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sammael world
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5 juillet 2013

peter pan....

RoyoPort2couv

(merci ma susu)

Demain la vie sera enchantée
où seuls tes habits s'endormiront
demain la nuit saura s'effacer
seules nos réalités s'en iront

Demain la vie sera enchantée
et le temps saura s'évaporer
je pourrai devenir peter pan
passer dans le pays du présent

Mais les grilles sont fermées
elles sont dures à franchir
et je ne veux plus grandir
après toutes ces années

Moi je veux rester comme ça
toute ma vie
moi je veux rester tel que je suis
moi je resterai comme ça toute ma vie
moi je resterai tel que je suis

Une petite fée saura me bercer
me charmer autour de mon berceau
je pourrai devenir un héros
solliciter une éternité

Mais gravir des parois
ne pas partir sans toi
nous on ne veut plus grandir
on veut cette éternité

Allez!
Nous on veut rester comme ça toute la vie
et s'embrasser à tout jamais
moi je resterai comme toi toute ma vie
moi je resterai tel que je suis

Mais nous voici arrivés
après tant d'années
l'éternité
et nous voici arrivés
après tant d'années
à la beauté à la beauté

Allez!
moi je veux rester comme ça toute ma vie
moi je veux rester tel que je suis
et s'amuser à tout à tout jamais
moi je ne changerai plus jamais..

 

Indochine

 

 

Peter Pan est un personnage fictif créé par l'auteur écossais J. M. Barrie, apparu pour la première fois dans le roman The Little White Bird (Le Petit Oiseau Blanc ), puis dans la pièce du même nom et enfin dans le romanPeter and Wendy, plus connu sous le titre Peter Pan. Le personnage et l'œuvre ont ensuite été adaptés à de nombreuses reprises au théâtre, au cinéma, ou encore en bande dessinée.

 

L'œuvre

J. M. Barrie a créé Peter Pan en racontant des histoires aux fils de son amie Sylvia Llewelyn Davies, avec laquelle il avait une relation spéciale. Sylvia était la fille de George du Maurier, dessinateur satirique et compagnon de route de Henry James. « Peter » était le prénom de leur troisième fils, et le nom « Pan » rappelait le dieu grec de la Nature.

Pour certains commentateurs, le personnage a pu être inventé par Barrie dans le souvenir du deuil de son frère aîné David, mort à 13 ans. Sa mère ne s'en remit jamais vraiment. Pour Andrew Birkin, auteur de J. M. Barrie and the Lost Boys, « si Margaret Ogilvy trouvait du réconfort dans l'idée que David en mourant enfant, resterait un enfant à jamais, Barrie y trouva son inspiration. »

Peter Pan fait sa première apparition imprimée en 1902 dans le livre The Little White Bird (littéralement, le petit oiseau blanc) dont la traduction française a été réalisée par Céline-Albin Faivre. Barrie développe le personnage de Peter pour créer la pièce de théâtre Peter Pan, or The Boy Who Wouldn't Grow Up (Peter Pan, ou le garçon qui ne voulait pas grandir) dont la première eut lieu à Londres le 27 décembre 1904. En 1906, la partie de The Little White Birdconcernant Peter Pan est publiée seule : Peter Pan in Kensington Gardens, illustrée par Arthur Rackham. Enfin, Barrie adapta la pièce en un roman publié en 1911 et titré Peter and Wendy, connue actuellement sous le titre Peter Pan.

Pendant le milieu du xxe siècle, le prénom Wendy devint populaire en Angleterre grâce au personnage du roman.

Une statue de bronze de George Frampton a été érigée dans Kensington Gardens à Londres en 1912. Peter Pan y est représenté en train de jouer de la flûte. Une copie de cette statue se trouve dans le Parc d'Egmont à Bruxelles depuis 1924. Elle a été offerte à la ville par son auteur, Sir George Frampton, en témoignage de l'amitié qui liait les enfants anglais et belges pendant la Première Guerre mondiale.

 

Résumé

Ce vendredi soir, la voie est libre pour Peter Pan, le petit garçon qui refuse de grandir : M. et Mme Darling sont absents et la chienne Nana, qui tient lieu de nurse à leurs enfants Wendy, Jean et Michel, a été enchaînée dans le jardin.

Venu récupérer son ombre abandonnée lors d’une précédente visite, Peter se trouve face à Wendy. Avide des histoires qu’elle pourra lui raconter et du rôle de mère, fantasmé, qu'elle pourrait accomplir, il la persuade de le suivre jusqu’au Pays imaginaire (Neverland)

Wendy devra s’y défendre de la jalousie de la fée Clochette (Tinker Bell) et veiller sur la petite famille des Garçons perdus, jadis tombés de leur landau, dont elle devient la mère. Emmenés par Peter Pan, Wendy et ses frères vivront d’extraordinaires aventures auxquelles seront mêlées les Peaux-Rouges et Lily La Tigresse (Tiger Lily), mais surtout les Pirates et leur chef, le fameux Capitaine Crochet (Captain Hook, capitaine du Jolly Roger, traditionnellement joué dans les adaptations par le même acteur que M. Darling, le père des enfants), qui n’a jamais pardonné à Peter de lui avoir coupé la main avant de la jeter en pâture avec le réveil du capitaine au Crocodile qui le poursuit depuis sans trêve...

Crochet enlève au cours d'une embuscade Lily La Tigresse, afin de capturer Peter, dont il pense qu'il viendra la sauver. Peter Pan se rend à la Lagune aux Sirènes avec Wendy. Au cours d'une bataille, Lily La Tigresse est libérée et retourne chez les Indiens.

À cause de sa jalousie, Clochette révèle la cachette de Peter Pan, où Crochet le trouve endormi et décide de le tuer en empoisonnant la potion que Wendy avait donné à Peter. Entre-temps, les enfants perdus, Wendy et ses frères sont capturés. Quand Peter se réveille, Clochette est prise de remords et veut le prévenir que la potion qu'il est sur le point de boire est empoisonnée. Fâché contre elle, Peter Pan ne la croit pas et Clochette boit la potion elle-même. Pour la sauver de la mort, Peter fait appel à tous les enfants qui croient aux fées et Clochette revient à elle. Peter retourne auJolly Roger et une bataille s'engage. Crochet est vaincu et, poussé par-dessus bord, disparaît dans la gueule du crocodile.

Peter devient capitaine du Jolly Roger et ramène Wendy, John et Michael et les Enfants perdus à Londres. Les parents Darling retrouvent leurs enfants et adoptent tous les Enfants perdus. Peter Pan rentre au Pays imaginaire en jurant à Wendy qu'il ne l'oubliera pas, et qu'il reviendra tous les ans pour la ramener au Pays imaginaire.

Mais on apprend dans un épilogue écrit quelques années après la pièce qu'il oublie sa promesse et ne revient que bien longtemps après quand il retrouve Wendy grandie et maman. Il emmène alors sa fille Jane, puis, une fois que celle ci était devenue grande, sa propre fille Margaret. L'auteur mentionne que ce cycle continuera pour toujours.

 

Thèmes

Par là, Peter Pan est aussi un livre sur la mort et la thanatophobie, raison de la volonté de Peter de ne pas grandir. La mort est très présente dans l'œuvre, sous différentes formes : elle est symbolisée par le crocodile-horloge, elle est la terreur du capitaine Crochet (qui la fait pourtant subir à bon nombre de personnages) et de Peter (en cela, ils se ressemblent car même Peter Pan n'hésite pas à tuer les enfants perdus qui grandissent), mais elle est aussi thématisée indirectement par certains motifs récurrents de l'œuvre, notamment par l'oubli.

Certains commentateurs y voient aussi le thème de l'éveil de la sexualité chez Wendy, et les sentiments freudiens de Peter envers une figure maternelle, et ses sentiments conflictuels pour Wendy et la fée Clochette. Elles représentent chacune une femme idéalisée différente. On peut en fait déterminer au moins quatre archétypes inaccessibles à partir des personnages féminins : Wendy, Clochette, les Sirènes, et Lily.

Le livre met aussi en scène, et c'est l'une des première fois dans l'histoire de la littérature, un franchissement de la barrière de la fiction, puisque Wendy et ses frères vont entrer dans un monde de conte où ils vont justement reconnaître nombre de personnages inventés par Wendy ; ce qui peut à la fois illustrer la lecture, où l'enfant lecteur peut s'identifier au héros d'une histoire et avoir le sentiment de rentrer à l’intérieur du livre, mais aussi une métaphore de la difficulté de l'auteur à quitter ce monde merveilleux et à ne pas se laisser dominer par lui. Ce monde apparaît en effet dominé par l'enfance :

Peter veut rester un enfant pour toujours, et éviter les responsabilités de l'âge adulte, il s'enferme en quelque sorte dans le monde de l'enfance. Il adopte une attitude souvent tyrannique et hostile à toute forme d'autorité, ce qui permit à certains commentateurs d'obédience freudienne de parler d'un personnage sans surmoi. Le syndrome de Peter Pan tire justement son nom du refus conjoint de mûrir en s'insérant dans le monde des adultes, perçu comme trop conventionnel et de reconnaître le caractère fictif et enfantin des êtres peuplant l'imaginaire de l'enfance.

Le personnage de Peter Pan

Le personnage de Peter Pan est plus ambigu qu'il n'y paraît au premier abord. C'est pourquoi, malgré les apparences, Peter Pan n'est pas uniquement un conte pour enfants, mais bien un récit précurseur du syndrome de Peter Pan. Évidemment, c'est un enfant qui refuse de grandir, mais ce n'est pas seulement l'enfant joyeux qu'il paraît.

Peter est très lié au Pays imaginaire ; il est le Pays imaginaire et tous ses personnages, les bons comme les méchants. S'il le quitte, le monde s'endort, la nature se fane et les Enfants perdus ne se battent plus avec les pirates. Tout change constamment au Pays imaginaire ; les Enfants perdus ne sont jamais les mêmes (quand ils sont trop grands, ils partent ou sont directement exécutés par Peter car « grandir est contraire au règlement »), les méchants changent (une fois que Crochet est tué, d'autres apparaîtront), les fées ont aussi une vie très courte, et les aventures s'enchaînent. Seul Peter Pan est immuable dans ce monde ; il est l'éternel maître du jeu, il est le jeu lui-même.

Peter Pan est défini à plusieurs reprises, à l'instar de tous les enfants comme « joyeux, innocent et sans cœur » : totalement égocentrique, il n'accorde que peu d'importance aux autres personnages, qu'il ne considère que comme ses faire-valoir. À la fin de l'histoire, il finit par oublier ses anciens amis (et ennemis), et les anciennes aventures qu'il a vécues sont perpétuellement remplacées par de nouvelles. Tout, à part lui, est interchangeable ; il va chercher les enfants génération après génération et oublie à chaque fois les précédents. Le personnage n'est d'ailleurs pas sans rapports avec celui du fripon (dont Till l'Espiègle est un grand exemple) décrit et analysé par Carl Gustav Jung.

Le roman montre que Peter Pan n'est pas quelqu'un d'humain ou un héros : dans l'histoire il est incapable d'amour, de compassion ou de quelque sentiment profond que ce soit. Il reste éternellement bloqué dans le factice, ne faisant aucune différence entre le jeu et la réalité.

Mais l'œuvre de J. M. Barrie ne nous montre pas uniquement un gentil garçon rêveur en mal d'aventure. Au contraire, c'est un garçon qui s'obstine pleinement à ne pas vieillir ni se souvenir (il ne viendra plus chaque printemps rendre visite à Wendy, car pour lui, ce temps « infini » que lui procure le Pays imaginaire lui fait perdre de manière irrémédiable la notion du Temps. Wendy le sait très bien : « Et Wendy devait en être consciente, sinon pourquoi lui aurait-elle adressé un au revoir si plaintif ? »). Peter Pan est aussi cruel (sans s'en rendre compte). D'un certain côté, on peut dire que le personnage le plus représentatif de Peter dans ce Pays imaginaire est le capitaine Crochet. Le capitaine Crochet est, en beaucoup de points, semblable à Peter :

  • Ils se craignent mutuellement, mais ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre (écroulement de l'équilibre du Bien et du Mal). Il faut toujours que quelqu'un craigne un autre personnage ; Crochet craint le Crocodile, les pirates craignent les Indiens, les Indiens craignent les animaux sauvages, les animaux sauvages craignent les enfants, les Garçons Perdus craignent les pirates. Tout tourne en rond au Pays imaginaire, et chaque clan court à travers l'île de manière ininterrompue sans jamais se rencontrer. Et quand bien même Peter tuerait Crochet, il prendrait aussitôt son rôle pour ne pas rompre l'équilibre de l'île, en attendant qu'un nouvel ennemi survienne. C'est d'ailleurs ce qui se passe.
  • Ils sont tous les deux seuls et sans amour. Crochet le sait très bien et réussit difficilement à vivre avec, mais Peter ne sait tout simplement pas ce qu'est l'amour (qui est tout proche de lui, grâce à Wendy qui, elle, se refuse à rester une enfant et entame ses premiers sentiments amoureux envers Peter). Pourtant, si on se réfère au type d'histoire qu'adore écouter en cachette Peter Pan, le soir sur le balcon de Wendy, ce ne sont « que des histoires d'amour se terminant par un baiser et où le Bien triomphe du Mal ».

Mais ce qui sépare le Capitaine Crochet et Peter Pan est le vécu, le côté adulte. L'adulte est un pirate pour Peter. D'ailleurs, on peut voir sa réaction lorsque, pour la première fois, Peter est confronté à la cruauté et à la perfidie de l'homme : il est resté bouche bée pendant quelques instants, incapable de comprendre pourquoi Crochet a fait un tel coup bas. C'est à cause de tous ces « défauts » adultes, apportés par le temps impitoyable, que Peter Pan refuse de grandir : ce serait pour lui une dégénérescence.

Mais qu'est réellement Peter Pan ? Un pirate. Dans son livre, lorsque Peter Pan triomphe de Crochet, Barrie tient absolument à ce que l'on remarque que Peter Pan remplace aussitôt son ennemi, prenant ses vêtements et l'imitant jusqu'au crochet : « Par la suite, la rumeur courut que la première nuit où il porta ce costume, il resta longtemps assis dans la cabine, le porte-cigares de Crochet aux lèvres, et tous les doigts d'une main repliés, à l'exception de l'index qu'il tenait recourbé en l'air de façon menaçante, comme un crochet. »

On est bien loin de l'univers Disney ; derrière les apparences d'un petit conte pour enfants, se cache un texte d'une profondeur vertigineuse où chaque phrase importe, et où une analyse approfondie est nécessaire pour tout comprendre. Le dernier chapitre, considéré par certains comme une fin secondaire, est probablement le passage le plus important et le plus démonstratif de ce que veut nous faire parvenir l'auteur. Le Temps passe, irrémédiablement, pour tout être vivant ; personne ne peut rien changer à cela.

On le voit avec le personnage de Wendy, au dernier chapitre : Peter Pan en a peur, car elle a grandi. Il se rabat donc sur l'enfant de Wendy, Jane.

Peter Pan et le Pays Imaginaire ne sont rien de plus que le fantasme de tout enfant (une fontaine de jouvence où Peter Pan est le maître). Un monde parfait mélangé à l'esprit de communauté garçonnier, de conquête, d'histoires sans fin : un lieu où le temps n'a plus d'importance et où le matin se lève à chaque instant.

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16 avril 2015

faut il oublier son grand amour?

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Faut-il oublier son grand amour ?

Beaucoup d’entre nous vivent avec un ex-partenaire idéalisé dans un coin de leur tête. Comment cet amour « fantôme » influe-t-il sur nos relations ? Est-il nuisible ou nécessaire ? Enquête, témoignages et conseils de psys.

Flavia Mazelin-Salvi

Louise, 39 ans, a deux enfants, elle est mariée depuis huit ans. « Je suis heureuse, mais depuis deux ans, je trouve que nous ronronnons, je nous vois parfois comme le parfait “couple Ikea” : joli appartement, beaux enfants, jobs sympas ; j’ai l’impression d’être sur des rails, tout va bien mais rien ne vibre vraiment. Depuis quelques mois, je me suis mise à repenser à un ex, Max, peintre, marginal, qui donnait des sueurs froides à mes parents. Nous sommes sortis ensemble pendant un an, je suivais des études de droit. Sa devise, c’était : “Ni Dieu ni maître” ; il vivait au jour le jour, disparaissait, réapparaissait ; avec lui, tout était incertain et magique. Je n’aurais jamais fondé une famille avec lui, mais il avait cette folie qui me manque aujourd’hui. Quand je lis dans les magazines des témoignages du style : “Ils se sont retrouvés vingt ans après”, ça me donne des frissons, je me dis : “Et si ça m’arrivait ?” J’ai pensé à le recontacter par Internet, mais j’ai peur, je préfère continuer à rêver de temps en temps. »

C’est au fil des années, au cours de ses consultations dans son cabinet d’analyste, qu’Hélène Vecchiali (auteure d’Ainsi soient-ils, sans de vrais hommes, point de vraies femmes…, Calmann-Lévy, 2005) a constaté que la plupart de ses patientes gardaient dans leur cœur ou en mémoire le fantôme d’un grand amour passé ou parfois même imaginaire : « C’est un phénomène bien plus répandu qu’on le croit. Nous n’arrivons jamais vierge dans une nouvelle histoire d’amour, nous y apportons notre passé, nos expériences, positives ou négatives, mais aussi notre imaginaire et nos fantasmes. J’ai eu des patientes qui étaient en couple tout en vivant dans leur imaginaire une relation avec un amour idéalisé, un homme qu’elles avaient à peine connu, ou bien un amour de jeunesse. »

Une histoire sans avenir

Un homme croisé, un quasi inconnu dont on se dit : « C’était lui », un amour de jeunesse – le premier, bien souvent –, une histoire impossible – l’un des deux était engagé –, la mort de l’être aimé, un divorce dont on ne fait pas le deuil… les amours fantômes ont de multiples visages. « Leur point commun ? L’histoire était impossible à vivre dans la durée, analyse Hélène Vecchiali. Les fantasmes, les regrets et les remords se nourrissent de cette impossibilité, c’est elle qui ouvre la porte à l’imaginaire. » Si la raison reconnaît et admet que l’histoire n’avait pas d’avenir possible, l’inconscient, lui, se montre moins docile. Selon le psychologue et psychothérapeute Patrick Estrade (auteur du Couple retrouvé, les mésententes conjugales et leurs remèdes, Dangles, 1991), c’est justement parce que l’inconscient a été saisi, pris en otage que le souvenir est si intense et la machine à rêver si productive.

« Celui qui marque de manière indélébile représente, pour reprendre un concept jungien, un archétype. C’est une force, comme une prise de possession. On ne le choisit pas, il nous capture. Et c’est cela qui fait acquérir à cette personne une valeur d’idéal. Ce n’est que dans un second temps que l’on rationalise : c’était sa voix, sa peau, sa façon d’être ou de parler, mais ce ne sont là que des bribes d’explications. La réalité, c’est qu’à un moment donné, on rencontre dans l’autre, pour une heure, un mois, un an, quelque chose d’intense, de parfait et d’impossible à poursuivre dans la durée. Tout simplement parce que les états paroxystiques ne peuvent pas durer, il nous reste alors le souvenir, la sensation de cette “immensité” idéale et idéalisée, ce que Proust appelle “l’édifice immense du souvenir”. » Un souvenir que le temps tricote et retricote à loisir, gommant les aspérités, adoucissant la souffrance et embellissant l’histoire et ses acteurs.

Un besoin de réparation

Tous les 20 novembre depuis six ans, Elise, 36 ans, allume une petite veilleuse. C’est un rituel secret auquel elle n’a jamais dérogé. « Une toute petite lumière dans mon bureau pour dire à Régis que je ne l’ai pas oublié. » Pendant deux ans, Elise et Régis ont vécu une relation tumultueuse, entrecoupée de ruptures et de retrouvailles passionnées. « Régis était marié, j’étais célibataire, il venait d’avoir un enfant lorsque nous nous sommes rencontrés, j’ai très mal vécu cette situation. J’ai rompu au bout de deux ans, épuisée, à bout de forces. Un an plus tard, Régis se tuait dans un accident de moto. Entre-temps, j’avais rencontré Alexandre, l’homme avec qui je vis aujourd’hui et qui est l’homme de ma vie. Je sais que je n’aurais pas été heureuse avec Régis, pour mille raisons, mais je l’ai aimé, et allumer une bougie à la date anniversaire de sa mort, c’est pour moi une façon de rester fidèle à l’amour que j’ai donné et que j’ai reçu. »

Sans doute dans l’attachement aux amours fantômes – vivantes ou mortes, réelles ou fantasmées – y a-t-il aussi le besoin de construire une légende personnelle, un passé mythifié et « hors norme ». Se dire que l’on a vécu un grand amour impossible donne du relief à une vie affective que l’on peut parfois trouver un peu trop lisse. Isabelle, 42 ans, mariée, « épanouie et comblée », précise-t-elle, repense souvent à son grand amour de jeunesse. Elle était étudiante, il était professeur et marié. « C’était sa première liaison adultère et c’était mon premier amant. Nous devions nous cacher, nous nous retrouvions chez moi, l’après-midi entre deux cours, nous nous écrivions. La vie amoureuse de mes copines me semblait tellement banale, tellement fade en comparaison. J’étais une héroïne romantique, Jane Eyre, Anna Karénine, je n’étais pas dans la grisaille ordinaire. » Les anciens amants idéalisés, dont le souvenir est jalousement conservé, dans le secret la plupart du temps, ont souvent une fonction de réparation ou de compensation.

« Je suis persuadée que toutes les femmes portent en elles un immense besoin de réparation, explique Hélène Vecchiali. Nées d’une femme, elles n’ont pas senti sur elles le premier regard émerveillé et narcissiquement valorisant que les mères portent sur leur fils. Et ce regard, elles vont le chercher plus tard dans la relation amoureuse. Un homme idéalisé est un homme parfait, et c’est justement cette perfection qui va rejaillir sur elles et les faire s’aimer elles-mêmes. Mais cela n’est possible que dans l’imaginaire, car dans la réalité d’une relation au long cours, on sait bien que les failles, inhérentes à chaque être humain, apparaissent. »

Un aiguillon pour le couple

A ce besoin d’idéalisation et de réparation narcissique s’ajoute aussi le besoin de compenser une réalité parfois frustrante ou insatisfaisante. Comme si, en conservant dans un coffre un « autre idéal », les déceptions ou les attentes non comblées étaient moins douloureuses. Sylvaine, 43 ans, a vécu pendant un an une passion physique avant de rencontrer son compagnon actuel, il y a cinq ans. « Je m’interdisais de repenser “érotiquement” à lui, jusqu’au jour où Pierre m’a avoué une aventure d’une nuit, il y a deux ans. Cela n’a pas remis en cause notre couple, je peux comprendre les envies d’ailleurs, mais depuis, je m’autorise à repenser à Loïc quand je fais l’amour avec Pierre. Ce n’est peut-être pas très moral, mais c’est pour moi une façon d’écouter mon désir, et peut-être aussi, si je suis vraiment honnête, de me venger ! »

Les amants fantômes seraient-ils une façon d’être infidèle tout en restant fidèle ? « Il y a plusieurs formes d’infidélité, répond Patrick Estrade. En simplifiant, on pourrait dire qu’il y a l’infidélité faite à soi-même et celle faite à l’autre. Dans ce cas, on peut dire qu’il y a infidélité à l’autre, mais pas à soi-même. Personnellement, j’aime beaucoup l’idée du jardin secret que je rebaptise “jardin sacré”. Je peux être fidèle à ma compagne et, en même temps, être fidèle à mon propre passé puisque je fais un avec mon histoire. »

Les fantômes dangereux, selon Hélène Vecchiali, sont en revanche ceux qui prennent trop de place, ceux qui sortent du placard pour envahir le couple ou la relation amoureuse en cours. « Un investissement massif “hors couple”, même imaginaire, fragilise le couple. Il faut alors oser se questionner : suis-je vraiment épanoui dans cette relation ? Me suis-je donné le temps pour digérer l’histoire précédente ? Qu’est-ce qui m’empêche de m’investir aujourd’hui dans mon couple ? » Des questions essentielles que la présence de nos fantômes amoureux ne devrait pas nous faire oublier.

 

Du bon usage du fantasme

Un amour inoubliable peut empoisonner le couple… ou le revivifier ! A condition de se poser les bonnes questions et d’y répondre le plus sincèrement possible.

- Quelle fonction a pour vous ce « grand amour » passé ?
- C’est votre part de rêve, votre Autant en emporte le vent personnel, vous y pensez de temps en temps, un peu nostalgique… Ce fantasme ne menace pas votre couple qu’il ne concurrence pas. Pourquoi vous en priver ?
- Il vous aide à supporter une relation routinière et frustrante : attention, cette évasion chronique peut vous empêcher de vous investir dans la relation présente et d’y consacrer le temps, l’amour et l’énergie nécessaires pour la faire évoluer. Affronter la réalité de votre couple, dire vraiment adieu à votre grand amour, tôt ou tard, il vous faudra franchir ce pas.
- A quel moment de la vie de votre couple y pensez-vous ?

Dans les périodes de conflits, de doutes sur votre choix de vie, lorsque vous vous sentez insuffisamment soutenu ou compris par votre partenaire… Notez les « pics » et, plutôt que de vous réfugier dans le rêve, essayez de penser à ce que vous pourriez modifier dans votre vie ou votre relation pour qu’elle vous apporte ce que vous en attendez.

Qu’aimiez-vous de vous dans cette relation ?
Votre audace, votre sensualité, votre indépendance, votre abandon… Qu’avez-vous perdu de vous au fil du temps ? Il n’est jamais trop tard pour redécouvrir et faire renaître votre personnalité.
Qu’avez-vous à regretter ?
Une histoire achevée l’est en principe pour de bonnes raisons : personnalités incompatibles, infidélité chronique, divergences socioculturelles trop importantes, méconnaissance de soi, immaturité, etc. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, énumérez les valeurs de couple qui comptent le plus pour vous (confiance, complicité, respect…). Passez-les au tamis de votre ancienne relation puis à celui de votre relation actuelle et comparez-les.

Les idées clés

- Nous n’arrivons jamais vierge dans une relation. Nous y apportons notre passé, nos expériences, nos fantasmes.
- Nous avons besoin de nous construire une légende personnelle. Se dire que l’on a vécu un grand amour impossible donne du relief à une vie affective qui peut sembler trop lisse.
- Nous avons droit à un jardin secret. Reste à déterminer la limite entre fidélité et infidélité, même imaginaire.

 

Hommes : le fantôme érotique

 

Les hommes auraient une propension moins marquée à fantasmer leur passé amoureux. Notamment, estime la psychanalyste Hélène Vecchiali, parce qu’ils sont plus cloisonnés et plus ancrés dans le présent. Toutefois, précise-t-elle, s’ils ne s’encombrent pas d’un passé qu’ils estiment à juste titre révolu, ils peuvent y piocher des fantasmes sexuellement stimulants, c’est-à-dire se remémorer des séquences érotiques avec une ex-partenaire. Le psychothérapeute Patrick Estrade nuance cependant cette analyse. Selon lui, les hommes peuvent regretter « une grande histoire d’amour dans laquelle ils ont reçu générosité et sécurité. Mais à la différence des femmes, ils n’idéalisent pas forcément leur ex-partenaire ».

 

5 juillet 2013

idées glanées sur la société......l'anti pouvoir

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L’escroquerie de la propriété intellectuelle et des droits d’auteurs

“Le droit à la propriété fut l’origine du mal sur Terre, le premier maillon d’une longue chaîne de crimes et d’infortunes, endurée par les humains depuis leur naissance.”

 

“Tout travail humain est le résultat d’une force collective, toute propriété devient par conséquent, collective et unitaire. Pour parler de manière plus exact: le travail détruit la propriété.”

(Pierre Joseph Proudhon)

… et de manière générale, tout ce qui est produit par l’humanité appartient à l’humanité. Cela constitue son patrimoine que nul ne peut arbitrairement s’approprier, donc usurper. Les soi-disants "droits d’auteurs ou de propriété intellectuelle" ne sont qu’une mascarade de plus, une invention ne favorisant que l’oligarchie et son industrie mise en place.

 

Brisons les reins de la domination “intellectuelle” de l’industrie

 

Les films, la musique et les émissions de télévision créés par d’énormes cartels médiatiques monopolistes comme Disney, Sony, Warner Brothers, Fox, Paramount, ainsi que les compagnies de logiciels comme Electronic Arts, Microsoft, Autodesk et bien d’autres, appartiennent à un consortium d’intérêts finanço-industriels qui mène la croisade sur la “propriété intellectuelle” et bon nombre de ses créations impopulaires, incluant le SOPA, ACTA (NdT: LOPSI, HADOPI  en France) ainsi qu’une campagne de mise en accusation d’une floppée de grand-mères et de lycéens pour simplement partager une information labellisée “propriété” par ces mega-industries.

Image: Le racket de la “propriété intellectuelle”. Personne ne possède des “idées” ou une “information”, on ne possède que les moyens de les divulguer, de les enregistrer ou de les visionner. Le paradigme que ces intérêts industrio-financiers tente de créer et de perpétuer est un paradigme qui place inévitablement tout sous la coupe de “domaine intellectuel”, parce qu’il n’y a qu’eux qui ont l’argent et le pouvoir suffisants pour pouvoir les enregistrer et les défendre. Dans ce processus, ils ralentissent tout progrès technologique et social en défendant leurs modèles de commerce archaïques et obsolètes.

….

Ce qu’is représentent en réalité est l’anti-thèse du vrai commerce et du progrès, ce sont des réactionnaires technologiques, qui étouffent toute avance qui menace leurs modèles archaïques et obsolètes et l’énorme influence injuste et imméritée qu’ils ont accumulée depuis des décennies.

L’existence même de films, de musique, de logiciels libres “open source” et de publications indépendants, prouve que la connaissance, le spectacle et tout ce qu’il y a entre les deux non seulement peut survivre au delà de ces paradigmes essoufflés de “droits d’auteurs”, mais qu’en fait ils peuvent s’épanouir.

Un nouveau paradigme de donner crédit quand crédit est dû, mais de garder l’information et le média qui la contient en accès libre pour tous, est en train d’émerger. Prendre un CD physique à une autre personne est priver cette personne d’un objet concret, c’est donc en l’état actuel des choses, un vol. En revanche, copier digitalement l’information contenue sur ce CD avec le consentement du propriétaire du CD, n’est pas un vol.

La technologie a rendu possible de copier l’information sans priver les individus d’objets tangibles de valeur et parce que la culture de partager ne coûte rien à ceux impliqués, et plus l’information est partagée et plus il est facile pour ceux qui recherchent cette information de la trouver, ceci s’est généralisé de manière compréhensible à tous les médias digitalement encodés. Les producteurs de logiciels, de livres, de films, de musique doivent tous faire face au changement d’une industrie de simplement créer un média et vendre le médium qui le contient.

Il y a toujours de l’argent à faire avec les spectacles dans les théâtres et avec les productions physiques que d’aucun trouve de valeur suffisante pour payer. Mais, même dans cet aspect, les outils pour créer des films, de la musique, des logiciels et des livres deviennent de plus en plus bon marché et accessibles à un plus grand nombre de gens qui partageraient bien plus volontiers leur travail au sein d’une culture du partage.

Ce que ces intérêts industrio-financiers protègent donc, n’est pas leurs “droits” ou eux-mêmes à l’encontre de “vol”, mais leur monopole sur un système archaïque qui, s’il n’est plus protégé, s’effondrera et disparaîtra. Comme si un consortium de bibliothèques et de libraires mondial s’unifiait pour mettre hors-la-loi l’internet et les sites internet comme Wikipedia; la réaction de la mega-industrie des médias est une réaction profondément absurde, entretenue exclusivement par la richesse immense que son monopole lui a donné au fil des décennies et qui existe toujours parce qu’un grand nombre de personnes à travers le monde continue de regarder, d’écouter, de lire et malheureusement, de croire tout ce qu’ils disent et écrivent.

Ci-dessous figure une liste des cartels médiatiques et des industries qui constituent leurs membres et qui sont responsables de cette croisade absurde en faveur de la “propriété intellectuelle”. Chacune de ces industrie produit des choses dont nous sommes tous parfaitement capables de nous passer et comme c’est le cas avec bien d’autres monopoles industrio-financiers, dont il serait mieux que nous nous passions en première instance.

Recording Industry Association of America (RIAA) Members

National Music Publishers Association (NMPA) Board Members

Motion Picture Association of America (MPAA) Members

Independent Film & Television Alliance (IFTA) Member Directory

Entertainment Software Association (ESA) Members

Business Software Alliance (BSA) Members

Pour chaque film, chanson, ou logiciel produit par cette collection de parasites monopolistes industriels, il y a un produit équivalent ou bien supérieur en qualité qui est open source ou en accès libre, créations communes, ou de domaines publics alternatifs. Il y a une myriade d’information, ouverte. libre et gratuite ainsi que de possibilités d’amusement en ligne créés par des amateurs mais aussi par une frange grandissante de professionnels. Il y a également une très grande (et grandissante) sélection de logiciels open source qui sont à la disposition de tout à chacun.

Nous avons la société que nous achetons. Si nous continuons à payer des financiers industriels issus du Fortune 500 qui continuent à concentrer richesse et pouvoir dans le moins de mains possible et continuent à les utiliser pour créer et guider un agenda qui ne sert que des intérêts spéciaux aux dépends de la très vaste majorité, nous n’avons que nous même à blâmer. Boycotter ces industries leur enlève une vaste richesse dont elles ont besoin pour continuer leur immense lobbying et payer leurs ressources législatives. De plus, en boycottant ces mega-industries, nous avons l’argent à dépenser localement, pour les artistes locaux, qui eux ont de l’argent à dépenser localement ; pour ces artistes locaux qui se démènent pour créer des spectacles de scène ou de créer des choses tangibles que nous pouvons tous apprécier.

Que des êtres humains de nos jours passent des mois, voire des années en prison pour “violation de droits d’auteurs et/ou de reproduction” alors que des assassins de masse se promènent librement et en toute impunité sur le sol américain (NdT; Cartalucci fait ici référence aux politiciens, politiciennes, hommes et femmes d’état… ainsi que les criminels dictateurs hébergés par les états-unis pour “services rendus”), dénonce ces immenses injustices générées par ce même système, rendant encore plus urgent le fait que celui-ci doit être aboli et remplacé de toute urgence.

Enlever la poussière des illusions du monde spatio-temporel c’est supprimer laSIMONIE : Volonté réfléchie d’acheter ou de vendre à prix temporel une chose spirituelle (ou assimilable à une chose spirituelle). SIMONIE = POUVOIR. Et le « Droit d’auteur » et autre « Propriété intellectuelle » en font la partie. Enfin ! comment le mental ou l’ego d’un individu (donc son corps) peut-il être une « propriété » ? Nous sommes donc de nos jours encore au temps de l’esclavage antique et du palpage de muscles et de l’inspection de la dentition de la marchandise !
Ainsi cet avertissement ci-dessous devrait figurer avant tout film, texte, musique, etc. Comme les mauvaises herbes, les « ayants droits » ça n’existe pas ! L’art est une chose, le mercantilisme est un drame et n’a rien à voir avec un quelconque art. C’est la bêtise bourgeoise commencée au milieu du 19ème siècle et démarrée en 1789, qui a distingué l’Art gratuit du travail qui n’aurait pour fin que l’argent. C’est aussi simple que cela, tout comme est juste ce texte ci-dessous, d’après un journal d’avant la seconde guerre mondiale (texte adapté à la libération globale ou réalisation de l’Instant ou Soi divin) :
 
« REPRODUCTION AUTORISÉE.

Le régime matérialiste et corrupteur du profitariat intellectuel ou culte du mental et de sa prétendue « propriété littéraire » ou « propriété intellectuelle » a généralisé la SIMONIE et provoque une pernicieuse, dangereuse et honteuse prostitution de l’esprit, et ne permet aucunement de se libérer du mental ou ego. Cette SIMONIE encourage le culte de l’ego.
Déjà que l’intellect est un obstacle, cet asservissement supplémentaire de l’intellect à l’argent renforce ce supplément d’obstacle bloquant la libération et empêchant la maîtrise de l’ego, maîtrise qui seule pourra sauver l’être humain sur cette planète.
Rompant avec les égarements mortels suite à la révolution de 1789 et à la mainmise de l’argent sur les individus, nous autorisons, nous sollicitons même la REPRODUCTION, partielle ou total, de tout ce qui est publié sous forme de textes, musiques et films, peintures et dessins et techniques (en citant la source, de préférence). Du mental au génie sous quelque forme que ce soit n’ont pas à entrer dans un quelconque business.

Nous demandons aux confrères : littéraires, musiciens, cinéastes, artistes et artisans et ingénieurs de toutes disciplines qui voudront bien user de ce droit naturel, de nous faire le service ou le partage gracieux de leurs textes, musiques, films et autres arts et techniques. La libre circulation des connaissances (sous forme de TROC) pourra ainsi profiter au plus grand nombre de personnes. C’est aussi vital que l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons.

Il est utile de rappeler qu’en matière d’intellect il n’y a rien de nouveau sous le Soleil. Ce que nous appelons « découvertes » ou « inventions » sont simplement des REdécouvertes faites par des hommes dont les tendances innées sont fortes dans tel ou tel domaine. Il n’y a de nouveau que ce qui a déjà été oublié. Aussi les essences sont les mêmes qu’il y a 5000, 10.000, 50.000 ans, etc. Le monde a été créé en mesure, nombre et poids et c’est vrai pour l’éternité.

Toutes industries, surtout celles travaillant sur le vivant et qui essayent de « breveter la Nature » ; tous lobbys et laboratoires de recherches ; toutes industries de l’entertainment et de médias dit de « grand public » sont des criminels qui font du business de leur intellect, et par conséquence de leur savoir faire, et de ce fait ils incitent naturellement à pratiquer ce qu’ils appellent le « piratage » et la « contrefaçon ». Ce sont eux les premiers responsables. Ce sont eux les principaux SIMONIAQUES. Ils vendent comme une SUPÉRIORITÉ. Ils vendent de la VIOLENCE. L’Or métal, le luxe incite aux pillages ».

Ainsi :

Question : J’entends par exemple de la musique. Elle est belle et grandiose [opinion]. Je reconnais qu’elle est de Wagner. Je ne peux tout de même pas prétendre qu’elle est de moi.
Maharshi : Wagner et sa musique existent-ils séparés de vous ? Si vous n’êtes pas là pour dire que c’est la musique de Wagner, comment pouvez-vous en être consciente ? Sans en être conscient, peut-on dire que cette musique existe ? Pour être plus clair : reconnaissez-vous la musique de Wagner dans votre sommeil profond ? Et cependant vous admettez bien que vous existez pendant le sommeil. Ce qui prouve que Wagner et sa musique ne sont que vos pensées. Elles sont en vous et non pas hors de vous.
(Ramana Maharshi, entretien 609).

Le « droit d’auteur » ou « propriété intellectuelle », tout comme son prolongement avec le « brevet » est bien une escroquerie... Une SIMONIE en bandes organisées.
 

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27 avril 2015

si tu ne me connais pas maintenant.........

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« Il y a un équilibre délicat entre honorer le passé et se perdre dedans. Par exemple, vous pouvez reconnaître et apprendre des erreurs que vous faites, puis vous recentrer sur le présent. Cela s’appelle vous pardonner. »

 

« Une fois que vous vous êtes identifié à une forme quelconque de négativité, vous ne voulez pas vous en départir et, à un niveau inconscient profond, vous ne désirez aucun changement positif, puisque cela menacerait votre identité de personne déprimée, en colère, ou traitée injustement. Par conséquent, vous ignorerez, nierez, ou saboterez ce qui est positif dans votre vie. C’est là un phénomène très commun. C’est également dément. »

 

"Dans la nuit, même une pensée est une rumeur;
même une émotion est une frustration;
et un souvenir devient assourdissant."

Miguelangelo da Pisa

 

Si vous renonciez l'un à l'autre, ce serait bien pire que de passer à côté de vos vies, ce serait perdre vos âmes.

- Marc Levy - (-La prochaine fois-)


"Et s’il faut te suivre jusqu’au gouffre, je te suivrai.
Tu n’es pas la passante, mais celle qui demeure. La notion d’éternité est liée à mon amour pour toi. Non, tu n’es pas la passante ni le pilote étrange qui guide l’aventurier à travers le dédale du désir. Tu m’as ouvert le pays même de la passion. Je me perds dans ta pensée plus sûrement que dans un désert. Tu n’es pas la passante, mais la perpétuelle amante."

