conscient de vous-même ici et maintenant et à tout moment, vous pouvez choisir de vous déconnecter de l'état de régression pour n'être plus conscient que de la pièce dans laquelle vous êtes, de votre corps et de votre 'vous' présent.

La superposition des deux 'vous', le passé et le présent, est une expérience absolument fascinante. Car vous avez changé. Le 'goût' de votre environnement intérieur est devenu complètement différent. Et cependant, c'est le même 'vous', il ne peut y avoir le moindre doute. Peu importe l'époque à laquelle s'est déroulé l'épisode que vous revivez. Que ce soit il y a des centaines ou même des milliers d'années n'a aucune importance, la continuité du Moi n'est en rien affectée par le temps.

Et voilà, vous vous trouvez à la croisée du temps. Réalisant soudain que 'vous' pourriez finalement être très différent de ce que vous avez cru être jusqu'à ce jour. Vous devenez soudain conscient du fait que vous vivez votre vie dans une boite d'allumettes. Vous réalisez que vous avez tendance à confiner votre existence à un nombre très limité d'émotions et de sentiments, à suivre toujours les mêmes routines répétitives. Au même moment, vous pouvez voir que vous êtes infiniment moins limité et qu'il n'est pas obligatoire qu'il en soit ainsi. La superposition de vos personnalités passée et présente vous permet de jeter un coup d'oeil dans l'incroyable profondeur de votre Moi. C'est une immensité sans fin, une explosion immobile. Soudain, vous êtes, vous existez au sens fort du terme. C'est l'expérience la plus déterminante que peut vous offrir la technique des régressions – et également la plus propre à vous guérir. Un simple aperçu de votre nature réelle peut vous apporter plus de changement que des années de discussion et d'analyses de vos problèmes. Car, en définitive, on ne se débarrasse pas de ses problèmes en s'occupant des samskaras, mais en prenant possession de son Moi."


20 avril 2013

la theorie des anciens astronautes

JomonStatue

 

La théorie des anciens astronautes, aussi surnommée néo-évhémérisme par le sociologue Jean-Bruno Renard, est une spéculation ufologique selon laquelle les dieux, dont parlent les anciennes mythologies et dont l'archéologie met les cultes en évidence, étaient en fait des extraterrestres humanoïdes. Cette théorie est souvent attribuée à Erich von Däniken mais, si ce dernier l'a amplement popularisée en 1968, elle avait toutefois déjà été proposée avant, notamment par le théosophisme d'Helena Blavatsky ou en 1962 par Robert Charroux.

Cette théorie est considérée comme n'ayant aucun fondement par la communauté scientifique, car les éléments archéologiques prétendument inexpliqués ont le plus souvent une explication rationnelle déjà exposée par les archéologues. Par exemple, la technique de fabrication des géoglyphes de Nazca peut aujourd'hui être expliquée par des procédés strictement humains. Jean-Pierre Adam, dans un de ses ouvrages, explique que la construction de la grande pyramide ne repose pas sur un savoir étranger à l'espèce humaine mais bien sur les techniques de l'époque.

 

Théorie

La théorie repose sur les hypothèses suivantes :

  • les civilisations anciennes (égyptienne, maya, andines, etc.) n'auraient pas possédé les connaissances nécessaires pour réaliser certaines de leurs constructions ou productions ;
  • des éléments des textes anciens donneraient des indices d'une présence extraterrestre : certains personnages masqués présents sur des fresques anciennes représenteraient des astronautes, d'autres éléments représenteraient des ovnis ou des pistes d'atterrissage ;
  • les extraterrestres auraient influencé le développement des civilisations, en enseignant aux Terriens l'agriculture, l'écriture, etc., voire en altérant l'ADN humain pour favoriser l'évolution vers une espèce plus intelligente. On rejoint ici la théorie du dessein intelligent extraterrestre, que l'on retrouve dans plusieurs mouvements religieux ou sectaires comme le mouvement raëlien avec les Elohims, ou chez Jean Sendy ou encore Roger Vigneron, selon qui la Bible évoque le peuple des Élus (Elohims terme hébreux présents dans l'Ancien Testament qui signifie « Ceux qui viennent des cieux ») venus sur Terre dans leurs roues de lumière (Weidorjes) ;
  • les peuplades primitives, face aux extraterrestres, auraient considéré que ceux-ci étaient des dieux.

Selon Erich von Däniken, le culte du cargo est un exemple contemporain de croyances religieuses issues d'une culture tribale confrontée à une civilisation technologiquement avancée.

Dans le cadre de cette théorie, les géoglyphes de Nazca, au Pérou, sont notamment considérés comme une piste d'atterrissage pour les extraterrestres, ou bien une sorte de message envoyé par la population locale aux extraterrestres.

Retombées

La théorie a eu un fort retentissement médiatique. Elle n'a jamais été sérieusement considérée comme une théorie scientifique par les historiens ou les archéologues, mais elle a donné lieu à de nombreuses études :

  • journalistiques, notamment sur Erich von Däniken (1968), influencé par Robert Charroux (1963) ;
  • sceptiques, dans les cercles sceptiques ou zététiques, qui se sont notamment appliqués à invalider l'hypothèse selon laquelle les moyens antiques étaient insuffisants pour produire ce qu'ils ont fait ;
  • sociologiques, pour se pencher sur l'apparition de ces croyances aux extraterrestres. Le sociologue Jean-Bruno Renard a surnommé la théorie des anciens astronautes le néo-évhémérisme. En effet, le philosophe grec Évhémère (IIIe siècle av. J.-C.) expliquait la croyance dans les dieux par l'existence de personnages illustres qui auraient, par la suite, été divinisés par la population. Le néo-évhémérisme suit le même principe : les peuplades primitives, face à une technologie supérieure, auraient divinisé ces visiteurs en provenance de l'espace.
Peintures du Val
Camonica, Italie, Xe millénaire av. J.-C., qui ont été citées comme représentant des visiteurs extraterrestres par les partisans de la théorie des anciens astronautes. Les archéologues considèrent qu'elles dépeignent des dieux, ou des figures mythologiques.
Les Dogū (土偶) sont considérés par les partisans de la théorie comme d'anciens astronautes ayant visité la Terre pendant la période Jōmon (Xe millénaire av. J.-C. à IIIe siècle av. J.-C.) au Japon. La statuette montrerait selon eux une combinaison spatiale avec casque et lunettes. Pour les archéologues, ces statuettes sont liées au culte de la fertilité.
Selon la théorie des anciens astronautes, des visiteurs extraterrestres auraient influencé la vie humaine pour des millions d'années, et auraient effectué des manipulations génétiques en altérant l'ADN humain afin de favoriser l'évolution vers plus d'intelligence.
Les partisans de cette thèse pense que les dieux évoqués dans la mythologies et dont l'archéologie met les cultes en avant, seraient en fait des extraterrestres humanoïdes.
Cette théorie est, cependant, considérée comme n'ayant aucun fondement d'après les scientifiques.

Des traces telles que les pyramides d'Egypte ou d'Amérique Latine (voir le le documentaire "La révélation des Pyramides"), les lignes de Nazca au Pérou, ou d'anciennes cartes appartenant à l'Amiral Piri Reis de la marine turque en 1 500, les statues de l'Île de Pâques, les roches archéologiques semblant représenter des entités ET, ou encore même le Mythe des Géants, seraient des preuves sensées confirmer cette théorie.

Erich Von Däniken, d'origine suisse et passionné par les écritures anciennes et sacrées ainsi que les énigmes archéologiques non résolues, pense que la terre a été visitée dans le passé par des êtres d'un autre monde pour faciliter l'avancé de notre civilisation, et cela depuis la préhistoire.
Il est l'un des principaux promoteurs de cette théorie des anciens astronautes et a même créé le concept d'astroarchéologie considéré comme une pseudo- science s'appuyant sur l'archéologie afin d'étoffer l'ufologie.

Selon la théorie des anciens astronautes, les égyptiens n'auraient jamais pu construire à eux seuls les pyramides quand on connaît leur degré de développement à l'époque.
De plus, comment se pourrait-il que ces mêmes pyramides se retrouvèrent en Amérique Latine ?

De même pour les lignes et géoglyphes de Nazca découvert en 1926 au Pérou dans le désert, et qui sont de grandes figures tracées sur le sol représentant des figures longues de plusieurs kilomètres. Ces lignes d'une incroyable précision ne sont visibles qu'à partir du ciel. Ils furent découverts par hasard par le Commandant Peri qui survolait la Cordillère des Andes à bord d'un hélicoptère. Les archéologues furent frappés par la présence de deux immense formes humanoïdes gravées dans la pierre dont l'une ayant la main droite levée en signe de salut et dont les têtes étaient ornées de rayons. Les autres "grabados" figurant des oiseaux, des serpents, des araignées ou des poissons s'avérant avoir été remarquablement exécutés et de manière très réaliste et ce malgré la proportion des figures, les dessins de ces humanoïdes sont d'autant plus remarquables.
Pour Guiseppe Orefici qui mena des fouilles durant 17 ans, les Nascas développérent une civilisation raffinée et originale et les fameuses lignes de Nazca étaient empruntées par des processions humaines au cours de cérémonies religieuses qui rendaient ainsi hommage à leur panthéon de dieux totémiques animaliers et entretenaient les sillons creusés à même le sol rocailleux.
Les géoglyphes de Nazca sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1994.
Selon certains ufologues, il s'agirait soit d'une piste d'atterrissage pour les vaisseaux spatiaux extraterrestres, soit d'un message réalisé par la population locale destiné à ces ET.

La revue Horizon relata la découverte d'une ceinture avec ornements ajourés vieille de 1600 ans, mise à jour dans la tombe du Général Chou-Chu (265-316 après J.C) et qui soumise à une analyse spectrale par l'Institut des sciences appliquées de l'Académie des sciences chinoise se révéla être composée pour 80% d'aluminium. Or le seul procédé pour extraire de l'aluminium à partir de la bauxite, l'électrolyse, ne fut découvert qu'en 1908.

Il y a aussi les Grottes de Lascaux, découverte en 1940, et située dans le Périgord noir sur la commune de Montignac en Dordogne. On y distingue d'époustouflantes images représentant des constellations du ciel tel qu'il était il y a 17000 ans.

En Italie du Nord, les graffitis du Val Camonica révélèrent des formes humanoïdes portant des casques semblant fermés.

Certaines représentations comme les graffitis de la grotte d'Altamira en Espagne sont particulièrement impressionnantes.
Elles datent du Magdalénien III; IV ou VI (-12000/-10000 avant J.C). Elles représentent des formes de soucoupes en suspension, pleines ou claires, disposées essentiellement sur la voûte de la grotte, et aux cotés desquelles figurent d'étranges formes humanoïdes.
Dans la grotte de Niaux (en Ariège), dans une zone baptisée "le diverticule des signes", furent découverts des dessins très semblables à ceux d'Altamaria.

Ces extraterrestres qui auraient influencé le développement des civilisations auraient enseigné aux Terriens l'agriculture, l'écriture, l'astronomie,…

Von Däniken pense que la Bible, comme d'autres écrits anciens du monde entier, contient des descriptions de visiteurs des étoiles ayant ensemencé la race humaine.

Certains pensent qu'il n'est pas impossible que les pyramides aient été construites par des êtres venus d'ailleurs, de même pour les dessins de Nazca (même si des théories intéressantes ont tenté de les expliquées).

Des conspirations peuvent avoir lieux dans le silence le plus complet, des civilisations extrêmement développés ont pu intervenir à un moment ou à un autre sur notre terre, mais il ne faut justement pas tomber dans l'extrême au risque d'ébranler les fondements même de notre société, et ainsi prendre le risque de décrédibiliser le phénomène Ovni.
Arrivons déjà à cerner ce dossier si insaisissable avant de sombrer dans des théories encore plus difficile à évoquer et à étudier.

Les Dogons et le mystère Sirius

Germaine Dieterlen et Marcel Griaule étudiaient les rites de la tribu Dogon des Monts Hombori et du plateau de Bandiagara au Mali entre 1936 et 1950, ils furent atterrés par les exceptionnelles connaissances astronomiques de ces indigènes, pourtant dépourvus de tout matériel d'optique. Ils descendaient d'une civilisation du Proche Orient, peut être liée aux Sumériens.
Les Dogons semble connaître depuis des temps lointain deux étoiles compagnes de Sirius. Sachant que la vision humaine ne permettait d'apercevoir que l'étoile Sirius.
En 1862, l'astronome américain Alvan Clarke découvrait à l'aide d'un télescope puissant la deuxième étoile proche qui fut appelée Sirius B, une naine blanche, compagnon plus petit et plus lourd que Sirius et que les Dogons avaient baptisé " Po Tolo " ou " Po-Digitania " du nom d'une graine de céréale.
Les Dogons savaient  que Sirius B bouclait son orbite elliptique autour de Sirius A en 50 ans, ce que personne d'autre n'avait découvert puisque la période de révolution (50,090) ne fut établi définitivement qu'en 1960 par Van Den Bas.
Les Dogons affirmaient qu'il existait une troisième étoile dans ce système que nous nommerons Sirius C.
Ogotemmeli devait révéler que leurs ancêtres étaient venus d'une planète orbitant autour de cette étoile qu'ils nommaient " Emma Ya "," Sorgo " ou " L'étoile des femmes ". Le prêtre affirma que la période de révolution de cette étoile autour de Sirius A était de 32 ans, sur une orbite elliptique très excentrique et perpendiculaire à celle de Sirius B.
Dés 1920, des chercheurs évoquaient l'éventualité de son existence. En 1991, soit environ 45 ans après que Griaule et Dieterlen aient recueilli ce témoignage du prêtre Dogon Ogotemmeli, les astronomes Jean Marc Bonnet-Bidaud et Cécile Gry affirmaient, dans la revue "Astronomy and Astrophysics", soupçonner l'existence de Sirius C du fait du changement de couleur du système qui avait été distingué au fil des observations, posant notamment l'hypothèse que le 3em compagnon de Sirius pouvait avoir une orbite très aplatie. Les dernières simulations par informatique effectuées à l'observatoire de Nice par les astronomes jean Louis Duvent et Daniel Benest semblent confirmer son existence.

Source :
Extrait du magazine "Aliens" n°3 Mars 2010. Essais de Thibaut Canuti.


 
Le mystère des cartes de Piri Reis

En 1929, on trouva à Istanbul dans le palais Topkapi des cartes géographiques séculaires qui avaient appartenu à l'amiral Piri Reis, officier de la marine turque. Il les aurait tracées en 1513. Ces cartes, que Piri Reis, contemporain de Christophe Colomb, disait avoir découvertes en Orient, éveillèrent l'intérêt de nombreux savants dés que leur existence fut connue.
La Bibliothèque Nationale de Berlin possède encore des cartes de Piri Reis reproduisant le bassin méditerranéen et la mer Morte. Ces cartes retombèrent bien vite dans l'oubli et ce n'est qu'en 1965 qu'elles furent confiées pour examen au cartographe américain M. I. Walters, des services hydrographiques de la marine US.
Walters demanda l'aide de son ami Mallery, ingénieur et archéologue, connu comme spécialiste des cartes anciennes. Celui ci fit une découverte extraordinaire : "  ces cartes étaient parfaitement exactes et cette précision ne concernait pas seulement le bassin méditerranéen et la mer Morte. Les côtes de l'Amérique du Nord et du Sud étaient également reproduites avec précision ainsi que, découverte la plus étonnante, les contours de l'Antarctique. Mais ce n'était pas tout : les cartes comportaient aussi la topographie des terres ; chaînes de montagnes, commets, lacs, fleuves et hauts plateaux y étaient consignés avec la plus extrême précision. "
Afin d'effectuer plus d'analyses, toutes les cartes furent confiées au Père jésuite Lineham, directeur de l'Observatoire de Weston qui les examinât à son tour. Ce savant, qui s'intéresse passionnément à l'Antarctique se rendit compte que cette dernière figurait déjà sur les cartes de Piri Reis.
"  Les conclusions auxquelles sont parvenus, au terme de leurs récents travaux, le professeur Charles H. Hapgood et le mathématicien Richard W. Strachan, sont parfaitement surprenantes. Ils mirent au point une grille de lecture et transposèrent les cartes sur un globe moderne. Leurs recherches ultérieures et les comparaisons avec des photographies du globe terrestre prises par des satellites ne firent que confirmer leur supposition : les originales des cartes de Piri Reis étaient des photographies prises à très haute altitude. "

Il n'a été possible de cartographié totalement la terre qu'il y a très peu de temps (grâce aux satellites). Comment les civilisations antérieures auraient pu s'y prendre avec tant de précisions ?

" Diego Cuoghi aurait démontré que la carte n'était que la compilation de celles de Christophe Colomb et que la représentation de l'Antarctique n'était qu'un fantasme de la part de C. Hapgood. "

"  Le support de la carte aurait été daté par le carbone 14 et il remonte bien au XVIe siècle. L'encre aurait également été testée chimiquement et daterait aussi du XVIe siècle. Tous ces tests ont été effectués par W. Mc Crone un spécialiste qui a déjà travaillé sur le suaire de Turin ".

La carte de Piri Reis serait donc authentique et serait la preuve que les Turcs, bien qu'étant loin de l'océan Atlantique et de l'Amérique, se tenaient au courant des dernières découvertes de l'époque.

D'autres septiques disent que le Groenland, tel qu'il est dessiné par l'amiral Piri Reis, correspondait aux lignes de relief trouvées par ces expéditions polaires et en particulier aux deux étranglements médians qui partagent ce territoire en trois parties, ce que révélait déjà, on le sait, la carte de Zeno. Et que dans la carte de Piri Reis de 1513, le rivage qui prolonge si longuement celui de l'Amérique du Sud, ne pouvait qu'être que celui de l'Antarctique tel qui est actuellement à plus de trois mille mètres sous les glaces.

Le mystère demeure toujours.



 
 
 
   
 
 
25 mai 2011

manipulation.......

Les dix stratégies de manipulation de masses

 

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

melvinmoten

 

24 janvier 2009

sade....

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«Ne te contiens donc point, nargue tes lois, tes conventions sociales et tes Dieux»
[ Marquis de Sade ]  - Justine

«La route de la vertu n'est pas toujours la plus sûre, et il y a des circonstances dans le monde où la complicité d'un crime est préférable à la délation.»
[ Marquis de Sade ]  - Justine

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20 juillet 2011

l'herbe des champs......

 

Bob a dit <<De la drogue? Comment ça de la drogue? Je n'ai jamais pris d'ecstasy ni quoi que ce soit! J'ai simplement fumé de la Ganja. Certains pensent que c'est une forme de drogue. Mais non. C'est tout simplement un précepte de la religion rastafari. Il est dit dans la Genèse: «tu mangeras l'herbe des champs». Mais nous les rastafari préférons la fumer. Elle nous procure une sensation de pureté. C'est une pratique religieuse comme une autre. Les Catholiques boivent bien de l'alcool pendant la Messe!>>



"L'herbe est une plante, les herbes sont bonnes pour tout. Pourquoi ces gens qui veulent tant faire le bien de tous, qui porte le nom de gouvernement ou autre, pourquoi ils disent que vous ne devez pas utiliser l'herbe ? Ils disent "non, vous ne devez pas l'utiliser parce que ça vous fait vous rebeller" Contre quoi ? Contre ceux qui n'ont besoin de rien, ils ont des bien matériels et ils veulent captiver ton esprit pour finir par dire : "Tu dois travailler et après on te mettra à la retraite" et ils gardent tout. Alors, avec l'herbe au lieu de vouloir travailler pour un patron, tu veux être comme lui. Pas pour dire que "Je veux le contrôle" mais dans le sens "Pourquoi je devrais me soumettre à ça ?" ça veut dire que tu es ton propre chef. Pour la première fois fais ce que tu veux, peu importe ce que disent les autres. "

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25 juillet 2011

démocratie........ rêves ??

 

le 25 juillet 2007, j'avais écris pour les valeurs républicaines bafouées, c'était une goutte dans un océan de peines perdues. J'avais désespéré au point de focaliser sur ma vie, d'essayer de m'en sortir, de me construire un pays dans le pays, de rêver de partir ailleurs et puis de rester.

Et puis un jour, un homme qui ne pouvait pas partir ailleurs, qui ne pouvait plus rêver, qui ne pouvait rien se construire s'immole d'un feu qui fait naître "the wind of change", d'autres s'en suivent et un sirocco rafle l’arbre serpentin qui s’accaparait de la Terre bénie d'Afri9ia. Tous les désespérés, tous ceux qui n'y croyaient plus descendent dans la rue et crient d'une seule voix.

"Peut-être qu'une main du Ciel l'a poussé", le vieil arbre venimeux vaccille et tombe, les racines restent accrochées, à la quête de la moindre goutte d'eau qui le ravive et recrée son printemps. Les racines poussent loin et poussent encore à la recherche de cette goûte d'eau, et ne manquent pas d'idées. Toi, qui s'obstine à ne pas t'inscrire pour les prochaines élections. Veux-tu l'arroser?

Tu n'y crois pas... vraiment?

Pour un peuple qui n'y croyait plus depuis toujours, comment y croire aujourd'hui?
Cela aurait pu être autrement, si au lendemain de la révolution, le comportement civique des tunisiens auraient changé, si les tunisiens se mettaient à respecter un code éthique et moral irréprochable (sur la route, dans les affaires comme dans la vie), "à défaut de respecter les règles de droit élaborées par les Ben Alistes pour marcher dessus". Si au lendemain de la révolution, les tunisiens se sont focalisés, tous ensemble, à soigner les maux d'un pays pillé, au lieu de commencer les vagues de revendications, de surenchères, de diabolisation, d'expiation.
Que peut-on nous demander, nous sommes le fruit qu'ils ont cultivé durant des décennies. Nous avons souffert de la générosité et de l'altruisme de nos parents et grands parents combattants et/ou bourguibistes qui ont tout donné à la Tunisie, à leurs familles, à leurs voisins, nous laissant assoiffés devant ces Trabelsi et autres qui boivent à ivresse. On nous a appris à détourner, à contourner, à arborer le chemin le plus facile, à écarter les adversaires de la course par tous les moyens, et que le meilleur gagne, sans Dieu ni maître. Tout est déterminé d'avance, le pourcentage de réussite aux élections, le taux de réussite d'un concours, le nom de l'adjudicataire des offres publiques, et même la date du 3id.
فاقد الشيء لا يعطيه
Je n'ai plus rien à donner à cette Tunisie qui ne m'a rien donné, on m'a suffisamment déplumé et voilà que j'apprends que le 26-26 n'était que la Caisse d'épargne de Leylon. Et voilà que les mêmes visages pourris reviennent avec la caisse de la citoyenneté. La Tunisie ne prend pas le temps de déraciner l'arbre venimeux et à réfléchir à restaurer la forteresse et à dresser les premières pierres de fondations d'une société saine, juste et active. L'article 57 de la Constitution, le mal bien nécessaire, nous a joué bien des tours. Et les racines sont coriaces. Les gouvernements se suivent mais ne changent pas la politique de mendicité de Ben Ali, à l'intérieur comme à l'extérieur, on ne fait que quémander de l'argent, au lieu de mobiliser l’incitative privé nationale et internationale.

Des Kasbas se suivent, une 9obba, des sit-in, des marches, de sens et d'autres, pour et contre, et moi humble citoyen je n'y comprend que dalles. Chaque fois qu'un homme politique m'impressionne de son discours, d'autres le discréditent et tombe de son piédestal.
Justement les discours, j'en ai ras les oreilles. Un auguste aux mains ensanglantés m'en a prononcé des milliers, à toutes occaz, j'en attendais un même pour mon anniversaire. Ces dernières années, le clown étant fatigué, sa femme s'y est mise de toute sa force "de conviction".

Post révolution, j'ai assisté à des meetings, moi qui n'a jamais mis les pieds dans le rassemblement. Mais finalement, en quoi les meetings sont différents du rassemblement, tel que relaté si longuement, jadis et naguère, au télé journal et partout ailleurs.
Ils sont tous pareils, "la politique n'est qu'un jeu de mensonge!" Or, je me suis réveillé de mes songes et je veux du concret, là tout de suite. Un monde meilleur, la fin de mes insomnies, des espadrilles pour mes gosses, des cahiers, un sourire qui embellit ma femme, sinon j'en prendrai une deuxième.

Bandes d'incapables! En six mois, les prix ont augmentés, l'augmentation salariale n'est pas encore décidé, en tout cas qu'est ce que cela m'importe, désormais je n'ai plus de boulot, l'UGTT nous avaient promis monts et merveilles, nous avons enfin osé faire face au Boss, à coup de "Dagage", mais notre révolution a été avortée, et on s'est retrouvé à la porte, deux cents quinze.

Tu me demandes de m'inscrire? de voter? Pour des promesses qui ne seraient pas tenues? Pour des hommes qui m'appauvriront davantage pour rouler en caisse de députés, toucher un salaire de députés et inscrire dans l'Histoire leur nom en tant que députés de la Constituante de la IIème République de Tunisie?
Pour qu'un jour, un livre d'école enterre leurs passés et inscrit leurs noms sur la page d'en face que celle où figure Habib Bourguiba, Jalouli Fares, Mongi Slim, Mohamed Masmoudi, et les autres.

Alors pourquoi il faut y croire?

Même si vous pensez que ce qui se passe en ce moment n'est qu'une mascarade et que les partis politiques, les hommes d'influence, les journalistes, les avocats ne sont que des marionnettes qui servent des intérêts qui t'échappent, même si tu pense qu' "à partir de maintenant, on fera comme d'habitude". Sachez que rien ne sera plus comme avant! Personne, mais vraiment personne ne maîtrise absolument la situation. Toutes les forces doivent composer avec la situation présente, avec les imprévus. Et L'imprévu, l'imprévisible, le non-maîtrisable, le non-dompté, c'est justement toi! Toi, qui ne sait à qui donner sa voix, si chère aux enchères! Toi, qui ne sait sur quel pieds danser. Tunisien riche de ta bipolarité, de ta culture millénaire, de ton islam "concocté à ta manière pour convenir à ton rythme de vie", de ton arabité "si différente des autres arabes et si proche à la fois"

Aujourd'hui, j'ai 31 ans, je n'ai jamais voté. J'ai toujours été une révoltée muette ou presque, et je n'en suis pas fière.
Aujourd'hui, indépendante indécise, je suis décidée à voter, parce que ma voix compte. Quel que soit le résultat du vote, parce que justement un vote libre et transparent n'est jamais prévisible à l'avance, et parce que démocratie rime avec indécis. Contre toutes attentes, l'Histoire de la Tunisie sera dessinée par les indécis.

J'irai voter parce que chaque membre de ma famille votera pour un parti différent, nous nous aimons, çà crée notre richesse.

J'irai voter en toute confiance parce que les miens (ma famille et ma tribu de facebookers, bloggers et copinautes) se sont jurés, chacun de son côté, à faire le contrôle des bureaux en citoyens avertis et à dénoncer tout abus. J'aurai des yeux partout. Il est vrai que Facebook regorge d'hoax, d'intox, de manipulations, mais je fais confiance aux miens.

Tu te dis, je n'ai jamais lu la Constitution précédente, qu'est ce que çà changera pour moi, je composerai avec le régime que choisira la majorité, après tout qu'est ce que j'y pige en régimes politiques?
Ce n'est pas un Président qu'on choisit là, ce n'est qu'une assemblée provisoire... (qui tracera les lignes directrices de ton petit monde)
Et bien oui et non, voyons le nombre de décret-loi et décret promulgués par ce gouvernement plus que transitoire? 68 décret-lois et 947 décrets, si on se fit au JORT n°53 du 19/07/2011. Même, moi juriste et déterminée, j'ai pas encore eu le temps de tout lire. Une ribambelle de textes hasardeux et désastreux qui (tel que le décret-loi n°30 relatif à l’amnistie des chèques sans provision, tel que les investissements immenses pour faire des pôles technologiques et zones industrielles sur des terrains fertiles, au lieu de donner des fonds aux facultés déjà construites et de bien les équiper pour encourager la recherche)

Tous ces bruits t'assourdissent, t’abasourdissent? La démocratie rime aussi avec animosité. Ce sont les règles du jeu, il n'y a pas à avoir peur des faux combats, des débats télévisés des gens qui parlent chinois qui disent la chose et son contraire en un tour de mot, çà ne fera que tamiser. وما يقعد في الواد كان حجرو

Tu appréhende le choix? Et si ton choix s'avère une grande erreur? Soit! Demain ne sera jamais pire qu'hier.
L'appareil Ben Ali nous a dopé de faux conforts, le confort d'habiter un appart perché, celui d'avoir une voiture populaire, celui de prendre un crédit sans épargne et surtout la grâce d'avoir un supermarché à proximité et les soldes à chaque saison.
Il faut savoir s'en passer, quelques fois.. pour te construire un véritable luxe de vie. Manger les fruits de son jardin, faire son savon, son plateau, offrir un nid d'ange fait de ses propres mains. Tes enfants s'ennuient, un tour dans les champs les plus proches de chez toi s’avérera plus plaisant et moins coûteux qu'un tour au supermarché et un sandwich/café au broyant et combien désagréable fast-food/salon de thé le plus en vogue.

