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sammael world
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31 août 2007

NINGYO........

2006013053283

"Les poupées ne doivent exprimer ni de la joie, ni de la colère, ni de l'humour, ni de la tristesse, leur visage doit rester transparent, comme un mirroir, vous renvoyer vos propres émotions. La poupées doit avoir une présence et changer d'expression constamment. Tel un boudha, elle doit etre à le fois l'amour, la mort et la beauté. Elle doit vous permettre de savoir ce que vous ressentez, ce qu'il y a dans votre âme"

Ryo Yoshida

"Mes poupées ne savent ni parler ni vieillir, tout ce qu'elles savent, c'est être aimées...d'un amour à sens unique"

Kimiko Yoshida2006013039794

"les regarder, c'est faire une prière. Elles reflètent votre âme en miroir"

Ryo Yoshida

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27 août 2007

Les joies fugitives

539277580_small


Amour d'un jour
Suffit à vous briser le coeur.
Un jour, c'est court,
Le temps que fleurisse un bonheur.

Manque de pluie,
Le champ restait sec et stérile.
Le sol durci
S'habituait à être infertile.

Lorsqu'un matin,
Une ondée survint, passagère,
Et dans son sein
Se troubla et s'émut la terre.

De tendres fleurs
S'épanouirent dans la rosée,
Vibrant d'ardeur
Pour la vie qui était donnée.

Mais tout soudain,
L'eau cessa d'abreuver le champ.
Les fleurs, en vain,
Se tournaient vers le firmament ;

Puis elles périrent.
Le sol, revêtu de néant,
Parut gémir
Sous le joug des cieux inconstants.

Ainsi mon coeur,
Privé des joies de l'amitié,
Muet et songeur,
Commençait à les oublier.

Vint un visage
Qui sut bien me les rappeler.
De mon jeune âge,
Je retrouvais le doux passé.

L'enivrement
Où je plongeais comme autrefois
Fouettait mon sang
D'un farouche et brûlant émoi.

Quand, brusquement,
A peine m'en étais-je grisée,
L'éloignement
Me ravit mon rêve enchanté.

C'était fini.
Mon être, dans l'isolement,
Abasourdi,
Ne put réfréner son élan.

En moi, il pleure.
Je me ronge dans la solitude
Qu'une faveur
Ne m'a su rendre que plus rude.

Nadeige BAJZIK


12 novembre 2006

Mon rêve familier

mirja28

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

d'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

et qui n'est, chaque fois, ni tout a fait la même,

ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

pour elle seule, et les moiteurs de mon front blème,

elle seule les sait rafraichir, en pleurant.

Est elle brune, blonde ou rousse? je l'ignore,

son nom? je me souviens qu'il est doux et sonore

comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard  des statues,

et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

l'inflexion des voix chères qui se sont tues.

VERLAINE

6 novembre 2006

Toute ma vie....

Image443Toute ma vie j'ai chercher les mots pour dire ce que je ressent, je perd mon temps à trop penser...

Toute ma vie j'ai dit désoler pour les choses que j'aurais du faire...

Je suis toujours arriver trop tard toute ma vie. Il y a trop de choses à dire...

Toute ma vie j'ai regretter les choses que j'aurais du faire, j'ai perdu mon temp à trop penser....

Le courage que j'aurais du avoir, je le regretterai...

Toute ma vie....

5 octobre 2006

douleur

douleurPour se repaitre ainsi de stupre et de sang, il faut bien que mon âme soit semblable à la divinité.

Mais nulle aurore ne dissipe les orgies des dieux......mes aubes miennes sont bileuses et le gout sanglant des chairs lacérées me soulève de nausées...

Quand la bète acéphale a joui et s'est repue, ne reste a l'homme qu'a souffrir le remords et la honte...

Nul echo ne rèsonne ici de mon infinie lamentation d'être sans juge...

Bien des siècles aprés avoir banni la passion, la passion a resurgie dans la retraite de la bète degoutante

Ses yeux portés sur moi font renaitre du tréfonds de la fange de perversion qui croupit en mon âme, la lueur pure et naive de l'emotion.....

Insoutenable

Ma crainte est grande de l'avilir...

Une femme telle qu'il en existe des millions, qui par la vertu de sa seule présence, cette femme là m'apaise...........

Car elle surpasse les dieux, celle qui a su entendre, par delà le vacarme du mal et de l'odieux, mon humaine voix de souffrance......

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10 décembre 2006

jezebel

caf__de_flore

Jezebel wasn't born with a silver spoon in her mouth

She probably had less than every one of us

But when she knew how to talk she knew

How to bring the house down

Can't blame her for her beauty

She wins whit her hands down

Jezbel, what a belle

Looks like a princess in her new dress

How did you get that

Do you really want to know she said

It would seem she's on her way

It's more, more than juste a dream

She put on her stockings and shoes

Had nothing to lose-she said it was worth it

Reach for the top

And the sun is gonna shine

Every winter was a war she said

I want to get what's mine

Jezebel Jezebel

Won't try to deny where she came from

You can see it in her pride

And the raven in her eyes

Try show her a better way

She'll say you don't know what you've been missing

And by the time she blinks you know she won't be listening

Reach for the top she said

And the sun is gonna shine

Every winter was a war she said

I want to get what's mine.

SADE.

22 octobre 2006

ka 2

ka_2Reprenons les chemins d'ici, chargé de mon vice, le vice qui a poussé ses racines de souffrances à mon coté, dés l'âge de raison-qui monte au ciel, me bat, me renverse, me traine.

La dernière innocence et la dernière timidité. C'est dit. Ne pas porter au monde mes dégouts et mes trahisons.

Allons! la marche, le fardeau, le desert, l'ennui et la colère.

A qui me louer? Quelle bête faut il adorer? Quelle sainte image attaque-t-on? Quels coeurs briserai-je? Quel mensonge dois-je tenir? Dans quel sang marcher?

Plutôt, se garder de la justice. La vie dure, l'abrutissement simple, soulever, le poing desséché, le couvercle du cercueil, s'asseoir, s'étouffer.

Ainsi point de vieillesse, ni de dangers: la terreur n'est pas française.

Ah! je suis tellement délaissé que j'offre à n'importe quelle divine image des élans vers la perfection.

O mon abnégation, ô ma charité merveilleuse! ici-bas, pourtant!

De profundis Domine, sui-je bête!

RIMBAUD

C'est tellement vrai.............................

5 octobre 2006

le roi des rats

le_roi_des_atsLe "roi des rats" n'est pas un chef de bande de rats, ce nom a simplement été donné à un phenomène mysterieux dont on n'a jamais compris la signification.

Plusieurs rats se retrouvent rattachés par la queue en un noeud inextricable qui les empéche de se mouvoir et donc de chercher de la nourriture.

Dans "un roi des rats", le nombre de rats ainsi soudés par la queue varie entre douze et trente deux, selon toute vraissemblance, il s'agit de jeunes rats qui, se retrouvant coincés dans un reduit étroit, "par hasard" mèlent leurs queues.

Or dans leur âge tendre, les bébé rats ont la queue enduite d'une sorte de colle. D'autres hypothese ont été émises: certains scientifiques ont pensés que des groupes de mères contraindraient leurs enfants à se nouer la queue  pour que ceux ci meurent de faim. Mais ce serait illogique car de récentes observation ont démontré que "le roi des rats", ne pouvant se déplacer, sont nourris par les autres menbres de la communauté.

Quel intérêt la société ratière aurait elle à faire survivre cette masse invalide?

On l'ignore, voila pourquoi toute une mythologie s'est créée autour de ce phénoméne.

En 1770, des chercheurs allemands ont noté l'emplacement des decouvertes de "rois des rats" pour tracer des sortes d'axes magiques.

En allemagne, ont a compté plus de 80 "rois des rats" au 18e siecle, période ou les populations étaient fascinées par le phenomène.

En france, on en repertorie neuf depuis le debut du siecle.

L'un deux est encore visible au musée de zoologie de strasbourg

17 novembre 2006

5e race....

lounyL' invisibilité n'est plus une objection valable. Au siècle de l'éléctricitè et des ondes hertziennes, du neutrino et de l'ADN, il serait ridicule de nier l'exsitence d'une réalité quelconque sous pretexte qu'on ne la voit pas.

Les forces et les êtres invisibles, dont nous voulons prouver l'existence, certains humains, privilégiés par bature ou par initiation, ont la possibilité de les apercevoir et de communiquer avec eux.

D'autre part, je crois que même les plus insensibles des humains ont ressenti parfois la présence invisible à coté d'eux d'entités inconnues intérférant dans leur existence quotidienne. Les plus scéptiques ont dû constater parfois qu'ils avaient affaire à des représentants de cette 5e race qui fourmille sur terre. Dans le même espace que nous, mais sous des lois differentes.

La frontière entre le monde astrale (qui est celui de la 5e race) et le monde physique (qui est le notre) est trés poreuse. En fait les deux mondes cohabitent dans le même espace, sur la même planète. Ce qui les sépare, c'est une différence de nature, d'essence et de taux vibratoire qui les empêche de se réveler normalement les uns aux autres. Chacun mène sa vie de son coté et les rapports ne s'établissent que par accident ou par curiosité.

C'est pourquoi, en cas de rencontre, je propose de distinguer cinq catégories parmi les menbres de cette 5e race invisible et omniprésente.

LA POUBELLE DE DIEU

Dans la première on comprendra toutes les entités qui grouillent dans le bas astral. Ce sont en quelques sorte des déchets de la création, des ébauches ratées, peut être une étape de transition entre l'animal et l'humain. Ces êtres inférieures participent dans une certaine mesure à l'évolution de l'humanité, mais sans grande chance de succés, car ils sont sans âme, sans raison, sans morale, seulement affectifs et instinctifs. Ils sont mortels; leur longévité est varaible, mais en générale leur vie est fragile, parfois même ephémère. Leur origine est obscure. D'ou viennent ils? se reproduisent ils? qui les crée? mystère. La seul certitude que l'on ait, c'est que certains d'entre eux sont des créatures de l'homme...

Quoi qu'il en soit, ces êtres existent et vivent dans notre entourege le plus proche; nous devons donc prendre toutes les mesures utiles pour nous accomoder de leur présence invisible.

stephanie02

LES AMES EN PEINE

Une deuxieme catégorie doit être réservée, à ce que j'apellerai "les âmes en peine". Ce sont les morts qui ne savent pas qu'ils sont morts, ou qui ne se décident pas à quitter le monde physique, qui ne veulent pas ou ne peuvent pas entreprendre la marche vers la lumière. Alors ils trainent à notre niveau, mais dans les limbes obscurs, guettant le moindre appel, la plus petite brêche qui leur permettrait de refaire surface, dans ce monde délicieux, où l'on mange, où l'on boit, où l'on jouit, où il fait chaud et clair.

Ces âmes, bien sûr sont immortelles, et on ne doit pas les confondre avec les entités de la première catégorie; il ne faut pas les traiter de la même manière. Chaque fois qu'elles en ont l'opportunité, elle se manifestent aux vivants, et ce n'est jamais une rencontre agréable...

LES FORMES-PENSEES

Dans la troisième catégorie je range les "formes-pensées" qui sont créées, émises par nos imaginations et nos désirs. Elles ne vivent que tant qu'elle sont alimentées par le fluide vital de leurs créateurs. Certes, elles existent et elle vivent; elles ont une forme, une substance et un pouvoir d'action. Mais ce ne sont que des entités déléguées. Elles ressemblent à des bulles de savon. Toutefois, il faut plus qu'une pointe d'aiguille pour les crever. Leur puissance est redoutable, pour le bien comme pour le mal...

LES ESPRITS DE LA NATURE

La quatrième catégorie de la 5e race est sinon la plus rice, du moins celle dont les ressortissants nous sont les plus familiers. Elle comprend, en effet, les personnifications des forces de la nature, notamment les énérgies des quatres éléments, qui prennent figure, forme et apparence, dans toutes les éfusions poètiques comme dans les circonstances de la vie courante...

ludy37

DES REPRESENTANTS EN MISSION

Enfin, si j'ouvre une cinquième catégorie, ce n'est que pour mémoire, pour rapeller que dans le monde astral on peut rencontrer aussi parfois des esprits en mission, qui ne sont que de passage, en visite. Ils appartiennent à la hiérachie angélique, non pas à proprement parler à la 5e race, mais plutôt à une 6e race qui ne cohabite qu'accidentellement avec nous, par ordre supérieur. Sur ces "représentants en mission", nous n'avons aucune autorité, aucune influence; nous ne pouvons que les subir, leur obéir ou leur résister. Ne surtout pas les confondre avec les autres membres de la 5e race...

ce texte est tirer du livre de Roger de Laforest, Présence des invisibles, c'est de ce même livre que j'avais tirer la recette pour faire apparaitre des fées!!!!

on n'y croit ou pas, mais ca a l'avantage d'être écrit comme une nouvelle de science fiction, poètique et imaginaire....

" le domaine du mystére est celui qui nous promet les plus belles expériences"

ALBERT EINSTEIN

31 octobre 2006

onde

3897700_smTout, objet, idée, personne, peut se ramener à une onde. Onde de forme, onde de son, onde d'image, onde d'odeur.

Ces ondes entrent forcément en intérférence avec d'autres ondes lorsqu'elles ne sont pas dans le vide infini.

C'est l'étude de des intérférence entre les ondes oblet, idée, personne qui est passionnante.

Que se passe t il lorsqu'on mélange le rock n roll et la musique classique?

Que se passe t il quand on mélange la philosophie et l'informatique?

Que se passe t il lorsqu'on mélange l'art asiatique et la technologie occidentale?

Quand on verse une goutte d'encre dans de l'eau, les deux substances ont un niveau d'information tras bas, uniforme? La goutte d'encre est noire et le verre d'eau est transparent. L'encre en tombant dans l'eau génère une sorte de crise.

De ce contact, l'instant le plus interessant est celui où des formes chaotiques apparaissent. L'instant avnat la dilution. L'interaction entre deux éléments différents produit des formes trés riches. Il se constitue alors des volutes compliquées, des formes torturées et toutes sortes de filaments étranges qui peu à peu se diluent pour donner de l'eau grise.

Dans le monde du non vivant, cette construction trés riche est trés difficile à immobiliser

Mais dans le monde du vivant, une rencontre peut s'incruster et rester figée dans la mémoire.

6 novembre 2006

Histoire banale...

angelLes lueurs immobiles d'un jour qui s'achève

La plainte douloureuse d'un chien qui aboie

Le silence inquiètant qui précède les rêves

Quand le monde disparu l'on est face à soi

Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent

Le noir ou s'engloutissent notre foi nos lois

Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines

Qui nous saisit même aprés les plus grandes joies

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge

Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois

Ces raisons là qui font que nos raisons sont vaines

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire

Ces regards insistants que l'on n'a pas compris

Ces appels évidents ces lueurs tardives

Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit

Ces solitudes dignes au millieu des silences

Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées

Ces ambitions passées mais auxquelles on repense

Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés

Ces liens que l'on séccrète et qui joignent les êtres

Ces désirs évadés qui nous feront aimer

Ces raisons là qui font que nos raisons sont vaines

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

J'ai vu le theatre et je connais les décors

La pièce d'un acte joue encore

Je connais le texte les costumes et les acteurs

Les répliques je les sais par coeur

L'histoire est banale, elle n'intéresse personne...

5 novembre 2006

poesie ???

budhaPendant longtemps, il n'y a eu de poêmes que musicaux, jusqu'au XVIe siècle, on n'imaginait pas de réciter des vers sans accompagnement musical. La poésie et la musique allaient de pair. Elles se séparèrent alors pour suivre chacune sa voie propre, sans pour autant renoncer a renouer, au passage et au gré des inspirations, certains liens intimes.

Longtemps, chacune dans leur domaine, elles évoluèrent du même pas.

Soudain, à notre époque, en ce XXe siecle ou tout change, où la rupture avec le passé s'accentue au point de devenir angoissante, la poèsie semble perdre du terrain. Devenue plus difficile, voire hérmétique, beaucoup moins familière, et moins populaire aussi, elle cède la place à la musique, qui défèrle comme marée d'équinoxe. Grâce aux disques, cd, aux radios de toutes sortes, la musique triomphe enfin de sa soeur, devenue sa rivale.

Elle règne à présent sans partage sur nos existences, nos pensées et nos lèvres.

Le rythme l'a emporté sur la rime.

Les livres de poèsie se vendent mal, les émisions et les journaux littéraires ne laissent plus qu'une place modeste aux poêmes, et les poêtes eux mêmes, devenus des chercheurs de laboratoire ou des donneurs de messages, semblent avoir renoncé à plaire à margot.

Et pourtant...qui ne garde, au fond de sa mémoire, quelques bribes de poêmes à demi oubliés, quelques vers perdus, quelque complaintes, qui reviennent à l'esprit au moindre pretexte?

La poesie, c'est beaucoup plus qu'une forme littéraire, c'est la traduction anoblie de nos émotions, de nos rêves, de nos peines, de nos désirs.

A travers le langage magnifié, nous atteignons à le source même de ce qui nous fait agir, penser et croire.

Il est de grands thèmes lyriques qu'on retrouve dans toutes les poèsies du monde, mais on peut également y découvrir d'humbles vérités quotidiennes. dieu, l'amour, la mort, le lait de la tendresse humaine, ou l'horreur, la peur, la misère et la douleur s'y rencontrent sans cesse, mais aussi le pain, la lampe, un chien, l'aiguille,le puits, une larme sur une joue d'enfant, un pommier en fleur ou un crapaud.

Tout est matière à poésie.

Le plus grave est de l'avoir oublié. Ou, du moins, de le croire. En réalité, nous le savons plus ou moins consciemment, car la mémoire collective en est peuplée.

Redonner vie à cet héritage un peu oublié. Tout à coup, sous nos yeux, renaissent les mots ensorceleurs de poêmes, jadis appris, deja lus, ou simplement feuilletés. Leurs accents ravivent des réminiscences endormies et nous projettent de nouveau monde mystèrieux où opère une étrange alchimie, celle des rîmes et de la raison, des mots et des sensations, des accords qui nous bouleversent tout en nous faisant réfléchir.

Contrairement a ce qu'on a pu croire, la poésie n'est pas morte. Elle n'est qu'endormie et demeure indispensable à le pensée humaine, dont elle est une des formes d'expressions les plus anciennes et les plus spontanées.

Nous redécouvrons que nous avons besoin d'elle pour rire rt pour pleurer, pour maudire et pour aimer. Elle est notre amis et notre messagère. Un livre de poêmes n'est rien d'autre qu'un coeur ouvert.

Flaubert disait: " lisez pour vivre."

En ce siècle matérialiste et technique où nous sommes, ne pourrait on ajouter: lisez des poêmes pour sauvegarder vos capacités de rêver, d'enthousiasme, d'imagination, pour conserver les possibilités d'évasion dont vous eprouvez un tel besoin, enfin pour vous réfugier ailleurs, dans le monde enchanté de l'harmonie poètique, là ou tout est possible, là où il nous est donné d'enfourcher pegase, le cheval ailé qui nous emporte, bien loin de la médiocrité de chaque jour, de nos soucis ou de nos angoisses...

JEANNE BOURIN

4 novembre 2006

.....

ijss_epitapheLe réel, à l'etat pur, arréte instantanément le coeur

PAUL VALERY

Il ya aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir

GUILLAUME APOLLINAIRE

Un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens.

PAUL VALERY

Lorsque l'esprit et l'énérgie s'unissent aprés s'être cristallisés, il se forme du vide du rien un point de feu véritable

LU-TSOU

4 novembre 2006

PROXEMIQUE

ijss_marquis

PROXEMIQUE:

étude de l'utilisation de l'espace par les êtres animés.

Chacun de nous évolue dans une sorte de bulle invisible...

...Et considère que l'espace dans cette bulle lui appartient.

Si quelqu'un s'approche trop près, sa bulle et la vôtre se chevauchent. Et votre espace est envahi.

La distance délimitant l'espace personnel varie. Elle se divise en quatres catégories que nous choisissons en fonction de notre relation avec les autres...

Et qui vont de la distance intime à la distance publique.

4 août 2006

suite.....

DSC00076D'OU TE VIENT L'IDEE DE REALISER UN ALBUM QUI S'INSPIRE DE LA DIVINE COMEDIE DE DANTE?