Robert Desnos (-La liberté ou l’amour-)

 

 

Simply Red - If You Don't Know Me By Now

 

If You Don't Know Me By Now (Si Tu Ne Me Connais Pas Maintenant)

If you don't know me by now
Si tu ne me connais pas maintenant
You Will never never know me
Alors tu ne me connaîtras jamais

All the things that we've been throught
Toutes les choses que nous avons traversé
You should understand me like
Tu devrais me comprendre comme
I understand you
Je te comprends
Now girl I know the difference between
Maintenant jeune fille je sais la différence entre
Right and wrong
Le bien et le mal
I ain't gonna do nothing to break up
Je ne ferrais rien pour briser
Your happy home
Ton heureuse maison
Don't get so excited when I come
Ne soit pas si énervé quand j'arrive
Home a little late at night
Un peu en retard à la maison le soir
'Cos we only act like children when
Parce qu'on se comporte comme des enfants
We argue fuss and flight
Quand on se dispute à propos de tout et de rien

If you don't know me by now
Si tu ne me connais pas maintenant
You will never never never know me
Alors tu ne me connaîtras jamais

We've all got our funny moods
Nous avons tous eut nos drôles de saute d'humeur
I've got mine, woman you've got yours too
J'ai les miens, et tu as les tiens aussi
Just trust in me like I trust in you
Aie juste confiance en moi comme je te fais confiance
As long as we've been together it should
Plus longtemps nous somme ensemble
Be so easy to do
Plus ce devrait être facile à faire
Just get yourself together or we might as
Mais resaisis toi
Well say goodbye
Ou on peut aussi bien se dire au revoir
What good is a love affair when you can't
Qu'y a-t-il de bon dans les histoires d'amour
See eye to eye
Quand on ne peut pas se voir entre quatre yeux

If you don't know me by now
Si tu ne me connais pas maintenant
You will never never never know me.
Alors tu ne me connaîtras jamais

 

22 avril 2015

tao: la voie du sens......

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Tao : la voie du bon sens

Privilégier l’être au paraître, écouter sa nature profonde, s’accorder à l’univers… L’enseignement de Lao Tseu n’a jamais été si moderne. Quelques principes simples pour vivre sereinement.

Pascale Senk

Tao… trois lettres pour dire l’axe central de l’univers, « d’où tout part et où tout revient ». Trois lettres pour une philosophie orientale qui va bien à notre époque. Certains d’entre nous la pratiquent peut-être sans le savoir, car cette doctrine ancestrale donne des clés pour vivre dans l’énergie, la prospérité et l’authentique. Moins connue que le bouddhisme, souvent confondue avec le zen, le tao nous indique « ce qui marche » pour favoriser la vie. « Il émousse ce qui tranche, démêle les nœuds, discerne dans la lumière, assemble ce qui, poussière, se disperse », écrivait son fondateur Lao Tseu. Le sinologue Cyrille Javary est plus direct : « Tao veut dire “voie”, mais on pourrait presque le traduire par “machin”, explique-t-il. Avec lui, les Chinois ont inventé le pragmatisme souriant. » Voici huit principes du tao. A utiliser sans modération.

Rechercher l’essence, fuir l’apparence

 « Celui qui ne perd pas sa racine peut durer », Lao Tseu

Les taoïstes ont recherché la véritable nature des choses, une démarche qui invite à aller au-delà des apparences. Ainsi, en plein mois de novembre, les Chinois voient déjà le printemps. Ils savent qu’il faut retourner la terre pour préparer les futures floraisons. Le tao privilégie l’être au paraître. « Un taoïste aujourd’hui recherche la simplicité en tout. Aux meubles alambiqués, il préfère la beauté d’un bois brut, explique Gérard Edde, auteur du Chemin du tao (La Table ronde). Aux vêtements synthétiques, la pureté du coton. »

Savoir que l’on est relié au monde et que les rythmes du monde sont en soi...

« Grand est le ciel, grande est la Terre, grand, l’être » « Tao Te King », 25

Le tao offre la vision d’un monde holistique, car il part de l’existence d’un flux d’énergie commun, le « ch’i », qui baigne aussi bien le soleil, les planètes que chaque être humain. « Tout homme, parce qu’il se sait en interaction avec toute chose vivante, se sent donc à sa place dans l’univers », explique Galya Ortega, spécialiste du massage taoïste. Cette conscience du ch’i est à la base de nombreuses techniques aujourd’hui très prisées : le feng shui, qui cherche à harmoniser le ch’i d’une habitation avec l’énergie des personnes qui y vivent, ou l’acupuncture, qui travaille sur les points énergétiques du corps afin d’accorder le « climat intérieur » de chaque individu avec la saison qui arrive, et prévenir ainsi les maladies.

En toute chose, reconnaître la danse du yin et du yang

« Le yin est ce qui a envie de devenir yang, et le yang, ce qui a envie de devenir yin », Cyrille Javary

Vivre le tao, c’est avoir conscience de ces deux énergies contraires, nées du vide primordial et qui se relaient sans cesse : le yang – qui correspond à la dureté, la masculinité, l’action, l’être, la lumière – succède au yin, qui incarne le féminin, la douceur, la passivité, les ténèbres, le non-être, la nuit. Dans toute situation, l’une de ces forces succédera à l’autre. Aussi, pour trouver l’harmonie, on recherchera sans cesse le point d’équilibre entre les deux. En cuisine, on élaborera des menus qui associent aliments yin (sucre, fruits, légumes verts, etc.) et yang (viande, œufs, fruits de mer, etc.). Dans la vie quotidienne, on alternera des temps de repos (yin) et d’action (yang), de retour à soi (yin) et d’extériorisation (yang). « Et le tao nous rappelle que se retirer, attitude très yin, peut aussi être une stratégie puissante, car c’est ce qui permet de restaurer l’énergie yang », affirme Cyrille Javary. Parfois donc, reculer, c’est progresser.

S’accorder aux cycles

« Les quatre saisons changent et se transforment continuellement l’une en l’autre. C’est ainsi qu’elles peuvent accomplir la durée du temps » « Yi King », hexagramme 32

Toute chose vivante est soumise à des cycles de destruction et de régénération. Les événements n’échappent pas à cette loi de la mutation : chaque aventure de la vie a ses propres temps d’action et d’immobilisation. La thérapeute américaine Diane Dreher, auteur de The Tao of Womanhood (Quill, New York) affirme que « la sagesse, c’est de savoir reconnaître la fin d’un cycle, de ne pas se battre contre l’incontournable et de savoir quand bouger ». Dans la journée, par exemple, à quelle heure nous sentons-nous au top de notre énergie ? A quel moment décline-t-elle ? Selon Diane Dreher, nous sommes plongés dans la confusion quand nous avons négligé de repérer à quel moment de son cycle en est telle ou telle relation affective ou situation professionnelle qui nous pose problème. Le tao peut alors se faire réconfortant puisqu’il nous chuchote à l’oreille : « Il n’y a qu’une chose qui ne change pas, c’est que tout change tout le temps. »

Résoudre les oppositions

« Sous la pluie, voir le soleil brillant. Dans les flammes, boire à la source fraîche », Anonyme

Pour nous cartésiens, qui pensons en termes de bien ou mal, noir ou blanc, le tao permet de délier les conflits cornéliens qui nous emprisonnent. « Le un se divise toujours en deux » : toute situation se déliera à un moment en une situation yin et une situation yang, rien dans la vie n’est univoque. Le tao nous propose donc de pratiquer la double vision. William Martin, auteur d’un bréviaire taoïste à l’usage des parents d’aujourd’hui (Parents’s Tao Te King - Marlowe and Company, New York), invite à prendre en compte cette dialectique des antagonismes dans l’éducation d’un enfant : « Si vous voulez que vos enfants soient généreux, vous devez d’abord les autoriser à être égoïstes. Si vous voulez qu’ils soient disciplinés, vous devez d’abord les laisser être spontanés. […] Une qualité ne peut être pleinement apprise sans la pleine compréhension de son opposé. »

 

S’asseoir et oublier

« Le sage rejette toute influence et demeure centré » « Tao Te King », 12

L’un des écrivains taoïstes les plus créatifs, Doctor Barefoot, se définit comme un « guerrier spirituel » (Guerrier urbain, manuel de survie spirituelle - J’ai lu). Individualiste, il méprise la politique car il sait que le travail intérieur prime sur tout et que pour agir en accord avec le tao, il faut d’abord être à l’écoute de sa nature profonde. « N’oubliez jamais : tout ce que vous voyez à la télévision, tout ce que vous lisez sur le Net, dans la presse ou dans les livres, tout ce que vous entendez à la radio, tout (y compris mon guide) est la pensée d’un autre. » Pour lui comme pour les ermites du VIe siècle avant J-C, la sagesse vient de l’intuition intérieure. Pour contacter celle-ci, une seule voie : entrer dans le silence intérieur et méditer. « C’est la “voie de l’eau”, explique Gérard Edde. On ne médite pas pour gagner plus de sagesse ou de sérénité mais, au contraire, on s’assoit pour perdre chaque jour quelque chose : une idée erronée, un mauvais comportement, une émotion conflictuelle… et ainsi rejoindre l’unité primordiale. »

Vivre l’acte sexuel comme un puissant échange énergétique

« Pendant l’amour, l’homme prend le yin qui lui manque et la femme, le yang dont elle a besoin », Gérard Edde

Aujourd’hui, le « tao sexuel » apparaît comme une invitation à l’extase perpétuelle. En réalité, si les ermites du VIe siècle avant J-C ont mis au point ces techniques sophistiquées d’union sexuelle – qu’ils pratiquaient avec des prostituées et suivant un calendrier très précis –, c’était avant tout pour purifier leur énergie vitale. Rien de romantique donc, dans cette pratique qui, comme le qi gong ou la méditation, a pour but essentiel de favoriser l’union avec le tao : « La maîtrise et la rigueur nécessaires aux amants étaient liées à leur manque de passion amoureuse », analyse Gérard Edde. L’acte sexuel est vécu comme un puissant moment d’échange énergétique, ayant à ce titre des répercussions sur toute la vie : « Lorsque votre énergie sexuelle circule librement dans tout le corps (et pas seulement dans les parties génitales), vous vous sentez plus élevé spirituellement et davantage connecté à vos impulsions », déclare Doctor Barefoot.

Apprendre à « nourrir la vie »

« Les hommes d’autrefois respiraient profondément jusqu’aux talons », Tchouang Tseu

Les premiers taoïstes, qui affirmaient leur désir d’atteindre l’immortalité, ont mis au point des centaines de techniques de régénération interne. Ces pratiques millénaires n’ont pas bougé d’un pouce. Vivre dans le tao, à notre époque, revient encore à prendre conscience de l’énergie vitale qui est en soi et à la faire fructifier grâce à ces techniques raffinées : taï-chi, qi gong (les « gymnastiques de santé »), massages taoïstes, médecine chinoise préventive, acupuncture, respiration énergétique, etc. Aujourd’hui, les cours permettant de s’initier fourmillent. Mais n’oublions pas le défi essentiel sur lequel elles ont été conçues : chacun doit savoir se régénérer, et devenir ainsi de plus en plus autonome. A chacun son tao, donc.

Confucius remis en question

Le taoïsme est un courant philosophique né dans le sud de la Chine au VIe siècle avant J-C. La doctrine de Confucius avait alors le monopole en matière de pensée. Concernant aussi bien les mœurs que la politique, cet ordre établi du « bien pensant » fut remis en question par Lao Tseu (Vieille Oreille longue). Ancien conseiller de la cour royale, celui-ci refusa de cautionner plus longtemps le pouvoir impérial qu’il jugeait décadent, quitta la société et entreprit un voyage au cours duquel il écrivit le “Tao Te King” (“Le Livre de la voie et de la vertu”). Ce texte fondateur déroulant les préceptes clés de la philosophie taoïste est un recueil de maximes, d’aphorismes et de dictons, divisé en quatre-vingt-un chapitres. Les deux autres pères du taoïsme sont Tchouang Tseu et Lie Yukou.

Témoignage : « Grâce au tao, je ne me sens jamais découragée »

Pascale,49ans 
« C’est dans un cours de médecine chinoise que j’ai entendu parler du tao pour la première fois. J’ai plongé dans cette philosophie de vie avec soulagement et plaisir. Elevée dans un pensionnat suisse catholique, je vivais dans la culpabilité. Le tao m’a appris le sens des responsabilités. Je sais grâce à lui que tout (les êtres, les situations, les lieux, etc.) est objet de mutation permanente.

Par exemple, si j’ai un problème, je n’oublie jamais que « le moins désagréable » succède toujours au « désagréable ». Aussi, je me décourage rarement. Et cela va aussi dans l’autre sens : une situation heureuse, elle non plus, ne dure pas. Le tao m’a également appris la force du “non-agir”. Il y a des moments où je suis en rétraction. Il vaut mieux pour moi ne pas bouger.

Avant j’étais impatiente. Aujourd’hui, j’attends que le cycle s’accomplisse. Enfin, j’ai découvert ce qui me ressource en profondeur et à tous les niveaux de mon être : la nature. Chaque matin, je vais dans mon jardin et ainsi, je me sens reliée à l’univers. Il ne m’en faut pas plus que ça. »

 

Tao

 

Tao est un terme de philosophie chinoise (en caractère chinois 道, dào signifiant « voie, chemin » ; prononciation en pinyin de mandarin : dào, en shanghaien: do; prononcé  ou  en japonais et do (도) encoréen).

Le tao est la « Mère du monde », le principe qui engendre tout ce qui existe, la force fondamentale qui coule en toutes choses de l’univers. C'est l’essence même de la réalité et par nature ineffable et indescriptible. Il est représenté par le taìjítú, symbole représentant l’unité au-delà du dualisme yin-yang soit respectivement l'entropie négative et positive. Le Tao a été édifié ou systématisé dans le texte Tao Tö Kingattribué à Lao Tseu.

Le tao peut être considéré comme la matrice préalable au sein de l'univers au passage du qi ou souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang. Il est au cœur des conceptions éthiques chinoises (le mot "daode", morale, en est issu), généralement considérées comme une pragmatique du juste milieu, ou du choix propice. La participation individuelle au tao se fait par le wuwei (« non-agir »).

Le tao est la notion maîtresse à l'œuvre dans le taoïsme, philosophie et voie spirituelle chinoise. Le confucianisme y fait référence aussi mais dans un sens souvent plus moral (on utilise parfois abusivement le terme Tao pour dénommer le livre de Lao Zi, le Dao De Jing ou Classique du Dao).

Il est souvent traduit par « le principe » et par extension, un grand nombre de pratiques et d'arts ou artisanats orientaux ont comme suffixe le mot dao, « l'art de » :cha dao, « l'art du thé », kongshoudao ou karaté-do, « l'art de la main vide », et ainsi de suite.

Lao Tseu disait : « Le Tao que l'on peut nommer n'est pas le Tao ». Le taoïsme est avec le confucianisme la forme de pensée la plus originale en Chine et dans certains pays d'Asie. Les concepts qui y sont reliés ont joué un rôle central dans le développement des sciences chinoises. Il met en évidence un choix de pensée non-discursif et non-analytique qui peut paraître obscur aux modes de pensées occidentaux plus cartésiens : exactement à l'opposé du point analytique idéal proposé par Bergson, qui conférerait au langage un angle objectif sur le réel.

 

Le mot

« De toutes les notions chinoises, l’idée de Tao est, non certes la plus obscure, mais celle dont l’histoire est la plus difficile à établir, tant est grande l’incertitude où l’on demeure sur la chronologie et la valeur des documents. »

Sens courant et Livre des odes

道 Dào est un mot de langue courante. Il signifie « route, voie, chemin ... » tout aussi bien que « dire, expliquer, ordre, règle, doctrine ... ». Ces deux sens se retrouvent déjà dans le shījīng (ou Livre des odes) « le classique des vers » (-1000~-500). Ce livre réputé le plus ancien a bien résisté aux copistes car ce ne sont que des poèmes. Autrement dit, si dès cette époque, le nom« voie » et le verbe « expliquer » correspondent au même caractère, il faut accepter les deux sens, en même temps, sans en choisir un dont se déduirait l'autre. Un matérialisme pourrait dire que le nom chemin devient doctrine par métaphore, un idéalismepourrait rappeler qu'à cette époque une route est un acte civilisateur, c'est certainement intéressant pour enrichir le sens, pourvu qu'une direction ne prime pas sur l'autre.

Le très attentif Marcel Granet a repéré un usage un peu particulier dans le poème 245, 生民, Sheng Min. Hòujì 后稷n, de jì « millet » est un enfant de naissance merveilleuse, qui résista à tous les périls où il fut exposé. Au paragraphe 5, le vers 1 donne du mal aux traducteurs, on y trouve le caractère 道 Dào, dans une phrase disant à peu près : sait « aider la nature » à pousser.

Étymologie

Pour approfondir un concept chinois, il est nécessaire d'en passer par l'analyse du caractère. Avec les récentes découvertes archéologiques, il est possible de tracer des généalogies plus sûres, d'éviter d'interpréter ce qui n'est par exemple, qu'une clé phonétique. Chaque époque est reconnaissable à un style graphique, surtout dû à une technique d'écriture. Pour la recherche de sens, on simplifiera les périodes ainsi :

Le caractère 道 dào est retrouvé sur des vases en bronze, ce qui suppose un sens religieux avant qu'il ne soit employé par les penseurs des cent écoles (-500~-220Royaumes combattants). Il n'en a pas encore été découvert de versions dans l'écriture oraculaire sur os, ce qui permet au moins de dire, que le tao n'est pas connu de toute éternité, et qu'il est attaché au sens religieux de ces vases.

Selon l'écriture actuelle, le caractère assemble deux clés, une sorte de pied, 辶 chuò, qui supporte comme un joyau orné, 首 shǒu. Les formes plus anciennes sont beaucoup plus variables, elles ne contredisent pas cette simplification, elles aident même à la préciser.


辶 chuò « mouvement », est une clé qui n'apparaît que très rarement seule. Elle se combine dans d'autres caractères, où elle apporte le sens à la fois de départ et d'arrêt. On se l'imagine dans zhú 逐 « poursuivre, chasser ». On y retrouve shǐ 豕, traduit désormais par « porc », mais dont le dessin sur os est un animal à quatre pattes. La chasse, des courses, des affûts, un mouvement concret, qui n'est pas le contraire du repos. Ce qui s'écrit maintenant chuò, unifié par le mouvement du pinceau et la typographie actuelle, a été un assemblage de : « le pas », chì, 彳, et « l'arrêt », zhǐ, 止. Les deux pieds symétriques paraissent très clairement dans de nombreuses versions anciennes du caractère dào. Le mouvement du Tao est déjà une alternance, une marche.


首 Shǒu, signifie « tête, chef ». Dans les inscriptions oraculaires, le caractère ressemble à une tête de singe, avec l'œil et les cheveux marqués. Sur les vases de bronze, il reste surtout des cheveux sur un œil, 目, . Dans le shījīng, le caractère signifie majoritairement tête, avec un occurrence traduisible par chef de clan, mais les mots pour rois ou empereurs sont différents. Des lectures chamaniques insistent sur cette tête de singe, ce n'est pas impossible, mais c'est encore hasardeux sans plus d'indices.


Une tête, des pieds, l'image semble bien organiser la distinction précédente : le « chemin » ou ce que tracent les pieds conduits par une tête, « dire, expliquer » : les pas qui mènent à une idée. Toutefois, des significations ne sont pas rassemblées, le vase de bronze, la tête de singe, le dieu de la végétation. Un dernier peut apparemment compliquer. Dans les arts martiaux chinois, en kung fu ou plus exactement en Wushu, un tao désigne un enchaînement de mouvements à valeur pédagogique, qui définissent un style. Cet usage est intéressant parce qu'il vient du sud de la Chine et de traditions orales indépendantes de la littérature.

Philosophie du Tao

"Sur la Voie [Dào], il n'y a aucune question à poser, aucune réponse à donner. Celui qui pose malgré cela des questions, pose des questions spécieuses, et celui qui répond quand même se place hors d'elle. Celui qui se place en dehors pour répondre à des questions spécieuses, celui-là ne verra pas l'univers qui est autour de lui, il ne connaîtra pas la grande Source qui est au dedans. (Tchouang-Tseu) L'interpénetration des contraires, des opposés semble naturelle, et amener le chemin, l'équilibre du vivant.

Sens religieux

Dans Remarques sur le Taoïsme ancien (1925), Marcel Granet donne la clé : le pas de Yu. Cette danse, encore pratiquée disait-il par les 道士 dàoshì « prêtres taoïstes », est aussi bien décrite dans le taoïsme des six dynasties (200~400) que pendant les Royaumes combattants (-500~-220). Peu importe le pas, cette pratique chamanique a pour but d'amener à l'extase, une sorte de danse de la pluie ayant aussi un pouvoir sur les esprits de la nature, et surtout des hommes. Au cœur du mythe politique, les héros fondateurs exécutent des danses, les souverains Zhou les imitent pour recevoir leur investiture.

La « voie » au Japon

Les arts martiaux chinois sont un moyen pour parvenir à cette unité entre les deux principes et avancer sur le tao. Par métonymie un tao est un enchaînement de mouvements, le chemin menant à la maîtrise de l’art et donc vers l'unité. En chinois, on appelle également lu ce type d'exercice (voir aussi le mot japonais kata).

Le terme tao peut aussi désigner la voie des mercenaires ou voie du guerrier, le wushutao, plus connu sous son nom japonais en Occident, bushido.

Au Japon, sur le même principe initial, c'est aussi la « voie » à suivre pour maîtriser un art qui mène vers l’unité. Le même idéogramme, le kanji (), est généralement utilisé en suffixe dans les noms d’arts martiaux japonais : karatedōaikidōkendōjūdōbudōiaidōkyūdō, etc., mais aussi le kadō « voie des fleurs », autre nom de l’ikebana, l’art de l’arrangement floral nippon, ou le shodō « voie de l’écriture », la calligraphie japonaise.

 

 http://taoteking.free.fr/

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15 août 2015

les principales castes militaires du japon feodal

Les principales castes militaires du Japon féodal

BIENqu’au Japon, aucune figure ne soit plus symbolique que celles des Samouraï, ceux-ci ne consitue qu’une des castes militaires, certe importante, parmi d’autres. Si leur histoire a son origine au COURS de l’ère Heian, ce n’est pourtant que depuis le XIIe siècle et jusqu’en 1868 que ces castes militaires s’arrogent le droit exclusif de gouverner le pays en y exerçant avec les fonctions proprement militaires, toutes les fonctions administratives et judiciaires.

Nous parlerons ici des castes militaires DANS les différentes périodes féodales, tout en excluant les postes dits « gouvernementaux », je pense au DaimyoShogun, mais aussi: kuje, kampaku, shikkenkanrei, voire hamamoto, etc… qui prirent place lors de la création du bakufu (sauf kuje), et qui n’ont que des rôles de gestion et plus de rôle militaire bien que beaucoup de ces postes soient confiés à des personnes ayant fait des classes militaires donc à cette période: des Samouraï de par le fait).

Il est très difficile de tout expliciter au mieux en un article,BIEN sur il y a des choses à redire et des infos qui sont passées à la trappe, mais cet article se veut être « vulgarisé » et résumé à son minimum.

Les principales castes militaires (liste non exhaustive et non classée DANS l’ordre) sont:

  • Bushi
  • Samourai
  • Ronin
  • Goshi
  • Ashigaru et Ashigarugashira
  • Sohei
  • Yama-bushi ou Shugenjas dans certains lieux (auparavant Yamahoshi)
  • Ninja

Les Bushi

Bushi, Yamaoka Tessyu

Bushi, Yamaoka Tessyu

On trouve dans des écrits la trace de ces « guerriers gentilhommes » vers 800 (période Heian). Ils étaient EMPLOYÉS par des familles riches (uji) afin de défendre la population alentours, et étaient reconnaissable par le port du taishi, du tanto et du kyudo. Le daisho katana ou autre longue lame et wakizashi, n’était pas encore d’actualité à l’époque et ce, jusqu’au début de la période Edo.

Durant leur existence, ils furent très appréciés par les populations bien qu’étant de la haute bourgeoisie pour la quasi-totalité. Ils SUIVIRENT des préceptes honorables contenus dans le Bushi-Do: ce dernier provient des dogmes du Kyuba no michi, qui est à l’origine de tout les devoirs et droits de cette caste!

Au début de la période Edo, les Tokugawa mirent en place une « hérarchie » à 4 échelons, nommée shi-no-ko-sho, et c’est de là qu’apparu le TERMESamouraï.

Les Samouraï

Samouraï

Samouraï

Apparaissant avec l’arrivé des Tokugawa au pouvoir, les Samouraï sont, à l’origine, des nobles de très haut rang (buke) destinés à suivre une CARRIÈRE en tant qu’officier supérieur. Certains sont aussi issu du kugeet destinés aux taches moins nobles (garde de Samouraï de plus haut rang par exemple). Le mot en lui même signifie « servir », non plus la population mais plutôt un maître comme un Daimyo ou le Shogun. La défense de « la veuve et de l’orphelin » n’est alors plus vraiment dans leurs attributions.

Contrairement à ce que l’on croit, peu d’entre eux suivent le code du Bushi-Do. Seul une partie des Ronin le suivent et encore quand il y a des batailles. Les Samouraï suivent le code buke shohatto, different à BIEN des égards du Bushi-Do. Il n’est plus question de nourrir son esprit, trouver la paix intérieur ou faire voeu de protection, mais plutôt de gérer un domaine, défendre son « maître », réparer des chateaux, etc…

Pendant la période Sangoku (celui qui dit dragon ball sort de suite!), le daishon’avait pas encore court, les Samouraï préférant le katateuchi au wakizashi. Paradoxalement le KATANA et leuchigatana était résevé aux Ashigaru et aux Samouraï de très bas rang.

Durant cette même période, il était courant pour monter d’échelon dans la hiérarchie de provoquer en duel d’autres Samouraï afin de prouver sa bravoure: le Samouraï annonce son nom fièrement à la personne qu’il défie, dégaine son arme, et combat héroïquement. Une attitude similaire se trouve dans la mort du légendaire saint patron des Yakuza: Shimizu no Jirocho. Ces combats pour monter d’echelon, gagner quelques pièces ou défendre l’honneur de l’école qu’on a SUIVI sont monnaie courante et sont très souvent retranscrits dans les films sur la féodalité.
Pendant la période où existait le shogunat Tokugawa, le bakufu obligeait les Samouraï à porter le banzashi-daisho, et aussi à porter le « chignon » comme coiffure officielle pour les buke mais pas pour les kuge! Cette tonsure prit le nom de sakayaki (fort utile lors de port de casque en pleine chaleur), et permettait de distinguer les Samouraï de haut rang de ceux de bas rang.

Il était habituel pour les Samouraï d’être lettrés et d’avoir 3 ouvrages comme livres de chevet:

Avec ces ouvrages, un Samouraï connaissait les préceptes nécessaires (hors shi-no-ko-sho).

 

Les Ronin

Ronin

Ronin

Lors de la période relative de paix (Edo), nommé Tenka Taihei, beaucoup de Samouraï n’avaient plus leur gagne-pain habituel car il n’y avaient plus de guerres où combattre, donc c’est à cette période que la CASTE des Ronin (Samouraï sans maître) se développe grandement.

La plupart de ceux-ci prennent du temps afin d’optimiser leurs techniques (bujutsu) et entament la transition vers le Budo. Le bushi-do n’a plus lieu d’être loin des champs de bataille. Ils possédent les mêmes caractéristiques que les Samouraï, mais suivent au final une voie plus spirituelle!

Certains Ronin l’étaient par choix et non dépit, le plus célèbre étant Musashiqui battait la campagne afin d’optimiser son art en combat singulier. Son arme de prédilection était le bokken contrairement à tous ses adversaires.

Ils rentrent DANS l’histoire grâce à l’histoire de la rebellion des 47 Ronin!

Les Goshi

Samouraï campagnards de bas rang, avec les Ashigaru, ils constituent la majeure partie des effectifs des armées. Peu ou pas éduqués, ils espèrent se distinguer en bataille pour gravir les échelons de la hiérarchie. Musashi, encore, en est l’un des meilleurs exemples: pas d’éducuation, pas d’origine buke, et ne sachant pas vraiment se battre au début.

Les Ashigaru

Ashigaru

Ashigaru

Ce sont les fantassins « communs » des différentes armées. Ils étaient reconnaissables au jingasa qui les coiffait et à leurs armes: naginatayumi ou yari pour certains. Par la suite, ils utiliseront des arquebuses appelées tanegashima ou teppo.

D’origine très basse (paysans pour la plupart), leur ascension hiérarchique est quasiment nulle (au maximum ils peuvent prétendre à être ashigarugashira: la personne qui commande des troupes d’Ashigaru) et ils sont mal considérés par les Samouraï (surtout d’origine buke). On les retrouveDANS les livres à partir de 675, en tant que mercenaires. La réelle arrivée de ce type de soldat se fait pendant la période Sengoku. Afin de les reconnaitre en pleine bataille, ils portent un standard aukamon de leurs souverain, le sashimono.

Lors de la guerre d’Onin, la réputation de ce type de soldat est établie: ils sont considérés comme indisciplinés, cupides (ne se battant que pour la SOLDE), et illettrés. Un Ashigaru gravit cependant les échelons et fini Daimyo: Yamauchi Kazuto. Toyotomi Hideyoshi, quant à lui, un des trois unificateurs du Japon avec Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu finit Samouraï reconnu et est connu pour avoir anobli beaucoup de ses élèves Ashigaru.

Lors des 2 invasions de Corée (1592 et 1597), le rôle de cette caste change: elle devient plus professionnelle et essentielle pour l’appui des Samouraï,BIEN qu’encore considérés comme de la chair à canon.

Les Sohei

Sohei

Sohei

Ils apparaissent en masse au COURS du Xème siècle et disparaissent quasi-totalement au milieu du XVIème siècle en grande partie à cause des Yamabushi avec lesquels ils avaient beaucoup de traits communs au niveau du combat au corps à corps. On les appelle aussi « moines soldats » ou « moines féroces » et, avant la période Edo, hōshi-musha. Ils portent aussi le nom de Yama-boshi dans certaines régions japonaises (ce qui n’a rien à voir avec Yamabushi). Considérés comme fanatisés, les souverains essayaient autant que faire se peut de ne pas utiliser leurs forces car ils pouvaient se REBELLER facilement et remettre en cause le pouvoir de ces derniers.

Issus de monastères disséminées DANS tous le japon, le plus célèbre fût Enrakyu-ji près de Kyoto, qui fournit un grand nombre de ces guerriers très entrainés (comparable au monastère du Wu-tang en Chine). Ils étaient pour la plupart de confession bouddhiste mais ceux qu SUIVAIENT les préceptes shintoïstes étaient appelés Jinnin, ou Mikko lorsqu’ils SUIVAIENT les préceptes du jodo shinshu. Membres de confréries, on peux les comparer aux templiers des croisades occidentales. Ils maitrisaient toutes les sortes d’armes, mais leurs armes de prédilection étaient le wakizashi et le naginata.

Les Yamabushi

Yamabushi

Yamabushi

Apparus à partir du VIIème siècle, ils sont moins nombreux que les Sohei et contrairement à eux suivent la voie du Shugendo (voie mystique et surnaturel) et, en complément, les préceptes du Tendai. Connus comme des « mystiques montagnards », on leur PRÊTE des pouvoirs occultes, ésotériques, censés être acquis par l’ascétisme qu’ils appliquent à la lettre, qui entrainait de la peur chez leurs adversaires.

BIENque combattant avec des Samouraï sur les champs de bataille, ils étaient essentiellement contre la voie de ces derniers, et le leur rendaient bien. A l’époque kamakura, les Samouraï et les Yamabushi s’affrontaient régulierement. Durant cette période, les Samouraï ne suivaient pas vraiment de précepte de sagesse d’où les conflits avec les Yamabushi!

En 1568 (période Sangoku), les Yamabushi aidèrent les Tokugawa et les Takeda afin d’assoir leur présence près des Shogun et afin d’éliminer totalement les Sohei. Contrairement aux Sohei, ils ne portent pas de protection, seulement un kesa, qui leur donne un air plus mystique.

Bien qu’appréciant le naginata, ils combattent régulièrement avec des sabres de type shiba-uchi et hōken/chie-ken, ainsi que des shuriken.

L’enseignement des Yamabushi existe toujours au Japon, mais leur présence est vraiment anecdotique car ils vivent reclus dans des monastères de montagne.

Les Ninja

Ninja

Ninja

Fortement présents au VIIIème siècle et ACTIFS jusqu’au XVIIème siècle, ils continuent à faire rêver et attisent de nombreux phantasmes dans l’esprit collectif!

Le TERME Ninja apparait seulement au Xème siècle. Auparavant, on utilise des noms comme Rappa, Shinobi ou Kagimono-hiki. Ce « combattant » se définit par ses missions d’espionnage, de renseignement, d’infiltration et de sabotage, et son enseignement qui est le Ninjutsu ou Shinobi Jutsu. Il possède aussi, dit-on, des capacités cognitives fortes et des aptitudes ésotériques (Shingon), dues au fait qu’ils acquièrent à l’origine leurs connaissances des Yamabushi.

Ne se pliant aux codes du bushido, ils excellent dans les actions de guérilla, les assassinats, bref tous les types de guerre asymétrique. Indépendants, ils ne répondent pas aux Daimyo ou aux Shogun et sont considérés par la population comme des parias aux mieux (eta ou hinin) ou des criminels au pire.

Au XVIème siècle, les Shogun et daimyo ont recours à leurs services moyennant FINANCES afin d’espionner les seigneurs qui ne se plient pas au joug du shogun ou afin de préparer au mieux une bataille. Dans ce cas précis, on les appellent Onmisu.
Aujourd’hui un seul style (regroupant 9 écoles) apparait comme étant fidèle aux enseignements du ninjutsu originel: le Bujinkan ninjutsu.

Il existe 3 ouvrages regroupant des écrits PROPRES à cette caste:

  • Le Shoninki de Fujibayashi Masatake, écrit en 1681 (un exemplaire original de cet écrit est conservé à la bibliothèque d’État de Tokyo)
  • Le Ninpiden
  • Le Bansenshukai de Fujibayashi Sabuji, écrit en 1676

Les Ninja avaient pour ordre, en cas de capture, de mettre fin à leur vie afin de ne pas tomber entre les mains des Samouraï qui n’hésitaient pas à les torturer pour obtenir des informations. Les Ninja et les CASTES de Samouraï se vouaient une haine féroce, les premiers étant PAYÉS pour tuer les seconds, et les seconds trouvant les premiers viles, vicieux, sans devoir et ligne de conduite, bref à l’opposé du bushi-do ou du buke shohatto.

Pour finir, on ne peut pas parler des castes féodales japonaises sans parler de l’abnégation pour son vassal et cette dernière passe parfois par la mort.

On connait les termes seppuku et hara-kiri en France, ce dernier étant péjoratif au Japon et réservé aux classes basses de la société BIEN que la finalité soit la même: mort atroce dans d’horribles souffrances.

Le seppuku et le hara-kiri suivent un RITUEL quasi-identique: s’ouvrir le ventre avec une lame du type tanto (nommé Kusungobu pour l’occasion) ou wakizashi. La finalité est cependant différente: tandis que le hara-kiri finit par la mort du supplicié qui succombe à ses blessures dans d’atroces souffrances, le seppuku quant à lui finit par la décapitation (kaisahku) lorsque le seigneur considère que le supplicié à montrer son total dévouement et que ce dernier possède un kaishakunin.

Kabuki - Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Kabuki – Suicide seppuku par Hirosada Utagawa

Le seppuku intervient pour 3 principales raisons:

  • Kanshi ou funshi: remontrances afin de prouver son désaccord avec une décision de son seigneur (similaire à l’immolation des bouddhistes…)
  • Tsumebara: sanction pénale évitant le déshonneur de la personne et de sa descendance
  • Junshi: accompagner son seigneur DANS la mort, pour prouver son abnégation envers lui. Il est nommé aussi Oibara DANS l’hagakure, avec 2 variantes, maebara et sakibara.

Concernant le Tsumeraba, cela permet d’éviter à la famille et descendance du défunt d’être spolié de toutes ses richesses, d’être relégué à la caste des eta (similaire aux intouchables indiens) durant quelques générations et ainsi pouvoir CONTINUER de vivre sans déshonneur.

Le seppuku et le hara-kiri ne sont que la partie visible de l’iceberg, selon les cas de nombreuses variantes existent:

  • Le inseki jisatsu: suicide pour éviter la honte
  • Le gyokusaï: suicide d’honneur, largement pratiqué au COURS de la seconde guerre mondiale par les soldats japonais, pour éviter de se rendre
  • Le jumonji-giri: seppuku avec quelques entailles supplémentaires afin de montrer sa foi au vassal
  • Le shinjū: double suicide avec ses variantes
  • L’oyako shinjū: suicide des parents et des enfants
  • Le boshi shinjū: suicide de la mère et des enfants
  • Le fushi shinjū: suicide du père et des enfants
  • Le goï shinjū lorsque les enfants sont volontaires au suicide familial
  • Le muri shinjū dans le cas contraire
  • Le kobara: suicide pour le BIEN des enfants
  • Le robuka: suicide pour le BIEN de la famille
  • Le funshi: suicide pour exprimer son indignation et sa révolte
25 mars 2014

c'etait mieux avant....

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disent le regret et la nostalgie d’un temps qui n’existe plus dans le réel si tant est qu’il ait existé, un temps ressassé, répété, compulsivement entretenu par la vie de l’esprit et qui cherche une issue actuelle, au présent, dans l’espoir d’une restauration ou dans l’entreprise même de la restauration. On peut entendre « c'était mieux avant » comme une valorisation du passé ou d'un moment du passé, à partir duquel tout s'est défait, l'authenticité s'est perdue. On pense alors à l'éventualité d'une régénération par un retour à ce moment – un retour qui ne peut être qu'imaginaire. Le temps ainsi malmené à l’insu du nostalgique ouvre à l’éloge ambivalent des formes primitives de la vie en commun, une apologie de l'époque de la fondation où tout se maintenait encore dans une pureté première. « Avant » serait toujours connoté par un peu d’origine et sa valeur supposée. La valorisation s'accompagne d'une dévalorisation qui reste non dite, et qui est violente. Ainsi va la haine du changement personnel et social. Or si « avant » traîne après lui un imaginaire fragment d’origine, n’est-ce pas en équilibre avec ce que Freud appelle l’attente croyante, active en chacun ?
Présent dans toute névrose, dans tout symptôme dont il est un des éléments formateurs, le regret d’un avant meilleur est aussi la formule annonciatrice de l’annulation du conflit psychique : en lui préférant une résolution utopique, le regret met le conflit interne à distance voulue. Sous l’influence du regret, le temps du passé se prête à être vu comme un héritage que l’on utilisera de manière réactionnaire. La violence du conflit ainsi détourné par le regret fait retour dans les violences restauratrices et intégristes, individuelles, historiques, religieuses – et de nouveau on parvient très vite à un lieu commun : à savoir que la nostalgie est au cœur des religions monothéistes et que c’était mieux avant, quand le père tout-puissant – l’« Ancien des jours » – nous protégeait et qu’il y avait le paradis. D’ailleurs même le paradis était mieux avant. Avant quoi ? Avant l’instauration psychique des interdits fondateurs d’une vie sociale relativement apaisée – c’est-à-dire après le temps de la horde. C’est-à-dire encore dans les temps où l’on a su que l’on pouvait penser l’avant.
Et si l’on récuse (on est raisonnable) l’existence réelle, factuelle, du temps de la « horde primitive », on doit alors convenir que le regret nie l’après-coup de l’invention de ce temps freudien mythique au bénéfice d’une mise à plat linéaire du déroulement de l’Histoire, des héritages et du sujet.
Parallèlement, le regret penserait que l’instinct, c’était mieux, c’est-à-dire mieux que la pulsion dont les conséquences, contrairement à celles de l’instinct, vont et viennent en traversant en tous sens les multiples temporalités du désir.
Et pourtant, qui n’a prononcé ces mots – « c’était mieux avant » – avec naïveté, nostalgie, sans la moindre haine, ni le moindre « instinct » et n’a pensé que, oui, tout ce que nous aimions a trop vite disparu et qu’avant, – avant – les mœurs n’étaient pas si brutales, les voitures pas si laides, les idéaux pas si infantiles ? Avant, les femmes étaient plus graves et plus gaies, les hommes se tenaient, l’information était plus libre, l’enseignement était plus républicain, la psychanalyse moins contrainte, avant on aimait la langue mieux qu’aujourd’hui, prendre l’avion était un plaisir, les soirs étaient grands et les matins étaient plus …
Bref, en ce temps-là la vie était plus belle et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui – et la mère plus vierge. On est d’accord : entamer la chanson, quand la musique s’est tue, a quelque chose d’inintelligent. Mais n’y a-t-il pas, malgré tout, du vrai dans l’idée d’un temps antérieur qui n’était pourtant pas paré des trop vives couleurs de l’originaire, qui était un achèvement imprécis, certes, un semi-équilibre que l’on n’a pas su maintenir, une sorte de « c’était moins mal » ? Du vrai dans l’idée d’un regret qui laisserait entendre que le passé est mobile ? Ne pas avoir de regrets serait une illustration d’une vie sans passé, une vie qui confondrait le passé et l’avant.
La vie sans avant : une vie où tout serait à sa place, où rien ne bougerait ? Où l’absence de regret collerait le sujet au monde, ferait de chacun un être immédiat, sans écart, sans hâte ni halte ? N’est-ce pas nuancer son rapport à la Nécessité et au Logos que de penser que les choses auraient pu être autrement – et changer son usage du présent, et interroger les choses immuables ? Avoir un regret : avoir de l’imagination.
Et si avoir des regrets n’était pas, comme on le croit d’abord, regarder vers le passé, mais accueillir le passé dans le présent ?