Regardes ce qui se passe ailleurs, les modèles économiques, le retour des européens à la nature, à l'économie, à l'austérité, au moment où toi tu es pris dans les grippes des apparences trompeuses. Les plans B et les systèmes D boosteuront ton épargne et aideront à construire la Tunisie de demain, la Tunisie des citoyens responsables et non pas la Tunisie des consommateurs effrénés qui renflouent les caisses des paresseux hommes d'affaires qui ne réinvestissent pas leurs richesses.

J'ai déraillé dans tous les sens, mais la citoyenneté au concret, selon moi, c'est cela: Réfléchir, s'inscrire, construire, rester vigilent, dénoncer, désespérer des fois et renaître de ses cendres, écouter, lire, s'unir. Merci de m'avoir lu, je parie que mes lecteurs sont des internautes avertis qui pour la majorité se sont inscrits (ou convaincus, attendent l'occasion de le faire), j'ai toujours pensé que les abstentionnistes ne lisent pas les blogs. Ce texte, je l'ai écrit pour toi, qui t'es déjà inscrit, pour te mobiliser à aller vers les gens qui ne lisent pas, qui ne croient plus à un avenir meilleur, pour leur parler, pour essayer de les convaincre, pour les emmener dans ta voiture jusqu'au plus proches bureau d'inscription et ramener chez eux, sans jamais.. JAMAIS essayer d'influencer leur vote.
Jihen Maatoug Belkahla

anais-nin

20 juillet 2011

rastafarisme

 

Le mouvement rastafari (ou « rasta ») est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'Église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.

Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les Rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».

L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les Rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme « Rastafari » est préférable pour eux.

Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme2. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.

Sommaire

 

Racines du mouvement

La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80 % de la population), notamment avec les églises anglicane,méthodistebaptistecatholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.

L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. La fin de l'esclavagisme (aboli dans l'île en 1833) et surtout l'indépendance de la Jamaïque (6 août 1962) permettent simultanément une émancipation culturelle du peuple jamaïcain. Différents mouvements « éthiopianistes » émergent, où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.

Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.

Fondements du mouvement moderne

Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :

« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »

Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.

En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateurDaily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance »

La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'elle attribue à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Hailé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du roi Salomon et de la reine Makeda de Saba.

Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.

En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Hailé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.

Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.

Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante)locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.

Il y a aussi une autre explication,pour les Rastas, c'est aussi le lien ombilical avec le continent Mama Africa (Selon Donald Manning des Abyssinians).Des travaux historiques ont révélés que de nombreux ethnies africaines avaient l'habitude d'avoir des Dreads locks,notamment en temps difficiles et ce depuis le moyen âge.Il ne s'agit pas seulement des ethnies chamite et couchitique qui peuplent l'Ethiopie et la Corne de l'Afrique,(Ahmarique,Oromo, Afars,Somalis,Tigré, Ourag,Dahlak etc..),mais aussi d'autres ethnies africaines,comme les Shanti du Ghana,les Peuls de l'Afrique de l'Ouest,sans oublier les Wolofs du Sénégal et les Toubous du Delta du Niger,les Tutsi de l'Urundi et des régions du Grand Lacs et j'en passe.L'Amour pour l'Afrique passe par le look et l'apparence,la cuisine,l'art,la façon de voir le monde (Natty dreads loocks).L'Ethiopie et plus généralement les Etats aux alentours Somalie, Djibouti,Erythrée,la vallée du Nil soudanais,jusqu'au Lac Turkana au nord du Kenya,bref la patrie du peuple sémito-couchitique sont l'objet d'une adoration sans faille par le mouvement Rastas et sont considérés comme le berceau de l'Humanité plus connu sous le sobriquet de Zion.Impressionné, Bob dédiera spécialement à ces États qu'il appelait little chamite en caressant comme Marcus Garvey que l'union de l'Afrique commencerait par la réintégration de ces Etats little chamite à la maison mère qui a 3 mille ans d'existence dont deux mille en tant qu'Etat constitué (Zion Train de Bob Marley).Depuis,on attend toujours le train Zion qui va tirer la locomotive AFRICA,qui est lourd à tirer quand même,surtout dans un contexte de mondialisation,néanmoins,un évènement non négligeable qui concrétise la prophétie de l'honorable Marcus Garvey se produit en 1963.Il s'agit de la première vague d'indépendance des Etats peuples africains qui décident de former une première organisation panafricain plus connu sous le sigle de l'OUA.Le choix d’Addis-Abeba confirme de fait la place accordé à l'Afrique de l'Est dans la paternité de l'homme afriain. Revenons aux dreads locks et au peuplade de la corne de l’Afrique et notamment à ces Etats jadis partie intégrante de l'Abyssinie jusqu'au 16 ème siècle,qui ont choisi d'épouser l'Islam,et ensuite se sont soulévés contre le Royaume Abyssin au 16 ème siècle.Comment expliquer la présence des muslims en Abyssinie?Parce que les campagnons du prophète Mohamed tel que son cousin Gaffar et pas mal d’apôtres de l'islam pourchassés ,ont traversés la Mer Rouge et trouvé refuge en Abyssinie au 6ème siècle.Ils se sont métissés avec les familles aristocrates de Adal,de Dahlak,de Hadya, Fatagar et qui jusqu’à là servait le Négus.Quel est le musulman qui ignore la fameuse phrase du prophète caractérisant la gratitude du prophète Mohamed Baraka allah bi Habash qui veut dire que dieu bénisse l'Ethiopie? .C'est pour ça que l'Ethiopie est aussi à moitié musulmane et que ces Etats fondés par l'ancienne aristocratie musulmane de l'Abyssinie le sont aussi ,mais à majorité.Voilà pourquoi l'Ethiopie est aussi pour les Rastas muslims, un pays sacré.Autre versant de l'universalité,comme tout historien éthiopaniste qui se respecte, Bob Marley n'ignorait pas que l'Empereur Négus, Iyassou V d'Ethiopie avait dit en plein première guerre mondiale et publiquement lors d'une réunion au palais impérial: Si je ne convertis pas l'Ethiopie dans la voie de l'Islam,je ne m’appelle pas Iyassou. Sachant qu'il avait vécu à Harar,ville de naissance de sa majesté Hailé Sélassié qui lui succèdera en 1930.Eh oui,pour ce qui l'ignorait,le Jah est né dans cette ville sacré,classée patrimoine mondial par l'UNESCO.Selon l'historien Berhanou Abebe qui a mené un certains nombre de travaux sur le coup d'Etat du 26 septembre 1916, lors de son règne, Iyasou V avait transféré la capitale du royaume et vécu à Harar,quatrième ville sainte de l'Islam,après la Mècque, Médine,et Jérusalem.Certains le soupçonnaient même de s'être convertis à l'islam,surtout quand il avait invité le pacha turque de l'Empire Ottoman. En tout cas ,cette phrase a valu au Négus d'Ethiopie,la déposition.Et ça s'est fait avec l'accord des trois pivots qui constituent le pouvoir de l'Ethiopie.L'aristocratie chrétienne du Chowa,l'aristocratie musulmane des royaumes inféodés à l'Ethiopie depuis le premier siècle de notre ère,et enfin l'armée,c'était juste un récapitulatif pour les initiés. Après avoir tué le Négus Galawedos,L'Ethiopie se résigne à se séparer de certains territoires aux mains des aristocrates musulmanes rebelles contre le Négus.Et c'est comme ça que se dessine les contours des futurs Etats de Somalie, Djibouti,et enfin LE DERNIER MORCEAUX DE L'Empire,en occurrence,l’Érythrée indépendant de l'Ethiopie en 1991.Ces pays ont connu dans l'histoire,tour à tour, l'influence arabe et Ottoman avant de tomber sous les griffes de Babylone et de sa colonisation au 19 ème siècle alors que la patrie mère a su résister à la même époque(voir la Bataille d'Adoua). Plus tard l'archéologie se chargera de prouver que ce n'est pas n'importe quel pays,la découverte des fossiles de Lucie l'atteste bel et bien,sous les yeux ébahis des chercheurs du monde entier.La prophétie de Marcus Garvey était loin d'être un délire.C'est aussi la seule région d'Afrique noire où on peut trouver les populations les plus métisées du continent et même plus que l'Afrique du Nord pourtant plus proche de l'hémisphère Nord et du proche Orient (les traits fins,populations pas négroïdes du tout avec la peau relativement claire par rapport aux autres africains).Et ceci date depuis Aksoum,l'apogée de la civilisation éthiopienne.Ces populations viennent de différentes vagues de mélange de race,arabes,turcs,juifs.Géographiquement à l'époque,l'Ethiopie était le carrefour où se croisait la Mer Rouge, l'Océan Indien et le Nil.C'était un vieux comptoire d'échange,et le métissage vient de là. Les plus énigmatiques sont les juifs noirs plus connus sous le nom de Falashas ,qui sont des descendants de la douzième tribu d'Israel (Twelve tribut of israel) , du Roi Solomon et de la Reine de Saba comme sa Majesté Impérial Hailé Sélassié l'était aussi.En revanche ce métissage est beaucoup plus vieux que les autres,environ -950 avant notre ère. Et ces ethnies Est africaine avaient l'habitude de se laisser pousser les cheveux.Les prêtres coptent en raffolaient aussi,puisque l'Ethiopie est connu aussi dans le monde entier comme étant l'un des tous premiers Etats chrétiens au monde.A titre d'exemple,l'Abyssinie a été chrétien au moins un demie siècle avant la France,et ce pays existe depuis 3 mille ans alors que la France n'a que 2 mille ans d'existence.Les seuls interlocuteurs européens que les souverains éthiopiens abordaient réligion avec eux,à cette époque c'étaient les italiens,les arméniens,les grecs,et à l'époque moderne les portugais qui les ont sauvé de la conquête musulmane au 16ème siècle.C'est là qu'on constate vraiment une jonction entre le culturel et le rélgieux,puisque cette coiffure concernait aussi bien la société éthiopienne que l'Eglise. En tout cas,ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.

Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent « I-tal » (vital) (Genèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.

Quant au nom « Rasta », il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).

Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).

Hailé Sélassié

Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Hailé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les Rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Hailé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.

Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dreaddu fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…

Hailé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les Rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Hailé Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.

Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »

Enfin, la vie et la mort d'Hailé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.

Hailé Sélassié Ier, le1er octobre 1963 àWashington.

Visite d'Hailé Sélassié

Hailé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.

À son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.

Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Hailé Sélassié durant ce voyage.

Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.

D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Hailé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Hailé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque… » En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux Rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Sélassié s'assit autour d'une table avec trente-deux Rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques Rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israel) reviendront aux pays de leurs ancêtres.

Propagation du mouvement après la fin des années 1960

Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message de rébellion rasta avec leurs chansons.

Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.

D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message rasta commence, après qu'un certain nombre de Rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite de Hailé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.

Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message rasta, comme The GladiatorsThe Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.

Évolutions récente

Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett SilkBuju BantonTony RebelMutabarukaSizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.

Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.

L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience rasta cherche même à se présenter aux élections.

Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.

La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».

La culture et les préceptes rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.

Croyances et culture rasta

La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.

Un Rasta avec des dreadlocks

Cependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dreadlocks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des Rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.

L'influence biblique

Les Rastas respectent la version de la Bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la Bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.

Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les Rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un Rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.

Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les Rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un Rasta à un autre.

Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les Rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les Rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.

Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylonpsaume 137.

Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told3 ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.

Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks

Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie4. Elles sont, pour les plus caractéristiques :

  • ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
  • ne pas consommer de viande (végétarisme) ;
  • ne pas consommer de produit de la vigne.

Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le Rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les Rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.

L'application stricte de ce vœu au mode de vie rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporel et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.

Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques.Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titreDon't haffi dread to be rasta) pensent le contraire. Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de Rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port desdreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux Rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.

Le régime Ital

Les Rastafaris suivent en général un régime appelé Ital, et dont la norme est végétarienne , ou végétalienne/végane , afin de ne pas faire du corps un « cimetière » ; ils évitent aussi d'absorber de la nourriture qui a été artificiellement préservée, aromatisée ou altérée chimiquement. Le refus de viande (voire de laitage) dans le rastafarisme se réfère aux écrits bibliques :

«  וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, הִנֵּה נָתַתִּי לָכֶם אֶת-כָּל-עֵשֶׂב זֹרֵעַ זֶרַע אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ, וְאֶת-כָּל-הָעֵץ אֲשֶׁר-בּוֹ פְרִי-עֵץ, זֹרֵעַ זָרַע: לָכֶם יִהְיֶה, לְאָכְלָה »

« Dieu ajouta : « Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture. » »

— La Genèse 1:29 .

« וּלְכָל-חַיַּת הָאָרֶץ וּלְכָל-עוֹף הַשָּׁמַיִם וּלְכֹל רוֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר-בּוֹ נֶפֶשׁ חַיָּה, אֶת-כָּל-יֶרֶק עֵשֶׂב, לְאָכְלָה; וַיְהִי-כֵן »

« « Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède un principe de vie, j'assigne toute verdure végétale pour nourriture. » Et il en fut ainsi. »

— La Genèse 1:30 .

Concepts et pensées

Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les Rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.

Le vocabulaire rasta

Le mouvement rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:

I and I, ou l'unité dans la diversit

L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les Rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un Rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.

Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.

Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.

Isms, Skisms

Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.

De la même manière que les Rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.

Autres mots du vocabulaire rasta

Les Rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde :

  • Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil : « Car le I est droit, et le U est tordu » (Barry Chevannes).
  • Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
  • Shitstem au lieu de System
  • Politricks pour Politic
  • Iration pour création

Voir aussi patois rasta.

Retour en Afrique - « Repatriation »

Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.

Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non d'Israël s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils aîné, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.

Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Hailé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.

Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du grec ancien Aithiops (Αἰθίοψ), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.

Rastas et hippies

Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours desannées 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.

Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.

Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne constatait-il pas que tout le monde veut la paix alors que personne ne désire que justice soit faite ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).

Enfin, les Rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, la considération des femmes et des homosexuels est abordée sous un angle respectivement phallocrate et homophobe.

Il ne s'agit pas non plus de voir dans les Rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les Rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif

Ouverture de la culture rasta au reste du monde

Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken BootheBob Marley ou encore Max Romeo.

Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un Rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de pensée plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité rasta se veut universelle.

Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.

Rastafari soufi

Il ne faut pas oublier aussi qu'il y a un autre mouvement Niassène (originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie de la Tidjaniya et il faut reconnaître aussi que Baye Niass (Taïba Niassène, 1900 - Londres, 1975), de son vrai nom Ibrahima Niass (forme longue : Cheikh Al Islam Mawlana Ibrahima Niasse), est un soufi, gnostique et mystique est l'un des plus grands soufi au monde et les Niasséne sont plus proches des rasta. Par exemple les rastas disent être les réincarnations des anciennes tribus d'Israël et Baye Niasse aussi a démontré que la vie antérieure existe aussi : les rasta font des méditations tout comme les Niassène et la culture et la confrérie des Niassène est basée sur l'amour, la paix et le pardon, tout comme les Jamaïcains Peace And Love. Il faut donc reconnaître que les Rasta et les Niassène ont la même philosophie.

Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre « khalifatoul lahi fil ard »).

Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pasHailé Sélassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les Jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant « musulman ».

Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, où l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.

Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. À la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.

Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : c'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.

Ces chevelures tirent leur origine des prétendus « saints » venus après les fondateurs du soufisme.

Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'à prendre la forme de dreadlocks.

À l'instar des « vrais » dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (MaliCôte d'IvoireSénégal, ...).

 

 

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26 juillet 2011

seconde peau.......

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LA PSYCHOLOGIE DES VETEMENTS.

par Marc-Alain Descamps

 

       Chacun choisit soigneusement ses vêtements quand il les achète et quand il les met le matin. Et l’on voudrait savoir pourquoi. Que peut bien signifier ce que l’on met ? Ce comportement quotidien est en réalité bien complexe. De nombreux facteurs sont en jeu, qui portent à la fois sur la mode et sur le vêtement.

A.     les fonctions du vêtement

La question fondamentale sur les vêtements est :

pourquoi portons-nous des vêtements, alors que nous naissons tous totalement nus ?

Pour y répondre il faut faire appel aux quatre fonctions principales du vêtement :

la protection, la pudeur, la parure et la parole.

   1. La protection. Les vêtements nous protègent des éléments (froid, chaleur, pluie, vent, soleil...), des écorchures, des morsures des animaux ou des piqûres d’insectes, des coups des hommes à la guerre ou dans le sport, etc. Mais il ne faut jamais exagérer l’aspect fonctionnel des vêtements. L’utilité dans ce domaine n’explique finalement que bien peu de  choses. Si l’on ne tenait compte que du froid, les peuples méditerranéens vivraient nus 10 mois sur 12. D’ailleurs, au lieu de nous protéger du froid, les vêtements affaiblissent notre résistance et nous font perdre notre thermorégulation naturelle.

   2. La pudeur. En fait la sexualité est beaucoup plus importante pour rendre compte du vêtement, le premier et le dernier des vêtements étant toujours le cache-sexe. La pudeur a enclin les hommes (et encore plus les femmes) à cacher leurs organes de reproduction pour ne pas exciter des convoitises. Puis, par proximité des organes d’élimination, s’y est adjoint la honte. Aussi notre corps est-il coupé en deux : les parties nobles ou montrables et les "parties honteuses". Mais la pudeur n’est pas une réalité stable, car il n’y a rien de plus érotique que la pudeur. Aussi sa localisation varie selon les époques et les lieux. Le rôle des vêtements est finalement de cacher pour donner du prix en excitant le désir, et pouvoir après, dévoiler le caché dans un strip-tease sans fin. Ainsi on cache le décolleté par une modestie, que l’on fait ensuite en dentelles et l’on porte une mini-jupe mais en ayant bien soin de mettre dessous un collant qui cache ce que l’on vient de dévoiler.

3. La parure. Finalement la parure rend mieux compte du vêtement. Son origine doit en effet se trouver dans le trophée de chasse (la peau d’ours, de loup ou du lion de Némée pour Hercule) que le chasseur garde sur son dos pour perpétuer le souvenir de sa victoire. A ce premier rôle d’intimidation se superpose celui d’exaltation générale du corps. Il s’agit toujours de magnifier le corps humain, de grandir avec des talons ou des chapeaux, d’élargir les épaules des hommes puis maintenant des femmes, de resserrer la taille pour bien séparer le haut noble du bas ignoble. Par là ce sont tous les fantasmes collectifs et l’inconscient d’un groupe qui vont s’inscrire dans le corps (l’oeuf pour la "mama" méditerranéenne, la guêpe en 1900, l’araignée et l’échassier actuellement...).

4. La parole et le langage. Récemment les recherches sur le vêtement se sont centrées sur sa fonction de parole, de langage ou de communication. Le costume est un discours muet que nous tenons aux autres pour les avertir de ce que nous sommes et de ce que nous aimons. Et l’on va maintenant pouvoir en rendre compte. Le costume échappe enfin à la seule étude des historiens pour relever aussi de la psychologie, de la sociologie et de la linguistique. Bien des auteurs en particulier cherchent à calquer les découvertes de la linguistique pour les appliquer au vêtement.

B. la psychologie des costumes

    Le costume est une réalité psychosociale, mais sa partie sociale est plus importante que sa partie psychologique personnelle. Il est essentiellement fait pour traduire le sexe, l’âge et les classes sociales.

a) Le sexe. Tous les peuples de toutes les époques ont utilisé le vêtement pour indiquer le sexe de celui qui le porte. Les costumes masculins et féminins sont toujours et partout différents, mais la différence peut porter sur l’ensemble ou sur un détail. Encore faut-il savoir que ce qui peut paraître un détail pour des étrangers peut constituer l’essentiel à l’intérieur du groupe. C’est ainsi que dans l’antiquité les Grecs et les Romains portaient tous des toges, mais le plissé n’était pas le même pour les hommes et les femmes (ni les tissus, les couleurs, les formes et les noms). Et il en est encore de même pour les costumes musulmans traditionnels. Le plus important est dans l’intention du groupe humain qui peut vouloir insister sur la différence ou la réduire au minimum. Mais il en reste toujours au moins une. La mode de l’unisexe n’a jamais pu réussir à s’établir et même dans l’unisexe les vêtements des femmes ont toujours les boutonnières à gauche et ceux des hommes à droite. Avec l’uniformisation des rôles masculins et féminins dans nos sociétés, les différences, qui étaient maximales en 1900, ont tendance à se restreindre et les femmes ont pu accéder au droit de porter des pantalons (il est vrai différents de ceux des hommes).

   b). L’âge. Le code des âges est bien connu et chacun porte les habits de sa classe d’âge. Les différences sont devenues très importantes : costume des hommes, robes et tailleurs des femmes, jean tee-shirt et pull des jeunes. Même les magasins de vêtements se sont spécialisés, car les clientèles d’âges différents ne supportent plus de se mélanger. L’existence du code est confirmée par les franchissements. Certains adultes s’habillent comme des ados pour "faire jeune", alors que bien des jeunes portent des habits du troisième âge, avec les "chemises de papa", les lunettes de grand-mère et les divers styles rétros.

   c). Les classes sociales. Il existe de même un code des classes sociales. Ce que les autres cherchent à déterminer à travers nos habits c’est notre appartenance à l’une des mille nuances des classes sociales. Autrefois cela était beaucoup plus clair avec, par exemple, le bonnet des paysans, la casquette ouvrière, le chapeau d’artiste, le feutre souple des cols blancs, le chapeau à bord roulé des notables, le melon ou le gibus de la haute bourgeoisie. Maintenant les franchissements de code sont constants. : les intellectuels de gauche et les étudiants s’habillent comme des ouvriers pendant que les vendeurs et les employés cherchent à s’habiller comme des cadres...

  

d) Le personnel. Que reste-t-il donc de personnel dans le vêtement ? Bien peu de choses. Il n’y a pas de costume pour les qualités morales (honnête/voleur, loyal/menteur...), les types de personnalité (introverti/extraverti, angoissé/calme...), ni les traits de comportement (taciturne/bavard, végétarien/carnivore...). Finalement, d’après nos enquêtes, nous avons pu trouver le code vestimentaire de quelques dimensions : triste/gai (neuf, coloré, soigneusement choisi, bien coordonné), pudique/érotique (court, collant, fendu, transparent), doux/violent (cuir, clouté, bottes), décontracté/strict (brillant, cher, propre, raide, non-froissé). Pour le reste on en est réduit à acheter une panoplie (l’intégral ou le total-look) de la romantique, gitane, petite fille, sportive, BCBG, baba-cool, minette, new-wawe, fun... Mais tout ceci reste encore social.

C. le code des vêtements

    Enfin nous allons découvrir le code des vêtements, un code caché et secret que personne ne pouvait détailler, mais que tout le monde comprenait et suivait implicitement. Pour découvrir et mettre au point cette signification secrète des vêtements nous avons du partir, à l’inverse, des signifiants et non plus des signifiés.

Ainsi ont pu être établis dans le détail les codes des matériaux, des formes, des couleurs et des décors.

- Dans les matériaux, les significations de la fourrure ne sont pas celles du cuir, de la soie, de la laine, du lin, du coton ou des synthétiques. A quoi il faut ajouter celles des tissus (le jean, le velours, le vichy...) et des dessins (les raies, les pois, les fleurs, l’écossais...).

- Le code des formes est plus complexe à décrire. Le système des grands types de vêtements est assez simple (drapé/cousu, ouvert/fermé, collant/large...). Mais cela se complique beaucoup avec la multitude des pièces de vêtements. La découverte de leur sens s’est faite en comprenant que chacune correspond à une partie du corps. Elle en reçoit son sens selon son symbolisme et les apports de la psychanalyse. Par exemple, la différence entre une veste et un blouson, c’est bien que ce dernier, s’arrêtant à la taille, dévoile le bassin. Plus adapté à un travail manuel, il est aussi plus exhibitionniste.

- Le code des couleurs est mieux connu, bien que celui des vêtements ne soit pas celui des tableaux, des affiches ou des emballages. La signification des couleurs s’enrichit de toutes les données de l’histoire, de la culture, de la religion ou de la politique. Le vert est mal vu en Occident, où c’est la couleur du diable, alors que c’est la couleur du prophète en Islam. Le noir connote le deuil, l’habillé, l’érotique, l’anarchisme, la soutane des prêtres et le costume des portugaises; ce qui n’empêche pas bien des jeunes de l’aimer, sans admettre que la vie est trop courte pour s’habiller triste.

- A quoi il faut ajouter le code des décors qui apportent des variantes au système de base avec la doublure, les revers, les plis ou volants, les pattes, les poches et les systèmes de fermeture (cravates, ceintures, boutons, velcro ...). On peut donc juger de la complexité de toutes les combinaisons de ces différents codes pour pouvoir rendre compte de l’ensemble d’un seul costume.

   Ainsi s’est constituée la sémiologie du vêtement qui permet, grâce à la psychologie, de pouvoir déterminer le sens des diverses combinaisons personnelles. Car tout ce que nous faisons a un sens, même si nous n’en sommes pas pleinement conscient en le faisant. On arrive de plus à comprendre le sens même de l’histoire en étudiant l’évolution des formes des vêtements. La mode n’est donc pas une futilité. Sous une  apparence gratuite le vêtement et la mode sont déterminés par l’évolution des forces sociales et des techniques.

   On peut donc tout apprendre dans le vêtement : l’histoire, la géographie, l’art, la politique, les échanges commerciaux, les langues, les religions, la littérature, la philosophie et, bien entendu, la psychologie des hommes, des femmes et des enfants …

 

Une bibliographie se trouve dans  Marc-alain Descamps, Psychosociologie de la mode, PUF. 1979

 

19 décembre 2011

Au secours ! Tout va trop vite !

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Un excellent article du Monde Magazine du philosophe Hartmut Rosa sur l'accélération...
édifiant...et terrifiant...

Qu'en pensez-vous ?

Sentiment d'urgence
(...)

L'impression de ne plus avoir de temps, que tout va trop vite, que notre vie file, l'impression d'être impuissant à ralentir nous angoisse et nous stresse. Ainsi Hartmut Rosa, 45 ans, professeur à l'université Friedrich- Schiller d'Iéna, développe sa "critique sociale du temps" de la "modernité tardive" dans sa magistrale étude, Accélération (La Découverte).

Après les études inquiètes de Paul Virilio sur la vitesse, Hartmut Rosa examine la dissolution de la démocratie, des valeurs, de la réflexion, de notre identité, emportées par la vague de l'accélération. Entretien de rentrée, alors que déjà, tous, congés derrière nous, on se magne.

C'est la rentrée, le moment où on ressent avec le plus d'acuité la façon dont nos vies s'accélèrent. Nous avons même souvent le sentiment que les vacances se sont passées à toute allure. Comment expliquer ce sentiment d'urgence permanent ?

Hartmut Rosa : Aujourd'hui, le temps a anéanti l'espace. Avec l'accélération des transports, la consommation, la communication, je veux dire "l'accélération technique", la planète semble se rétrécir tant sur le plan spatial que matériel.

Des études ont montré que la Terre nous apparaît soixante fois plus petite qu'avant la révolution des transports. Le monde est à portée de main. Non seulement on peut voyager dans tous les coins, rapidement, à moindres frais et sans faire beaucoup d'efforts, mais on peut aussi, avec l'accélération des communications, la simultanéité qu'elle apporte, télécharger ou commander presque chaque musique, livre ou film de n'importe quel pays, en quelques clics, au moment même où il est produit.