C'est andreas qui a lancé l'idée. Je ne connaissais pas bien dante et au debut, je ne voyais pas trop l'interet. J'avais deja lu la divine comedie à l'université, mais je n'avais pas fait attention a l'importance du livre. Le plus drole, c'est qu'aprés l'avoir lu, j'avais tout de suite eu envie d'ecrire une chanson dessus, mais aprés ca m'etait carrement sorti de la tete. Il s'est passer quinze ans depuis et finalement je l'ai fait.

J'ai eu un coup de foudre! j'ai remarque que ce que dante ecrivait, les situations qu'il avait vécues, etaient les mêmes que celles que nous vivons aujourd'hui. Evidemment, dans danteXXI nous avons surtout repris l'enfer, qui est la plus concréte et la plus dynamique de l'oeuvre.

CITE MOI TROIS SITUATIONS OU LIEUX DU MONDE MODERNE QUI, D'APRES TOI, CORRESPONDENT AUJOURD'HUI A L'ENFER, AU PURGATOIRE ET AU PARADIS DE DANTE.....

L'enfer c'est la corruption et la pauvreté, surtout en amerique latine ou en afrique. La pauvreté ne te fait pas eulement perdre les biens materiels, elle te fait perdre ton identité et la corruption te prive de ta dignité. Le purgatoire, c'est notre vie de tous les jours. La vie des gens qui travaillent pour nourir leur famille, des gens stressés, fatigués, pleins d'espoirs et qui essaient de realiser leurs petits rêves jour aprés jour. Le paradis.....je crois que tout le monde a un paradis personnel. Ca peut etre la drogue ou une villa avec piscine. Mon paradis a moi, c'est de monter sur scene pour jouer.

POUR LA SUITE CE SERA PLUS TARD.........texte et photos maurizio de paola

9 août 2006

solidarité

900366_smla solidarité naît de la douleur et non de la joie. On se sent beaucoup plus proche de quelqu'un qui a subi avec vous une epreuve pénible que de quelqu'un qui a partagé avec vous un sentiment heureux.

le malheur est source de solidarité et d'union alors que le bonheur divise. Pourquoi le bonheur divise? Parce que lors d'un triomphe commun, chacun ne se sent pas assez recompensé par rapport à son mérite individuel.

Chacun a l'impression d'être la seul source réel de la réussite. Le meilleur moyen de facher des amis est de leur donner une victoire commune. Combien de familles se sont divisées au moment de l'héritage? Combien de groupes de rock'n roll ont pu resister au succés?

Combien de mouvements politiques ont eclaté dés qu'ils ont prit le pouvoir?

On conserve plus facilement ses amis en evoquant ses déceptions et ses defaites qu'en parlant de ses succés.

Le mot sympathie signifie d'ailleurs étymologiquement en grec (soun pathein) souffrir avec.

De même, compassion vient du latin cum patior qui signifie encore souffrir avec.

La plupart des religions ont compris cela. Elles mettent un point d'honneur à cultiver la mémoire de leurs martyrs.

Chacun doit revivre en imagination le calvaire du ou des précurseurs. Et c'est dans le souvenir de ce calvaire que réside la cohésion du groupe.

O n retrouve même certains entrainements militaires ou les recrues sont poussée a bout pour que l'entraide survienne et améliore la cohésion du groupe

20 août 2006

PIERCING: La crainte de la douleur et le chemin de la sagesse

DSC00159J'ai toujours pensé au body piercing en termes d'expérience spirituelle.

Quelquchose par laquelle ont doit passer pour atteindre un niveau de conscience plus élevé.

Le coté immédiat du piercing a le pouvoir de renouer physiquement le lien entre celui ou celle qui se fait percer et son corps.

Peu etre est-ce la douleur qui éveille l'esprit blasé a son entourage?

Il se pourrait aussi que la perssonne qui s'inquiete de la douleur, se fasse un tel monde du moment avenir, que lorsque l'aiguille perce finalement la peau, toutes ses peurs s'envolent, libérant ainsie un sentiment d'euphorie.

Quoi qu'il en soit, il est clair que quelquechose dans l'acte instantané du piercing provoque un changement dans le psyche de la personne.

Apparement pour beaucoup de gens, la douleur du piercing est une prise de conscience. Notre tendance a ignorer le domaine physique nous cause un choc lorsqu'on impose volontairement la douleur. Nous passons la plus grande part de notre existence à nier la mort et à éviter la douleur, mais lorsque nous nous faisons percer, nous prenons la décision consciente d'accepter la douleur dans notre vie.

De plus, en portant des bijoux, nous montrons au monde non seulement que nous sommes capables de supporter la douleur du piercing, mais aussi que nous l'apprécions.

Selon ce raisonnement, plus le piercing est douloureux, plus la personne est capable d'inclure la douleur dans sa vie.

Cependant, certains des piercings les plus douloureux étaient souvent involontaires et endurés comme un rite de passage.

La cérémonie O-KEE-PAH, par exemple, au cours de laquelle un initiés est percé derriere les mamelons avec un couteau tranchant, puis suspendu à des crochets et poussé dans un tourbillon jusqua la perte de conscience, faisait partie d'un rituel plus éloboré destiné à durcir le psyche des futurs guerriers.

Ces expériences ont certainement résulté au moins en un état de conscience altéré, si ce n'est même en une edification complete.

Ce rituel était souvent combiné à d'autres formes de torture qui provoquaient également la perte de conscience, et altéraient le sens de la réalité. Le processus relativement sans douleur du piercing peut il produire un effet semblable à celui de ces rituels?

Il est clair en lisant ces descriptions, que le piercing n'était pas seulement un événement physique pour ces gens. Pourtant, beaucoup précisent que c'est la douleur qui provoque un changement spirituel. Donc, pour transcender le physique, on doit d'abort faire l'éxpérience d'une douleur intense, ou du moins croire qu'elle le sera. Dans ce cas, le piercing est un genre de cérémonie O-KEE-PAH, bien que la peur de la douleur soit en l'occurence plus grande que la douleur elle meme.

Les opinions faussent concernant le piercing font naitre la peur. lorsque la procédure du piercing a effectivement  lieu, les gens réalisent que leurs peurs étaient sans fondement. La douleur intense qu'ils s'etaient préparés a subir n'est pas si terrible que cela, et ils en reste ahuris, lorsque le sens de la vérité da quelqu'un se brise, les portes de la perception s'entrouvrent juste assez pour que des changements mentaux véritablements excitants se produisent.

20 août 2006

FAKIR MUSAFAR

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Pour commencer je tiens a préciser que je ne cautionne pas forcement certaines pratiques que vous pourrez retrouver avec le lien que (j'essaierai) de vous mettre, meme si la demarche spirituel n'est pas ininteressante

http://www.bodyplay.com

je tiens a préciser pour les curieux et curieuses que certaines photos que vous trouverez sur ce site peuvent vous deranger fortement ou meme vous choquez, apres c'est vous qui voyez!!!....

Interview de Fakir Musafar

sujet: le body art: une mode? ou comment preserver l'aspect magique et spirituel

" c'est merveilleux! j'ai du mal a croire qu'il y a moins de 25 ans, il n'existait PAS UNE SEULE PORTE aus usa, au canada, ou en europe, qu'on pouvait franchir pour acquérir un piercing autre que celui des oreilles. Je sais que pour certains lecteurs, cette période de temps peut paraitre une étérnité. Mais en réaliter, l'art corporel que nous pratiquons aujourd'hui est relativement recent, un bébé dans la culture occidentale.

Les questions suivantes se posent: cela durera t il?

Ou allons nous a partir de là?

Nous avons connu l'aube d'une révolution culturelle qui n'est pas encore entièrement apréhendée par la société dominante, mais qu'ils le veuillent ou non, nous avons forcé la porte et nous nous sommes plantés devant eux!

Maintenant, nous sommes partout et nous constituons une force non negligeable.

Nous sommes different, mais comment?

Je pense qu'en ce qui concerne le corps, les tabous vieux de 2000 ans de la culture occidentale judéo-chrétienne sont repoussés, jetés et remplacés par une croyance universelle encore plus ancienne, à savoir que le corps appartient a celui ou celle qui vit dedans, et non pas a un dieu distant assis sur son trône, ni à ses prêtres, émissaires ou représentants. Le corps n'appartient pas non plus à un père/une mère/un frêre/une soeur ou un(e) epoux(se) dominant(e) et exigeant(e).

Ni d'ailleurs à une institution éducative, médicale ou correctionelle.

Aucun de ces "autres" ne peut reclamer la propriété de nos corps. Nos corps NOUS appartiennent, et nous avons le droit d'en faire ce que nous voulons-tant que cela ne diminue pas les droits des autres.

La propriété de nos propres corps et le droit de les décorer, de les modifier et de les utiliser à des fins non autorisées par les codes moraux sur laquelle repose la culture occidentale, sont des idées relativement nouvelles chez nous. Comment cela s'est il produit?

D'ou viennent ces concepts radicaux et ces pratiques?

D'autres cultures, bien entendu! Ce que nous faisons est principalement emprunté à d'autres, un fait que nous ne devons jamais oublier.

Ces dernieres années, j'ai rencontrer de nombreux modificateurs du corps, et j'ai personnellement formé prés  de 1000 d'entre eux à l'art et a la magie du body piercing, aux rites corporels, au tatouage et au branding. Ces arts sont ma passion depuis plus de 50 ans et j'éprouve le besoin de les partager avec quiconque manifestant un intérêt sincère. Je n'ai jamais oublier d'ou viennent ces pratiques, et je traite avec honneurs et respect ceux qui en sont la source.

Cependant, tout commes les marins d'antan qui avaient decouvert le pacifique sud et avaient été émerveillés par ces marques sur la peau, nombreux sont ceux qui pratiquent les arts corporels anciens en nous apportant seulement une PARTIE de ce qu'ils ont empruntés. Oui, il y a plusieurs centaines d'années, ces marins avaient bel et bien rapporté en europe la technique du tatouage. Cependant, ils n'avaient rapporté les traditions ou les raisons pour lesquelles ont créait ces marques symboliques primaires, ni la MAGIE qui les enveloppait.

Donc pendant plusieurs centaines d'années, l'occident a été limité au tatouage illusté-avec des images seulement familières aux occidentaux.

Même si elle comportent une signification pour celui ou celle qui les porte, ces images ne projettent aucune puissance magique comme c'était le cas chez les anciens.

Plus recement, certains d'entre nous sont remontés a la source et ont decouvert la beauté, la puissance et l'energie des styles anciens de tatouage, comme le tribale en noir.

Il en va de meme avec les autres rites corporels que nous avons empruntés.

Les piercing corporels et les piercing utilisés pour se suspendre ont leur origine dans d'autres cultures: celles des indiens d'amérique, des hindous savite d'inde du sud, des sufis, des africains et des asiatiques de l'est.

Une fois encore, ce qu l'on voit dans ces pratiques a été emprunté.

Par contre, ce qu'on ne voit pas, le mouvement et la manipulation des énérgies, l'effet dans les mondes "invisibles", n'a pas été emprunté et fait souvent défaut.

Des le début, j'explique à mes étudiant du piercing et du branding qu'ils rempliront un rôle dans notre culture.

Qu'ils rempliront le role du shaman, celui du sorcier. Ils satisferont un besoin social non pourvu par les religions occidentales, l'education, la médecine, le gouvernement ou la psychiatrie, lesquels sont souvent des enemis de l'édification et de l'expression individuelle par les rites corporels.

L'art corporel contemporain va t il durer?

Probablement pas, si nous ignorons les vérités universelles qu'il contient, ou si nous l'exploitons dans des buts egoistes au commerciaux. Je suis pesuidé que ce que nous faisons est necassaire. Cela fait partie de notre évolution. Je pense que l'art corporel deviendra une partie permanente, accepté et durable de notre culture, si nous honorons ses sources et conservons intact son aspect spirituel."

4 août 2006

quand le hardcore se met a la litterature......

DSC00075DERRICK GREEN FROM SEPULTURA

Si luciano pavarotti a decider d'inviter le groupe sepultura au concert pavarotti and friends et d'interpreter l'un de leurs morceaux (roots de 1994, bloody roots trop bon), il y a une bonne raison.

Beaucoup ne les ont connus qu'au cours de cette soirée, mais depuis le debut des années quatre-vingt-dix, sepultura est un groupe culte de metal, des heros nationaux au bresil et il n'est pas rare de voir leur photos dans les boutiques pour touristes, a coter de celles de pelé ou d'ayrton senna.

Premier groupe brésilien a vendre plus d'un million d'albums au USA, sepultura a survécu au depart de leur leader et fondateur max cavalera (le frere du batteur igor) et il est devnu une legende dans le rock "engagé".Les rythmes percutants du métal et de l'hardcore s'unissent a des arrangements tribaux et orchestraux et a des textes jamais banaux qui dénoncent les inégalités sociales et la politique. Leur brésil est fait d'énormes gratte ciel opressants, de villes chaotiques, de violences et de monstrueuses inégalités humaines et sociales.

Ils ont donc puiser dans ce scénario pour realiser leur dernier album intitulé Dante XXI, un titre qui s'inspire clairement de la divine comédie de dante alighieri. Naturellement, cet album parle plus des damnés et des calvaires que d'une redemption improbable.

C'est ca le XXIe siecle, et sepultura ne fait autre que de le decrire sur les notes d'une musique puissante et intense

6 novembre 2014

les sikhs........

 

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Nihang signifie crocodile en langue perse. Ce terme désigne parmi les sikhs, les moines guerriers ou chevaliers appelés aussi Akalis, dérivé du sanskrit Akal Purusha signifiant "L'éternel".

Enveloppés dans leur longue tunique bleu-nuit, la tête recouverte d'un turban haut de forme fixé par des disques d'acier, ficelé de chapelets et orné de broches en forme de sabres et de glaives, symbole de la religion sikhe, des milliers de guerriers se provoquent en duel dans les rues d'Anandpur Sahib, ville sainte de la religion sikhe, sur les contreforts himalayens, au Pendjab. Les adversaires se toisent, s'esquivent et s'élancent dans un corps-à-corps éperdu. Les lames sifflent, lances et boucliers s'entrechoquent violemment. Puis, épuisés, les duellistes se saluent et disparaissent au milieu des turbans bariolés.

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Ils se considèrent comme les ultimes descendants du Khalsa, un ordre militaire et religieux fondé en 1699 par le dernier chef spirituel sikh, Gurû Gobind Singh, pour défendre son peuple contre le pouvoir moghol.
Aujourd'hui encore, 10 000 Nihangs répartis en quinze communautés sillonnent le Pendjab. S'ils ont conservé les attributs martiaux de leurs prédécesseurs, leurs armes n'ont plus qu'une fonction d'apparat et leur office, jadis militaire, est aujourd'hui purement symbolique : fermiers penjâbis pour la plupart, ces moines guerriers se sont donnés pour mission de perpétuer la mémoire des redoutables milices de Gurû Gobind Singh.

Les Nihangs se déplacent toute l'année de fêtes en rassemblements religieux. Ils distribuent des habits et de la nourriture aux plus démunis. Ils arbitrent des conflits lorsqu'on leur demande. Ils jouent un rôle de lien social entre les sikhs, au nom de Dieu. La protection des sikhs est la principale mission revendiquée par les Nihangs. Chaque année, en mars, à Anandpur Sahib, la parade militaire de la Hola Mohalla est l'occasion pour les Nihangs de mesurer leur prestige historique et de recruter de nouveaux guerriers parmi une foule qui peut aller jusqu'à trois millions de fidèles qui viennent admirer leur arsenal resté inchangé depuis trois siècles, leurs écuries de pur-sang et leur turban pouvant mesurer jusqu'à 425 m de long et peser 35 kg.

Les traditions se perdent dans la communauté sikhe gagnée par l'attrait de l'Occident. Par leur simple présence et par la transmission orale de leurs mythes, les Nihangs œuvrent à en perpétuer la mémoire.

Historiquement le terme Akali a été utilisé pour désigner les armées sikhes qui ont résisté aux Moghols à la fin du xviie siècle. Il a été employé à nouveau lors de la volonté des peuples de l'Inde à être indépendants; durant cette période d'agitation, Akali désignait le mouvement qui luttait pour garder le contrôle sur ses temples sikhs, les gurdwaras, avant la loi sikhe sur les gurdwaras de 1925

 

 

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Guru Hargobind

 

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Guru Har Gobind.

 

 

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Les deux épées qui se rejoignent sont le symbole du Miri-Piri dans le khanda, le signe du sikhisme.


Guru Hargobind (1595-1644) fut le sixième guru sik. Il est le fondateur du principe du « Miri-Piri »: l'alliance de la foi et du pouvoir temporel. Il a aussi fait édifier l'Akal Takht (Trône de l'Intemporel) à Amritsar, un des cinq temples les plus vénérés par les fidèles. Suite au martyr de son prédécesseur, Guru Arjan, il a été contraint de prendre les armes contre l'oppression et donc de se soulever contre l'empereur de l'époque. Guru Hargobind est aussi dénommé: Guru Hargovind.

Le principe du « Miri, Piri » illustre les conséquences de cette action. En effet jusqu'alors Les sikhs étaient plutôt pacifiques. Mais le sacrifice de Guru Arjan montra les limites du pacifisme. Dès lors Guru Hargobind porta deux épées. L'une d'elles symbolisant le pouvoir temporel, le « Miri », et l'autre symbolisant le pouvoir spirituel « Piri ».

Généralités

Enfant : Gurdita Ji, Ani Rai, Tegh Bahadur, Atal Rai, Suraj Mal & Bibi Viro Ji

Date et âge du jour où il devint guru : 11 juin 1606, 11 ans

Régime politique : Jahângîr & Shâh Jahân (empereurs moghol)

Joti-jot Date et lieu de décès : 19 mars 1644, Kiratpur Sahib

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Un sikh se doit d'être un « saint guerrier »', il se doit de réagir face à l'injustice ; cela peut impliquer un soulèvement armé, cependant il faut garder à l'esprit que l'utilisation des armes est le dernier ressort dans la philosophie sikh. Il reste pour autant pacifique, mais il ne peut rester passif. D'ailleurs les sikhs ont pour ordre de se défendre, de défendre plus généralement et non pas d'attaquer.

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Le « Piri », ou pouvoir spirituel, reste un pilier de la philosophie Sikh. Guru Hargobind sahib ji ne se détache pas de la philosophie du fondateur en prenant les armes. En gardant cette épée, le sixième guru s'attache à montrer qu'un Sikh se doit toujours de méditer et de respecter les enseignements des cinq premiers gurus. Le « Piri » est donc une manière de rester attaché à la source et au désir de l'épanouissement de l'âme.

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Akal Takht

Le « Akal Takht » est l'un des cinq Takhts. Il a été construit en face du Harmandir Sahib: le Temple d'Or. Il est le « siège politique » de Khalsa panth (nation sikh, ensemble des khalsa). C'est là où se règlent toutes les questions religieuses, de politique, de philosophie, etc.

Descendants de l'ordre des moines-guerriers sikhs créé au XVIIe siècle, les Nihangs traversent les siècles. Maîtres en arts martiaux, ils se déplacent sans cesse à travers l'Inde pour répandre leur message de paix universelle, armes à la ceinture.

Àl'instar des Sikhs, ils se nomment tous «Singh» (Lion), les «sans-peur» du Pendjab. Stupéfiants personnages tout droit sortis d'un roman de Kessel ou d'un poème de Rumi, les Nihangs sont les héritiers de l'armée sainte créée, en 1699, à Ananpur Sahib par l'ultime gourou sikh Gobind Singh Ji. Leur rôle? Défendre sans relâche les idéaux et le territoire sikhs, jadis menacés par les extrémistes musulmans et hindous, les invasions mongoles et l'impérialisme britannique. Leurs valeurs, considérées par certains comme archaïques, sont encore aujourd'hui le centre de leur quotidien. Pas un jour ne passe sans qu'ils n'aident les plus pauvres comme les plus riches, par leurs prières et leur dévotion, afin de lutter contre tout terrorisme. En tant qu'«extrémistes» de la paix, ils dédient leur vie, leur foi et leur travail au bien commun. Et c'est là que réside l'affection que le peuple leur porte.

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Ces imposants turbans sont composés de bandes de tissu qui peuvent parfois mesurer plusieurs centaines de mètres et peser une trentaine de kilos. Temps d'installation, deux à trois heures.