 

26 mars 2015

du bon usage des emotions......

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DU BON USAGE DES EMOTIONS  par Michèle Freud
Nos émotions nous dérangent. De peur qu’elles nous submergent ou nous anéantissent, nous prenons bien soin de les refouler et de nous réfugier dans le silence.

Comme dans notre enfance, il n’était pas d’usage d’exprimer ce que nous ressentions, sous la pression d’interdits multiples, pour continuer à être aimés,  nous avons opté pour la résignation ou la rétention de nos affects.

Adultes, nous éprouvons quelques difficultés à formuler de vraies demandes avec le risque de traverser notre vie émotionnellement anesthésiés ou perturbés, constamment sur la défensive, perdant tout contact avec nous-mêmes.

 

Une émotion est une réponse physiologique à une stimulation. Sa fonction est de produire une réaction spécifique à une situation précise. Elle se manifeste en trois temps et dure à peine quelques minutes : charge, tension et décharge. Dans le mouvement de tension, le corps est entièrement mobilisé, dans la phase de décharge, il se libère de cette énergie et retrouve, après l’extériorisation, son équilibre initial. Si cette tension n’est pas liquidée, elle est susceptible de  verrouiller tout notre système émotionnel.

Tant que nous réduisons nos émotions au silence, elles n’auront, pour se manifester, d’autre issue que le langage de la maladie. Lorsque le corps s’exprime par des symptômes, on ne les associe pas forcément à ces émotions enclavées. La première étape pour s’en libérer consiste à apprendre à reconnaître nos affects, à identifier la cause de nos tourments, cela suppose de les laisser émerger, mettre les bons mots sur nos maux afin qu’ils perdent leur intensité.

Exprimer ses émotions, c’est oser affronter notre véritable façon d’être, de penser et de percevoir. Or, cette démarche implique un changement de notre être profond et nos peurs multiples bloquent souvent cette remise en question, aussi préférons-nous  les taire.

« Comme vous n’avez jamais été d’accord pour vivre vos émotions puisqu’elles vous renvoient à la souffrance, vous avez créé des hyper-émotions écrit Arnaud Desjardins*. Soyez donc avec plutôt que  emporté par. » Si nous sommes « avec l’émotion », en faisant corps avec elle, en l’accueillant et en la laissant s’exprimer, le processus d’acceptation se met en place et l’émotion se fige, disparaît. En la refusant, en la masquant, nous l’augmentons. Ainsi réprimée, elle persiste de façon souterraine et risque à tout moment d’exploser, telle une grenade à la force

 

Chaque émotion a son utilité. Nous disposons de quatre émotions de base : la joie, la colère, la peur, la tristesse.

La joie est source de motivation, de vie, c’est un moteur.

La peur signale un danger qui nécessite la mise en place d’une protection ou d’une nouvelle stratégie d’adaptation.

La tristesse marque une étape, une période de vie. Elle est la réaction adéquate chaque fois que nous devons tourner une page, faire un deuil. Si la tristesse était une émotion interdite dans notre code familial, parce qu’elle entrait par exemple en résonance avec le chagrin non liquidé des parents, elle risque de nous figer dans la  réprobation ou le déni 

La colère sert à défendre notre territoire, nos valeurs, à trouver et à instaurer des limites. Elle est l’émotion la plus réprimée, la plus pernicieuse aussi..

Lorsqu’elle n’a pu s’extérioriser, la colère reste confinée dans notre mémoire, tapie dans les profondeurs de notre inconscient. Sous l’emprise de cette émotion refoulée, nous réagissons alors à une situation assez banale par une colère disproportionnée, au point d’en  perdre tout discernement, toute objectivité. Un mot, une attitude d’un interlocuteur est susceptible de déclencher un déferlement d’émotions, celles précisément que nous avons emmurées durant des années.

 « La rage intérieure de la petite fille de 5 ans qui s’est sentie abandonnée par sa mère, s’est mise à gronder lorsque mon mari m’a quittée. Cette colère restée stockée s’est traduite pendant des années par des kilos en trop. Aujourd’hui, elle s’est exprimée avec une telle violence que j’ai compris qu’elle balayait toutes ces années de colère rentrée » raconte Maya.

Certains parents, eux-mêmes coupés de leur propre colère, ne tolèrent aucune manifestation intempestive chez leurs enfants. Dire sa colère, c’est l’abréagir, c’est aussi pouvoir accueillir celle des autres. Si les parents nient leurs propres émotions, elles submergent alors les enfants qui en sont porteurs, d’où l’intérêt de reconnaître si ces émotions sont bien les nôtres. Il arrive que nous soyons pollués par des situations humiliantes du passé que nous n’avons pas liquidées. En effet, des liens complexes et ténus nous rendent quelquefois responsables d’une histoire qui n’est pas la nôtre et nous héritons souvent d’un bagage inconscient lié aux émotions refoulées par nos aïeux. Ces événements, à défaut d’avoir trouvé une issue satisfaisante, sont restés gravés dans la mémoire ou stockés dans le corps.

 

D’autres émotions influencent encore nos comportements :

La honte est l’émotion la plus négative de toutes car elle bloque l’estime de soi. Pour éviter de l’affronter, nous masquons la vérité, nous nous coupons de notre souffrance et nous cachons notre vraie nature optant pour le déni.

La honte peut aussi être liée à un secret de famille se perpétuant de génération en génération, elle constitue un fardeau souvent pesant dont le poids est à l’origine de certaines émotions bloquées.

L’anxiété fait partie des émotions de chacun. Elle est une réaction émotionnelle face à une situation donnée mais elle est susceptible de  devenir irrationnelle et se traduire par une peur par anticipation du pire, par de l’irritabilité, de la nervosité ou une inquiétude chronique face aux problèmes réels ou aux événements. A chaque étape de vie ou de changements profonds, il est normal d’éprouver une certaine anxiété. Il suffit de l’admettre, la reconnaître et pouvoir la nommer pour éviter qu’elle n’altère totalement notre fonctionnement psychique et ne devienne pathologique.

 

Nos émotions nous révèlent un message, un besoin à satisfaire ou un événement à vivre, elles sont un levier, un déclencheur, elles donnent un sentiment de réalité à l’instant présent.

Faisant partie de notre force fondamentale, elles remplissent deux fonctions importantes dans notre vie psychique :

-elles exercent tout d’abord un contrôle sur nos besoins de base en nous signalant tout manque, perte ou état d’assouvissement. Sans cette énergie émotionnelle, nous ne serions pas conscients de nos besoins fondamentaux.

-elles nous fournissent aussi l’énergie du mouvement, celle indispensables à l’action, celle aussi qui nous pousse à satisfaire nos besoins.

La colère est une émotion qui nous donne une force, elle nous engage à lutter, à exprimer quelque chose.

La tristesse est une énergie libératrice, mais comme elle est douloureuse, nous sommes enclins à l’éviter. S’empêcher d’éprouver de la tristesse, c’est figer sa souffrance à l’intérieur de soi. En thérapie on admet que le chagrin est le grand guérisseur.

La peur libère une énergie qui nous avertit qu’un danger compromet la satisfaction de nos besoins fondamentaux, elle nous conduit sur la voie du discernement, de la sagesse.

L’angoisse peut être paralysante mais aussi créatrice. Il n’y a pas de créativité sans passage par ce temps de solitude et de destruction qui est la source même de l’angoisse.

La joie est cette énergie vivante qui monte en nous quand nos besoins sont comblés. Nous ressentons alors l’envie de chanter, de courir et de sauter de joie, la force de la joie nous révèle que tout va bien.

L’émotion est ce qui nous attache à notre passé, à notre histoire, c’est elle qui organise notre futur sur des standards de plaisir et de déplaisir. Nous avons le choix entre la subir, la refouler, au risque de la voir nous faire souffrir encore, ou la vivre, l’abréagir et la liquider.

 

Accepter de ressentir, c’est accepter de mettre de l’ordre dans nos désirs, dans nos peurs, de se défaire de tout ce qui été pathologiquement accumulé. Ressentir signifie aussi devoir se libérer, se séparer, quitter, ôter sa carapace ou son masque.

Savoir identifier une émotion, la vivre et en faire son allié redonne de l’authenticité et libère plus d’énergie  pour vivre sa vie avec plus de confiance et d’assurance, tant dans sa dimension sociale que personnelle. La joie, la tendresse induisent un état de détente, de relaxation corporelle, une attitude d’ouverture. La colère, la peur, l’agressivité créent un état de tension. Libérées, ces émotions permettent une réelle transformation et deviennent un outil de changement.

Redécouvrir ses émotions est un apprentissage vers la sincérité, la spontanéité.

En osant nous ouvrir à nos émotions, en nous accordant le temps de les accueillir et de les ressentir, nous leur donnons vie, nous leur permettons de jaillir. Lorsqu’on s’autorise à éprouver ses émotions, on n’a plus à se montrer fort, on le devient réellement de l’intérieur. 

15 août 2015

mythologie et religion nordique.....

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La mythologie nordique est l'ensemble des mythes provenant d'Europe du Nord (plus particulièrement de la Scandinavie et de l'Islande) à la base du système religieux polythéiste pratiqué dans ces régions au haut Moyen Âge avant leur christianisation. Il s'agit d'une variante régionale et historique de la plus vaste mythologie germanique. Aujourd'hui cette mythologie est surtout associée aux Vikings qui ont exporté leurs croyances au-delà de la Scandinavie, on parle alors aussi de mythologie viking. La mythologie nordique met en scène un nombre important de divinités, de créatures fabuleuses et de héros.

Pendant des siècles, les mythes nordiques étaient transmis oralement, notamment par la poésie scaldique qui éleva la narration d'épopées mythologiques en une expression artistique. Un certain nombre de ces poèmes mythologiques a été compilé au xiiie siècle dans l'Edda poétique. L'historien islandais chrétien Snorri Sturluson s'est également servi de la culture orale ancienne pour rédiger son Edda en Prose au xiiie siècle. Ces sources constituent la majorité de nos connaissances sur cette mythologie, complétées par quelques sagas nordiques (dont la plus importante est la Völsunga saga) et textesevhéméristes (comme la Geste des Danois).

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xviiie siècle avec le courant romantique en Europe. Si ces sources demeurent contestées pour de possibles influences chrétiennes, elles mettent en lumière un univers très riche et vaste sur les croyances nordiques anciennes.

 

Sources

Cette mythologie reste relativement méconnue, notamment du fait de la fragilité des sources dont on dispose. Longtemps transmise oralement, ce n'est qu'avec l'arrivée des premiers chrétiens en Scandinavie à partir du xe siècle qu'elle est abondamment documentée par écrit. Les meilleures sources de cette tradition religieuse sont à prendre avec prudence car elles ont été transmises et changées par des historiens médiévaux chrétiens, quelques siècles après la christianisation. L'authenticité des croyances païennes est donc incertaine. Le christianisme amène avec lui l'écriture latine, permettant d'enseigner aux Scandinaves l'écriture sur le papier. Les runes, utilisées jusqu'alors, étaient principalement gravées et ne se prêtaient pas à l'écriture de longs textes.

Témoignages archéologiques

L'archéologie est un moyen très utile pour connaître le mode de vie des Vikings notamment en ce qui concerne les pratiques funéraires. L'archéologie a permis de découvrir divers objets en LIEN avec la mythologie comme des amulettes d'Odin ou de petits marteaux de Thor. Pour connaître la mythologie nordique il faut cependant se tourner principalement vers d'autres sources dont la littérature.

L'épigraphie peut également être utilisé puisqu'il existe de nombreuses pierres runiques datées de l'Âge des Vikings dont quelques-unes mentionnent ou représentent des mythes nordiques comme par exemple celle de Nordendorf qui mentionne Thor : "(Que) Thor consacre (ces) runes". On peut également retrouver des représentations de mythes nordiques dans des vestiges archéologiques des îles Britanniques, qui ont fait l'objet d'importantes incursions et colonisations vikings.

Textes mythologiques

Couverture d'un manuscrit duxviiie siècle de l'Edda de Snorri.

Les sources principales pour la mythologie nordique sont les Eddas, rédigées ou compilées aux alentours du xiiie siècle.

L’Edda poétique est un recueil de poèmes anonymes mythologiques et héroïques en vieux norrois composés pour la plupart entre les ixe et xiiie siècles (bien que certaines strophes sont peut-être plus anciennes encore), et trouvés dans le manuscrit de la fin du xiiie siècle Codex Regius, mais il s'agit probablement d'une copie d'un original remontant à 1210-1240. À l'époque moderne, d'autres poèmes mythologiques issus de divers manuscrits nordiques anciens ont été greffés à l'ensemble que l'on appelle désormais l'Edda poétique.

L’Edda en prose est un manuel de mythologie et de poésie rédigé vers 1220 par Snorri Sturluson, poète et diplomate chrétien islandais. Celui-ci y a manifestement paraphrasé des poèmes connus de l'Edda poétique, qu'il cite à nombreuses reprises dans l'ouvrage, mais aussi d'autres poèmes et mythes qui ne nous sont pas parvenus dans d'autres sources. L'Edda de Snorri est essentiel pour la compréhension de la mythologie nordique, qui sans elle nous serait restée obscure et fragmentaire. Toutefois le récit de Snorri a fait l'objet de critiques quant à des influences chrétiennes, ou des embellissements littéraires de l'auteur.

La poésie scaldique était en général composée en l'honneur d'un roi, et se caractérise par sa complexité. Certains poèmes ont une valeur mythologique, et ils sont souvent préservés uniquement dans les textes de Snorri ou dans certaines sagas. Parmi les plus anciennes descriptions de mythes nordiques on trouve certains poèmes scaldiques, notamment la Ragnarsdrápa et le Haustlǫng, composés au ixe siècle et préservés en partie dans l'Edda de Snorri. D'autres poèmes scaldiques racontent des histoires originales imaginées par les auteurs mais qui reflètent la croyance religieuse de l'époque ; les poèmes Eiríksmál et Hákonarmálracontent l'accueil à la Valhöll par les dieux de certains rois norvégiens défunts que les auteurs souhaitaient honorer.

La Völsunga saga, rédigée également au xiiie siècle en vieux norrois, raconte le mythe du clan héroïque des Völsungs, dont Sigurd est le personnage le plus célèbre. Son mythe est également raconté dans les poèmes eddiques héroïques, et brièvement dans l'Edda de Snorri. Une variante continentale germanique du mythe existe également, la Chanson des Nibelungen, rédigée en moyen haut-allemand au xiiie siècle, où Sigurd porte le nom de Siegfried.

Textes évhéméristes

Première page du parcheminFragments d'Angers, le texte original de la Gesta Danorum avec l'écriture de Saxo Grammaticus. Conservé à la bibliothèque royale de Copenhague.

L'évhémérisme du Moyen Âge a permis la sauvegarde des mythes, les dieux étaient alors perçus comme des héros historiques qui ont été divinisés avec le temps. Il s'agissait également d'une manière de rationaliser les mythes, mais aussi de justifier les dynasties royales scandinaves, en expliquant que ces hommes de puissance supérieure, perçus comme des dieux, sont les ancêtres des familles royales et de la noblesse de l'époque.

La Gesta Danorum (Geste des Danois) est le texte evhémériste le plus important pour l'étude de la mythologie nordique. Cette œuvre était rédigée en latin à la fin du xiie siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'état Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois, il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités.

Snorri Sturluson a également composé un important texte évhémériste en vieux norrois, la Saga des Ynglingar, première partie de la Heimskringla (la Saga des rois de Norvège) écrite vers 1225, et inspiré du poème Ynglingatal. Le prologue de l'Edda de Snorri est également évhémériste. Snorri Sturluson estime que les dieux étaient une CASTE de grands guerriers venus d'Asie (d'où le nom de leur domaine divin, Asgard), plus spécifiquement de Troie, qui étaient perçus comme des dieux par les populations autochtones de Scandinavie. Snorri raconte que ces « dieux » sont les ancêtres de la dynastie royale suédoise des Ynglingar, elle-même ancêtre des rois norvégiens.

Les textes évhéméristes du xiie siècle Íslendingabók, et Historia Norwegiae (rédigé en latin), mentionnent également des noms de dieux comme ancêtres des dynasties royales. La Sörla þáttr, écrite au xive siècle par deux moines chrétiens, propose une version largement évhémériste et méprisante de mythes divins.

Sources non-scandinaves

L'étude de la mythologie nordique implique également l'histoire de son évolution à partir de la mythologie germanique en général et la compréhension des cultes germaniques anciens, décrits dans des textes non-scandinaves. Pour cela, nous disposons de plusieurs textes antiques extérieurs au monde germanique qui mentionnent les germains depuis Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César (environ 50 av. J.-C.), et dont le plus important est La Germanie(ier siècle) de Tacite. Des textes du haut Moyen Âge, souvent en latin, donnant des indications sur les cultes, légendes et dieux germains sont plus nombreux. Le plus important est la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (ca. 1072) d'Adam de Brême. On peut également citer entre autres : Histoire des Francs (591) deGrégoire de ToursHistoire ecclésiastique du peuple anglais (731) de Bède le Vénérable, et Histoire des Lombards (787) de Paul Diacre.

Des textes relatant de la Scandinavie ou des Vikings, et contemporains à l'âge des Vikings, incluent ceux de certains voyageurs ou diplomates arabes comme Ibn Fadlan ou Ibn Rustah (xe siècle), et également Vita Anskarii, qui relate la vie d'Anschaire de Brême, missionnaire au Danemark et en Suède. D'autres textes sur la vie de saints missionnaires du monde germanique ancien incluent Vita Willibrordi (Willibrord d'Utrecht) ou encore Vita Bonifatii (Boniface de Mayence).

Autres sources

Les sagas nordiques sont des textes en prose rédigés entre les xiiie et xive siècles, qui relatent les hauts faits d'un roi, d'un héros ou clan. Certaines sagas relatent d'évènements des temps anciens, d'un passé légendaire, pendant l'âge des Vikings ou avant encore (comme la Völsunga saga), toutefois la plupart d'entre elles sont peu fiables en ce qui concerne la mythologie et le culte religieux païen, puisque ces sagas sont souvent issues de l'imagination de leurs auteurs.

D'autres sources possibles bien que vagues sont les témoins archéologiques (tombes, tumuli...etc.), les sources épigraphiques (pierres runiques), et encore latoponymie.

Redécouverte et histoire de la recherche

Veille pendant une nuit d'été, en compagnie de lutins et de fées… cette peinture évocatrice (1908) d'Edward Robert Hughes, artiste anglais, illustre l'inspiration du xixe siècle en Europe du Nord en particulier, pour la mythologie des peuples fondateurs des nations. L'engouement pour la mythologie procède alors de ce foisonnement identitairePROPRE à la réflexion nationaliste menée par chaque peuple.

Longtemps oubliée, cette mythologie a été redécouverte dès le xixe siècle avec le courant romantique en Europe.

Dans son ouvrage Monuments de la mythologie et de la poésie des Celtes et particulièrement des anciens Scandinaves(1756), Paul-Henri Mallet est le premier auteur à avoir publié des traductions des Eddas. Les premières études scientifiques sur la mythologie germanique sont Deutsche Mythologie (1835) de Jacob Grimm et Der Mythus von Thor (1836) de Ludwig Uhland. L'ouvrage de GRIMM a eu le plus grand effet et l'étude de la mythologie germanique n'a pas cessé depuis. Il souhaitait se focaliser surtout sur la mythologie germanique continentale mais il ne pouvait pas négliger les textes scandinaves, et son travail reste aujourd'hui une des présentations les plus complètes de la littérature mythologique et du folklore germanique, bien qu'il n'inclut pas les apports archéologiques.

Pendant la deuxième moitié du xixe siècle l'école de la mythologie comparée vit le jour, avec Alvin Boyd Kuhn et Max Müller à sa tête. Cette école cherchait à reconstituer la religion Indo-germanique et proto-germanique, mais elle avait tendance à tirer des conclusions hâtives. Lui succéda des études sur les coutumes traditionnelles contemporaines pour interpréter la mythologie germanique, notamment avec l'ouvrage Wald- und Feldkulte (1875) de Wilhelm Mannhardt. Ces interprétations CONTINUÈRENT jusqu'au milieu du xxe siècle, incluant Le Rameau d'or (1911-1935) de James George Frazer.

À la fin du xixe siècle, les philologues s'intéressaient également à cette mythologie. Sophus Bugge contesta les mythes nordiques, les considérant exclusivement d'inspiration chrétienne et classique. Si la plupart de ses théories ne sont plus acceptées aujourd'hui, il a introduit l'étude critique des textes mythologiques qui CONTINUA tout le long du xxe siècle.Eugène Mogk contesta la fiabilité de l'Edda de Snorri, estimant que la plupart des mythes qui y sont racontés sont des inventions de l'auteur Snorri Sturluson. Si ces remarques sont toujours valides dans le sens où l'Edda est effectivement surtout un travail littéraire, Snorri est tout de même considéré comme un compilateur sérieux qui impose créance dans les grandes lignes.

Au xxe siècle, Magnus Olsen introduisit la toponymie comme nouvelle source pour l'étude de la mythologie germanique et F. R. Shröder étendit la mythologie comparée aux religions non-germaniques. Cette voie a été suivie par Georges Dumézil qui s'attacha à comparer la mythologie nordique essentiellement avec les autres mythologies indo-européennes. Il étudia également la sociologie préhistorique des proto-indo-européens en introduisant sa théorie des fonctions tripartites (théorisée à partir des années 1920). L'apport de Jan de Vries dans l'étude de la mythologie nordique est également important. Son Altgermanische Religionsgeschichte(première publication en 1935 et révisé plusieurs fois au gré des avancées dans la recherche) est considéré comme une étude extensive et toujours pertinente.

Origine et expansion

Cette religion est issue à l'origine du sud de la Norvège et de la Suède, du Danemark, et de l'Allemagne. L'expansion viking aux alentours des ixe et xe siècles a également propagé la religion nordique vers d'autres régions, tout particulièrement en Islande et aux îles Féroé, mais aussi de manière plus éphémère dans les Îles Britanniques qui étaient témoins d'établissements permanents, comme en atteste la découverte de tombes païennes. La Normandie a également été colonisée par des scandinaves à condition qu'ils se convertissent au christianisme toutefois selon certaines sources les pratiques païennes ont continué à exister quelque temps. On peut également rajouter la Russie qui a connu de nombreux et prolifiques établissements permanents vikings le long de la « route de l'Est ».

Présentation

À l'origine c'est une croyance en une Grande Déesse MèreReligion panthéiste accordant une large place à la femme (plusieurs déesses importantes, comme l'était d'ailleurs la place des femmes dans les sociétés germano-scandinaves), à la Nature LES ANCIENNES célébrations se déroulaient près d'arbres ou de sites sacrés, c'est une croyance sans prêtres, ni dogmes, sans lieux de cultes) et à la divination (art associé aux runes), elle place la Vie au centre de son système, une vie conçue comme affrontement des forces de création et de dissolution, d'où résulte toute fécondité.

Le Hof (panthéon) nordique n'est pas aussi figé que celui de la mythologie grecque, les nombreuses différences de traditions locales ne permettent pas de définir un rôle très précis aux dieux (nombreuses hypostases). Ce panthéon a en outre la particularité d'être constitué de deux familles de dieux, les Ases et les Vanes, vraisemblablement apparues à deux époques différentes et amalgamées au tout début de l'Antiquité nordique, avant le iie siècle av. J.-C.. Les dieux les plus anciens, les Vanes, sont des dieux de la nature, de la fécondité et de la prospérité. Les Ases, plus récents, sont des divinités plus typiquement indo-européennes, et en cela plus proches des dieux gréco-romains, tel Hermód, associé à Hermès/Mercure, et Odin, parfois associé à Zeus/Jupiter. Certains dieux, primitivement majeurs, ont peu à peu été délaissés au profit d'autres, tel Týr, dieu associé à la guerre et à la justice, supplanté par Odin.

Organisation des mondes

Une représentation des neuf mondes

L'arbre cosmique Yggdrasil est la charpente des mondes. Il soutient et abrite les neuf mondes, dont chacun est le domaine PROPRE d'un élément ou d'une créature. Les Neuf Mondes sont répartis en trois échelons :

Aux niveaux les plus hauts surplombent :

Au niveau central se trouvent :

Aux niveaux les plus bas gisent :

  • Svartalfheim, juste en dessous du monde des hommes, le royaume des Nains (et Alfes Noirs) ;
  • Helheim, sous tous les mondes, le domaine des morts.

Principaux dieux

Articles détaillés : Panthéon nordiqueAses et Vanes.

Le panthéon nordique est d'abord divisé en deux groupes : les Ases, dieux guerriers et souverains, et les Vanes qui sont liés à la fertilité. La guerre entre les Ases et les Vanes se termine par l'union des deux groupes de dieux, de sorte que les Vanes finissent confondus avec les Ases dans certains mythes.

  • Odin : dieu souverain de la mythologie nordique, c'est un dieu de la guerre et de la poésie. Appelé « Père-de-tout » (Alfödr), il est le créateur de la terre et de l'humanité, et le père de la majorité des dieux, sa colère est crainte par les humains.
  • Frigg : déesse du mariage et de la maternité. Elle est la femme d'Odin et de même que son époux, elle connaît l'avenir, à la différence qu'elle ne le révèle pas.
  • Thor : dieu du tonnerre, guerrier brutal, il est le pire ennemi des géants qu'il tue régulièrement avec son fameux marteau Mjöllnir. Le Mjöllnir par ses pouvoirs fait de Thor un dieu de la guerre tout comme un dieu de la fertilité.
  • Loki : dieu de la Tromperie adopté chez les Ases. Malin et burlesque, il est la cause de beaucoup de malheurs chez les dieux, notamment la mort de Baldr.
  • Baldr : dieu de la beauté, de la jeunesse et de la lumière, aimé de tous, tué par une ruse de Loki.
  • Freyr : dieu de la vie et de la fécondité.
  • Freyja : déesse de l'amour, qui accueille la moitié des guerriers morts au combat, Odin accueillant les autres dans sa Valhöll.
  • Týr : dieu des serments et du droit, anciennement un dieu du ciel et probablement le dieu principal avant qu'il soit éclipsé en importance par Odin et Thor.
  • Njörd : le dieu principal des Vanes, il est le dieu de l'abondance, du vent et de la mer.
  • Hel : déesse des enfers, elle règne sur le Helheim et sur Niflheim (Niflhel)

Divinités secondaires

Articles détaillés : Nornes et Nornes dans la culture populaire.

Les trois Nornes sont des femmes qui tissent la toile du destin (Wyrd) de tous, y compris des dieux.

Les Walkyries sont des vierges guerrières chargées d'emmener les guerriers morts au combat au Valhalla, la halle d'Odin.

Le Serpent de Midgard est cité dans une prophétie disant qu'il anéantirait Midgard (la Terre) et que seul Thor pourrait l'arrêter en se sacrifiant.

Nains

Deux Nains (illustration de laVöluspá par Lorenz Frølich, 1895)

Les nains (dvergr en vieux norrois) sont des créatures vivant sous terre, dans les pierres ou les montagnes, mais deux textes indiquent curieusement qu'ils gisent soit à Svartalfheim (pourtant le séjour des alfes noirs), soit dans une salle au nord à Nidavellir24. Snorri raconte qu'ils sont originellement des vers trouvés dans la dépouille du géant Ymir (dont le corps a servi pour créer la Terre), auxquels les dieux donnent forme humaine et intelligence, mais qui du fait de leur origine continuent à vivre sous terre et dans les pierres. Les nains sont souvent rusés, et se caractérisent par leur habileté, surtout en tant que forgerons. En effet, ils sont responsables de la création de la majorité des attributs divins, dont le marteau de Thor. Toutefois ils sont parfois mesquins et opposés aux dieux, à l'image des jötnar, et sont chez Snorri amalgamés avec les alfes noirs. Les textes mythologiques ne donnent aucune information relative à la taille des nains, et il n'y a pas de raison de penser qu'ils étaient de petite taille dans l'imaginaire païen. Cette représentation apparaît dans les sagas tardives, où ils sont décrits petits et généralement laids. En revanche, certains spécialistes estiment qu'ils étaient à l'origine des esprits ou démons des morts. La croyance en des nains caricaturaux, de petite taille et généralement malins et mystérieux, est restée dans le folklore populaire germanique après la christianisation.

Animaux fabuleux

Il existe de nombreux monstres et animaux fabuleux dans la mythologie nordique, qui sont souvent engendrés par les dieux eux-mêmes et dont certains possèdent un rôle très important dans les mythes, notamment lors de la bataille prophétique du Ragnarök. Certains dieux, comme Odin et Loki, ainsi que certains géants, ont le pouvoir de se métamorphoser en divers animaux, comme des rapaces, des chevaux, des saumons. Les guerriers berserk étaient dans les sociétés vikings de puissants combattants puisant leur force dans celle de l'ours ou du loup. La vache Audhumla est un animal primordial dans la cosmogonie nordique.

Les dieux du panthéon nordique sont souvent accompagnés d'animaux. Le dieu Odin possède un cheval à huit jambes Sleipnir qui fut engendré par Loki lorsque ce dernier s'est métamorphosé en cheval. Odin est également accompagné de deux corbeaux, Hugin et Munin, qui survolent les mondes pour lui rapporter ce qu'ils y ont vu. Enfin, le roi des dieux est également accompagné de deux loups, Geri et Freki. Thor possède un char conduit par deux boucs, Tanngrisnir et Tanngnjóstr, qu'il peut tuer pour les manger puis les ressusciter en bonne santé à condition qu'aucun de leurs os n'ait été brisé. Freyja possède aussi un char tiré par deux chats et elle est également accompagnée d'unSANGLIER Hildisvíni, tout comme Freyr qui est accompagné du sanglier Gullinbursti. Au Valhöll, les guerriers morts au combat, leseinherjar, se nourrissent du sanglier Sæhrímnir qui ressuscite chaque nouveau jour pour resservir de repas.

Loki engendra trois créatures monstrueuses qui prendront une part importante lors du Ragnarök puisqu'ils tueront certains des dieux principaux ;LE LOUPgigantesque Fenrir qui tuera Odin, le serpent monde Jörmungand qui tuera Thor, et la gardienne du monde des morts, Hel. Le monde des morts est également gardé par le chien Garm, qui tuera Týr.

Un autre animal célèbre dans les mythes est le dragon Fáfnir qui fut abattu par Sigurd et dont le sang le rendit invulnérable.

Histoire mythique

Cosmogonie

Création des mondes et des dieux

Article détaillé : Cosmogonie nordique.
Manuscrit islandais du xviiie sièclemontrant la vache Audhumla

Le récit originel de la mythologie nordique est traité brièvement dans les poèmes Völuspá et Vafþrúðnismál de l'Edda poétique, et de manière plus détaillée dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri à partir du chapitre 4 et jusqu'au 19. Au départ, se sont créés deux mondes, l'un au nord fait de froid et de glace appelé Niflheim et l'autre au sud fait de feu et de flammes appelé Muspellheim, séparés par le Ginnungagap, un immense abîme. Les fleuves venimeux Élivágar à Niflheim formèrent de la glace et du givre prit forme dans l'abîme Ginnungagap. Inversement les étincelles de feux et flammes pénétraient aussi dans l'abîme. DeLA RENCONTRE des deux éléments se formèrent des gouttes ruisselantes d'où jaillit la vie sous la forme du premier géant du givre, Ymir. Pendant son sommeil, deux fils et une fille se créèrent de son corps seul.

Les gouttes de givre créèrent également la vache Audhumla. De ses pis coulaient quatre rivières de lait qui nourrissaient Ymir. Cependant, Audhumla n'avait rien d'autre pour se nourrir que la glace qu'elle léchait. Elle lécha la glace jusqu'à ce qu'elle y dégage le dieu Buri. Ensuite Buri enfanta le dieu Bor. Ce dernier eut trois enfants avec la fille d'un géant de glace appelée Bestla. Ses fils s'appelaient OdinVili et , les premiers Ases.

Les fils de Bor tuèrent Ymir, dont le sang noya tous les géants sauf Bergelmir et sa compagne qui sont alors les ancêtres de tous les géants. Odin, Vili et Vé emportèrent le corps d'Ymir au milieu du Ginnungagap et en firent la terre, Midgard, le monde des hommes. Avec ses cheveux ils firent les arbres, sa chair devint la terre, ses dents les pierres et les rochers, son sang emplit les océans et les lacs, ses os furent élevés en montagnes, et son crâne forma le ciel. Les larves qui avaient rongé le cadavre servirent à créer les Nains. Quatre d'entre eux furent destinés à maintenir la voûte céleste : NordriSudri,Austri et Westri, et donnèrent leurs noms aux points cardinaux. Pour finir ils jetèrent son cerveau pour former les nuages, puis organisèrent la course des astres afin de créer le temps. La périphérie de la terre ronde est entourée par la mer, et à l'extérieur se situe le monde des géants, Jötunheim. Pour contenir la colère de ceux-ci, les dieux construisirent un rempart fait des cils d'Ymir autour du domaine de Midgard.

Guerre entre les Ases et les Vanes

Article détaillé : Guerre entre les Ases et les Vanes.

La première guerre de l'univers opposa les deux groupes principaux de dieux, les Ases et les Vanes. Ce mythe n'est qu'évoqué dans plusieurs textes qui se complètent ou se contredisent.

Selon la Völuspá, la guerre commence lorsque les Ases tentent de tuer la magicienne Gullveig. Le dieu Ase Odin fait voler sa lance au-dessus des troupes des Vanes, un geste symbolique signalant le commencement des hostilités et attesté dans les sociétés germaniques antiques.

L'Edda de Snorri raconte que les Ases et les Vanes concluent une trêve, où ils crachent tous dans une cuve et créent de leur salive le dieu des plus sages Kvasir. Ce dernier est ensuite tué par des nains, et son sang devient l'hydromel poétique qui inspire les dieux et les vrais poètes. Snorri Sturluson développe encore l'histoire de cette guerre dans sa Saga des Ynglingar qui raconte qu'en signe de paix, les deux groupes de dieux s'offrent des otages. Les Vanes offrent Niord,Freyr, et Kvasir, en échange des Ases Hœnir et Mímir.

Cet accord de paix a effectivement uni les deux groupes de dieux au point qu'ils sont confondus. Des divinités initialement associées aux Vanes sont alors présentées comme des Ases dans le restes de textes mythologiques.

Création de l'homme et de la société

Après que les trois fils de Bor aperçurent deux troncs de bois, ils décidèrent de les sculpter sous forme humaine. Odin leur insuffla le souffle de vie, Vili, l'intelligence et Vé, les sens.

Le premier, l'homme, fut nommé Ask (littéralement « frêne »), et le second Embla (littéralement « orme »), la première femme. Ils vécurent tous deux au début de l'univers juste après la création des Neuf Mondes et engendrèrent l'humanité.

Un pont relie le monde des hommes et des Dieux et se tient sous la forme de l'arc-en-ciel. Bifröst (de son nom céleste) est gardé par Heimdall qui surveille le retour des géants.

Article détaillé : Rígsþula.

On apprend dans le poème eddique Rígsþula que le dieu Heimdall, masqué sous l'apparence d'un mortel nommé Ríg, voyagea sur Midgard parmi les hommes pour y créer les trois grandes classes sociales ; esclaves, paysans libres et seigneurs guerriers.

Dans un premier temps, ilRENCONTRA Aieul et Aieule, dans une modeste maison, qui l’hébergèrent pendant trois jours. Il dormi dans le lit du couple et neuf mois plus tard, la femme mit au monde un garçon aux traits grossiers, appelé Thrall. Plus tard, sa femme mis au monde des enfants aux nom péjoratifs : Bruyant, Taon, Fainéante... et créa, dès lors, la laCASTE des esclaves. Pendant ce temps, Ríg avait fait laRENCONTRE de Grand-Père et Grand-Mère dans une petite maison. Il fut accueilli chaleureusement et neuf mois plus tard, la femme enfanta un garçon vif, nommé Karl. De son union future naquit Forgeron, Beau visage, Capable, Vierge. Ainsi fut créée la caste des hommes libres. Enfin, Ríg se rendit dans une vaste demeure où comme à chaque fois il resta quelques jours. Neuf mois plus tard, l'enfant né, nommé Jarl, était beau et fort. Heimdall l'éduqua et lui enseigna les runes. Jarl SE MARIA à son tour et eut plusieurs enfants dont le plus jeune, Konr, fut aussi élevé par Heimdall à la magie des runes. Par la suite, il conquit de nombreuses terres.

La fonction de Heimdall en père de l'Humanité est également évoquée à la première strophe du poème Völuspá où les hommes sont surnommés les « fils de Heimdall ».

Aventures divines

Un thème récurrent concerne les combats des Ases face à leurs ennemis éternels les géants, qui se terminent bien souvent par la défaite de ces derniers, en général tués par Thor à l'aide de son marteau Mjöllnir.

L'un des mythes les plus célèbres est le meurtre du dieu Baldr par une ruse du dieu malin Loki. Celui-ci est ensuite capturé par les Ases et condamné à subir des souffrances atroces jusqu'à la fin des temps.

Récits héroïques

Quelques héros mythologiques :

Outre les aventures des dieux, nous connaissons également plusieurs récits héroïques dont les personnages principaux sont des hommes, et y interviennent parfois les dieux et autres forces surnaturelles. Le plus célèbre héros est Sigurd, grand guerrier, meurtrier du dragon Fafnir. Une version allemande et fortement christianisée de cette légende est également connue, l'Allemagne en a d'ailleurs fait son épopée nationale ; la Chanson des Nibelungen.

Eschatologie

Article détaillé : Ragnarök.
Surt détruisant les mondes avec son épée flamboyante (Dollman, 1909)

L'eschatologie a une place importante dans la mythologie nordique ; elle est décrite et référencée à nombreuses reprises dans les Eddas comme une fatalité à laquelle sont soumis tous les dieux et les hommes. Cette fin du monde prophétique est désignée par le terme du Ragnarök (« Consommation du destin des puissances » en vieux norrois). Elle est annoncée par trois hivers successifs sans Soleil appelé le Fimbulvetr, durant lesquelles les guerres et fratricides seront répandus. Toutes les chaînes se briseront, ainsi Loki et Fenrir seront libérés. Loki mènera les géants et les légions de morts de Hel combattre les dieux, les einherjar et les hommes sur la plaine de Vigrid. Le serpent Jörmungand sortira de la mer et dévastera les terres. Odin sera englouti parLE LOUP Fenrir, qui sera à son tour tué par le fils d'Odin Vidar. Thor et Jörmungand se donnerontMUTUELLEMENT la mort, ainsi que le dieu Týr et le chien monstrueux GarmFreyr sera abattu par le géant du feu Surt. Le malin Loki et le dieu Heimdall s'entretueront également. Enfin, Surt enflammera le monde.

Mais de cette dévastation, le monde renaîtra. Les dieux survivants seront BaldrHödVidarValiHœnir et les fils de ThorModi et Magni qui hériteront de son marteau. Ils hériteront alors des places de dieux souverains. Un seul couple d'humain survivra également à la catastrophe, Líf et Lífþrasir, puisqu'ils se sont cachés sous les racines de l'arbre monde Yggdrasil. D'eux renaîtra l'humanité.

Culte religieux

Seul très peu de textes mythologiques dont nous disposons étaient rédigés à l'époque païenne, ainsi nous ne disposons pas de beaucoup d'informations sur le culte religieux nordique. Toutefois certaines chroniques extérieures décrivent des pratiques RITUELLESLa Germanie, deTacite, est le plus ancien texte rapportant de pratiques rituelles germaniques durant l'antiquité, pratiques qui peuvent être liées au monde nordique.

Il n'y avait pas de classe purement sacerdotale chez les Germains. César l'avait noté, mais Tacite parle tout de même de « prêtres » ce qui est sans doute uneERREUR d'interprétation des rites dont il témoigne. Nous connaissons le terme de goði, qui n'est pas équivalent à un prêtre, mais implique une fonction religieuse aux chefs de l'Islande avant sa conversion au Christianisme. Les cérémonies religieuses étaient en effet dirigées par les chefs ou personnages de grand statut, qui redevenaient des chefs séculaires en dehors des cérémonies religieuses. Les textes antiques mentionnent que les cérémonies se faisaient à l'air libre, ce qui contraste avec les textes plus récents qui parlent de véritables temples païens. Ceci dénote sans doute une évolution du culte, sous l'influence certainement du culte romain et surtout chrétien. Adam de Brême décrit un temple païen à Uppsala (Suède).