Cette rapidité et cette proximité nous semblent extraordinaires, mais au même moment chaque décision prise dans le sens de l'accélération implique la réduction des options permettant la jouissance du voyage et du pays traversé, ou de ce que nous consommons. Ainsi les autoroutes font que les automobilistes ne visitent plus le pays, celui-ci étant réduit à quelques symboles abstraits et à des restoroutes standardisés.

Les voyageurs en avion survolent le paysage à haute altitude, voient à peine la grande ville où ils atterrissent et sont bien souvent transportés dans des camps de vacances, qui n'ont pas grand-chose à voir avec le pays véritable, où on leur proposera de multiples "visites guidées". En ce sens, l'accélération technique s'accompagne très concrètement d'un anéantissement de l'espace en même temps que d'une accélération du rythme de vie.

Car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, de la gymnastique, un régime, des loisirs, que nous lisions un livre, écoutions un disque, ou visitions un site. Voilà pourquoi on entend dire à la rentrée : "Cet été, j'ai fait la Thaïlande en quatre jours." Cette accélération des rythmes de vie génère beaucoup de stress et de frustration. Car nous sommes malgré tout confrontés à l'incapacité de trop accélérer la consommation elle-même.

S'il est vrai qu'on peut visiter un pays en quatre jours, acheter une bibliothèque entière d'un clic de souris, ou télécharger des centaines de morceaux de musique en quelques minutes, il nous faudra toujours beaucoup de temps pour rencontrer les habitants, lire un roman ou savourer un air aimé. Mais nous ne l'avons pas. Il nous est toujours compté, il faut se dépêcher. C'est là un des stress majeurs liés à l'accélération du rythme de vie : le monde entier nous est offert en une seconde ou à quelques heures d'avion, et nous n'avons jamais le temps d'en jouir.

Selon vous, l'accélération de la vie se traduit par l'augmentation de plus en plus rapide du nombre d'actions à faire par unité de temps. C'est-à-dire ?

Ces jours-ci, les gens rentrent de congés et déjà tous, vous comme moi, se demandent comment ils vont réussir à venir à bout de leur liste de choses "à faire". La boîte mail est pleine, des factures nouvelles se présentent, les enfants réclament les dernières fournitures scolaires, il faudrait s'inscrire à ce cursus professionnel, ce cours de langue qui me donnerait un avantage professionnel, je dois m'occuper de mon plan de retraite, d'une assurance santé offrant des garanties optimales, je suis insatisfait de mon opérateur téléphonique, et cet été j'ai constaté que je négligeais mon corps, ne faisais pas assez d'exercice, risquais de perdre ma jeunesse d'allure, si concurrentielle.

Nous éprouvons un réel sentiment de culpabilité à la fin de la journée, ressentant confusément que nous devrions trouver du temps pour réorganiser tout cela. Mais nous ne l'avons pas. Car les ressources temporelles se réduisent inexorablement.

Nous éprouvons l'impression angoissante que si nous perdons ces heures maintenant, cela serait un handicap en cette rentrée sur les chapeaux de roue, alors que la concurrence entre les personnes, le cœur de la machine à accélération, s'aiguise.

Et même si nous trouvions un peu de temps, nous nous sentirions coupables parce qu'alors nous ne trouverions plus un moment pour nous relaxer, passer un moment détendu avec notre conjoint et nos enfants ou encore aller au spectacle en famille, bref profiter un peu de cette vie. Au bout du compte, vous voyez bien, c'est l'augmentation du nombre d'actions par unité du temps, l'accélération du rythme de vie qui nous bouscule tous.

En même temps, chaque épisode de vie se réduit…

En effet, la plupart des épisodes de nos journées raccourcissent ou se densifient, au travail pour commencer, où les rythmes s'accélèrent, se "rationalisent". Mais aussi en dehors. On assiste à une réduction de la durée des repas, du déjeuner, des moments de pause, du temps passé en famille ou pour se rendre à un anniversaire, un enterrement, faire une promenade, jusqu'au sommeil.

Alors, pour tout faire, nous devons densifier ces moments. On mange plus vite, on prie plus vite, on réduit les distances, accélère les déplacements, on s'essaie au multitasking, l'exécution simultanée de plusieurs activités. Hélas, comme nos ressources temporelles se réduisent, cet accroissement et cette densification du volume d'actions deviennent vite supérieurs à la vitesse d'exécution des tâches.

Cela se traduit de façon subjective par une recrudescence du sentiment d'urgence, de culpabilité, de stress, l'angoisse des horaires, la nécessité d'accélérer encore, la peur de "ne plus pouvoir suivre". A cela s'ajoute le sentiment que nous ne voyons pas passer nos vies, qu'elles nous échappent.

Nous assistons, dites-vous, à une "compression du présent", qui devient de plus en plus fuyant. Pouvez-vous nous l'expliquer ?

Si nous définissons notre présent, c'est-à-dire le réel proche, comme une période présentant une certaine stabilité, un caractère assez durable pour que nous y menions des expériences permettant de construire l'aujourd'hui et l'avenir proche, un temps assez conséquent pour que nos apprentissages nous servent et soient transmis et que nous puissions en attendre des résultats à peu près fiables, alors on constate une formidable compression du présent.

A l'âge de l'accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l'usure et à l'obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l'expérience, des savoir-faire, de la consommation.

Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second.

Dans la haute modernité, la première moitié du xxe siècle, il s'est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n'avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l'innovation, c'était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple.

Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n'a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d'avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d'"avant" pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le "up to date". Le présent raccourcit, s'enfuit, et notre sentiment de réalité, d'identité, s'amenuise dans un même mouvement.
(....)
Propos recueillis par Frédéric Joignot

 

28 août 2011

la psychogénéalogie, thérapeuthique déviante.....

 

 LA PSYCHOGENEALOGIE

La hantise de nos arbres généalogiques

Géraldine Fabre

 

Docteur en Sciences, Membre de l’Observatoire Zététique

 

Extrait des actes du colloque national :« Science, pseudo-sciences et thérapeutiques déviantes »

Approche pratique et éthique (in Découvertes sur les sectes et religions n°72 –GEMPPI)

                             Organisé par le GEMPPI en Partenariat avec le CEREM

 

Qui s’est déroulé le Samedi 21 octobre 2006 à l’Espace Ethique Méditerranéen,  Hôpital adultes de La Timone. 264, rue St Pierre 13005 Marseille  -  (www.medethique.com)

 

La psychogénéalogie peut être définie comme une méthode de psychanalyse qui consiste à rechercher dans le vécu de nos ancêtres les sources de nos comportements, de nos éventuels troubles psychologiques ou maladies. L’engouement actuel pour la généalogie contribue au développement de cette discipline qui lui devient presque indissociable. La théorie qui sous-tend cette thérapie, est issue des observations qu’Anne Ancelin Schützenberger, psychothérapeute, groupe-analyste et psychodramatiste, a réalisées au cours de sa carrière.

S’il est évident que l’éducation reçue de nos parents, les enseignements transmis par nos grands-parents, les relations avec les membres de notre famille nous influencent tout au long de notre vie, les interprétations de la psychogénéalogie, découvrant les fantômes qui « hanteraient » nos arbres généalogiques,  vont bien au-delà de ces évidences et peuvent parfois s’avérer dangereuses.

La psychogénéalogie en quelques mots

La théorie de la psychogénéalogie est basée sur différents concepts de psychanalyse, dont les principaux sont  l’inconscient collectif,  les loyautés familiales invisibles et les notions de crypte et defantômes.

Pour le psychanalyste Carl Gustav Jung, l’inconscient collectif se manifeste sous forme d’archétypes, c’est-à-dire d’images anciennes, que l’on retrouve dans les mythes et légendes, et qui seraient communes à toute l'humanité. Cette idée, qui sous-entend une certaine hérédité, a été reprise par Jacob Lévi Moreno qui, la développant, a postulée l’existence d’un co-inconscient familial ou groupal, vecteur de la transmission transgénérationnelle dans une même famille.

Le concept de loyauté familiale invisible a été développé par le psychanalyste Ivan Boszormenyi-Nagy. Pour lui, il y aurait dans chaque famille des règles de loyauté et un système de comptabilité inconscients qui fixent la place et le rôle de chaque membre et ses obligations familiales. Dans cette perspective, Anne Ancelin Schützenberger affirme que l’acquittement des dettes familiales est très souvent transgénérationnel : « Ce que nous avons reçu de nos parents, nous le rendons à nos enfants. »<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> Ces règles de loyauté sont dites invisibles car pour les psychogénéalogistes, elles sont inconscientes. Le choix d’une profession, l’échec inconscient à un concours, le développement d’une maladie, etc. sont souvent interprétées en psychogénéalogie comme des loyautés familiales, nous maintenant en servitude.

Pour expliquer le comportement parfois incompréhensibles de certains de leurs patients, agissant de manière irrationnelle et contraire à leur volonté, Nicolas Abraham et Maria Török inventèrent les notions de crypte et de fantômes. Selon eux, un secret, un non-dit peuvent être enfermés dans unecrypte de l’inconscient familial. Ce secret peut par la suite en surgir et influencer le comportement des descendants de la famille. Un fantôme serait donc une formation de l’inconscient, né du secret inavouable d’un autre membre de la famille et qui se serait transmis d’un inconscient à l’autre à travers les générations.

Comme on le voit dans cette brève présentation, la psychogénéalogie postule l’existence d’un inconscient familial, vecteur de la transmission entre les générations, l’existence de règles de loyautés propres à chaque famille et la capacité pour un secret, un événement passé traumatisant de resurgir après plusieurs générations et d’influencer le comportement des descendants de la famille.

L’utilisation de la psychogénéalogie

Le diagnostic d’une maladie transgénérationnelle est établi par le psychogénéalogiste à partir d’un génosociogramme. Outil de base de la psychogénéalogie, c’est un arbre généalogique constitué par le patient, complété des éléments de vie importants (professions, lieux d’habitation, contexte socio-économique, etc.) et des dates d'événements marquants (naissances, mariages, décès, accidents, licenciement, maladie, etc.). Ce n’est donc pas un document objectif. Il ne se limite d’ailleurs pas à la filiation directe ; le patient peut y ajouter toutes les personnes de sa famille ayant un rôle important à ses yeux (oncles, tantes, neveux, cousins, etc.).

Dans cette représentation graphique, le psychogénéalogiste recherche les répétitions, de dates, de prénoms, de maladies, de professions, etc. et essaie ensuite de les interpréter. Pour leur donner un sens, certains psychogénéalogistes utilisent lalangue des oiseaux, « traduction » basée sur de simples procédés homophoniques. Le choix des prénoms d’un enfant est souvent considéré comme révélateur d’une transmission familiale plus ou moins consciente. Ainsi, Gisèle signifierait « gis-en-elle », René = « re-naît », Dorothée serait « dort ôté », en souvenir d’un enfant mort, Sylvie = « S’il vit », Vivien = « Vie vient », témoignant de la volonté familiale de rappeler l’absent. Ces interprétations symboliques ou purement intuitives ne sont basées que sur de simples analogies et ne sont étayées par aucune preuve scientifique. Affirmations gratuites, elles sont également invérifiables.

En recherchant dans l’histoire de la famille de ses patients, Anne Ancelin Schützenberger releva des répétitions de structure ou d’âge : le cancer de ses patients s’était en effet parfois déclenché  à la date anniversaire ou à l’âge auquel leur mère, leur grand-père, leur grand-tante étaient précédemment morts d’un cancer ou d’un accident. Ces répétitions ou synchronies constituent ce qu’elle appelle lesyndrome d’anniversaire.

En psychogénéalogie, ces coïncidences ont un sens et révèlent une loyauté familiale invisible. Selon l’exemple donné par Anne Ancelin Schützenberger, si Charles souffre d’un cancer des testicules, c’est par loyauté inconsciente envers son grand-père qui est mort, au même âge, d’un coup de pied de chameau porté à cet endroit.

Les psychogénéalogistes avancent des probabilités très faibles d’observer ces correspondances. Bien que les recherches statistiques sur les transmissions transgénérationnelles soient quasi inexistantes, mathématiquement, il est facile de démontrer que ces coïncidences peuvent tout aussi bien être hasardeuses : les probabilités de correspondance sont en effet bien supérieures à ce que les psychogénéalogistes affirment.

Sur le même principe, Salomon Sellam a défini le syndrome du gisant. Ce trouble transgénérationnel serait dû à la hantise d’un ancêtre. L’identification de ce syndrome passe par une correspondance de dates révélée par l’arbre généalogique. Chaque personne est caractérisée par trois dates : date de conception, date de naissance et point G correspondant à la date de naissance à laquelle on ajoute 9 mois. Chaque ancêtre est également caractérisé par trois dates : sa date de conception, sa date de naissance et sa date de décès. Le psychogénéalogiste diagnostiquera un syndrome du gisant si deux de ces dates coïncident. Salomon Sellam affirme que la probabilités d’observer de telles correspondances est très faible (1 une sur 365 soit 0,2%) et elle le convainc que ces coïncidences ne sont pas dues au hasard. En réalité, la probabilité de trouver une telle correspondance dans un arbre comportant 4 ancêtres est déjà de 71% ; elle monte à 95 % avec 10 ancêtres… Nous sommes donc tous potentiellement hantés par un de nos ancêtres.

Pourquoi est-ce convaincant ?

Aux premiers abords, les théories et les interprétations de la psychogénéalogie peuvent sembler très convaincantes.

Les dates utilisées sont perçues comme des données objectives et les arbres généalogiques tiennent donc lieu de démonstrations « scientifiques ». Sur les génosociogrammes, les correspondances sont facilement visualisables. Même si elles ne sont dues qu’au hasard, il est difficile de s’en rendre compte tant l’évaluation de probabilités est contre-intuitive et prend souvent notre bon sens en défaut. De plus, les psychogénéalogistes insistent sur le caractère extraordinaire de ces coïncidences. Refusant ainsi qu’elles ne soient dues qu’au hasard, ils déduisent de ces observations une intentionnalité inconsciente.

Leurs interprétations péremptoires peuvent également sembler logiques et cohérentes. Elles sont facilement compréhensibles, basées la plupart du temps sur des analogies (langue des oiseaux). Mais elles sont surtout invérifiables et irréfutables et il faut les admettre pour pourvoir « guérir ».

Les psychogénéalogistes observent des répétitions de structures, des coïncidences de dates et déduisent de ces corrélations des causalités. C’est une erreur de raisonnement que nous commettons tous au quotidien. Mais, constater une corrélation temporelle entre deux événements, une coïncidence de dates entre deux personnes est-ce suffisant pour affirmer qu’un des événements a impliqué l’autre, que ces deux personnes sont liées ? Non. Constater que Charles et son grand-père ont tous les deux été atteints, au même âge, aux testicules ne permet pas d’affirmer que Charles développe un cancer à cause du coup de pied du chameau reçu par son grand-père.

Est-ce que ça « marche » ?

Les psychogénéalogistes prétendent que la mise en lumière d’une loyauté familiale invisible suffit à permettre au patient de sortir du schéma de répétition et donc à le « guérir » de sa maladie transgénérationnelle. Ils revendiquent donc de nombreuses « guérisons ».

Cet argument d’efficacité est souvent avancé pour valider la théorie qui sous-tend une thérapeutique mais il constitue une faute de logique, appelé aussi le sophisme du pragmatisme. En effet, il ne suffit pas que Charles ait guéri de son cancer pour prouver que celui-ci était dû au coup de pied de chameau reçu par son grand-père.

Les nombreuses « guérisons » avancées comme preuves de l’existence de ces transmissions transgénérationnelles ne constituent en réalité qu’une collection d’arbres et de témoignages. Ils peuvent de plus résulter d’un tri sélectif des données, seuls les résultats probants étant mis en avant. Sans autre preuve, les théories de la psychogénéalogie ne sont que des hypothèses restant à confirmer. Un exemple ne démontre rien. Une observation peut mettre en évidence un phénomène, (synchronie, syndrome du gisant), mais son interprétation par une mémoire transgénérationnelle inconsciente n'est qu'une hypothèse que cette simple observation ne suffit à prouver.

Pourquoi est ce que ça marche ?

La principale qualité d’un psychogénéalogiste est certainement l’écoute attentive qu’il se doit d’accorder à ses patients. En effet, les patients doivent confier à leur thérapeute leur histoire et celle de leurs familles. Le contexte de la maladie, du trouble psychologique qui les ont amenés à consulter est donc pris en compte. Aucun détail n’est oublié puisque tout a un sens.

Mais ce qui contribue au succès de la psychogénéalogie est sans aucun doute les réponses qu’elle prétend apporter. Les interprétations des psychogénéalogistes répondent à une véritable quête de sens de la part de leurs patients. Frappé par la maladie, ils ont en effet besoin de comprendrepourquoi : pourquoi est-ce que cette maladie les touche ? Pourquoi cela leur arrive-t-il maintenant ? Aucun médecin n’est capable de répondre à ces interrogations alors que la psychogénéalogie donne des explications en apparence cohérentes et rationnelles, mais surtout invérifiables et probablement libératrices. 

Enfin, en rejetant la faute de la maladie ou du mal-être sur un autre membre de la famille, la psychogénéalogie déculpabilise et déresponsabilise le patient. Cet effet de « déculpabilisation » joue très vraisemblablement un rôle dans les améliorations ressenties par les patients des psychogénéalogistes.

Pourquoi est ce dangereux ?

Bien qu’elle revendique une certaine efficacité, la psychogénéalogie n’est pas une psychothérapie inoffensive. 

Prétendant faire ressortir de l’inconscient familial des souvenirs refoulés à l’origine de problèmes psychologiques, la psychogénéalogie glisse parfois vers la manipulation par suggestion. Comme d’autres thérapies du même type, elle amène le patient à croire fermement à la véracité de faux souvenirs induits et aux explications invérifiables données par la thérapie.

Rejetant la « faute », la cause de la maladie sur un autre membre de la famille, elle peut également être la source de conflits et de rupture familiale. Si elle déculpabilise le patient, elle rejette en effet la culpabilité sur un de ses proches dont le comportement serait à l’origine de sa propre maladie.

De plus, cette thérapie enferme le patient dans son propre schéma de raisonnement. La maladie transgénérationnelle diagnostiquée, le patient se doit en effet de continuer la thérapie pour en sortir afin d’éviter de transmettre à son tour la maladie à sa descendance.

Enfin, les interprétations de certains psychogénéalogistes sont plus que douteuses. Les transmissions transgénérationnelles sont pour eux la source de toutes les maladies, même celles d’origine génétique comme l’écrit Baudouin Labrique :

Les maladies dites génétiques sont en fait des somatisations de conflits non résolus pouvant remonter jusqu'à la quatrième génération dans la famille.”

 

Bibliographie

Broch H., (1985), Le paranormal, Seuil. 
Canault N. (1998), Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres ? , Desclée De Brouwer.
Ancelin Schützenberger A., (2000), Aie, mes aieux ! , 15e édition, Desclée De Brouwer.
Van Eersel P. et Maillard C., (2002), J’ai mal à mes ancêtres, Albin Michel.
Sellam S. (2004), Le syndrome du Gisant, un subtil enfant de remplacement, Bérangel.

Fabre G. (2005), Psychogénéalogie (I) – Aïe, mes aïeux !. Publié sur le site de l’Observatoire Zététique et disponible en ligne : http://www.observatoire-zetetique.org

Fabre G. (2006), Psychogénéalogie (II) - Le syndrome du Gisant. Publié sur le site de l’Observatoire Zététique et disponible en ligne :http://www.observatoire-zetetique.org

 

GEMPPI:groupe d'etudes des mouvements de pensée en vue de la prévention de l'individu 


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28 octobre 2011

violencesssss...........

VIOLENCES CONJUGALES

GÉNÉRALITÉS
LES CHIFFRES
PROCESSUS, MÉCANISMES ET CONSÉQUENCES
PRÉVENIR, DÉPISTER ET PROTÉGER - LA LOI
VIOLENCES CONJUGALES PENDANT LA GROSSESSE
IMPACT DES VIOLENCES CONJUGALES SUR LES ENFANTS
MAUVAIS CONJOINT, BON PARENT ?



GENERALITES

Définition : Il s'agit d'un processus au cours duquel un partenaire ou un ex-partenaire adopte à l'encontre de l'autre des comportements agressifs, violents et destructeurs.
Il s'agit donc de violences exercés par un partenaire au sein d'une relation de couple (que les partenaires soient mariés, pacsés, ou vivant en concubinage, que le couple soit hétéro ou homosexuel, que le couple soit séparé) ou au sein des relations amoureuses.
Les violences conjugales comme toutes les violences sont intentionnelles et elles représentent une atteinte au droit fondamental des personnes à vivre en sécurité, et une atteinte à leur dignité. Elles entraînent aussi une atteinte à leur intégrité physique et psychique et sont à l'origine d'importantes conséquences psychotraumatiques. Elles peuvent mettre en péril la vie, la santé, l'intégration scolaire, professionnelle et sociale des victimes et de leurs enfants. Elles aggravent ou génèrent des situations de précarité, de pauvreté, voire de marginalisation.
Elles sont un problème socio-politique et de santé publique. Une permanence téléphonique a été mise en place en 1992 par la Fédération Solidarité femmes avec depuis 2007 un numéro d'appel gratuit et anonyme depuis un téléphone fixe, le 39-19 violences conjugales-info, avec le site http://www.solidaritefemmes.asso.fr/ewb_pages/l/le-3919-violence-conjugale-infos.php . En 2010 les violences faites aux femmes ont été instituées grande cause nationale ; pour en savoir plus : http://www.violencesfaitesauxfemmes.com/ewb_pages/p/presentation-grande-cause2010.php . La loi reconnaît de plus en plus leur gravité et reconnaît que la qualité de conjoint de la victime constitue une circonstance aggravante de l'infraction commise, les textes de loi votés récemment organise unemeilleure protection des victimes (ordonnance de protection, éviction du partenaire violent, bracelet électronique, nouveau délit de violences psychologiques au sein du couple), et une meilleure information (campagne, diffusion de plaquettes d'information), une meilleure formation des professionnels concernés (de la santé, du social, des secteurs associatifs, de la police et de la gendarmerie, de la justice) et une meilleure lutte contre les inégalités et les comportements sexistes. La violence conjugale n'est pas le résultat d'un conflit. La violence conjugale est un processus d'emprise. Quel que soit son cadre, la violence est toujours une affaire de recherche de pouvoir sur l’autre, de satisfaction de ses attentes au détriment de l’autre, souvent exercée de façon mystificatrice au nom de l'amour. Le recours à la violence a pour objectif le contrôle et la domination de l'autre, la victime est mise sous emprise. La violence englobe la violence physique, verbale, psychologique, sexuelle, économique.
Il s'agit aussi d'une violence touchant dans leur immense majorité les femmes, dans 82% des cas de violences conjugales. Cette violence est « dirigée contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques y compris la menace de tels actes » (article 2-ONU, 1993), et elle « s'analyse comme un moyen de contrôle de la femme ayant ses racines dans le rapport de pouvoir inégal entre l'homme et la femme » (conférence de Rome,1993).
Les violences conjugales sont fréquentes, répétées et durables, elles démarrent très tôt dès l'adolescence dans le cadre des premières relations amoureuses. Elles touchent toutes les couches de la société, à toutes les périodes de la vie de couple, mais elles sont encore plus fréquentes chez les jeunes, lors de la première grossesse ou lors d'une séparation.
Elles bénéficient d'une tolérance, d'une minimisation et d'une banalisation de la part de la société, lesquelles reposent sur des stéréotypes concernant les femmes et leur rapport aux hommes, sur l'amour-passion confondu avec l'emprise et la possession qui justifierait la jalousie, le contrôle du partenaire, la violence lors des rapports sexuels, la disponibilité constante du partenaire, la mise sous esclavage au service de l'autre : « si tu m'aimes… ». Les violences conjugales sont tellement répandues que nombreux sont les enfants qui y ont été exposés à l'intérieur de leur famille, le couple est alors pour eux un lieu naturellement violent, dans lequel la jalousie le contrôle et la domination de l'homme sur la femme font partie des relations habituelles. Ils apprennent de leur famille une façon violente de gérer les conflits et que le rôle de la femme est de se soumettre aux exigences de son mari et de ne jamais le contrarier. Ils font l'expérience au sein de leur famille de la pression, l'intimidation et la manipulation émotionnelle comme outil pour obtenir ce qu'ils veulent.
Les violences familiales sont pour les femmes et les enfants, qu'ils soient témoins de violences conjugales ou victimes directes, à l'origine d'importants traumatismes psychiques et de conséquences graves et durables sur leur santé psychique et physique : pour les femmes, conséquences sur leur vie personnelle, affective, sociale et professionnelle, et pour les enfants conséquences sur leur développement, leur scolarisation, leur socialisation et leur vie affective. Ces conséquences sont liées à l'installation de troubles psychotraumatiques sévères qui sont particulièrement fréquents chez les femmes victimes de violences conjugales : 58% versus 24% chez l'ensemble des victimes de traumatismes, et les enfants exposés aux violences conjugales : 60% versus 24 %.
Les violences conjugales commencent souvent lors de la première grossesse (pour 40 % de l'ensemble des violences conjugales ), l'entrée dans la vie familiale peut « allumer » la mémoire traumatique, cf MÉMOIRE TRAUMATIQUE, d'un futur père qui a des antécédents de maltraitance dans l'enfance ou a été témoin de violence conjugales ; il peut alors considérer que cet enfant à venir « l'agresse », le met en danger et vouloir l'attaquer, le passage à l'acte violent en générant un stress lui permet de « disjoncter » et de s'anesthésier émotionnellement. La vie familiale devient un terrain miné susceptible d'exploser à tout instant et de s'abattre en violence sur la femme et les enfants, ceux-ci doivent mettre en place des stratégies d'évitement pour que la mémoire traumatique du père ne s'allume pas. La violence peut au travers des conduites dissociantes anesthésiantes générer de nouvelles violences de générations en générations.

LES CHIFFRES

La violence conjugale est la forme la plus courante de violence subie par les femmes dans le monde. Des études démographiques ont été conduites dans 71 pays pour recueillir des informations sur l’ampleur et la prévalence de la violence conjugale. Il ressort de l’étude Multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l’égard des femmes que la prévalence de la violence physique commise par un partenaire intime durant la vie d’une femme oscille entre 13 % et 61 %. La prévalence varie entre 23 % et 49 % pour la majorité des lieux étudiés. La prévalence de la violence sexuelle commise par un partenaire intime au cours de la vie d’une femme oscille entre 6 % et 59 %. Plusieurs études conduites dans différents pays en développement indiquent que la violence durant la grossesse oscille entre 4 % et 32 %, et que la prévalence de la violence physique durant la grossesse, de sa forme modérée à sa forme extrême, est d’environ 13 %. En France, au cours de l’année 2008, la délégation aux victimes du Ministère de l'intérieur a constaté que 184 personnes sont décédées, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire de vie (conjoint, concubin, pacsé ou ex-dans les trois catégories). De ce rapport il ressort que tous les deux jours en France, un homicide est commis au sein du couple. 156 femmes sont décédées en une année, victimes de leur compagnon ou ex-compagnon, 27 hommes sont décédés, victimes de leur compagne ou ex-compagne. 1 femme est tuée par son partenaire ou ex partenaire tous les 2 jours et demi, 1 homme tous les 14 jours. Les femmes sont les victimes dans 84,4 % des cas.
C'est seulement depuis 2006 que la Délégation aux victimes mène, pour le Ministère de l'intérieur, un recensement sur les morts violentes au sein du couple. Il convient de souligner que les chiffres présentés dans cette étude sont un minimum, quelques rares cas ayant pu échapper à la remontée d’information auprès de la Délégation aux victimes.
L'enquête ENVEFF (Enquête nationale sur les violences faites aux femmes) date de 2000, sur un échantillon de 6970 femmes âgées de 20 à 59 ans : dans les 12 mois précédant l'enquête, 10% des femmes ont été victimes de violences conjugales (soit en IDF 350 000 femmes). Ces violences conjugales sont gardés sous silence (2 femmes sur 3 en ont parlé pour la première fois lors de l'enquête), les femmes les plus jeunes (20-24 ans) les subissent davantage. Ces violences se décomposent en : 4,3% de violences verbales(insultes, menaces, chantages), 37% de violences psychologiques (contrôle, domination, dénigrement, mépris),2,5% de violences physiques ( coups, brutalités, gifles, séquestration, mises à la porte, tentatives d'homicide), 0,9% de violences sexuelles (agissements sexuels imposés, viols).
L'enquête de Seine St Denis en 2008 confirme que les plus jeunes femmes (18-21 ans) subissent plus de violences dans le couple au cours des douze derniers mois : 4% des jeunes filles ayant eu une relation amoureuse dans les 12 derniers mois ont déclaré avoir subi des attouchements du sexe contre leur gré, tentative de viol, et viol. Les relations des jeunes couples semblent en effet très tendues (29% de harcèlement psychologique réciproque) mais aussi très violentes (12 % de harcèlement psychologique et 9% de violences physiques subies par les filles). Enfin, les femmes mariées (peu nombreuses) sont celles qui ont le plus déclaré du harcèlement psychologique, principalement motivé par une volonté de contrôle de la part de leur partenaire, elles sont également beaucoup plus exposées aux agressions sexuelles. Comme l’ont montré d’autres études, les femmes, mariées précocement sont souvent dans des situations de vulnérabilité. Mais les jeunes femmes parlent plus des violences et les dénoncent plus.