Des enfants vont jusqu'à quitter leur foyer pour suivre ces personnages de légende. Des familles, plus privilégiées, lèguent des récoltes de céréales, de fruits ou de légumes quand d'autres, plus humbles, partagent avec eux le peu de lait qu'ils ont. Des hommes d'affaires offrent des onces d'or, et des chevaux leur sont légués en guise d'offrandes sacrées. D'autres dons faits à la diaspora sikh aident à la construction de nouveaux gurdwaras (temples, littéralement: «porte du guru») ou permettent l'achat de machines agricoles et autres véhicules nécessaires à la communauté.

Enfin, l'État indien les invite à voyager gratuitement sur l'ensemble de son réseau ferré national. Considérés dans le pays comme des héros, les Nihangs galvanisent les foules et envoûtent l'âme collective! Mais les Nihangs se battent sans relâche pour préserver leur mode de vie ancestral mis à mal par une Inde émergente. Les lois de la Bourse et de la finance s'entrechoquent avec les dix vertus nihangs: la compassion, la charité, le pardon, la propreté, le contrôle de l'esprit, la pureté, la vérité, l'accomplissement spirituel, la témérité guerrière et la dévotion à leur Dieu unique. Des notions nobles qui semblent avoir du mal à trouver leur place dans un pays en plein développement industriel.

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Une vie de discipline rythmée par des textes spirituels

Leur combat est aussi celui d'un peuple. Une ethnie entière luttant contre l'oubli de ses traditions et de son histoire. D'où l'importance cruciale de ces «armes-parures», mémoires des persécutions subies et de leurs racines guerrières. Ces décorations qu'ils arborent fièrement sont le symbole paradoxal d'une lutte pourtant pacifiste. Elles sont les emblèmes des valeurs qu'ils défendent: indépendance et liberté face à une course effrénée vers la modernité, propre à notre époque. Dignes en toute circonstance, ils vivent en autarcie sur les vastes domaines de leurs gurdwaras ouverts à tous, de jour comme de nuit. Ils y élèvent buffles et chevaux, cultivent les terres de leurs ancêtres et offrent chaque jour des dizaines, des centaines, voire des milliers de repas aux pèlerins, des vêtements aux plus démunis et le gîte aux sans-logis.

Ici encore, cette générosité n'est que le fruit du respect des traditions et des textes sacrés: «Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak, qui gagne sa vie à la sueur de son front et ensuite partage avec les autres.» Car la vie des Nihangs et des Sikhs est principalement régie par des écrits spirituels qui font presque office de loi. Une de ces références incontournables: le Sri Guru Granth Sahib. Fondement absolu, pierre angulaire de l'âme de la tradition du sikhisme, ce livre recueille l'enseignement précieux des dix gourous sikhs. Vénéré et considéré comme le onzième gourou, cet ouvrage est traité comme une véritable personne.

La journée, «Il» vit sous le dais d'un autel sacré, sur un lit sans cesse étoffé de nouveaux tapis, draps, coussins et de tissus brodés d'or arborant de multiples couleurs. Des disciples l'éventent à l'aide de grands éventails en plumes de paon, symboles d'immortalité. Ils le lisent et propagent sa parole jusqu'à son coucher. C'est alors qu'on le déplace avec précaution et cérémonie dans une autre pièce pour qu'il entame sa nuit, toujours sur un lit digne d'un roi. Avant que l'aube se lève, son réveil est accompagné par des hymnes chantés. Ce manuscrit guide les Sikhs tout au long de leurs vies, puisque c'est aussi dans ses pages que les jeunes Nihangs apprennent à lire et à écrire.

Beaucoup d'enfants choisissent de suivre les Nihangs, considérés comme des héros par la population.

L'éducation des enfants n'est pas laissée au hasard. Très tôt, ils reçoivent une instruction aussi rude que complète. Leur enseignement dispense des cours d'arts martiaux, d'équitation, de voltige, de musique et de chant.

 

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Le dressage des chevaux est une des pierres angulaires de l'éducation nihang.

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Le soin des chevaux tient une place importante dans leur apprentissage. L'enfant et l'animal grandissent en frères ; un lien unique et puissant se tisse entre le cavalier et sa monture. Chaque matin, les enfants embrassent les chevaux, parlent avec eux, s'occupent de leur alimentation. Considéré comme un messager saint, le cheval est au centre d'un bon nombre de cultes. Une sorte d'idole qu'on orne régulièrement de milles parures lors des événements communautaires.Certes, les Nihangs n'ont de cesse de répéter «Le monde est notre famille», mais leur Terre sainte se situe à Ananpur Sahib, berceau de leur tribu et de leurs traditions. Et c'est ici, sur les flancs de l'Himalaya, au début de l'équinoxe de printemps, que la communauté sikh se rassemble à l'occasion du festival du Hola Mohalla, hommage rendu au dixième gourou et à son armée sainte.

Toutes sortes de véhicules: camions, tracteurs, chariots, bus, voitures, motos et même bicyclettes acheminent quelque 3 millions de pèlerins. De véritables rivières humaines déferlent jusqu'au coeur du sanctuaire de Gobind Singh Ji, la gurdwara Keshgarh Sahib ; et même les voies les plus minuscules de la cité débordent de flots humains. L'effervescence est à son comble. Il suffit de les rejoindre pour être emporté par la ferveur collective. Alors l'individu se noie, disparaît pour ne faire plus qu'un avec l'âme des Sikhs. Pendant ce festival, rien ne saurait endormir ces hommes, ces femmes et ces enfants. Pas même la douceur des nuits étoilées du Pendjab. Au coeur des gurdwaras, des tentes, des caravansérails, ou assis au bord d'un trottoir, tous font la fête au rythme d'hymnes scandés sans cesse par des haut-parleurs insomniaques. La cité ne vivra pas une minute de repos: les battements des tambours nihangs, qui génèrent cet état de transe, ne connaissent jamais le silence. L'événement est ponctué de tournois.

Chaque Nihang est un cavalier et un acrobate hors pair. Se tenir debout sur deux chevaux lancés au galop: un numéro de voltige traditionnel mais toujours très impressionnant.

Aux quatre coins de la ville, les Nihangs s'affrontent lors de joutes où chacun peut exposer ses talents de cavalier, ou sa maîtrise du gatka - un art martial comprenant une impressionnante panoplie d'armes, comme le kukri (également présent chez la troupe d'élite des Gurkhas), ou lechakram, un anneau de métal tranchant. Contempler un Nihang chevaucher pieds nus sa monture lors d'un galop effréné est un spectacle unique: frissons et poussées d'adrénaline garantis. On ne peut s'empêcher d'être bouleversé par l'allure, l'élégance et la fierté presque arrogante de ces individus, qui semblent invincibles face au commun des mortels.

 

 

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Des chefs de clan, garants d'une justice équitable

Au coeur des camps nihangs, de larges tentes tendues sous un soleil de plomb se transforment en confessionnaux. À l'intérieur, les représentants des 22 clans nihangs reçoivent les disciples venus présenter leurs doléances. Assis sur des lits de cordes posés sur une estrade, ils écoutent patiemment, avec équité, tous les fidèles venus se prosterner devant eux. Une fois l'entretien terminé, les chefs offrent leur bénédiction et un repas contre des poignées de roupies en offrande. Puis les barrières hiérarchiques se lèvent pour que tous méditent ensemble autour d'un repas. Un moment où plaisirs terrestres et spirituels se mélangent dans la plus pure tradition sikh.Et le bhang, boisson rituelle ancestrale préparée à base de céréales et d'herbes - dont la marijuana -, unit l'âme collective dans une ivresse mystique. Préparée autrefois pour décupler le courage des guerriers, cette potion devient pour certains une drogue.

Bu quotidiennement à faible dose, l'élixir des Nihangs favorise l'abnégation ; mais consommé en forte quantité, il devient nocif, tant pour la santé que pour le respect des règles. Certains, avilis par la prise du bhang, fomentent des complots visant à s'emparer du pouvoir, notamment lors de l'élection du grand chef, qui attise les convoitises. Des meurtres viennent ternir l'histoire de cette tribu pourtant pacifiste. Mais un homme reste un homme. Et les électeurs de ce chef suprême, les grands sages et les autres chefs, voient parfois leurs choix menacés par le fil d'un sabre ou par la balle d'un fusil. Un paradoxe pour ces moines, guerriers de paix, dont le regard semble transpercer l'âme de celui qu'ils regardent. La forteresse de leurs secrets semble inviolable. Mais pour tenter de comprendre ce peuple unique, reste cette inébranlable maxime: «Seul Dieu est pur. Suprême et pour toujours.»

 

 

Quand les Nihangs sillonent le Pendjab, ils font halte dans ces caravansérails, lieux de repos pour pèlerins et marchands itinérants.

 

 

Sikhisme

Le Khaṇḍā est le symbole du sikhisme.

Le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l'Inde au xve siècle par le Gurû Nanak.

Le mot « sikh » est dérivé du mot sanskrit शिष्यः (śiṣya) signifiant disciple ou étudiant, ou de शिक्ष (śikṣa), signifiant étude ouinstruction. L'expression du monothéisme des Sikhs réside dans le symbole ੴ - Ek Ong Kar, que l'on peut traduire par « une seule (ek) conscience créatrice (ong) manifestée (kar) ». Transcrit littéralement cela revient à dire « l'âme de dieu ». La doctrine du sikhisme se fonde sur les enseignements spirituels des Dix gurûs, recueillis dans le Siri Guru Granth Sahib.

 

Histoire

Une vue du Temple d'Or et son sarovar à Amritsar.

Gurû Nanak (1469-1539), fondateur du sikhisme, est né dans le village de Talwandi, nommé maintenant Nankana Sahib, près de Lahore, dans l'actuel Pakistan. Ses parents sont hindous et appartiennent à une caste marchande : les Khatri du Punjab. Dès son enfance, Guru Nanak est fasciné par la spiritualité et montre des dispositions peu ordinaires pour l'apprentissage. C'est sans doute durant cette période qu'il découvre l'enseignement du poète saint Kabîr (élevé dans une famille musulmane), père de la littérature hindi, un homme révéré à la fois par les hindous et les musulmans. Après une expérience spirituelle de « fusion » avec l'essence de toute chose, Gurû Nanak compose le Jap Ji Sahib, poème mystique qui résume un enseignement qu'il décide de partager. Il voyage dans toute l'Inde et dans de nombreux pays environnants - Népal, Tibet, Sri Lanka, avant d'entamer un long périple au cœur du monde musulman. En effet, le premier disciple et ami d'enfance de Guru Nanak, Mardana, barde attaché à la famille du Gurû, est de confession musulmane. Mardana décide de suivre Guru Nanak qui effectue son pèlerinage à La Mecque. Ce voyage les conduira notamment dans la péninsule d'Arabie, en Perse et en Afghanistan.

Après plusieurs années de voyage, Guru Nanak réunit une communauté et fonde un village, Kartarpur - la Ville du Créateur. Il enseigne sans relâche et de nombreuses personnes viennent à son enseignement. La religion, pense-t-il, est un lien pour unir des hommes, mais dans la pratique il constate qu'elle monte les hommes les uns contre les autres et est à l'origine de nombreuses discriminations : entre hommes et femmes, entre castes, entre religions, entre origines ethniques, etc. Il regrette en particulier l'antagonisme entre hindous et musulmans, quand lui voit la richesse commune de ces deux religions. Une sentence bien connue de Guru Nanak est : « Il n'y a ni hindou et ni musulman. » À ceux qui demandent alors qui ils sont s'ils ne sont ni hindous, ni musulmans, il répond : « vous êtes des disciples ». C'est ainsi que le mot Sikh (disciple), se répand.

Un des cinq Takhts du sikhisme: un des cinq temples majeurs; ici l'Harmandir Sahibà Patna dans l'état du Bihar, en Inde.

Gurû Nanak est opposé au système des castes. Ses fidèles se réfèrent à lui en tant que gurû (professeur, maître). Avant sa mort, il indique un nouveau gurû pour être son successeur et pour mener la communauté. Le dixième et dernier gurû, Gurû Gobind Singh (1666-1708) introduit la cérémonie de baptême sikh en 1699 donnant par là une identité caractéristique aux Sikhs. Les cinq Sikhs nouvellement baptisés sont appelés Panj Pyare, Les Cinq Bien-Aimés, qui baptisent à leur tour le gurû à sa demande.

Avant son décès, le gurû complète l'Âdi Granth des œuvres de son prédécesseur, le renommé Siri Guru Granth Sahib, et commande qu'il soit dorénavant l'autorité spirituelle définitive et que l'autorité temporelle passe au Khalsa Panth - la Communauté des Sikhs. Le livre saint des Sikhs est compilé et édité par le cinquième gurû, Gurû Arjun en 1604. Ce sont les premières écritures saintes dans le monde à avoir été compilées par les fondateurs d'une foi au cours de leur vie (les écrits saints de la religion bahá'íe au xixe siècle étant également tous rédigés par le fondateur lui-même ou en sa présence). Elles sont surtout rédigées en punjabi, mais aussi en hindi, en persan, etc.

Guru Arjan construisit également le mondialement célèbre Gurdwârâ - Darbar Sahib, à Amritsar, qui est le centre du Sikhisme.(Et le Maharaja Ranjit singh met de l'or sur ce Gurdwara).

Durant le xviiie siècle, les Sikhs firent l'objet de répressions et de persécutions diverses de la part des autorités, poussées par le fanatisme général. Ils durent faire des sacrifices extrêmes pour protéger et préserver leur foi et leur identité. L'empire moghol était en voie de désintégration, les Afghans, sous la conduite d'Ahmed Shah Abdali, avaient commencé à envahir le pays. Les Sikhs profitèrent de ces circonstances pour établir leur propre royaume qu'ils achevèrent de constituer sous le Maharaja Ranjît Singh (1780-1839). L'empire sikh dura un demi-siècle et fut annexé par les anglais en 1849.

Ek onkar une des syllabes sacrées du sikhisme.

Durant la guerre d'indépendance de l'Inde, de nombreux Sikhs furent pendus, durent faire face à toutes sortes de brutalités, se battre contre l'occupant, subir de longues périodes d'emprisonnement afin de libérer le pays. Bien que les Sikhs ne représentent que 1,8 % de la population de l'Inde, ils se sont néanmoins forgé une solide réputation dans pratiquement tous les domaines, tels que l'armée, l'agriculture, les sports, l'industrie, l'éducation, la médecine, l'ingénierie, etc., à force de persévérance et de travail dans un esprit de dévouement missionnaire. Leur goût de l'aventure et de l'entreprise les a conduits dans presque tous les pays du monde.

Religion et philosophie

La religion sikh est strictement monothéiste. Ses adeptes croient en un seul Dieu Suprême, Absolu, Infini, l'Éternel, le Créateur, la Cause des causes, sans inimitié, sans haine, à la fois immanent et transcendant. Il est appelé: le Guru Suprême (ou en langage courant, « Quel Dieu! »).

« Ô mon âme, tu es l'incarnation de la lumière,
Connais ton Essence,
Ô mon âme, le Seigneur est toujours avec toi,
À travers la parole du Guru, jouis de Son Amour,
Connaissant ton Essence, tu connais ton Seigneur,
Et tu connais le mystère de la naissance et de la mort » »
(Guru Granth, p. 441)

 


Le postulat de base du sikhisme est qu'il n'y a pas de péché originel, mais la vie ayant émané d'une Source Pure, le Seigneur de Vérité demeure en elle.

Ainsi Guru Nanak dit:

« O mon âme, tu es l'étincelle de la Suprême Lumière,
Connais ton Essence »

Non seulement toute la philosophie sikhe, mais aussi toute l'histoire et le tempérament des Sikhs découlent de cette manière de voir.

Les Sikhs ne reconnaissent pas le système de castes, ils y sont même farouchement opposés ; le sikhisme s'est créé sur un concept d'égalité de droits pour tous. De même, les sikhs ne croient pas en l'adoration des idoles, dans les rituels ou les superstitions. Dieux et déesses ne sont pas considérés comme des êtres.

Cette religion correspond à une manière d'être, de rendre service à l'humanité et d'engendrer tolérance et fraternité vis-à-vis de tous. Les Gurus du sikhisme ne demandent pas le retrait du monde pour atteindre le Salut. Il peut être atteint par chaque personne qui gagne honnêtement sa vie et mène une existence normale.

« Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak,
qui gagne sa vie à la sueur de son front
et ensuite partage avec les autres »
(Guru Granth, p. 1245)

Richesse et possessions personnelles ne sont pas des obstacles à la réalisation d'idéaux spirituels :

« Ceux qui sont dans l'intimité du Seigneur, par la grâce du Guru,
Parviennent au Seigneur au sein de Maya (c'est-à-dire abondance) »
(Guru Granth, p. 921)

Le Sikhisme préconise la lucidité et le courage authentiques (au-delà du clivage pessimisme/optimisme) :

« Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
alors il est parfaitement juste de tirer l'épée. »
(Guru Gobind Singh)

La position doctrinale de Guru Nanak est assez simple, en dépit de son origine. La cohérence du sikhisme est à mettre au bénéfice de son concept central simple - la souveraineté d'un Dieu unique, le Créateur. Guru Nanak l'appelle « Le Nom Vrai » (Satnam) pour éviter d'utiliser un terme qui soit plus restrictif. Il enseigne que « Le Nom Vrai », qui se manifeste de manières diverses, dans des endroits divers et par des noms divers, est éternellement « Un », Dieu souverain et omnipotent, à la fois transcendant et immanent, créateur et destructeur, intemporel et partout présent.

Selon Guru Nanak, discuter quels composants de sa croyance proviennent de l'hindouisme, quels sont musulmans, c'est discuter comme un idiot qui cherche quelle religion possède le droit de professer des concepts universels tels que la bonté, la charité, l'honnêteté, la vénération du nom de dieu, le respect des autres.

Gurû Nanak souscrit également à la croyance en la mâyâ, l'illusion du monde physique. Bien qu'il considère les objets matériels comme des réalités et comme des expressions de la vérité éternelle du créateur, ils tendent à ériger « un mur d'erreurs » autour de ceux qui ne vivent que dans un monde des désirs matériels. Ceci les empêche de voir le Dieu vrai qui a créé la matière comme un voile autour de lui, de sorte que seules les consciences spirituelles, libérées du désir, puissent le pénétrer.

Le monde est immédiatement vrai dans le sens qu'il est rendu manifeste aux sens par la maya, mais il est finalement irréel puisque seul Dieu est finalement vrai. Conservant la doctrine hindoue de la transmigration des âmes c'est-à-dire du samsara, ainsi que son corollaire, la loi du karma, Nanak conseille aux fidèles de ne pas prolonger leur cycle de réincarnations par une vie hors de Dieu en optant pour l'égoïsme, les plaisirs charnels et une vie matérialiste.

Pour faire suivre le voie divine, il faut vivre en faisant des actes charitables, des prières, méditer pour parfaire son propre karma. On doit ne penser qu'à Dieu, répéter sans fin le nom de Dieu (Naam Japna) et ainsi unir son âme avec Dieu. Le salut, dit-il, ne signifie pas entrer au Paradis après le Jugement dernier, mais s'unir à Dieu et se fondre en Lui.

Un Sikh ne peut avoir foi en aucun autre prophète vivant ou non vivant. En accord avec le Sikhisme, Dieu n’apparaît jamais sous forme humaine. Le paradis et l’enfer n’existent que dans ce monde.

Le Sikhisme est basé sur la théorie du karma6 et de la réincarnation ; on évite les réincarnations en renonçant aux vices (viande, alcool, tabac, jeux de hasard), en surmontant son propre égoïsme (haumai), en menant une vie intègre et honnête, car le but suprême de l'existence est la libération (mukti). Dans le Sikhisme, le concept de la Libération n’est pas dans un « autre monde », c’est d’être un Sachiar, « réalisé par Soi-Même », obtenu par la grâce divine.

Le pèlerinage vers des lieux « saints » ne trouve pas sa place dans le Sikhisme. Pour un Sikh, Shabad (la Parole) est le seul lieu saint et l’eau sacrée des rivières, la méditation, et une vie de vérité sont le seul pèlerinage.

Le Sikhisme n’est pas une religion fataliste. Un Sikh se soumet à la volonté de Dieu mais est toujours disposé à se battre pour de meilleurs lendemains.

Le Khalsa

Article détaillé : Khālsā.
Guru Nanak et les neuf autres gurus du sikhisme.

Le Khālsā (mot d'origine persane qui signifie « pur »), est le nom, initialement donné par Gurû Gobind Singh, à l'ordre chevaleresque des Sikhs qu'il créa en 1699. Par extension, le mot désigne chaque membre de cet ordre, chaque Sikh (homme ou femme) qui a été baptisé ou initié en recevant l'Amrit.