Postérité[

Jours de la semaine

La mythologie nordique a influencé les noms des jours de la semaine dans les langues scandinaves mais également en anglais ou en allemand. En français, ils ont par contre une origine latine.

Langues modernes
FrançaisAnglaisNéerlandaisAllemandIslandaisSuédoisNorvégienDanoisDivinité
Lundi Monday Maandag Montag Mánudagur Måndag Mandag Mandag Máni / lune
Mardi Tuesday Dinsdag Dienstag
Þriðjudagur Tisdag Tirsdag Tirsdag Týr
Mercredi Wednesday Woensdag (Mittwoch) (Miðvikudagur)
Onsdag Onsdag Onsdag Odin (Woden)
Jeudi Thursday Donderdag Donnerstag Fimmtudagur Torsdag Torsdag Torsdag Thor (Donar)
Vendredi Friday Vrijdag Freitag Föstudagur Fredag Fredag Fredag Freyja ou Frigg
Samedi Saturday Zaterdag Samstag Laugardagur Lördag Lørdag Lørdag Loki (Løke)
Dimanche Sunday Zondag Sonntag Sunnudagur Söndag Søndag Søndag Sól / soleil

Toponymie

Panneau pour Odensvi en Suède, qui signifie « sanctuaire d'Odin ».

La toponymie était reconnue comme source possible pour l'étude de l'histoire de la religion germanique depuis le xixe siècle, mais la première recherche poussée a commencé avec le norvégien Magnus Olsen au début du xxe siècle. On différencie la toponymie théophore (lieux qui tirent leurs noms de divinités) des lieux portant des noms comme Vi (de « sanctuaire ») ouGuðakr (« plaine des dieux ») qui indiquent de possibles lieux de cultes, bien qu'ils ne sont pas associés à une divinité spécifique. Olsen a RECENSÉ plus de 600 exemples toponymiques en Norvège indiquant des lieux sacrés. En ce qui concerne la toponymie théophore plus spécifiquement, il y en aurait 1050 en Scandinavie et en Islande, dont 510 enSuède, 270 au Danemark, 225 en Norvège, 40 en Islande et 30 en Finlande.

La toponymie théophore ne semble pas correspondre aux importances relatives des dieux rapportés dans les Eddas. Par exemple, Odin, le dieu principal des Eddas, n'apparait pas dans la toponymie d'Islande. En Norvège, son nom n'apparaît que dans 12 cas (ce qui représente 5,3 % de la toponymie théophore norvégienne), et au Danemark et en Suède, son nom apparaît respectivement dans 32 et 72 cas. En revanche, Thor est très représenté, y compris en Grande-Bretagne, mais il est difficile de différencier les exemples toponymiques qui se rapportent au dieu de ceux qui se rapportent à des hommes dont les noms sont dérivés de Thor, très communs en Scandinavie (Þorleif, Þorstein, Þorkel etc.). En revanche, le nom du dieu Ullr apparaît souvent en Norvège et en Suède malgré sa très faible importance dans les sources écrites. Ceci suggère qu'Ullr avait un rôle bien plus important dans les croyances nordiques à l'époque où s'est formée la toponymie théophore. En Norvège et en Suède, lesVanes (NjördFreyrFreyja), dieux de la fertilité, apparaissent souvent, autant qu'Ullr, mais sont très rares au Danemark et en Islande (où seulement trois lieux portent un nom dérivé de Freyr). La toponymie théophore nous apprend l'existence d'autres dieux qui n'apparaissent pas dans les textes, comme Hörn et *Vrindr, toutefois aucune conclusion sur leurs fonctions ne peut en être déduite.

La toponymie permet d'appréhender la distribution géographique des cultes aux dieux. L'inconsistance notable entre la toponymie et l'importance des dieux dans lesEddas n'indique pas que les textes sont faux. Les Eddas témoignent des croyances de la fin de l'âge des Vikings, alors que la toponymie s'est formée en grande partie sur plusieurs siècles à l'époque des grandes invasions.

 

Religion nordique ancienne

Odin avec Hugin et Munin.

La religion nordique ancienne (ou paganisme nordique) recouvre l’ensemble des croyances et des pratiques religieuses des peuples scandinaves, des origines à l’âge du bronze, jusqu’à l’ère Viking, de 800 à la christianisation autour de l’an 1000. Ces croyances sont sans prêtres, ni dogmes, ni lieux de cultes.

« La religion des anciens scandinaves n'est pas révélée mais vise à participer à la vie des Dieux en ce monde et dans l'autre, la frontière entre les deux étant très floue et souvent quasiment inexistante. [...Elle] ne connaissait pas de doctrine, mais consistait en une attitude et surtout en un certain nombre d'actes signifiants qu'on peut appeler rites. Le rite est l'essentiel de la religion nordique ancienne. ». ElleA DONNÉ naissance à un ensemble de mythes relatés notamment dans les Eddas, la mythologie scandinave.

Un statut particulier était accordé par ces peuples à la nature, à la femme, mais aussi à certains animaux, comme l’ours, lecheval, le sanglier et le corbeau, qui se voyaient attribuer des pouvoirs fabuleux et possédaient une place importante dans lesRITUELS et les traditions.

 

 

Terminologie

Les Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. À la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et le roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme forn siðr pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement « ancienne coutume, ancienne pratique » en vieux norrois.

Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait « seydrsejdr ou sidr » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières àPROPREMENT parler, « pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses », sans foi, sans dogmes.

Les sources

Sources archéologiques

Pétroglyphe de Norrköpings.

Âge du Bronze

Le char solaire de Trundholm, daté du premier âge du bronze soit aux alentours de -1400

.

Sources toponymiques

Carte montrant les différences régionales de culte en Scandinavie vers 900, déterminées par les noms de lieu et les données archéologiques. En bleu, les régions dominées par le culte des Vanes ; en rouge, celles où prédominent ThorOdin et les autres Ases ; enVIOLET, les zones de coexistence ; les points verts sont les noms de lieu dérivés d’Odin - d’après Erik Christiansen, The Norsemen in the Viking Age, Blackwell, 2002.

Sources littéraires

Sources antiques

« Ils (Germains du nord) n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le soleil, le feu,LA LUNE. Ils n’ont même pas entendu parler des autres »

— CésarDe Bello Gallico, VI, 21

« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c’est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » »

— TaciteGermania, IX, 3

Sources médiévales

Influences chrétiennes

Les textes constituant la mythologie nordique ont été rédigés par des clercs ou des hommes issus d’une formation cléricale. La question de l'interpretatio christiana est souvent débattue pour savoir à quel point ils ont réinventé la mentalité des Vikings deux ou trois siècles après leur disparition. Ainsi, selon Régis Boyer« l’Église apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale fatidique que l’on attribua à tort aux Vikings » et « tous les documents islandais anciens sont écrits sur palimpsestes, il faut gratter l’apport continental chrétien pour tenter de retrouver l’authenticité scandinave (et germanique) ancienne ». Il propose d’essayer de reconstituer la mentalité viking plutôt que de prendre à la lettre des récits souvent trop complaisants ou adaptés de sources latines. Pour Hilda Ellis Davidson, « nous avons affaire à un monde mythique artificiel, bien éloigné de la foi vivante de l’ère païenne ». Einar Ólafur Sveinsson, spécialiste islandais et son école, disent (en parlant de tous les textes) que : « la littérature ancienne de son pays est mi ecclésiastique, mi séculiere ». Régis Boyer constate qu’« on ne voit pas comment le contredire ».

Cependant, « l'essentiel de ce que nous connaissons par les Eddas se trouve déjà gravé dans la pierre, au minimum plus d'un millénaire et demi à l'avance. Dans ces conditions, les tentatives d'interprétation de la mythologie nordique par des collusions avec les courants de pensée orientale ou chrétienne à l'époque historique s'effondrent d'elles-mêmes, ce qui, bien entendu, n'exclut pas les interpolations », et pour François-Xavier Dillmann, à propos de l'Edda de Snorri Sturluson : « ...La mise en évidence d'indéniables influences bibliques dans l'un ou l'autre chapitre de la Gylfaginning n'a que trop fréquemment été utilisée pour tenter de jeter le discrédit sur toute l'entreprise de Snorri. Force est néanmoins de constater que, même s'il vivait dans un pays évangélisé depuis environ deux siècles et s'il avait reçu à Oddi une éducation fortement teintée de dogmatisme chrétien, Snorri montrait une profonde inclination pour la mythologie ancestrale. [...] S'il serait certainement abusif d'en faire un propagandiste païen en pleine époque chrétienne, il ne nous semble pas douteux qu'il ait chéri ces belles histoires qui ASSURAIENT la pérennité de la poésie scaldique, ces vieux mythes dans lesquels s'exprimaient le génie de sa nation. ».


De là viennent sans doute les analogies des Nornes avec les Parques, des Valkyries avec Apsaras, de Tyravec Mars, d’Odinn avec Mercure, de Loki avec Lug, ou encore de Fjorgyn avec Perkun17. Les Nornes et leur destin immuable sont vues comme une invention chrétienne associant Urd (le nom d’une source),Skuld (le nom d’une Valkyrie), et Verdandi (seule la Voluspa cite ce nom). Pour Jean Renaud« Urd était probablement la plus authentique des trois, à laquelle on aurait associé par la suite les deux autres »18. Bon nombre des êtres surnaturels de la mythologie nordique sont adoptés sur le tard lors de la christianisation, et certains sont apportés par l’Église19. On les soupçonne de suivre quelques grands modèles célèbres dans tout le Moyen Âge, comme Isidore de Séville ou tout simplement la Bible.

L’Islande devenue chrétienne, l’Église ne badine pas plus là qu’ailleurs sur la stricte observance de ses lois. Seules certaines pierres à inscriptions runiques auraient échappées à la destruction car elles comportaient des signes religieux chrétiens comme la pierre de pierres de Jelling, où des inscriptions neutres. La rédaction deux siècles après l’âge Viking, donne LATITUDE à l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniâtre d’éradication, bien connu d’autre part. Elle s’efforçait de dévaluer les croyances et pratiques menaçant la doctrine chrétienne, les dieux passent à l’état de diables, ou subtilement ils se retrouvent ridiculisés. (Harbardsljod ou la Lokasenna). Ou les dieux ne sont plus que de simples humains divinisés, ainsi ils périssent lors du combat final (Voluspa, ragnarök…) Régis Boye.

Le panthéon nordique

Article détaillé : panthéon nordique.

Déesse mère

Régis Boyer met en exergue une croyance ancestrale en une grande déesse mère de la création et de la vie, en harmonie avec les forces et les éléments naturels qui régissent l’univers, et à qui ils ont donné par la suite une représentation anthropomorphe.

À l’origine « les pères des Vikings » croyaient en une Déesse Mère et aux grandes forces naturelles que sont le soleil, l’eau, la terre, l’air, le feu et la vie, qu’ils ont représentés plus tard par la création d’un panthéon qui compte notamment Odin (Yggr, le redoutable), Odr (fureur) Thor (tonnerre), Jord (terre), FriggFreyja(femme), Fjörgyn (il/elle, qui favorise la vie), Sól (le soleil), Máni LA LUNE), Baldr et Freyr, (seigneur), Surtr (noir du feu), Mímir (mémoire), Bragi (parangon), Logi/Loki (flamme)... et le grand arbre Yggdrasill. Les Landvaettir sont les esprits tutélaires des lieux naturels tels que les collines, arbres, cascades, pierres… La tête de monstre sculptée sur la proue des bateaux vikings était faite à leur intention, afin d’épouvanter les Landvaettir des pays à investir. Il convenait de l’enlever avant d’arriver en pays ami. La Grande Déesse Mère constitue un point capital dans les croyances des anciens scandinaves et germains.

Les cultes

Le blót

La pratique cultuelle essentielle était le blót (vénération), il pouvait aussi avoir le sens de (sacrifice) ou blótveizla (banquet sacrificiel), dont le but était de renforcer la divinité en nouant un LIEN entre elle et les participants ; il suivait quatre étapes :

  • des sacrifices d'animaux (mais qui ont pu être humains à l'origine), dont le sang est répandu sur l'autel, le bâtiment et les participants.
  • un banquet où l'on consommait la viande des animaux sacrifiés cuite, et où l'on portait des toasts de bière ou d'hydromel aux dieux (Odin, Njörd, Freyr et Bragi), au roi, et surtout aux parents morts (drekka minni : boire à la mémoire de).
  • on consultait les augures de diverses façons : à travers une source ou une cascade, en jetant des rameaux trempés dans le sang sacrificiel (hlautteinar) sur un linge blanc.
  • « le quatrième et dernier temps du blót consistait à faire des vœux ou à s'engager par serment solennel à acomplir de hauts faits : c'est la pratique duheitsstrenging, où le paroxysme de la TENSION se double de l'ivresse du banquet pour exalter au maximum la force vive de l'homme en communion avec la divinité »

Ils ont avec les puissances naturelles et les dieux un rapport de « donnant donnant ».

Le goði

Le chef de famille ou du clan procède aux cérémonies, naissances, mariages, décès... et fait office de goði, sorte de « prêtre temporaire ». Certains de ces godis se muèrent en prêtres officiels chrétiens, surtout en Islande.

Destin

Les Vikings n’ont pas une conception du destin immuable. Quels que soient les projets de leurs dieux,LES ANCIENS scandinaves et germains demeurent libres et croient en leur capacité d’infléchir leurs dieux et de forcer le destin, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l’appui de leurs ancêtres: ce qu’ils nomment « eiginn mattr ok megin ». Pragmatiques, ils ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient à la magie ou plutôt au sentiment de la présence constante du surnaturel et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, et d’anticiper sur le destin, donc de le modifier, car rien n’est écrit définitivement.

Ils sollicitent les forces, les dieux et leurs ancêtres qui leur répondent dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple : Freyja m’a rêvé que...).

Il n’y a pas de destin que leur volonté ou l’aide de leurs dieux ou de leurs ancêtres ne puisse modifier, car les scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’action, et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés.

 

Irréligion et scepticisme 

La formule de Gauka-Thorir : « Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mêmes et en notre force et capacité de VICTOIRE, et cela nous suffit amplement » (Gauka-Thorir, chapitre CCI Olafs saga hins Helga) se retrouve dans d’autres textes. Pour François-Xavier Dillmann : « cette locution est le plus souvent utilisée dans les textes norrois au sujet de personnages qui sont réputés avoir délaissé le culte des dieux ancestraux et qui, par conséquent, se situaient en dehors du cadre habituel de l’ancienne société scandinave »

« On a longtemps cru que les Scandinaves, dans les siècles qui précédèrent la conversion au christianisme — viiie et ixe siècles —, avaient atteint une sorte d'irréligion, de scepticisme ou d'indifférence [...] Cela tenait à une phrase qui SE RENCONTRE souvent dans les textes : Hann blôtadi ekki, hann tradi à sinn eiginn màtt ok megin (Il ne sacrifiait pas aux dieux, il croyait en sa propre force et capacité de chance). Il y avait là, semblait-il, une attitude fort inhabituelle au Moyen Âge où l'on avait voulu voir un trait exceptionnel, digne de peuplades que les "philosophes" du xviiie siècle français considéraient comme les régénératrices de l'Occident. Les recherches récentes de savants suédois, Folke Ström et Henrik Ljungberg en particulier, ont établi qu'une telle interprétation ne reposait sur rien. » «  Elle soulignait au contraire la participation au sacré qui justifiait qu’un homme se sentît fondé à dépasser les dieux anecdotiques, si l’on peut dire, et à ne croire qu’en lui-même, c’est-à-dire en sa PROPRE capacité de chance et de réussite puisque celles-ci lui venaient des puissances divines. En conséquence, la formule dont nous sommes partis, loin d’être une profession de scepticisme, était un acte d’adoration implicite ! ».

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LES ANCIENSscandinaves et germains ont une totale liberté de pensée et de croyance.

Place de la femme

La femme viking tenait un rôle très important. On RENCONTRE dans les textes un nombre élevé de déesses et de créatures surnaturelles féminines (nornes,valkyriesDisesHaminjur... Il est possible qu’il s’agisse de résurgences du culte ancestral de la Grande Déesse Mère qui a la période viking prend le nom de Fri, Fiia, Frea, Freyja (bien aimée) (elle est la douce chaleur du soleil, la déesse de la vie mais aussi de la mort qui accueille la moitié des guerriers, d’où l’une de ses hypostases : Hel (helja : accueillir, cacher), elle est aussi la déesse guerrière, mais il est également possible qu’il s’agisse de l’influence, dans les textes mis par écrit par les clercs, du développement à partir du xiie siècle du culte chrétien de la Vierge Marie sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux.

Place des animaux

La plupart des dieux et déesses ont leurs animaux, et ces derniers possèdent un statut particulier dans les croyances.

Boucs]

Thor a deux boucs qui tirent son char Tanngrisnir et Tanngnjóstr (Dents grinçantes et Dents étincelantes). Il lui est arrivé d’être contraint de les manger, mais il prit soin de conserver les os pour les ressusciter.

Chats

Le chat était l’un des animaux favoris des Vikings[réf. nécessaire]. Il était d’usage d’offrir des chatons lors des mariages. Un auteur, Diana Paxson dans son romanBrisingamen a attribué les noms poétiques Tregul ("Arbre d’or, ou jaune) et Bygul ("Abeilles d’or, ou de miel) à des chats de Freyja« Tendresse » et « Amour maternel » sont les chats de Freyja. Ils sont ailés, de grande taille, et ils tirent son char.

Cheval

L’importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu’il possédait, comme l’attestent également les RITUELS liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande, qui étaient censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique, comme la Germanie et l’Islande. Parmi les chevaux célébrés par les textes fondateurs figurent celui d’Odin, Sleipnir, qui possède huit jambes et peut voler.

Chiens

Les chiens bénéficient d’une grande estime comme animaux de compagnie ou de travail. Il est fréquent de retrouver ces compagnons dans des tombes, enterrés aux côtés de leurs maîtres. Le chien qui garde le royaume des morts se nomme Garmr ou Garm.

Corbeau

Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) sont deux corbeaux, messagers d’Odin, qui parcourent le monde et viennent murmurer à leur maître ce qu’ils ont vu et entendu.

Loup

Dans l’ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l’endurance. CeRITUEL permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups. Les Winnilis, nom d’un peuple de Germains signifie LES LOUPS". Ils ne s’appelaient donc pas hommes mais loups. On retrouve le loup dans les textes fondateurs, où Odin possède les deux loups Geri et Freki(Vorace et violent), ainsi que le gigantesque loup Fenrir (« habitant des marais ») né de l’union de Loki et la géante Gerbauda.

Ours

L’ours possède une place très importante dans l’histoire des peuples germaniques et scandinaves à l’époque du paganisme nordique, admiré et vénéré pour sa force, son courage et son invincibilité, considéré comme le roi des animaux, il était l’attribut des puissants et l’objet de rituels ayant pour but de s’approprier ses pouvoirs. Il était également l’attribut des berserkir. Il était d’usage d’offrir un ourson aux rois. Ingimund l’ancien offrit un ours polaire au roi de Norvège vers l’an 900.Isleif, le premier évêque d’Islande, en offrit un à l’empereur d’Allemagne vers l’an 1050. Un conte en vieux norrois a pour titre « Auðunn et l’ours » (Auðunar þáttr vestfirzka).

Sanglier

Sæhrímnir est leSANGLIER consommé chaque nuit par les Einherjar dans la Valhöll. Il est ramené à la vie afin de servir à nouveau de repas le jour suivant.Hildisvíni (sanglier de la bataille) est la monture de Freyja lorsqu’elle n’est pas sur son char tiré par ses deux chats.Freyr possède également un verrat Gullinbursti(aux soies d’or) ou Slidrugtanni (aux défenses redoutables). Il court plus vite que n’importe quel cheval de jour comme de nuit, dans les airs et sur la mer et ses soies illuminent la nuit la plus sombre.

Christianisation

Selon de nombreux historiens dont François Xavier Dillmann, nous assistons à une véritable guerre de religion pour instaurer le christianisme par la force, notamment en Norvège où le conflit dura plus d'un siècle. La détermination des missionnaires pour répandre leur foi en Scandinavie et en Germanie, ira parfois jusqu’à détruire des stèles au prix de leurs vies.

Ne parvenant à éradiquer ce paganisme ni par la parole ni par les actes de vandalisme, l’Église eut recourt à une violence volontaire : « Répandre sa foi par le fer et le sang. ». L’émoi et le traumatisme des massacres de Charlemagne se firent ressentir dans toute la Scandinavie. Les historiens et spécialistes (Alain Decaux,André CastelotFrançois Neveux Rudolf Simek…) pensent que ce fut l’une des raisons qui provoqua les raids vikings qui souhaitaient se venger de la christianisation forcée. La conversion des Scandinaves et des Germains s’est effectuée plus ou moins violemment, sur plus de quatre siècles.

Selon Régis Boyer : « Car- il faut de nouveau insister fortement – la conversion de la Scandinavie se sera faite sans coup férir, sans guerres de religions, sans effusion de sang, sans martyre. Lorsque des chroniqueurs nous la dépeindront, nettement plus tard, sous des dehors tragiques et violents, ils ne le feront que par imitation des vies de saints qui étaient de rigueur en Occident à l'époque. »

Explication évhémériste des mythes païens

L’Église a tâché de ravaler LES ANCIENS dieux au rang de démons Snorri et Saxo Grammaticus s’efforcent de reconstituer un panthéon organisé autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement, et proposent une explication hémériste des dieux païens : dans les prologue de son Edda et de la Heimskringla, Snorri « nous explique que les dieux ne sont que des hommes d’autrefois, des magiciens de préférence, qui ont été progressivement divinisés, Saxo Grammaticus ne dira rien d’autre, lui aussi ». Cette explication se retrouve dans d’autres textes comme la Saga des Troyens, mêlant l’origine pseudo-étymologique des Ases en Asie, au mythe des origines troyennes des peuples scandinaves (Troie étant en Asie mineure).

Néopaganisme

La foi scandinave, nommée par certains Ásatrú ou parfois Odinisme, a été reconstituée avec plus ou moins de succès, et certains pays acceptent désormais de la compter parmi les religions officielles. C’est le cas de l’Islande, la Norvège, la Suède, le Danemark ou l'Espagne.

27 mars 2015

alice au pays du new age......

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Alice s' interroge sur le destin
Tous ces machins
L' est un peu paumée dans sa vie
Pis un jour un type lui a dit
Qu' on vit entourés d' énergie
Comme les Jedi sur leur planète
Qu' on nous raconte que des conneries
Que lui il en a de bien plus chouettes.
Bref tout un charabia
Qui mélange tout et n' importe quoi
Selon le principe moins on comprend
Plus ça a l' air intelligent

Mais lui c' est pas un charlatan
Il a signé c' est rassurant
Un code de déontologie
Même que c' est lui qui l' a écrit
C' est sur ses bons conseils Qu' à présent elle pratique
Une biothérapie globale mais aussi scientifique
Avec psychomassage hypnotico-zodiacal
Option j'me sens déjà mieux de savoir que je vais mal

Depuis elle passe ses soirées
En quête d' ondes positives
Une discipline appelée
Respiration régressive
S' agit de retomber en enfance
Dans ton passé faire le ménage
Et voir avec un petit peu de chance
Ce que tu glandais au moyen âge
Faut expirer à fond d' abord
Puis inspirer 3 fois encore
Pour libérer tes blocages
Rejoindre des cieux sans nuages
Au bout de cinq minutes intensives
A ainsi faire la locomotive
Elle vit bien des étoiles partout
Juste avant de tomber dans les choux

Puis elle m' initia un soir
A la thérapie du toucher
Nus dans le noir
On cherchait à tâtons harmonie et pureté
Mais la séance fut soudain interrompue par
Sa voix déçue mais pourquoi tu bandes pas
Toi t' es bizarre...
Si ça fait pas du bien
ça peut pas faire de mal
Me dit-elle en dégustant son urine matinale
Oublie un peu tes préjugés
Laisse parler tes instincts
J' y ai vomi dessus mon café
Elle a raison ça fait du bien !

Celui qui lui a mis ça dans la tête
Lui vend de jolies sornettes
Amulettes ésotériques
Genre de placébos exotiques
Des pierres en vrai caillou de roche
Comme un p'tit Stonehenge sous cloche
Et le pendule qui tourne en rond
Pour t' indiquer la direction
De l' encens qui récure le nez
Et des disques pour méditer
Bruits de rivière, cris de baleine
Je préfère encore Brigitte Fontaine
Et puis les édifiants bouquins
Qu' elle consulte avant de se coucher
Gestion du stress chez les martiens
Grossesse chez les farfadets

Alice aimerait qu' il y ait ailleurs
Quelque part une vie meilleure
Faut dire que petite elle voyait pas
La sienne vraiment comme ça
Les réponses qu' elle cherche elle les a
Lui dit-on en elle tout au fond
Super, à présent elle n' a
Plus qu' à trouver les questions
Mais dans un monde comme le nôtre
Sans plus de place pour la poésie
Pas étonnant qu' il y ait des apôtres
Pour croire à ces prophéties
Moi pour m' inventer des histoires
Et y croire quand elles sont jolies
Je préfère faire sans tous ces jobards
Je m' arnaque très bien tout seul merci.

Les Malpolis

 

8 avril 2014

le langage klingon.....

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Le klingon est une langue fictive de l'univers de fiction de Star Trek. Elle est la langue de la race extraterrestre Klingon de cet univers.

Elle a été créée par Marc Okrand dans les studios qui produisent les séries Star Trek. Sa syntaxe est agglutinante. La grammaire de la langue est inspirée par celle des langues amérindiennes. Elle fait l'objet d'un enseignement aux États-Unis et un institut y est consacré, le Klingon Language Institute. Ce dernier a notamment traduit en klingon, et publié, l'épopée de GilgameshTao Tö KingBeaucoup de bruit pour rien et Hamlet.

En septembre 2010, le théâtre Zeebelt à La Haye a été le site de la première représentation d'un opéra original entièrement en langue klingon, intitulé ʾuʾ.

 

Le klingon est une langue agglutinante. Elle utilise des suffixes pour modifier le sens des mots. C'est une langue OVS1. Les compléments de phrase et les adverbes se mettent avant l’objet. Le klingon a trois genres grammaticaux : les personnes capables de parler, les parties du corps, et tout le reste. Elle n'a aucun temps verbal.

Klingon sentence a.GIF

  • DaH mojaq-mey-vam DI-vuS-nIS-be' 'e' vI-Har
  • « Je crois que nous n'avions pas besoin de limiter ces suffixes-ci maintenant. »

Quelques mots et expressions

  • Qapla' = Victoire, succès, opération réussie.
  • nuqneH = Que voulez-vous ? (se rapproche de « Bonjour ».)
  • HIja' ou HISlaH = Oui.
  • ghobe' = Non.
  • qatlho'. = Je vous remercie.
  • tlhIngan Hol Dajatlh'a'? = Parlez-vous klingon ?
  • HIjol = Téléportez moi à bord.
  • bortaS bIr jablu'DI' reH QaQqu' nay'. = La vengeance est un plat qui se mange froid.
  • Duj tIvoqtaH = Fie-toi toujours à tes instincts.
  • bIjeghbe'chugh vaj blHegh. = Rends-toi ou meurs !
  • Heghlu'meH QaQ jajvam. = C'est un bon jour pour mourir.
  • nuqjatlh? = Que dis-tu ?
  • taH pagh taHbe'. DaH mu'tlheghvam vIqelnIS. = Être ou ne pas être. Telle est la question. (Littéralement: Ça continue ou ça ne continue pas. Maitenant je dois considerer cette phrase)
  • « yIDoghQo » = « ne sois pas ridicule »

Le klingonais (ou klingon) était la langue parlée à travers l'Empire Klingon. Il était glorifié et étudié dans la moitié du quadrant au milieu du 23ème siècle. (TOS: "The Trouble with Tribbles")

Usage

En 2259, dans la chronologie alternative créée par l'incursion de NeroNyota Uhura parlait couramment le klingonais. (Star Trek Into Darkness)

Vers la fin du 23ème siècle de nombreux écrivains de la Fédération écrivirent des ouvrages permettant d'apprendre le klingonais. En 2293Uhura en tint plusieurs entre ses mains à bord de l'USS Enterprise NCC-1701-A lorsqu'elle tenta de convaincre un poste d'écoute klingon qu'ils étaient le cargo Ursva, en s'essayant avec le bouquin "Introduction to Klingon Grammar". (Star Trek VI: The Undiscovered Country)

Plusieurs des ces ouvrages de référence furent aperçus en détail lors de l'édition spécial de Star Trek VI: The Undiscovered Country (DVD)Nichelle Nichols se plaignit qu'un bon officier des communications devait savoir un rudiment de klingonais. Le réalisateur Nicholas Meyer préféra conserver cette scène comme elle était, pour le plaisir.

Le klingonais possédait 80 dialectes poly-gutturaux basés sur une syntaxe adaptive. Hoshi Sato fut la 1ère Humaine à le parler couramment, elle put l'apprendre grace à une base de données vulcaine. (ENT: "Broken Bow") Une fois, Sato fit remarquer qu'un bouquin qu'elle possédait, offert par Tarquin et écrit par une ancienne civilisation disparue depuis un millier d'années ressemblait à du klingonais médiéval. (ENT: "Exile")

La langue klingonne n'était pas immuable. Elle évoluait constamment en fonction des besoins et des aspirations du peuple. Au milieu du 24ème siècle, le mot Peacemaker" apparut pour la 1ère fois en klingonais après que Riva fit la médiation entre l'Empire Klingon et la Fédération. (TNG: "Loud as a Whisper") Cependant, à la meme époque il n'existait toujours pas de mot klingon pour le mot "éméché". (TNG: "Parallels")

Montgomery Scott dit une fois que lire le klingonais était aussi dur que de réduire les dégats à bord d'un Oiseau-de-Proie klingon. (Star Trek IV: The Voyage Home)

Le répertoire de la promenade de Deep Space 9 était écrit en klingon, mais aussi en anglais, en vulcainferengibajoran et cardassien. (DS9)

En 2374Kathryn Janeway dit à Arturis que bien qu'il parlait plus de 4'000langues, elle pouvait parler le klingonais basique. B'Elanna Torres dit qu'elle trouvait le klingonais trop dur à son gout. (VOY: "Hope and Fear")

Alexander Rozhenko admit à Miles O'Brien qu'il avait des difficultés à prononcer son nom en klingonais. (DS9: "You Are Cordially Invited...")

Vocabulaire klingon

La plus part des noms des Vaisseaux klingons et de leurs classes de vaisseaux était en klingonais. Étonnamment l'IKS Kronos One était en terrien tandis que le nom de leur planète Qo'noS se prononçait à la terrienne "cronos"mais s'écrivait à la klingonaise.

MotDescription1ère apparition
adanji un type d'encens utilisé pour le Mauk-to'Vor DS9: "Sons of Mogh"
ak'voh un rituel de mort klingon DS9: "The Ship"
baH feu! (lors d'utilisation de torpillesdisrupteurs, etc.) Star Trek: The Motion Picture
baktag une insulte TNG: "Redemption, Part II"
bat'leth épée d'honneur; avec deux prises pour les mains TNG: "Reunion"
Bahgol une sorte de thé klingon DS9: "Blood Oath"
Bekk un rang de sous-officiers dans la Force de Défense Klingonne DS9: "Sons and Daughters"
Boreth une étoile qui a donné son nom à une planète et un monastère TNG: "Firstborn"
brak'lul un terme définissant la multiplicité de leurs organes TNG: "Ethics"
Bregit un animal TNG: "A Matter of Honor"
Bre'Nan une cérémonie DS9: "You Are Cordially Invited..."
Chech'tluth une boisson TNG: "Up The Long Ladder"
d'akturak ice-man, un surnom DS9: "Blood Oath"
darsek unité monétaire TNG: "Firstborn"
d'k tahg un couteau traditionnel pour guerrier Klingon Star Trek III: The Search for Spock
Fek'lhr Le garde-démon Gre'thor, d'après la Mythologie klingonne TNG: "Devil's Due"
gahg un plat à base de sorte serpent TNG: "Unification, Part I"
gik'tal un test pour arts martiaux
vers la mort
TNG: "Lower Decks"
Gladst une algue servi en plat DS9: "Melora"
Grapok une sauce en plat DS9: "Sons and Daughters"
Gre'thor lieu mythologique où les âmes déshonorées vont après la mort TNG: "Devil's Due"
Hegh'bat rituel du suicide TNG: "Ethics"
hur'q outsider, nom donné à une espèce DS9: "The Sword of Kahless"
jak'tahla une période de l'adolescence klingonne Star Trek: Insurrection
jat'yIn possession spirituelle. "La capture des Vivants par la mort" TNG: "Power Play"
Jelik un mot, une phrase, un nom, un lieu ou un évènement mentionné par Klaang à Hoshi Sato en 2151; avec les mots: SarinRigel, et Tholia ; Sato ne put le traduire et en comprendre la signification ENT: "Broken Bow"
Jinaq un collier TNG: "Birthright, Part II"
Kal'Hyah une cérémonie DS9: "You Are Cordially Invited..."
kar'takin une arme d'hast DS9: "To the Death"
kellicam une mesure de distance klingonne Star Trek III: The Search for Spock
Kirom un couteau sacré TNG: "Rightful Heir"
Klothos le nom d'un vaisseau TAS: "The Time Trap"
Kortar dans la mythologie klingonne, il fut le 1er Klingon créé par les dieux ; celui-ci les détruisit VOY: "Barge of the Dead"
kos'karii pâle, dans la mythologie klingonne une créature ressemblant à un serpent, qui arpentait les eaux souterraines VOY: "Barge of the Dead"
Kot'baval le nom d'un festival TNG: "Firstborn"
K'tinga une classe de vaisseau Star Trek: The Motion Picture
Kuvah'magh le nom d'une figure religieuse VOY: "Prophecy"
kut'luch un couteau traditionnel utilisé par les assassins Klingons TNG: "Sins of the Father"
Maktag le nom d'un mois sur la planète Qo'noS TNG: "New Ground"
Ma'Staka une arme de cérémonie DS9: "You Are Cordially Invited..."
Mauk-to'Vor un rituel permettant à ceux tombés en disgrâce et qui veulent restaurer leur honneur pour accéder au Sto-vo-kor DS9: "Sons of Mogh"
mek'leth une arme blanche klingonne DS9: "The Way of the Warrior"
mevak un couteau traditionnel utilisé lors du Mauk-to'Vor DS9: "Sons of Mogh"
Mok'tah mauvais match VOY: "Drive"
Nay'Poq le nom d'un mois sur la planète Qo'noS VOY: "Prophecy"
nIb'poH déjà vu (en français dans le texte) TNG: "Cause and Effect"
O'mat Gri T'M pffiots un ensemble d'aliments et de boissons TNG: "Heart of Glory"
paq'batlh un manuscrit en klingonais VOY: "Barge of the Dead"
Par'Mach amour, mais avec une nuance d'aggressivité ou de violence DS9: "Looking for par'Mach in All the Wrong Places"
Par'Mach'kai Compagnon en amour DS9: "Looking for par'Mach in All the Wrong Places"
petaQ une insulte (voir dessous tableau) TNG: "The Defector"
pipius un plat servi TNG: "Heart of Glory"
Qam-Chee le nom d'une ville DS9: "Looking for par'Mach in All the Wrong Places"
Qapla' succès ou gloire Star Trek V: The Final Frontier
qhonDoq une sorte de lame pour assassin TNG: "Sins of the Father"
qis une petite lame incurvée Star Trek: Generations
Qui'Tu dans la mythologie klingonne, c'est le lieu où la vie a commencée Star Trek V: The Final Frontier
QuiVon un organe klingon DS9: "Blood Oath"
Qu'Vat le nom d'une colonie klingon ENT: "The Augments"
Racht un ver servi en plat DS9: "Melora"
raktajino un café klingon DS9: "Dax"
Rokeg un animal servi en plat TNG: "A Matter of Honor"
Rop'n'gor le nom d'une maladie TNG: "Up The Long Ladder"
R'uustai un rituel TNG: "The Bonding"
shuVak un servant DS9: "Once More Unto the Breach"
soh-chim beau-frère, parrain ou encore gardien attitré à un guerrier Klingon avant la bataille TNG: "Parallels"
Sto-vo-kor lieu où les morts tombés avec honneur vont, c'est là que se trouve Kahless l'Inoubliable TNG: "Rightful Heir"
T'Acog Le nom d'un vaisseau TNG: "Heart of Glory"
taHqeq un être connu pour ses mensonges ; utilisé comme insulte lorsque l'honnêteté d'une personne est remise en question lors d'un interrogatoire ou questionnement TNG: "The Mind's Eye"
tajtiq un couteau klingon utilisé par en paire DS9: "Apocalypse Rising"
targ un animal TNG: "A Matter of Honor"
Tawi'Yan un titre, le témoin du marié DS9: "You Are Cordially Invited..."
to'ba une insulte ; (note: ne pas épeler "tohzah", le "H" en klingonais donne un "ch" dur comme dans "Bach") TNG: "The Defector"
Tong Vey une ville DS9: "Rules of Engagement"
     
Tova'dok mot sans traduction, exprimant un moment de clareté entre deux guerriers sur le champ de bataille DS9: "Soldiers of the Empire"
warnog une boisson TNG: "Rightful Heir"
yan une longue épée de cérémonie TNG: "Redemption, Part I"
Zilm'kach une sorte d'abricot klingon DS9: "Melora"

petaQ

Régulièrement utilisé comme insulte. S'orthographie aussi: "Pahtak", "Pathak", "p'tahk", "p'takh", "patahk", "pahtk", ou "p'tak"). Les Klingons de l'univers-miroir l'utilisaient également.

D'après William T. Riker, "petaQ" était une insulte. (TNG: "The Defector")

Usage
Comme vu au-dessus, il existe de nombreuses orthographes, "petaQ" est l'écriture officielle provenant du dictionnaire klingon de Marc Okrand.

Phrases prononcées

SoHvaD pagh vIjatlh, Human! 
Je n'ai rien à vous dire Humain !

 — (ENT: "Affliction")

quv lughaj Archer HoD beqDaj je 
Le Capitaine Archer et son équipage sont des gens honorables

 — (ENT: "The Augments")

wIy cha' 
show tactical display

 — (Star Trek: The Motion Picture)

bortaS bIr jablu'DI' reH QaQqu' nay' 
La vengeance est un repas qui se mange froid

 — Khan Noonien Singh. (Star Trek II: The Wrath of Khan)

bangwI' 
Mon bien-aimé

 — Valkris à Kruge. (Star Trek III: The Search for Spock)

 

matlh! jol yIchu'! 
Maltz ! Téléportation !

 — Kruge à Maltz. (2 fois dans le film - Star Trek III: The Search for Spock)

taH pagh taHbe' 
Être ou ne pas être !

 — Chang. (Star Trek VI: The Undiscovered Country)

nuqneH, qaleghneS 
Que voulez-vous ! Je suis honoré de vous voir

 — (TNG: "The Emissary")

naDev ghoS 
Venez ici !

 — (TNG: "Redemption, Part I")

 

jIlajneS. ghIj qet jaghmeyjaj 
J'accepte [avec honneur]. Puissent vos ennemis fuir avec peur

 — (TNG: "Redemption, Part I")

Une chanson festive:

'ej HumtaH 'ej DechtaH 'Iw
And the blood was ankle deep
'ej Doq SoDtaH ghoSpa' Sqral bIQtIq
And the River Skral ran crimson red
'e' pa' jaj law' mo' jaj puS
On the day above all days
jaj qeylIS molar mIgh HoHchu'qu'
When Kahless slew evil Molor dead (DS9: "The Way of the Warrior"VOY: "Barge of the Dead")
Comme beaucoup d'autres citations, cette chanson est grammaticalement mal écrite selon le dictionnaire deMarc Okrand. Selon celui-ci, voici:
'ej ngIb Saw', vI', Dech je 'Iw;
'ej Doq, SoDtaH, ghoStaH SIQal bIQtIq;
ngugh, jaj nIv law' Hoch nIv puS,
molor mIgh HoHchu'qu'DI' qeylIS.

Tuq son bosh mok A'Beh Sirella koh. E'Gagh vet moh 
Eck'taH roh masa qee'Plok 
Toruk-DOH! 
Mok'Ta vor, kash a'VEH!

 — Échange klingonais entre Jadzia Dax et Sirella (DS9: "You Are Cordially Invited...")