PROCESSUS, MÉCANISMES ET CONSÉQUENCES

La violence conjugale se développe à travers des cycles dont l'intensité et la fréquence augmentent avec le temps.Les périodes d'escalades et les phases d'explosions de violence se succèdent, entrecoupées de périodes de rémission durant lesquelles le conjoint minimise les faits, justifie son comportement et promet de ne plus recommencer, périodes dites de « lune de miel », plus le cycle se répète, plus l'emprise est forte sur la victime, plus ces « lunes de miel » sont courtes.
L'évolution suit une courbe croissante qui va de la moindre à la plus grande dangerosité : agressions psychologiques (qui peuvent durer des années), violence verbale, agression physique, tentative d'homicides. Dans la majorité des cas le comportement du conjoint violent est de plus en plus dangereux avec le temps. Le cycle de la violence s'organise en 4 phases (d'après les recherches de Léonore Walker, 1979) :
1. Tensions (conflits, contrôle, menaces), crainte et peur chez la victime
2. Agressions (recours à la violence), terreur, impuissance, désespoir chez la victime
3. Déni, transfert de culpabilité, culpabilisation, responsabilisation chez la victime
4. Rémission, sursis amoureux, espoir de changement, efforts chez lza victime pour minimiser les faits et les excuser.

L'agresseur développe une véritable addiction à la violence et s'il constate qu'aucune conséquence n'a découlé de ses actes violents et qu'il bénéficie d'une totale impunité, le climat de domination peut se réinstaller, le cycle recommence et s'aggrave alors, il est essentiel de l'arrêter le plus précocement possible.

Les 5 stratégies habituelles des agresseurs (d'après Marie-France Casalis du CFCV, Collectif féministe contre le viol) :
- isoler la victime, la priver de ses ressources, de ses proches
- la dévaloriser, la déstabiliser
- inverser la culpabilité
- instaurer un climat de peur, terroriser, se présenter comme tout-puissant
- assurer son impunité en recrutant des alliés

Pour mieux s'opposer à ces stratégies il faut :
- accompagner la victime, lui donner son soutien, son aide
- la valoriser, reconnaître son courage, ses capacités, sa résistance
- s'appuyer sur la loi et le droit, attribuer à l'agresseur la seule responsabilité
- la mettre en sécurité, mettre fin aux violences
- résister, dénoncer et accompagner.

L'agresseur avec souvent la complicité de la société, de la famille, des institutions, et parce qu'il se sent en position de force, peut se choisir une victime ou des victimes pour échapper à ses angoisses et à son malaise (dus à sa mémoire traumatique). Cette victime-esclave devra être dévouée au confort personnel, professionnel, psychique, physique, sexuel du conjoint violent et devra à sa place développer des conduites d'évitement pour ne pas le contrarier ni l'énerver. La victime est instrumentalisée comme une drogue dissociante efficace, les violences et la terreur qu'il génère chez la victime permet au conjoint violent de se dissocier (disjonction du circuit émotionnel) et de s'anesthésier émotionnellement. Comme toute conduite addictive un phénomène de dépendance et de tolérance va s'installer qui va entraîner une augmentation inexorable des violences.
Le conjoint victime/esclave/bouc émissaire « idéal», c'est la victime qui est « trop gentille », ayant été formatée souvent depuis l'enfance à ne pas se défendre, à ne pas contrarier, à ne pas dire non, à être toujours prête à faire des efforts, à se remettre en question, qui est donc une bonne esclave, qui ne risque pas de se rebeller. C'est celle qui est isolée, sans personne pour la défendre (sans famille, immigrée....), qui représente pour l'agresseur l'assurance d'une impunité. Le conjoint ne risque pas de perdre sa victime. Comme elle a subi des violences graves avant sa vie conjugale, sa mémoire traumatique la rend facile à terroriser, et en fait une bonne drogue dissociante pour l'agresseur.
Les conséquences psychotraumatiques des violences expliquent des symptômes, des troubles du comportement et des conduites des victimes qui paraîssent paradoxaux et incompréhensibles à l'entourage et aux professionnels qui les prennent en charge alors que se sont des réactions normales à des situations anormales, cf CONDUITES À RISQUES.
Les conséquences psychotraumatiques des violences et les mécanismes neuro-biologiques de disjonction expliquent également certains comportements violents des conjoints. Ces violences sont des conduites dissociantes addictives, anesthésiantes, d'auto-traitement qu’ils mettent en œuvre pour échapper à leur mémoire traumatique. Leurs victimes sont instrumentalisées comme des drogues pour les soulager d'un mal-être qui n'a aucun rapport avec la réalité, elles sont sommées de jouer un rôle dans une histoire qui n'est pas la leur qui ne les concerne pas. Les victimes décrivent leur conjoint comme n'étant plus lui-même au moment des violences, comme devenant un monstre (car il rejoue une scène traumatique de son passé en choisissant comme rôle celui de l'agresseur, il devient donc quelqu'un d'autre), ce déchaînement de violences est incompréhensible, terrifiant et n'a aucun sens pour la victime, rien de ce qu'elle a fait, de ce qu'elle a dit, de ce qu'elle est, de ce qui est arrivé ne peut l'expliquer. C'est le rapport de force offert par une société inégalitaire qui permet à l'homme violent d'instrumentaliser sa femme et ses enfants pour son confort personnel (conduite d'évitement) et pour s'anesthésier (conduites dissociantes), sans se poser de questions sur son comportement incohérent et injuste.
Paradoxalement les victimes de violences peuvent se sentir « mieux » (en fait plus dissociées et anesthésiées, voir hypnotisées) avec leur conjoint violent que lorsqu’elles sont séparées de lui, et penser à tort qu'elles l'ont dans la peau, qu'elles l'aiment, alors qu'elles sont en fait tellement terrorisées avec lui qu'un seul regard suffit à les dissocier et à les anesthésier. Se remettre avec un agresseur c'est échapper à sa mémoire traumatique par dissociation, tout en se mettant en danger.
Du côté de l’agresseur, ces violences conjugales (liées à des conduites dissociantes qui mettent en jeu la sécrétion de drogues « dures » pour disjoncter ) deviennent des conduites addictives ; ce sont les phénomènes de dépendance et de tolérance qui entraînent une augmentation inexorable des violences.
Il est donc essentiel que les femmes victimes de ces violences puissent comprendre les mécanismes en jeu, se désolidariser d'une histoire qui n'est pas la leur et refuser d'y jouer un rôle en renvoyant leur conjoint à une mémoire traumatique qui ne concerne que lui-même et qu'il doit assumer et traiter autrement qu'en exerçant des violences, ce qu'ils n'ont pas le droit de faire.
En conclusion, la vie de couple (qui rappelle les violences conjugales dont on a été témoin et rallume ainsi la mémoire traumatique), la vie familiale avec la naissance des enfants (qui rappelle les maltraitances subies et les violences conjugales déclenchées par des altercations autour des enfants et rallume ainsi la mémoire traumatique),la vie sexuelle du couple (qui peut rappeler des violences sexuelles subies et rallume ainsi la mémoire traumatique)deviennent des terrains minés, chaque explosion de la mémoire traumatique étant susceptible de déclencher la mise en place de conduites dissociantes : alcoolisation, prise de drogues, violences contre soi (tentatives de suicide, automutilation), violences contre son conjoint ou contre ses enfants, conduites de mises en danger (moto, voiture, sports extrêmes, jeux dangereux, conduites sexuelles à risques, troubles alimentaires.
Face à cette mémoire traumatique, si l’un des membre du couple se positionne comme dominant, supérieur en rapport de force, il peut instrumentaliser son conjoint pour échapper à l'angoisse déclenchée par les allumages de sa mémoire traumatique (sa prétendue supériorité donnant plus de valeur à son bien-être qu'à celui du reste de sa famille) en imposant que ce soit au conjoint et à ses enfants de mettre en place des conduites d'évitement efficaces pour « qu'il ne s'allume pas », les transformant en esclaves au service de son bien-être (physique, psychique et sexuel), ou en ayant recours à des conduites dissociantes en cas d'échec : alcoolisation massive, violences verbales, physiques, sexuelles, à des mises en danger, à des menaces suicidaires … Le partenaire du couple en position de victime (le plus souvent la femme) et les enfants sont donc instrumentalisés. Ils vivent dans la terreur et développent des psychotraumatismes avec des conséquences graves pour leur santé physique et psychique. Ils vont développer à leur tour une mémoire traumatique, une souffrance intolérable, des conduites d'évitement, des conduites dissociantes (alcool, drogues, troubles alimentaires, risques suicidaires X25 pour les violences conjugales, conduites à risques chez les adolescents avec de nombreux accidents). Chaque « disjonction » va recharger la mémoire traumatique et la rendre encore plus hypersensible et explosive, imposant aux « esclaves » des conduites d'évitement de plus en plus envahissantes ; de plus, la disjonction se faisant grâce à la sécretion par le cerveau de « drogues dures » : morphines-like et kétamines-like, très rapidement un phénomène de dépendance et de tolérance va se mettre en place, nécessitant chez l’agresseur des « doses » de plus en plus fortes, donc des conduites dissociantes de plus en plus importantes : alcoolisation massive, violences de plus en plus graves, conduites dangereuses de plus en plus risquées. Le conjoint et ses enfants se retrouvent de plus en plus en danger et de plus en plus traumatisés.

Pour les femmes, avoir été victime de violences pendant l'enfance augmente le risque de subir des violences conjugales. Elles peuvent-être choisies pour leur isolement, leur vulnérabilité et l'intensité de leur mémoire traumatique qui les rend encore plus terrorisées lors des violences et donc moins aptes à se défendre, moins confiantes en elles et plus « intéressantes » car plus efficaces comme « drogue dissociante pour l'agresseur. De leur côté, elles peuvent choisir leurs conjoints pour son histoire traumatique qui les fait se sentir plus proches d'eux, pour les aider.
La violence n'est pas une fatalité, c'est la loi du plus fort qui permet que les conduites dissociantes soient utilisées en toute impunité contre les plus vulnérables, les hommes violents doivent arrêter de s'autoriser à être violents et se désintoxiquer de leur recours à la violence pour éteindre leur mémoire traumatique. La violence peut produire de la violence de façon transgénérationnelle par l'intermédiaire de la mémoire traumatique et des conduites dissociantes, les enfants exposés à la violence conjugale sont à risque de devenir violent envers eux-mêmes, d'être victimes de violences ou d'être à leur tour des conjoints violents.

PRÉVENIR, DÉPISTER ET PROTÉGER - LA LOI

Les violences conjugales sont considérées comme un délit quelle que soit l'ITT pénale (incapacité totale de travail) ouun crime en cas d'homicide, de viol, d'actes de torture ou de barbarie. La Loi n° 92.683 du 22 juillet 1992 portant réforme des dispositions du Code Pénal mentionne expressément que la qualité de conjoint de la victime constitue une circonstance aggravante de l'infraction commise. Il en ressort que même s'ils n'ont entraîné aucune incapacité totale de travail (ITT), ces faits de violence sont constitutifs d'un délit, donc passibles du Tribunal Correctionnel. Et depuis la loi du 4 avril 2004 cette circonstance aggravante est élargie aux concubins, "pacsés" et anciens conjoints. Elle est applicable en cas de meurtre ce qui porte la peine encourue à la réclusion à perpétuité au lieu de 30 ans ; d’autre part la proposition stipule que la qualité de conjoint ou de concubin « ne saurait être une cause d’atténuation de la responsabilité en cas de viol au sein du couple », disposition rarement appliquée…
L'article 220-1, alinéa 3, du Code civil 2004 permet l'éviction du conjoint marié violent (qui sera élargi aux conjoints pacsés violents et aux concubins avec la loi du 29 juin 2010).
Par ailleurs, la Loi du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple vise àprévenir et réprimer la violence au sein du couple : pour aider à lutter contre les mariages forcés, le texte aligne l’âge légal du mariage des femmes sur celui des hommes (18 ans au lieu de 15).
L’interdiction d’accéder au domicile conjugal pourra faire partie des obligations imposées au conjoint ou concubin violent dans le cadre du sursis avec mise à l’épreuve et du contrôle judiciaire ; un amendement a été adopté par les sénateurs, punissant d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende le fait de priver, dans un couple, l’autre de ses papiers d’identité ou de son titre de séjour.

La loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010

relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants est un progrès, elle institue une ordonnance de protection des victimes de violences, qui peut être délivrée par le juge aux affaires familiales, en urgence, lorsque des violences sont exercées au sein du couple ou lorsque des personnes sont menacées de mariage forcé. Cette loi comporte trois volets principaux :
- d’une part, des dispositions visant à renforcer la protection des victimes de violences quelle que soit la nature de celles-ci, avec l'ordonnance de protection
- d’autre part, des dispositions relatives à la prévention de ces violences (informations des scolaires, formations des professionnels, institution d'une journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes fixée au 25 novembre)
- enfin, des dispositions visant à renforcer la répression des auteurs de violences faites aux femmes (nouveau délit de violences psychologiques).
L'ordonnance de protection pour les victimes de violences au sein du couple ou pour les personnes menacées de mariages forcés permet de mettre en place des mesures d’urgence, sans attendre le dépôt d’une plainte par la victime, notamment :
- l'éviction du conjoint violent : ne sont plus seulement concernés les couples mariés, mais également les partenaires d'un PACS et les concubins)
- la dissimulation du domicile de la victime ou de sa résidence
- la prise en compte de la situation des enfants exposés à ces violences au travers de l’adoption de mesures provisoires et urgentes en matière d’exercice de l’autorité parentale, d’attribution de la jouissance du logement conjugal, de contribution aux charges du ménage
- l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle de la partie demanderesse
- la limitation du recours à la médiation pénale en cas de violences conjugales, la médiation pénale ne peut plus être imposée et devient réservée à la demande ou à l’accord de la seule victime. La médiation pénale en cas d’ordonnance de protection est prohibée, sauf si la victime en exprime la demande
- La délivrance et le renouvellement automatique de la carte de séjour temporaire aux victimes de violences conjugales lorsqu’elles bénéficient d’une ordonnance de protection et la délivrance automatique d’une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » aux personnes en situation irrégulières victimes de violence, dès lors qu’elles bénéficient d’une ordonnance de protection. Ce titre de séjour comporte l’ autorisation de travailler. La carte de résident peut être attribuée à la victime ayant porté plainte et en cas de condamnation de la personne mis en cause.
Cette ordonnance de protection est applicable durant quatre mois, avec possibilité de renouvellement en cas de dépôt par la victime d’une requête en divorce ou en séparation de corps. La loi impose aux officiers et agents de police judiciaire d’informer la victime, dès l’enquête préliminaire, de la possibilité de bénéficier d’une ordonnance de protection pour les victimes de violences, ainsi que des peines encourues par le ou les auteurs des violences et des conditions d'exécution des éventuelles condamnations.

Cette loi met aussi en place l’expérimentation, pendant 3 ans, du bracelet électronique auprès d’auteurs de violences au sein du couple (conjoint, concubin, partenaire, « ex ») ou sur les enfants et de dispositifs de protection offerts aux victimes de violences conjugales : lorsqu’une personne est placée sous surveillance électronique mobile, dans le cadre d’une assignation à résidence, d'un suivi socio-judiciaire ou d’une liberté conditionnelle avec interdiction de rencontrer la victime, cette dernière peut, si elle y consent expressément, se voir attribuer un dispositif de téléprotection (cf. expérience du téléphone portable d'urgence sur le 93).

Cette loi introduit un nouveau délit de violences psychologiques au sein du couple dans le code pénal en se fondant sur la définition du harcèlement moral : Art. 222-33-2-1 : « Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail, et de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ». Les mêmes peines sont encourues lorsque cette infraction est commise par un ancien conjoint, un ancien concubin de la victime, ou un ancien partenaire.
Cette loi supprime dans le code pénal la mention de la présomption de consentement des époux à l'acte sexuel s’agissant du viol entre époux.
Pour en savoir plus sur la loi du 9 juillet 2010 voir la loi sur le site légifrance : http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022454032&categorieLien=id

Le dépistage des conséquences psychotraumatiques

devrait être systématique, fait par tous les professionnels des secteurs de soins, associatifs et de l'aide sociale.
Les victimes de violences conjugales ont un risque important de développer des troubles psychotraumatiques chroniques (58%) et ne doivent pas rester abandonnées à leur sort et à leurs symptômes. Pour cela il faut identifier les violence le plus précocement possible pour mettre en place une protection et une prise en charge efficace. Plus la prise en charge est précoce, moins il y a de risque que la victime développe une mémoire traumatique et des troubles psychotraumatiques, et plus les troubles psychotraumatiques sont dépistés tôt, plus leur traitement est efficace rapidement.
Actuellement la méconnaissance, chez les professionnels susceptibles de prendre en charge et d'orienter au mieux ces victimes, de la réalité des violences et de la gravité ainsi que du caractère chronique des conséquences psychotraumatiques fait que la majorité des victimes restent longtemps exposées aux violences et ne sont pas soignées spécifiquement.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 22 à 35% des femmes qui consultent dans les services d'urgence présentent des symptômes consécutifs aux violences (Campbell et al., 1994) alors que seulement 2% sont identifiées comme victimes aux urgences (Olson, 1996); 28% des femmes s'adressant à des dispensaires de médecine ont subi des violences conjugales (Gin et al.,1991), 10 à 32 % des femmes examinées dans des services de gynécologie obstétrique ont subi des violences conjugales (Campbel et al., 1992; Stewart et Ceccuti, 1993)‏ ; 52à 72 % des femmes hospitalisées dans un service de psychiatrie et 64 % adressées à un psychiatre sont victimes de violences (Maza, 1996).
Les professionnels doivent être mieux formés, particulièrement les médecins.
Le dépistage des violences conjugales devraient être systématique fait par tous les professionnels des secteurs de soins, associatifs et de l'aide sociale sous la forme de questions lors d'entretiens, toujours en dehors des partenaires et/ou des familles. Il est essentiel de lutter contre la loi du silence.
Il a été démontré que si les femmes ont accès à des ressources (associatives, médicales spécifiques, judiciaires) le risque de récidives diminue (Wathen et MacMillan, 2003) et des vies peuvent être sauvées et la qualité de vie améliorée (Campbel, 2004; Sharps et al., 2001). Les femmes qui ont peur pour la vie de leur bébé à venir sont plus susceptibles de braver la loi du silence (souvent liée à une culpabilité entretenue par l'agresseur et la honte de subir des violences) et de réussir à parler malgré les menaces dont elles sont fréquemment l'objet.

VIOLENCES CONJUGALES PENDANT LA GROSSESSE

Les violences conjugales pendant la grossesse sont très peu étudiées en France et en Europe, beaucoup plus en Amérique du Nord particulièrement au Canada ou de nombreuses études ont été faites et des systèmes de surveillance périnatale mis en place pour dépister les violences (SCSP), recommandant le dépistage universel des violences conjugales chez toutes les femmes enceintes. La grossesse étant un moment où les femmes ont un accès régulier aux soins et où elles interagissent avec des professionnels de la santé, il s'agit d'une période idéale pour dépister et prévenir les violences. La grossesse est une période de vulnérabilité qui (comme dans le cas des mineurs) autorise la levée du secret médical pour faire un signalement aux autorités judiciaires.

Les femmes de 15 à 45 ans (période qui correspond aux années de procréation) ont déclaré des taux de violences plus élevés que celles de plus de 45 ans, (enquête canadienne, Ottawa, 1999). Le taux de violence est de 6,6 % pendant la grossesse en cours, 86,1 % de ces femmes avaient déjà subi des violences conjugales, près des 2/3 (63,9%) des femme ont déclaré que la violence s'était aggravée pendant la grossesse (Stewart,1993). Chez les femmes qui ont déclaré des violences pendant leur grossesse, 90% ont subi des violences dans les 3 mois suivant l'accouchement, le nombre de violences ayant augmenté après la naissance (Muhajarine,1999).

Les violences débutent souvent au cours d'une grossesse et les femmes victimes pendant leur grossesse ont plus tendance à signaler des actes de violence «extrêmement grave» : 40% des violences conjugales ont débutées pendant la grossesse, les femmes victimes enceintes étaient 4 fois plus nombreuses que les autres femmes victimes à dire qu'elles avaient subi des violences «extrêmement graves» (coups, strangulation, menaces de mort par armes, agressions sexuelles), 45% des femmes victimes de violences ont subi des blessures physiques dont 10% ont déclaré avoir souffert de lésions internes et subi une fausse-couche (enquête nationale canadienne auprès de 12300 femmes, 1993).

Les violences conjugales pendant la grossesse peuvent avoir de graves conséquences sur le suivi, le déroulement de la grossesse, le travail, l'accouchement et le post-partum. Les violences sont aussi à l'origine d’assez nombreuses demandes d'IVG.

IMPACT DES VIOLENCES CONJUGALES SUR LES ENFANTS

Les violences conjugales sont à l'origine d'importants traumatismes sur les enfants qui en sont témoins et qui les subissent. Lors de violences conjugales, les enfants vont grandir dans un climat de grande insécurité et de terreur et vont être témoins, ou victimes directes de ces violences qui peuvent s’abattre sur eux en même temps. La majorité (près de 60 %) de ces enfants, s'ils ne sont pas efficacement protégés et pris en charge, développeront des conséquences psychotraumatiques graves et durables sur leur santé physique et psychique avec une grave souffrance mentale, des retentissements sur leur développement psycho-moteur, leur scolarisation, leur socialisation et leur vie affective à long terme ; ils auront un risque d'être à nouveau victime de violences tout au long de leur vie, et un risque également important de présenter des conduites agressives, des conduites à risque, des conduites délinquantes et des troubles psychiatriques à l'âge adulte (Rossman, 2001). 40 à 60 % d'hommes violents avec leurs partenaires ont été témoins de violences conjugales dans l'enfance.

Les enfants traumatisés par des violences conjugales présentent davantage de problèmes de santé : retard de croissance, allergies, troubles ORL et dermatologiques, maux de tête, maux de ventre, troubles du sommeil et de l'alimentation, et ils sont plus souvent victimes d'accidents (8 fois plus d'interventions chirurgicales). Ils présentent fréquemment des troubles de l'adaptation : phobies scolaires, angoisse de séparation, hyperactivité, irritabilité, difficultés d'apprentissage, et des troubles de la concentration. Ils présentent fréquemment aussi des troubles du comportement, 10 à 17 fois plus que des enfants dans un foyer sans violence, dont des comportements agressifs vis à vis des autres enfants, 50% des jeunes délinquants ont vécu dans un milieu familial violent dans l'enfance.

Les enfants traumatisés par des violences conjugales peuvent présenter à l'âge adulte (Rossman, 2001) une augmentation :

  • du risque d'être à nouveau victimes de violences tout au long de la vie
  • du risque de présenter des conduites agressives
  • du risque de présenter des conduites à risque
  • du risque de présenter des conduites délinquantes et des troubles psychiatriques (40 à 60 % d'hommes violents avec leur partenaires ont été témoins de violence conjugale dans l'enfance).

Les troubles psychotraumatiques peuvent représenter pour ces enfants un risque vital, particulièrement à l'adolescence avec une augmentation du risque d'avoir un accident mortel et une augmentation importante du risque suicidaire (x 20).

Les enfants sont particulièrement exposés à des troubles psychotraumatiques lors des violences conjugales du fait de leur vulnérabilité, de leur dépendance affective et physique, de leur immaturité psychique et physiologique, de leur impuissance, et de leur situation d'être en construction et en devenir. Comme les enfants témoins de violences conjugales vivent dans un climat de grande insécurité et de terreur, toute leur énergie passe dans la mise en place de stratégies de survie et de défense. Il est essentiel de les protéger, d'assurer leur sécurité et de leur donner des soins spécialisés. Il est essentiel aussi pour leur avenir de leur donner une meilleure image du monde adulte, en leur redonnant confiance en un monde d'égalité, de fraternité et de justice où la loi du plus fort ne règne plus.

Les enfants subissent les violences conjugales souvent dès leur vie fœtale. Dans 40 % des cas les violences conjugales commencent pendant la grossesse et peuvent être plus graves pendant la grossesse pour 2 femmes sur 3 ; 4 fois plus de femmes signalent de très mauvais traitements pendant la grossesse (coups, menaces avec armes, agressions sexuelles). Les femmes qui subissent des violences conjugales ont un moins bon suivi de leur grossesse et plus de facteurs de risque (HTA, tabagisme, prise d'alcool)‏. Le fœtus se retrouve alors en danger, il est exposé à un stress physiologique important, avec des retentissements cardio-vasculaires et neurologiques, à un risque d'avortement (2 fois plus de fausses-couches chez les femmes victimes de violences conjugales), à une mort in utero par décollement placentaire ou rupture utérine, à une hémorragie fœto-maternelle, à un accouchement prématuré (37 % d'augmentation de risque), une souffrance néo-natale, à un petit poids de naissance (17 % d'augmentation de risque)‏.

Après la naissance le nouveau-né se retrouve doublement en danger , directement par la violence du père qui peut s'abattre sur lui (dans 3 cas sur 4 de violences conjugales), et indirectement par les violences que la mère continue à subir (dans 90 % des cas les violences conjugales continuent après l'accouchement) qui vont retentir sur les soins donnés à l'enfant et sur le lien mère-enfant, et être traumatisantes pour l'enfant. En effet le nouveau-né est très sensible aux effets de la violence qui l'entoure et il va développer d'importants troubles psychotraumatiques qui risquent de le mettre encore plus en danger : les pleurs continuels, les troubles importants du sommeil et de l'alimentation, le retard de développement psycho-moteurs peuvent être des facteurs de risque supplémentaires de maltraitance (bébé secoué, étouffement, etc.).

L'enfant grandit alors dans un climat d'insécurité, et développe une grande détresse face aux violences, face à son incompréhension et son impuissance, face à la menace de voir mourir un de ses parents, de mourir lui-même, ou d'être abandonné. L'enfant est d'autant plus exposé à des conséquences psychotraumatiques que les violences conjugales ont commencé très tôt, qu'il est l'aîné ou qu'il est enfant unique, que les violences sont graves et fréquentes, que l'enfant s'interpose et subit des violences directes. L'enfant va être d'autant moins exposé à des conséquences psychotraumatiques que sa mère (ou le parent victime) a des comportements de soutien et de compréhension face à sa souffrance et qu'elle est chaleureuse avec lui (qu'elle puisse parler avec l'enfant, le rassurer) et qu'elle lui donne des repères. Une bonne estime de soi et de bonnes compétences sont un facteur de protection (importance du rôle de l'école)

MAUVAIS CONJOINT, BON PARENT ?