Les sikhs initiés (sikhs amritdaris, doivent suivre la règle des « 5 K »  : ils doivent porter les cheveux longs et la barbe(Kesh); porter en permanence un peigne dans les cheveux (Kangha) ils portent aussi un poignard recourbé, un turban, un bracelet en fer, le Kawra, symbolisant l'unité (boucle sans fin) et un caleçon spécifique, le Kacchera.

Les sikhs non initiés ne portent pas tous ces attributs.

La quasi-totalité des sikhs sont végétariens.

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Lieu de culte

Le temple sikh s'appelle Gurdwârâ (littéralement : « la porte du Guru »). Pour y entrer, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Le temple est un lieu ouvert à tous, croyant ou non, ils se doivent de vous accueillir dans le respect tant que vous faites de même. Pour être reconnu comme un temple officiel, il faut remplir ces trois critères: arborer le drapeau orange, contenir le livre sacré et être en mesure d'offrir gîte et nourriture. La salle principale du temple contient le trône, le Guru Granth Sahib sous un dais. Les sikhs se prosternent devant le livre sacré et déposent un don d'argent, avant de s'asseoir par terre pour prier. En sortant, on vous proposera d'aller manger quelque chose au Langar (cantine communautaire gratuite créée à l'origine entre autres pour lutter contre la séparation des castes). C'est un devoir pour un sikh de participer au service communautaire.

Les Sikhs dans le monde

Les Sikhs sont installés principalement au Pendjab, pour 80 % d'entre eux, mais aussi dans la région de Delhi. En Inde, on estime la communauté Sikh à quelque 20 millions de personnes, soit environ 2 % de la population indienne.

Ailleurs dans le monde, on trouve aussi d'importantes communautés Sikh au Pakistan, Royaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques - Canada,Australie, Singapour, Kenya, etc. - et aux États-Unis, ainsi qu'en Indonésie.

Notons également qu'il existe une communauté de plus en plus importante de Sikhs occidentaux - ou d'origine non indienne - pour la plupart pratiquants du Kundalinî yoga. Cela s'explique par l'appartenance à la spiritualité Sikh de Yogi Bhajan, maître de Kundalini Yoga, et par les nombreuses passerelles qui existent entre l'enseignement spirituel des Sikhs et celui du Kundalinî Yoga tel qu'il a été popularisé par Yogi Bhajan. Notons par exemple que la plupart des mantras du Kundalini Yoga sont extraits du Siri Guru Granth Sahib.

En Amérique du Nord

Après les attentats du 11 septembre 2001, nombreux sont les Américains ayant confondu les symboles de croyance religieuse sikh, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont effectué les attaques. Ces derniers se retrouvent souvent maltraités et confondus avec les musulmans. Dans les mois qui ont suivi l'attaque, pas loin de 300 incidents ont été rapportés sur le sol américain, incluant menaces, actes de violence, et même meurtre (voir meurtre de Balbir Singh Sodhi).

Le 2 mars 2006, un jugement de la Cour suprême du Canada a légalisé le port du kirpān dans les écoles publiques, en se fondant sur le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution. La Cour a jugé qu'une autorité scolaire ne pouvait interdire totalement le port du kirpan par un élève, dans la mesure où lekirpan est porté dans des conditions sécuritaires (lame cousue dans son étui).

Le 5 août 2012, un homme ouvre le feu dans un temple Sikh dans la banlieue de Milwaukee, au nord de Chicago. Le bilan fait état de 7 morts et 3 blessés graves.

En Europe

En France

Il existe plusieurs communautés sikhs en France, il est estimé à hauteur de 30 000 habitants de confession Sikh. Il y a deux Gurdwara à Bobigny (Singh Sabha France et Nawan Nanaksar Thath), un à Bondy Guru Tegh Bahadur Ji, un à La Courneuve Sri Bhagat Ravi Das Ji et un au Bourget Baba Makhan shah lubana.

Cependant la population française ignore la véritable identité des Sikhs. Il arrive également que les Sikhs soient considérés comme musulmans à cause de leur apparence physique.

Aussi dans une décision du 12 juillet 1978, la Cour européenne des droits de l'homme a estimé que l'obligation, pour les Sikhs motocyclistes, de porter un casque (en abandonnant leur turban) n'est pas contraire à l'article 9§2 de la Convention européenne des droits de l'homme Au Royaume-Uni cependant, les Sikhs sont exemptés de l'obligation de porter un casque sur un deux-roues motorisés, s'ils portent un turban.

En France, la loi du 15 mars 2004 visant à interdire le port « ostensible » de symboles religieux dans les écoles publiques conduit désormais régulièrement à l'exclusion de l'enseignement public de lycéens et de collégiens Sikhs refusant d'ôter leurs turbans. Dans un arrêt du 15 décembre 2006, le Conseil d'État a considéré que l'obligation, pour les Sikhs, de poser tête nue pour la photographie du permis de conduire n'était pas contraire aux articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme. Les Sikhs portent en effet un turban par tradition mais aussi par commodité. En effet, les Sikhs ne se coupant pas les cheveux ni la barbe, le turban leur permet d'enrouler leurs cheveux. En 2011, le comité des droits de l'homme des Nations Unies a sanctionné la France pour avoir demandé à un Sikh de retirer son turban sur sa pièce d'identité, la France n'ayant pas justifié les motifs de la nécessité d'une photo tête nue pour un Sikh, lorsque le port du turban Sikh (Dastaar) n'entrave pas son identification. 

Le Conseil Représentatif des Sikhs de France est l'instance representative des organismes religieux et sociaux Sikhs.

En Italie

125 000 sikhs vivent en Italie, principalement en Lombardie et en Émilie-Romagne, et travaillent dans l'industrie laitière, notamment dans la fabrication du parmesan.

En Angleterre

Dans le cadre de son Programme de l'« École libre », le Ministère de l'éducation nationale anglais, (Department of Education)a autorisé, en septembre 2011, l'ouverture d'une école Sikh, comme 24 autres écoles, sur 323 candidatures. Cette école primaire, située à Handsworth, une région économiquement défavorisée de Birmingham, est ainsi financée à 100 % par l’État et accueille 180 élèves provenant de familles de confession Sikh mais aussi d'autres confessions ou de familles athées. Ranjit Singh Dhanda, le directeur de l'école, déclare :

« Le projet d'École libre du gouvernement nous a donné la possibilité de faire appel à la passion de la communauté pour le bénévolat désintéressé… Ce don de main-d'œuvre gratuite illustre l'essence de la « Nishkam » — qui signifie le « service désintéressé à l'humanité » — qui aidera à rendre cette école unique. »

En Londres, le quartier de Southall, dans le district d'Ealing, a la communauté Sikh la plus grande dans le pays, et la gurdwârâ la plus grande en Europe.

Sikhs marginaux

Les sikhs marginaux et nomades Nihan Singh mangent de la viande alors que les autres sikhs sont végétariens. Au cours de cérémonies rituelles, des chèvres sont décapitées d'un coup de sabre et leur chair est consommée par les assistants. C'est une manière de montrer qu'ils sont différents des autres sikhs. Et pour ceux-ci, une raison de les tenir à l'écart.

Explication du nom Singh

Beaucoup de Sikhs ont pour nom « Singh ». Singh, qui signifie « lion », est rarement un nom de famille à proprement parler mais plutôt un titre ou surnom (« middle name ») porté par les hommes Sikhs ; le nom ajouté pour les femmes est « Kaur », qui signifie « princesse ».

Cependant, tous les « Singh » ne sont pas Sikhs, ce nom étant aussi porté largement par les hindous. Vijay Singh, écrivain et cinéaste indien et le golfeur fidjien du même nom ne sont pas Sikhs.

Quelques Sikhs célèbres à l'époque contemporaine

 

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13 janvier 2015

les chomeurs et les salariés.......esclaves????......

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Les libéraux ne cessent de nous dire que tous les salariés et chômeurs sont libres et qu’on ne saurait les comparer à des serfs du Moyen-âge ou des esclaves de l’antiquité (ou du temps du commerce triangulaire ) et évoquer l’exploitation. Les individus – nous disent-ils – sont tout à fait libres, Libres de « choisir », de démissionner, d’aller travailler ailleurs.
On ne doit certainement pas vivre dans le même monde. Dans notre monde à nous, en période de crise et donc de surabondance des chômeurs ( qui comme on sait sont des agents économiques engagés dans une lutte à mort, dans une ère où règne l’individualisme), quel individu normalement constitué va se permettre de refuser un job alors qu’il doit rembourser le crédit de la maison, payer les multiples factures, subvenir à ses besoins et nourrir ses gosses ? Quel individu va se permettre de refuser – en période de crise – l’un des seuls jobs restants de la région ? Allons, allons… soyons un peu sérieux…L’individu en question – et les libéraux le savent très bien, d’ailleurs tout le monde le sait… – sera dans l’obligation d’accepter ce job ainsi que le salaire, aussi modique soit-il, les horaires et les conditions fixées par son employeur, à plus forte raison dans une période de crise. Il ne pourra pas se permettre de faire la fine bouche parce que l’armée de réserve que constituent les innombrables bataillons de chômeurs ne manque pas.
« Quoi ?! vous ne souhaitez pas ces horaires irréguliers, décalés et cette mirobolante et coquette somme de 570 euros par mois sous le prétexte merdique que vous avez trois fillettes en bas âge ? Ah ces chômeuses ! que des privilégiées ! on vous offre du boulot et vous vous permettez de faire la fine bouche ! Madame, on fait pas d’humanisme ici. C’en est déjà bien assez !Si vous n’êtes pas contente, c’est votre problème. De toutes les façons, nous recevons chaque jour des courriers de chômeurs donc bon … »
D’un point de vue strictement légal donc, celui qui va vendre sa force de travail sera considéré comme libre. Mais dans le réel, tel ne sera pas le cas, loin s’en faut. Prenons garde à ne pas souvent associer le réel et le Vrai au droit positif. Ici donc, c’est le détenteur des moyens de production qui domine.

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Mais nous entendons déjà d’ici des clameurs au loin. Des indignations. Quoi ?! Comment ?! nous avons osé mettre en lumière ce qui se passe dans les coulisses (secret de polichinelle), nous avons osé contredire le Sacro-saint évangile libéral de la prêtraille du lucre. Voici que nous les entendons déjà nous ressortir le sempiternel argument sur la liberté véritable du travailleur en période de plein emploi, argument qu’on n’aurait – à ce qu’il semblerait – aucunement pris en compte.
*Soit ! Analysons donc les arguments suivants de nos bons amis libéraux ==> « Voyez-vous mon bon ami, ce que vous dites est certes vrai en période de crise économique, mais perd de sa pertinence en période de plein emploi, d’où – sauf votre respect – un certain simplisme dans vos propos. En effet, en période de crise économique, ceux qui vendent leur force de travail sont les maîtres du jeu. Vu qu’il n’y aura pas assez de main-d’œuvre disponible, les patrons vont certainement faire tout ce qui leur est possible pour attirer la main-d’œuvre, satisfaire les désirs les plus profonds des travailleurs : augmentations de salaire, primes, avantages en tout genre etc.. Comme il y aura toujours besoin de main-d’œuvre, le travailleur pourra démissionner et offrir sa force de travail à d’autres détenteurs des moyens de production. »

Argumentaire intéressant, mais chers lecteurs, est-il besoin de se laisser encore prendre par cette grossière félicitée temporaire ? Prenez garde ! Plus belle sera la soirée fortement alcoolisée, plus douloureuse sera la gueule de bois.
Comme vous le savez, en période d’embellie économique, C’est production, production, production. Consommation, Consommation, consommation. Dans ce système, le coût d’un objet va varier dans le temps. Par exemple, si un smartphone coûte aujourd’hui une centaine d’euros, peut-être coûtera t-il 50 euros dans trois ans. plusieurs raisons pour expliquer cet état de fait : innovations technologiques, concurrence (donc les vendeurs sont obligés de baisser les prix pour attirer les clients et ainsi écouler les marchandises), etc. N’oublions pas que dans ce jeu, ce sont toujours LES PLUS GROS, ceux qui peuvent payer pour les brevets, inciter – via les pubs – les clients à consommer leurs produits, investir, délocaliser, obtenir des investissements conséquents des banques, qui sont et seront toujours les grands gagnants.

Les petits ou les perdants – déjà distancés technologiquement par les gros, le public s’intéressant toujours aux nouveautés, et du fait de la concurrence – vont donc s’évertuer à baisser les prix des produits. Or, dans chaque produit, il y a une infine part du salaire de l’employé, ainsi que le coût relatif à l’entretien de la machine, les matières premières, le transport, le profit de l’employeur etc. L’employeur ne pouvant se permettre de réduire les coûts relatifs à l’entretien de la machine, le coût des matières premières, etc. Il s’ensuit donc qu’il va être contraint de se débarrasser de bon nombre de ses salariés et/ou baisser les salaires.
[ Le salaire constitue l’un des seuls coûts variables à la portée de l’employeur ]
Supposons qu’il licencie. Il va certainement demander aux salariés restants de produire davantage, de fournir une plus grosse charge de travail – à salaire identique ou moindre (forte probabilité !) – pour combler le départ forcé des autres salariés. Les travailleurs, en sachant que l’entreprise ne se porte pas au mieux, vont certainement réduire leurs dépenses car l’entreprise pouvant faire faillite ou étant très affaiblie, il serait insensé d’entretenir le même train de vie qu’à l’accoutumée.
Mais du fait de la RÉDUCTION des dépenses du salarié qui est aussi un consommateur==> Moindre consommation. Donc moins d’achats, et PLUS DE PERTES pour d’autres employeurs, parmi lesquels l’employeur de ces salariés. Le patron ne parvenant donc pas à vendre ses produits, du moins suffisamment pour escompter quelque bénéfice, il va encore baisser les prix (La concurrence l’y obligera aussi, car ce sera à qui vendra au plus bas prix à des consommateurs désormais appauvris ) = ce qui va encore signifier soit baisse des salaires, soit licenciements en pagaille. Et ainsi de suite.
Il s’ensuit donc du fait de la perte de pouvoir d’achat des consommateurs – une ruine à court et moyen terme des petits artisans, commerçants, etc. Ce qui va aussi finir par affecter les gros employeurs qui vont licencier en pagaille, éventuellement délocaliser.
Et patatras ! C’est la crise (Nous ne parlons même pas des bulles financières, des crises bancaires, des variations dans le coût des matières premières etc.) Les petits et moyens sont emportés ! Et les gros vont fusionner pour devenir encore plus gros et/ou restreindre certains coûts, attendre que la crise passe… en sollicitant des cadeaux fiscaux, des avantages et plus de flexibilité pour rebooster l’économie.
Moins de consommation et plus de chômeurs, c’est moins de rentrées fiscales pour l’Etat. Et comme les gros n’auront de cesse de faire du chantage aux hommes politiques et de remplir des fleuves entiers de leurs larmes de crocodile pour payer moins d’impôts (compétitivité qu’ils disent…), ce sont les classes intermédiaires qui vont trinquer (énormément), ainsi que les classes populaires.
Historiquement, ce sont toujours les GROS qui s’en sortent le mieux en période de crise. Ce seront donc encore les plus gros employeurs qui vont l’emporter et les salariés et les chômeurs seront les plus grands perdants. D’autant plus que les chômeurs et les salariés ont tendance à se détester pour le plus grand bonheur des gros.
« Ah ! Ces chômeurs, ils sont trop fainéants ! Ils pourraient faire des efforts pour trouver du boulot ! Ils pensent qu’aux allocs »
« Ah ces étrangers, ils viennent voler nos jobs »; « Ils viennent voler le pain du bon français » Ou « Ah ces étrangers, ils bossent pas et profitent allègrement des allocs »
« Ah les salariés français ne sont que des râleurs qui bossent pas assez » ETC.
Assez marrant cette propension qu’à l’opprimé à en vouloir à d’autres opprimés. Quand un usager/client sera fortement mécontent d’un service, d’un surcoût ou d’un manque d’information, il aura tendance à engueuler la pauvre employée ( serveuse, conseillère clientèle d’un call-center, la pauvre étudiante qui travaille au Macdo pour survivre et financer ses études, qui est débutante et qui n’en peux plus à tel point qu’elle est sur le point de s’effondrer en larmes etc.) plutôt que s’en prendre à la direction, aux cadres dirigeants… Mais bon, nous nous écartons du sujet.
Donc, même en période de plein emploi, le salarié ne sera maître du jeu que temporairement ( A noter que du temps de l’Europe prospère, des trente glorieuses et donc d’une période de relative plein emploi, une grande partie de la population mondiale vivait – et vit toujours – dans une indigence extrême. Nous vivons toujours dans un système, qui ressemble par bien des aspects au système esclavagiste athénien ou romain : Une minorité vit toujours aux dépens d’une immense majorité. Et dans cette minorité, il y a une ultra-minorité qui concentre toutes les richesses…)

 

 reflexions d'un jeune citoyen........page facebook....

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19 avril 2016

la meditation vue de la silicon valley.......

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la méditation vue de la Silicon Valley

La méditation est-elle un remède à notre société hyperconnectée ? Ou une nouvelle mode de la Silicon Valley ? Dans Wired, Noah Shachtman (qui nous avait habitués à des sujets plus belliqueux, puisqu'il tenait jusqu'à récemment le blog "Danger Room" consacré aux questions de défense) s’interroge sur la conversion "spirituelle" des enfants du Web 2.0.

Il se penche notamment sur l'usage de la pratique chez Google. Shachtman a ainsi pu assister au cours de méditation de Chade-Meng Tan donné au sein du programme "Search Yourself" de Google.

"Plus d'un millier de "googlers" sont passés par ces sessions d'entrainement Search Yourself", nous explique-t-il. Et de mentionner d'autres programmes parallèles comme "Neural Self Hacking" ou "Gérez votre énergie". Il y aurait aussi tous les "déjeuners vigilants" accomplis dans le silence complet, interrompus seulement par des sons de cloche. Enfin, Google aurait récemment construit un labyrinthe pour la méditation en marche.

Et Google n'est pas le seul. "les cofondateurs de Twitter et Facebook ont fait des pratiques contemplatives une des caractéristiques clés de leurs nouvelles entreprises, organisant des sessions régulières de méditation dans leurs bureaux et s’arrangeant pour que les habitudes de travail augmentent la vigilance."

La grand-messe de ces nouveaux méditants est la conférence Wisdom 2.0, qui s'est tenue pour la première fois en 2010. Cette année, environ 1 700 personnes s'y sont inscrites. Parmi les principaux participants, on a pu remarquer le CEO de Linked-in Jeff Weiner, le cofondateur de Twitter, Evan Williams, des cadres dirigeants de Cisco et Ford...

Wisdom 2.0 est apparemment devenu le dernier salon où l'on cause: "Partout où vous vous tournez à Wisdom", dit le cofondateur de PayPal Luke Nosek, "c'est toujours : Oh mon Dieu, vous êtes ici aussi ?"

Selon Shachtman, le créateur des conférences Wisdom, Soren Gordhamer, "est devenu un superconnecteur, avec un carnet d'adresses qui rendrait n'importe quel entrepreneur ordinaire vert de jalousie."

Crise de mysticisme ? Pas vraiment. La méditation est vue désormais comme une technique permettant de gérer les émotions et le stress, nous aidant à opérer de meilleurs choix et par conséquent, nous rendant plus productifs. Espoir aussi de pouvoir faire face au bombardement d'information, à l'accélération du temps provoquée par nos outils technologiques. L'illumination et le mysticisme ne sont pas à l'ordre du jour.

"J'ai voulu parler aux gens comme moi. J'ai voulu me parler. J'ai voulu parler à l'ingénieur râleur, qui peut être un athée, qui peut être un rationaliste", explique Bill Duane, le concepteur de "neural self hacking", encore chez Google.

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Mais quel est le type de méditation encouragé par les cadres de la Silicon Valley ? Car le terme de "méditation" peut recouvrir beaucoup de pratiques différentes : de la simple pensée philosophique (voir les Méditations métaphysiques de Descartes), à la répétition infinie d'une prière ou d'un mantra, comme le font quotidiennement adeptes de l’hindouisme, du soufisme, voire du christianisme orthodoxe, ou encore la mise en place de systèmes de visualisation complexes, comme chez les bouddhistes tantriques. Non la "méditation" qui reçoit les faveurs de la jeune garde informaticienne est ce qu'on appelle la "méditation vigilante", propre au bouddhisme, au cours de laquelle on se contente d'observer le flux des perceptions, sensations et pensées sans chercher à les contrôler, mais sans non plus s'y abandonner. Cette pratique est commune à toutes écoles de bouddhisme, qui y adjoignent le plus souvent d'autres techniques (comme la concentration sur la respiration).