 

Entrez dans ma demeure et soyez la bienvenue Maîtresse Sirella. Puissiez la trouver digne. 
Puisse être la 1ère de nombreuses visites 
Toruk-DOH! (une malédiction klingonne
Vous êtes un ennemi dans ma demeure !

 — Échange traduit entre Jadzia Dax et Sirella (DS9: "You Are Cordially Invited...")

maj ram 
Bonne nuit

 — Klingonais prononcé à la fois par Jadzia Dax et Kor (DS9: "The Sword of Kahless")

 

Afin de vous aider à avoir une idée du Klingon (et peut-être l'utiliser un peu dans votre vie de tous les jours, à la grande joie et l'amusement de votre famille et amis), nous avons préparé un guide de conversation de phrases utiles au quotidien dans la langue Klingon. 


Oui. (réponse à la question oui / non) Hija ' ou HISlaH
Non (réponse à la question oui / non) ghobe '
Oui, OK, je vais le faire. lu ' ou luq
Non, ne faites pas, je ne veux pas. Qo '
Bonjour. (En gros, "Que voulez-vous?") nuqneH
Qu'est-ce qui se passe? qaStaH NUQ?
Hein? nuqjatlh?
Je comprends. jIyaj
Je ne comprends pas. jIyajbe '
Bon! (expression de satisfaction) maj
Bien fait! majQa '
Où est la salle de bain? nuqDaq «Oh puchpa'' e '
Entrez yI'el (à plus d'une personne: pe'el )
Venez ici. HIghoS
Allez-vous. «yIghoS naDevvo (à plus d'une personne: naDevvo 'peghoS )
Ouvrez la porte! lojmIt yIpoSmoH! (Voir la note si vous pensez qu'il manque quelque chose ici.)
Ne sois pas stupide. yIDoghQo ' (pour plus d'une personne: peDoghQo ' )
Votre mère a un front lisse! Hab SoSlI 'Quch! ( Note: . c'est une insulte puissant, ne pas le dire à des amis)
Aujourd'hui est un bon jour pour mourir. Heghlu'meH QaQ jajvam
Nous sommes Klingons! tlhIngan maH!
Joyeux anniversaire. qoSlIj DatIvjaj (à plus d'une personne: qoSraj botIvjaj )
Quelle heure est-il? «Arlogh Qoylu'pu? (littéralement, "Combien de fois est-il [probablement une certaine inquiétude traditionnelle heures] été entendu?")
Tais-toi! bIjatlh «e» yImev (à plus d'une personne: Sujatlh «e» yImev )
Voilà de bonnes nouvelles! acheter 'Ngop (littéralement, "Les plaques sont pleins")

 

La Langue et l'alphabet Klingon 

La Fédération de la recherche scientifique a alors entrepris d'analyser cette langue avec l'aide de grammairiens Klingons, elle est parvenue à une compréhension partielle de ses règles.

Alphabet Klingon :

Ờ Ɔ Ȑ⨍Ș - ħ Ȣ ƿ ℞ ℌ - Ƥ∀ > ∏ Ȝ - ⊗ ⊘ ⊟ ♊ D - ₳⎝ Ŋ Ṩ Ŧ - ℥ ⧍ ⟗

a b bi c d - eg f g h i - j k l m n - o p q r s - t u ù v w - x y z

Les dialectes 

Il existe plusieurs dialectes Klingons, mais la langue officielle reste celle de l'empereur en titre. Ceux qui ne parlent pas la langue officielle sont jugés stupides, aussi la plupart des Klingons aspirent à maitriser plusieurs dialectes.

La grammaire 

Cette langue se compose seulement de noms, de verbes, et de "chuvmey" qui veut dire de "reste". Presque tous les mots sont des substantifs ou des verbes. La syntaxe de base est faite ainsi : Objet, verbe puis sujet. Là ou nous disons "je te vois", les Klingons disent "Te vois je" Les Klingons n'expriment pas le passé, le présent ou le futur, c'est le contexte qui s'en charge.

Le Klingon abrégé 

Il existe une façon de parler abrégée qui sert aux militaires, la plupart des Klingons n'ajoutent pas les affixes dans certaines circonstances ex: en situation de commandement, l'impératif klingon "ChuyDah yllaQ" ("Activez les propulseurs!") devient simplement "ChuyDaH" ("Propulseur"). Dans des circonstance pénibles, les préfixes disparaissent de sorte que la déclaration suivante: "qama'pu' vljonta'vlneH" ("je voulais faire des prisonniers") devient en abrégé "qama'pu' jonta' neH" (" voulais prisonniers").

Apprendre le Klingon 

La prononciation du Klingon ne s'apprend que par le contact direct et la conversation. Il n'existe pas de formule de politesse, les Klingons sont brusques et directs; ils commencent toujours par exposer l'affaire qui leur occupe le plus l'esprit; ex: "Que veux-tu?" au lieu de "bonjour". Le juron est un art fort apprécié des Klingons. Il leur suffit d'ajouter simplement "Jay" à la fin d'une phrase pour en faire une invective. Ainsi "qaStaH nuq jay" se dit "Qu'est ce que c'est que ce ....."

Quelques expressions

chuvmey............................ Reste

ChuyDaH............................ Propulseur

qama'pu'jonta'neH.................. voulais prisonniers

jay................................ *juron*

qaStaH nuq jay..................... Qu'est ce que c'est que ce *JURON*

hIja' ou HISlaH.................... oui

ghobe.............................. non

tihlngan Hol Dajatlh'a'............ Parlez-vous Klingon ?

Hijol.............................. Teleportez moi à bord

Bijeghbe'chugh vaj blHegh.......... Rends-toi ou meurs!

Duj tivoqtaH....................... Fie-toi toujours à tes instincts.

bortaS bir jablu'Di'reH QaQqu'nay'. La vengeance est un plat qui se mange froid

chop'a............................. Est-ce-que ça mord?

Qapla'............................. Opération réussie

Numération Klingonne 

0. pagh
1. Wa'
2. cha'
3. wej
4. los
5. vagh
6. jav
7. soch
8. chorgh
9. Hut
10. Wa' Mah

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Les sons de Klingon

Les sons de la langue Klingon se produisent individuellement dans les langues terriennes existantes, mais pas de langue unique elle utilise l'ensemble de la collection. Paramount voulait que la langue soit gutturale et dure, et Okrand voulait que ce soit rare, il a sélectionné les sons qui combinent de tellle façon qu'elle ne se trouve généralement pas dans d'autres langues (par exemple, un D rétroflexe et un t dentaire, mais pas de T rétroflexe ou d dentaire) . Voici une description des sons de la langue Klingon, et la façon dont ils sont écrits dans le système d'écriture Okrand standard . 

Notez que certains des sons de la langue Klingon sont représentés par plus d'une lettre de l'anglais. Vous devriez penser à ces combinaisons comme de simples lettres , car ils représentent des sons simples, simples dans le langage Klingon. Ainsi, un Klingon ng n'est pas un n suivie par g ; c'est une simple son 

Vous trouverez également que l'orthographe du Klingon utilise capitaux et minuscules un peu différemment de la façon dont vous êtes habitué. La plupart du temps, les majuscules sont utilisées pour aider à vous rappeler qu'une lettre sonne différemment en Klingon qu'elle ne le fait en anglais. Soyez prudent lors de l'écriture en Klingon à utiliser la casse correcte ( c'est à dire , le cas échéant de capitalisation pour le son , ne pas capitaliser la première lettre de vos phrases en Klingon), car autrement il est difficile pour les gens habitués à la langue de le lire. Soyez particulièrement prudent avec q et Q , puisque ceux-ci représentent des sons différents en Klingon (confusion entre eux serait comme confondre "f" et "g" en anglais). Aussi soyez prudent avec la lettre " , l'apostrophe. Il peut ne pas ressembler pour beaucoup a une lettre, mais en Klingon c'est une lettre à part entière. Omettre ce serait comme de décider qu'il n'est pas important de taper "t" en anglais.

Lorsque l'on parle Klingon, assurez-vous de parler avec force . 

 


un
[Un] Comme le son "a" en anglais «père». Jamais comme dans "acide" (prononciation américaine).
b
[B] Comme en anglais "bob" ou "playbill."
ch
[ʧ] Comme en anglais «mâcher» ou «chocolat».
[Ɖ] Pas tout à fait comme le «d» son anglais. Appuyez sur le bout de votre langue au sommet de votre bouche, le point sur votre palais le plus élevé, au lieu de près les dents comme pour un anglais «d».Puis faire la même chose que vous feriez pour faire un «d».
e
[Ɛ] Comme le "e" en anglais "lit."
gh
[Ɣ] Un gargarisme sonore, à l'arrière de la gorge. Comme le Klingon H , seulement exprimé. C'est très bien comme les Français se gargariser "r".
H
[X] Un son dur dans la gorge, a trouvé en allemand (comme dans "Bach") ou l'hébreu pain grillé "l'chayim." Assurez-vous que vous prononcez cette durement et sourde.
Je
[ɪ] Comme le "peu". "i" son en anglais
j
[ʤ] Comme le "j" en anglais "junk". Jamais comme en français «jour».
l
[L] Comme en anglais «déjeuner».
m
[M] Comme en anglais «mère».
n
[N] Comme en anglais «nez» ou «tout».
ng
[N] Le même son se produit à la fin de l'anglais «chose» que dans Klingon il peut aussi venir au début des mots. Soyez prudent lorsque vous démarrez un mot ou une syllabe par ce son. C'est contre les règles de l'anglais, et il peut prendre un peu de pratique.
o
[O] Comme en anglais «note» ou «mosaïque». Comme avec d'autres lettres, ne vous laissez pas distraire par des mots anglais écrites avec les mêmes lettres. Le mot Klingon pas sonne comme l'anglais «note», pas comme "pas" (qui en Klingon lettrage serait orthographié nat ).
p
[P ʰ] Comme en anglais «pipe» ou «pop». Prononcer par un souffle d'air.
q
[Q] Un peu comme l'anglais "k", mais pas vraiment. Ce bruit doit être faite aussi loin dans votre bouche que possible, avec le dos de votre langue touchant réellement votre luette (le blob charnue qui pend sur la gorge). Il sonne un peu comme vous d'étouffement.
Q
[Qχ] Un peu comme un Klingon q immédiatement suivie par un Klingon H . Fermez votre bouche aussi loin que vous le pouvez, comme avec q , et forcer l'air jusqu'à, comme vous essayez de déloger des aliments coincé dans votre gorge. Il ressemble beaucoup à vous étouffer.
r
[R] A "r." légèrement trilles ou laminé Si vous ne pouvez pas trille avec le bout de votre langue, il suffit de faire un volet (ou même un Anglais r régulière sera entendu), mais ne pas se gargariser le "r", ou ça va sonner comme un gh . Notez que votre son-pronouncer convivial pour ces pages fait un travail pourri du matériel de r. Ne laissez pas cela vous empêcher de bien faire les choses, vous ne devriez pas vous soucier de ne pas le faire parfaitement. Notamment, Marc Okrand, le créateur de la langue, ne roule pas les r toujours sur les bandes sonores qu'il a faites. Aussi, veillez à ne pas laisser le r"occulter" voyelles proximité. Klingon syllabes Mir, mer, mur du son approximativement comme l'anglais "simple, jument, amarrer"; aucun d'eux ne rime avec l'anglais "fourrure".
S
[ʂ] Un son un peu comme un Anglais "sh", mais fait plus loin en arrière. Mettez votre langue où vous avez fait pour le Klingon D , mais ne fait pas toucher le toit de votre bouche. Faites un "s" sonore avec votre langue là-haut.
t
[T ʰ] Comme l'anglais "t" dans "pointe". Prononcer puissamment, avec un souffle d'air.
tlh
[T ˡ ɬ] C'est une question difficile à décrire. Mettez votre langue en position de dire un "t", mais au lieu de tirer le bout de votre langue loin de votre bouche, déposer les côtés , un peu comme ce qui se passe à la fin du mot "dandiner" en anglais. Cela devrait vous laisser en position de dire un "l", mais assurez-vous de ne pas utiliser votre voix: chuchoter le "l"; siffler il entre vos dents. L'abandon des côtés de votre langue devrait être fait avec force; ceci est une autre cracheur.
u
[U] Comme en anglais «prune» ou «imbécile».
v
[V] Comme en anglais «vicieux».
w
[W] Comme en anglais «sagesse». Parfois, ce son suivra un un , un e , ou un I , ce qui donne:
  • aw , rimant avec l'anglais "vache."
  • ew , non pas comme quelque chose en anglais. Fondamentalement, le «e» dans «lit» exécuté dans un "w". Une bonne façon de faire est de penser à Elmer Fudd disant "tewwible."
  • Iw , aussi différent de tout en anglais. Encore une fois, c'est comme le "i" en "peu" lance dans un "w". Il est proche de "Beurk!" l'expression de dégoût.
y
[J] comme en anglais "encore." Ce son, comme w , forme diphtongues:
  • ay , rimant avec l'anglais «pourquoi».
  • ey , rimant avec l'anglais «peut» ( Remarque: Le mot Klingon peut , bien sûr, des sons comme l'anglais «ma». Voir ci-dessus).
  • Iy , rimant avec l'anglais "clé".
  • oy , rimant avec l'anglais "garçon".
  • uy , un peu comme l'anglais "gluant", mais pas tout à fait. C'est une syllabe, tandis que "gluant" est deux. Pensez anglais "Vous" et déposer la dernière voyelle.
»
[ʔ] Un son que nous utilisons en anglais, mais ne considèrent pas un bruit. Il est le piège dans la gorge que nous mettons dans les débuts de mots qui commencent par des voyelles, ou dans des phrases comme "uh-oh." En Klingon, il peut aussi venir aux extrémités des syllabes, où il doit être prononcé avec soin (par exemple les mots tI et tI ' ont des significations très différentes). Celui-ci prend la pratique pour obtenir le droit dans toutes les positions.
(ceci etant une traduction d'un texte anglais.......bon courage!!!!)
http://www.kli.org
l'adresse du klingon language institute pour plus d'information.......

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5 mai 2017

Odd Fellows....... la franc maçonnerie du pauvre.....

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Odd Fellows

Les loges d'Oddfellows ou Odd Fellows sont des sociétés amicales qui prétendent généralement être parmi les plus anciennes du monde. Elles furent parmi les premières à former des réseaux d'organismes locaux appelés « loges » et regroupés en « Grandes loges » rayonnant dans toute l'Angleterre à partir du milieu du xviiie siècle, d'une manière un peu similaire à ce que pratiquaient les loges maçonniques anglaises depuis 1717. Comme les loges maçonniques, elles se réclament d'une origine légendaire remontant bien avant, jusqu'aux Guildes du Moyen Âge, l'occupation de la Grande-Bretagne par les Romains, voire la déportation des Hébreux à Babylone.

Principalement anglaises ou américaines, elles furent créées pour la protection de leurs membres dans le besoin à une époque où la protection sociale n'existait pas. Elles prennent la forme d'associations non commerciales. Appartenant ainsi à leurs membres plutôt qu'à des actionnaires, elles leur reversent ce qu'elles gagnent sous la forme de services et d'aides. Tous les membres et leurs familles ont accès aux services de soin de l'association. Elles organisent également des collectes de fonds pour les œuvres caritatives locales et nationales.

Edwardian Hall, ancien hall des Odd Fellows de Redmond (Washington).

 

Histoire

Sociétés fraternelles et guildes

D'après la légende, les origines des sociétés fraternelles remonteraient à l'époque ou les hébreux rentrèrent de leur exil à Babylone en -587.

Plus vérifiable est l'évolution des guildes. Au xiiie siècle, les guildes de marchands étaient bien établies et prospères. Durant le xive siècle, les « maîtres » des guildes auraient restreint l'accès à celles-ci pour protéger leurs privilèges. Par contrecoup, les « compagnons » (fellows), moins expérimentés et moins riches, auraient constitué leurs propres guildes.

Les Odd Fellows

Dans les villages et les petites villes, il n'y avait pas suffisamment de compagnons d'un même métier pour permettre la création d'une guilde locale. C'est pourquoi plusieurs métiers différents se sont rassemblés pour former des guildes de compagnons provenant de différents métiers, donc des guildes de compagnons « dépareillés », en anglais « Odd Fellows ».

Au cours des 300 années suivantes, l'idée de gens n'appartenant ni à la noblesse ni au clergé rassemblant leurs forces pour améliorer leur situation souleva diverses oppositions, voire persécutions, de la part du pouvoir en place. Ce fut le cas par exemple lorsque le roi Henri VIII d'Angleterre se sépara de l'Église catholique romaine: les guildes furent alors considérées comme soutenant le Pape et en 1545 tous leurs biens furent confisqués. Elisabeth I leur retira la responsabilité de l'organisation de l'apprentissage et à la fin de son règne, la plupart des guildes avaient disparu.

Les loges de Oddfellows

La suppression des guildes marqua la fin d'une importante forme de protection sociale et financière pour les hommes et femmes ordinaires. Dans les principales cités, telles que Londres, quelques guildes (comme celles des francs-maçons et celles des Odd Fellows) réussirent à survivre en s'adaptant et en modifiant leur fonctionnement.

Les plus anciennes règles connues pour les loges de Oddfellows remontent à 1730 et à la loge « Aristarcus » de Londres. Aujourd'hui encore, beaucoup de pubsbritanniques portent le nom The Oddfellows ou Oddfellows Arms. Il s'agit toujours d'anciens lieux de réunion de loges deOddfellows.

Évolution

Une conséquence de la Glorieuse Révolution de 1688, qui vit le protestant Guillaume III d'Angleterre remplacer le roi catholique Jacques II d'Angleterre (Jacques VII d'Écosse), fut la scission au milieu du xviie siècle entre l'« Ordre des Oddfellows patriotiques » (The Order of Patriotic Oddfellows), basé dans le sud de l'Angleterre et soutenant Guillaume, et l'« Ordre ancien des Oddfellows » (The Ancient Order of Oddfellows) basé dans le nord et favorable aux Stuarts. En 1789, ces deux ordres se réunirent de nouveau pour former le « Grand Ordre uni des Oddfellows » (Grand United Order of Oddfellows) (à ne pas confondre avec le Grand United Order of Odd Fellows fondé aux États-Unis en 1943).

La Révolution française amena les cours d'Europe à considérer avec méfiance les Oddfellows comme les francs-maçons. De plus, de nombreuses sociétés amicales (Friendly societies) comme celle des Oddfellows inspirèrent au xixe siècle la naissance des syndicats, ce qui augmenta la défiance des pouvoirs en place.

The Independent Order - Manchester Unity

En 1810, des membres des Oddfellows de la région de Manchester, insatisfaits de la manière dont les affaires de l'« ordre uni » étaient conduites, formèrent un ordre indépendant dénommé « Manchester Unity ». Ils encouragèrent beaucoup d'autres loges à travers le pays à quitter le « Grand Ordre uni » et à les rejoindre.

Ils introduisirent en particulier de nouveaux avantages pour leur membres. Notamment le Travel Warrant, qui permettait aux membres qui recherchaient du travail à passer la nuit dans les locaux de l'ordre, gratuitement, n'importe où dans le pays. Ils instaurèrent aussi des programmes de protection sociale mutuelle permettant à leurs membres malades de couvrir leurs frais de consultation médicales ou d'hospitalisation.

L'indépendance du mouvement américain

Les Oddfellows se sont répandus aux États-Unis au début du xixe siècle: Plusieurs loges informelles existaient déjà à New York lorsque la branche américaine de l'ordre fut officiellement fondée à Baltimore en 1819 par Thomas Wildey et affiliée dès l'année suivante à l'ordre Manchester Unity.

En 1834, les Tolpuddle Martyrs, des membres de la société amicale des laboureurs du comté de Dorset, furent déportés en Australie après s'être mis en grève sous l'accusation d'appartenance à une « société amicale illégale ». Le bureau directeur des Oddfellows de Manchester modifia alors à la hâte la constitution et les rituels de leur ordre afin d'éviter un sort similaire à leurs membres. Les membres américains, eux, n'acceptèrent pas ces modifications faites pour satisfaire le gouvernement britannique qu'ils avaient combattu pendant la guerre d'indépendance des États-Unis. Ils déclarèrent donc leur indépendance sous le titre de Independent Order of Odd Fellows1.

Le temps de la légitimité au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les Oddfellows continuèrent d'être regardés avec suspicion par le pouvoir et à plusieurs reprises, jusqu'en 1850, plusieurs aspects de son activité furent déclarés illégaux. Ceci n'empêcha pas l' Independent Order of Oddfellows Manchester Unity Friendly Society de devenir en 1850 la société amicale la plus importante et la plus riche de Grande-Bretagne. Cette croissance était le résultat de la Révolution industrielle, de l'absence de syndicats, et du manque de protection sociale.

En 1911, lorsque le gouvernement libéral mit en place le National Insurance Act, les Oddfellows britanniques protégeaient tant de gens qu'ils étaient devenus la société amicale la plus importante du monde et que le gouvernement reprit leurs tables de calcul des contributions et des remboursements.

La protection sociale d'état et les Oddfellows modernes

L'instauration d'une protection sociale mise en place par les états, notamment après la seconde guerre mondiale, a obligé les Oddfellows a évoluer. Au Royaume-Uni, l'ordre s'est spécialisé dans la gestion de produits financiers au cours de la seconde moitié du xxe siècle. En 1996, il prit la décision de quitter cette activité et de se concentrer sur l'aide sociale et caritative en direction de ses membres, particulièrement les personnes âgées et les handicapés.

Extension internationale du mouvement

Le modèle des Oddfellows fut exporté par les émigrants dans l'ensemble du Commonwealth et du Nouveau Monde. Aujourd'hui, on trouve des Oddfellows dans de très nombreux pays, notamment en AustralieNouvelle-ZélandeAfrique du Sud et aux Antilles. L'ordre américain a établi des loges en AllemagneIslandeDanemarkBelgiqueSuède,Finlande,Estonie,Pays-Bas et dans de nombreux autres pays d'Europe continentale.

Liste de quelques ordres d'Odd Fellows

Royaume-Uni

États-Unis

  • Independent Order of Odd Fellows (IOOF), fondé en 1819 à Baltimore et affilié au Manchester Unity en 1820. Indépendant depuis les années 1830.
  • Grand United Order of Odd Fellows (GUOOF) fondé en 1843.

Australie

  • The Independent Order of Odd Fellows (IOOF).
  • The Grand United Order of Odd Fellows (GUOOF).
  • The Manchester Unity Order of Odd Fellows (MUOOF)
7 octobre 2015

ca qui ne va pas avec la civilisation.......

Ce qui ne va pas avec la civilisation (Derrick Jensen)

prémisses

Cet article est un extrait du site web http://deepgreenresistance.org/fr/who-we-are/faqs/deep-green-resistance-faqs#dismantle-civilization, pour en savoir plus sur le mouvement Deep Green Resistance.

Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écrivain et activiste écologique américain, partisan du sabotage environnemental, vivant en Californie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contemporaine et de ses valeurs culturelles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000).

Plus de renseignements sur la mouvance, la vision du monde de Derrick Jensen dans cet excellent documentaire qu’est END:CIV, disponible en VERSION ORIGINALE sous-titrée français en cliquant ici.


Quel est le problème avec la civilisation? Pourquoi quiconque voudrait y mettre fin?

Derrick Jensen explore la question dans son livre « Endgame » en deux volumes. Il y cite 20 prémisses en guise de résumé:

Premier prémisse: La civilisation n’est pas et ne sera jamais soutenable. D’autant moins la civilisation industrielle.

Deuxième prémisse: Les communautés traditionnelles abandonnent ou vendent rarement volontairement les ressources dont elles dépendent, tant qu’elles n’ont pas été détruites. Elles ne permettent pas non plus volontairement l’altération de leurs terres dans le but d’extraire d’autres ressources — or, pétrole, etc. Il s’ensuit que ceux qui veulent ces ressources feront ce qu’ils peuvent pour détruire ces communautés traditionnelles.

Troisième prémisse:  Notre mode de vie — la civilisation industrielle — est fondé, requiert, et s’effondrerait très rapidement sans une violence étendue et permanente.

Quatrième prémisse: La civilisation se base sur une hiérarchie clairement définie et largement acceptée et pourtant souvent non-déclarée. La violence exercée par ceux au sommet de cette hiérarchie sur ceux d’en bas est quasiment toujours invisible, c’est-à-dire qu’elle passe inaperçue. Quand elle est remarquée, elle est alors entièrement rationalisée. La violence exercée par ceux d’en bas sur ceux d’en haut est impensable, et quand elle prend place, est considérée avec stupeur, horreur, et voit ses victimes adulées.

Cinquième prémisse: La propriété de ceux du sommet de la hiérarchie est plus importante que celle de ceux d’en bas. Il est acceptable que ceux d’en haut augmentent la quantité de propriétés qu’ils contrôlent — ou dans les mots de tous les jours, de gagner de l’argent — en détruisant ou en prenant la vie de ceux d’en bas. Cela s’appelle production. Si ceux d’en bas endommagent la propriété de ceux d’en haut, ceux d’en haut peuvent tuer, ou détruire les vies de ceux d’en bas. Cela s’appelle justice.

Sixième prémisse: La civilisation n’est pas bonifiable. Cette culture ne subira jamais aucune sorte de transformation volontaire en un mode de vie soutenable. Si on ne la stoppe pas, la civilisation va CONTINUER à paupériser la grande majorité des humains et à dégrader l’état de la planète jusqu’à ce qu’elle (la civilisation, et la planète aussi probablement) s’effondre. Les effets de cette dégradation vont continuer à nuire aux humains et aux non-humains pendant très longtemps.

Septième prémisse: Plus nous attendons que cette civilisation s’effondre — ou plus nous attendons nous-mêmes pour la démanteler — plus l’effondrement sera problématique, et plus les choses seront graves pour les humains et les non-humains qui vivront cela, et pour ceux qui viendront après.

Huitième prémisse: Les besoins du monde naturel sont plus importants que les besoins du système économique.

Une autre version du huitième prémisse: Tout système économique ou social qui ne bénéficie pas aux communautés naturelles sur laquelle il se base est insoutenable, immoral et stupide. La soutenabilité, la moralité et l’intelligence (ainsi que la justice) requièrent le démantèlement de tout système économique ou social de ce genre, ou au minimum qu’on l’empêche d’endommager le monde naturel.

Neuvième prémisse: Bien qu’un jour nous serons à l’évidence moins nombreux qu’aujourd’hui, il y a de multiples manières dont cette réduction de population puisse se passer (ou être achevée, selon la passivité ou l’activité dont on fait preuve à l’approche de cette transformation). Certaines de ces manières peuvent se caractériser par une violence extrême et une privation: une apocalypse nucléaire, par exemple, réduirait à la fois la population et la consommation, de manière horrible; la même chose est vraie d’une croissance sans limites, suivie d’un crash. D’autres manières pourraient être moins violentes. A la vue du degré actuel de violence dont fait preuve cette culture à l’encontre des humains et du monde naturel, il est cependant impossible d’imaginer une réduction de population de de consommation sans violence et privation, pas parce que ces réductions impliqueraient en elles-mêmes de la violence, mais parce que violence et privation sont devenues standards. Toutefois certaines manières de réduire la population et la consommation, quand bien même violentes, consisteraient à faire diminuer le niveau de violence requis et causé par le mouvement (souvent forcé) de ressources des pauvres vers les riches, ce qui provoquerait parallèlement une réduction de la violence à l’encontre du monde naturel. Personnellement et collectivement nous pouvons être capables à la fois de réduire et d’adoucir le caractère de la violence qui se produira lors de cette transformation. Ou peut-être pas. Mais ceci reste certain: si nous n’approchons pas — si nous nous refusons à parler de notre présente situation et de ce que l’on peut faire — la violence en sera indubitablement plus sévère, et la privation plus extrême.

Dixième prémisse: La culture dans son ensemble et la plupart de ses membres sont fous. La culture est dirigée par une pulsion de mort, une pulsion de destruction du vivant.

Onzième prémisse: Depuis le début, cette culture — la civilisation — est une culture d’occupation.

Douzième prémisse: Il n’y a pas de gens riches dans le monde, et pas non plus de gens pauvres. Il y a juste des gens. Les riches possèdent peut-être tout un tas de pièces et de papiers verts censés valoir quelque chose — ou leur prétendue richesse est peut-être encore plus abstraite: des nombres stockés dans des disques durs de banques — et les pauvres ne possèdent peut-être rien de tout ça. Les « riches » prétendent posséder la terre, et les « pauvres » se voient nier le droit d’exprimer de telles prétentions. Un des buts premiers de la police est d’imposer par la force les délires de ceux qui possèdent beaucoup de pièces et de papier vert. Ces délires s’accompagnent de conséquences extrêmes dans le monde naturel.

Treizième prémisse: Ceux au pouvoir règnent par la force, et plus tôt nous nous affranchissons des illusions qui prétendent le contraire, le plus tôt nous pourrons au moins commencer à prendre des décisions raisonnables sur si, quand, et comment nous allons résister.

Quatorzième prémisse: Depuis la naissance — et probablement depuis la conception, mais je ne saurais comment défendre cette assertion — nous sommes individuellement et collectivement éduqués à haïr la vie, haïr le monde naturel, haïr la nature, haïr les animaux sauvages, haïr les femmes, haïr les enfants, haïr nos corps, haïr et craindre nos émotions, nous haïr. Si nous ne détestions pas le monde, nous ne permettrions pas qu’il soit détruit sous nos yeux. Si nous ne nous détestions pas, nous ne permettrions pas que nos maisons — et nos corps — soient empoisonnés.

Quinzième prémisse: L’amour n’implique pas le pacifisme.

Seizième prémisse: Le monde matériel est élémentaire.Cela ne signifie pas que l’esprit n’existe pas, ni que le monde matériel soit tout ce qu’il y ait. Cela signifie que l’esprit se mélange à la chair. Cela signifie aussi que les actions dans le monde réel ont des conséquences bien réelles. Cela signifie que nous ne pouvons compter ni sur Jésus, ni sur le Père Noël, ni sur la déesse mère, ni sur le lapin de Pâques pour nous sortir du pétrin. Cela signifie que cette pagaille est une vraie pagaille, et pas un battement de cil de Dieu. Cela signifie que nous devons y faire face nous-mêmes. ça signifie que durant notre passage sur Terre — et que l’on atterrisse ou pas autre part après la mort, et que l’on soit condamné ou privilégié en vivant ici — la Terre est ce qui importe. Elle est élémentaire. Elle est notre maison. Elle est tout. Il est stupide de penser ou agir comme si ce monde n’était pas réel et élémentaire. Il est stupide et pathétique de ne pas vivre nos vies comme si elles étaient réelles.

Dix-septième prémisse: C’est uneERREUR (ou plus probablement, du déni) de baser nos décisions sur si oui ou non des actions découlant de tout cela vont ou ne vont pas effrayer les gardiens de la bien-pensance, la masse des américains.

Dix-huitième prémisse: notre perception actuelle du « moi » n’est pas plus soutenable que notre usage actuel d’énergie ou de technologie.

Dix-neuvième prémisse: Le problème de cette culture repose principalement sur la croyance selon laquelle contrôler et abuser du monde naturel est justifiable.

Vingtième prémisse: Au sein de cette culture, la finance — et pas le bien-être communautaire, pas la morale, pas l’éthique, pas la justice, pas même la vie — dirige les décisions sociales.

Modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement déterminées (et souvent exclusivement) sur la base de si oui ou non ces décisions entraineront une augmentation des fortunes monétaires des preneurs de décisions et de ceux qu’ils servent.

Re-modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement déterminées (et souvent exclusivement) sur la base de si oui ou non ces décisions augmenteront le pouvoir des preneurs de décisions et de ceux qu’ils servent.

Re-modification du vingtième prémisse: Les décisions sociales sont principalement fondées (et souvent exclusivement) sur la croyance quasiment jamais examinée selon laquelle les preneurs de décisions et ceux qu’ils servent sont autorisés à amplifier leur pouvoir et/ou leurs fortunes monétaires au détriment de ceux d’en bas.

Re-modification du vingtième prémisse: Au cœur du problème —si tant est qu’il lui en reste un peu — vous verriez que les décisions sociales sont principalement déterminées sur la base de leurs capacités à servir les orientations de contrôle et de destruction du monde naturel sauvage.

Derrick Jensen

 

23 avril 2015

le jediisme.......nouvelle religion?

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Jediisme

Le jediisme est un nouveau mouvement religieux non-théiste non-organisé basé sur les enseignements philosophiques et spirituels des Jedi, qui sont originellement des personnages imaginaires issus des médias Star Wars.

Les membres de ce mouvement, parfois appelés Jedi comme les personnages imaginaires dont ils s'inspirent mais dont ils reconnaissent généralement l'inexistence, affirment l'existence d'une entité métaphysique mystérieuse qu'ils appellent la Force et préconisent l'adhésion au Code Jedi. Certains y adhèrent de façon sérieuse, et d'autres de façon ironique, comme par exemple dans le cas du culte de la Licorne Rose Invisible ; de ce fait, il est difficile de déterminer l'ampleur réelle de ce mouvement. Selon différents recensements dans certains pays anglophones, plus de 500 000 personnes ont indiqué que leur religion était Jedi, dans ce qui a été appelé le phénomène Jedi de 2001. Il existe au moins trois « temples » Jedi (qui correspondent à des églises) enregistrés et organisés aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Philosophie Jedi

Les Jedi interprètent et utilisent les enseignements philosophiques de Star Wars dans la vie de tous les jours. La philosophie du jediisme est un mélange deTaoisme, de Bouddhisme, et des travaux d'Alan Watts et Joseph Campbell. Le jediisme partage des idéaux avec de nombreuses religions ainsi que les aspects spirituels de certains arts martiaux. Malgré une grande diversité idéologique liée à l'abondance de ressources Star Wars, les Jedi partagent un ensemble de valeurs fondamentales essentielles à leur voie. La plupart des Jedi suivent un code de conduite similaire au code de la chevalerie, le Code Jedi. Cependant, parce qu'il n'y a pas de voie unique ou de livre saint dans le jediisme, il y a beaucoup de codes, tous plus ou moins basés sur la philosophie, codes et leçons de Star Wars.

La Force est ce dont tout provient, ce en quoi tout existe, et ce en quoi tout retourne. Beaucoup l'appellent un champ d'énergie et elle peut être comparée au qi ou au dieu cosmique du panthéisme. C'est l'énergie derrière l'existence de tout ce qui est connu ou non de l'Homme, et la pensée qui l'entoure est comparable à la théorie du tout en physique théorique et en philosophie. La Force ne demande ni prière ni adoration ou autres actions similaires présentes dans d'autres religions, cependant la plupart des Jedi pratiquent quelques formes de méditation.

La plupart des Jedi choisissent de se concentrer sur la Force à travers l'un des trois aspects spirituels les plus acceptés : La Force personnelle, La Force de vie, et la Force unificatrice.

Critique

À cause des origines de culture pop du jediisme et de l'utilisation du web pour organiser, partager et attirer les autres vers les communautés Jedi, les organisations Jedi ont tendance à attirer des individus assez insolites. Le site web thejediismway.org, l'un des plus gros forums Jedi en son temps, alerte ses visiteurs des sites web et individus « toxiques ».

La communauté Jedi semble incapable de garder, organiser et partager ses propres informations. La communauté semble constamment souffrir de drames et menaces juridiques causant la perte de sites et contributeurs importants.

Le jediisme est souvent rapporté sur Internet et dans les articles de presse de façon non-importante, fausse et généralement négative. La mauvaise presse du phénomène Jedi de 2001 et un reportage de la BBC ont contribué à la création des termes « jediism » (jediisme) et « jedi realism ».

Deux Jedi auto-proclamés portant des robes Jedi de Star Wars ainsi qu'une tierce personne s'étant déguisée en wookiee ont demandé que l'ONU change la journée internationale de la tolérance en la journée interstellaire de la tolérance. Ce type d'actions contribue à donner du jediisme en général une image excentrique, parfois de façon injuste.

La Church of Jediism, une société privée à responsabilité limitée (private limited company) établie à Holyhead au Royaume-Uni par Daniel Jones apparait régulièrement dans les médias dans des controverses avec Tesco (chaîne de supermarchés), Jobcentre (pôle emploi), combat avec jouets Star Wars sur plateau TV ainsi qu'une attaque par « Dark Vador », un homme en état d’ébriété vêtu d'un sac poubelle noir. D'autres organisations Jedi éprouvent régulièrement leur mépris pour cette entreprise.

 

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Phénomène du recensement Jedi en Angleterre et au Pays de Galles, en 2001.

Phénomène Jedi de 2001

Ce phénomène est un mouvement qui eut lieu à partir de 2001 dans divers pays anglophones et qui consista, pour les citoyens de ces pays, à indiquer sur leur formulaire de recensement que leur religion était « Jedi » ou « Jedi Knight » (chevalier Jedi), dit aussi Jediisme, en référence à l'ordre religieux de l'univers fictionnel de Star Wars.

La campagne fut organisée en faisant circuler des courriels prétendant que si assez de personnes écrivaient « Jedi », cette religion serait officiellement reconnue par le gouvernement. Les courriels demandaient parfois aux gens de dire que leur religion était « Jedi » « parce que vous aimez Star Wars » ou « juste pour ennuyer les gens ».

D'autres raisons ont été évoquées pour expliquer ce comportement, comme l'esprit frivole, l'envie de protester ou de se moquer du recensement ou de la religion, ou le désir d'affirmer ou de prétendre qu'on est un chevalier Jedi.

Tout ceci montre que le jediisme peut être également revendiqué comme religion de façon humoristique ou parodique, comme par exemple le pastafarisme et le culte de la Licorne Rose Invisible, et non uniquement de façon sérieuse (présupposant un respect des préceptes des Jedi), excentrique, commerciale, ou malveillante.

À ce jour, seuls les États-Unis ont reconnu ce mouvement comme un religion

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Australie

En Australie, plus de 70 000 personnes se sont déclarés membres de l'ordre Jedi lors du recensement de 2001. L'Australian Bureau of Statistics a publié un communiqué annonçant que toute réponse liée aux Jedi serait classée dans la catégorie « religion non définie », tout en rappelant que fausser la pertinence du recensement pouvait être coûteux pour la collectivité, car les données qui en résultent sont très utilisées.

Nouvelle-Zélande

En Nouvelle-Zélande, plus de 53 000 personnes furent listées comme étant Jedi équivalent à 1,5 % de la population, le plus grand score dans le monde, cette année-là. Considérée comme « Notée, mais non prise en compte », la religion Jedi aurait été la deuxième de Nouvelle-Zélande ; les résultats de ce recensement ayant été :

Lors du recensement de 2006, il y eut une forte baisse de « Jedi », avec seulement 20 000 personnes l'indiquant comme leur religion.

Canada

Au Canada, 20 000 Jedi furent comptés lors du recensement de 2001.

Royaume-Uni

En Angleterre et au Pays de Galles, 390 127 personnes (près de 0,8 % de la population) indiquèrent que Jedi était leur religion sur leur formulaire de recensement en 2001, faisant d'elle la quatrième religion indiquée. Les plus grands pourcentages venaient typiquement de villes avec une importante population étudiante. Les pourcentages des affiliations religieuses (sans compter les athées et ceux qui n'ont pas répondu) étaient :

Le jediisme n'est pas reconnu comme une religion officielle dans les pays où le mouvement a eu lieu, bien que le Royaume-Uni lui ait assigné son propre code pour le dépouillement des résultats du recensement. L'Office britannique des statistiques a indiqué que le fait que « Jedi » ait son propre code ne lui confère pas le statut de religion officielle ; cela veut simplement dire qu'il a été enregistré comme une réponse courante.

République tchèque

Bien que le phénomène ait débuté en 2001, le recensement de 2011 en République tchèque compte 15 070 chevaliers Jedi par rapport aux 1 083 899 catholiques et aux 707 649 croyants non pratiquants.

 

J’ai rencontré un vrai Jedi français et on a parlé de la Force  

ThéoBé

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 Le Jediisme est une religion nouvelle non-déiste qui se fonde sur la philosophie Jedi. Religions de geeks ? Juste pour rire ? Pas du tout.

C’est ce qu’on aurait pu penser suite à la vaste farce organisée en Angleterre en 2001. Des Jediïstes et des gens comme-vous-et-moi se sont mobilisés à l’occasion du grand recensement annuel, se passant le mot sur le web : à la question de la religion, répondez « Jedïisme ». Résultat ? La religion a fini quatrième  dans le classement des cultes du Royaume-Uni (devant la Scientologie). Alors, canular ou communauté parodique ?

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque j’ai contacté différentes organisations Jedi en Angleterre et aux Etats-Unis… Heureuse surprise, non seulement j’ai été renvoyé vers Alexandre Orion, un Jedi français du Temple of the Jedi Order, mais ce qu’il m’a dit est tout à fait passionnant – et inattendu. Rencontre.