Des liens parentaux dans la violence conjugale.

par Sokhna Fall
Ethnologue et thérapeute familiale, victimologue
Vice-Présidente de l’Association Mémoire traumatique et victimologie

Lorsque la violence se déclenche dans le couple, l’auteur, clivé, halluciné par sa mémoire traumatique, cesse de voir l’autre parent comme la mère ou le père de ses enfants, parce qu’il ne perçoit plus non plus son enfant comme un être dont il a la responsabilité, auquel il doit secours et protection. Il ne répond qu’à son besoin impérieux d’utiliser l’autre pour apaiser son tourment intérieur. On pourrait dire que l’enfant est, tout autant que son parent victime, instrumentalisé dans le scénario catastrophique que rejoue l’auteur. Si le conjoint joue le rôle de victime des coups et de la violence verbale, l’enfant joue celui « d’un enfant qui a peur pour sa mère (ou son père) », « d’un enfant qui perd sa mère (ou son père) », « d’un enfant qui souffre pour sa mère (ou son père) ».
L’auteur des violences ne peut ignorer l’effet sur son enfant de ces scènes, que l’enfant en soit directement témoin ou pas, d’autant qu’il les a souvent lui-même vécues dans son enfance. Il ne peut prétendre n’avoir pas vu les regards d’effroi, pas entendu les cris de terreur ou pas perçu les tentatives malhabiles de le retenir. Affirmer qu’il ne s’en est « pas rendu compte » revient à reconnaître qu’il est à certains moments totalement incapable d’être conscient de l’existence de son enfant, et a fortiori d’empathie avec lui. Le passage à l’acte de la violence conjugale me paraît bien la révélation d’une défaillance – rarement passagère – des capacités parentales de l’auteur. Sans compter qu’il n’est pas rare que le prétexte de la violence soit l’intervention du parent victime pour protéger son enfant de méthodes dites « éducatives » brutales et cruelles.
Il me semble, par conséquent, que toutes les situations de violences conjugales portées à la connaissance de la Justice, devraient donner lieu, en plus des actes de procédure pénale, à différentes mesures, impliquant les deux parents, afin de protéger les enfants.

Premièrement, dès la mise en examen de l’auteur, un dispositif protégeant la victime des contacts avec l’auteur, y compris lors de l’exercice des droits parentaux, sans attendre les jugements du pénal et du Juge aux Affaires Familiales, devrait être mis en place.
Comme l’a démontré le drame du petit Ibrahima, enlevé par son père (condamné auparavant pour menaces de mort contre son ex-compagne), après que celui-ci a tué sa mère, on pourrait parler de « mise en danger d’autrui » ou même d’« homicide par imprudence », quand une cour juge que l’auteur a « l'interdiction d'approcher son ancienne compagne, en dehors du droit de visite pour récupérer l'enfant ». Un jugement de ce type prend le relais de l’instrumentalisation de l’enfant par l’auteur. Le père d’Ibrahima l’a bien compris, puisqu’il a invoqué le fait qu’il « voulait avoir l'enfant », « qu'en raison d'un conflit parental avec la mère, il ne l'avait pas autant qu'il le souhaitait », « que la mère de l'enfant ne respectait pas suffisamment la décision du juge des affaires familiales », pour justifier sa violence meurtrière (source : http://www.lepost.fr/article/2010/02/17/1946140_il-avoue-avoir-tue-son-ex-compagne-et-enleve-son-bebe-il-dit-et-repete-qu-il-voulait-avoir-l-enfant.html). Le sacro-saint « droit du sang » de la culture juridique française s’est révélé un « droit au sang ». La presse a insisté sur le fait que le père ne respectait pas le contrôle judiciaire puisqu’il se présentait au domicile de la mère en dehors de l’exercice de ses droits parentaux. Mais la décision de justice a autorisé cette transgression en autorisant l’auteur à se rendre au domicile de sa victime. Qu’est-ce qui justifiait que cet homme soit considéré comme dangereux pour son ex-compagne sauf dans les moments où il venait chercher leur enfant ? Est-ce à dire que c’est l’enfant, en l’occurrence âgé de 18 mois, qui devait constituer le rempart efficace à la violence conjugale ? On pourrait presque dire que, par ses transgressions, dont la police et la justice avaient été informées, ce père était plus protecteur que l’appareil judiciaire puisqu’il alertait sur les failles du jugement. Ce dernier a parié ou même « fantasmé », sur le dos fragile de l’enfant et le corps sanglant de la mère, que le mauvais mari ne saurait être un mauvais père, que la grâce de l’amour parental (pourtant inopérante jusque-là) empêcherait magiquement l’auteur de profiter de l’occasion pour s’en prendre de nouveau à sa victime. La mise en danger est d’autant plus flagrante qu’il n’est pas rare que suite à la séparation, les auteurs ne disposent pas de domicile adéquat pour recevoir l’enfant et exercent leur droit de visite au domicile du parent victime, et c’est peut-être pour cette raison qu’il n’avait pas été prévu que ce soit la mère qui amène l’enfant à son père. C’est donc à son domicile, là où elle pouvait penser être en sécurité, que la mère d’Ibrahima a été massacrée près de son fils, avec la complicité d’une décision judiciaire surréaliste.
Sans organiser de façon aussi explicite l’exposition de la victime à la récidive de l’auteur lors de l’exercice des droits parentaux, la plupart des jugements du pénal négligent tout simplement, jusqu’ici, de penser comment s’exerceront ces droits en dépit de l’interdiction de contact. Aux victimes de la violence conjugale de trouver l’organisation qui permettra à l’auteur de rencontrer les enfants sans se sentir ou sentir ceux-ci « trop » en danger. Certaines rechignent à se soumettre à ce qui peut leur sembler se livrer et/ou livrer leurs enfants à un ogre, et prennent le risque de se soustraire à ces décisions de justice (ce qu’avait peut-être effectivement fait la mère d’Ibrahima), donnant ainsi de nouveaux prétextes de violence à l’auteur et s’attirant la réprobation sévère des professionnels qui les accusent alors de « mêler les enfants à leur conflit de couple ». L’auteur, pour sa part, est délibérément mis en difficulté en ces occasions de rencontre, très susceptibles de réveiller en lui une tension dangereuse et de le conduire à rejouer le scénario destructeur d’un cycle de violence. Il peut aussi, de façon banale, se croire autorisé à profiter de ces moments, non pour exercer son rôle parental, mais pour tenter de reconquérir son conjoint. Le vocabulaire de la justice et du secteur social, focalisé sur le « conflit », favorise l’idéalisation de la situation « d’avant » et invite subtilement auteur et victime à se réconcilier alors qu’aucun d’eux n’a eu les moyens de traiter les problématiques complexes qui ont amené la violence de l’un à éclater à l’intérieur de leur relation. La Justice encourage ainsi ce que déplorent à juste titre policiers et travailleurs sociaux, c’est-à-dire le va-et-vient de la victime dans les bras de son bourreau.
Cette béance des décisions de justice, lorsqu’elle néglige d’organiser de façon protectrice l’exercice des droits parentaux, risque en outre que les enfants soient cette fois instrumentalisés par certains parents victimes, identifiés à l’agresseur, qui peuvent se saisir de l’occasion pour exercer à leur tour un pouvoir sur leur ex-conjoint. Celui-ci, même quand il tente de sortir de la violence, risque fort d’y retomber pour « défendre sa dignité».
La mise en place, immédiate et systématique, lors d’une mise en examen pour violences conjugales d’un dispositif de « lieu neutre », pour l’exercice des droits parentaux, me paraît la seule façon d’éviter réellement que des drames s’ajoutent aux drames et de permettre que les enfants soient protégés de la répétition de scènes traumatisantes. A fortiori, tout jugement comprenant des mesures de protection des victimes, mesures favorisées par la Loi de juillet 2010, ne devrait en aucun cas être contredit, autrement dit symboliquement annulé, par les conditions d’exercice des droits parentaux.

Deuxièmement, si indispensables soient de telles précautions, elles ne paraissent cependant pas suffisantes pour la protection effective des enfants. Il me semble que toutes les situations de violences conjugales devraient conduire les acteurs de la Protection de l’enfance à s’interroger sur les capacités parentales des deux parents. Il faut le répéter, un parent qui commet des violences contre l’autre parent de ses enfants ne peut ignorer qu’il porte atteinte à un facteur fondamental de leur bien-être affectif et psychologique. L’argument couramment avancé qu’il « n’aurait jamais commis de violences contre les enfants eux-mêmes ou en leur présence » paraît irrecevable. On s’indigne, à juste titre, de ces parents qui, après la séparation, disqualifient l’autre parent, voire l’éliminent de la vie de leur enfant ; considérant qu’ils s’attaquent ainsi aux fondements de la famille humaine dont un enfant a besoin pour bien se construire. Dans le cas des violences conjugales, on raisonne trop souvent comme si une tentative de destruction physique d’un parent par l’autre était moins préjudiciable à l’enfant que cette fameuse « aliénation mentale ». Il faut se donner les moyens d’évaluer quelle distorsion du lien parent/enfant a empêché le parent violent d’être en empathie avec son enfant lorsqu’il voit sa mère (ou son père) s’effondrer sous les coups, le visage en sang. Les reprises de contacts entre le parent violent et ses enfants après une condamnation devraient passer par une période de médiatisation des rencontres, voire de thérapie familiale spécifique, afin que le parent violent ne réduise plus son enfant à un élément de la dramaturgie conjugale mais le considère comme l’enfant qu’il est et prenne conscience de la souffrance qu’il lui a infligée. Sans cette reconnaissance minimale, le risque reste élevé que l’auteur continue à piéger l’enfant dans sa violence ou à l’instrumentaliser dans sa relation pathologique avec la victime.

Par ailleurs, il semble qu’il faudrait également évaluer la situation du parent victime. Dans un premier temps pour s’assurer qu’il est correctement protégé, entouré et soutenu pour se remettre de ses épreuves et par conséquent, pas trop envahi par sa propre souffrance pour pouvoir accueillir et soulager celle de son enfant. Ensuite, pour s’assurer que les difficultés personnelles à l’origine de son choix amoureux malheureux (basse estime de soi, liée à des expériences de maltraitance dans l’enfance, par exemple…), renforcées par les chocs traumatiques répétés subis dans le couple, sont en voie de traitement et ne risquent pas de réexposer l’enfant au danger. Il arrive malheureusement que le parent victime soit, comme l’auteur, incapable d’empathie avec son enfant et, au mépris de ses besoins et de ses sentiments de loyauté, attende de lui qu’il le venge ou le soutienne inconditionnellement.
La meilleure façon de prévenir ces dommages supplémentaires pour l’enfant serait, me semble-t-il, que le Juge des Enfants soit saisi systématiquement, au plus tard lors du jugement pénal, pour ordonner rapidement expertises familiales, Investigations d’Orientation Educatives ou toute autre mesure utile pour évaluer la situation de l’enfant et, si nécessaire, le protéger.

Enfin, il pourrait être très profitable, en termes de prévention de la répétition des violences tant au sein du couple concerné que dans le futur des enfants, de prononcer des injonctions de soins, individuels et familiaux.
Au bénéfice de l’enfant, il s’agirait d’évaluer et de traiter le cas échéant les séquelles post-traumatiques consécutives aux violences. Quand leur existence a été mise en danger et si gravement perturbée, les enfants ont impérativement besoin d’une « remise en ordre » symbolique. La Loi, normalement incarnée par les adultes protecteurs responsables de l’enfant, a été mise sens dessus dessous. Il est indispensable qu’elle soit restaurée, les décisions de Justice explicitées, les ressentis d’effroi, de peur, d’abandon et de colère… de l’enfant reconnus et accompagnés. L’enfant doit pouvoir aussi être « dé-parentalisé », être autorisé à ne pas protéger ni prendre en charge ses parents, dans un contexte sécurisé.
Pour l’auteur, l’objectif serait à minima de l’amener à prendre conscience des violences infligées aussi à l’enfant – scènes terrifiantes, peur pour le parent victime, expérience d’abandon émotionnel, s’il n’a été « que » « témoin », ou autres violences s’il a été directement victime en essayant de protéger l’autre parent par exemple.
Pour le parent victime, devrait lui être offerte une aide qui lui permette de soigner ses séquelles post-traumatiques et de se détacher des croyances négatives sur elle-même qui l’ont empêchée de repérer le danger représenté par son conjoint avant que ne se produise l’irréparable.
Au niveau familial, parallèlement, pourraient se mettre en place des entretiens parent victime/enfant(s) qui rendent à chacun sa place ; en désamorçant la « rivalité de victimes » qui peut parfois naître entre eux, en réhabilitant le parent qui, s’il s’est révélé pour l’enfant d’une vulnérabilité jusque là impensable, ne reste pas moins parent responsable de lui et capable de le protéger dans les situations normales ; en rendant son innocence à l’enfant, même si dans le drame, il a pu paraître protéger l’auteur, ou prendre parti, ou être « la cause » des violences, etc.… Plus tard, si une remise en question de ses actes est devenue possible pour l’auteur, le remplacement des visites médiatisées par des entretiens thérapeutiques familiaux parent auteur/enfant(s) devrait permettre d’aller plus loin, si possible, dans la différenciation entre la problématique de l’auteur et celle de ses enfants, pour que la violence agie comme subie devienne clairement, aux yeux de ces derniers, un grave accident de la vie et non un modèle relationnel.

 

violence psychologique..

La violence psychologique est, depuis 20101, définie en droit français comme « des actes répétés, qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, d’une dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé physique ou mentale ».

La loi a été votée dans le cadre de la répression des violences faites aux femmes2,3 et concerne « les violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin »4.

La violence psychologique ne concerne pas uniquement des agissements propres aux hommes envers les femmes. Elle touche les conjoints, mais aussi les enfants, qu'ils la subissent directement ou qu'ils en soient témoins, ayant sur eux une influence néfaste considérable. Ce thème est encore peu connu en France en 2010, bien qu'il fasse l'objet de nombreuses recherches dans le monde.

Sommaire

  • 1 Le repérage de la violence psychologique
  • 2 Agressivité et colère
  • 3 Les effets de la violence psychologique
  • 4 La violence psychologique à enfant
  • 5 Effets sur les enfants de la violence psychologique
  • 6 Notions similaires et législation dans les autres pays
  • 7 Voir aussi
  • 8 Liens externes
  • 9 Bibliographie
  • 10 Notes et références

Le repérage de la violence psychologique

La violence psychologique peut se repérer objectivement à certains types de discours adressés à autrui, ainsi qu'à des comportements visant à contrôler l'autre, et ce en l'absence de toute violence physique avérée.

  • Les catégories d'agression verbale

On peut isoler 15 catégories d'agressions verbales, malheureusement fréquentes dans la communication de couple ou avec les enfants. Outre les insultes et les menaces, généralement repérées sans difficulté, on trouve le chantage, la dévalorisation, la sape, la contradiction, les jugements et critiques, les accusations et les reproches, la fausse plaisanterie, le blocage et la diversion, l'oubli, la retenue, le déni, le discrédit et le silence.

Ces trois dernières catégories ont un statut particulier, parce qu'elles sont souvent utilisées en réponse à la protestation de la victime qui se plaint de ne pas avoir été entendue ou d'avoir essuyé une remarque désagréable. Leur utilisation marque la conviction bien ancrée chez l'agresseur d'être dans son bon droit quant au discours qu'il tient à autrui, voire sa volonté explicite de blesser l'autre. Elle illustre aussi le fait que l'agresseur n'a aucune intention de s'excuser et qu'il est incapable d'éprouver de l'empathie par rapport à ce qu'il fait subir à sa victime.

Il est important en effet de prendre conscience que l'on peut blesser autrui sans le vouloir, et même sans le savoir si l'autre n'en dit rien. Ce qui fait la différence entre un agresseur qui trouve son comportement légitime et une personne dépourvue de mauvaises intentions, c'est que la seconde s'excuse si on lui fait remarquer qu'elle est désagréable. Elle montre ainsi qu'elle est capable de compatir à la détresse de son interlocuteur, déclenchée involontairement. Par contre, quelqu'un qui se sent agressé et qui n'en dit rien, préférant ressasser ses malheurs dans son coin, entre à ce moment dans une catégorie d'agression liée au silence, à la bouderie. On voit ici combien les relations agresseur-victime sont complexes et qu'une analyse fine du discours et des comportements de chacun s'impose, avant de décréter qui est le 'méchant' et qui est le 'gentil', les rôles pouvant s'inverser selon les situations dans le couple.

  • Les domaines de contrôle

On peut dénombrer 10 domaines de contrôle, dans lesquels on assujettit l'autre. On trouve ainsi le contrôle de la liberté de mouvement, des fréquentations, du comportement, des moyens financiers, des goûts, de la pensée, de l'espace sonore, du temps, de l'espace physique et de la communication. Autant certains de ces contrôles sont judicieux et nécessaires dans le cadre de l'éducation des enfants, leur offrant des limites protectrices sur lesquelles s'appuyer pour grandir, autant elles sont d'une justification douteuse entre adultes, censés être à égalité, au sein du couple par exemple.

Dans son livre consacré à la violence psychologique en famille, Yvane Wiart (Wiart, 2011a) offre des définitions précises de ces catégories d'agression verbale, assorties de nombreux exemples concrets, et elle détaille les modalités des différents domaines de contrôle d'autrui. Elle présente aussi plusieurs questionnaires permettant de découvrir si l'on est agresseur ou victime au sein de son couple, voire les deux, et des solutions pour sortir du cycle infernal de la violence psychologique. Elle rappelle aussi que la violence psychologique est un phénomène transgénérationnel. Cela signifie que la violence que l'on inflige ou celle que l'on subit est à l'image de celle que l'on a soi-même vécue dans son enfance, et que l'on a appris à considérer comme un mode de communication et de réaction normal. C'est en ce sens que les recherches sur la violence psychologique à enfant, clairement séparée de la violence physique et sexuelle, sont fondamentales pour tenter d'enrayer le phénomène.

Agressivité et colère

Agressivité et colère sont souvent confondues. On dira ainsi facilement d'une personne qui se met en colère qu'elle est agressive, même si dans ses propos elle ne s'en prend pas directement à la personne d'autrui, mais se contente de manifester vivement son mécontentement. Il est aussi tout à fait possible d'être agressif sans jamais hausser le ton, ni avoir l'air en colère. Un grand nombre des catégories d'agression verbale listées ci-dessus peuvent s'exprimer dans le plus grand calme, avec même une apparence de neutralité, voire de bienveillance ('c'est pour ton bien que je dis ça'), et c'est entre autres pour cette raison qu'elles sont difficiles à repérer comme éléments de violence psychologique. Le silence en est aussi un bon exemple, qui n'est pas forcément ostentatoire comme dans la bouderie, et peut-être facilement masqué par 'ah, j'ai pas entendu!', sans suite.

La colère est importante à ressentir et à exprimer, car elle nous indique que quelque chose dans la situation ne se passe pas bien pour nous, et qu'il est judicieux d'y prêter attention. L'exprimer à autrui vise normalement à faire prendre conscience à l'autre que quelque chose ne va pas dans la relation et que c'est important d'y remédier. Cela étant, une bonne partie de l'éducation consiste à apprendre à l'enfant à ne pas exprimer, voire à ne pas ressentir ce type d'émotion, car les protestations de l'enfant confrontent l'adulte à ses propres manquements, son absence, son indisponibilité, son manque d'attention et d'écoute réels. Ceux qui n'ont pas été entendus lors de protestations saines au départ, se réfugient ensuite dans l'agression verbale active ou passive. Soit ils se mettent en colère à la moindre occasion, soit rien ne semble pouvoir les démonter, mais leur hostilité (liée à une accumulation de colère) s'exprime autrement. Ou encore, ils peuvent être persuadés de mériter les attaques, et ils deviennent alors des victimes toutes trouvées (Bowlby, 1978, 1988).

Les effets de la violence psychologique

Évoquer la violence psychologique et ses effets fait plutôt penser à un impact psychique, pouvant conduire à une perte d'estime de soi, de motivation et à des troubles dépressifs. Si ces symptômes existent bien sûr et peuvent être graves et handicapants, plus préoccupantes encore et souvent méconnues sont les conséquences de cette violence sur la santé physique. La violence, quelle qu'elle soit, mobilise immédiatement les mécanismes du stress chez la personne agressée. Ce stress physique implique une réaction du système cardio-vasculaire, ainsi que du système immunitaire, et si d'aigu ou ponctuel il devient chronique, car la personne demeure dans une situation de violence qu'elle ne fuit pas, les conséquences à moyen et long terme sont très lourdes pour l'organisme.

Ces mécanismes ont été mis en évidence d'abord par Hans Selye (1962), créateur du concept de stress, puis par quantité d'autres chercheurs, finissant par aboutir à la notion de charge allostatique présentée comme étant à l'origine du déclenchement des maladies (Wiart, 2005; McEwen, 2002; Robert Sapolsky, 1994; Timiras, 2004). Une branche relativement récente de la recherche internationale sur les relations entre psychisme et maladie s'appelle la psycho-neuro-immunologie, et elle s'intéresse en particulier au cancer.

L'agresseur n'échappe pas non plus à la mobilisation de ses mécanismes du stress, même si son agressivité lui fournit souvent une échappatoire lui permettant de décharger la tension accumulée. C'est ce qu'Henri Laborit a montré avec ses expériences sur les rats qui stressés, finissent malades s'ils sont seuls en cage, alors qu'en présence d'un congénère qu'ils peuvent attaquer, leur santé physique est préservée. Ces mécanismes sont rappelés et détaillés concrètement dans Wiart (2011a).

La violence psychologique à enfant

En 1983, s'est tenue aux États-Unis la première conférence internationale dédiée à la violence psychologique envers les enfants. Elle a rassemblé des chercheurs et des professionnels de l'aide à l'enfance venus de 8 pays, qui ont travaillé à une définition de ce type de violence permettant de l'évaluer précisément dans un objectif d'étude, d'information et de prévention. La définition et les types d'atteintes proposés dans ce cadre sont d'ordre plus général que les catégories d'agression verbale et les domaines de contrôle présentés plus haut. Ces deux niveaux se complètent, l'approche détaillée permettant une prise de conscience concrète au quotidien du type d'interaction que l'on entretient avec les adultes ou les enfants de son environnement proche. C'est à ce niveau que chacun peut agir, s'il le souhaite, une fois perçu l'impact d'une violence psychologique non repérée comme telle, impact démontré par la recherche.

"En 1995, l’APSAC (American Professional Society on the Abuse of Children) définit les mauvais traitements psychologiques (ou encore appelés "violence psychique" ou "morale") comme constitués de comportements répétés de la part d’un parent, ou d'un incident extrême, qui font comprendre à l'enfant qu'il ne vaut rien, qu'il n'est pas normal, qu'il n'est pas aimé, que l'on ne veut pas de lui, qu'il est en danger ou que sa seule valeur réside dans la satisfaction par lui des désirs des autres. Sur la base de diverses théories du développement et de l'éducation, dont les travaux d'Abraham Maslow, les mauvais traitements psychologiques apparaissent comme une atteinte directe aux besoins fondamentaux d'estime de soi, d'amour et d'appartenance, de sécurité et d'équilibre physiologique de l'individu. Le recours au rejet, à la terreur, à l'isolation, à la corruption/exploitation et au refus de réponse affective constituent les principales catégories de violence psychique repérées par l'APSAC, auxquelles on peut ajouter les négligences sur le plan de la santé ou de l'éducation (Hart et al., 1998).

Le rejet s'exprime par le fait de rabaisser l'enfant, de dévaloriser sa personne et ses actes, par le fait de lui faire honte ou de tourner en ridicule ses manifestations normales d'affection, de chagrin ou de peur.

Terroriser l'enfant consiste à le menacer ou à avoir des comportements pouvant induire de blesser, tuer, abandonner ou placer l'enfant, des personnes qu'il aime ou des objets auxquels il tient dans des situations objectivement dangereuses.

Isoler l'enfant revient à l'empêcher de satisfaire ses besoins d'interaction et de communication avec autrui, pairs ou adultes, à l'intérieur ou à l'extérieur du foyer.

Exploiter/corrompre l'enfant consiste à l'encourager à développer des conduites inappropriées, auto-destructrices, anti-sociales, criminelles, déviantes ou inadaptées. (…) cela inclut aussi de l'inciter à adopter des comportements inappropriés à son bon développement, tels que l'inversion de rôles où c'est lui qui prend soin du parent, devant satisfaire ses besoins ou ses rêves non réalisés, ou encore l'infantilisation où il est, cette fois, empêché de grandir car cela déstabilise trop le parent. Cela consiste encore à encourager ou à contraindre l'enfant à abandonner son besoin d'autonomie par une implication excessive, l'intrusion ou la domination, par lesquelles ses opinions, ses sentiments et ses souhaits ne sont pas pris en compte, et sa vie complètement dirigée par le parent. Cela consiste enfin à interférer avec son développement cognitif, par hyperstimulation par exemple, ou au contraire à lui imposer des restrictions d'apprentissage.

Le refus de réponse affective se manifeste par le mépris des tentatives de l'enfant dans son besoin d'interagir avec le parent sur le plan affectif, par le manque d'expression d'affection, de souci et d'amour envers lui, et par l'absence de manifestations émotionnelles. Il se concrétise par un certain détachement et un manque d'implication, limitant les interactions au strict nécessaire, de manière objective et concrète.

Les négligences médicale et éducative correspondent à l'absence ou au refus de soins physiques ou psychiques, et de scolarisation de l'enfant." (Coslin et Tison, 2010) (Myers et al., 2002).

L'étude française coordonnée par Coslin et Tison a mis en évidence que les professionnels intervenant dans le cadre de l'enfance en danger, c'est-à-dire des psychologues, des médecins, des travailleurs sociaux, des écoutants de centre d'appel, des enseignants de primaire et des gendarmes, reconnaissent mal ce qui est du ressort de la violence psychologique, et ne sont donc guère à même de la dépister. Il semble qu'il y ait donc encore beaucoup à faire en France aujourd'hui, pour une prise de conscience à la fois de l'importance du phénomène et de ses conséquences néfastes, ce qui est aussi révélé par les vives réactions suscitées dès que l'on tente de remettre en cause la gifle ou la fessée éducatives, ce qui entre en réalité dans le cadre de la violence physique. (voir sites…)

Effets sur les enfants de la violence psychologique

La violence psychologique vécue au sein de la famille est à l'origine des nombreuses séquelles qui peuvent se manifester dès l'enfance et l'adolescence ou n'apparaître qu'à l'âge adulte. Elle induit des troubles relationnels et comportementaux, une faible estime de soi, des affects dépressifs, des comportements d'addiction, de l'agressivité, des difficultés de concentration et d'apprentissage, etc. Dès les années cinquante (1950), John Bowlby a attiré l'attention sur l'impact insoupçonné du défaut d'attention aux besoins d'attachement de l'enfant, dans son rapport pour l'OMS intitulé "Carence de soins maternels et santé mentale". Il a ensuite insisté, au long de sa carrière de psychiatre et de psychanalyste, sur l'importance de la prise de conscience de la réalité de la violence familiale, dans l'enfance et l'adolescence, pour la compréhension des troubles affectifs liés au développement de la personnalité (Voir Bowlby, 1988 et Wiart, 2011b). Dans cette perspective, on peut aussi se référer aux ouvrages d'Alice Miller (Miller, 1983, 1984, 1986, 1996) ou de Karen Horney (Horney, 1953, 1965).

Sur le plan physique, des liens ont été établis entre violence psychologique et problèmes respiratoires (asthme, allergies) et les affections se rapportant à une mobilisation chronique des mécanismes de réaction au stress (problèmes cardio-vasculaires, hypertension, cancer). Les travaux rapportés par l'APSAC soulignent que c'est l'absence de réaction émotionnelle aux sollicitations de l'enfant qui induit les traumatismes les plus importants tant sur le plan physique que psychique, et ils soulignent leur impact à très long terme. Ces violences sont soit par commission, c'est-à-dire que l'on tient des propos négatifs à l'enfant, on lui fait honte, soit par omission, c'est-à-dire que l'on s'abstient de lui apporter le soutien affectif dont il a besoin, on le tient à distance, on ne le complimente pas, etc. (voir Wiart, 2011a).

L'importance des répercussions de la violence psychologique à enfant est détaillée sur le site gouvernemental américain de veille sanitaire (Center for Disease Control, CDC), avec en particulier le détail de l'influence néfaste sur le développement du cerveau et de ses mécanismes de régulation des fonctions corporelles, conduisant à terme à la maladie . Ce même type d'information se retrouve dans un guide de l'OMS visant à informer la communauté internationale de l'enjeu, afin de mobiliser la recherche et d'introduire des politiques de prévention. On peut encore citer l'étude ACE (Adverse Childhood Experience). Une partie des recherches engagées dans le domaine se résume sous l'appellation 'neurobiologie développementale' qui étudie les conditions de développement du cerveau, les influences positives et négatives, et les effets à long terme sur la santé (Schore, 2003a, 2003b ; Siegel, 2002 ; Szalavitz & Perry, 2010).