De fait, l’intérêt pour la méditation vigilante est très courante dans la population geek, elle constitue même un des grands pôles d’intérêt du quantified self, les adeptes de la mesure de soi. On trouve même un podcast, Mindful Cyborgs, diffusé par Klint Finley du blog Technoccult, sur ce sujet précis. La méditation apparaît comme une version antique, traditionnelle, du "hacking neural", quelque chose d'assez proche de la méthode scientifique, impliquant l'observation impartiale de l’enchaînement des états mentaux.

De fait, la méditation vigilante est depuis longtemps liée aux recherches sur les sciences cognitives et l'intelligence artificielle. Francesco Varela, le créateur des théories de l'énaction et de l'autopoiesis, était un bouddhiste et un méditant convaincu.

La méditation est-elle efficace ? Apparemment oui, les recherches se succèdent et semblent confirmer sa capacité à provoquer des changements profonds dans le cerveau, liés à la réduction du stress, mais également à la capacité de décision, ou même à la créativité.

Evolution ou trahison ?

Mais peut-elle être considérée comme un exercice mental "pur", dénué de toute connotation religieuse ?

Pour bon nombre des personnes interviewées par Shachtman c'est le cas. C'est également le point de vue d'un Sam Harris, l'un des quatre grands "évangélistes" du nouvel athéisme, en compagnie de Daniel Dennett, Christopher Hitchens et Richard Dawkins (on les appelait les quatre cavaliers de l'Apocalypse, du moins jusqu'au décès de Christopher Hitchens. Au contraire des trois mousquetaires, les quatre cavaliers ne sont donc aujourd'hui que trois).

Toutefois, la situation est complexe : tout d'abord, il faut bien dire que cet usage "technologique" de la méditation n'est guère apprécié, tant par les bouddhistes traditionnels que par les experts universitaires du domaine. En effet la méditation vigilante a un but : enseigner l'impermanence de toutes choses. Au fur et à mesure que le flux des états mentaux s'écoule, l'adepte apprend la non-substantialité de toute chose, y compris de sa propre identité, et cela ne se passe pas nécessairement sans angoisse. Pour Donald Lopez, auteur du Scientific Buddha : his short and happy life, violente charge contre la version "rationnelle" du bouddhisme, "le but d'une telle méditation est d'induire le stress. Celui-ci est le résultat d'une insatisfaction profonde envers le monde. Plutôt que de chercher une satisfaction sereine dans le déroulement d'expérience, le but de cette pratique est hautement critique, amenant en fait à juger le monde comme une prison". Pas forcément compatible avec la préparation de la prochaine réunion du service marketing...

Mais après tout pourquoi pas ? Peut-être les bouddhistes, dans leur quête de la libération, ont-ils effectivement découvert une technologie susceptible de s'appliquer indépendamment de toute considération métaphysique, tout comme les alchimistes ont découvert sans le vouloir les principaux éléments chimiques, alors qu'ils cherchaient à créer la pierre philosophale. Cela est justifiable, mais pose néanmoins certaines questions. Au moins les chimistes ne font-ils plus référence à la pierre philosophale. Au contraire, les "néomeditants" fondent encore une bonne part de leur argumentation sur le socle bouddhiste, il suffit de se référer à certains propos rapportés par Shachtman : "Mon rêve est de créer les conditions d'un monde de paix et d'obtenir cela en créant les conditions nécessaires pour la paix intérieure et la compassion à une échelle globale." affirme Chade-Meng Tan. "Par chance, une méthode pour y parvenir existe déjà... La plupart d'entre nous la connaissent sous le nom de méditation."

Ce à quoi Shachtman répond cyniquement : "Il est difficile de nier que la méditation peut entraîner des bénéfices remarquables. Mais un monde de paix ? La sainteté ? Cela paraît un peu tiré par les cheveux. Steve Jobs passait beaucoup de temps en position du lotus ; il ne payait pas moins des salaires d'esclaves à ses employés, réprimandait ses subalternes et garait sa voiture sur les places pour handicapés."

Et encore a-t-il le tact d'éviter de citer Anders Breivick qui utilisa la méditation comme moyen de se distancer de ses émotions et commettre son massacre avec plus d'efficacité.

Cette vision "amorale", "non mystique" de la méditation ne serait qu'une construction récente, pas seulement occidentale, d'une pratique ancestrale. Dans son livre Le Zen en guerre, Brian Victoria note par exemple que l'idée d'une méditation zen totalement "rationnelle", détournée de toute considération mystique ou religieuse, serait en grande partie une création des moines zen des débuts de l'ère Meiji. Il faut dire qu'à l'époque Meiji, le bouddhisme n'avait pas bonne presse auprès de l'empereur, qui lui favorisait le shinto, d'esprit plus nationaliste. Il s'agissait en fait de rendre compatibles les enseignements du bouddhisme avec la nouvelle idéologie impériale, faisant du zen une doctrine adaptée à l'obéissance militaire.

Cette ambiguïté sur la pratique de la méditation est gênante, mais peut-on l'éviter ? Oui, si l'on pense que la méditation n'est qu'un sport mental comme les autres (par exemple les jeux vidéos ou la pratique d'un instrument de musique). Non, si sa pratique (qui n'est pas facile reconnaissons-le, et dont l'efficacité, même établie, met bien du temps à s'imposer comme évidente) repose sur des mythes et un imaginaire plus ou moins mystiques et surnaturels, et qu'il est impossible d'y renoncer totalement. Peut-être alors la seule solution pour les méditants modernes serait de renoncer à la doctrine bouddhiste et d'adopter un mythe plus en adéquation avec leurs objectifs. Par exemple, ils pourraient s'inspirer de Star Trek, et, à l'instar de Sheldon Cooper du Big Bang Theory, affirmer pratiquer le Kolinahr, technique mentale Vulcaine susceptible de nous aider à purger nos émotions...

 

Via Technoccult.

Rémi Sussan

9 décembre 2015

ENQUÊTE SUR LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL: «I am the best!» ou la méthode Coué

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ENQUÊTE SUR LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL: «I am the best!» ou la méthode Coué par Jacqueline Remy, Jean-Sébastien Stehli, Gilbert Charles et Nathalie Tiberghien

« Un boulevard pour les charlatans et les sectes. » Michel Lacroix « Le danger présenté par le culte du développement personnel réside surtout dans le fossé entre les limites de ses recettes et la prétention de ses promesses. »

 

S'affirmer pour être plus heureux, plus performant. Dans la vie privée ou dans le travail, la recherche du développement personnel est devenue un leitmotiv. Enquête sur un phénomène, ses adeptes, ses gourous... et ses sceptiques

 

«Toi d'abord!» Jamais on ne l'a dit si crûment, depuis qu'on voit monter le culte de l'ego dans les sociétés occidentales. «Toi d'abord!» Ce n'est plus un conseil de bon sens, c'est devenu un leitmotiv, un mot d'ordre, une sorte d'incantation collective aux accents d'injonction. Occupetoi de toi-même, développe ton potentiel, travaille sur toi, et surtout estime-toi! C'est la nouvelle clef du bonheur: Estime-toi, si tu veux réussir ta vie personnelle et ta vie professionnelle! Estime-toi, si tu veux que les autres te rendent la pareille. Estime-toi, si tu veux t'épanouir et libérer tes compétences affectives et sociales! Estime-toi, si tu veux être à la hauteur de ton destin.

 

C'est le dernier cri du développement personnel (DP), qui explose aujourd'hui. Nourrie par les gourous du New Age, cette psycho-philosophie avait surtout prospéré, depuis les années 70, auprès des babas amateurs de spiritualités orientales et d'expériences psychosensorielles. Avec l'ouverture, au fil des années 80, de l'énorme marché de la formation dans les entreprises, une multitude de néothérapeutes se sont engouffrés dans cette mouvance et se sont emparés des techniques qui la fondent, celles de la «psychologie humaniste» - dite aussi «mouvement du potentiel humain» - brevetée à Esalen, sur la côte californienne. Longtemps considéré en France comme un fatras de concepts et de méthodes un peu simples, le phénomène du DP est en train de conquérir le grand public. Aujourd'hui, pas un ouvrage sur le mieux-être qui ne devienne un best-seller. Plus subrepticement, les valeurs véhiculées par ce mouvement imbibent notre culture, qui succombe à l' «utopie de la préservation du soi», selon l'expression du chercheur Zaki Laïdi. Un credo assez bien résumé par la «Déclaration d'estime de soi» édictée par deux des derniers chantres du soi, Rosette Poletti et Barbara Dobbs, et qu'on peut résumer ainsi: «1. Dans tout l'Univers, il n'y a pas une autre personne qui soit exactement semblable à moi. Je suis moi et tout ce que je suis est unique. 2. Je suis responsable de moi-même. 3. Je peux choisir de manifester le meilleur de moi-même.» Moi d'abord: mais il ne s'agit pas seulement de se contempler dans le miroir. Il s'agit de prendre la mesure de ses responsabilités et de conduire son existence comme une entreprise précieuse.

 

Les auteurs de cette profession de foi, deux infirmières férues de psychospiritualité, viennent de publier chez Jouvence un livre intitulé, évidemment, L'Estime de soi. Sous-titre: Un bien essentiel. Mais c'est le best-seller de Christophe André et François Lelord qui a donné le la, en 1999. On doit à ces deux psys, consultants en entreprise, l'incroyable succès de l'idée même d'estime de soi, promue passeport pour le bonheur: il s'est vendu, à ce jour, 230 000 exemplaires de leur ouvrage, L'Estime de soi (Odile Jacob). Depuis, l'expression est devenue un sésame éditorial. On en fait des manuels de poche (81 Façons de cultiver l'estime de soi, de Marie Borrel chez Tredaniel), des sommes théoriques (Estime de soi, confiance en soi, de Josiane de Saint-Paul, chez Dunod), et des guides pratiques (Avoir confiance en soi, de Marie Haddou, chez Flammarion).

 

FAILLITE DE LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION

Sans oublier les enfants:la psychanalyste Emmanuelle Rigon va publier chez Albin Michel, début mars, Papa, maman, j'y arriverai jamais, comment l'estime de soi vient à l'enfant. Maryse Lassabe, qui dirige Les 100 Ciels, une librairie spécialisée à Paris, dans le quartier du Marais, soupire: «Tous les éditeurs s'y mettent, il y a trop de livres. Mais on n'a jamais tant eu besoin d'avoir confiance en soi.»

Christophe André et François Lelord confirment: «Nous savions que le manque d'estime de soi est au cœur de toutes les pathologies qu'on soigne.» Tous les acteurs du développement personnel expliquent que ce travail sur soi est rendu indispensable par la précarité professionnelle et l'incertitude affective qui pèsent sur nos vies. «Après-guerre, on nous a proposé un confort matériel censé nous rendre heureux, explique Yves Michel, fondateur du Souffle d'or, l'un des précurseurs de cette mouvance en France. Il en découle une insatisfaction personnelle due à des situations absurdes, à des emplois sans âme. C'est la faillite de la société de consommation.» Accusée, l'école qui lamine l'ego: «A côté d'un 12,5 sur 20, un prof n'hésite pas à inscrire en marge "insuffisant", cela veut dire quoi? s'indigne la psychanalyste Emmanuelle Rigon. Les bulletins sont souvent négatifs. On dirait que les adultes ont peur d'encourager les enfants à construire leur estime de soi.» Accusée aussi, l'entreprise. La psychiatre Catherine Bensaïd, qui a publié Aime-toi, la vie t'aimera (Laffont), affirme: «Dans mon cabinet, je vois de plus en plus de gens qui souffrent de l'entreprise. Nous sommes dans un monde de plus en plus agressif. Nous devons donc apprendre à nous défendre.» Mais nous sommes un peu perdus, sortis des rails d'antan, jetés dans une société individualiste qui nous demande de décider seuls de nos vies (lire l’interview). «Nous n'avons plus une vie balisée de pancartes qui nous disent ce qu'il faut faire, insiste Marie Borrel. Il y a émergence de l'individu comme sujet, et ce sujet ne doit pas être laminé. Il doit donc trouver des repères identitaires forts.» Il doit donc se trouver.

 

TROUVER SA « LÉGENDE PERSONNELLE »

La pub ne dit pas autre chose. Ford France a choisi Zidane pour icône de sa marque, car il incarne les valeurs montantes, «authenticité, bien-être, estime de soi», explique le concepteur de la campagne au Journal du dimanche. «Be yourself », jette Hugo Boss. «Parce que je le vaux bien», réplique L'Oréal. Renifleuse de tendances, Cécile Monier, qui travaille à l'agence McCann-Erickson, auteur de cette campagne maligne, affirme qu'elle voit monter le thème de l'estime de soi depuis un an: «Tout a commencé par les femmes qui, vivant sur plusieurs plans à la fois, ont une stratégie de survie: si elles ne pensent pas à elles, personne ne le fera. Ce qui est nouveau, c'est que les hommes commencent à parler de l'estime de soi. Ils sont chahutés dans leur identité. Ils ont besoin d'être fiers de ce qu'ils sont, mais ils ne savent plus ce qu'ils sont censés être.» Le maître mot, c'est l' «assertivité», l'affirmation de soi. Soi, mais qui? Pas si facile de répondre. Alors, hommes et femmes, tous cherchent. Il faut trouver sa «légende personnelle», comme dit Paulo Coelho. D'où le formidable succès du magazine Psychologies (lire l'interview). D'où la multiplication des émissions de radio ou de télévision exaltant le soi intime. D'où l'engouement pour les cafés psycho ou les bars à philo. D'où la multiplication des séminaires proposés aux cadres, via la formation, pour leur apprendre à être ce qu'ils pourraient être, et mieux encore. Cette quête débouche sur un psychomarché en pleine expansion. Claude Baumel, qui organise le Salon du bien-être, rendez-vous annuel des amateurs et professionnels du développement personnel (du 31 mars au 2 avril, à SaintLaurent-du-Var), raconte: «Il y a dix ans, ce mouvement ne touchait que les branchés marginaux. Aujourd'hui, on voit arriver le gros bataillon des gens qui cherchent simplement à se sentir mieux. Les entreprises aussi ont compris l'intérêt du facteur humain pour lutter contre l'absentéisme, les conflits, les crises, et pour tirer le maximum de créativité et d'énergie de chaque collaborateur.» Il suffit de se plonger dans les petites annonces de Psychologies, Nouvelles Clés ou L'Ame et le cœur, par exemple, pour constater que le marché de l'intimité est en pleine expansion. On peut acheter des coussins musicaux de relaxation, avec clapotis de vagues, bruit de la pluie en été ou battements de cœur. On peut s'offrir des psychojeux «pour tout savoir sur soi et mieux se connaître» (Voyage à l'intérieur de soi-même, de Michèle Costa Magna, chez Actes Sud junior). Des centaines de «thérapeutes» - n'importe qui peut s'afficher thérapeute - proposent leurs services. La plupart des mouvements de renouveau religieux, sous couvert de spiritualité, jouent en fait la carte de la prise en charge psy, comme l'explique la sociologue Valérie Rocchi, qui a consacré une étude aux réseaux psychomystiques. Des milliers de conférences, thérapies, ateliers, formations sont organisés dans toute la France - surtout dans le Sud - et proposent des réponses à tous les problèmes. On y trouve une kyrielle de techniques puisées dans les courants les plus divers de la psychothérapie (analyse transactionnelle, programmation neurolinguistique, dynamique de groupe), de méthodes américaines à la terminologie branchée - rebirth, coaching, relooking - ou de pratiques issues des médecines douces, des cultures traditionnelles ou du New Age, à base de psychologie rudimentaire teintée parfois d'ésotérisme. Stages «d'affirmation de mon moi profond», voyage «à la découverte de nos chamans intérieurs», massages chinois et même «purification intestinale»: tout est bon pour soigner son corps et son âme, trouver un sens à son existence, retrouver l'estime de soi. On peut même se contenter d'emmagasiner des trucs, comme ceux de la psychologue Marie Haddou: «Exemple de technique d'affirmation de soi, dit-elle, le disque rayé. Quand vous voulez dire quelque chose à quelqu'un qui refuse d'entendre, vous répétez jusqu'à ce que l'autre comprenne.» Carillon indien à l'entrée, odeurs d'encens, musique New Age. Ex-chef d'entreprise dans la distribution, Maryse Lassabe a ouvert sa librairie, Les 100 Ciels, voilà dix ans: «Nous avons de plus en plus de demandes, dit-elle. Des femmes d'abord, et maintenant des hommes.» Au sous-sol, on sert du thé et, le mercredi, on tient des conférences. «Nous faisons le plein avec Lise Bourbeau, qui a écrit Ecoute ton corps et Qui es-tu?» Les stars? Jacques Pitra, spécialiste du coaching, et Jacques Salomé, que son éditeur Marc de Smedt, chez Albin Michel, qualifie de phénomène d'édition: «C'est ce que nous appelons un "long-seller", il se vend sur la durée. Tous ses livres dépassent maintenant 30 000 exemplaires. On constate une accélération depuis un an ou deux. Nous avons tiré Dis, papa, l'amour c'est quoi? à 8 000 exemplaires en 1999, et nous en sommes à 100 000.» Ce soir, aux 100 Ciels, Philippe Barraqué officie, des clochettes tibétaines au bout des doigts. Il explique comment les vibrations sonores des cordes vocales agissent utilement sur les organes. «Je vous invite maintenant à respirer profondément avant d'entamer tous ensemble un long aoummmm », suggère-t-il. Paumes tournées vers le «ciel» de la cave, les yeux fermés, les 40 participants exhalent une obéissante plainte vocale. Prix de la séance: 100 francs.

 

"I AM THE BEST ! » OU LA MÉTHODE COUÉ

 

À l'autre bout de la ville, dans une salle au premier étage d'un immeuble des Champs- Élysées, six cadres issus de différentes entreprises planchent devant deux animateurs et une caméra vidéo. Un ingénieur, qui a besoin de savoir expliquer en termes simples ses projets au personnel de direction, un chef des ventes chargé de doper une équipe de commerciaux, un responsable marketing qui doit apprendre à répondre aux critiques des clients, une femme, cadre dans un organisme de logement social, qui doit régulièrement animer des réunions avec des élus locaux: tous ont besoin d'être en pleine possession de leurs moyens et de lustrer leur image. L'un après l'autre, ils se mettent en scène devant la caméra. «Pensez à regarder vos interlocuteurs dans les yeux», intervient l'animateur. Un cadre d'un groupe automobile fait mine de s'adresser à un aréopage de concessionnaires. Il bafouille, on reprend. «Prenez le point de vue de l'interlocuteur, retournez-le de façon positive, ne cherchez pas à le contredire, n'oubliez pas le sourire.» En réalité, les stagiaires subissent exactement le même traitement de la part de l'animateur: «Il ne s'agit pas de les démolir en leur disant qu'ils sont nuls, mais au contraire de leur montrer leurs points positifs.» Organisé par la société Dale Carnegie, le stage coûte entre 5 000 et 7 000 francs à l'entreprise. «On ne demande plus aux salariés d'être compétents, on les veut créatifs et innovants», souligne Didier Wayne, président de la branche française de Dale Carnegie, qui, pour des stages de un à douze jours, a accueilli en 2 000 les cadres de 200 entreprises. «L'estime de soi, ce n'est pas quelque chose d'acquis une fois pour toutes, expliquent François Lelord et Christophe André. Il faut la nourrir, sinon elle s'étiole. Il faut deux carburants: l'approbation de soi et celle des autres, autrement dit le sentiment d'être compétent et la réussite.» Jamais le culte de la performance, récemment décrit par Ehrenberg, n'a été si débridé. «Il faut séduire sur le plan personnel et se vendre auprès de son patron», observent les auteurs de L'Estime de soi. Catherine Bensaïd souligne à quel point cette pression sociale est devenue lourde: «Aujourd'hui, il faut être beau, jeune, avoir des enfants réussis, un couple harmonieux, des activités passionnantes, et un métier intéressant. Forcément, on n'y arrive pas. On se défend, comme aux Etats-Unis, en se vantant: "I am the best! " On se met en scène, artifices à l'appui. Pour survivre à cela, ne faut-il pas se réconcilier avec sa propre image?»