Qu’est-ce que le Temple de l’Ordre Jedi ?

Le Temple de l’Ordre Jedi (soit le TotJO) est une église et une corporation au but non-lucratif matriculée dans l’État de Texas, aux États-Unis, depuis le 25 décembre 2005. Nous sommes habilité à ordonner notre clergé et à conférer des diplômes d’études en divinité. En somme, le TotJO est un ordre religieux. Cela dit, le Temple, ce sont les gens qui se réunissent par le biais de notre site web dans l’optique d’interagir aux niveaux intellectuel et spirituel sur une vaste gamme de sujets. Nous proposons un programme d’initiation à ceux qui le souhaitent, qui consiste en leçons sur le travail du mythologue Joseph Campbell, du philosophe Alan Watts. Nous les invitons à découvrir les idées de Fritjof Capraet de Krishnamurti. Ainsi,  nous demandons aux initiés d’explorer ce qu’ils pensent et leurs sentiments sur la doctrine et sur une pléthore d’autres matières, comme la religion comparative entre autres. En effet, notre religion surgit d’un syncrétisme tout particulier.

Quel rapport le Temple entretient-il avec la série de films Star Wars ?

Nous ne sommes pas des ‘fans de Star Wars’ qui fantasment sur des vaisseaux spatiaux et des sabres-lasers. Nous n’entretenons pas de rapport avec la Guerre des Étoiles, ni avec Lucasfilm, ni avec d’autres organismes du secteur cinématographique. En somme, nous ne sommes pas trop inspirés par les films en eux-mêmes mais nous en partageons l’inspiration (Campbell, Watts, Jung et al.) qui a conduit Lucas à les faire. Par exemple, il n’y a aucune mention de Star Wars, de ses personnages ou des événements fictifs, ni dans notre doctrine, ni dans les études du programme d’initiation. Nous n’en parlons que très rarement, à vrai dire. Une exception en est le Code. Le Code vient d’un roman ou peut-être même d’un jeu Star Wars, mais il exprime tout de même bien le dualisme dans le psychisme humain. Enfin, nous ne sommes pas très focalisés sur les Jedi fictifs.

Pouvez-vous m’expliquez en quoi consiste ce Code, ainsi que les grands principes de la religion Jedi ?

Il y en a deux versions :

Émotion, mais Paix.
Ignorance, mais Connaissance.
Passion, mais Sérénité .
Chaos, mais Harmonie.
Mort, mais la Force.

ou bien :

Il n’y a pas d’Émotion; il y a la Paix.
Il n’y a pas d’Ignorance; il y a la Connaissance.
Il n’y a pas de Passion; il y a la Sérénité.
Il n’y a pas de Chaos: il y a l’Harmonie.
Il n’y a pas de Mort ; il y a la Force.

En effet, ces deux versions signifie la même chose à la base – la dualité qui gouverne et nous conduit dans chaque aspect de la Vie. La première version l’illustre un peu plus clairement – on éprouve l’un et l’autre. Dans la deuxième, on trouve la négation de ce qui nous met à travers pour mettre l’accent sur le côté libérateur. De toute façon, on ne nie pas l’émotion, l’ignorance, la passion etc. mais on admet qu’il y a un équilibre à trouver.

Akkarin, membre du Temple of the Jedi Order. Il explique le Code Jedi.

Quels sont les grands principes ?

 

Pour parler des « grands principes », on ne peut reposer sur une doctrine quelconque. Le TotJO (on ne peut prétendre êtrereprésentants de tous les groupes se considérant ‘Jedi’) favorise plutôt l’orthopraxie (ndlr: employé ici au sens d’une diversité de pratique) au lieu d’une orthodoxie stricte. La doctrine, que nous révisons de temps en temps, n’est pas un canon à suivre à la lettre ; une telle pratique ferait de l’individu un assez mauvais Jedi. Quand on jette un œil critique sur la bonne plupart de religions traditionnelles, on découvre qu’une doctrine en béton n’engendre que de la hypocrisie et de la culpabilité de soi. On ne peut jamais être à la hauteur. Un Jedi est libre de déterminer ce qu’est droiture dans les circonstances dans lesquelles il se trouve.

Pourquoi retenir le concept de « Jedi », ainsi que certains costumes, si vous ne faites pas référence à la série de films ?

Bonne question …

Probablement parce que nous sommes, pour la plupart, d’une génération où les religions traditionnelles n’ont plus rien d’attirant. Qu’on appartenait à une famille croyante ou séculaire, on voit très souvent dans les présentations personnelles que, à un moment donné, il y a eu un rejet des valeurs religieuses, de croyances stériles et machinales. Or, un des objectifs de Lucas lorsqu’il a créé les films fut de réanimer la mythologie au noyau de toutes les religions. Dans un entretien avec Bill Moyers (journaliste américain), Georges Lucas a dit qu’il ne voulait pas « créer une nouvelle religion, mais expliquer d’une nouvelle manière les religions qu’ont toujours existé ».

Vous adoptez donc la démarche de Georges Lucas, sans vénérer Star Wars…

Effectivement, pour nous, Star Wars n’est jamais devenu canon. On ne croit pas en « La Guerre des étoiles » comme certains disent qu’ils croient en la Sainte Bible. En même temps, ce fut à partir de cela – la représentation des Jedi dans les films, inspirée de la mythologie de tout temps (cf. Joseph Campbell, Carl Jung) – que quelque chose nous a touché, a réveillé en nous le ‘héros’, guidé par un mystère, connecté à un fond puissant et indescriptible, voire indicible.

Entretien du Huffington Post avec John Henry Phelan, fondateur du Temple of the Jedi Order

Vous reprenez la structure pédagogique des Jedi : maitre/apprenti ?

Ce n’est pas parce qu’ils le font ainsi dans les films qu’on a adopté une structure apprenti/maître, mais plutôt parce que c’est tout simplement la pédagogie. C’est d’une part la relation classique ‘pupille/mentor’, mais aussi, si on le considère bien, n’importe quel étudiant sous la direction d’un directeur de mémoire, de thèse ou de stage bénéficie plus ou moins de cette relation. Chez nous, il y a seulement, dans les meilleurs de cas, un peu plus d’investissement personnel, et c’est aussi plus nettement un échange plutôt qu’un jeu de pouvoir autoritaire et sens unique. On n’insiste point sur l’obéissance, tant s’en faut …

 

Je vous conseille fortement une bonne lecture de « Le Héros aux mille et un visages » de Joseph Campbell, ou bien celle de « La Puissance du mythe » (la transcription des entretiens entre J. Campbell et Bill Moyers). On pourrait aussi trouver un bel indice sur les fondements du Jediïsme dans une lecture de Jung et la psychologie archétypale. Aussi y a-t-il dans notre répertoire de ressources « The Book » (je ne sais que ce livre fût traduit en français ou non) et d’autres ouvrages du philosophe Alan Watts. Du fait, on appuie bien plus sur ces œuvres que sur celles de Lucas. On tire notre inspiration du même enseignement que l’avait inspiré, mais au-delà de ça, rien.

Quel est l’objectif de la religion Jedi ? S’agit-il de convertir ou de répandre des principes, d’influencer le monde ? D’agir ?

Nous n’avons point d’objectif, sauf de vivre selon le mouvement de la Force – c’est à dire, ce qui est

Nous n’avons point d’objectif, sauf de vivre selon le mouvement de la Force – c’est à dire, ce qui est

 

. Quel est l’objectif d’autres religions ?

Non, on ne convertit personne ; nous ne sommes pas une secte. On est libre de suivre la voie (dans la mesure du possible) ou bien non, selon sa propre perception de ce qu’elle est. Le clergé de l’Ordre évite même de ‘prêcher’ la voie de la Force. Selon nos croyances, la voie de la Force ne peut être ni dite ni suivie. Elle n’est pas prescriptive et donc ne peut être inscrite dans une quelconque idéologie dogmatique.

En appuyant encore sur l’orthopraxie, bien évidemment c’est une façon d’agir. En même temps, ce n’est pas « agir pour agir ». Un/e Jedi se met au service de sa communauté, mais pas en criant de tous le toits que c’est « au nom de la Force ». Cela me paraît même ridicule. On ne dirait peut-être pas qu’on est Jedi. On ferait tout simplement ce que exige le service à accomplir sans trop de bruit.

Pensez-vous qu’une forme plus unifiée d’organisation peut apparaître ?

 

Illustration par Scott Erickson

Cela a été tenté à maintes reprises parmi des communautés Jedi, sans que ça n’aboutisse. Tout comme je vous ai dit auparavant, je ne peux répondre pour tous les groupes divers qui se déclarent ‘Jedi’, et même au sein du Temple de l’Ordre Jedi, il y a tout un éventail d’idées, de pensées et de convictions par rapport à l’organisation. Il est possible qu’un jour tout soit unifié sous un seul chapiteau mais je ne suis pas convaincu que ça soit une bonne chose.

Un conseil Jedi global aura quoi pour but ? De déterminer ce qu’est la voie de la Force ? De définir la Force ? De rendre une orthodoxie à la religion ? Tout ça ne pourra servir qu’à établir une autorité spirituelle et définir ce qu’est « Jedi » et ce que n’est pas « Jedi », et donc diviser encore entre « nous » et « eux ». Et c’est cela qui empêche, voire rendre impossible, une vraie expérience religieuse. Tout comme dans d’autres religions, c’est la théologie même qui bloque une expérience authentique du transcendant.

A défaut de « convention », existent-t-ils des rituels ?

Nous – le TotJO – faisons des cérémonies lors des adoubements au grade de ‘Chevalier’ et lors des ordinations au clergé. Pour raison de la légalité, cela reste uniforme au niveau textuel. Nous faisons des offices (en-ligne) où on livre un sermon, mais ce n’est que très peu ritualisé ; un ministre l’exécute d’une manière différente d’un autre. Certains commencent par une prière, d’autres par un bref temps de contemplation. Des sermons varient énormément aussi. Comme j’ai dit au-dessus, on ne peut ‘prêcher’ la Force.

 

Que pensez-vous des membres de la religion Jedi qui prétendent véritablement pratiquer la Force comme une force de télékinésie ? Cela peut-il constituer une dérive (vente d’objet, promesse de pouvoir magique…) ?

Je pense d’eux comme je penserais de qui que ce soit qui cherche à connaitre ça. Ils cherchent un pouvoir, une ‘preuve’ pourrait-on dire, que nous sommes plus que ce qu’on apparait. C’est normal d’une part, selon la psychologie humaine, mais d’autre part, je crois qu’ils font fausse route. La foi Jedi ne porte nullement une promesse de pouvoir surnaturel. La question que je leur poserais, c’est : « Et qu’est-ce que ça changera ? ». Si l’on pouvait faire léviter les objets alentours, n’aurait-on toujours pas des questions existentielles ? Que ce soit un véritable pouvoir/savoir ou bien un tour de passe-passe, si c’est pour extérioriser l’expérience vitale, ça reste très illusoire.

En somme, si l’on cherche à exhiber une maîtrise de la Force, on est toujours dans la recherche de quelque chose en quoi croire et pas dans la croyance.

Comment êtes-vous venu dans la religion Jedi et comment cela influe-t-il sur votre quotidien ?

Comme pour beaucoup d’autres, pour moi c’était une croyance en « quelque chose » qu’a survécu à la désillusion vis-à-vis du vide spirituel que j’éprouvais dans la religion de mes parents. Encore que je ne me sois jamais considéré athée, je ne croyais plus – me posant même la question si j’avais un jour vraiment cru en un Dieu comme Il est décrit dans le Christianisme. Toutefois, je ne cherchais pas quelque chose d’autre pour combler le vide.

 

Je lisais alors … comme beaucoup d’autres, dans le bouddhisme, l’occultisme etc etc… J’ai été attiré par le Taoïsme. Puis, j’ai découvert les œuvres d’Alan Watts, de Joseph Campbell, Carl Jung et de Krishnamurti entre autres. Cela a été à la fin des années 80, début des années 90. A partir de là, j’ai compris plus ou moins la source inconsciente de la mythologie, y compris la mythologie ‘moderne’ tel que ‘Star Wars’ et d’autres adaptations cinématographiques.

Bien sûr, la vie se déroulée avec tous ses aléas et j’ai perdu le fil plusieurs fois. J’ai connu des joies et des chagrins. Mais parmi tout ça,il y avait toujours ce « quelque chose » de fondamental qui subsistait.

Comment avez-vous fait connaissance de la religion Jedi ?

Par hasard. Quand j’ai trouvé le site du Temple of the Jedi Order (le Temple de l’Ordre Jedi), je ne cherchais pas à m’intégrer une religion. Voyant que les études proposer aux initiés consistaient en bonne partie Watts et Campbell, je m’y suis mis. Au fur et à mesure, je me trouvais de plus en plus attiré à participer dans cette communauté.

Au niveau de la vie quotidienne, les Enseignements, les Maximes et le Credo me servent comme un rappel seulement à ce que je crois ; ils ne me gouvernent pas. Comme le dit Krishnamurti :

« Il n’existe pas de guide, pas d’instructeur, pas d’autorité. Il n’y a que nous et nos rapports avec les autres et avec le monde. Il n’y a pas autre chose. Lorsque l’on s’en rend compte, on peut tomber dans un désespoir qui engendre du cynisme ou de l’amertume, ou, nous trouvant en présence du fait que nous et nul autre sommes responsables de nos pensées, de nos sentiments, et de nos actes, nous cessons de nous prendre en pitié. » (Se Libérer du connu, p. 5)

 

28 janvier 2014

Faire comme "tout le monde".

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Nous sommes nés au plein cœur du $ystème, comme la plupart des gens en France (ou ailleurs en occident) 
On a eu des tas de jouets en plastiques faits par les petites mains, "Made in China" comme on dit, on voulait les mêmes fringues de marque que nos camarades de classes, on a été nourris de légumes pesticidés, de viande industrielles aux anti-bio et de biscuits à l'huile de palme. Du fluor pour la protection de nos dents... On savait que c'était bon pour nous. On nous a donné le goût de l'artificiel, du pré-emballé, du pré-mâché, de la désinformation. L'important c'était que l'on fasse toujours bien comme on nous disait de faire. Adopter la perspective dominante. Pour notre bien toujours. Et quand on avait été sage on avait alors droit à plus d'aspartame, de colorants artificiels, gluten, conservateurs, et d'autres choses encore qui nous faisaient très plaisir. Tartinés de crème aluminium hydratante, methylparaben pour aller au soleil. "Normale" la vie. 

Suiveurs toujours - qu'il pleuve ou qu'il vente. On aimait aller faire les courses, chercher ce dont on avait besoin dans les rayons. On nous faisait du poisson bien pané, des frites bien graissées et pour le plaisir on nous emmenait chez Macdo! La vie en occident c'est une fête sans fin. On nous faisait passer des Noël "magiques", des galeries bondées et des rues déguisées en lieux joyeux et féeriques scintillants de toutes leurs lumières artificielles. On fonçait tête baissée dans le monde de l'hyper-consumérisme, un monde glauque, accroc au clinquant de sa culture matérialiste, mais qui ne sera jamais prêt à payer l'addition de ces conséquences directes et ravageuses. On s'en foutait un peu, on comprenait rien à ses problèmes "écologiques" ou d'esclavagisme présents dans le monde entier... La vie est si courte, il faut profiter. On vivait pour les jeux vidéos. On achetait des gadgets, des babioles, tous ses machins conçus pour casser, étudiés pour devoir être remplacés rapidos. Acheter, consommer, amasser, acquérir, posséder, assurer, jeter, racheter, jeter... C'est notre culture à nous. On s'est perdu dedans, on s'est jetés avec. On est nés dans l'abondance, l'excès, l'opulence, l'insouciance, l'indifférence. Normal. 
On ne nous a jamais appris ce qui nous était élémentaire, des valeurs sociales durables, ni ce qu'était l'éthique, l'intégrité, ni ce qu'était la vie sur Terre, et comment on devient autre chose qu'un esclave du système d'exploitation capitaliste. Ça nous barbe d'apprendre, on se moque de tout ce qui ressemble à un intellect développé. On sait pas comment produire notre nourriture, s'intéresser à la différence, remettre des choses en question, ou découvrir des alternatives. On nous déposait à l'école, pour nous inculquer des matières pour lesquelles il fallait avoir nos "bons points". Obéissants on suivait le troupeau pour avancer, s'éduquer.. on pensait s'amuser, recevoir de bonnes leçons, on singeait toutes les tendances et copiait le seul vocabulaire d'expressions qui dominait notre environnement. On était tous pareil, pas cons juste idiots utiles, façonnés par un unique même moule. Cool. On pensait jamais à sortir la tête au dehors de la petite boîte. Pour quoi faire? On était pas contrariants, divertis dans tous les sens, influencés par les mêmes références, tous les mêmes produits, on connaissait tout ce qu'il y avait à connaître, on se comprenait. On rentrait chez nous, on mettait la télé, pour s'enfiler des programmes et manger des publicités. On voyait nos parents fatigués le soir, l'air jamais heureux, se crier dessus, souvent au sujet de crédit et de dettes. On a adopté leur caste, leurs valeurs, leurs références, leurs idées. Faire un crédit sur 35 ans, faire construire une maison, acheter des meubles, remplir la maison, être sûr d'être à "l'abris" et travailler pour rembourser tous ces objets et toutes ces assurances... On nous a pressé d'avoir notre "BAC", pour faire de soi un salarié, un "employé", trouver le "CDI", croiser les doigts, faire de l'argent, trouver un "bon" boulot pour avoir "une bonne situation"... 

Faire comme "tout le monde". 

On n'a jamais vraiment compris notre malheur. On ne savait même pas remarquer les barreaux de la prison. On continuera alors de chercher bonheur dans le même triste décors de société en décomposition, endoctrinés, pour marcher au pas, dans un marché de "l'emploi" qui est sans le moindre avenir, mais on n'en parle pas donc ça on ne l'entend pas. Normal. Le confort, la richesse, le bonheur, on cherche... on est en quête... encore et encore. Plus la voiture est belle, plus la maison est grande, plus il y a de fric, plus l'image est reluisante. Plus on a de beaux cheveux de Stars, bronzés, recouverts des crèmes de la cosmétique, au mieux on aura « réussi » aux yeux des autres. Ça nous convient. Ça ne peut que nous convenir. Entretenir les mêmes aspirations, même aveuglement en suivant ce même schéma qui fait de la planète un dépotoir insensé: On ne connaît réellement que ça. 

On contribue tranquillement à ce cycle vain, et ce maintien en place du status-quo d'un ordre socio-économique monétaire fasciste inacceptable. Mais finalement bien normal pour "la norme".

Changer? évoluer....mais vers quoi? Encore faudrait-il le savoir...
REVOLUTION? BOF. TROP TARD. CHANGEONS RIEN.

 

pas de moi j'ai pas retrouver l'auteur....mais ca résume la pensée de beaucoups.....

27 avril 2015

pourquoi il ne faut pas lâcher prise.....

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http://speedevelopment.com/

 

Pourquoi il ne faut pas lâcher-prise

Le fameux lâcher-prise aaahhhh…

Acceptez votre vie, acceptez que vous ne pouvez pas tout contrôler, acceptez-vous, acceptez votre entourage, acceptez vos obstacles, acceptez, acceptez, ac-cep-tez…

Je vois déjà la horde de zombie en train de répéter ce mantra en boucle s’approcher de moi.

Tout le monde répète ce principe comme une vérité indétrônable autant naturelle que la viande d’une affiche publicitaire de Mcdo (en passant, saviez-vous que sur les affiches la viande est crue et recouverte de peinture brune ? La viande à l’air soi-disant plus succulente).

À chaque fois que je lis le terme lâcher-prise, j’entends contradiction. D’un côté on parle d’être meilleur, plus productif, plus empathique, de vivre la vie de nos rêves mais d’un autre, on parle du détachement matériel, de l’acceptation de notre sort, de se libérer du joug de la matière, etc.

Désolé du terme, mais c’est un gros bordel et quand je vois, lis et entends des avis concernant ce point, je ne vois que des touches supplémentaires à ce chaos.

Dans cet article, je vais être incisif et j’ai rangé mes pincettes dans le panier. Alors préparez vos casques les cocos, c’est parti !

Une dure vérité

Le moine zen, aimé de tous, au corps d’Apollon, milliardaire et qui n’en glande pas une, ça n’existe pas.

Et ouais, si vous voulez vous faire de la tune, c’est que la matière à un intérêt pour vous. Alors, impossible de pratiquer le lâcher-prise. A l’inverse, si vous voulez vous séparer de cet ego stupide qui veut toujours plus, alors vous devrez aussi vous détacher de l’argent. Notre ami Jésus l’avait compris, et c’est pour cela qu’il a clairement dit :

« Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. ».

Franchement, on a pas besoin de faire 3 doctorats en théologie pour comprendre ce qu’il dit. Et notre second ami Bouddha ainsi que de nombreuses sources religieuses et philosophiques sont (pour une fois) tous d’accord avec ce point.

Dans votre vie, vous allez devoir faire un choix. C’est encore une connerie marketing de croire que l’on peut faire partie des deux camps. Ce serait comme croire que l’on peut manger du Mcdo (oui, je m’attaque souvent au McDo…) 3 fois par jour et avoir un corps de rêve.

Attention, je ne dis pas qu’il y a une bonne et une mauvaise voie mais simplement deux voies antagonistes.

Le vrai lâcher-prise

Pas besoin de lire des livres ésoretico-scientifico-babacool pour vraiment comprendre le lâcher-prise. Je ne suis pas croyant mais si vous voulez un bon traité du lâcher-prise, lisez le nouveau testament ou encore l’histoire de Jacob.

Si vous n’êtes pas sensible à la symbolique chrétienne, vous pouvez encore vous tourner vers l’analyse de la vie de grands Sâdhu ou encore vous pencher sur la philosophie Zen.

Si vous êtes paresseux, je peux vous donner la vrai définition dans cet article. Mais tout d’abord, précisons ce que n’est PAS le lâcher-prise.

  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter de ne pas avoir la dernière Aston Martin
  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter qu’il y ait un peu de traffic aujourd’hui
  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter que son gosse ait eu une mauvaise note
  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter que l’on soit un peu trop gros
  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter que l’on soit un peu trop ridé
  • Le lâcher-prise ce n’est pas accepter de ne pas être millionnaire

On appelle cela de la résignation. On accepte certains points de notre vie qui nous frustrent et tentons de l’oublier. La plupart des gens qui prônent le lâcher-prise font simplement de la dissonance cognitive, c’est-à-dire qu’elles changent leur perception pour supporter la dure réalité.

« Je ne suis pas riche, mais je ne veux pas l’être. J’ai appris à lâcher-prise ! ». Et si maintenant tu gagnes au loto, tu ne vas pas l’accepter ? Ces personnes se sont simplement résignées à accepter leur situation… mon popotin qu’elles ont lâché-prise.

Alors qu’est-ce que vraiment le lâcher-prise ?

Eh bien, c’est abandonner notre volonté d’acquérir, de contrôler, de vouloir et d’avoir. En d’autres termes, c’est abandonné le désir même. Au-delà de ce petit enfant capricieux que nous sommes, se trouve le bonheur ultime de n’avoir besoin de rien, de simplement être. C’est une définition précaire de ce que l’on peut appeler l’illumination ou encore la sainteté chrétienne. L’un passe par une libération de la nature humaine, l’autre par soumission totale à une volonté supérieure. Bien que les chemins soient différents, le but semble être le même.

  • Le lâcher-prise c’est être détaché de tous ses biens matériels
  • Le lâcher-prise c’est être détaché de tous liens affectifs
  • Le lâcher-prise c’est être détaché de toute volonté égoïste
  • Le lâcher-prise c’est aimer la vie et toutes ses manifestations

En gros, le lâcher-prise c’est pas un truc de petits kékés. Alors si vous voulez vraiment lâcher-prise, bonne chance et on se verra pour votre canonisation (bon vous serez mort dans ce cas…).

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On peut voir les restes d’un adepte du lâcher-prise.

Si vous n’êtes pas prêt à faire les sacrifices que demandent les guides qui ont atteint cet état, alors passez votre chemin et ne perdez pas votre temps dans cette voie. Ce serait comme croire que l’on peut atteindre les mêmes résultats que Schwarzenegger mais en ne s’entraînement que 5 minutes par mois et en mangeant du McDo (oui encore…) tous les jours.

Ah oui, et un monsieur qui est millionaire n’est probablement pas le meilleur enseignant pour le lâcher-prise… même si son livre ou son séminaire de 20 000€ s’appelle « le lâcher-prise » :)

Le tenir-prise (en grognant comme un loup sauvage)

Je vais être honnête, le lâcher-prise, j’en suis incapable et j’en ai surtout pas envie.

  • Oui, je veux bien gagner ma vie.
  • Oui, je veux visiter le monde.
  • Oui, j’aime et je tiens énormément à mon entourage.
  • Oui, j’ai envie que les gens m’apprécient.
  • Oui, ça me fait ch*** de perdre à un jeu

Je n’ai pas envie d’être un Saint ni Sâdhu. Ce ne sont pas mes modèles bien que je les admire pour leur force et leur courage.

Je rejette cette vision car je la considère artificielle et contraire à la nature. Avez-vous déjà vu un cerf se mettre en position du lotus et accepter qu’un loup ferme sa gueule sur sa carotide ?

Personnellement, non.

Il s’enfuit, il cherche des cachettes, il court jusqu’à s’exploser les poumons pour survivre.

On voit ce phénomène partout dans la nature, chaque particule vivante lutte sans cesse pour survivre, grandir, évoluer, devenir plus forte et conquérir du territoire. Même l’univers est en constante expansion.

La nature c’est l’inverse du lâcher-prise, c’est le tenir-prise.

Mais qu’est-ce que le tenir prise ?

  • Le tenir-prise c’est se démener pour avoir ce que l’on désir
  • Le tenir-prise c’est trouver la solution optimale pour éviter le traffic
  • Le tenir-prise c’est trouver la manière de gagner sa vie le plus efficacement possible
  • Le tenir-prise c’est trouver sa passion et la vivre pleinement
  • Le tenir-prise c’est ne pas accepter l’échec comme une finalité
  • Le tenir-prise c’est se bouger les fesses si l’on a pas le corps que l’on veut
  • Le tenir-prise c’est tout faire pour que ceux que l’on aime soient heureux

Le tenir prise c’est avoir un but, un objectif, un idéal et de déclencher des actions massives pour avoir ce que l’on désir.

lâcher-prise

Vous l’imaginez lâcher-prise ?

« Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre…  » Je vais éviter de mettre la suite, ceux qui connaissent la citation sauront pourquoi. (Comment mélanger Matthieu et McDonald dans un article…)

Choisissez votre maître. Si vous voulez suivre le lâcher-prise alors abandonnez tout et suivez les préceptes de cette religion. Si vous ne voulez pas le faire mais plutôt gagner plein de tunes et qu’un Tim Ferriss, un Olivier Roland, un Steve Pavlina ou un Richard Branson vous font rêver, alors arrêter avec cette auto-hypocrisie et servez l’autre.

Bien sûr, d’un point de vue religieux, mon propos semble épouvantable, et il l’est. Dans mon exposé, je ne juge ni l’un ni l’autre et je me demande même si la Bible le fait réellement (mais je préfère rester en-dehors de tout débat théologique).

Ce que je veux dire, c’est que vous devez choisir une fois pour tout. Un pseudo-lâcher prise ne vous servira à rien dans votre vie, pire il vous nuira.

Le lâcher-prise face à l’impuissance

J’entends déjà la horde de zombie sortir les fourches (oui, ça existe, il suffit de jouer à resident evil 4…) et hurler de colère contre ma stupidité crasse (je suis dramatique aujourd’hui). Je n’ai donc rien compris ?

Le lâcher-prise concerne les événements où l’on a aucun pouvoir. Ces problèmes incontrôlables auxquelles personne ne peux rien y faire.

Bêtises ! (dis-je d’un revers de main)

Rien, absolument rien n’est incontrôlable.

Je sais que mon propos peut-être considéré comme extrêmement orgueilleux venant d’un petit occidental (pire, un suisse) n’ayant rien vécu de terrible dans sa vie. C’est pour cela, que je ne vais pas parler de ma vie mais de celle d’une autre personne que vous connaissez probablement.

Mère Teresa où l’antigone du lâcher-prise

Mère Teresa est une sainte, je devrais donc la mettre dans le panier du lâcher-prise non ?

Non.

A-t-elle accepté cette terrible mort dans la solitude que des milliers de personnes vivent chaque jour ?

Non.

A-t-elle accepté l’injustice de la misère ?

Non.

A-t-elle accepté qu’il était impossible de les aider et qu’elle ne serait qu’une goutte d’eau dans un océan de mercure ?

Je vous le donne en mille… Non.

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Je n’appelle pas ça du lâcher-prise.

Ce petit bout de courage incroyable n’a jamais abandonné l’affaire jusqu’à ses derniers jours. Elle  s’est battue pour rendre cette planète meilleure. Mère Teresa n’a rien accepté du tout !

Alors si elle a pu faire autant, je ne pense pas que nous ayons vraiment beaucoup d’excuses. Focalisons notre esprit sur ce que nous pouvons contrôler et nous nous rendrons compte de notre réel pouvoir.

Pour éviter le blasphème (quand même…)

Vous aurez compris ma réflexion.

Je ne vous dit pas de suivre Mamon ou Dieu (pour ceux qui connaissaient la suite de la citation). Cela est un choix qui reviendrait de la théologie, domaine que je veux pas toucher dû à mon manque de connaissance et à la sensibilité du sujet.

Je veux dire par là, qu’il est nécessaire d’avoir un objectif clair. Une fois élaboré, vous devez retirer tous les éléments susceptibles de vous freiner et de vous retenir. Un pseudo-lâcher-prise me semble plutôt être une bonne dose de paresse.

« J’accepte pour ne pas agir » Voilà le credo sincère de certains adeptes du lâcher-prise.

Un dernier mot

Quand vous lisez un livre, faites attention que celui-ci ne vous donne pas de bonnes excuses pour rester dans votre zone de confort. Si le contenu du livre ne vous dérange pas un minimum, c’est qu’il est probablement néfaste (je ne parle pas des romans bien sûr).

Beaucoup d’auteurs ont compris que la plupart des gens aiment qu’on leur disent et répètent que ce qu’ils font est juste, que le monde est ainsi et que s’ils sont médiocres et malheureux c’est soit de la malchance soit la volonté d’une force supérieure.

C’est tellement simple d’accepter et de ne rien faire. Rien n’est plus facile que de ne prendre aucun risque, de ne faire aucun effort et rester sur place en mode passif.

Si vous lisez ce blog, je pense que vous aimez être dérangé et cela me réjouit au plus haut point. Continuez de lire des textes qui vous remettent en question, éliminez vos mauvaises habitudes et construisez-vous un avenir radieux peu importe les efforts nécessaires.

Et vous, que pensez-vous du lâcher-prise ? Voulez-vous la vie d’un Sâdhu ou celle d’un Richard Branson ? Avez-vous déjà expérimenté ce genre de conflits de valeurs ?

 

 

blog a visiter il est excellent!!! 

http://speedevelopment.com/

6 juillet 2013

liberer l'art du mercantile.....

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Manifeste pour

libérer l'Art 
de la culture mercantile

 

Attaquons le problème au départ ! N’écoutons plus ces gens qui parlent de l'Art ! La Culture, c'est vrai, quelle imposture, de leurs lèvres ne sortent que des vomissures qui façonnent les instruments de torture, emprisonnant l'artiste, dans ce cauchemar.

De l'ignorance, ils brandissent l'étendard, telle l’arrogance hissée sur leur inculte rempart. Ils crient leurs références comme une dictature, gonflant le torse, éclatant leur encolure. « Dans ce cadre, il faut bien cette peinture ! Cette envolée me rappelle Béjart, ou Mozart ?"

"C'est beau, comme un plat d'épinards, mais s'accordera t-il à mon billard ? " Un banquier demande où est la signature ? " Quel dommage d'avoir cette grosse armature ? Pardon, je n'avais pas vu, c'était la sculpture !" Rien ne doit être laissé au hasard.

La vieille dame adore le style "clochard", dit-elle au jeune peintre d 'un ton égrillard, car malgré son manteau de fourrure, fait disparaître des petits fours dans sa doublure et de l'autre main, lui caresse la chevelure, en pensant qu'il ferait bien dans son plumard.

Le galeriste affirme, un rien cabochard : ce jeune talent vaudra un jour des milliards. Il lui prédit un avenir d'une grande envergure; de l'Art Nouveau, il possède déjà la tessiture. Dépêchez vous d'acquérir avant la fermeture, pour un bon placement, c'est en dollars.

" Comment, vous préférez ce Fragonard, authentique? je vous vois goguenard. " L’expert est présent, il vous le jure, avec lui, jamais de demi-mesure, d’homme de foi, il n’est qu’une caricature, ressortant les artistes de leur corbillard.

L'Art est affaire de coeur et de regard, et si, avec moi, il s'autorise le grand écart, c'est qu'il a droit à toutes les démesures, son chemin est parsemé de folles aventures, qui jamais ne lui permet de conclure, condamnant l'artiste à une vie de bagnard.

Un jour, il déambule sur les boulevards, le lendemain, il défend les communards. Au nom du pouvoir, à la mairie, on l'inaugure, octroyant à l’artiste quelques nourritures, c'est la fête ! Fini de se serrer la ceinture. La Culture est sauvée par les politicards.

Pas pour longtemps, car sortant du placard, la commission culturelle lance un traquenard, triturant et malaxant ce projet immature, elle condamne l'auteur, à une proche sépulture, prétextant son jugement au nom de l'inculture, voici un mandat qui se terminera en faire-part.

Vêtu de noir, l’oeil défait et le teint blafard, l’artiste proteste et se lance dans la bagarre, il doit se prostituer sous toutes les coutures du cercle, il recherche l’impossible quadrature. Immaculé comme un cygne, le voilà noir canard, pensant à mourir, avant d’être mis au rancart,

il finira par noyer son désespoir au coin du bar, ne trouvant plus sa route dans ce brouillard, qui ne lui accorde aucune chance d’ouverture. On ne se remet pas aisément de ces blessures, faîtes facilement dans le dos, pour la plupart. Peu d’artistes finiront respectables vieillards!

De la prison où vous m’avez mis à l’écart, je rêve, éveillé d’un Art idéal, sans fard, sortant du néant de la financière pourriture, proclamant en hurlant, ma droiture, un rien agressif, légèrement revenchard, il signalera au monde, comme un phare,

que jamais par votre argent, vous réussirez à baîllonner et enfermer mon imagination. J’offre mon oeuvre aux futures générations donnant la preuve de ma crédible vérité, attestant fort et haut, ma passion de créer, vivante, elle existe, au même titre que l’Art!

N’essayez pas de détourner votre regard de mes dessins, qui vous rendent hagard, mes personnages sont la représentation théâtrale de notre fin de civilisation. Éternellement collés, c’est ma vengeance, sur les murs décrépis de votre indifférence.

Gens d’art, me verriez-vous au Quatar, mes tableaux vendus chers et bien cotés, bientôt enterré ou perdant la raison ? Ma volonté de vivre, libre de vos salons, motive la folle explosion de ma création, traçant une page rouge de l’histoire de l’Art.

Alain Rességuier - Versoix, juillet 2001

 

26 avril 2015

tu est ma muse.........

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MUSE RETIENS TES LARMES

 

Muse retiens tes larmes, c’est l’amour qui t’en prie

Ne laisse pas blessé et mourir ce bonheur.

Laisses toi donc guider, laisses parler ton cœur

Laisses le s’envoler ; s'évader dans la vie.

 

Tu ne peux maîtriser la passion qui t’habite

Et de la refouler ne fait que l’aggraver.

Tu es jolie ma muse, ne laisses pas le temps

T’emprisonner ainsi encore dans ton printemps.

 

Tu souffres, je le sais ; je le lis dans tes yeux.

Il ne faut pas grand chose pour être malheureux.

Mais il faut beaucoup moins pour que vienne un sourire

Un soupir de bonheur que toi seule m’inspires.

 

Alors que cherches-tu, à passer à coté,

Des plaisirs de la vie pour une éternité ?

Ou simplement de vivre, vivre pour être aimée

Et d’aimer à ton tour comme l’on peut aimer.

 

Regardes-moi ma muse et dis-moi que tu m’aimes.

Même si ce mot doux quelque part nous entraîne.

Affronte ton regard ce soir dans le miroir

Et ne me dis pas muse, qu’il n’y a plus d’espoir.

 

Parce que sinon la vie ne vaut d’être vécue.

Car d’avoir tout raté, à toujours reculer,

On se retrouve seule quand le temps a passé

A regretter l’amour auquel on n’a pas cru.

 

Daniel Douillet

 

Ça m'amuse que tu sois ma muse 
Dis moi si ça t'amuse aussi 
Ou bien si tu refuses 
Le fluide ne s'use 
Que si l'on en abuse 
Et si ça m'use parfois ma muse 
Tellement ça fuse 
De toute part, d'antennes en satellites 
Aux pylônes, au hasard 

Je ne regrette pas 
Mais, ne le répète jamais à personne 
Surtout garde ça pour nous 
Love ! 
Les braises incandescentes 
Sont encore sous la cendre froide 
Autrement dit, sois toujours au rendez-vous 

Ça m'inspire chaque fois que je respire 
Ton essence complice 
Qui goutte à goutte immisce en moi 
Que s'éloigne le pire 
Que s'effacent les frontières 
Que s'affinent les contrastes 
S'ancrent nos mystères 
Les nerfs se changent en air 
Flottant autour des météores 
Et la petite musique se glisse 
Entre les interstices 

Je ne regrette pas 
Mais, ne le répète jamais à personne 
Surtout garde ça pour nous 
Love ! 
Les braises incandescentes 
Sont encore sous la cendre froide 
Autrement dit, sois toujours au rendez-vous 

Ça m'amuse que tu sois ma muse 


Ça colle des ailes à mes labiales 
Ôte à mes mots la muselière 
Impose des lettres capitales 

Alors veux-tu que je te dise 
je prend ce que tu donneras 
La pierre est précieuse et magique 
Maintenant je sais que tu es là 
D'antennes en satellites 
Autour des météores 
Je peux puiser dans ton calice 
Je peux creuser dans ta mine d'or 
Et sois au rendez-vous 

Et sois au rendez-vous 

Et sois au rendez-vous 

 

"Bertrand Cantat"

 

 

24 avril 2013

la theophilanthropie...

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La théophilantropie est un culte né pendant la Révolution française, qui voulait trouver une alternative à la déchristianisation en proposant le culte d'une religion « naturelle », avec les « Amis de Dieu et des hommes ».

Ces cérémonies, qui mettent en scène le Culte de la Raison et de l'Être suprême, participent aux différentes fêtes et commémorations révolutionnaires prévues par la Constituante, et dont un des ordonnateurs sera Rabaut de Saint-Étienne.

 

Naissance de la théophilanthropie

Le fondateur de la théophilantropie est Jean-Baptiste Chemin-Dupontes, dit « Chemin fils », né vers 1760, et mort vers 1852. Sans doute fils de libraire, Chemin a fait des études de théologie au séminaire, et est libraire à Paris lorsqu'éclate la Révolution. Il est à cette époque en relation avec l'abbé Claude Fauchet (1744-1793), partisan d'un catholicisme national et futur évêque constitutionnel du Calvados.

Partisan modéré de la Révolution, Chemin édite ses propres brochures patriotiques, souvent soucieuses de neutralité :

  • L'Ami des jeunes patriotes ;
  • La Morale des sans-culottes ;
  • Le Pour et le Contre ;
  • L'Alphabet républicain (an II), sorte de catéchisme de l'Être suprême et de la religion naturelle.

Après le 9-Thermidor, il se range du côté des républicains modérés, et lance l'idée, en septembre 1796, d'un culte familial, déiste et humanitaire, qu'il nomme « théoanthropophilie ». Il en édite alors le Manuel. Ce nouveau culte connaît un certain succès à Paris, notamment auprès de Valentin Haüy, qui lance le culte avec lui en décembre 1796, sous le nom de « théophilanthropie ».

Principes philosophiques

Les idées sont précisées dans le Manuel des théophilanthropes. La théophilanthropie se veut être une religion « raisonnable », ayant les avantages des religions anciennes sans les inconvénients, soit une religion innée de l'Homme, base de tous les cultes de la Terre. La théophilanthropie permettrait de réconcilier les hommes et les Églises, car toute discussion métaphysique ou théologique est proscrite.

Ne sont retenus que deux dogmes « socialement utiles » : l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme.

La morale de ce nouveau culte est fondée sur les « lois naturelles », la conscience jugeant le Bien et le Mal, ainsi que sur les devoirs de l'homme envers ses semblables et envers sa patrie.