Notions similaires et législation dans les autres pays[modifier]

ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L'EUROPE, AUDITION DU 8 JUIN 2011, A PROPOS DE LA VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE ET DE LA NÉCESSITÉ DE CONSTITUER L'INFRACTION PÉNALE DANS LES ÉTATS MEMBRES

« La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale et doit être considérée comme l'équivalent psychologique du meurtre. Sans une préparation psychique destinée à la soumettre, aucune femme n'accepterait la violence physique. C'est cette préparation psychique, cette pression psychologique, cette violence des mots créant une situation de domination, qui conduisent de manière irréversible, à la destruction morale d'un être, puis à la violence des coups, » a déclaré aujourd'hui l'avocate Yael Mellul lors d'une audition de la Commission égalité de l'APCE sur la violence psychologique.

Pour la psychiatre Marie-France Hirigoyen, ériger la violence psychologique en un délit est un moyen d’agir en amont, de prévenir ; mais sans éducation de tous les intervenants, notamment les magistrats et policiers, elle est inapplicable. « Beaucoup de femmes ne savent pas qu’elles sont victimes de violences ! A quel moment est-on dans un conflit de couples, à quel moment dans la violence ? A la base il y a un conditionnement social. La violence psychologique se met en place par des micro-violences insidieuses, l’humiliation, le dénigrement, puis par l’insulte, des menaces, des pressions financières, le harcèlement, l’isolement social. L’emprise agit à trois niveaux : cognitif, comportemental et émotionnel et elle peut conduire à une sorte d’addiction réciproque, » a-t-elle expliqué.

En conclusion, Elvira Kovács (Serbie, PPE/DC), chargé de préparer un rapport sur ce sujet, a estimé qu’il fallait ériger la violence psychologique en infraction même si elle est difficile à prouver, et l’inclure dans la Convention du Conseil de l’Europe pour prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Dans son rapport, elle souhaite notamment examiner les problèmes juridiques et pratiques que pose l’établissement de la preuve de la violence psychologique.

Le lien vers la source: http://assembly.coe.int/ASP/NewsManager/FMB_NewsManagerView.asp?ID=6724&L=1

Voir aussi[modifier]

  • Violence liée au physique
  • Violence liée à l'argent
  • Harcèlement moral
  • Violence psychique

Liens externes[modifier]

  • (en) Effets à long terme, étude ACE
  • (en) Site du ministère de la santé (US), données sur la maltraitance
  • (en) Site du gouvernement américain, étude ACE
  • Guide OMS sur la prévention de la maltraitance des enfants
  • Le fonctionnement du cerveau
  • Extraits vidéos de "Mon oncle d'Amérique", film d'Alain Resnais sur la base des travaux de Laborit
  • Audition à l'Assemblée Nationale Française de Maitre Yael Mellul, Initiatrice du délit de violences psychologiques dans la loi du 9 juillet 2010 (violences faites aux femmes.)
  • Article dans LEMONDE.FR de Maitre Yael Mellul, Article: Violences conjugales : lettre ouverte à Mmes et MM. les députés, par Yael Mellul / LE MONDE
  • « La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale » Par Yael Mellul, devant le conseil de l'Europe., 8/06/11

Bibliographie[modifier]

  • Bowlby J. (1978). Attachement et perte (Vol. 2). La séparation : angoisse et colère. Paris, PUF.
  • Bowlby J. (1988). A secure base. Version française : La relation, la psychanalyse et l'art d'être parents. Albin Michel (Septembre 2011).
  • Coslin P.G. & Tison B. (2010). Les professionnels face à l’enfance en danger : lorsque la méconnaissance fait mal. Issy-les-Moulineaux, Elsevier Masson.
  • Horney K. (1953). L’auto-analyse. Paris, Stock .
  • Horney K. (1965). Neurosis and human growth. : The struggle toward self-realization. London, Routledge.
  • McEwen B. (2002). The End of Stress As We Know It. Washington, Joseph Henry Press.

Stress, Adaptation, and Disease: Allostasis and Allostatic Load article en ligne (en anglais)

Neurobiologie du stress article en français

  • Miller A. (1983). Le Drame de l’enfant doué : À la recherche du vrai soi. Paris, PUF.
  • Miller A. (1984). C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant. Paris, Aubier.
  • Miller A. (1986). L’Enfant sous terreur : L’ignorance de l’adulte et son prix. Paris, Aubier.
  • Miller A. (1996). L’Avenir du drame de l’enfant doué : Les options de l’adulte. Paris, PUF.
  • Myers J.E.B. (2002). The APSAC handbook on child maltreatment. Thousand Oaks, Sage Publications.
  • Sapolsky R.M. (1994). Why zebras don’t get ulcers : A guide to stress, stress-related diseases, and coping. New York, W.H. Freeman.
  • Schore A.N. (2003). Affect dysregulation & disorders of the self. New York, Norton.
  • Schore A.N. (2003). Affect regulation & the repair of the self. New York, Norton.
  • Selye H. (1962). Le stress de la vie. Le problème de l'adaptation. Paris, Gallimard.
  • Siegel D.J. (2002). The developing mind : Toward a neurobiology of interpersonal experience. New York, Guilford Press.
  • Szalavitz M. and Perry B.D (2010). Born for Love : why empathy is essential - and endangered. New York, Harper Collins Publishers.
  • Timiras P. (2004). Stress, adaptation, longévité. Paris, Economica.
  • Wiart Y. (2005). Stress ? Peut-on et doit-on chercher à y échapper à tout prix ? Perspectives Psy, 44(5), p.406-410. [1]
  • Wiart Y. (2011a). Petites violences ordinaires : La violence psychologique en famille. Paris, Courrier du livre.
  • Wiart Y. (2011b). L'attachement, un instinct oublié. Paris, Albin Michel.

 

21 novembre 2011

anabaptiste

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L'anabaptisme est le courant protestant qui prône un baptême volontaire et conscient, à un âge où la personne est en mesure de comprendre l'engagement qu'elle prend. Le mot vient du grececclésiastique anabaptizein signifiant « baptiser à nouveau ». Cette pensée est un point essentiel de la Réforme radicale protestante.

Le terme a pris historiquement un sens politique, dans le sens où ce mouvement s'opposa au pouvoir politique et religieux en place dans le canton de Berne au xvie siècle.

Sommaire

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Historique

Diffusion de l'anabaptisme 1525-1550

Origine

Selon l'évangile selon Marc, « Celui qui croit et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné1 ». À partir de quoi, certains réformateurs du xvie siècle dénient toute valeur au baptême imposé aux jeunes enfants. Ils estiment que ce sacrement ne doit être reçu qu'en pleine connaissance de cause par les candidats. Ainsi, ceux qui ont été baptisés avant l'âge de raison se faisaient rebaptiser.

Selon la confession de Schleitheim regroupant un certain nombre de communautés autour deSchaffhouse, 7 traits de la théologie illustrent l'anabaptisme :

  1. Le baptême est réservé aux consentants de la foi, c'est-à-dire aux adultes sûrs de larédemption et qui veulent vivre fidèlement au message du Christ.
  2. La cène n'est que symbolique. C'est une cérémonie du souvenir faite avec du pain sans levain et du vin mais il n'y a ni consubstantiation ni transsubstantiation.
  3. Le pasteur est élu librement par la communauté et n'est pas investi du sacerdoce.
  4. Sont exclus de la cène tous les fidèles tombés dans l'erreur ou le péché.
  5. La séparation du monde est totale aussi bien religieusement que politiquement. Il s'agit de se séparer de toutes les institutions n'étant pas dans l'Évangile.
  6. Un anabaptiste ne peut pas remplir de charge civile (droit de glaive).
  7. Il ne doit jamais prêter serment.

Dans les faits, de petites communautés de croyants sont réunies dans des conventicules, le plus souvent clandestins, afin de lire la Bible. Les chefs des communautés sont des laïcs qui officient en habit civil. La discipline est importante pour maintenir une pureté éthique et doctrinale.

La progression de l'anabaptisme en Europe centrale est un véritable problème pour les autorités religieuses catholiques en place puisqu'il incite les personnes à ne pas faire baptiser leur enfant avant leur prise de conscience, ce qui risque de les priver du salut selon la doctrine catholique. Par ailleurs, sur le plan politico-religieux, les anabaptistes refusent la soumission de la religion au prince.

Le terme anabaptiste provient, à l'origine, des adversaires de ce courant de pensée. Ainsi, certain groupes tels les mennonites refusaient cette étiquette, alors qu'ils la revendiquent aujourd'hui.

Les différents anabaptistes

Le terme « anabaptiste » regroupe des communautés différentes, qui n'ont parfois rien à voir les unes avec les autres. Bullinger, successeur de Zwingli à Zurich, a dressé une typologie des anabaptistes où apparaissent une dizaine de communautés dont :

  • Les Frères suisses se sont formés dans l'entourage de Zwingli à Zurich. À l'inverse de ce dernier, ils pensent que la religion ne doit pas être institutionnalisée et réclament la liberté de choisir les pasteurs. De plus, ils pensent que le caractère obligatoire du baptême le disqualifie. Zwingli les expulse de la ville tandis que le même jour Grebel autorise le rebaptême.
  • Les anabaptistes autour de Melchior Hoffman pensent que la cène est un acte symbolique. Melchior Hoffman se retrouve à Strasbourg où il se lie d'amitié avec Martin Bucer. Comme il pense que la fin du monde est proche (1538), il s'empresse de procéder au rebaptême. S'entendant bien avec le magistrat de la ville, il peut procéder au rebaptême de ses amis. Ses disciples iront jusqu'à Munster où Jean de Leyde gagne les élections et fonde un règne eschatologique du Christ.
  • Les Huttérites vivent en communauté, repliés sur eux-mêmes. En 1650, on en comptait 10 000. Vivant groupés, ils considèrent que l'individu doit une obéissance totale aux lois de sa communauté, celui qui les transgresse devenant immédiatement un paria.
  • Les Brethren (Frères), apparus dans le Palatinat allemand vers 1708, où Alexander Mack et ses partisans se baptisent dans le fleuveEder. Appelés d'abord Frères baptistes allemands, ils émigrent en Amérique du Nord où ils fondent différentes églises qui perdurent aujourd'hui.

Les sociétés anabaptistes sont surtout urbaines et pacifistes mais, devant l'horreur qu'inspire le non-baptême chez les autres chrétiens, elles se réfugient vers la campagne où elles espèrent éviter les répressions. Entre 1525 et 1529, il n'y en a que 29 à Zurich et 10 à Schaffhouse. Vers 1630, on les estime au nombre de 4 000[réf. nécessaire].

Le « munzerisme », dissidence de l'anabaptisme

Le munzerisme n'est pas représentatif de l'anabaptisme, mais il s'appuie sur cette idée pour développer une approche plus poussée de la préparation du règne eschatologique du Christ.

En 1521Thomas Münzer tout d'abord pasteur luthérien rompt avec Luther alors qu'il réside à Prague. Avec Nicolas Stork, il prêche les idées anabaptistes en Bohême et en Silésie, tout en prônant une réforme plus radicale des institutions sociales. Les idées de Münzer et de Stork remettaient en cause la propriété privée du sol. Elles eurent beaucoup de succès parmi les paysans. Logiquement, Münzer soutint les paysans révoltés contre leurs seigneurs. Münzer rêvait de fonder une nouvelle monarchie théocratique en Allemagne. Il fut fait prisonnier au cours d'une déroute de son armée et fut exécuté. La guerre des Paysans ou guerre des gueux s'éteignit en 1525 : elle a été noyée dans lesang.

L'anabaptisme n'en était pas mort pour autant. Le rêve caressé par Münzer subsistait dans le cœur de certains. Ainsi Jan Matthijs et Jean de Leyde (Jan van Leiden) prirent la tête de l'insurrection pour établir une théocratie dans la ville de Münster. L'armée coalisée des princes ne tarda pas à mettre le siège devant la ville révoltée. Les assiégés, fanatisés par leur propre résistance, donnèrent libre cours à leur imaginationreligieuse : Jean de Leyde, par exemple, comme d'ailleurs David Joris (un autre chef anabaptiste pacifiste quant à lui), alla jusqu'à se proclamer successeur de David et, à l'instar de ce roi, s'unit à plusieurs femmes.

Quand, en 1535, après une année de siège et de résistance opiniâtre, la ville fut prise d'assaut, Jean de Leyde et ses lieutenants succombèrent sous la torture. Les anabaptistes dits conquérants furent traqués et poursuivis dans toute l'Allemagne et jusqu'en Suisse.

Ceux d'entre eux qui en réchappèrent se rallièrent aux anabaptistes dits pacifiques, communion strictement religieuse, mettant l'accent sur le baptême des adultes et sur l'inspiration personnelle dans l'interprétation de la Bible.

L'anabaptisme aujourd'hui

Ils sont à l'origine de certaines dénominations religieuses comme les mennonites auxquels sont apparentés les Amish, et indirectement autres églises protestantes telles que les baptistes, les évangéliques, les adventistes ou les pentecôtistes. D'autres, sous la conduite deHutter, disciple de Nicolas Stork, se retirèrent en Moravie et se firent appeler les Habani. Leurs céramiques et faïences (habánska keramika) sont très notablement connues entre autres en Slovaquie pour leur style raffiné et inspiré. Des communautés huttérites subsistent en Amérique du Nord.

En Suisse, les anabaptistes se sont établis principalement dans le Jura bernois, principalement en tant que cultivateurs. Ils parlent encore le Suisse-allemand en famille, bien que leurs enfants fréquentent les écoles de la région en français.

La dissidence Amish est née en 1693 à Sainte Marie-aux-Mines sous l'impulsion de Jacob Amman. Cette communauté est très présente aux États-Unis. La remise en question du baptême des enfants ou pédobaptisme est une réflexion constante des Églises protestantes enEurope. On a assisté dans les années 1950, puis dans les années 1970, à la croissance d'un mouvement en faveur du report du baptême à un âge de pleine conscience.

 

22 janvier 2012

ossements....

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Les ossuaires, un peu d’histoire…
Selon Philippe Ariès*, la coexistence des vivants et des morts était inconnue dans l’Antiquité. En effet, on redoutait alors le voisinage des morts, tenus à l’écart et honorés mais hors des murs d’enceinte de la ville. L’entrée des morts dans les villes provient du culte des martyrs. D’abord enterrés dans des nécropoles extra-urbaines, la vénération dont ils font l’objet s’assortit d’une volonté d’être inhumé à leurs côtés, afin d’être protégé. De même, durant tout le Moyen-Age, la volonté d’être enterré « ad sanctos », c’est-à-dire près des saints, conduit les plus pieux et les plus riches à se faire enterrer à l’intérieur même des églises, et les plus pauvres tout autour, comme le prouvent encore certaines anciennes églises de village en France et le fameux « church yard » anglais, qui combine église et cimetière. De fait, quand la terre du cimetière rendait des ossements ou lors du creusement de nouvelles fosses, on rangeait respectueusement les ossements des défunts ou encore les jetait-on en vrac dans un ossuaire.

Des galeries et des niches extérieures remplies d’os pieusement conservés
Parfois décorée de motifs religieux ou macabres, cette modeste construction avait souvent la forme d'une petite maison adossée au mur de l'église ou placée dans un coin du cimetière. Le désir d'être enterré le plus près possible des églises, lorsqu'on ne pouvait l'être dans son enceinte même, faisait rapprocher les tombes des fondations «sous l'égout du toit.» Des ossuaires étaient donc habituellement disposés entre les contreforts des nefs, comme pour satisfaire au vœu habituel des mourants. C'est ce qui explique pourquoi les galeries de cloître accolées aux églises étaient, du côté opposé à la claire-voie, percées d'enfoncements, de réduits, sortes d'armoires, dans lesquels on rangeait les ossements rendus au jour par la bêche du fossoyeur. Sur les parois des églises, et même des deux côtés de leur porte principale, on pratiquait ainsi des enfoncements abrités par un bout de galerie de cloître, et dans ces enfoncements garnis de grilles serrées, on jetait les ossements dont regorgeait la terre des cimetières. Un ossuaire de ce genre existait sur l'un des côtés de la façade de l'église de Fleurance (Gers).

Dans les églises, les morts composent le sol et les murs

Si on construisait des ossuaires en dehors des églises, on devait en avoir aussi pour l'intérieur, car on n'aurait pas voulu rejeter au dehors des ossements de fidèles découverts à l'intérieur. Mais comme on ne devait exhiber à l'intérieur de l'église que les restes de personnages saints, on plaçait les os sortis d'anciennes sépultures inconnues dans de petits caveaux, dans certaines parties des cryptes, ou dans des trous pratiqués à travers les maçonneries et murés. Cet usage était fréquent chez les religieux et, en réparant de vieux murs d'églises abbatiales, de ces réduits murés entièrement remplis d'ossements humains provenant évidemment de plusieurs corps ont été mis à jour. Plus souvent, l'ossuaire formait comme une chapelle percée d'une quantité de petites baies, à travers lesquelles on apercevait les ossements accumulés peu à peu à l'intérieur. La Bretagne conserve encore un assez grand nombre d'ossuaires qui datent des XVe et XVIe siècles et l'on n'a pas cessé d'y déposer des ossements; quelques-uns en sont remplis jusqu'au comble. Lorsque les ossements exhumés par le creusement de nouvelles fosses appartiennent à des morts auxquels on a pu donner un nom, les familles font enfermer le chef, le crâne du mort, dans une petite boîte surmontée d'une croix, et ces boîtes sont posées sur l'appui des nombreuses baies de l'ossuaire. Le visuel représente une vue de l'ossuaire du Faouët (Finistère), qui se trouve accolé à l'église et donne sur le cimetière.

Dans des églises des provinces méridionales, surtout dans le pays basque, à l'extérieur des absides des églises rurales entourées de leur cimetière, il y a des niches pratiquées sous les appuis des fenêtres et dans lesquelles se trouvent rangés avec soin des crânes recueillis en remuant la terre sainte. Les caveaux pratiqués sous certaines parties des églises servaient quelquefois aussi d'ossuaires. L'ossuaire était donc un lieu sacré dans lequel s'affirmait la solidarité entre les vivants et les morts. Les paroissiens s'y rendaient pour prier pour leurs défunts et accomplir un ensemble de rites hautement symboliques. On y allait en procession, des bougies y étaient allumées à certains moments de l'année et les restes humains étaient aspergés d'eau bénite. Ainsi, tous les cimetières français possèdent-ils un ossuaire, depuis fort longtemps et sous des formes extrêmement variées.

* Philippe Ariès, Essais sur l’histoire de la mort en Occident du Moyen-Age à nos jours

  Au-delà des frontières…

Au Moyen-Age, le cimetière de Kutna Hora (République Tchèque) était en odeur de sainteté : de nombreux habitants des alentours décidèrent de trouver-là leur dernière demeure. Les mille guerres et autres effroyables épidémies qui frappèrent durement la région participèrent également à faire affluer les corps pourrissants vers Kutna Hora... Puis une idée s’imposa soudain : pourquoi ne pas réunir les os blanchis de tous ces augustes décédés dans un grandiose ossuaire ? Toute la décoration de l’ossuaire est donc réalisée avec des os : lustres de tibias, guirlandes de fémurs, amoncellements de cranes… même le blason du seigneur local est confectionné avec des os. Si ce lieu étrange appelle la réflexion du visiteur, c’est parce que l’on est bien obligé de constater la souveraine égalité devant la mort, mais aussi dans la mort : parmi les crânes amoncelés, certains appartenaient à des nobles hautains, d’autres à des penseurs arrogants, d’autres enfin à de simples paysans illettrés et serviles. Tout passe et tout finit…

 

 

 

30 avril 2012

When the music’s over...........

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Quand la musique est passée, quand la musique est passée
par ici, quand la musique est passée, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, éteignez les lumières.

Quand la musique est passée, quand la musique est passée,
quand la musique est passée, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, car la musique est votre amie très spéciale.
Dansez sur le feu comme elle vous y appelle,
la musique est votre seule amie, jusqu’à la fin,
jusqu’à la fin, jusqu’à la fin.

Annulez mon abonnement à la résurrection,
envoyez mes références aux maisons de détention,
j’y ai quelques amis.
Le visage dans le miroir ne s’effacera pas,
la fille à la fenêtre ne s’effondra pas.
Un festin d’amis cria-t-elle vivante
m’attend dehors.

Avant de sombrer dans le grand sommeil
je veux entendre, je veux entendre
le cri du papillon.

Reviens, baby, reviens dans mes bras.
Nous en avons assez de traîner,
d’attendre avec nos têtes collées au sol.
J’entends un bruit très doux,
si proche et pourtant si lointain, si léger, si clair,
viens aujourd’hui, viens aujourd’hui.

Qu’ont-ils fait à la terre ?
Qu’ont-ils fait à notre sœur si pure ?
Ils l’ont dévastée, pillée, éventrée, déchirée,
percée de couteaux au flanc de l’aube,
entravée de clôtures et traînée de force.
J’entends un bruit très doux …
Avec votre oreille collée au sol …

Nous voulons le monde et nous le voulons …
Nous voulons le monde et nous le voulons … Maintenant !

Nuit de Perse! Voyez la lumière !
Sauvez-nous ! Jésus ! Sauvez-nous !

Quand la musique est passée, quand la musique est passée,
quand la musique est passée, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, car la musique est votre amie très spéciale.
Dansez sur le feu comme elle vous y appelle,
la musique est votre seule amie, jusqu’à la fin,
jusqu’à la fin, jusqu’à la fin.

Jim Morrison
The Doors

 

 

 

 

18 avril 2010

all of my life.....

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All of my life, I've been searching
For the words to say how I feel.
I'd spend my time thinking too much
And leave too little to say what I mean
I've tried to understand the best I can
All of my life.
All of my life, I've been saying sorry
For the things I know I should have done
All the things I could have said come back to me
Sometimes I wish that it had just begun
Seems I'm always that little too late
All of my life
Set 'em up, I'll take a drink with you
Pull up a chair, I think I'll stay
Set 'em up, cos I'm going nowhere
There's too much I need to remember, too much I need to say
All of my life, I've been looking 
But it's hard to find the way
Reaching past the goal in front of me
While what's important just slips away
It doesn't come back but I'll be looking
All of my life
Set 'em up...
All of my life, there have been regrets
That I didn't do all I could
Making records upstairs, while he watched TV
I didn't spend the time I should
It's a memory I will live with
All of my life

phil collins

27 mai 2012

the ban........

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Cet alphabet est encore très mystérieux. Nous savons juste qu'il est le plus utilisé par les sorciers et les sorcières pour coder leurs messages, leurs écrits, leurs livres. On peut s'en servir également pour les talismans.

Il se nomme THE BAN et sa première source sont les trois livres de Cornelius Agrippa édité en 1531. La forme des lettres est à l'origine de l'alphabet alchimique et semble avoir des influences grecques et latines. Cette écriture fut inventée par Honorius II qui fut pape de 1216 à 1227, à l'époque ou les magiciens européens étaient très tournées vers les études cabalistiques. Cette écriture ne vient d'aucune langue en particulière, on peut donc l'utiliser avec toutes les langues. Sans ponctuation cet alphabet est doté d'une lettre spéciale qui se traduit par les termes alpha et oméga pour marquer la fin d'une phrase

cet alphabet se nomme l'alphabet thébain, son origine proviendrait d'Egypte (Thèbes) et aurait été l'alphabet des Dieux, selon les mythologies.
Il est devenu par la suite l'alphabet des sorciers et est utilisé de nos jours par la Wicca et d'autres courants du type pour la consécration d'objets et pour l'écriture des sorts ou incantations personnelles...

 

Cet alphabet, aussi appelé Runes de Honorius ou alphabet des sorcières a émergé durant le Moyen-âge lors d'études cabalistiques par des magiciens. Cet alphabet est très puissant et vous pouvez encore toujours l'utiliser pour en faire des amulettes en gravant des lettres sur de la pierre ou du bois ou même sur un cierge pour lancer des sorts.
Les anciennes croyances rapportaient que cet alphabet aurait été inventé par Honorius de Thèbes pendant la période héllenique. Mais il n'y a aucune preuve historique qui prouverait ce fait.
On retrouve pour la première fois des traces de cet alphabet dans le troisème livre de la Philosophie occulte écrit par Cornelius Agrippa, conseiller de Charles Quint. Ce livre a été publié à Anvers en Latin en 1531. Agrippa mentionne que cet alphabet était attribué à Honorius par le magicien Pierre de Abano (appelé communément Petrus de Abano), un écrivain italien qui vécu de 1250 à 1316.
L'écrivain anglais, Francis Barret, a reproduit l'alphabet Thèbien dans son livre "The Magus" (II, Part I, Chapitre XIV).
L'alphabet des sorcières était à l'origine utilisé pour crypter les formules des alchimistes et magiciens. Aujourd'hui cet alphabet est encore utilisé dans la Wicca (sorcellerie) Américaine.
Autre particularité de l'alphabet Thèbien est qu'il n'y a que 23 lettres. Le U, le V et le W sont représentés par un seul symbole. Idem pour le I et le J. Jacques Vandewattyne a quand à lui crée différents symboles presque identiques pour les différencier le I du J et le U du V et du W.

Vous pouvez écrire directement dans l'alphabet « The ban » en téléchargeant la police d'écriture suivante et en l'installant dans votre répertoire de FONTS (pour les PC Windows).

http://www.sheluna.com/static/download/Theban.TTF

 

¤ UNE TRADITION ANCESTRALE ¤

La Magie Médiévale nous a pourvus d'une multitude de pratiques occultes diverses et parfois même très complexes. Vous aurez peut être remarqué que quelques rituels ou travaux occultes (anciens et modernes) suggèrent l'emploi d'un alphabet magique "spécial". (toutefois, les rituels présentés sur Yunasdestiny ne nécessitent aucun de ces alphabets).

Or, Depuis le temps, de nombreux alphabets magiques ont fait surface, tantôt transmis par des entités célestes par des moyens de clairvoyance et de divination, tantôt conçus par les magiciens et les sorciers. Quoi qu'il en soit, j'ai jugé important de vous fournir un bref résumé de quelques écritures que vous seriez amenés à utiliser un jour. Ces alphabets sont toujours utilisés de nos jours par les praticiens modernes.

 

¤ THEBAN, L'ALPHABET DES SORCIERES ¤

Theban, ou plus communément appelé "l'alphabet des sorcieres" est de loin l'un des plus répandus. Un grand nombre de sorcières l'utilisent pour coder leurs écrits dans le livre des Ombres. Cet alphabet a fait son apparition pour la toute première fois dans les trois livres de Cornelius Agrippa édités en 1531. L'origine de la forme des lettres est inconnue, on a d'abord cru qu'elles étaient basées sur des chiffres latins, mais la piste d'une origine commune à l'alphabet alchimique est plus probable. Aujourd'hui, on s'en sert principalement pour noter des inscriptions sur des talismans ou pour orthographier des termes magiques.

Vous avez la possibilité de télécharger cet alphabet pour votre ordinateur en cliquant  ou en vous rendant dans la section des Downloads, section "l'Atelier des Ecritures". En attendant, voici un petit aperçu de cet alphabet.

 

¤ LE SCRIPTE DES DRAGONS ¤

Cette forme de langage est d'origine inconnue. Toutefois, l'utilisation de ce script est fort plaisante aux yeux des dragons. (c'est donc un script employé lors de rituels draconiques... Pour de plus amples informations à propos de cette forme de magie, rendez vous. Vous pouvez utiliser cette forme d'écriture pour vos talismans draconiques, pour les sortilèges et charmes, ainsi que pour écrire votre nom magique sur vos outils.

 

¤ D'AUTRES ALPHABETS MAGIQUES ¤

Voici une petite liste d'alphabets magiques couramment utilisés:

Dans cette table est notamment présenté un alphabet nommé "Alphabet Celeste". Voici quelques informations à propos de celui-ci :

Karl von Eckartshausen,
Aufschlüsse zur Magie, Munich, 1788

Cet alphabet est le résultat d'une étude du ciel, et chaque tracé est guidé par une étoile. Ainsi, la représentation de gauche, est celle de l'alphabet céleste de l'hémisphère sud, et celle de droite, de l'hémisphère nord, avec quelques correspondances, juste en dessous, avec notre alphabet traditionnel occidental. (cliquez sur l'image pour l'ouvrir dans une nouvelle fenetre à sa taille d'origine). Il est impossible de nier une origine hébraïque de ces caractères.