 

FAMILLE, SOCIÉTÉ… FINI LE SOCIOLOGISME

 

Mais les gourous du développement personnel sont plus ambitieux que cela. Il ne suffit pas de plaire. Il ne suffit pas de s'aimer non plus. Il faut conjuguer les deux objectifs. Et bosser dur. Commencez tout de suite. Regardez-vous dans la glace. Bon, d'accord, vous n'êtes pas parfait. Un peu inhibé. Tendance à prendre la tangente. Vous avez du mal à dire non. A dire oui aussi, accessoirement. Au boulot, c'est moyen. A la banque, c'est au rouge. En famille, ce n'est pas le Pérou non plus. Vous vous dites que vous avez des excuses: enfance malheureuse, chef caractériel, conjoncture économique inique.

STOP! Arrêtez tout. Avec le développement personnel, fini le sociologisme. Vous n'êtes pas le produit de votre passé ni de votre milieu. «L'important n'est pas ce que l'on a fait de moi, mais ce que je fais moi-même de ce qu'on a fait de moi», énonce Serge Ginger, praticien de la Gestalt-thérapie en France. Cette citation est tirée d'un remarquable petit ouvrage, le meilleur sur le sujet, dans lequel le philosophe Michel Lacroix analyse avec rigueur le phénomène du DP (Le Développement personnel, Flammarion) et son antisociologisme, selon lequel «il est donc vain d'instruire le procès de la famille ou de la société. La non-réalisation de soi ne dépend pas de l'environnement, mais du film qui se déroule dans la conscience». Michel Lacroix raconte une anecdote édifiante. Aux Etats-Unis, Anthony Robbins, l'un des maîtres de la programmation neurolinguistique (PNL) et du chamanisme, convia un clochard devant son auditoire, lors d'un séminaire de DP. Le pauvre homme raconta par quel enchaînement de malheurs il en était arrivé là. Robbins rétorqua: «Vous avez tiré des conclusions négatives de ce qui vous arrivait, mais il ne tenait qu'à vous d'interpréter la situation familiale d'une façon différente...» Verdict de Robbins, conclut Lacroix: ce clochard a choisi sa déchéance. Il est totalement responsable de son destin. Comme moi. Comme vous. Fondée sur la théorie du psychologue américain Abraham Maslow (voir l’article), l'idéologie du DP tranche net avec la victimologie dont les décennies passées étaient friandes. Délibérément optimiste, elle affirme que le manque d'estime de soi est non l'effet, mais la cause, de nos malheurs. «Vous avez toutes les cartes en main, martèlent ses gourous, à vous de jouer.» Il suffit de se déprogrammer. Abandonnez vos «croyances limitantes», ces raisonnements erronés qui vous font croire, par exemple, que vous êtes déprimé, timide, seul et effrayé. Et reprogrammez-vous avec des «pensées positives». Oui, vous avez des ressources intérieures. Il suffit de les mobiliser. Oui, vous pouvez mieux communiquer, être plus heureux et plus performant. Il suffit de développer votre potentiel - car vous avez un potentiel. Et grâce à ce potentiel, vous pouvez devenir le meilleur. La candeur de ces exhortations, qui rappellent la méthode Coué, peut faire sourire. Ou réfléchir. Car le but, aujourd'hui, ce n'est plus seulement le bonheur - l' «euphorie perpétuelle», dénoncée par Pascal Bruckner - et ce n'est pas non plus l'hédonisme qui panse le mal de vivre, ni la libération de l'ego qui casse les interdits. Au contraire, on s'adapte à la société. On la domine. Derrière le volontarisme têtu de cette philosophie se profile un idéal de maîtrise prométhéen, une exigence un peu faustienne - comme l'observe Michel Lacroix - dont on peut se demander à quelle angoisse elle répond. On a un outil à sa disposition: soi. Et, cet outil, il faut le modeler. Non pas pour être mieux, mais pour être plus, toujours plus. De là à devenir son propre dieu, il n'y a qu'un pas. Certes, il ne suffit pas de se doter d' «outils», de techniques, de clefs, de recettes pour devenir un surhomme. Mais sourd tout de même un petit espoir nietzschéen. «Deviens ce que tu es.» On n'est pas loin non plus de l'existentialisme. Mais Sartre aurait souri d'entendre déployer les armes du développement personnel. Objectif n°1: apprendre à piloter son cerveau, dont nous n'utilisons que 10% du potentiel, selon le DP. Michel Lacroix a recensé les différentes techniques, du training autogène à la programmation neurolinguistique. En bref, le jeu consiste à dynamiser la mémoire, selon la méthode Silva, par exemple, à se forger une personnalité en exploitant ses atouts hier ignorés, à dominer son corps, et à augmenter son pouvoir sur le monde extérieur: gérer son temps, accroître son leadership, mieux communiquer, élargir sa conscience. Quoi qu'il arrive, on s'intéressera davantage à vos succès qu'à vos échecs. Le monde n'est pas si effrayant, puisqu'il n'est que l'image qu'on s'en fait. Michel Lacroix, qui a longuement enquêté dans le milieu, raconte que les formateurs aiment bien lancer: «Le monde vous déplaît? Changez de concepts!»

 

L’AMOUR-PROPRE STENDHALIEN Cet optimisme séducteur et cette inflation du Moi ont de quoi agacer. Le chercheur Zaki Laïdi (Un monde privé de sens, Fayard) a ainsi dénoncé dans Libération l'illusion de «ce décentrement radical du ''nous" - collectif et universel - vers un "soi" narcissique et différencialiste». Mais les adeptes du DP balaient d'un revers de main l'accusation d'égoïsme: «Pour être bien avec les autres, il faut d'abord être bien avec soi.» Plus cyniquement, Stendhal aurait répliqué: «Il n'y a pas d'amour, il n'y a que de l'amour-propre.» A son tour, le sociologue Jean-Pierre Le Goff voudrait dynamiter Les Illusions du management et prône un «retour au bon sens». Il s'en prend aux directions des ressources humaines new-look, qui veulent non seulement évaluer le «savoir» et le «savoir-faire» des salariés, mais aussi leur «savoir-être» - «Ce ne sont pas seulement, dit-il, l'autonomie et la responsabilité, transformées paradoxalement en normes, qu'on prétend évaluer, mais le courage, la franchise, voire l'adhésion à l'entreprise...». Et de conclure que l'évitement des conflits est dangereux et que cette logique managériale «met à rude épreuve le psychisme de chacun».

 

« UN BOULEVARD POUR LES CHARLATANS » Michel Lacroix fait deux autres critiques, aussi graves, au mouvement du DP. N'importe qui peut s'annoncer thérapeute. «C'est un boulevard pour les charlatans et les sectes», qui, semblet-ils, ont tendance à infester cette mouvance. La théorie de la « Dianétique » distillée par l'Eglise de scientologie, qui veut transformer l'individu en Thêtan (être supérieur), a d'ailleurs beaucoup de points communs avec celles du DP. L'autre danger, dénoncé aussi par les psychanalystes classiques, menace les clients un peu trop fragiles qui, brusquement immergés dans des séances expéditives, sous haute tension émotionnelle - il faut créer du lien - risquent de craquer gravement. Mais le danger présenté par ce culte du développement personnel réside surtout dans le fossé entre les limites de ses recettes et la prétention de ses promesses. En misant sur le besoin actuel, réel, de responsabilité individuelle, les gourous du DP jouent sur du velours. En faisant miroiter des rêves illimités de toute-puissance, ils jouent avec les nerfs de leurs adeptes. Devenir le patron de sa petite entreprise Moi, c'est, selon l'expression du gourou du management Tom Peters, s'exposer à des vertiges angoissants. Mais chercher à s'aimer soimême, c'est aussi faire un pas vers la sagesse.

* Cet article a été publié dans le magazine hebdomadaire L’Express du 22/02/2001 sous le titre «Les nouvelles clefs de la confiance en soi» ; on peut le retrouver sur Internet à l’adresse URL suivante : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-nouvelles-clefs-de-la-confiance-en-soi_490640.htm

30 décembre 2014

je n'ai pas le temps......

le-temps

 

 

JE N’AI PAS LE TEMPS

Par  le 9 août 2014

 Je n’ai pas le temps de vous écrire cet article et vous n’avez pas le temps de le lire non plus. On devrait peut-être en rester là alors? Logiquement, on devrait éviter d’y mettre de l’énergie, non? Mais si vous me lisez toujours, c’est possiblement parce que vous savez, tout comme moi, que ça vaut parfois la peine de faire différemment et de s’arrêter pour se questionner sur notre façon de vivre.

 

.J’adore écrire. C’est ma passion. Je respire par les mots. Il y en a pour qui c’est le sport, la cuisine, l’art, la lecture, les voitures, les langues… à chacun sa passion! Pourtant, la vie étant ce qu’elle est, on se trouve souvent toutes sortes de défaites pour ne pas donner priorité à ce qui nous tient le plus à cœur; on repousse la réalisation de nos rêves. On est ainsi fait. Eh oui!

 Je n’ai pas le temps de vous écrire cet article :

  • parce que j’étudie;
  • parce que je déménage;
  • parce que je vois des amis;
  • parce que je fais du ménage;
  • parce que j’ai d’autres projets;
  • parce que je suis fatiguée;
  • parce que ça me demande un effort

En voulez-vous des excuses? Il y en a! On devient des pros dans l’art de bafouer nos talents, nos objectifs et notre destin.

Trop souvent, on « use » le temps qui nous est accordé en le brûlant impulsivement sans se demander si on l’utilise judicieusement. On le croit illimité, alors on vit à 300 miles à l’heure en suivant le courant, en s’amusant à outrance, en s’éparpillant à travers nos responsabilités et nos loisirs, ou encore en perdant notre temps… Puis, un jour, on se rend compte qu’on a peut-être dérivé un peu loin de soi en oubliant de prendre le temps de se connaître et de s’accomplir, alors qu’on a pris soin de remplir son agenda pour ne plus avoir un seul petit trou dans la solitude et le silence.

On se fait des horaires de malade. On court. On a de la broue dans le toupet. On étouffe, mais on est POLYVALENTS, PRODUCTIFS et PERFORMANTS! On voit, on touche, on goûte, on sent jusqu’à épuisement et on recommence. On se sent vivant, très vivant, trop vivant; peut-être même un peu mort en fait… On fait quelque chose, ça oui (on ne s’arrête presque jamais), mais qu’est-ce qu’on fait? Est-ce qu’on agit vraiment dans le même sens que ce que l’on souhaite le plus profondément? Est-ce que l’on donne un sens à notre vie en choisissant de manquer de temps pour ce qui nous importe le plus au détriment de ce qui nous amène, selon nous, du réconfort, de la sécurité, et du plaisir instantané?

On se répète hypocritement qu’on a encore le temps et qu’un demain sans date sera un meilleur moment. On a peur. On a le vertige de vivre.

La facilité est souvent douce. Elle attise notre complaisance et nous donne envie de ne faire ni plus, ni moins que ce que l’on fait déjà. Elle nous dissuade de nous questionner et d’aller plus loin. Elle est le raccourci qui nous permet d’être efficaces et rapides; elle est la version pilote automatique de nous-mêmes.

Touche pas à mon confort!

Touche pas à ma routine!

Touche pas à mes patterns!

Ça semble être un discours intérieur avec lequel plusieurs d’entre nous sont tiraillés. On veut changer, mais on ne sait pas comment. On veut avancer, mais on ne sait pas où. Ça nous semble trop compliqué et pénible, alors, on préfère garder le pilote automatique actif. Ça fait mal faire différent. Ça nous oblige à nous faire face. Ça nous oblige à nous poser les vraies questions, celles qui dérangent, celles qui brassent notre for intérieur, celles qui troublent notre esprit jusqu’à ce qu’on assume les réponses qui résonnent en nous. Ça fout la chienne. Disons-le.

Se poser des questions, ce n’est pas à la mode. Ça demande de l’introspection, mais surtout du temps et du silence. Ça demande de s’arrêter pour faire des choix éclairés et sentis. Pour plusieurs, s’arrêter est synonyme de perte de temps : « S’arrêter pour penser? C’est improductif, c’est ennuyeux, c’est passif. Pourquoi s’arrêter quand on peut courir? »

À ceux-là, j’aurais envie de répondre : « Si pendant une séance de jogging tu avais le souffle coupé à un tel point que tu peinerais à respirer, t’arrêterais-tu pour retrouver ton air? » Probablement, oui! Pour notre corps, on ralentit. Le message est souvent plus clair et direct, mais, pour notre esprit, c’est beaucoup plus subtil… on aspire à mieux, mais on n’agit pas nécessairement en ce sens!

Se poser des questions, c’est admettre qu’on a un passé, un présent et un futur et pas seulement un présent qui n’a aucune conséquence sur l’échelle de notre vie.

Se poser des questions, c’est avoir la maturité de se faire face en se demandant si on endosse réellement qui l’on est et ce que l’on vit, sans uniquement vivre à outrance à un rythme trop effréné pour entendre notre petite voix intérieure.

Le temps devrait selon moi être offert comme on offre un baiser : avec les tripes et le cœur; au bon endroit, au bon moment, à la bonne personne. On devrait cesser d’être gentil et être vrai, parce qu’on en a tellement pas à perdre, du temps. On aurait avantage à miser sur l’essentiel et à arrêter de croire qu’on est prisonnier et victime de notre vie. On est plein de ressources, on est fort, et, se choisir, c’est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire…

Parce que, au final, dire « je n’ai pas le temps » à ce qui compte le plus pour nous, c’est assumer que nous avons mieux à faire que d’être heureux ou, pire encore, que nous ne sommes pas libres…

On a toujours le choix, on a toujours le temps.

La preuve : j’ai écrit cet article et vous l’avez lu jusqu’au bout.

 

Mademoiselle Mymy

Humaniste, rêveuse, écrivaine et grande penseuse.

http://lasolutionestenvous.com/je-nai-pas-le-temps/

https://www.facebook.com/mllemymy1

14 décembre 2014

noel......remise a niveau historique.....

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Saturnales

Les Saturnales (en latin Saturnalia) sont durant l'antiquité romaine des fêtes se déroulant durant la période proche du solstice d'hiver, qui célèbrent le dieu Saturne et sont accompagnées de grandes réjouissances populaires.

 

Origine

Huit colonnes restantes du Temple de Saturne (à droite).

Macrobe rapporte diverses traditions romaines sur l'origine de cette fête : plusieurs font référence au séjour de Saturne dans le Latium avant la fondation de Rome. Saturne détrôné se serait réfugié en Italie, dans le Latium, où il rassemble les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donne des lois. Son règne est un âge d'or, ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. Les Saturnales vont contribuer à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l'exercice du pouvoir

Pour la recherche moderne, les Saturnales sont une fête typique du « crépuscule de l'année » - Saturne est essentiellement le dieu de la période qui précède le solstice d'hiver - comme la , période qui voit des pratiques de potlatch, de banquets et magnificence, pendant laquelle la paix règne et la communication avec le monde des morts est établie.

Célébration

Saturnalia, sculpture de Ernesto Biondi  (1905), Jardín Botánico de Buenos Aires

Au cours des Saturnales, les esclaves jouissent d'une apparente et provisoire liberté.

Durant cette fête très populaire, l'ordre hiérarchique des hommes et logique des choses est inversé de façon parodique et provisoire : l'autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d'agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse. On fabrique et on offre de petits présents (saturnalia et sigillaricia). Des figurines sont suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) a lieu. De somptueux repas sont offerts.

La population se porte en masse vers le mont Aventin. On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

Calendrier

D'abord fêtées le 14 avant les calendes de janvier (19 décembre), puis le 16 avant les calendes (17 décembre) et durant trois jours après la réforme du calendrier de Jules César, puis quatre jours sous Auguste, puis cinq sous Caligula, elles finissent par durer sept jours sous Dioclétien, du 17 au 24 décembre.

Plusieurs autres dieux ou déesses sont célébrés pendant cette période, notamment :

Épona fêtée le 15 décembre, déesse gauloise de la fertilité, qui réussit à intégrer le catalogue des Dieux Romains
Sol Invictus ou Mithra, fêté le jour du 25 décembre (appelé « dies natalis solis invicti »), c'est-à-dire le jour de naissance du « Soleil Invaincu » (dans la période du solstice d'hiver)

Postérité

On dit que les Saturnales ont été en partie l'inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement :

  • le jour de Noël chrétien reprend le symbole du solstice d'hiver, soit le thème du Sol invictus, (le soleil invaincu).
  • la galette des rois, laquelle sacrait le « roi » de la fête.
  • les processions et réjouissances de carnaval.

Autres significations

Par extension, ce terme de Saturnales désigne :

  • une œuvre de l’écrivain Macrobe, sous forme d’un dialogue philosophique se déroulant pendant les Saturnales ;
  • des fêtes débridées pendant lesquelles tous les excès sont permis ;
  • un temps de débordement, de débauche, de licence, de manifestation violente de pouvoir ou de vice.

 

Saint-Nicolas (fête)

Saint-Nicolas
Saint Nicolas néerlandais
Saint Nicolas néerlandais

Observé par Certains pays d'Europe du Nord, Europe Centrale et Europe de l'Est, certaines régions françaises
Type Fête populaire chrétienne
Date le 6 décembre (catholiques,protestants) et orthodoxes roumains le 19 décembre (orthodoxes)

La Saint-Nicolas est une fête mettant en scène le saint Nicolas de Myre. C'est une tradition vivace dans plusieurs pays européens et quelques régions françaises, qui se déroule le 6 décembre ou le 19 décembre pour l'Église orthodoxe utilisant le calendrier julien

On fête la Saint-Nicolas surtout aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, au nord et nord-est de la France (enFlandre française, dans le nord de la Champagne, les Ardennes, en Franche-Comté, en Alsace, mais surtout enLorraine particulièrement à Nancy dont saint Nicolas est le saint patron), en Allemagne, en Autriche, en Croatie, enHongrie, en Pologne, en République tchèque, en Lituanie, en Roumanie, en Bulgarie, au Royaume-Uni, en Ukraineen Slovaquie, en Serbie et en Suisse.

Les traditions diffèrent selon les régions. Un trait commun à ces célébrations est la distribution de cadeaux ou friandises aux enfants, qui est parfois substituée par celle du Père Noël.

 

Patronages

Il est aujourd'hui le patron de nombreuses corporations ou groupes tels que les enfants, les prisonniers, les avocats, les kinésithérapeutes ou les célibataires.

Nicolas est le patron des bateliers et mariniers, et des navigateurs d'une manière générale. L'histoire des trois enfants sauvés dans le saloir peut être interprétée comme une allégorie de marins sauvés du naufrage, le bac symbolisant le bateau, et le sel la mer. Tout au long des voies navigables de France sont élevées des chapelles dédiées à saint Nicolas.

Fête

La Saint-Nicolas est également célébrée en Allemagne dès le xe siècle, et la journée du 6 décembre a été choisie comme le jour de la fête des commerçants, des boulangers et des marins.

Aujourd'hui, la Saint-Nicolas est fêtée dans un grand nombre de pays d'Europe : la France, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie, la Pologne, l'Autriche et d'autres encore. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le saint passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages des friandises : fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et de grands pains d'épices. Dans les Flandres françaises, le Hainaut français, le Boulonnais, l’Artois, et laBelgique, saint Nicolas défile dans les rues le 6 décembre avec les Géants.

La Fête de saint Nicolas (1700),Richard Brakenburgh

Le 5 décembre, veille de la fête de saint Nicolas, le patron des enfants, les écoliers nommaient, parmi eux, un évêque. Toute la journée du 6 décembre, l’élu avait le titre et les immunités d’évêque des enfants. En cette qualité, il ordonnait tout ce qui concernait la fête générale des enfants de la ville. Afin d’y contribuer à sa manière, l’échevinat lui faisait délivrer deuxkannes, soit 6 litres, de vin.

Père Fouettard

Article détaillé : Père Fouettard.

Dans certaines régions, il est accompagné par le Père Fouettard (Zwarte Piet – Père Fouettard ou « Pierre le Noir » textuellement – en néerlandais. Hans Trapp en alsacien) qui, vêtu d'un grand manteau noir avec un grand capuchon et de grosses bottes et portant parfois un fouet et un sac. Il n'a pas le beau rôle, puisqu'il menace de distribuer des coups de trique aux enfants qui n'ont pas été sages ou de les emporter dans son sac et qui donne, parfois, du charbon, des pommes de terre et des oignons. Le Père Fouettard est également souvent représenté avec des cornes et une queue.