Pratique du culte

La théophilanthropie se pratique sous la forme d'un culte familial et de cérémonies publiques : « fêtes religieuses et morales », dans des temples décorés d'inscriptions morales et d'un autel dépouillé, évocations au Père de la Nature, examens de conscience, hymnes, lectures, etc.

Le Code religieux et moral des théophilanthropes, écrit en l'an VI, reprend les principaux textes du groupe.

Le premier culte a lieu en janvier 1797 dans l'église Sainte-Catherine à Paris, devant les familles des fondateurs et les élèves de Haüy. L'affluence importante nécessite une seconde réunion. La théophilanthropie rencontre l'adhésion rapide de quelques politiques, comme l'entrepreneur et économiste Dupont de Nemours, le député au Conseil des Anciens Goupil de Préfelne ou le peintre David.

L'appui donné par un des Directeurs, La Révellière-Lépeaux, donne sa notoriété au mouvement. À partir d'avril 1797, il entend renforcer la République en remplaçant le catholicisme par une autre religion. Arrivent alors les soutiens de Bernardin de Saint-Pierre, Marie-Joseph de Chénier, Thomas Paine.

Développement de la théophilanthropie

Le mouvement prend une connotation de plus en plus anticatholique à mesure qu'il est rejoint par des patriotes avancés. Le groupe ouvre des écoles et reçoit l'autorisation d'exercer son culte dans 19 églises parisiennes, conjointement avec les cultes constitutionnels et réfractaires. La théophilanthropie se développe également en province. Ce développement est freiné par la volonté de remettre en valeur le culte décadaire par François de Neufchâteau, ministre de l'Intérieur.

Une tentative de relancer les activités théophilanthropiques est lancée sous le nom de « théisme » (sorte de maçonnerie ouverte) en privilégiant le caractère philosophique du culte, mais elle échoue.

La nouvelle religion suscite des adversaires qui tentent de ridiculiser ses adeptes en les appelant : « Les Filous en troupe ». Les réunions théophilanthropiques sont interdites dans les édifices nationaux (églises) par un arrêté du 12 vendémiaire an X (4 octobre 1801), puis le culte est interdit en tout lieu en mars 1803. Certains groupes théistes perdurent encore quelque temps en province, notamment dans l'Yonne.

Jean-Baptiste Chemin retourne alors à la franc-maçonnerie (il est vénérable de la Loge des Sept Écossais réunis en 1815, et membre du Grand Orient de France). Il finit sa vie probablement comme maître de pension.

Plus tard, le prêtre et philosophe grec Theóphilos Kaíris fonda la « théosébie », inspirée de la théophilanthropie française. Il fut anathémisé par l'Église orthodoxe en 1839.

À la fin du XIXe siècle, Joseph Décembre, dit Décembre-Alonnier (1831-1906) tente de faire renaître la théophilanthropie (1882, fondation du Comité central théophilanthropique). Libraire assez malhonnête, il essaie surtout, dans un esprit très anticlérical, de transformer un courant spirituel en filon commercial auprès des francs-maçons et des occultistes

 

12 mai 2013

la liberté de la censure..........ou le code hays....bientot le retour......

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Code Hays

 

Code Hays

 

Le code Hays ou Motion Picture Production Code est un code de censure régissant la production des films, établi par le sénateur William Hays, président de la Motion Pictures Producers and Distributors Association, en mars 1930 et appliqué de 1934 à 1966. Ce texte fait suite à de nombreux scandales entachant l'image d'Hollywood, dont l'affaire Roscoe Arbuckle. Exemple d’autorégulation, les studios se sont eux-mêmes imposé cette censure afin d'éviter l’intervention extérieure, en particulier de l'État fédéral. Le texte du code a été rédigé en 1929 par deux ecclésiastiques, Martin Quigley (1890-1964), éditeur catholique, et Daniel A. Lord (en) (1888-1965), prêtre jésuite.

 

Le code est appliqué par l'Administration du code de production (Production Code Administration), dirigée par le très catholique Joseph Breen (1888-1965) qui impose sa marque sur tous les films hollywoodiens de 1934 à 1954, période connue pour sa rigueur morale. Il est remplacé par son adjoint, Geoffrey Shurlock, de 1954 à 1968.

 

 

Vers l’instauration du code d’autocensure

 

La nudité dans les films existe dans le cinéma muet au travers des nudies (petits films au ton badin où on voit s'ébattre des femmes nues) alors qu'aucune législation à ce sujet n'existe. Dès 1907, un système de censure (films visionnés d'abord par la police) est mis en place à Chicago sous la pression de lobbies catholiques et puritains, ligues de vertus minoritaires (les États-Unis étant majoritairement protestants) mais suffisamment puissantes pour influer sur l'industrie cinématographique essentiellement juive à l'origine. En 1908, le maire de New York, décide d'interdire les Nickelodeons considérés comme des lieux de débauche et de pousse au crime, il autorise la police à interdire des projections. L'industrie du film, basée alors à New York, y fonde en mars 1909 un Board of Censorship (bureau de la censure). À mesure que plusieurs États adoptent ce type de censure, l'industrie du film prend les devants et décide en 1916 de créer son propre organisme d'auto-régulation, la National Association of the Motion Picture Industry (en) (NAMPI), cela leur permet ainsi d'harmoniser les censures différentes selon les villes et les États, rendant la vision des films incohérente que les spectateurs mettaient sur le compte de mauvais réalisateurs. En 1915, l'affaire Mutual Film Corporation v. Industrial Commission of Ohio aboutit à la Cour Suprême qui considère que les films de l'industrie du cinéma étant une activité mercantile ne peuvent bénéficier du premier amendement.

 

Dans les années 1920, plusieurs scandales, relayés par la presse populaire, ébranlent l’industrie naissante du cinéma hollywoodien. L’acteur Roscoe Arbuckle est soupçonné de la mort de l’actrice Virginia Rappe, lors d’une soirée « de débauche » à San Francisco, en 1921 ; le décès crapuleux, en 1922, de l’acteur et producteur William Desmond Taylor, sur fond de bisexualité et la mort par overdose de l’acteur Wallace Reid en janvier 1923, font paraître Hollywood comme un lieu de perdition et de débauche. D’autant que Reid est suivi dans la tombe, et pour les mêmes raisons, par Olive Thomas, Barbara La Marr, Jeanne Eagels puis Alma Rubens1.

 

Cela conduit, en 1922, à la création de la Motion Pictures Producers and Distributors Association (devenue la Motion Picture Association of America en 1945, elle remplace la NAMPI), présidée par l'avocat William Hays, qui établit non pas des interdits mais des recommandations. La première mesure de Hays est de bannir Roscoe Arbuckle de tout film et d’imposer un certificat de moralité pour toute personne apparaissant à l’écran.

 

En 1927, il dresse une liste de sujets et de thèmes que les scénaristes doivent éviter. La même année, l'avènement du cinéma parlant appelle à la révision ou à la précision des règles d’autocensure. Les films du Pré-Code tournés avant la création du Code Hays appliqué à partir du 1er juillet 1934 peuvent aller loin dans la nudité, tel Tarzan et sa compagne, ou contournent déjà les recommandations. Ce système d'évitement se développe à partir de l'application du code par l'utilisation de métaphores (panoramique vertical symbole de l'érection, bouteille de champagne débouchée symbole de l'éjaculation) ou la négociation entre réalisateurs et censeurs. Billy Wilder voit même dans cette censure un moyen de stimuler l'inventivité des réalisateurs talentueux par l'utilisation d'ellipses visuelles et d'images suggestives (tel l'effeuillage de Rita Hayworth dans Gilda, le train fonçant dans un tunnel symbolisant l'acte sexuel dans La Mort aux trousses), ce qui conduit à la « fétichisation d'Hollywood » (la caméra n'expose que des parties du corps qui sont alors érotisées). Néanmoins pour des réalisateurs moins inventifs, le code se fait ressentir, ainsi dans Tarzan s'évade, Jane porte désormais une robe alors qu'elle était en bikini en peau de léopard dans Tarzan et sa compagne. En plein âge d'or du cinéma américain (en), la rigueur du code commence à s'affaiblir dans les années 1940 avec l'évolution des mentalités puis le développement de la télévision aux images plus réalistes. La Cour Suprême, lors de l'affaire United States v. Paramount Pictures, Inc. en 1948, décartellise les sociétés de production de cinéma qui ne peuvent plus assurer la distribution, les nouvelles sociétés de distribution important alors des films étrangers, notamment les œuvres du néoréalisme et de la Nouvelle Vague française qui n'hésitent pas à montrer des thèmes tabous sous une nouvelle radicalité. Le cinéma d'art et d'essai qui se développe montre la même évolution. Dans les années 1950, les boycott de la Ligue pour la vertu ne menacent plus économiquement le succès public des films. En 1966, un code est réécrit mais est peu appliqué, étant remplacé en 1968 par un système de classification des films par âge, le système de classification de la Motion Picture Association of America créé par Jack Valenti, ce déclin de la censure permettant notamment le développement du cinéma pornographique.

 

Principes généraux

 

Aucun film ne sera produit qui porterait atteinte aux valeurs morales des spectateurs. La sympathie du spectateur ne doit jamais être jetée du côté du crime, des méfaits, du mal ou du péché. Seuls des standards corrects de vie soumis aux exigences du drame et du divertissement seront présentés. La loi, naturelle ou humaine, ne sera pas ridiculisée et aucune sympathie ne sera accordée à ceux qui la violent, notamment le gangster et la femme déchue.

 

Crimes et criminels

 

Le crime ne doit pas être présenté d'une façon qui créerait de la sympathie pour le criminel ou inspirer au spectateur un désir d'imitation. Le meurtre doit être présenté de manière à ne pas encourager l'imitation. Les meurtres brutaux ne doivent pas être présentés en détail. La vengeance n'est pas justifiée dans un film où l'action se passe dans l'époque contemporaine.

 

Les méthodes criminelles ne doivent pas être explicitement présentées. Les techniques pour le vol, le cambriolage et le dynamitage de trains, de mines, de bâtiments, l'incendie criminel, etc., ne doivent pas être présentées en détail. L'utilisation d'armes à feu doit être limitée. Les méthodes utilisées dans la contrebande ne doivent pas être présentées.

 

Le trafic de la drogue ne doit jamais être présenté. La consommation de spiritueux est bannie de l'écran, sauf dans les cas où cela fait partie intégrante du scénario ou des caractéristiques d'un personnage.

 

Sexualité

 

L'importance de l’institution du mariage et l'importance de la famille sont primordiales aux yeux des rédacteurs du code Hays. Par conséquent, l'adultère, parfois nécessaire dans le contexte narratif d'un film, ne doit pas être présenté explicitement, ou justifié, ou présenté d'une manière attrayante. Les scènes de passion ne doivent pas être présentées sauf si elles sont essentielles au scénario et les baisers excessifs ou lascifs, les caresses sensuelles, les gestes suggestifs ne doivent pas être montrés. « La présentation de chambres à coucher doit être dirigée par le bon goût et la délicatesse », précise le code afin d’éviter de se faire contourner par la métaphore et la métonymie.

 

Il en va de même de la séduction et du viol qui ne peuvent être que suggérés et non montrés, et seulement lorsqu'il s'agit d'un élément essentiel du scénario. Ils ne sont jamais un sujet approprié pour la comédie.

 

Toute référence à la perversion sexuelle est formellement interdite. The Celluloid Closet, essai de Vito Russo, puis documentaire de Robert Epstein, montre comment, en ce qui concerne l'homosexualité au cinéma, la représentation de ce qui est encore largement perçu comme une déviance, contourne les interdits du code Hays.

 

La traite des Blanches, la vente des femmes et la prostitution ne doivent pas être représentées. La présentation de rapports sexuels interraciaux est tout bonnement interdite de même que les thèmes de l'hygiène sexuelle et des maladies vénériennes.

 

La naissance d'un enfant (même en silhouette) ne doit jamais être représentée. Les organes sexuels d'un enfant ne doivent jamais être visibles à l'écran.

 

Décence

 

La présentation de sujets vulgaires, répugnants et désagréables doit être soumise au respect des sensibilités des spectateurs et aux préceptes du bon goût en général. L'obscénité dans le mot, dans le geste, dans la chanson, dans la plaisanterie, ou même simplement suggérée est interdite. Le blasphème est strictement interdit et le code liste les mots à éviter : God, Lord, Jesus, Christ, Hell, S.O.B, damn et Gawd. « Des titres licencieux, indécents ou obscènes ne seront pas employés » souligne le code, soucieux d'éviter que l’industrie du cinéma se serve des affiches de cinéma pour opérer un détournement de la censure et atteindre aux bonnes mœurs que le code Hays tente si vigoureusement de protéger.

 

L'indécence est interdite de même que la nudité, réelle ou suggérée, et les commentaires ou allusions d'un personnage à ce sujet. Les scènes de déshabillage sont à éviter sauf lorsqu'il s'agit d'un élément essentiel du scénario. Les costumes trop révélateurs sont interdits.

 

Les danses lascives, celles qui suggèrent ou représentent des relations sexuelles, sont interdites. Les danses qui comportent des mouvements indécents doivent être considérées comme obscènes.

 

Les sujets suivants, considérés comme « répugnants », doivent être traités avec beaucoup de prudence et de bon goût : la pendaison, l’électrocution et la condamnation à mort d’un criminel, le tatouage, le marquage au fer d'animaux et d'êtres humains, la brutalité et l'horreur, la cruauté envers les enfants ou les animaux et les opérations chirurgicales. La représentation d'esclaves blancs est prohibée.

 

Certains critères de « décence » reposaient d'autre part sur les préjugés raciaux de l'époque. Ainsi, la Metro-Goldwyn-Mayer rejeta la candidature de la sino-américaine Anna May Wong pour le rôle principal dans une adaptation de The Good Earth (Visages d'Orient) de Pearl S. Buck en raison de principes interdisant les gestes intimes entre les diverses races. L'acteur principal masculin étant de race blanche (Paul Muni), les producteurs considéraient impossibles de lui donner une partenaire de race jaune et choisirent plutôt l'actrice Luise Rainer que l'on maquilla pour lui donner l'apparence orientale.

 

Patrie et religion

 

Aucun film ne doit se moquer de la religion sous toutes ses formes et de toutes les croyances. Les ministres du culte ne peuvent pas être dépeints comme des personnages comiques ou comme des bandits. Les cérémonies de n'importe quelle religion définie doivent être présentées avec beaucoup de respect.

 

La présentation du drapeau se fera toujours de manière respectueuse. L'histoire des institutions, des gens connus et de la population en général d'autres nations sera présentée avec impartialité.

 

 

 

27 décembre 2013

le golem......

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Dans la tradition juive ashkénaze, humanoïde fait d'argile et amené à la vie par magie

 

Le golem (en hébreu: גולם ou גֹּלֶם, parfois prononcé "goilem" en yiddish) est un homme artificiel, modelé dans l'argile par un rabbin et amené à la vie par des procédés magiques s'appuyant sur la science kabbalistique? et l'existence de mots sacrés dans la langue hébraïque.

Les contes décrivent le golem comme une créature imparfaite et inachevée, le plus souvent muette et dépourvue de discernement ou de raison... ce qui s'explique par le fait qu'il s'agit d'une création humaine, qui ne peut tenir la comparaison avec les êtres vivants dans lesquels « l'esprit de vie » ((רוה, rouah) a été insufflé par Dieu. 
Le golem comprend cependant les ordres simples qu'on lui donne, et comme il est d'une force prodigieuse, les rabbins l'utilisent pour les assister dans leurs expériences ou pour protéger la communauté juive. Dans certaines histoires, les golems se voient également attribuer des pouvoirs surnaturels comme la capacité de devenir invisible, des mains pouvant devenir chaudes comme du métal en fusion...


L'origine du nom golem est mal connue. Il pourrait provenir d'une modification du mot גֶּלֶם (gelem) désignant un matériel brut, ou des mots גֶעָלאֵנו (go'al anu) signifiant « notre rédempteur » (ce qui va dans le sens de l'histoire du golem de Prague, créé dans le but de protéger les juifs du ghetto). 
En hébreu moderne, le mot golem veut dire "cocon", mais il peut également désigner une personne idiote, en allusion au caractère inachevé et sans intelligence de la créature. En yiddish, le mot est utilisé comme une insulte pour quelqu'un d'indolent ou de mou.

 

Mentions dans les textes sacrés et légendes


Le mot "golem" est utilisé dans l'Ancien Testament (psaume 139:16) pour désigner une masse embryonnaire informe. Dans le Talmud (Sanhedrin 38b), Adam est décrit comme un golem, un corps humain inachevé et sans âme, lors de ses 12 premières heures d'existence.

L'ouvrage kabbalistique? Sefer Yezirah (ספר יצירה, "Le Livre de la Formation"), qui spécule sur la façon dont Dieu a créé le monde, s'intéresse également à la naissance des premiers hommes. Différents rabbins ont commenté cet ouvrage et y ont vu des indications qui permettraient à celui qui serait suffisamment savant pour les déchiffrer et les comprendre, de créer un humain artificiel. 
Il y est fait allusion dans le Talmud : le rabbin babylonien Rava est supposé avoir fabriqué un homme artificiel à l'aide du Sefer Yezirah, qu'il envoya voir le rabbin Zeira. Mais la créature était muette ; le rabbin Zeira compris alors que celle-ci était l’œuvre d'un magicien, et il la détruisit en la faisant retourner à son état primordial de poussière (Sanhedrin 65b).

Plus récemment, le rabbin lituanien Haim de Volozhin affirmait en 1818 dans la préface du livre Sifra Dezniuta que son maître, le célèbre rabbin Gaon de Vilna (1720 - 1797), lui avait confié qu'il avait un jour essayé de créer un golem à partir des informations du Sefer Yetzirah. Toutefois, il avait reçu au cours de son travail un signe divin qui l'avait dissuadé de terminer son œuvre. 
Gaon de Vilna est le seul rabbin ayant affirmé de son vivant avoir personnellement cherché (et presque réussi) à créer un golem.

 

Le Maharal de Prague et son golem. Gravure du XIXème siècle

La plus célèbre histoire impliquant le golem est celle du rabbin Judah Loew ben Bezalel, plus connu sous le nom de Maharal (מהר"ל, acronyme hébreux de Moreinu ha-Rav Loew, « notre chef spirituel le rabbin Loew »). Considéré comme l'une des plus grandes figures spirituelles que le monde juif ashkénaze ait jamais connu, il vécu à Prague au XVIème siècle (1526 - 1609). 
Le Maharal est un personnage semi-historique semi-légendaire : si le rabbin Loew a historiquement réellement existé (il a écrit plusieurs ouvrages qui nous sont parvenus, et sa tombe est toujours visible à Prague), un certain nombre d'histoires traditionnelles l'entourent. On lui attribue notamment la création d'un golem.

La version la plus connue de la légende raconte comment pour protéger les juifs du ghetto de Prague des attaques antisémites dont ils étaient victimes, le Maharal modela de l'argile provenant de rives du fleuve Vltava, et lui donna forme humaine. Puis il lui insuffla la vie en récitant des incantations et en lui inscrivant l'un des noms de Dieu sur son front : Emeth (אמת), "vérité" en hébreu. 
Dans une autre version de l'histoire, le rabbin donna vie au golem en lui plaçant dans la bouche un parchemin sur lequel il avait inscrit l'un des multiples noms du Seigneur avec son propre sang. 
Le golem devint peu à peu méchant avec le temps, tuant les gentils (les non-juifs) et répandant la peur dans Prague. L'empereur Rudolf II demanda au Maharal de désactiver sa créature, en échange de quoi il ferait cesser les persécutions antisémites. 
Pour ôter la vie au golem, le Maharal effaça le premier caractère (l'aleph א) de l'inscription Emeth, qui devint alors le mot Meth (מת) "mort" en hébreu. Dans l'autre version, il lui enleva simplement le parchemin de la bouche.

Le corps du golem ne fut pas détruit, mais caché dans la guenizah du grenier de la synagogue Vieille-Nouvelle. La guenizah est une pièce servant au stockage des vieux ouvrages religieux en attendant que ceux-ci ne soient enterrés dans un cimetière, dans la mesure où le judaïsme interdit de jeter des documents dans lesquels sont écrit les noms de Dieu. 
Conserver le golem permettait de garder un moyen de pression sur les autorités et d'empêcher que les violences à l'égard des juifs ne recommencent. 
Suivant les versions de la légende, le golem serait toujours conservé à l'heure actuelle dans la guenizah de la synagogue Vieille-Nouvelle. Un rumeur de source indéterminée prétend que durant la seconde guerre, des soldats allemands voulurent s'approprier le golem mais qu'ils moururent instantanément au moment où ils le touchèrent. 
Les rares personnes ayant eu l'occasion de rentrer dans la guenizah de la synagogue Vieille-Nouvelle (le lieu est interdit au public), notamment lorsque le grenier fut rénovée en 1883 ou qu'une équipe de télévision y tourna un film en 1984, n'ont pas témoigné de la présence du golem. D'autres traditions orales disent que le golem fut volé et enterré dans un cimetière du quartier Žižkov à Prague.

 

La synagogue Vieille Nouvelle à Prague, où serait conservé le golem

La légende du golem de Prague fut fixée pour la première fois à l'écrit dans les années 1830 - 1840, mais elle est absente des textes antérieurs au XVIIIème siècle ce qui laisse penser qu'elle est d'origine moderne. Bien que considérée comme une pure fiction par la plupart des juifs, certains courants orthodoxes affirment que l'histoire est tout à fait authentique et que le rabbin Loew a réellement créé un golem au XVIème siècle. 
Le conte est devenu très populaire en République Tchèque, et de nombreuses boutiques touristiques de Prague vendent de petites répliques en argile du golem.


L'histoire du golem de Prague puise peut-être son inspiration dans un autre conte traditionnel, plus ancien (il est attesté dès le XVIIème siècle), mettant en scène le rabbin semi-légendaire Elijah ben Aharon Yehuda. Surnommé le Ba'al Shem, il vécut au XVIème siècle dans la ville de Chełm à la frontière polonaise et ukrainienne. 
Le rabbin fabriqua un golem pour protéger les juifs des violences que les paysans leurs faisaient subir. Le golem grandit et atteint peu à peu une taille colossale. Lorsqu'il devint incontrôlable et que le rabbin voulut le désactiver, il était en fait devenu si grand que le Ba'al Shem ne pouvait plus atteindre sa tête pour lui effacer l'inscription sur son front. 
Le rabbin rusa et lui demanda de lui défaire ses lacets ; la créature se baissa et le Ba'al Shem put alors lui ôter la vie. Cependant le golem blessa le rabbin au visage dans l'opération, ou selon d'autres versions, écrasa son créateur sous son propre poids en tombant inanimé.

 

Symbolique du mythe


Le mythe du golem est similaire (et probablement apparenté) à celui de l'homoncule, un être humain artificiel que les alchimistes essayaient de créer au Moyen-Age. La tradition populaire affirme ainsi par exemple qu'au XIIIèmesiècle, le savant Albert le Grand a construit un automate en bois auquel il a donné la vie par magie. De même le livre semi-légendaire de Paracelse De natura rerum (« De la nature des choses ») a acquis auprès des alchimistes une réputation semblable à celle qu'avait le Sefer Yezirah auprès des rabbins juifs, puisqu'il était supposé expliquer lui aussi la méthode permettant de créer la Vie.


Il n'est pas anodin de constater que dans la plupart des légendes liées au golem, la créature est modelée à partir d'argile (comme l'a été l'Homme dans la Bible) et amenée à la vie en lui apposant sur le corps l'un des multiples noms sacrés de Dieu (dans la mesure où Dieu est la source de toute vie en ce monde). 
Les contes mettant en scène le golem servent le plus souvent à illustrer l'hybris, l'orgueil et la démesure des êtres humains qui essayent de s'élever au niveau des dieux. Dans certaines versions, comme celle du rabbin de Chełm, le golem finit par se retourner contre son créateur, allant éventuellement jusqu'à le tuer. 
De la même façon, la kabbale extatique? voit dans le mythe du golem un avertissement qui met en garde contre la connaissance, lorsqu'elle sert des ambitions personnelles et qu'elle est dégagée complètement de la sphère divine. Cette utilisation "contre-nature" de la connaissance est instable et incomplète... Ce qui n'a pas découragé de nombreux érudits juifs dans leurs recherches autour du véritable nom de Dieu, source du pouvoir ultime.


Le Golem, et de façon plus générale le thème de l'homme artificiel et inachevé se retournant contre son créateur, ont été une grande source d'inspiration pour la littérature fantastique. Les romans Frankenstein de Mary Shelley (1831) et R.U.R. (Rossum's Universal Robots) de Karel Čapek (1921) (c'est ce dernier livre qui contribua à répandre le terme "robot" dans le langage courant) ne sont que des reprises modernisées de ce mythe.

17 mai 2013

le chamanisme...

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LE RENOUVEAU CHAMANIQUE

 

 

 

Dans l'avenir l'esprit de l'homme rouge, qui avec amour et vénération respecte tout ce qui vit, s'emparera de vos enfants et pénêtrera en ceux qui ne savent rien de lui.

Seattle, chef Dawnish. Nord-ouest des USA,1855.

 


Le renouveau du chamanisme n'est pas seulement le fruit des mouvements psychédélique, hippie ou New Age. Inspiré par le réenchantement du monde auquel invite la science de pointe, il fut amorcé par des scientifiques et porte la marque de leur cartésienne méthode, qui conduit en un premier temps à étudier séparément chaque élément d'un phénomène observé. Des biologistes s'intéressèrent aux effets des substances psychotropes. Des ethnologues décidèrent d'explorer les états de conscience auxquels le chamanisme fait appel. Des thérapeutes voulurent adjoindre à la médecine moderne une démarche inspirée des pratiques chamaniques. Tous rencontrèrent sur leur route l'onirisme. Une synthèse aujourd'hui se dessine. Elle s'en inspire directement.

 

Premières retrouvailles : Maria Sabina et ses "enfants sacrés"

 

 

C'est au cours des promenades de leur lune de miel que les époux Wasson mesurèrent soudain combien les divisait la vision... de simples champignons ! Elle en trouvait partout, il n'en voyait aucun. Pour Valentina, d'origine russe, ils étaient un don de Dieu, dignes de figurer dans tout repas de fête. En bon anglo-saxon, son mari les considèrait plutôt comme de petites choses sales, vénéneuses et sentant le pourri. L'idée d'en manger ne lui serait jamais venue. Intrigués par cette différence, ils décidèrent d'étudier leur place dans l'histoire des civilisations, et fondèrent peu après une nouvelle discipline, l'ethno-mycologie, qui les conduisit à s'intéresser aux utilisations chamaniques des champignons hallucinogènes.
En 1956, ils rencontrèrent au Mexique Maria Sabina, guérisseuse mazatèque d'une soixantaine d'années. Pour les Mazatèques, les champignons étaient sacrés, et leur culte représentait le seul vestige de leur culture anéantie. Ils les appellaient petits qui poussent, petits saints, enfants sacrés, et Sages ceux qui s'en servaient pour soigner. Pourtant, si Maria Sabina avait commencé à en manger dès l'âge de six ans, c'était parce qu'ils coupaient sa faim et la rendaient joyeuse. Mariée à quatorze ans, veuve à vingt, elle devint Sage un peu par hasard, lorsque sa soeur la supplia d'essayer de la guérir. Au cours de la séance, Maria eut sa première vision. Des "Etres Principaux", dont parlaient ses ancêtres, lui apparurent, semblables à des humains mais "inspirant le respect". Ils lui présentaient un grand livre, le Livre de la Sagesse, et bien qu'analphabète elle le lut à haute voix. "La Sagesse est le Langage. Le Langage est dans le livre. Le Livre, ce sont les Etres Principaux qui l'accordent. Les Principaux apparaissent grâce au grand pouvoir des enfants sacrés."
Elle rencontra ensuite le Seigneur des Montagnes, envoûteur des esprits, guérisseur suprême et sans visage, monté sur son cheval blanc. Puis un objet lumineux frappa le sol dans un bruit de tonnerre, se transforma en un être végétal au corps de fleurs de couleurs variées, aux membres comme des branches, tout couvert de rosée. Maria transpirait une sueur froide, pleurait des larmes qui lui semblaient solides. Au matin elle s'endormit, "bercée dans un rêve, comme si mon corps était doucement balancé dans un hamac géant suspendu au ciel et qui oscillait d'une montagne à l'autre". Ces visions la consacraient chamane.
Peu à peu, elle devint Sage reconnue, même le médecin lui envoyait des patients, à qui elle demandait toujours "quel a été ton rêve ?" avant d'établir son diagnostic et de partager avec eux les champignons guérisseurs. Le maire l'invitait à trouver dans ses visions les solutions aux conflits du village, et lui présenta un jour les Wasson qu'elle initia aux champignons sacrés. Rencontre hallucinée entre le nouveau monde et l'antique connaissance, sur le terrain du magique onirisme !
Si les visions des Wasson ne comportaient pas d'êtres mythiques, remplacés par des motifs géométriques ou de majestueux paysages, elles procuraient le même effet, "lourdes de sens, (...) supérieures en tous points à tout ce qui passe pour être la réalité du monde. (...) Nous nous sentions en présence des "Idées" auxquelles faisait référence Platon. (...) En équilibre dans l'espace, j'étais un oeil séparé de son être, invisible, incorporel, qui voyait sans être vu," écrivit Wasson dans ses articles qui, avec les enregistrements des chants de Maria Sabina, la rendirent célèbre et suscitèrent l'intérêt des scientifiques.
Les missions de recherche se succédèrent alors dans la sierra mazatèque, aboutissant à l'isolation du principe actif des champignons, la psylocibine. Sur leurs traces, les hippies affluèrent. Maria ne comprenait pas que l'on puisse rechercher les visions du rêve hallucinogène quand on est bien portant, mais puisqu'ils "cherchaient Dieu" elle était prête à aider. Le succès lui tournait un peu la tête, comment ne pas en profiter pour sortir de la misère qu'elle avait connue toute sa vie ? Elle sentait pourtant que cet engouement achevait la déculturation de son peuple. "Ils prennent des enfants sacrés n'importe quand et n'importe où. Ils ne le font pas la nuit ni suivant les indications des Sages. Les enfants sacrés ont perdu leur pureté, leur force, on les a gâchés. Désormais ils ne feront plus d'effet. On n'y peut rien" disait-elle peu avant sa mort. Et plus tard, c'est un autre vieux Sage qui dressa le bilan : "Le champignon sacré ne nous appartient plus. Son Langage sacré a été profané, il est devenu indéchiffrable pour nous. Maintenant les champignons parlent anglais !"
Du rêve de la chamane ne restait que son chant :



Je suis femme qui regarde au dedans, dit l'enfant sacré
Je suis femme de lumière, il dit
Je suis femme qui tonne, il dit
Je suis femme savante en médecine, il dit
Je suis femme savante en Langage, il dit
Je suis femme grande étoile, il dit
Je suis la femme qui sait nager dans le sacré


(Sylvain Michelet, Le Livre des rêves, , Albin Michel, février 2000)





CHAMANISME ET ENTHÉOGÈNES

 

Stropharia cubensis (Earle) ou champignon de Saint Isidore.


Probablement d'origine asiatique bien que, comme son nom l'indique, il ait été décrit pour la première fois d'après un spécimen collecté à Cuba. Très répandu et facile à cultiver, il pousse sur les bouses de vache, animal inconnu des précolombiens. Il a pu être introduit au Mexique à partir des Philipinnes, avec lesquelles les Espagnols entretenaient un commerce assidu.

 



A l'instar du rêve nocturne, nombre de substances hallucinogènes ou psychoactives (enthéogènes), principalement issues du monde végétal, ont de tout temps et dans toutes les cultures conduit l'homme à la découverte et à l'exploration de son univers intérieur.
De par leur pouvoir rapide et puissant de changer l'esprit (l'élargir pour les uns ou le rétrécir pour les autres !), ces "médecines de l'âme" ont pris rapidement une dimension socio-culturelle et religieuse importante, voire essentielle. Comme le rêve nocturne, elles demeurent plus ou moins sacralisées ou frappées d'interdits. Une même démarcation fondée sur les statuts accordés aux mondes intérieur et extérieur oppose aujourd'hui de manière radicale les cultures chamaniques à la culture occidentale.
A l'opposé de notre culture matérialiste tournée vers l'extérieur, où la transe psychédélique comme le rêve et l'imaginaire en général se voient dévalorisés et marginalisés, dans les cultures chamaniques (encore proches de la nature) les principales plantes à propriétés psychotropes, telles que le Peyotl ou les champignons hallucinogènes, font partie intégrante de la vie sociale et religieuse par l'intermédiaire des chamanes-guérisseurs.
S'opposant à la thèse défendue par Mircea Eliade, l'Américain Terence McKenna soutient l'idée émise par R. Gordon Wasson selon laquelle "la présence dans une culture chamanique d'une substance hallucinogène est la marque d'une culture authentique et vivante alors que sa phase décadente se caractérise par des rituels élaborés, des épreuves et la dépendance à l'égard de personnalités pathologiques ("Hallucinogenic Mushrooms and Evolution", Revision, vol. 10 n° 4, printemps 1988)".
En effet, comment une culture dite chamanique pourrait-elle être "authentique et vivante" sans une étroite et véritable communion de l'homme avec son environnement "naturel" ? Est-il étonnant, par exemple, que la grande tentative de retour à la "nature" qui marqua le mouvement psychédélique et communautaire des années 60 se soit accompagné à la fois de la redécouverte des substances hallucinogènes et de la naissance du mouvement écologique.  Sur les traces de Gordon Wasson et de Roger Heim (à l'époque, directeur du Muséum d'histoire naturelle de Paris), la quête mystique des "routards" aboutissait bien souvent à Huautla de Jimenez, ce haut lieu de pélerinage mycologique, perché sur la montagne en pleine forêt mazatèque, près de Oaxaca. Certains eurent la chance d'y rencontrer une curandera, telle la célèbre Maria Sabina, même si, en période sèche, les Teonanacatl (littéralement, la chair de Dieu), liés au culte de Tlaloc, divinité de la foudre et des eaux, ne furent pas toujours au rendez-vous des "voyageurs" qui souhaitaient les "faire parler"...
Toujours bien vivant chez nombre de tribus amérindiennes du sud du Mexique, le culte des champignons remonterait au moins jusqu'au XIIIe siècle av. J.-C., comme l'atteste une étude monographique des champignons de pierre réalisée par St. F. Borhegyi (cf. R. Heim, Champignons toxiques et hallucinogènes) et il aurait été associé au pratiques hiératiques des Mayas, comme semble le prouver la découverte dans la région de Vera Cruz d'une terre cuite fort ancienne, d'origine totonaque, représentant un champignon sur lequel une femme pose une main tandis que l'autre bras levé paraît invoqué les dieux.
Indissociable de son biotope (la forêt ou la prairie) et de son partenaire symbiotique (l'arbre ou la vache), le champignon hallucinogène - archétype de la substance psychoactive -, apparaît ainsi pour Terence McKenna comme une sorte de lux natura, une conscience/lucidité unissant l'homme à la nature dans une relation symbiotique de dépendance mutuelle et de bénéfices partagés. A l'opposé du champignon atomique, porteur d'apocalypse, les petits champignons magiques redécouverts par notre culture occidentale semblent bien préfigurer la prise de conscience écologique et le retour au chamanisme qu'implique le nouveau paradigme, intégratif et holiste, unissant Rêve et Réalité.


(Roger Ripert, Le Livre des rêves, Albin Michel, 2/2000)

 


A PROPOS DE L'AMANITA MUSCARIA (TUE-MOUCHE)

 

SA CONSOMMATION :

UNE QUESTION DE RECETTE DE CUISINE !

 

«Nombreuses sont les personnes qui consomment sans inconvénient l'Amanite tue-mouche, soit cuite, soit privée de sa cuticule - où le toxique [la muscarine] est surtout localisé -, notamment en Russie, dans le Piémont et ça et là en France (p. 111).»

«Nombreux sont ceux qui consomment l'Amanite tue-mouche après élimination de la pellicule du chapeau, ce qui s'explique par l'accumulation de la muscarine en cet endroit; le plus souvent, le champignon est cuit ensuite dans un peu d'eau, rejetée avant assaisonnement de sel, poivre et beurre (M. Badet, 1934, etc.) (p. 138).»

Ce champignon pousse sous les bouleaux et les conifères, auxquels il est lié par des relations mycorrhiziques étroites, jamais sous d'autres essences, dans les terrains siliceux, argilo-siliceux ou silico-calcaires. On le rencontre de fin août à fin novembre. [C'est un champignon des climats tempérés du Nord].

Extrait de l'ouvrage de Roger Heim, Les champignons toxiques et hallucinogènes, Ed. Boubée, Paris, 1963.

Note du webmestre : le champignon n'a pas des qualités gustatives extraordinaires, mais il est comestible ainsi préparé. L'important est donc bien d'éliminer la muscarine, source, comme le note Roger Heim, d'une intoxication gastro-intestinale rarement sérieuse, généralement banale (p. 188). Voir le traitement du syndrome muscarinien et sudorien décrit à la page 138.

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Histoire de l’amanite tue-mouches
 

Un usage chamanique ancien


L'amanite est peut-être le plus anciennement utilisé des champignons hallucinogènes puisqu’il est connu depuis 3 500 ans et entrait probablement dans la composition du soma, mythique boisson divine de l’Inde antique. À l’autre bout du globe, il était connu des Mayas. Il a été aussi utilisé jusqu’à notre époque en Sibérie, au Kamtchatka, et chez certaines tribus indiennes d’Amérique du Nord lors de rites chamaniques destinés notamment à communiquer avec les « esprits ». Les rites chamaniques sont associés à des transes souvent obtenues par la consommation de plantes hallucinogènes.
Jusqu’au milieu du dix neuvième siècle, en Europe, on le croyait aussi toxique que l’amanite phalloïde dont la consommation peut être mortelle. En 1349, un des premiers livres d’Histoire naturelle publié en Allemagne affirmait que le jus d’amanite mélangé à du lait tuait les mouches et le nom de l’amanite signifie « qui tue les mouches » dans plusieurs langues. Toutefois, ses propriétés psychotropes restaient inconnues.

Le premier rapport écrit de l’usage de l’amanite dans des cérémonies chamaniques est dû à Johan von Strahlenberg, officier de l’armée suédoise qui resta prisonnier plusieurs années en Sibérie. Sous ce climat, l’amanite tue-mouches est le seul végétal possédant des propriétés psychotropes capable de pousser. 
L’amanite était consommé collectivement, principalement au cours de rites chamaniques. Il était très recherché et sa valeur marchande était élevée. Les champignons étaient coupés en tranches et mis à sécher. Ils étaient ensuite mastiqués par les femmes avant d’être façonnés en petits boudins pour être donnés aux hommes. Ils pouvaient être aussi consommés en décoction dans de l’eau, du jus d’airelle ou du lait. 
L’utilisation magico-religieuse du champignon donnait lieu, en raison de sa rareté, à une pratique étonnante, la consommation rituelle d’urine : l’urine des consommateurs, riche en principes actifs, était bue par d’autres participants leur permettant ainsi de ressentir les mêmes effets. En effet, après consommation les alcaloïdes du champignon passent rapidement dans l’urine. Le champignon était surtout utilisé par les chamans pour entrer en contact avec les esprits comme le font de nombreuses tribus avec diverses plantes hallucinogènes. Des tribus indiennes du Michigan l’utilisent aussi dans ce but. Interdit pendant l'époque soviétique en URSS, l'usage du champignon s'est cependant poursuivi clandestinement et continue aujourd’hui chez certains peuples de Sibérie (cf. Didier Pol, réf. ci-dessous).
 

La chimie de l'amanite tue-mouche

Il y a un siècle [en 1869], lorsque Schmiedeberg et Koppe isolèrent la muscarine [supposent le présence dans l'Amanite tue-mouche d'un poison apparenté au alcaloïdes basiques des plantes supérieures], on pensa qu'elle était le principe actif de ce champignon. C'était une erreur : Eugster [C. H. Eugster], en Suisse, et Takemoto, au Japon, on récemment isolé l'acide iboténique et l'alcaloïde muscimole.

Généralement [pour ces effets enthéogènes] le champignon est consommé sec. C'est le séchage qui permet la transformation chimique de l'acide iboténique en muscimole, composant le plus actif.

Richard Evans Schultes et Albert Hofmann, Les plantes des dieux, Ed. du Lézard, 1993 (p. 85).

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L'identification des alcaloïdes


Les premiers travaux destinés à identifier des alcaloïdes dans l’amanite furent réalisés par Schmiedeberg et Koppe, en 1869, qui montrèrent une action parasympathomimétique de l’extrait d’amanite, capable d’arrêter le cœur de grenouille en diastole.

C’est pourtant seulement en 1931 que Kögl, Duisberg et Erxleben isolèrent la muscarine pour la première fois et il fallut attendre encore plus de vingt ans pour l’obtenir pure.