"Les caractères de leur alphabet, comme l'affirment les rabins des hébreux, sont formés d'après les étoiles et les figures qu'elles dessinent, et c'est pourquoi ils sont pleins de célestes mystères, aussi bien en ce qui concerne leur aspect, leur forme et leur signification qu'en ce qui concerne leur valeur numérique."
Agrippa de Nettesheim

 

 

L'alphabet des Chorchîles

Ceux et celles qui ont parcouru le sentier de l'étrange auront remarqué qu’à différents endroits il y a des runes avec des inscriptions dans un alphabet cabalistique. Jacques Vandewattyne s'est basé sur un travail de Paul Huson "Mastering Witchcraft"pour faire l'alphabet des Chorchîles. Mais saviez vous que cet alphabet existe vraiment et remonte au moins au Moyen-âge ?

Cet alphabet, aussi appelé Runes de Honorius ou alphabet des sorcières a émergé durant le Moyen-âge lors d'études cabalistiques par des magiciens. Cet alphabet est très puissant et vous pouvez encore toujours l'utiliser pour en faire des amulettes en gravant des lettres sur de la pierre ou du bois ou même sur un cierge pour lancer des sorts.

Les anciennes croyances rapportaient que cet alphabet aurait été inventé par Honorius de Thèbes PENDANT LA période héllenique. Mais il n'y a aucune preuve historique qui prouverait ce fait.

On retrouve pour la première fois des traces de cet alphabet dans le troisème livre de la Philosophie occulte écrit par Cornelius Agrippa, conseiller de Charles Quint. Ce livre a été publié à Anvers en Latin en 1531. Agrippa mentionne que cet alphabet était attribué à Honorius par le magicien Pierre de Abano (appelé communément Petrus de Abano), un écrivain italien qui vécu de 1250 à 1316.

L'écrivain anglais, Francis Barret, a reproduit l'alphabet Thèbien dans son livre "The Magus" (II, Part I, Chapitre XIV).

L'alphabet des sorcières était à l'origine utilisé pour crypter les formules des alchimistes et magiciens. Aujourd'hui cet alphabet est encore utilisé dans la Wicca (sorcellerie) Américaine.

Autre particularité de l'alphabet Thèbien est qu'il n'y a que 23 lettres. Le U, le V et le W sont représentés par un seul symbole. Idem pour le I et le J. Jacques Vandewattyne a quand à lui crée différents symboles presque identiques pour les différencier le I du J et le U du V et du W.

Comparez l'alphabet des Chorchîles par Jacques Vandewattyne et l'alphabet des sorcières par Francis Barret

 

Alphabet magique du Transitus Fluvius

Après avoir étudié l’alphabet céleste, nous allons à présent passer au second alphabet que l’on retrouve dans le De occulta philosophia d’Agrippa : le transitus fluvii ou « de la traversée du fleuve ».

Figure 1 - De occulta philosophia

Figure 1 – De occulta philosophia

De semblables alphabets se trouvent à la fin de manuscrits syriaques (par exemple, mss. Sachau 53, 70, 116, dans la collection de Berlin) ; et l’un d’entre eux s’est même « infiltré » dans la grammaire hébraïque d’Abraham de Balmes où il est expressément donné comme un alphabet mésopotamien. Il se trouve aussi dans le livre cabalistique Sepher Raziel.

Duret l’appelle « alphabet d’Abraham », que les Juifs assurent avoir été donné au patriarche lorsqu’il quitta la Chaldée pour venir habiter le pays de Chanaan. Goeffroy Tory, rapportant les dires de Sigismond Fante, le fait remonter, quant à lui, à Moïse : « caractères utilisés par les Hébreux lors de leur passage dans le désert » (voir figure 8 en annexe). Rappelons que son ouvrage, le Champs Fleury, est paru en 1529, soit 4 ans avant la parution de la version définitive du De occulta d’Agrippa.

Cet alphabet est encore présent chez Guillaume Postel, dans un ouvrage publié en 1538 et décrivant 12 alphabets dont le chaldéen où Postel range notre transitus fluvii.

Figure 2 - Postel : alphabet chaladaïque,fol 17.

Figure 2 – Postel : alphabet chaladaïque,fol 17.

Nous ne saurions être complets sans citer les liens que certains ont tissés entre cet alphabet et le célèbre langage énochien de John Dee. Cet alphabet apparaît dans le Liber Loagaeth, connu aussi sous le nom de Livre d’Enoch, qui fut révélé à Dee et à Kelly en mars 1583 et qui est consignée dans le Liber Mysteriorum Quintus.

L’Ange Galvah déclare à son propos : « Concernant le Livre, il doit être appelé Logah : ce qui dans votre langue signifie Parole de Dieu. Écris-le de la sorte : LOAGAETH, il doit être prononcé Logah. Ce mot est d’une grande signification, je veux dire en respect de la profondeur qu’il renferme. La première feuille (comme tu l’appelles) est la dernière du Livre. Et comme la première feuille est un fatras sans ordre, elle signifie donc le désordre du monde, et est la Parole de ce désordre ou prophétie. »

La première feuille de ce manuscrit donnée à Dee et à Kelly contenait l’alphabet dit « angélique » (voir figure 10 en annexe). Les noms des lettres, le sens de l’écriture et leurs équivalents en anglais ont été donnés aux deux hommes, et il leur a été dit de les mémoriser avant de continuer.

Figure 3 - Alphabet angélique sous une forme typographique

Figure 3 – Alphabet angélique sous une forme typographique

Certains chercheurs on voulu voir comme origine, ou source, de cet alphabet la Voarchadumia de Pantheus qui contient notamment notre « transitus fluvii »,  et un « alphabet d’Enoch ». Dee possédait un exemplaire de ce livre, qu’il a fortement annotée, et qui a pu lui servir de source d’inspiration, entre autre, pour sa Monas Hieroglyphica. L’origine de l’énochien dont nous ne pouvons traiter ici a été étudié par Hiramash (voir son site hiramash.net) qui soulève avec intérêt qu’« une hypothèse historique avait été avancée que le Moïse historique devait écrire en alphabet samaritain. Si cette homme avait eu une quelconque expérience avec le monde divin, peut-être l’énochien ne serait-il qu’une forme déviée du samaritain ? La graphie samaritaine n’a pas la rondeur de celle de l’énochien, toutefois les ornements et inflexions du tracé peuvent avoir des points communs ». Si on le suit, cette source ne pourrait-elle être cette écriture chaldéenne que les grammairiens des langues sémitiques du 16e siècle appelaient chaldaïque et que les mages nomment « transitus fluvii » ?

Quoiqu’il en soit, la postérité de cet alphabet perdure jusqu’à nos jours, où les chercheurs de mystères le relient aux événements « réels » ayant inspiré le film Blair Witch…

 

Ésotérisme des lettres

Dans l'histoire de la mystique juive, un texte très énigmatique fait date, le Sefer Yezira (Sepher Yetsirah, Livre de la Création), qui date peut-être du III° s., et fut écrit à Babylone. Selon ce texte, très bref et très énigmatique, le monde se compose de dix principes, appelés sefirot (numérations), et qui correspondent aux dix nombres du système décimal, de 1 à 10. Ces 10 sefirot sont reliés par 32 chemins, à savoir les 10 premiers nombres entiers et les 22 lettres de l'alphabet hébreu, divisées en 3 lettres mères (alef, mem, shin), 7 lettres doubles (consonnes qui produisent un son dur ou doux selon qu'elles comportent ou non un dagesh : bet, gimel, dalet, kaf, pe, d'une part, kaf, pe, resh, tav, d'autre part), et 12 lettres simples.

"Selon trente-deux mystérieux sentiers de Sagesse [les 10 premiers nombres entiers + les 22 lettres], Yah, Seigneur des Armées, Dieu-vivant et Roi du Monde, El Shadaï, miséricordieux et donnant grâce, supérieur et suprême, résidant éternel d'En Haut, et son Nom est sacré, a gravé et créé son monde par trois sepharim [livres], par Sephar [nombre, la lettre en tant que chiffre] et par Sipour [récit, la lettre en tant qu'expression orale] et par Sepher [sefer, livre, la lettre en tant qu'expression écrite]. Dix sephiroth belima [esprit, Air, Eau, Feu, Haut, Bas, Levant, Ponant, Midi, Nord] et vingt-deux lettres de fondement : trois mères [alef, mem, shin] et sept redoublées [bet, gimel, dalet ; kaf, pe, resh, tav] et douze simples [hê, vav, etc.]. Dix sephiroth belima [sefirot beli mah : numérations sans rien] comme le compte de dix doigts, cinq contre cinq, et l'Alliance de l'Unique dirigée au milieu, par le mot de la langue et par le mot de la nudité [circoncision]... Trois mères Aleph, Mem, Shin [alef, mem, shin], un grand secret prodigieux, voilé et scellé de six anneaux, d'où sont issus Air, Eau et Feu... Les cieux ont été créés à partir du Feu, et la Terre a été créée à partir de l'Eau, et l'Air à partir du souffle [esprit] équilibrant entre les deux... Trois mères Aleph, Mem, Shin. Dans le respirant mâle et femelle : tête et ventre et corps..."

Le plus célèbre texte lançant un défi à la symbologie des lettres est le Coran, dans sa deuxième sourate : "Alif, Lam, Mim. Voici le Livre. Il ne renferme aucun doute ; il est une Direction pour ceux qui craignent Dieu ; ceux qui croient au Mystère..." Alif, Lam, Mim sont trois lettres.

Swedenborg déclara : « Le langage des anges célestes sonne beaucoup en voyelles U et O ; et le langage des anges spirituels en voyelles E et I. ».

Magie des lettres

Une utilisation importante du symbolisme des lettres concerne la magie. Pour le pseudo-Paracelse de l'Archidoxe magique,

"les signes, les caractères [écritures et symboles occultes], et les lettres ont leur force et leur efficacité. Si la nature et l'essence propre des métaux, l'influence et le pouvoir du ciel et des planètes, la signification et la disposition des caractères, signes et lettres, s'harmonisent et concordent simultanément avec l'observation des jours temps et heures, qui donc, au nom du ciel, empêcherait qu'un signe ou sceau [image astrologique] fabriqué de la sorte ne possédât sa force et sa faculté d'opérer ?".

Ibn Wahshiya a écrit au X° s. un ouvrage très lu par les magiciens sur quatre-vingt-sept alphabets magiques : Connaissance longuement désirée des alphabets occultes enfin dévoilée.

Les livres magiques, à partir du XIIIe siècle, sont remplis d'alphabets magiques. Les magiciens chrétiens s'appuient sur quelques citations des Évangiles pour justifier leurs croyances mais aussi pour rédiger leurs textes : "C'est moi l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu" (Apocalypse, I, 8), "Avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i [un iota, en grec], pas un point sur l'i ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé" (Matthieu, V, 18), "Je suis la Voie, la Vérité et la Vie" (Jean, XIII, 5) : Via, Veritas, Vita, "Par mon nom [Jésus], ils chasseront les démons, ils parleront en langue" (Marc, XVI, 17), "Dieu l'a ressuscité des morts... Ce Nom même [Yahvé, le Tétragramme sacré] a rendu la force" (Actes des Apôtres, III, 16-16).

Les alphabets secrets de l'abbé Trithème (1462-1516), dans sa Steganographia, servent autant à la cryptographie qu'à la magie angélique.

John Dee, célèbre mathématicien et magicien anglais, auteur de Monas hieroglyphica (1564) :

"Cette littérature alphabétique contient de grands mystères... Les premières lettres mystiques des Hébreux, des Grecs et des Romains, formées par un seul Dieu, ont été transmises aux mortels (...)n de manière que tous les signes qui les représentent soient produits par des points, des lignes droites et des périmètres de circonférences, disposés selon un art merveilleux et très savant."

Un personnage de Johann Michael Moscherosch (1601-1669) fait dire à un de ses personnages : "Quand je me réveille le matin (...), je récite un alphabet entier ; toutes les prières du monde y sont comprises" (Wunderliche und Warhafftige Geschichte Philanders von Sittewald, 1642, p. 701).

Dans les grimoires figurent des lettres de l'alphabet. Contre les hémorragies le magicien propose ce rite :

"Écris ces caractères sur un parchemin vierge et attache-les autour du cou de la personne qui perd son sang : S.q.r.tz.Os. T.q.e.t.o.a.c.ge.E.h.x sancta. Sernenisa." (Le sachet accoucheur)

 

 

29 avril 2008

les gouffres.....

&

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Henri Michaux et les gouffres
(à propos de l’expérience mescalinienne)

 

 

« Moi n’est jamais que provisoire. »                              Plume

 

 

  « J’écris pour me parcourir… » annonçait Henri Michaux. À l’hiver 1954 (il a 55 ans) il a amplement parcouru le monde, descendu en pirogue un affluent de l’Amazone, promené son étrangeté en Inde, en Chine, en Malaisie…, ramené de ces pays lointains des notations buissonnières, éparses, décalées, des fables drolatiques. Çà et là il s’est fait entomologiste fantasque ou zoologiste d’animaux fantastiques. Toujours curieux de l’ailleurs mais toujours un peu déçu, il a délaissé ces contrées réelles pour d’autres imaginaires, s’est lancé à la rencontre de peuples improbables, se proclamant ethnologue des Hacs, des Cordobes, des Ourgouilles, des Carasques, des Emanglons, des Halalas… inventoriant leurs coutumes étranges et leurs inquiétantes singularités. Lui le né-rêveur, le né-fatigué, le né-troué, il a aussi beaucoup erré dans l’espace du dedans, observant fasciné son propre corps en ses moments d’altération, transformant la moindre fièvre en épopée, s’enfonçant toujours plus profond là où la nuit remue, en ces territoires de soi dont les lignes vacillent, où le réel se déforme, le rêve est à portée de voix, on perd la langue des éveillés… Pour mieux se quitter encore, il a même délaissé l’écriture pour des chemins graphiques, des signes, des graphes, des traces-animalcules, des alphabets furtifs qu’il s’est mis à explorer avec frénésie. De ce côté-là, il n’est pas au bout de la route certes, mais à 55 ans, après la réception sans surprise de Face aux verrous, ayant vu aboutir cette année-là sa demande de naturalisation française, acte final et officiel de déni de ses origines, il se veut au seuil d’une nouvelle expérimentation et lui le buveur d’eau, le peu doué pour la dépendance, il écrit à Jean Paulhan :

  «Si tu me trouves (de la mes) je suis ton homme.

   Si tu le désires, ton compagnon de voyage

   et mon appartement notre plage d’envol.» (IMEC, 1954)

   L’aventure mescalinienne est engagée. Elle durera un peu plus de dix ans. Quatre grands livres en attesteront : Misérable miracle (paru en 56), L’Infini turbulent (57), Connaissance par les gouffres (61) et Les grandes épreuves de l’esprit (66). J’excepte un long poème en 59 : Paix dans les brisements. Plus tard ce ne seront plus que des écrits brefs qui reviendront sur l’expérience hallucinogène (ombres pour l’éternité, lignes, ineffable vide…) ou témoigneront d’une prise ponctuelle de haschisch (dans Face à ce qui se dérobe) mais on peut dire que l’expérience aura été traversée.

  « Un ermite qui connaît l’heure des trains » persiflait Cioran pour évoquer le caractère préparé, balisé, sans doute au fond pas si aventureux, de l’expérimentation de son ami poète.

  Il faut dire qu’avant de commencer Michaux a tout lu sur la question, il s’est renseigné auprès du Dr Ajuriaguerra, psychiatre renommé, il a parlé effets et doses avec le Dr Alajaouine. Parmi toutes les drogues il a élu la mescaline, un alcaloïde extrait du peyotl, un petit cactus mexicain, la mescaline a eu ses faveurs parce qu’elle fait partie du groupe Fantastica, ne démobilise pas, active, selon une expression qui lui est chère, le « merveilleux normal ». Avec sa curiosité habituelle il s’est d’ailleurs imprégné de tous les écrits sur la drogue, études scientifiques (A. Rouhier : La plante qui fait les yeux émerveillés. Carl Lumolz, L. Lewin…) et textes de littérature depuis les Confessions d’un mangeur d’opium de De Quincey, jusqu’aux Portes de la perception d’Aldous Huxley, qui vient alors de paraître, sans oublier le Voyage au pays des Tarahumaras d’Antonin Artaud, lequel évoque son expérience du peyotl, ce même petit cactus mexicain que les Huichols, les Tarahumaras, considéraient comme lié au divin, d’un dieu qui consent à partager sa divinité, si du moins pour ce partage l’âme est prête et purifiée. 

   C’est dire que la visée de Michaux dès le départ est double : être à la fois l’observant et l’observé, provoquer certes du texte - littéraire, poétique - , du nouveau Michaux, mais aussi produire une observation « scientifique » de l’expérience. Dans cette ambition qui peut nous paraître étrange, on voit se rejoindre les deux tropismes centraux de l’écrivain, lui qui se revendique depuis toujours zoologiste, entomologiste, aliéniste… amateur, lui qui croit profondément en la science, s’est intéressé dès l’adolescence aux théories psychiatriques, aux écrits sur les fous, et lui tout autant le poète irrégulier, l’inventeur de langues et le détraqueur de sens. On se souvient qu’il avait écrit autrefois sur Freud et que son premier texte publié fut Cas de folie circulaire. On sait qu’au début de sa vie d’écrivain il ambitionnait plutôt une forme d’essai hétérodoxe aux frontières du scientifique, du philosophique et du littéraire. On sait aussi qu’il voulut être médecin, commença une année préparatoire aux études de médecine et ne présenta pas ses examens de P.C.B. (au motif, dira-t-il plus tard, qu’il ne voulait pas se soumettre à l’étude, parce que « étudier, c’est accepter » (Ecuador) ) Il n’en garda pas moins une nostalgie à cet endroit, une fringale pour toutes sortes d’articles de médecine et de psychologie et sans doute à l’endroit des psychiatres une solide ambivalence, voire l’envie de leur damer le pion.

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  Observateur et observé donc : le voici entouré de quatre amis pour la première expérience mescalinienne qui a lieu dans son appartement de la rue Séguier en fin 1954 ou début 1955. La mescaline a été fournie par le Dr. Ajuriaguerra, via Jean Paulhan. Parmi les quatre amis, il y a là Bernard Saby, un ami peintre qui s’adonne régulièrement aux psychotropes. Madame Yvonne est dans la pièce voisine avec du sucre et des oranges.

   Après ce premier essai, fort peu concluant, viendront plus tard d’autres expériences, en compagnie de l’un ou l’autre ami, ou bien seul, mais toujours à portée du téléphone, souvent dans la pénombre, à l’épreuve ou non de quelque stimulant de l’imaginaire, les photos d’un magazine par exemple ou un extrait musical… Expériences avec la mescaline dont à la quatrième prise et par un curieux lapsus il multiplie la dose par six, traversant un épisode particulièrement éprouvant de « folie expérimentale ». Essai ponctuel du LSD, drogue synthétique qu’il juge décevante. Prise de psilocybine (extraite du psilocybe, un champignon hallucinogène connu) cette fois dans un cadre médical - pour la première expérience- à proximité de quatre médecins dont le professeur Jean Delay. Usage régulier enfin du cannabis, drogue plus légère, beaucoup plus lente, moins hallucinogène, mais grâce à laquelle il tente de pousser plus loin son observation : « Espionner  le chanvre, écrit-il, s’espionner soi-même et espionner l’esprit » (Connaissance par les gouffres).                                                  

   « Dans l’immense baratte à lumières, éclaboussé de clartés, j’avançais ivre et emporté sans jamais revenir en arrière… » (Avant-propos de Misérable miracle) C’est qu’au vif de l’expérience mescalinienne, l’écriture est presque impossible à mettre en œuvre lisiblement, le crayon ne laisse que de vagues traces de mots. 

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« Lancées vivement en saccades, dans et en travers de la page, les phrases interrompues, aux syllabes volantes, effilochées, tiraillées, fonçaient, tombaient, mouraient, leurs loques revivaient, repartaient, filaient, éclataient à nouveau. Leurs lettres s’achevaient en fumées ou disparaissaient en zigzags. Les suivantes, discontinues pareillement, continuaient de même leur récit troublé, oiseaux en plein drame auxquels des ciseaux invisibles coupaient les ailes au vol. (…) Comment dire cela ? Il aurait fallu une manière accidentée que je ne possède pas, faite de surprises, de coq-à-l’âne, d’aperçus en un instant, de rebondissements et d’incidences, un style instable, tobogannant et babouin… » (Avant propos de Misérable miracle)

   Quant aux dessins que la main s’essaie à laisser sur le papier, ils sont loin de figurer les visions mescaliniennes, ne peuvent que témoigner fragmentairement des conditions d’émergence de celles-ci, donner une vague idée graphique de la vibration qui s’empare du corps et de l’esprit. Dessins de « désagrégation » ou de « réagrégation », (sans qu’on puisse les distinguer les uns des autres) ce sont tout au plus des traces laissées par le passage du trouble. « C’est comme si j’avais été chien et que je fusse heureusement redevenu homme -écrit-il dans Description d’un trouble - et qu’absolument, absolument, violemment, sauvagement, il m’eût fallu, il m’eût été vital, indispensable de donner de ma vie canine un signe, un signe indéniable, un signe arracheur, un signe intime, atrocement intime, le signe de ce qui brisait l’homme en moi… » (O.C. II, 1291)

  Repris après coup, ces dessins, ces lambeaux d’écriture convulsée vont toutefois servir d’amorce à un texte descriptif, tentative de ressaisissement distancié dont le style en jets, en rafales, veut épouser la vitalité ahurissante de l’expérience. Je cite un passage de Misérable miracle :

 

« A coups de traits zigzagants, à coups de fuites transversales, à coups de sillages en éclairs, à coups de je ne sais quoi, toujours se reprenant, je vois se prononcer, se dérober, s’affirmer, s’assurer, s’abandonner, se reprendre, se raffermir, à coups de ponctuations, de répétitions, de secousses hésitantes, par lents dévoiements, par fissurations, par indiscernables glissements, je vois se former, se déformer, se redéformer, un édifice tressautant, un édifice en instance, en perpétuelle métamorphose et transubstantiation, allant tantôt vers la forme d’une gigantesque larve, tantôt paraissant le premier projet d’un tapir immense et presque orogénique, ou le pagne encore frémissant d’un danseur noir effondré… » (O.C, II, 644) 

 

  Et en parallèle à ce texte écrit certes après coup, repris par la conscience, remanié, reconstruit, « linéarisé » pour les besoins de la lecture mais demeurant aussi brut, aussi vif, sauvage que possible, cherchant à épouser au plus près les mouvements, les assauts, les syncopes de l’expérience mescalinienne, Michaux a voulu placer dans la marge des notations brèves, rappels, relances, invitations, objurgations, apostrophes, comme pour rendre compte des incessants chevauchements de pensées et de visions dont à vitesse folle la mescaline a le secret. Car - je cite l’exergue de Misérable miracle - : «…l’on se trouve alors, pour tout dire, dans une situation telle que cinquante onomatopées différentes, simultanées, contradictoires et chaque demi-seconde changeantes, en seraient la plus fidèle expression »

 

  lt;font lang="fr-BE">Voici donc pour le décor des expériences, la visée de celles-ci, la méthode utilisée, leur traitement littéraire. Mais le cœur de l’expérience, comment Henri Michaux la traversa-t-il ?

   Au terme de la première prise de mescaline le poète a ces mots : « J.P. (Jean Paulhan)… dit notre pensée à tous : « on n’en sort pas fier ». (…) Et nous nous levâmes avec l’impression joyeuse d’être sortis des débris d’une cristallerie, pour quoi on ne vous demanderait pas de compte. » (Misérable miracle, OC II, 647) Le miracle, convient-il d’emblée, est donc plutôt misérable, d’une grande médiocrité esthétique, un « paradis clinquant »…Pourtant derrière ces propos désenchantés l’ambivalence pointe, l’envie tenaille de renouveler le voyage, plus tard Michaux dira que la mescaline a ouvert chez lui un sillon qui n’est pas près de se refermer, et on le voit de prise en prise assurer peu à peu ses marques, entrer plus loin dans l’expérimentation, tenter de comparer l’ivresse du chanvre à celle de la mescaline, s’essayer en psilocybine, consigner dans certaines des expériences de l’Infini turbulent, (surtout la troisième et la sixième) d’inconcevables moments d’extase et donner dans les addendas à Misérable miracle (écrits en 68-71, très postérieurs à la première écriture) trois textes qui semblent coudoyer le sacré, évoquent un sentiment de plénitude et d’unité que l’on ne retrouve que dans les écrits des mystiques :

 

                      «  Partage à l’infini. Tout, interconnecté ; tout et tous échangeurs, ensemble.

                      (…)Conscience unificatrice, d’une telle amplitude qu’elle fait paraître le 

                            monde, dit réel, comme une altération du monde unifié.

                    (…) Hymne ouvert à tout.

                           Hymne moi-même.

                           Hymne.

                           Vastitude avait trouvé verbe » (addenda à Misérable miracle, I,OC II,

                                                                                                           772-776)

  La drogue vue ici aussi comme expérience d’appréhension du vide, l’ineffable vide, l’aventure de la perte de l’avoir (addenda, II), la drogue mise en relation avec le parcours des ascètes hindous (qui ont toujours exercé une forte influence sur l’écrivain) (addenda, III), la drogue alliée inconstante cependant, dangereuse parfois, capable de démasquer du « très, très mauvais dont on ne veut pas, ou bien du chaotique, du bizarre, de l’extravagant » (addenda, IV)   

 

  « Mais quelle étrange chose tout de même que ces raccourcis » s’étonne-t-il au terme de l’Infini turbulent. Et de conclure par ces trois mots qui valent leur pesant

 

Mais il est important de rappeler ceci : enseigné par le travail incessant du poète, du créateur, du peintre, lequel travail consiste à se laisser aller, se lâcher, se déprendre, jouer de sa propre déprise, Michaux n’est pas seulement un homme qui prend une drogue et sombre dans l’ivresse toxique, il est un homme qui se regarde prendre de la mescaline et donc va et vient, « navette » sans cesse de l’inconscience à la conscience, comme un rêveur qui aurait trouvé une porte dérobée pour sortir instantanément de son rêve, en coucher les images sur le papier, y retourner aussitôt… Là est l’audace, la difficulté de l’expérimentation, ce qui la met en tension permanente, peut rendre certains voyages bouleversants, écartelants, inoubliables, parfois d’autant plus atroces qu’existe au cœur de cette atrocité une conscience veilleuse, un lutteur constamment aux aguets. De cette immersion le texte donne un aperçu à vif  même si on le sait coulé dans la forme du récit. C’est une trace vivante de l’incroyable travail du poète, pilote ou plongeur en inconscient   (lequel travail pourrait lui faire au fond « mériter son infini ») et cela devient un mode de « connaissance » qui a dû immanquablement faire retour sur son auteur, de même qu’il nous enseigne aujourd’hui sur nos propres gouffres, c’est enfin un document étonnant de précision, de souplesse stylistique, de verve, d’inventivité, sur l’inconscient michaudien mais aussi notre inconscient à tous, tel qu’il affleure dans nos rêves, ou apparaît fixé et floride dans les expressions de la folie.

 

  Et que nous dit-il donc, ce docteur Michaux, sur notre propre inconscient suractivé par la mescaline ?

 

  Il nous parle de vitesse d’abord. On entre avec la mes dans un autre tempo, un millier de moments à la minute, un temps extraordinairement vaste, étalé, démultiplicateur avec en fond ou par intermittences une coexistence de ce temps avec le temps normal puisque la conscience est aux aguets.