Histoire et légende

La Saint-Nicolas est une fête inspirée de Nicolas de Myre, appelé aussi Nicolas de Bari. Né à Patara au sud-ouest de l'actuelle Turquie (à l'époque Asie mineure) entre 250 et 270, il fut le successeur de son oncle, l'évêque de Myre.

Dès le xe siècle, une relique (une phalange du saint) fut transférée depuis Bari vers le Duché de Lorraine, et il fut édifié au Sud de Nancy une grande basilique dédiée au Saint, à Saint-Nicolas-de-Port. Vénéré et très souvent invoqué il deviendra très rapidement le saint-patron de la Lorraine. Port était une cité célèbre pour ses foires et marché et le culte de Saint-Nicolas se répandit très rapidement au delà des frontières du Duché de Lorraine et notamment d'outre-Rhin où la tradition est également très vive.

Le dieu scandinave Odin

Une partie des attributs régionaux de saint Nicolas serait inspirée du dieu scandinave Odin. En effet, ce dernier est toujours accompagné de ses deux corbeaux « qui voient tout », et de son cheval Sleipnir, tout comme saint Nicolas est dans certaines régions accompagné de deux Zwarte Pieten et de son cheval.

Punitif

Alice Miller a consacré le premier chapitre de son livre La Connaissance interdite à cette fête pour montrer comme les actions de saint Nicolas ont été détournées par les parents pour en faire une fête punitive, notamment avec l'invention du « Père Fouettard » qui n'a rien à voir avec l'histoire traditionnelle de saint Nicolas qui, selon la légende, protégeait les pauvres et ne les battait pas.


Marque déposée

Les villes de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine, ont déposé la marque « Saint Nicolas ». Ceci afin d'empêcher la commercialisation des marchés et autres animations liées à la fête du saint patron des écoliers. Ce dépôt ne concerne que la France.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la fête de Sinterklaas est très répandue et d'allure nationale. Deux semaines avant le 5 décembre, saint Nicolas fait son entrée au pays. Il arrive avec sa grande barbe blanche et sa mitre depuis l'Espagne sur un bateau à vapeur qu'on appelle pakjesboot  (le bateau des petits paquets). Sinterklaas est toujours entouré de ses nombreux assistants, des serviteurs noirs aux tenues colorées et répondant au nom de Zwarte Piet (ou Père Fouettard). Ces assistants ne sont pas très malins et font parfois des bêtises mais ils aident Sinterklaas dans sa lourde tâche de distribution des cadeaux.

Chaque année, on choisit une ville différente pour le débarquement (en 2013 : Groningen) et il est accueilli par le maire et les notables de la ville. Puis, c'est la tournée à travers les Pays-Bas, et chaque commune lui prépare un accueil. Le 5 décembre, veille de la Saint-Nicolas, a lieu le pakjesavond, soirée des paquets-surprises. Les paquets-surprises donnés par Sinterklaas sont accompagnés de poèmes d'occasion.

Belgique


Chez les néerlandophones, saint Nicolas est appelé Sinterklaas et, comme aux Pays-Bas, il débarque d'un bateau venu d'Espagne monté sur un cheval blanc. Chez les francophones, il se déplace sur un âne magique. Il est quelquefois accompagné d'un Père Fouettard, aussi appelé « Hanscrouf » ou « Zwarte Piet ». Parfois, il y a deux « Pères Fouettard ».

Au nord comme au sud du pays, il vient la nuit du 5 au 6 décembre pour déposer cadeaux et friandises – notamment des figurines en chocolat, des nic-nacs ou des spéculoos à son effigie – dans les souliers des enfants sages. Il est de tradition de laisser un bol d'eau ou de lait et une carotte devant la cheminée de la cuisine ou du salon pour l'âne, et un verre d'alcool pour le saint. Le lendemain matin, on retrouvera le verre ou le bol vide et la carotte mangée. Cette pièce sera fermée à double tour devant les enfants comme preuve que saint Nicolas rentre bien par la cheminée.


Saint Nicolas passe, début décembre, dans les écoles ou dans les centres publics pour demander aux enfants quels cadeaux ils désirent, pour voir s'ils ont été sages pendant l'année, et pour leur donner des friandises. Les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu'ils adressent au « grand saint ». Un service de la poste belge répond gratuitement aux enfants qui lui envoient une lettre à l'adresse Rue du Paradis no 1, 0612 CIEL.

Plusieurs semaines avant l'arrivée du grand saint, les écoliers se doivent de déposer une paire de chaussures chaque soir devant la porte de leur chambre. Ceux qui ont été sages découvrent chaque matin une friandise typique différente chaque jour : massepain, chocolat, clémentine, etc.

La Saint-Nicolas en Belgique est également une tradition estudiantine qui veut que l'on dépose une assiette ou une paire de chaussures la veille devant sa porte et que chaque cokoteur (locataire de chambre d'étudiant, corturne) y dépose discrètement des friandises. À Liège, à Mons, à Bruxelles et à Namur, il existe aussi la Saint-Nicolas des étudiants : un cortège défile dans la ville avec des chars et les étudiants collectent des piécettes auprès des passants pour s'offrir des bières lors de la guindaille qui clôture la journée.

Luxembourg

Au Luxembourg, on l'appelle généralement Kleeschen. Ce mot vient de Zinnikleeschen, ce qui est la façon luxembourgeoise de désigner saint Nicolas. Le compagnon du Saint-Nicolas luxembourgeois est nettement différent des autres. Le Père Fouettard, appelé Housecker en luxembourgeois, est un petit homme, dont le visage n'est pas visible car il est caché par une énorme capuche. Il est habillé d'un vêtement noir ou gris en forme de sac, tenu par une ceinture noire. Il porte un sac avec plein de brindilles, les Ruten, qu'il distribue aux enfants qui n'ont pas été sages.

Saint Nicolas entre dans le pays deux semaines avant le 6 décembre et, à partir de ce moment-là, tous les soirs, les enfants mettent leur pantoufle devant la porte d'entrée de la maison. Le matin, avec émerveillement, les enfants y découvrent une petite friandise ou une Rute, s'ils n'ont pas été sages.

France

Saint patron de la Lorraine, saint Nicolas est particulièrement fêté dans le Nord de la France, mais surtout dans l'Est du pays, l'origine de sa popularité.

Lors de sa «tournée», saint Nicolas distribue traditionnellement une orange et du pain d'épices portant son effigie. Le Père Fouettard (ou le Boucher), vêtu de noir et porteur d'un grand fagot, parfois le visage barbouillé de suie, l'accompagne, et distribue une trique (une branche de son fagot) aux enfants qui n'ont pas été sages et menace de les frapper. Saint Nicolas est censé voyager sur un âne ; aussi les enfants doivent-ils, le soir, préparer de la nourriture (foin, paille ou grain) pour l'animal. Au matin, ils trouvent les friandises (ou la trique) à la place de ce qu'ils ont préparé pour l'âne.

Dans beaucoup d'écoles lorraines, saint Nicolas et le Père Fouettard passent visiter les jeunes enfants le 6 décembre et donnent parfois des friandises à ces derniers. Dans beaucoup de villes où il est fêté, un défilé est organisé chaque année dans les rues de la ville. À Nancy, à la fin du défilé, se terminant à l’hôtel de ville, le maire remet à saint Nicolas les clefs de la ville pour la protéger. Son passage est suivi d'un feu d'artifice. À Saint-Nicolas-de-Port, où un os de son doigt est conservé, saint Nicolas est installé sur un char et défile dans les rues de la ville. Le Père Fouettard, le boucher et trois petits enfants sont également présents.

Alsace

En Alsace, saint Nicolas passe le 6 décembre pour récompenser les enfants méritants en leur offrant des friandises et des cadeaux (traditionnellement un pain d'épices et une orange). Il est aidé par son âne et est accompagné par le Hanstrapp(Hans Trapp ou Rupelz), chargé de punir ceux qui n'ont pas été sages. Le Hans Trapp les menace de les emmener dans son sac s'ils ne promettent pas d'être sages.

De nombreuses villes alsaciennes organisent des marchés de la Saint-Nicolas au début du mois de décembre. Le marché de Noël de Strasbourg fut longtemps appelé ainsi.

En Alsace, la brioche de la Saint-Nicolas s'appelle Männele à Strasbourg (Bas-Rhin) et Mannala à Mulhouse (Haut-Rhin).

Flandre

En Flandre française, en Hainaut français et en Artois, saint Nicolas défile dans les rues le 6 décembre avec le Père Fouettard et les Géants.

Dans les années 1500, la fête de Saint-Nicolas à Dunkerque est ainsi décrite : « Le 5 décembre, veille de la fête de la Saint-Nicolas, le patron des enfants, les écoliers nommaient, parmi eux, un évêque. Toute la journée du 6 décembre l'élu avait le titre et les immunités d'évêque des enfants. En cette qualité, il ordonnait tout ce qui concernait la fête générale des enfants de la ville. Afin d'y contribuer à sa manière, l'échevinage lui faisait délivrer deux kannes de vin soit : 6 litres. »

En date du 6 décembre 1519, les archives de la Commission historique du Nord nous disent : « Décembre 1519 - Étant le jour de la Saint-Nicolay présenté à l’évêque des écoliers, lequel a donc teint sa fête selon la coutume, deux kannes de vin à viij s. le pot, xxxij s. »

Franche-Comté

En Franche-Comté, saint Nicolas passe également le 6 décembre pour rendre visite aux enfants sages accompagné de son âne et du Père Fouettard. En Franche-Comté comme dans certaines régions allemandes, le Père Fouettard est parfois représenté sous les traits d'une vieille femme mi-fée, mi-sorcière. Dans toute la région, des marchés de la Saint-Nicolas sont organisés, notamment dans les grandes villes comme Besançon ou Montbéliard. La Franche-Comté possède aussi ses brioches de la Saint-Nicolas, comme le Männele alsacien, aussi appelé « Jean Bonhomme ».

Lorraine

En Lorraine, la fête a une importance particulière, puisque saint Nicolas est le patron de la Lorraine depuis 1477. En effet, alors que la Lorraine était occupée par la Bourgogne, le duc René II de Lorraine demanda la victoire à saint Nicolas. À la suite de la victoire de la bataille de Nancy, saint Nicolas deviendra patron de la Lorraine et des Lorrains.

Jusque vers les années 1960, la Saint-Nicolas était pour les enfants une fête bien plus importante que la fête de Noël. De nos jours, dans certaines familles lorraines, la tradition des cadeaux se fait à la Saint-Nicolas et non à Noël, voire parfois aux deux fêtes. Dans toutes les villes, et notamment à Nancy, Metz, Épinal, Saint-Dié, Bar-le-Duc ou encore Verdun, le défilé de saint Nicolas est devenu une tradition au fil du temps, le premier samedi ou le premier dimanche de décembre. Parfois monté sur un âne, il est suivi du sombre père Fouettard.

Il passe de porte en porte, dans les villages, afin de rendre visites aux enfants. C'est souvent l'occasion, même dans les communes les plus modestes, d'organiser quelques festivités pour les enfants du village. Nicolas et son acolyte le père Fouettard visitent également les écoles de Lorraine, distribuant quelques friandises aux écoliers. En Lorraine germanophone, où on l'appelle Nikloos ou Nigloos, le saint visite les maisons le 5 décembre au soir ; il est souvent accompagné de son âne et, malheureusement, parfois, de son alter ego maléfique, Rubbelz (Robert à la fourrure), personnage à la barbe noire, le visage caché sous une capuche sombre, traînant une chaîne au cliquetis sinistre. Les enfants peu méritants ne trouvent alors dans l'assiette qu'ils ont posée près d'une porte qu'un présent bien décevant ; une Ruud, une verge ou un Risser-bääse, un petit balai de sorcière. Saint Nicolas distribue plutôt des friandises, alors qu'à Noël, Chréschtkéndschen/Chréschkinnche (littéralement « le petit enfant Jésus »), représenté jusque dans les années 1950 sous les traits d'une jeune fille vêtue d'une longue robe blanche et coiffée d'un chapeau de paille recouvert d'un voile, distribue les cadeaux.

Religion

L'évêque de Myre est célébré dans une grande procession de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, dite procession du Sire de Réchicourt qui, emprisonné en Terre Sainte, s'est retrouvé à Saint-Nicolas-de-Port après avoir prié le saint.

Saint-Nicolas d'été

La fête de la Saint-Nicolas « d'été », méconnue, commémore quant-à-elle, la translation des reliques de Saint-Nicolas, en 1087, depuis Myre jusqu'à Bari et par extension celle de Bari jusqu'à la Basilique Saint-Nicolas de Saint-Nicolas-de-Port. La date de la célébration est traditionnellement instituée le lundi de Pentecôte.

Allemagne

Nikolaus, accompagné par le Knecht Ruprecht (Ruprecht, Robert le valet), descend du ciel dans une luge chargée de petites gourmandises et de cadeaux. Saint Nicolas et l'Avent, en Allemagne et en Autriche, sont au moins aussi populaires que le Père Noël. Le soir du 5 décembre, les enfants placent leurs chaussures nettoyées dans un endroit particulier. Le matin du 6 décembre, ils vont très vite voir s'il y a des cadeaux et des friandises dans leurs chaussures. C'est le début des fêtes de fin d'année.

Dans la région de Hanovre et en Westphalie, on l'appelle aussi Klas ou Bullerklas ; c'est à lui que les enfants adressent leurs prières, se réjouissant de petits présents qui les attendent pour le 6 décembre.

Autriche

Saint Nicolas défile le soir du 5 décembre dans les rues accompagné de personnages tout droit sortis de l'enfer, les Krampus. Saint Nicolas, que l'on nomme Nikoloou Niglo dans l'est de l'Autriche et Santaklos ou Klos dans le Tyrol et le Vorarlberg, questionne les enfants pour savoir s’ils connaissent leur catéchisme et leurs prières. Si les enfants répondent correctement à ses questions, celui-ci distribue des noix, des pommes, des oranges et des cadeaux.

Les Krampus qui l'entourent font peur à la foule. Portant un masque de diable cornu et de grosses fourrures, ils agitent des chaînes, poursuivent les gens avec des bâtons et les jeunes filles pour les palper. Gare aux enfants qui ne répondraient pas bien aux questions de saint Nicolas ; les mauvais diables essayent alors de les emmener en Enfer dans leur Buckelkraxen : leur hotte !

Dans certaines parties de l'Autriche comme la Haute Styrie et dans la vallée de l'Enns, saint Nicolas est aussi accompagné de Schab. Les Schabs sont des personnages rembourrés de paille avec de longues antennes sur la tête, des grelots et un fouet. Ils accomplissent les Nikolospiele ou « jeux de saint Nicolas ». Précédant saint Nicolas, ils battent une mesure à six temps et marchent à pas lent en faisant claquer leur fouet pour chasser les démons de l'hiver selon la légende.

Hongrie

En Hongrie, les enfants laissent leurs bottes sur le rebord de la fenêtre le soir du 5 décembre. Le lendemain matin, saint Nicolas (Szent Miklós traditionnellement, mais plus communément connu sous le nom de Mikulás) aura déposé des bonbons et des cadeaux s'ils ont été gentils, et un bâton (virgács) s'ils ont été méchants (en fin de compte, la plupart des enfants reçoivent des petits cadeaux, mais aussi un petit bâton). Saint Nicolas est souvent accompagné par le Krampusz, l'effrayant assistant qui est chargé d'enlever les méchants enfants.

Pologne

En Pologne, la Saint-Nicolas s'appelle Mikołajki et c'est une occasion d'offrir et de recevoir des cadeaux supplémentaires avant Noël. On profite notamment de cette occasion pour organiser des petites fêtes à l'école pendant laquelle chacun offre un petit cadeau symbolique à un collègue dont le nom est tiré au sort quelques jours avant.

Suisse

La Saint-Nicolas est fêtée le 6 décembre en Suisse. En Suisse, la fête donne lieu à des défilés nocturnes. Les Iffelträger défilent en portant d’énormes mitres éclairées ; ils sont accompagnés de centaines de personnes qui agitent de grosses cloches et des grelots (en particulier dans la région de Küssnacht am Rigi). À Zurich, ce sont les enfants qui défilent dans les rues avec des masques illuminés. Dans d'autres régions du pays, la fête est devenue une affaire commerciale, avec la distribution aux enfants « sages » de friandises (mandarines, noix, pain d'épices, chocolat). On confectionne traditionnellement de petits hommes en pâte à pain, que l'on appelle Grittibenz.

Fribourg


Saint Nicolas – patron de la ville de Fribourg – est célébré chaque 1er week-end de décembre dans tout le canton de Fribourg. À Fribourg même, la procession se déroule à travers le centre de la ville, commençant au Collège Saint-Michel et se terminant à la Cathédrale Saint-Nicolas. Normalement, la procession commence au coucher du soleil vers 17h00 et se termine à 18h30. À ce moment, saint Nicolas quitte son âne et monte sur le balcon de la cathédrale. Traditionnellement, il tient un discours qui contient des passages satiriques sur les événements de la ville de l'année écoulée.

La fête de la Saint-Nicolas de Fribourg est celle qui rassemble le plus de monde. On estime que 30 000 (50 000 le jour de la centième – incarné par David Aeby) personnes viennent chaque année écouter saint Nicolas.

Un « saint Nicolas » est choisi chaque année parmi les étudiants du Collège Saint-Michel.

Bulle

C'est Henri Gremaud, historien et ancien Conservateur du Musée gruyérien, qui relança en 1945 la tradition de la Saint-Nicolas dans la capitale du district de la Gruyère en fondant la Compagnie de Saint-Nicolas. Aujourd'hui, l'organisation et l'animation de la fête est aux mains de la troupe de théâtre des Trétaux de Chalamala.

L'essentiel de la fête se passe le dimanche le plus proche du 6 décembre, avec l'apparition de saint Nicolas à la fin de la saynète des enfants, à l'Hôtel de Ville de Bulle. Puis, entouré de ses petits pages, des pères fouettards et de ses angelots, saint Nicolas défile dans la Grand-Rue sur un char tiré par deux chevaux. Le saint homme est – particularité bulloise – entouré de ses « flonflons », quatuor de cuivres qui l'accompagne dans tous ses déplacements. Saint Nicolas conclut son cortège par un discours devant le château préfectoral, discours qui se veut en général satirico-politique, en reprenant des thèmes de l'actualité communale, régionale ou nationale.

La Saint-Nicolas à Bulle, c'est également la visite dans les foyers individuels qui en font la demande, dans les homes et autres lieux publics.

Romont

À Romont, saint Nicolas s'arrête également. Le cortège aux flambeaux passe dans les rues romontoises pour se terminer au Château. Saint Nicolas prononce un discours pour les familles et distribue les biscômes aux enfants.

 

Il fait toujours bon de dire en société « Quoi ? Tu ne savais pas ça ? Mais si, le père Noël rouge est une invention de Coca-Cola !! Avant c’était Saint-Nicolas et il s’habillait en vert. C’est Coca-Cola qui l’a mis en rouge en premier. Ah vraiment, quelle bande d’enfoirés ces ricains, toujours a usé du marketing pour vendre leur produits… »

Et bien non monsieur (madame), stop aux idées reçues, le père Noël rouge, bedonnant, avec son bonnet et son gros manteau n’est absolument pas une invention de Coca-Cola. Voici un peu d’histoire pour se cultiver et pouvoir briller en société.

A l’origine, Saint-Nicolas n’était pas forcement représenté en vert comme on l’entend un peu partout. On pouvait en effet rencontrer, selon les pays, des illustrations où le Saint-Patron des enfants (des étudiants, des enseignants, des marins, des vitriers…) était représenté avec un costume noir de suie, vert, rouge, et même bleu en Russie.

Inspiré des poèmes de Clément Clarke Moore, pasteur de son état et auteur de divers contes pour enfants, Thomas Nast illustra le Père Noël sous la forme d’un bonhomme bedonnant, vêtu de fourrure et fumant la pipe dans le journal ‘Harper’s Weekly’ dès le 3 janvier 1863.

Ce n’est qu’à partir de 1885 qu’un artiste nommé Louis Prang (qui inventa la première « Christmas Card » en 1875) représenta le Père Noël tel qu’on le connaît.