C’est en effet en 1953 que Eugster réussit à purifier le chlorure de muscarine sous forme cristallisée en mettant en œuvre des méthodes chromatographiques et à établir sa formule élémentaire exacte. À partir de 124 kg de champignon il obtint 260 mg de muscarine ultrapure soit un degré de purification de 480 000 par rapport au champignon ce qui représente une concentration en muscarine de 0,0002 % du poids frais. Il traita quelque 2 600 kilos de champignon pour obtenir quelque 5 g. Une telle concentration ne pouvait rendre compte des puissants effets psychotropes de l’amanite.

On a découvert ensuite qu’il existait également dans le champignon des isomères de la muscarine (allo et épi-muscarine) mais ils sont physiologiquement encore moins actifs que la muscarine et c’est seulement dans les années 1970 que devaient être identifiés les principaux alcaloïdes psychoactifs du champignon, acide iboténique, muscimol, muscazone. 

L’amanite tue-mouches contient plusieurs alcaloïdes : la muscarine a été le premier alcaloïde à en avoir été isolé il y a un siècle. Elle n'a pas d'effet psychotrope à la concentration où on la trouve dans le champignon. C'est un agoniste de certains récepteurs de l'acétylcholine appelés pour cette raison récepteurs muscariniques. 


Le principal alcaloïde psychoactif du champignon est le muscimol, 3-hydroxy-5-aminométhyl isoxazol. Le muscimol est hallucinogène à des doses de 10 à 15 mg. C’est un puissant agoniste du neurotransmetteur GABA. Peu concentré dans le champignon frais, sa concentration augmente lors du séchage car il se forme par décarboxylation (perte d'une molécule de CO2) d'un autre alcaloïde de l'amanite tue-mouches, l'acide iboténique. Ce dernier, qui est un acide aminé, est présent dans l’amanite tue-mouches à une concentration de 0,03 à 0,1 %, plus élevée que celle du muscimol dans le champignon frais. L’acide iboténique est hallucinogène par voie orale à des doses d'une centaine de milligrammes. Il est donc cinq à six fois moins actif que le muscimol. La transformation de l'acide iboténique en muscimol lors du séchage rend compte du fait que l'amanite tue-mouches est consommée séchée plutôt que fraîche lors des cérémonies chamaniques. La  muscazone, un autre alcaloïde du champignon qui a des propriétés sédatives et hypnotiques se forme également à partir de l'acide iboténique. Ainsi, au cours du séchage du champignon, la concentration en acide iboténique diminue tandis que la concentration en muscimol et en muscazone augmente.

Extrait du site : http://www.didier-pol.net

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  L’ART DE RÊVER DE CARLOS CASTANEDA

 

Au delà du récit des visions qu'il procure, voyage halluciné ou transe musicale, quel est donc ce rêve qui donne des pouvoirs ? Quelle en est la nature, ? En quoi diffère-t-il de nos rêves ordinaires ?
Les sociétés chamaniques pratiquaient peu l'écriture. L'Autodafé de Cuzco dura vingt jours, anéantissant les seuls documents qui auraient pu nous éclairer. Grossière fraude selon certains, livres-culte pour d'autres, les récits de l'initiation de Carlos Castaneda par un sorcier Yaqui du Mexique constituent la plus célèbre tentative moderne de description du mystère. Irrationnels, troublants, confus parfois, ils résonnent comme ces rêves auxquels ils se réfèrent sans cesse.
Comme le récit d'un rêve, qui n'engage que ceux qui le font, ils nous demandent de "croire sans croire", de baisser la garde rationaliste que l'on oppose aux propos déroutants, ce que Castaneda lui-même ne cesse de faire avant d'être entraîné dans des mondes improbables. Car là est bien le but de don Juan, le sorcier initiateur. Il s'agit d'entrer à l'intérieur du rêve, afin de visiter le monde-autre, d'en ressortir puissant, libéré des illusions que les perceptions conduisent à prendre pour l'unique réalité alors qu'elle est seulement le fruit de leur consensus. Les hallucinogènes, en modifiant ses perceptions, aident l'apprenti à se débarrasser de son moi dont elles forment la base.
La "marche de pouvoir" et autres exercices servent à parvenir au geste juste de l'artiste martial, à l'attention parfaite et lucide du guerrier impeccable, seul capable de résister au danger des mondes-autres. Parfois plongé en eux par don Juan, qui lui prodigue alors des enseignements dont il reste inconscient, Castaneda acquiert peu à peu le talent de Voir le vivant sous forme d'énergie consciente, boule vibrante de fibres lumineuses dont la fixité du "point d'assemblage" détermine la cohésion de nos perceptions dans l'éveil. De légers flottements de ce point explique la fluctuation et l'étrangeté de nos rêves ordinaires. Passer dans une réalité secondaire implique de le déplacer hors de notre boule énergétique et s'obtient par une maîtrise des rêves que Castaneda met des années à parfaire. Il lui faut sans cesse en cultiver l'intention, non par un effort intellectuel de volonté mais par un "faire sans faire", un silencieux message de détermination qui fait penser aux conseils donnés à ceux qui ont du mal à se souvenir des rêves.
Se présentent alors à lui les Portes de Rêver, qu'il doit franchir une à une.
La première est celle de l'attention. Don Juan invite son disciple à devenir conscient du moment précis où il s'endort, puis à rêver toujours du même décor en essayant de voir ses mains dans son rêve. Afin de ne pas laisser celui-ci passer anarchiquement d'une scène à l'autre, il lui conseille d'observer par de brefs regards indirects chaque objet présent dans le rêve, en revenant chaque fois au premier d'entre eux. Après de longs mois d'échec, Castaneda parvient peu à peu à arrêter le défilé des scènes, ses mains lui apparaissent de plus en plus souvent. Il a atteint la "seconde attention" qui lui procure, en même temps qu'une certaine assurance, de curieuses sensations, comme celle de rouler sur lui-même au moment de l'endormissement, où d'entendre une voix lui enjoignant sans cesse de "regarder les choses" et que don Juan lui conseille de faire taire en hurlant !
Il est devant la seconde Porte, qui consiste à passer d'un rêve à un autre sans sortir de l'état de rêveur, soit en rêvant qu'il s'éveille du premier pour passer dans le second, soit en atteignant celui-ci à partir d'un élément du premier. Les Rêves qu'il fait alors sont habités par des "êtres inorganiques", éléments énergétiques conscients, opaques, en forme de fuseaux, de boules, de cloches ou de tigres à dents de sabre, et irrésistiblement attirés par l'énergie humaine. Les "esprits" du chamanisme primitif ? Don Juan ne donne pas la réponse, mais admet la nécessité de prendre comme allié le premier émissaire envoyé par eux, à condition de rester conscient et maître du contact, qu'il enjoint Castaneda de ne pas prolonger en raison de l'inévitable tribut énergétique exigé en échange des pouvoirs accordés. Fasciné et "accro" au voyage, Castaneda dédaigne ses conseils, s'affaiblissant inexorablement jusqu'au jour où, jouant sur sa pitié pour une fillette prisonnière, les êtres inorganiques réussissent à l'attirer lui aussi tout entier, corps physique inclus. Don Juan et ses partenaires sorciers parviennent à le ramener sur terre. Il met des mois à se remettre du choc d'avoir dû vérifier à ses dépens qu'il ne s'agit pas du monde des rêves ordinaires mais bien d'une autre réalité, ce que don Juan lui répètait depuis le début sans qu'il y croie vraiment.
Il apprend qu'une fois encore il suffit d'exprimer clairement une ferme intention pour que ces êtres le laissent en paix, libre d'accéder au seuil de la troisième Porte, qui consiste à faire fusionner monde du rêve et monde quotidien. Intention, prudence, impeccabilité du guerrier sont plus que jamais nécessaires, et s'acquièrent en rêve par l'observation des détails, sans se laisser absorber par aucun, et dans l'éveil par la récapitulation de toute sa vie. Chaque personne rencontrée, chaque instant vécu depuis son enfance est examiné, d'abord systématiquement puis en laissant son esprit choisir les événements. Aidé par des méthodes respiratoires enseignées par don Juan et par les progrès de sa mémoire obtenus grâce au Rêve, Castaneda se libère ainsi de toute attache affective, de toute charge émotive, et renforce son énergie. Se voir endormi puis stabiliser le point d'assemblage de son corps énergétique dans une nouvelle position constitue l'étape suivante. Il peut alors se déplacer en Voyant l'énergie de tout ce qui l'entoure et  rencontrer d'autres êtres inorganiques, encore plus prédateurs. De Rêveur le sorcier devient Traqueur, car tout en se protégeant il doit extraire de ces mondes l'énergie qui lui permet de Voir que la conscience est un rayonnement énergétique universel, dont il se servira comme d'un filin pour accéder, "avec son corps d'énergie et toute notre réalité physique", aux "autres couches de l'oignon" constituant l'univers. Surviennent alors des voyages fantastiques dont les récits nous laissent pantois, parfois frustrés, volontiers incrédules.
Tout au long de sa formation, Castaneda se fait l'écho de nos doutes sur la réalité de ces mondes. Onirique ne signifie pas irréel, s'acharne à lui expliquer son maître. La maîtrise du rêve ouvre les sens à un autre état de perception, l'attention que l'on y développe permet tous les exploits, et ceux-ci ont lieu dans des mondes aussi vrais que celui que nous offre nos perceptions normales.
 Pour achever l'apprentissage du rêveur, le "défieur de la mort", premier sorcier de la lignée de son maître, incarné en femme, lui indique que s'endormir sur le côté droit, genoux légèrement fléchis, lui procurera lors de l'incorporation du corps énergétique le contrôle parfait de l'immobilisation du point d'assemblage, permettant de passer à un monde Rêvé mais parfaitement réel. L'entraînant dans son propre passé, elle lui ouvre la quatrième Porte de Rêver, qui donne sur d'autres lieux encore, concrets, présents soit dans ce monde soit en dehors, ou dans celui de l'intention d'un autre rêveur. En échange de l'énergie dont elle a besoin pour maintenir son immortalité, elle lui offre la capacité de "voler sur les aile de l'intention", dont, comme des trois Portes suivantes, Castaneda ne dit rien. Voir, Pouvoir, Rêver, les dons sont infinis et les leçons arides. En bon sorcier, en bon praticien du teasing marketing diront les critiques, Castaneda nous laisse ainsi à la fin de chaque livre avec la frustration d'un enseignement inaccessible au commun des mortels, une connaissance partielle apparemment impraticable, et, comme il le dit lui même, le vague "pressentiment que l'incommensurable est à portée de main". A portée de nos rêves ?

 

(Sylvain Michelet, in Le Livre des rêves, Albin Michel, 2/2000)




 


 

LES RÊVES CHAMANIQUES

 


Pour les chamanes, le rêve et l'art de rêver sont très importants. Le rêve est une réalité aussi déterminante que notre vie éveillée, et en contrôlant les rêves ils agissent sur la réalité. En fait ils ne font pas de distinction, considérant notre vie comme un rêve que l'on peut modifier. Dans le livre de Carlos Castaneda, L'Art de rêver, Don Juan définit "rêver" comme un passage à l'infinité. Rêver est pour les sorciers une manière pratique de se servir des rêves ordinaires. "Rêver ne peut être qu'une expérience. Rêver ne signifie pas seulement avoir des rêves. Par l'acte de rêver, nous pouvons percevoir d'autres mondes, que nous pouvons assurément décrire. Mais nous ne pouvons pas décrire ce qui nous les rend perceptibles. Néanmoins nous pouvons sentir comment rêver ouvre ces autres royaumes. Rêver semble être une sensation - un processus dans nos corps, une conscience dans nos pensées." Ainsi les chamanes, qui cumulaient plusieurs fonctions, pouvaient utiliser l'état de rêve pour guérir une personne, ou l'exorciser. D'après Jeremy Taylor, il s'agit de ce qu'on appelle le rêve lucide, et le pouvoir de guérison des ces rêves est très puissant. Voici un exemple de rêve chamanique raconté par Jeremy Taylor (cf. Where people fly and water runs uphill, Warner Books). Il fit ce rêve alors qu'il travaillait comme thérapeute auprès de jeunes autistes et schizophrènes :


"Je me retrouve flottant dans un espace flou et gris. Eric, un des jeunes les plus perturbés et les plus violents, apparaît devant moi, riant en roulant les yeux comme quelqu'un de fou. Je le regarde pendant un long moment, puis je commence à voir son aura. Il est d'une drôle de couleur rose et il s'étend autour de lui jusqu'à une distance d'environ 20 pouces. L'aura ondule lentement et change de forme, comme un nuage de gaz. Je remarque qu'il y a d'étranges piquants noirs tout autour de lui. Ils ont à peu près un pied de long et un demi pouce d'épaisseur à leur base, là où ils sont attachés à son corps. Je me sens terriblement fatigué, j'ai envie de dormir. Comme je combat ma fatigue, je me dis qu'il serait absurde de dormir puisque je dors déjà. Je réalise alors que je suis en train de rêver.
Maintenant je regarde Eric plus attentivement. S'agit-il d'une projection de moi-même, d'un aspect de moi ? C'est ce que je pense, mais j'ai pourtant le sentiment qu'il y a plus que cela. Mon épuisement augmente, et mon esprit est confus et lent. Pourquoi mon rêve m'offre-t-il cette image d'Éric couvert de piquants ? Quel est le sens thérapeutique de ce rêve ?
Je réalise que peu importe le sens du rêve, ces piquants ne devraient pas être là. Alors je me dis que quoiqu'ils représentent, je devrais les enlever. Je me déplace vers Eric et je lui dis télépathiquement que je vais "déraciner" les piquants de son aura. Je commence donc à arracher, déraciner les piquants avec mes mains, et déraciner est le terme exact car si je ne fais que les casser j'ai le sentiment qu'ils repousseront . Il faut donc les déraciner pour s'en débarasser.
Je viens à bout d'enlever tous les piquants, et je ressens un immense soulagement. Alors je m'éloigne d'Éric et je quitte le rêve."


Le lendemain matin, alors qu'il n'avait raconté ce rêve à personne, J.T croise Eric qui bondit vers lui, très fâché, et lui crie : "Tu m'as volé quelque chose la nuit dernière !" J.T lui répond que la nuit dernière il dormait dans son lit, mais l'autre insiste : "Tu as enlevé quelque chose de moi ! Rends-le moi !"
J.T lui demanda de quoi il s'agissait. Eric ne pouvait répondre. Alors J.T lui demanda comment il se sentait. Surpris, Eric répondit qu'il se sentait bien. Alors J.T lui dit : "Voilà qui est plutôt inhabituel, n'est-ce pas ? Peut-être que tu ne veux pas vraiment ravoir ce que tu as perdu la nuit dernière ?" Ils se regardèrent un long moment, puis Eric acquiesca.
Voilà une expérience de rêve lucide chamanique qui montre bien comment le chamane peut utiliser l'art de rêver pour accéder à une autre énergie afin modifier la réalité. Ainsi plutôt que de considérer les rêves lucides comme des expériences amusantes, on devrait explorer leur potentiel de guérison, dans la même optique que les chamanes guérisseurs, pour notre bien et le bien de la communauté.

Estelle Melanson-Leblanc


 

 

BIBLIOGRAPHIE CHAMANIQUE

 

 

Le Chamanisme

Ed. Encre, 2009 -


 

 

 

Rêve et chamanisme - 30 exercices de développement personnel

Par Océane Allessi-Ravasini

-

TarotChaman

 


Le Tarot du chaman

 

 



La Récapitulation chamanique - Soigner son passé pour libérer son esprit,
par Victor Manuel Pereda Sanchez, aux éd. du Rocher 

Alternative au travail de la psychothérapie, la récapitulation chamanique explique concrètement comment restaurer le "corps énergétique" en présentant des techniques visant à évacuer l'énergie étrangère (promesses enfouies, liens avec le passé, etc.) et à se réapproprier l'énergie dissipée.


Les Leçons de Castaneda,
par Victor Manuel Pereda Sanchez, aux éd. du Rocher, mai 1996

Emule de Carlos Castaneda, Victor Sánchez, à l'origine d'un courant d'anthropologie respectueux des traditions indiennes de l'Amérique centrale, nous livre les leçons d'expériences rattachées aux rites sacrés des Nahuas, des Huicholes et d'autres groupes indiens d'ascendance toltèque. Son expérience personnelle, au sein de cescommunautés, éclaire d'un jour nouveau les techniques auxquelles Carlos Castaneda a donné les noms d'"art duguet" et d'"art de rêver". Les unes visent la maîtrise du moi, l'abandon des pensées et des actes engendrés par une acceptation passive des limites que peut poser l'univers culturel occidental, et l'accès à une réalité et à uneliberté plus grandes. Les autres permettent d'exercer une sorte de contrôle sur nos rêves, et de transformer notre vie grâce à l'exercice de ce contrôle. Ainsi que le souligne l'auteur, le but de son livre est essentiellement pratique.
Les exercices qu'il décrit sont concrets, peuvent être effectués seul ou en groupe. Les descriptions sont accompagnées d'un ensemble de recommandations facilitant leur réalisation et d'exemples - évocations passionnantes d'expériences individuelles ou collectives vécues dans les régions du Mexique où les anciens rites toltèques sont encore vivants, ou dans les déserts. Cet ouvrage s'inscrit à la confluence des grands courants spirituels de l'Asie et de l'Amérique centrale.


Voyage au coeur du chamanisme,
par Victor Sanchez, aux éd. du Rocher, nov.1997 

Fruit de longues recherches sur le terrain, ce voyage au coeur du chamanisme mexicain nous fait découvrir les enseignements spirituels des survivants toltèques. L'auteur nous conduit dans les sierras isolées du Mexique où les chamanes tentent par tous les moyens de sauvegarder la tradition.


Les Chamanes, par Piers Vitebsky, éd. Albin Michel 

Abondamment illustré, ce livre nous explique le phénomène complexe et multiforme du chamanisme, que l'on retrouve de la forêt d'Amazonie jusqu'aux neiges de Sibérie.
Il nous introduit dans le monde fascinant des chamanes et présente, grâce à une cartographie détaillée, leur rôle social et religieux dans l'histoire de l'humanité.

 

pour d'autres infos sur les reves allez sur le site oniros (en lien)

 

 


 

 


 

 

 
14 juin 2013

boycottons le systéme........il ne fonctionne plus...

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les textes ne sont pas de moi piochés ici et la pour illustrer l'idée d'un nouveau monde.....

Étymologie du mot TRAVAIL : tripalium (latin populaire).

Le mot latin populaire "tripalium" désignait un instrument d’immobilisation (et éventuellement de torture) à trois pieux. On appelle encore "travail" un appareil servant à immobiliser les chevaux rétifs pour les ferrer ou les soigner. Le mot "travail" désignait autrefois l’état d’une personne qui souffre (ce sens est toujours utilisé en obstétrique). Il a été étendu ensuite aux occupations nécessitant des efforts pénibles, celles des "hommes de peine", puis à toutes les activités de production.


Dans le cas où vous ne le sauriez encore - Vous êtes un esclave. Vous travaillez à perdre vos vies dans le but de gagner des billets de banque. Ces billets de banque eux-mêmes créés à partir de ° (rien, non rien de rien...) par ces banques. Vous travaillez à cause d'elles/pour elles.

Ceux à la tête de ces banques ne travaillent évidemment pas pour les obtenir. Vous êtes donc dans la position d'esclave, soumis aux lois et règles du système de l'argent, et votre vie se résume à trouver un "emploi" (sauf que le progrès technologique les supprime un par un, et logiquement continue sur la même voie.. hein donc.. c'est mal barré!) ...Si vous avez un peu de chance vous avez le grand privilège d'être un esclave salarié, et de mettre à disposition la majorité de votre temps pour assumer des emplois professionnels que vous détestez.

Le but étant pour tout citoyen de ne pas faillir dans ce paradigme d'exploitation.. de faire de soi un bon pion, employé à faire tourner une machine qui n'est pas valide, dans une économie pas réelle pour obtenir des billets de banque créés à partir du vent.

Ces fameux billets n'ont avant tout que la fonction d'asseoir un pouvoir financier mafieux et d'ainsi exercer son influence suprême à une échelle globale.

 

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"Il est aussi dans l'intérêt d'un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu'il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu'il n'ait pas le temps pour la rébellion."

ARISTOTE

 


Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes."

Rosa LUXEMBURG

 


« Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix de haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique. Il ne sait pas, l’imbécile, que c’est son ignorance politique qui produit la prostituée, l’enfant de la rue, le voleur, le pire de tous les bandits et surtout le politicien malhonnête, menteur et corrompu, qui lèche les pieds des entreprises nationales et multinationales. »

Bertolt BRECHT, poète et dramaturge allemand (1898/1956)

 

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 http://www.youtube.com/watch?v=uVjG66yco-w

lien vers une video ou albert jacquard réfute l'idée de popriétée intellectuelle

 

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http://delaservitudemoderne.org/texte.html

un lien pour telecherger ou lire gratuitement le livre

http://www.facebook.com/pages/Jarrete-de-travailler-je-boycotte-ce-systeme-jusqua-sa-disparition/152530751460408?ref=ts&fref=ts

le lien vers le facebook d'ou sont tirer toutes ces idées ....je pourrais continuer longtemp mais c'est juste un billet pour declencher la reflexion ou comprendre notre monde sans oeilléres

 

 


"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles."

William Shakespeare

 

 

24 avril 2013

les cultures et le viol.......

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le résumé des études d’anthropologie, notamment celles qu’a menées Peggy Reeves Sanday, et qui l’ont conduit à penser qu’il existait des cultures sans viol et des cultures enclines au viol.

 

L’anthropologue Peggy Reeves Sanday a étudié plusieurs sociétés préindustrielles afin d’établir leur vision du viol, mais aussi de la sexualité et des rapports entre les hommes et les femmes.

 

En 1982, elle a ainsi publié une première étude interculturelle où elle comparait 156 sociétés du monde entier. Elle les a classées en trois catégories :

 

  • Culture sans viol : le viol est rare, voire absent (47% des sociétés étudiées)
  • Culture où le viol est présent, mais où il manque de données sur sa fréquence (35% des sociétés étudiées).
  • Culture encline au viol (18% des sociétés étudiées): culture où le viol est fréquent ; ou est utilisé comme un acte de cérémonie ; ou bien comme un acte pour punir ou menacer les femmes.

 

Dans une étude de 1993 portant sur 35 sociétés préindustrielles, Patricia Rozée a trouvé des chiffres bien différents. Elle nota la présence de viols dans toutes les sociétés étudiées et considéra ainsi qu’il n’existait pas de cultures sans viol. Cependant, Sanday ne prétendait pas que dans les cultures sans viols, le viol n’existait pas du tout, mais qu’il était socialement désapprouvé.

 

Rozée trouva des viols normatifs dans environ 97% de ces cultures (soit 34 cultures sur 35), et des viols non normatifs dans 63% d’entre elles. Ce que Rozée appelle « viols normatifs » sont des rapports sexuels non consentis, mais qui ne sont pas punis, car n’allant pas à l’encontre des normes culturelles établies. Elle classa ces viols normatifs  en six catégories : viol marital, viol d’échange (quand un homme « prête » sa femme à d’autres homme par geste de solidarité ou de conciliation), viol punitif, viol de guerre, viol cérémonial (rituel de défloration, test de virginité…) et enfin viol lié au statut (par exemple : viol d’une esclave par sin maître). Une septième catégories de viols normatifs peut être rajouté : le viol lors d’un rendez-vous amoureux. A l’inverse, les viols non normatifs s’opposent aux normes sociales et sont donc punis. Ainsi le viol peut prendre de multiples forces, en fonction du contexte sociétal.

 

Parmi toutes les sociétés étudiées par Rozée, il y en avait donc une qui ne semblait pas offrir de structure sociale permettant de violer les femmes en toute impunité. On peut donc supposer que cette culture est une culture sans viol, selon la définition qu’en donne Sanday. Par ailleurs, les données de Rozée, tout comme celles de Sanday, montrent que la prévalence du viol varie significativement en fonction de l’organisation sociétale.

 

Reprenant les concepts de Sanday, je vais à présent vous décrire le profil des cultures enclines au viol et des cultures sans viol.

 

Les cultures enclines au viol

 

 Une société prônant le viol présente plusieurs caractéristiques :

 

  • Le viol des femmes est largement autorisé, ou du moins, sa gravité est banalisée. Des structures sociales permettent de le normaliser
  • Le groupe des hommes est perçu comme opposé à celui des femmes. L’entrée dans l’âge adulte est marquée par des rituels violents, qui incluent parfois le viol de femmes.
  • L’épouse d’un homme est perçue comme sa propriété. Ainsi, quand une femme est violée, c’est le mari qui est dédommagé.
  • Domination masculine
  • Séparation des sexes
  • Violence interpersonnelle
  • Inégalité économique

 

Sanday, dans son étude interculturelle de 1982 décrit, de manière assez détaillée le viol et la sexualité dans plusieurs de ces sociétés. Je vous les résume ci-dessous :

 

Une sexualité violente

 

Chez les Gusii, une société du sud du Kenya décrite en 1959, le taux de viol, estimé à partir de dossiers judiciaires, monte à 47,2 pour 100 000 personnes, par an. C’est un taux extrêmement élevé, et qui, de plus, sans doute sous-estimé. Les rapports sexuels hétérosexuels normaux sont décrits chez les Gusii comme un acte pendant lequel l’homme brave la résistance de la femme, et lui fait mal. Quand une jeune épouse ne peut plus marcher le lendemain de la nuit de noce, du fait de la douleur provoquée par l’acte sexuel, son mari est félicité par ses amis et est alors considèré comme « un vrai homme ». Il peut se vanter de ses exploits, notamment s’il a réussi à faire pleurer son épouse. Si l’époux n’a pas réussi à faire mal à sa femme, il est raillé par les femmes plus âgées, qui lui disent qu’il n’est pas viril et qu’il a un petit pénis. Ainsi, chez les Gusii, même un rapport sexuel légitime et consentant est considéré comme un acte agressif et douloureux pour la femme, impliquant un comportement contraignant et humiliant.

 

Disponibilité des femmes

 

Dans les îles Marshall (Pacifique), on dit que « chaque femme est comme un passage », c’est-à-dire que l’on considère que les hommes ont le droit d’avoir des rapports sexuels avec n’importe quelle femme.

 

Le viol comme menace et punition

 

Dans certaines sociétés enclines au viol, la menace de viol sert à contrôler les femmes. Ainsi, dans les forêts tropicales d’Amérique du

 

 

Sud ou dans la Chaîne Centrale en Nouvelle Guinée, il est assez fréquent que la menace de viol soit utilisée comme un moyen de garder les femmes éloignées des maisons des hommes ou de les empêcher de voir les objets sacrés. Dans une société bien connue des anthropologues, les Mundurucu (Brésil), une légende raconte qu’autrefois les femmes dominaient les hommes, et les agressaient sexuellement. Les hommes leur étaient soumis, et effectuaient le travail des femmes, et les femmes ceux des hommes, à l’exception de la chasse. A cette époque, les femmes contrôlaient les maisons des hommes, et les « trompettes sacrées », qui contiennent les esprits des ancêtres. Or ces esprits demandaient régulièrement une offrande rituelle de viande, que les femmes ne pouvaient pas leur fournir, car elles ne chassaient pas. La légende raconte que les hommes ont alors pu voler ces trompettes et ainsi établir la domination masculine. Les Mundurucu gardent ces trompettes dans les maisons des hommes et interdisent aux femmes de les voir, sous peine de subir des viols collectifs. Ces punitions seraient prétendument nécessaires, afin d’empêcher les femmes de reprendre le pouvoir qu’elles avaient par leur passé. Dans cette société, le viol sert aussi à punir les femmes « dévergondées ».

 

Chez certains Amérindiens chasseurs de bisons, il n’était pas rare que le viol serve à punir une femme adultère. Chez les Cheyenne des grandes plaines, le mari outragé invitait tous les hommes célibataires à violer son épouse.

 

Le viol en temps de guerre

 

Une autre forme de viol est le viol en temps de guerre. Les Yanomamo, vivant dans les forêts d’Amérique du Sud ont pour tradition de brutaliser et de violer collectivement les femmes ennemies qui ont été capturées et qu’ils prennent comme épouses. Le manque de femmes, du aux infanticides des bébés de sexe féminin, est  par ailleurs la principale cause de guerre dans cette société.

 

Les cultures sans viol

 

Les cultures que Sanday appelle « cultures sans viol » sont des cultures où le viol est rare. Le viol n’y est pas totalement absent, mais il est socialement très désapprouvé et il est puni sévèrement.

 

 

Chez les Touaregs du Sahara, quand une femme dit non à un homme, celui-ci n’insiste pas et ne va pas se montrer jaloux d’un camaradeplus chanceux. Les Pygmées Mbuti de la forêt Ituri, les Jivaro d’Amérique du Sud ou encore les Nkundo Mungo d’Afrique, sont également des cultures où le viol semble quasi-inconnu. Beaucoup de sociétés matrilinéaires sont des cultures sans viol. Ainsi, la plus grande société matrilinéaire du monde, celles des Minangkabau d’Indonésie, est une culture sans viol. C’est aussi le cas des Iroquois.

 

Dans ces cultures, les femmes n’ont pas peur du viol quand elles sortent seules. L’anthropologue Maria-Barbara Watson-Franke raconte que, quand elle avoua à une guide Guajiro (Amérique du Sud)  qu’elle avait peur de se promener la nuit dans le désert, cette dernière lui dit qu’elle ressentait la même chose. Mais lorsqu’elle lui narra comment un homme l’avait une fois attaquée en Europe, la femme Guajiro la regarda étonnée : « Tu as peur des gens ? Oh non, il n’y a pas de quoi. Moi je pensai aux serpents ! » .

 

En réalité, les interactions entre hommes et femmes sont très différentes chez les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Dans les cultures sans viol, les femmes sont traitées avec beaucoup de respect, et les rôles reproducteurs et producteurs des femmes sont prestigieux. Bien qu’il puisse y avoir une certaine division sexuelle dans les rôles et les privilèges, les deux sexes y sont considérés comme équitablement importants. Les hommes de ces cultures reconnaissent l’autonomie et l’autorité des femmes. Chez les Minangkabau, les hommes se comportant de manière trop virils sont peu désirables socialement, et ne sont pas considérées comme des bons partis pour le mariage.

 

 

Une grande importance est accordée aux rôles des femmes, notamment dans la continuité sociale. Cette continuité sociale assurée par les femmes s’exprime, dans les sociétés matrilinéaires, par le fait que la mère nomme son enfant – lui assurant un statut de membre du groupe – et pourvoit à ses besoins. Ainsi, chez les Minangkabau, la transmission de l’héritage s’effectue du côté maternel : les enfants n’héritent pas des terres et des biens de leur père. Cette vision est opposée à celle, occidentale, selon laquelle la continuité sociale est assurée par un père autoritaire.  Cette importance de la contribution maternelle n’entraîne cependant pas une essentialisation de la maternité, telle qu’elle existe en Occident. Dans ces sociétés, les mères jouent un rôle important dans la sociabilisation des enfants des deux sexes, et on ne considère pas, que les hommes devraient rompre le lien privilégié qu’ils entretiennent avec leur mère. Ainsi, chez la culture Zuni (Nouveau-Mexique et Arizona), atteindre l’âge adulte signifie réorganiser les liens mère-enfant, et non pas les rejeter. A l’inverse, en Occident, on considère qu’un garçon devient un homme en se séparant de sa mère et en créant des liens avec d’autres hommes. Cela peut passer par l’humiliation et la violence des femmes.

 

Un des facteurs qui puissent expliquer que les sociétés matrilinéaires soient souvent des cultures sans viol est le fait que les hommes y jouent deux rôles bien distincts dans la continuité sociale : celui de père et celui d’oncle maternel. Les pères doivent subvenir aux besoins de leurs enfants, et doivent s’en occuper, mais n’ont aucun contrôle sur eux. Chez les Minangkabau, les pères jouent ainsi un rôle très important dans la vie de leurs enfants ; la relation père-enfant est avant tout émotionnelle. A l’inverse, ce sont les oncles maternels qui exercent l’autorité sur les enfants. Ainsi, les enfants d’une société matrilinéaire ont fréquemment un père, affectueux, et un oncle, autoritaire. La sexualité masculine et l’autorité sont donc dissociées en deux personnes, le père d’une part, l’oncle d’autre part. L’enfant apprend que l’homme qui est le partenaire sexuel de sa mère ne représente pas l’autorité. Ainsi, l’interaction hétérosexuelle n’est pas associée avec la dominance, comme en Occident.

 

 

La violence interpersonnelle est par très ailleurs faible dans les cultures sans viol . Chez les Mosuo de Chine ou chez les habitantsde Bougainville, non seulement le viol est très peu fréquent, mais le meurtre est lui aussi très rare.

 

Enfin, chez ces cultures, l’environnement naturel est souvent regardé avec révérence, jamais exploité.

 

Les pygmées Mbuti représentent typiquement une culture sans viol. Ils respectent fortement la forêt, l’appelant « mère », « père », « amoureuse », « amie ». Les relations entre les sexes sont similaires à celles qu’ils entretiennent avec leur environnement : pacifiques. La division du travail est peu marquée, les femmes participant souvent à la chasse. Il n’est pas honteux pour un  homme de ramasser des champignons et des noix, ou de laver un bébé. Les femmes participent autant que les hommes aux prises de décision. Par ailleurs, il n’y a pas chez les pygmées Mbuti de volonté de dominer les autres et l’environnement.

 

 

Conclusion

 

De ces études anthropologiques, on peut en déduire que le viol ne ferait pas partie de la « nature masculine », mais serait plutôt une conséquence sociétale. Les hommes ne seraient pas des « prédateurs sexuels » par nature.

Sanday apporte une hypothèse sur les causes qui font qu’une culture évolue vers une tolérance au viol, ou non. Elle suggère que dans de nombreuses sociétés, les femmes sont associées à la fertilité, et les hommes à la destruction. En temps normal, la fertilité et la destruction sont appréciées pareillement, mais en période de disette, la destruction et la guerre sont perçues comme les valeurs suprêmes. Le rôle social des hommes acquiert alors un peu plus grand prestige, et le viol leur permet de rappeler leur supériorité

 

24 juin 2013

la vulgarisation fabrique du consentement

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La vulgarisation scientifique est une spécialité du journalisme dont les critiques sont si rares que c'en est douteux. L'image d'Epinal ? Un savoir "savant" produit par un professionnel compétent est vulgarisé par la compétence d'un journaliste qui, tel Prométhée, va le chercher au péril de sa vie, puis l'offre à la population béate. Mais le processus est-il "bon" en soi ?

Avant d'avoir accès à l'éducation populaire qui fera d'un citoyen un honnête citoyen, il faut débourser. Le savoir, vulgarisé, est devenu marchandise commerciale compétitive, et pour survivre, un journal va devoir complaire, et jouer sur l'audimat factor : c'est à l'aune des ventes que se valident les stratégies. De même que les chercheurs sont lancés dans une gigantesque course de lévriers, la vulgarisation doit être compétitive sur le marché de l'information.

Ainsi, stéréotypes et story telling remplacent analyse et esprit critique, et s'opère une sorte de lente "Paris-Matchisation" de la science : fracassantes découvertes et exclusivités y croisent scoops et grands génies. Les "exclusif", les "révélations sur..." font florès. Un nouveau fait ? Moyennant contorsions, il se calera sûrement dans l'un des principaux scénarios vulgarisationnels : appel à l'espoir, comme "Vous pouvez dire adieu à vos lunettes !" (Science & Vie, décembre 2002) ; appel à la peur, "Insectes, pourquoi ils vont conquérir le monde" (Sciences & Avenir, juillet 2003) ; le scoop artificiel, à l'instar de "Théorie du tout, enfin !" (Science & Vie, janvier, 2008), "Ovnis, la révélation en marche" (Nexus, novembre 2008) ; le mode duel, "Dieu contre Darwin" (La Recherche, avril 2006), le mode conquête, défi, etc.

De même qu'une histoire faite de dates ou de grands hommes, la science devient une suite de découvertes, d'illuminations, de génies, de clichés. A la télévision, le docu-fiction supplante le documentaire, Lorant Deutsch remplace Braudel et les Bogdanov Jean Rostand.

Au fond, à l'instar d'une langue, un savoir ne me laisse que trois choix. Soit j'accepte de ne rien savoir du finnois, par exemple ; soit j'apprends le finnois (mais c'est long) ; soit j'opte pour quelques mots, pour demander une bière : dans ce cas, ne me viendra pas l'idée de prétendre parler finnois, au risque de passer pour les Dupondt déguisés en costume syldave. C'est la même chose pour la biochimie ou l'anthropologie. A chacun de choisir entre le savoir (ardu), l'avatar hollywoodien (facile), et la suspension de jugement (humble).

Mais gare à confondre vessie et lanterne : il est des personnes sincères qui viennent lors de mes conférences publiques sur "Science et paranormal" justifier les esprits frappeurs par le chat de Schrödinger et des thérapies "quantiques" par la couverture de Science & Vie "La vie serait quantique" (avril 2011). Et pis encore, avec ces pseudo-connaissances est donnée au citoyen l'illusion d'avoir plus de prise sur son monde. Or il n'y a pas de prise dans un deux-pages révélant tout sur le boson de Higgs, ou dans une lévitation de grenouille à la Fête de la science. On amuse la croisière, mais on se garde bien de la faire penser.

Voici mon hypothèse : à faire rêver sur le nombre de gens qui seront (un jour) sauvés par le décryptage du génome humain, qu'on pourra (un jour) guérir en implantant des puces dans le cerveau ou la possibilité de trouver (un jour) une exoplanète viable, on fabrique un type de consentement.

Il ne s'agit dès lors plus d'instruire, mais de communiquer, de légitimer des projets coûteux, et d'éviter la question qui tue : si ces recherches sont faites au nom du public, pour le bien public, et avec l'argent public, pourquoi n'avons-nous, public, aucun levier politique dessus ? Sommes-nous trop bêtes pour discuter, par exemple, des priorités éthiques, comme la recherche de traces d'eau sur Mars, dans un monde où des millions d'individus n'ont pas d'eau potable ou par exemple pour être entendus sur l'impact sociétal des nanotechnologies ? Probablement, à en croire la Commission nationale des débats publics qui, maligne, organise des débats après et non avant le lancement des programmes de recherche.

Aux groupes qui, comme à Grenoble, contestent cette mascarade, les édiles répondent entre deux railleries par... plus de vulgarisation. Fleurissent alors des animations ludiques et pleuvent des financements de thèses sur l'"acceptabilité sociale des nouvelles technologies" : pile ce qu'en 1926 Bernays a nommé propagande. Quant à donner du pouvoir de décision à M. Tout-le-Monde ? Voyons... il n'est pas expert.

Or faudrait-il donc connaître tout des biotechnologies ou de la recherche spatiale pour pouvoir exprimer un choix politique ? Les politiciens votant les crédits ne sont pas experts non plus, loin de là, et les scientifiques eux-mêmes ne le sont que sur un micro-domaine. Il faut voir le statut de la question. Purement scientifique, une embrouille sera certes laissée aux spécialistes. Une controverse sur l'autorisation des OGM en plein champ ? Il s'agit là d'une question non de science mais de modèle de société, et tout quidam, compétent ou non, a le droit d'être entendu. Le référendum sur le traité constitutionnel ne fut pas réservé aux constitutionnalistes, que je sache.

Alors, au lieu de vulgarisateurs, optons pour des émancipateurs - enseignants tournés vers ceux qui quitteront tôt les bancs et non vers l'excellence, journalistes précis et documentaristes exigeants - transmettant de la pensée libératrice et non des connaissances et ouvrant les esprits plutôt que les remplissant. Leur leitmotiv : quelle est la connaissance minimale à transmettre pour qu'une personne puisse faire ses choix en connaissance de cause ? Bien sûr, leurs articles sont généralement denses et longs comme un jour sans pain, leurs films moins riches, donc moins programmés. Si nous, ignares et experts de peu, mutualisons nos capacités critiques en réseaux, accroissons nos exigences et éventons les impostures, les médias ne pourront qu'abandonner leurs produits préformatés, sous peine de disparaître.

Nous pouvons refuser cette monnaie que cols et blouses blanches consentent à la plèbe pour bons et loyaux impôts, cette vulgarisation du consentement, fausse émancipation qui parque l'opinion publique dans une zone où elle n'empiète pas sur la sphère politique. Sinon, sous prétexte de les instruire, les moutons seront bien gardés.

Le supplément "Science & médecine" publie chaque semaine une tribune libre ouverte au monde de la recherche. Si vous souhaitez soumettre un texte, prière de l'adresser à sciences@lemonde.fr

Richard Monvoisin (enseignant-chercheur dans le collectif de recherche transdisciplinaire Esprit critique & sciences (Cortecs), à l'université de Grenoble)

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