 

  Il nous parle du génie visuel de la mescaline, sa capacité à créer des visions, les approfondir, les multiplier en échos : luxuriance, foisonnement, foultitude et ornementation :

 

«  Des lignes pulullent. Les villes aux milles palais, les palais aux milles tours, les salles aux milles colonnes. (…) Des ruines, des fausses ruines tremblantes, des ornements emberlificotés (…) jusque dans une troupe de coureurs que vous regardiez et qui, sans raison, soudain s’enrubanne, s’enserpentine, s’enroule en boucles, en boucles de boucles, en volutes inarrêtables… » (Connaissance par les gouffres)

 

   Il nous parle de sujet traversé. Tous les verrous de la langue et de la conscience ont sauté. L’énonciateur n’est plus, il n’y a plus d’architecture de phrase, ces deux garants de l’univocité du sens. Expérience folle où les signifiants appellent les signifiants, par cousinage, par simple analogie morphologique. Plus rien ne renvoie au signifié, plus rien n’est retenu ou arrêté par ce dépôt de signification qui est dans tout signifiant, plus rien ne requiert ou n’appelle le sujet. Ca passe, ça traverse, ça s’associe de-ci de-là, une sensation entraîne une image que l’esprit développe, multiplie, chantourne, ornemente, raccorde à une autre image, parfois à un mot, aussitôt imagé ou cherchant à l’être, et ainsi de suite selon un processus en roue libre repris dans des séquences que Michaux nous décrit de long en large, surtout dans Misérable miracle et l’Infini turbulent. Ainsi, pour prendre un exemple parmi tant d’autres : Michaux regarde une photographie (lors de la première des huit expériences de l’Infini turbulent, O.C. II, 819-820), on y voit un Oriental jouant au cerf-volant. En légende ces mots anglais : « With gaudy eyes… shaped kites » dont il ne comprend pas grand-chose sinon que ça fait aïe et que ce aïe s’enfonce en lui violemment, résonne dans sa tête… Il se ressaisit, tourne la page et c’est le bruit de la page froissée maintenant qui apparaît miraculeusement amplifié, avec une tonalité étrangement solennelle, comme, se dira-t-il le lendemain, un croiseur ou un paquebot qui évolue dans un port de mer. Mais cette image-là n’est venue qu’après coup, absorbée, effacée, dira-t-il, par la mescaline, laquelle n’a laissé à l’image que sa tonalité affective : le majestueux, le solennel d’un paquebot dans un port de mer. On remarque dans cet extrait l’extrême subtilité, volatilité du processus associatif, son caractère imprévisible, sautant d’une couche à une autre, d’un niveau sensoriel à un développement imagé avorté, d’un mot lu à l’écho qui en est extrait, en sa pure violence phonique. On note aussi l’incessante tension entre la conscience et le mouvement inconscient, des effets de chevauchement, de relance ou de parasitage mutuel, le sujet qui reprend partiellement les rênes de la conscience, élabore en hâte une idée, un mot d’interprétation, lequel est à son tour source d’un nouveau déferlement associatif. Et si la dose est trop forte (comme dans « un cas de folie expérimentale ») le voilà emporté dans un maelström affolant, « comme une fauvette dans le sillage tourbillonnant des hélices d’un quadrimoteur » (Misérable miracle, OC II, 737). Dans cet état critique, l’esprit est en proie à de folles alternances, dans un ballottement sans fin du oui et du non, il est traversé d’impulsions violentes, dangereuses, jusqu’à ce qu’enfin le produit s’épuisant dans le corps, il regagne peu à peu la maîtrise des choses et cette sorte de « joie », dit Michaux de retrouver sa volonté.

 

  Dans ce corps à corps avec la drogue la disposition émotionnelle oriente, surdétermine « le voyage ». On le voit bien dans les huit expériences qui forment le corpus de l’Infini turbulent. Un esprit inquiet sous mescaline verra naître des monstres, un esprit apaisé pourra recevoir en cadeau des visions divines, mais un esprit qui attend trop, qui est trop crispé sur son attente, n’aura en reste que quelques indescriptibles « passage de rien » (Infini turbulent, 8ème expérience)

  En termes de visions divines d’ailleurs, la troisième expérience de L’Infini turbulent témoigne plus que les autres de cet appel de l’infini dont Michaux parle à plusieurs reprises et qui participe pour lui de l’ineffaçable. J’en cite la fin du commentaire enchanté :

 

« …L’écran de l’histoire, il n’y avait plus rien dessus./ L’écran du cadastre, des calculs, des buts, il n’y avait plus rien dessus. /Libéré de toute haine, de toute animosité, de toute relation. /Au dessus des résolutions et des irrésolutions/au-delà des aspects/là où il n’y a ni deux, ni plusieurs mais litanie, litanie de la Vérité/ du Ce dont on ne peut donner le signe au-delà de l’antipathie, du non, du refus / AU DELA DE LA PREFERENCE /dans l’enchantement de la pureté absolue/ là où l’impureté ne peut être ni conçue, ni sentie, ni avoir de sens / j’entendais le poème admirable, le poème grandiose/ le poème interminable/ le poème aux vers idéalement beaux sans rimes, sans musique, sans mots qui sans cesse scande l’univers. » (Infini turbulent, OC, II, 859-860

 

Voilà certes pour la mescaline mais la mes n’est pas le chanvre, ni la psilocybine. Chaque produit étant d’ailleurs à appréhender comme quelqu’un plutôt que quelque chose, nous dit Michaux, quelqu’un : une présence habitante que l’on a envie de cerner, qualifier, caractériser, anthropomorphiser. Ainsi le chanvre se révèle à l’usage être « un poney plutôt qu’une auto de course », il donne une euphorie légère, une légèreté du corps, une hyperacuité auditive et tactile, des visions inconstantes, plutôt construites et comme sournoisement piégées. Mais infiniment plus observable ou plus manipulable que la mescaline, il offrira l’occasion de tenter de saisir la pensée en marche, cette autre visée de Michaux : « saisir le saisir », en se servant de cette chambre d’échos et d’affleurement inconscient qu’est l’esprit sous haschisch. Quant à la psilocybine, extraite d’un champignon hallucinogène, elle peut-être aussi une autre « explorée », mais elle est lourde, très lourde, écrasante, « désingularisante », occasion d’une noyade ou d’une dérive en eau lourde à l’hôpital Sainte Anne mais qui nous donne l’occasion d’assister par la lorgnette féroce de Michaux au spectacle des quatre médecins qui l’assistent :

 

« …car enfin il fallait bien reconnaître que c’était moi qui subissais le cataclysme psilocybique, non eux, et c’étaient eux qui prenaient l’air déshabité de zombis et tels que, s’il n’y avait pas tant de choses étranges à Sainte-Anne le portier eût dû hésiter tout à l’heure à les laisser sortir dans l’état où ils étaient. Rigides, en bois, mal agencés, mal conçus, essais lamentables d’imitation de têtes d’hommes fait par un paysan sculpteur du dimanche dans un canton suisse, leur groupe était ahurissant. »

 

   Michaux donc et les psychiatres, Michaux psychiatre, Michaux qui écrit à Jean Paulhan tandis qu’il travaille à Connaissance par les gouffres : «  Tu ne regretteras pas ta patience. C’est toute la psychiatrie redigérée que tu recevras.»  Et le livre s’attache en effet dans sa deuxième partie à décrire « de l’intérieur » le déraisonnement psychiatrique. Ce sont les fameuses situations-gouffres pour lesquels Michaux s’est amplement documenté, assistant à des présentations de malades, endossant la blouse blanche grâce à une complice psychiatre, se fascinant pour les productions artistiques des ravagés. La boucle est bouclée chez cet homme qui se passionnait depuis toujours pour les animaux et les anormaux, qui projetait d’écrire dans sa jeunesse un essai poético-philosophico-scientifique intitulé : « Rêve, jeu, littérature et folie », et qui écrirait par exemple beaucoup plus tard : « Quoi de plus vaste, de plus abondant, de plus intime que le pathologique ? » (Poteaux d’angle, OC III, 1071)

 

   Projetant sa propre expérience de déconnection mescalienne, le poète inventorie dans ces Situations-gouffres les états de conscience altérée que rencontrent l’aliéné : sentiment d’étrangeté, de persécution, de chaos intérieur, de brusque évidence, assujettissement aux voix, certitude délirante, commerce avec l’infini… La description en est précise, comme perçue de l’intérieur et somptueusement écrite. Même s’il est étrange de mélanger deux formes d’approches, plutôt étrangères l’un à l’autre, l’observation « scientifique » et l’écriture littéraire, ces petites vignettes cliniques (comme diraient les analystes) ces paroles données aux fous ou aux « malajustés » (cfr Artaud) ne sont pas seulement à prendre comme des dérives poétiques ou littéraires, ce sont des observations extraordinairement pénétrantes, des fragments essentiels d’une phénoménologie de la psychose, soulignant par leur double nature textuelle (l’écart exigé par l’expertise scientifique, l’identification propre à l’entreprise de littérature) qu’être en face de l’autre malade ou aliéné c’est être en face d’un autre soi, et que toute approche de cet autre ne peut aller sans une tentative de rencontre, d’empathie, de compréhension, cette « observation participante » qui est au cœur de toute la psychiatrie d’orientation analytique. Je cite un passage du début des Situations-gouffres, évoquant « la perte du corps » de l’aliéné :

 

«  Il (l’aliéné) se sent sans raison devenu autre, autre parmi les hommes, autre à lui-même, son corps déplacé, presque d’un autre./ Il bute sur cette absence-présence qui a quelque chose d’invraisemblable, d’indéfinissable. Son corps il continue à le voir, mais la vue est ce qu’il y a de moins convaincant. (…) Il peut en faire l’occupation, l’occupation par la sensibilité, la seule qui l’intéresserait, son « réel » à lui, base de tout autre réel et de la vie même, et pourtant sa vie continue, inexplicablement, seule, énuclée. (…) Dans cette surprenante soustraction il est seul. (…) Seul sans solitude. Il n’est plus préservé par le « nous », l’entre nous de l’homme et de son corps. (…) A côté de cela la solitude d’un méditatif est un palais. Celle d’un gueux est un nid, pouilleux mais nid quand même. Ici pas de nid. Solitude sans jouir d’être seul. Isolement sans abri. (…) Avec son corps il a perdu « sa demeure ». Il a perdu toutes ses demeures. » (Connaissance par les gouffres, NRF, P.180-181)

 

Pour sûr, il faudrait inviter les jeunes apprentis psychiatres à lire et relire les Situations gouffres. Elles sont bien plus parlantes que toutes les nosologies officielles et les descriptifs de symptômes repris dans les bibles psychiatriques, parce qu’elles s’appuient sur une expérience personnelle et une somptueuse langue d’écrivain. Faire côtoyer en faculté de médecine Henri Ey et Henri Michaux, prescrire aux étudiants la lecture de ce poète barbare, sauvage arpenteur de nos gouffres, voilà qui ne déplairait sans doute pas à l’auteur d’un certain Plume. Gageons qu’il en rirait de son rire de faune, déroutant et joueur.

 

  Au terme de la traversée mescalinienne qui aura duré plus ou moins dix ans, avec de plus lointaines « répliques », Michaux n’en continuera pas moins sa route, abandonnant insensiblement la fable, l’invention métaphorique fabuleuse, se rapprochant peu à peu du Michaux ascète, un peu moins furieux, moins féroce, plus sage, plus « réconcilié » de la fin de sa vie (déplorant dans un entretien en 61 le fait que « la drogue l’avait rendu plus conscient des son esprit » et que cela n’allait pas sans une certaine déperdition (conversation avec J. Ashbery, OC, II, notes sur Misérable miracle)

  Jusqu’au bout il ne perdrait cependant rien de son insatiable curiosité et de sa fringale de vivre. Peu d’hommes ont en effet été aussi loin que lui dans l’expérimentation de la vie, la vie comme aventure et l’aventure comme espace infini d’exploration. À septante ans il prenait des leçons de planeur, à quatre-vingts ans il visitait les volcans d’Auvergne. Et quelques heures avant sa mort il demandait encore qu’on lui apporte un livre d’histoires naturelles dans sa chambre d’hôpital.

  Pour clore donc cette évocation, très résumée et introductive, j’aimerais terminer par ce fragment en marge de Poteaux d’angle, qui me sert à moi de leçon de vie :

 

« Ne pas amasser.

  Laisse d’autres compter le tas de tes années.

  Laisse de la place toujours pour de grandes échappées.

  La dernière heure en grand peut encore ouvrir… si tu demeures prêt »                                                       

                                                                           (OC III, 1092)

 

 

 

                                                           François Emmanuel

                                                            Mai 2007

 

http://www.francoisemmanuel.be/HenriMichaux.html

S.

9 novembre 2009

Le soir vient sans voix.....

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Le vent passe en les branches mortes

Comme ma pensée en les livres,

Et je suis là, sans voix, sans rien,

Et ma chambre s’emplit de ma fenêtre ouverte.

En promenade, en repos, en regard

Pour de l’ombre ou de la lumière

Ma vie s’en va, avec celle des autres.

Le soir vient, sans voix, sans rien.

Je reste là, me cherchant un désir, un plaisir ;

Et, vain, je n’ai qu’a m’étonner d’avoir eu à subir

Ma douleur, comme un peu de soleil dans l’eau froide.

Paul Eluard

4 avril 2011

physiocratie

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La physiocratie (étymologiquement : gouvernement par la nature en ancien grec) est une école de pensée économique et politique née enFrance vers 1750, qui a connu son apogée au cours de la seconde moitié du xviiie siècle, et qui est à l'origine de la conception moderne de l'économie.

Historique

On s'accorde à penser que le fondateur de cette école est François Quesnay, qui en deviendra le chef de file incontesté après la publication du Tableau économique en 1758, où il représente la circulation des richesses dans l'économie.

Les Physiocrates s'appelaient entre eux « Les Économistes ». Le terme de physiocrate, signifiant littéralement « gouvernement » (du grec « kratein ») par la nature (du grec « phusé ») a été forgé par l'un d'entre eux, Pierre Samuel du Pont de Nemours.

Le "Tableau économique" de Quesnay s'inspire de la théorie des cycles de François Véron Duverger de Forbonnais et du "zig-zag" élaboré sous la direction de Vincent de Gournay etRichard Cantillon. Ces travaux révolutionnaires pour l'époque anticipent ceux d'Adam Smith en s'intéressant à la création de la richesse, mais aussi et surtout à sa répartition via des diagrammes de flux et de stocks représentant de manière très élaborée le fonctionnement de l'économie. Le but de ce groupe de marchands et de grands commis de lEtat est de mettre en place les outils qui permettront au Roi de France de mieux mesurer la création de richesse et ainsi pouvoir faire de meilleures lois permettant d'éviter les disettes via une production et une répartition optimisées des richesses. Cependant, en prenant pour hypothèse que le travail est la source de toute création de richesse, cette analyse va heurter de plein front les intérêts de l'aristocratie française, pour laquelle le simple fait de travailler était synonyme de dérogeance; si un Noble travaillait et que cela venait à se savoir, il en perdait sa noblesse, et seule une lettre de réhabilitation du Roi pouvait la lui rendre.François de Quesnay en habile politique va dans le "Tableau économique" faire reposer la source de la richesse non plus sur le travail, mais sur la capacité "miraculeuse" de la terre à produire de la nourriture à chaque printemps. Il arrivera ainsi à se concilier les bonnes grâces des rentiers terriens tout en proposant un nouveau système prenant en compte autant que se peut les idées nouvelles et permettant de dépasser le mercantilisme (et le colbertisme) sans révolutionner la société. Les physiocrates font émerger des principes foncièrement anti-chrétiens pour leur temps, notamment l'idée selon laquelle les progrès de l'agriculture permettraient à Adam de se laver du péché originel en n'ayant plus à travailler à la sueur de son front pour assumer sa subsistance. Ils expriment ainsi des idées, très souterraines au XVIII eme siècle -et pas uniquement françaises-, selon lesquelles l'homme individuel aurait accès à l'intégralité du bonheur suprême en tant que créature limitée, et qu'il n'aurait donc nul besoin de transcendance. C'est Turgot, célèbre physiocrate, qui est l'auteur du texte d'une gravure sur bois à l'effigie de Benjamin Franklin: "Eripuit coelo fulmen sceptrumque tyrannis" (il arrache le feu des cieux et le sceptre de la tyrannie), phrase dont certains on noté le caractère particulièrement "luciférien" pour l'époque.

TurgotCatherine II la Grande, le roi Stanislas II font aussi partie de cette école de pensée.

Les principes de l'école physiocratique

La richesse

Tableau économique de Quesnay

En opposition aux idées mercantilistes, les physiocrates considèrent que la richesse d'un pays consiste en la richesse de tous ses habitants et non seulement celle de l'État. Cette richesse est formée de tous les biens qui satisfont un besoin et non de métaux précieux qu'il faudrait thésauriser. La richesse doit être produite par le travail.

Pour les physiocrates, la seule activité réellement productive est l'agriculture. La terre multiplie les biens : une graine semée produit plusieurs graines. Au final, la terre laisse un produit net ousurplus. L'industrie et le commerce sont considérés comme des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par l'agriculture.

La Physiocratie distingue trois classes d'agents économiques :

  1. La classe des paysans, qui est la seule productive (producteurs terriens),
  2. la deuxième classe est appelée stérile et est composée des marchands et "industriels".
  3. la troisième classe est celle des propriétaires.

Cette vision de l'économie est naturelle à une époque où l'immense majorité de la population est formée d'agriculteurs qui produisent tout juste de quoi assurer leur propre survie. La thèse selon laquelle la terre est la seule source de richesse, qui distingue les Physiocrates de leurs successeurs classiques, est néanmoins secondaire par rapport aux autres apports par lesquels les Physiocrates se distinguent de leurs prédécesseurs, qui ont été repris par les classiques et qui fondent l'économie moderne.

Vincent de Gournay et Turgot, souvent assimilés à l'école physiocratique, pensent au contraire que les manufactures et le commerce sont générateurs de richesses. Ils ne doivent donc pas être comptés parmi les physiocrates même si ces derniers leur ont fait beaucoup d'emprunts.

Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises

Portrait de Vincent de Gournay

Dans la controverse sur le commerce des grains qui marque le milieu du XVIIIe siècle, les Physiocrates prennent parti contre les restrictions gouvernementales au commerce des blés (qui sont à l'époque la base de l'alimentation). Plus généralement, ils affirment que la meilleure façon de maximiser la richesse de tous est de laisser chacun agir à sa guise selon ses moyens et mettent ainsi au premier plan la liberté du commerce comme principe de politique économique.

Vincent de Gournay a popularisé la fameuse phrase « Laissez faire les hommes, laissez passer les marchandises », probablement due au Marquis d'Argenson, et qui passera à la postérité. Ce programme résumé en une phrase connaîtra un renouveau particulier avec la mise en avant des idées libérales dans le dernier quart du XXe siècle, les partisans du libre-échange reconnaissant les physiocrates comme des précurseurs du libéralisme économique.

Ordre naturel

Selon les physiocrates, il existe un ordre naturel gouverné par des lois qui lui sont propres, et qui repose sur le droit naturel. Par exemple, chaque homme a droit à ce qu'il acquiert librement par le travail et l'échange. Le rôle des économistes est de révéler ces lois de la nature. La liberté et la propriété sont des droits naturels que le souverain doit respecter et protéger en les consacrant dans le droit positif. Le rôle du pouvoir est de garantir l'application du droit naturel.

Les physiocrates ne remettent pas en question la monarchie, mais veulent que le souverain, loin de se comporter en monarque absolu ou endespote arbitraire, se soumette au droit naturel et le fasse respecter. En revanche, pour faire respecter ce droit naturel qui s'impose à tous, il doit user de toute son autorité. C'est le sens de l'expression « despotisme légal » utilisée par Lemercier de la Rivière, qui s'apparente plus au concept libéral d'État minimum qu'à l'acception courante du mot despotisme.

Citations

«  La doctrine des physiocrates est un mélange de libéralisme économique et de despotisme éclairé [...] la pensée des physiocrates s'ordonne autour de quatre grands thèmes : la nature, la liberté, la terre, le « despotisme légal » [...] L'État doit être gouverné par des propriétaires fonciers ; eux seuls ont une patrie ; patrie et patrimoine sont joints. [...] Les physiocrates sont donc hostiles à toute réglementation. Leur formule est « laissez faire, laissez passer » [...] Les physiocrates sont partisans de la monarchie absolue.  » Histoire des idées politiques, Tome2, Du XVIIIe siècle à nos jours, Jean Touchard, PUF, 1958.

 

 

1 février 2008

gentil-homme.....

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Gentil-homme plein de qualitées

Aristocratie du verbe

Plein de manières empruntées

Qui rendent ses paroles acerbes

Il a errer dans les bas fonds

Esperant une nouvelle noblesse

Un chemin vers un nouveau pont

Un passage pour oublier sa bassesse

Mais il n'y a rien que le vide

Simplement une autre histoire

Mais il reste la, livide

Juste un autre soir sans espoir.......

S.

9 septembre 2007

coup de flash / coup de pub.....

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j'ai déja mis son site dans mes liens mais son travail mérite un article! même si son talent ne doit pas avoir besoin de beaucoup de pub!!

je pourrais parler longtemp de Jean Francois LEFRANC, enfin surtout de ses travaux !! (lui jle connait pas!!) je pourrais dire qu'il mêle l'ancien et le nouveau, qu'il glisse du virtuelle dans du classique, qu'il reproduit des images du passé avec des instants voler du present, qu'il habille les femmes d'une peinture antique, qu'il redonne de la patine a des sculptures vivantes, que son travail a quelquechose de caravagesque.....

mais bon je prefère poser mon buz et faire un copier coller de ce qu'il dit lui même de son travail sur sa page myspace!!! (et oui je suis inspiré mais paresseux!!)

"Photographe et artiste peintre, élève aux Beaux Arts de 1975 à 1978... ...


Je suis un admirateur de toute la peinture expressionniste, de Soutine à Francis Bacon…mais j'ai des goûts très éclectiques en matière de peinture, je vénère autant une toile de maître classique qu'une toile de Paul Rebeyrolle… aucune référence en photographie, je suis un créateur et non un photographe... mais j'ai un faible marqué pour des gens comme Joel-Peter Witkin,Brassaï, Willy Ronis, Mary Ellen Mark ainsi que ceux qui sont à la fois peintre et photographe, comme Jan Saudek et Loretta Lux."

et merci fabienne pour la photo!!!!! superbe!!!

le lien vers ses different espace et en haut a droite nus picturaux!!

20 février 2008

garde tes songes.......

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«Garde tes songes :
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous !»
Charles Baudelaire

Le rêve : un miroir déformant...
Le langage du rêve est à base de symboles-archétypes, de symboles personnels conscients et inconscients, qui ne peuvent être compris, dans leur totalité, par le conscient du rêveur.

Un filtre mélangeur-transformateur-barrage-synthétiseur-analyseur a plusieurs fonctions; mais, avant de comprendre «à quoi il peut servir», il est impératif de savoir que ce combiné filtre-barrage... existe.
Ignorer sa présence à l'arrivée des images du rêve au niveau de la conscience du rêveur, amènerait l'esprit à accepter «en bloc» tous les messages du rêve, ce qui serait dangereux pour l'équilibre. Chaque image ferait alors l'objet d'un décodage sans nuance par le rêveur, comme le proposent certaines «clés des songes».

Le premier rôle du filtre est de transformer le langage du rêve, soit les symboles, en images compréhensibles pour le conscient du rêveur.

Les images réalistes, a-morales, brutales... pourront être dédramatisées puisque la connaissance du filtre permettra de ne pas prendre les contenus du rêve à la lettre. De plus, les rêves ne seront pas «pris pour des réalités» ce qui peut être parfois décevant!

Par exemple, un rêve obscène ne sera pas considéré comme l'affirmation d'un esprit tourmenté par une sexualité malade et obsédée.

Les cauchemars

Dans son livre The Bedside Book of Dreams, Stase Michaels met l'accent sur trois genres différents de cauchemars qui sont communs à tous les adultes :
Dans le premier genre, vous affrontez vos vraies peurs.
Dans le deuxième, vous avez affaire aux douleurs et aux traumatismes de votre vie.
L'expression "être son propre ennemi" caractérise le troisième, le plus courant.

Dans ce dernier genre de cauchemar, vous rencontrez une partie de vous-même que vous auriez préféré ne pas voir.
C'est le genre de rencontre dans votre vie éveillée que Brugh Joy qualifie de «réactive».
Il s'agit d'une une réaction extrême à quelque chose ou quelqu'un. La personne ou l'événement auxquels vous réagissez affecte une corde particulièrement sensible parce qu'elle ou il reflète un de vos aspects intérieurs que vous préférez laisser caché.

Souvent, ces cauchemars semblent être un avertissement clair sur quelque chose - votre santé, votre voiture, un accident que vous avez eu ou un voisinage à éviter. Mais avant de conclure hâtivement qu'un cauchemar constitue un avertissement littéral, explorez toutes les autres possibilités.

Le rêve : territoire des ombres...

«Donne-moi du poison pour mourir ou des rêves pour vivre.»

Dans de nombreuses cultures, à travers le rêve, les défunts font passer des messages aux vivants.

L'ethnologue Tylor impute aux rêves la conception mythique de la vie qu'ont certaines cultures, qui en attribuent la maîtrise aux esprits :
«L'esprit ou la fantôme vu par le rêveur ou le visionnaire n'a pas de substance, à l'instar d'une ombre ou d'une réflexion, et le mot "ombre" vient naturellement aux lèvres pour qualifier l'âme. Ainsi, le mot tasmanien pour
ombre est le même que pour esprit; les Algonquins qualifient l'âne d'un homme d'otachchuk, "son ombre"; en quich, natub signifie "ombre", "âme" et "image"; le mot arawak ueja signifie "ombre", "âme" et "image"; et les Abipones ont un seul mot pour "ombre", "âme", "écho" et "image" (loakal
).
Quant aux zoulous, non seulement ils utilisent le mot
tunzi pour décrire "l'ombre", "l'esprit" ou "le fantôme", mais ils pensent également qu'à la mort, l'ombre de l'homme quitte en quelque sorte le corps et devient un esprit. Les Basutos désignent du nom de serit
,"esprit" ou "ombre" l'esprit survivant à la mort.»

Paulme, dans un ouvrage publié en 1954, décrit ses observations :
«À la mort, l'ombre quitte le cadavre, s'échappe. Pendant le sommeil, un dédoublement se produit parfois, attesté par le rêve... Si l'on rêve d'un mort ou d'un absent, c'est son ombre qui apparaît au rêveur.Une mère pendant sa grossesse peut voir en songe un aïeul qui lui dit son intention de renaître dans le corps de l'enfant. On offrira un peu de riz cuit à cet aïeul en remerciement et pour lui demander de ne pas retirer sa protection à l'enfant.»

«Nos cauchemars, c'est notre âme qui balaie devant sa porte.»
J. Deval

«Le rêve est une porte étroite, dissimulée dans ce que l'âme a de plus obscur et de plus intime.»
C.G.Jung

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http://dico.reves.free.fr/INTERPRETATION.HTM

7 novembre 2007

dédale virtuel

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L’araignée tisse sa toile
Dans les méandres
Des âmes crédules

Des piques camouflées
Dans des discours charmeurs
Déjouent les amitiés

Au détour de messages
Ornés de radieuses promesses
Germent des trahisons

Dans les mailles du réseau
Se trament des rencontres
Au parfum insolite

Dans le dédale virtuel
Des échanges anonymes
Poussent des fleurs d’espoir

P.GUENOT

5 février 2008

lost.......

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"J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;

Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;

Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,

Mais non pas sans bonheur ; - je vous vois, c'est assez."

Alfred de Musset

"Un court moment passé avec une personne que l'on aime et que l'on ne voit pas souvent, on pourrait en dire: C'est un court moment dont on savoure le souvenir longtemps."

Jules Renard

"Quand on aime pas trop, on aime pas assez."

Bussy-Rabutin, Les Maximes d'amour pour les femmes

"Chaque instant de la vie est un pas vers la mort."

Pierre Corneille, Tite et Bérénice.

"Ne crains pas d'avancer lentement, crains seulement de t'arrêter."

Sagesse chinoise

"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve."

Philippe Chatel

"Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites."

Jules Renard, Nouvelles.

"Il faut laisser le passé à l'oubli et l'avenir à la providence."

Bossuet

"Nous entrons dans l'avenir à reculons."

Paul Valéry

"L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent."

Gustave Flaubert

l'avenir n'est qu'une excuse pour le present,

le present qu'une excuse du passé..............

S.

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