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Ensuite, à partir de 1931, Coca-Cola décida de recentrer ses campagnes publicitaires afin de ne plus cibler seulement les adultes avec leur boisson revigorante, mais afin de vendre du Coca-Cola à toute la famille, et en particulier aux enfants. Voilà pourquoi elle s’attacha les services d’un illustrateur d’origine suédoise, Haddon Sundblom, qui dessina le père Noël rouge que nous connaissons presque tous…

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Père Noël

Père Noël

Le père Noël est un personnage légendaire, archétypal et mythique lié à la fête de Noël.

 

Présentation liminaire

Bien que la tradition du père Noël ait des origines en Europe du Nord, elle est popularisée aux États-Unis auxixe siècle. La première mention du « père Noël » en français est trouvée en 1855 sous la plume de George Sand (on parle avant plutôt du bonhomme de Noël ou du petit Jésus). Qu'il soit appelé Father Christmas ouSanta Claus en anglais, Weihnachtsmann en allemand, ou Père Noël, sa fonction principale est de distribuer des cadeaux aux enfants dans les maisons pendant la nuit de Noël qui a lieu chaque année du 24 au 25 décembre.

Le père Noël est l'équivalent français du Santa Claus américain dont le nom est lui-même une déformation duSinterklaas (saint Nicolas) néerlandais. Il est largement inspiré de Julenisse, un lutin nordique qui apporte des cadeaux, à la fête du milieu de l'hiver, la Midtvintersblot, un peu moins du dieu celte Gargan (qui inspira le Gargantua de Rabelais) mais surtout du dieu viking Odin, qui descendait sur terre pour offrir des cadeaux aux enfants scandinaves. C'est bien celui ci, ancêtre de tous les autres, qui semble être le point de départ.

De Julenisse, le Père Noël a gardé la barbe blanche, le bonnet et les vêtements en fourrure rouge, de Gargan il a conservé la hotte et les bottes.

Même si le mythe peut varier fortement d'une région à l'autre, notamment à cause du climat du 25 décembre qui peut aller du début de l'hiver dans l'hémisphère nord au début de l'été dans l'hémisphère sud, on l'imagine généralement comme un gros homme avec une longue barbe blanche, habillé de vêtements chauds de couleur rouge avec un liseré de fourrure blanche ; des lutins l'aident à préparer les cadeaux. Il effectue la distribution à bord d'un traîneau volant tiré par des rennes.

Il entre dans les maisons par la cheminée et dépose les cadeaux dans des chaussures disposées autour du sapin de Noël ou devant la cheminée (en France), dans des chaussettes prévues à cet effet accrochées à la cheminée (en Amérique du Nord et au Royaume-Uni), ou tout simplement sous le sapin. En Islande, il dépose un petit cadeau dans une chaussure que les enfants laissent sur le bord d'une fenêtre dès le début du mois de décembre. Au Québec, les cadeaux au pied du sapin sont de mise, en plus des « bas de Noël » disposés sur la cheminée dans lesquels on met les petites surprises.

Selon certains psychanalystes, le père Noël serait un rituel qui nourrirait l'imaginaire des enfants et les aiderait à se construire et découvrir la réalité. Selon les familles, la tradition veut soit que l'enfant écrive au père Noël et lui adresse une liste de cadeaux qu'il désire pour Noël, soit que le père Noël décide « lui-même » quels cadeaux mérite l'enfant.

Historique

Origines

En Europe, les rituels liés à l’approche de l’hiver sont ancestraux. Au Moyen Âge, l’Église catholique décide de remplacer les figures païennes par des saints.

Par le nom de « saint Nicolas », elle désigne Nicolas de Myre, un personnage qui vécut au ive siècle au sud de la Turquieactuelle près d’Antalya, contemporain de la dernière vague de persécutions et du concile de Nicée, moment important duchristianisme.

Le conservateur et responsable du département d’information numérique au Musée copte, Hani Zarif, affirme « Papa Noël, connu sous le nom de Santa Claus, est une vraie personnalité historique ». C’est l’évêque de Myre né vers la fin du IIIe siècle en Lycie, au sud de l’actuelle Turquie. Possédant un héritage important, il distribuait les cadeaux et la nourriture aux pauvres et aux familles modestes pendant la nuit, anonymement. Ainsi il tentait de récupérer le mythe du Santa Klaus scandinave laique à des fins religieuses. Ce qui n'aura de cesse pendant des siècles.

Lors des Croisades, au XIe siècle, sa dépouille est volée par des marchands italiens, mais ils laissent sur place un morceau de crâne et de mâchoire. Les reliques sont transférées à Bari, en Italie. Un chevalier lorrain aurait aussi récupéré une de ses phalanges et l’offrit à l’église de Port. Devenue lieu de pèlerinage, la ville est alors rebaptisée Saint-Nicolas-de-Port. Saint Nicolas devient le saint patron de la Lorraine. En 1477, le duc de Lorraine, René II, lui attribue sa victoire contre Charles le Téméraire. Par la suite, sa légende sera reliée à la Nativité. Il deviendra dans presque toute la France « Papa Noël » soit « Père de la Nativité ».

Á Bari en Italie, la relique aurait produit des miracles. Selon une légende, il aurait ressuscité trois enfants découpés par un horrible boucher. Il est alors présenté comme le saint protecteur des tout-petits. C’est pourquoi, en sa mémoire, le 6 décembre de chaque année, principalement dans les pays d’Europe du Nord et de l’Est (notamment dans l’Est de la France en Alsace, à Metz, à Nancy et à Saint-Nicolas-de-Port), la coutume veut qu’un personnage, habillé comme on imaginait que saint Nicolas l’était (grande barbe, crosse d’évêque, mitre, grand vêtement à capuche), va alors de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages. C’est au xvie siècle, que la légende du saint s’enrichit avec le personnage du père Fouettard qui punit les enfants désobéissants (selon certaines traditions, celui-ci serait en fait le boucher de la légende). En France, à partir du xiie siècle également appelé, le vieux qui présidait ce cortège, est par la suite appelé « Noël ».


Au moment de la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l’enfant Jésus (le Christkind allemand). C’est aux Pays-Bas que saint Nicolas se transforme après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas par l’influence des huguenots. Étrangement, au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l’enfant Jésus, alors que Santa Claus se charge de distribuer des cadeaux aux petits anglophones. De même, bien avant la popularisation du père Noël, les catholiques français attribuaient à Jésus les cadeaux de la nuit de Noël. Au xviiie siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d’anciens symboles germaniques. C’est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël (le Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.

En 1821, le livre A New-year’s present, to the little ones from five to twelve (Un Cadeau pour le nouvel an aux petits de cinq à douze ans) est publié à New York (sous l’influence des Hollandais qui, en fondant la Nouvelle-Amsterdam au xviie siècle, importent le Sinter Klaas). Il contient le poème anonyme Old Santeclaus qui décrit un vieil homme qui apporte des cadeaux aux enfants sur un traineau tiré par des rennes

Le 23 décembre 1823, le journal Sentinel de Troy, dans l'État de New-York, publie anonymement le poème A Visit from St. Nicholas, qui sera attribué au pasteur américain Clement Clarke Moore dans ses œuvres complètes en 1844, dans lequel saint Nicolas est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés respectivement : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer),Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Ce poème a joué un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel, Moore reprenant les attributs de saint Nicolas (barbe blanche, vêtements rouges et hotte) mais troquant sa mitre, sa crosse et son âne pour un bonnet rouge, un sucre d'orge et un traîneau tout en se débarrassant du père Fouettard. Après le journal Sentinel en 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

Rennes du père Noël

Jusqu'au tournant du xxe siècle, le père Noël n'a que huit rennes (Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Éclair et Tonnerre) . Le neuvième, nommé Rudolph (Rodolphe en français), fut créé en 1939 par le poète Robert L. May dans un conte où le père Noël doit affronter des conditions météorologiques si mauvaises qu'il risque d'être en retard dans sa livraison de cadeaux. Dans cette histoire, il réussit à les distribuer grâce au nez lumineux de Rudolph qui l'orientait dans la tempête.

En 2001 est sorti un film d'animation anglais avec des personnages en pâte à modeler dont le héros est Robbie le renne qui rêve de devenir un membre de l'attelage du père Noël comme son père.

Saint-Nicolas

Il a longtemps été cru que la fête de Saint-Nicolas était réapparue à New York durant la guerre d'indépendance, en ravivant la mémoire de l'origine hollandaise de la ville, autrefois appelée Nouvelle-Amsterdam, mais cette thèse a été réfutée par Charles W. Jones qui affirma ne pas avoir retrouvé de documentation pour l'étayer. Howard G. Hageman, qui maintient l'existence d'une fête populaire de saint Nicolas chez les premiers colons hollandais de la vallée de l'Hudson en dépit de l'hostilité de la hiérarchie protestante, affirme cependant que cette tradition hollandaise de fêter saint Nicolas avait complètement disparu lorsque Washington Irving fonda la St. Nicholas Society of New York en 1835.

C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ». En 1860, le journal new-yorkais Harper's Weekly représente Santa Claus vêtu d'un costume orné de fourrure blanche et d'une large ceinture de cuir. Pendant près de trente ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, vêtu d'une houppelande en fourrure, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais (notamment dans un livre en couleur de 1866 intitulé Santa Klaus and his works où la couleur rouge de l'habit est établie, mais pas encore le blanc de la fourrure parfois de couleur sombre). C'est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l'année suivante par l'écrivain George P. Webster.

L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende urbaine. Une étude de la représentation du père Noël dans les années précédentes montre en effet que l'aspect qu'on lui connait aujourd'hui était déjà répandu, y compris sa couleur rouge (même si c'est le tricolore de Saint Nicolas qui était représenté en très grande majorité), utilisée dès 1866. Avant Coca-Cola en 1931 qui a véritablement lancé le Père Noëlhabillé en rouge (fini le tricolore) grâce à l'illustrateur Haddon Sundblom (travaillant pour la D'Arcy Advertising Agency , cet illustrateur s'inspira d'un poème de Clark Moore A Visit From St. Nicholas de 1822 et se prit lui-même pour modèle), de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme le fabricant de stylos Waterman en 1907, le manufacturier de pneumatiques Michelin en 1919, le fabricant de savon Colgate en 1920 et même Coca-Cola déjà dans les années 1920 qui reprit pour sa publicité les illustrations de Thomas Nast. Néanmoins, il est vraisemblable que Coca-Cola ait largement contribué à fixer l'image actuelle.

En France, les catholiques, qui depuis longtemps s'échangeaient des petits cadeaux le soir de Noël en l'honneur de la naissance du Christ, résistèrentlongtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien que celui-ci ait déjà été connu depuis longtemps.

Aujourd'hui, le père Noël est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n'ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille. La hotte du père Noël peut être un panier ou alors être une sorte de grand sac marron, dans lequel les cadeaux de tous les enfants doivent être entreposés. La marque Papa Noël vaut 1,6 trillion de dollars tandis qu'Apple, est évaluée à 87,3 milliards. "Il n'est pas étonnant que des marques comme Coca-Cola, Volkswagen ou KFC se pressent pour obtenir son appui", explique David Haigh, PDG de Brand Finance.

Lieu d'habitation

Le lieu d'habitation du père Noël est très controversé. Selon les Norvégiens il habite à Drøbak, à 50 km au sud d'Oslo. Pour les Suédois, c'est à Gesunda, au nord-ouest de Stockholm, et pour les Danois au Groenland. Les Américains considèrent qu'il habite au pôle Nord, mais en 1927 les Finlandais ont décrété que le père Noël ne pouvait pas y vivre, car il lui fallait nourrir ses rennes : sa résidence fut donc fixée en Laponie, au Korvatunturi puis, cette région étant un peu isolée, ils l'ont fait déménager près de la ville de Rovaniemi au Village du Père Noël. La Sibérie revendique également cet honneur, mais il y a sans doute confusion avec Ded Moroz, le cousin serbo-russe du père Noël qui est fêté le 31 décembre avec sa filleSnégourotchka. Au Canada une grande partie de la population croit qu'il réside au pôle Nord ou certain qu'il serait dans le grand nord canadien, ou selon la célèbre chanson de Joseph (Pierre Laurendeau), reprise par Les Colocs, le personnage serait en fait québécois comme l'indique le titre lui-même, Le Père Noël c't'un Québécois.

En 1953, Réal Rousseau et Jacques T. Melchers construisirent la résidence d'été du père Noël à Val-David dans lesLaurentides, au Québec. Le Père Noël y déménagea l'année-même et y arriva en hélicoptère. Il y revient à chaque été et a reçu près de 3 millions de visiteurs.

Dans le Pacifique, l'île Christmas se revendique également comme une résidence secondaire du père Noël. La Turquie, qui a gardé des reliques de saint Nicolas dans la très touristique région d'Antalya, est aussi de la partie.

Dans nombre de pays, une lettre envoyée au père Noël (quelle que soit l'adresse inscrite : pôle Nord, Laponie ou autre) sera traitée par le service des postes qui répond aux jeunes expéditeurs.

Dans le monde

Au Canada

H0H 0H0 est un code postal utilisé par Postes Canada pour acheminer le million de lettres annuelles destinées au père Noël au pôle Nord. En 1974, le personnel de Postes Canada à Montréal recevait une quantité considérable de lettres adressées au Père Noël et ces lettres étaient traitées comme « indistribuables ». Comme les employés ne voulaient pas que les expéditeurs, pour la plupart des enfants, soient déçus par l'absence de réponse, ils se mirent à répondre eux-mêmes. La quantité de courrier adressé au père Noël a augmenté chaque année, au point où Postes Canada décida de mettre en place un programme officiel de réponse aux lettres adressées au père Noël, en 1983. Environ un million de lettres pour le père Noël sont reçues chaque année, dont certaines provenant d'autres pays que le Canada. Chaque expéditeur recevra une réponse dans la langue qu'il a utilisée pour écrire au père Noël.

Postes Canada a mis en place une adresse spéciale pour le père Noël, avec son code postal dédié : Père Noël, Pôle Nord H0H 0H0, Canada. Le code postal « H0H 0H0 » a été choisi en ressemblance au rire caractéristique du père Noël (en anglais) : « Ho ! Ho ! Ho ! ».

En France

Après la Seconde Guerre mondiale, le père Noël à l'image actuelle (vieillard débonnaire barbu, rondelet et jovial, à la houppelande rouge et au ceinturon noir) arrive en France avec le plan Marshall et la marque Coca-Cola qui fige (mais ne l'a pas créée) cette image du père Noël. Une campagne de presse condamnant son utilisation comme outil de merchandisingest alors menée et atteint son paroxysme lorsqu'un jeune prêtre dijonnais Jacques Nourissat condamne au bûcher le personnage du père Noël, outré qu'il soit à l'effigie des grands magasins de Dijon, cet autodafé ayant lieu sur les grilles de la cathédrale Saint-Bénigne le 23 décembre 1951. Cet évènement donne lieu à des débats enflammés entre les écrivains catholiques Gilbert Cesbron et François Mauriac qui reprochent la marchandisation du père Noël tandis que des personnalités comme René Barjavel, Jean Cocteau ou Claude Lévi-Strauss prennent sa défense.

Le Secrétariat du Père Noël est créé par le Ministre des PTT, Jacques Marette en 1962 dans le service des « rebuts » de l'hôtel des Postes à Paris. Il est ensuite transféré en 1967, grâce à l'intervention de Robert Boulin, alors Secrétaire d'État au Budget et maire de Libourne, au sein du centre des recherches du courrier la Poste à Libourne (le seul qui soit autorisé à ouvrir le courrier). La lettre au Père Noëlest donc ouverte pour retrouver l'adresse de l'expéditeur et lui envoyer gratuitement une carte-réponse.
La première « secrétaire du père Noël » qui rédige ainsi la première réponse par l'entremise des PTT en 1962, est en réalité la propre sœur du ministre, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto.

Cette opération, plébiscitée par les enfants et leurs parents, connaît un succès grandissant : le courrier reçu par le père Noël a plus que doublé en dix ans. En 2007, le père Noël a reçu plus d'1,6 million de courriers, dont 1,43 million de lettres et 181 200 courriels (via le portail Internet du Groupe La Poste et le site du père Noël de La Poste - www.laposte.fr/pere-noel ), cette évolution se stabilisant depuis. Le Service Client Courrier de Libourne est toujours au service du Père Noël. En 2012, plus de 1 700 000 lettres et de 200 000 courriels, en provenance de plus de 120 pays. Chaque enfant peut imaginer l'adresse qu'il souhaite et le nom du Père Noël, la lettre arrivera et sera traitée.

 

L'arnaque de Noël ou comment la religion chrétienne s'est construite sur un amoncellement de légendes



 
Paris

Malheureusement pour les 1.7 milliards de chrétiens, en admettant poliment qu'un enfant ait pu naître, le Nouveau Testament ne dit rien ni sur la date du 25 décembre ni sur la présence d'un âne et d'un boeuf. De même, les rois mages n'avaient quant à eux rien de royal et leur bonne étoile n'est qu'un ajout de plus à la légende de Noël sans aucune réalité physique. Examen en détail de chacun de ces points: 

1/ La date
La religion chrétienne ne s'est pas diffusée dans un milieu vide de toute pratique mystique mais a d'abord côtoyé un foisonnement de sectes diverses dans le pourtour méditerranéen. Parmi celles-ci, le culte de Mithra bénéficiait d'une forte popularité dans l'empire romain. D'origine iranienne, Mithra est une divinité solaire qui naît le jour du solstice d'hiver dans une grotte. Les adorateurs de Jésus, en proie à la compétition des mythes, ont alors copié cette date pour faire échec à la concurrence, la célébration de sa date de naissance ayant lieu auparavant au printemps. C'est ainsi que la date du 25 décembre apparaît au 4ème siècle dans la mythologie chrétienne. 

2/ La crèche, les anges, l'âne et le boeuf
Seul l'évangile de Luc (2, 7) stipule que la naissance de JC eut lieu dans une crèche. Elle est la seule aussi à indiquer la venue de "messagers célestes". Les trois autres versions de la vie de JC par Matthieu, Marc et Jean font preuve d'un inquiétant silence pour les gardiens de la foi. On ne trouve trace de l'âne et du boeuf que dans les évangiles apocryphes. Ces textes ont été écrits eux aussi dans les premiers siècles de la chrétienté et furent déclarés faux par les évêques du fait de la grande confusion qu'ils entraînent, dans une tentative de description de la vie de JC en particulier. Les deux animaux apparaissent dans l'évangile du pseudo Matthieu (14). Il semble que la tradition de l'adoration de la crèche par les chrétiens soit une invention de Saint François d'Assise au 13èmesiècle. 

3/ Les trois rois mages
La mention de mages venus d'orient n'apparaît, ici encore, que dans un seul des quatre évangiles, celle de Matthieu (2, 1 - 16) alors que Luc ne parle que de quelques bergers venus rendre visite au gamin. A aucun moment l'évangile de Matthieu ne les identifie comme des rois et n'indique jamais leur nombre. Les affubler du titre de roi et les compter au nombre de trois ne sont que deux inventions supplémentaires. Et les noms qu'ils reçoivent actuellement sont apparus au 8ème siècle... Si les évangiles canoniques donnent peu de renseignements à leur sujet, les évangiles apocryphes sont plus bavards. On y apprend, en particulier, que celle du pseudo Matthieu les fait venir visiter JC deux ans après sa naissance (16, 1), un détail soigneusement oublié par l'iconographie chrétienne. 

4/ L'étoile
Les mages, à identifier probablement comme des astrologues, ont été guidés dans leur voyage, selon Matthieu, par une étoile qui les mena jusqu'au lieu de naissance. Mais l'astre se caractérise par un mouvement fantasque puisqu'il s'arrête au dessus du lieu de naissance qui est, d'après Matthieu, une maison et, selon Luc, une crèche... De nombreux efforts ont été déployés pour faire correspondre l'étoile à un phénomène astronomique soit inattendu (passage d'une comète, explosion d'une étoile en supernovæ), soit prédictible (rapprochement de deux planètes simulant un objet unique extrêmement brillant). Ces tentatives ne peuvent qu'être vouées à l'échec, les informations sur l'évènement (date, lieu, orientation) sont pauvres et incohérentes et lui interdisent toute réalité historique. 

La tradition du 25 décembre n'est donc qu'un amas de forfaitures dans un édifice assurant sa pérennité par l'invention et le mensonge. 

 

 

 

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